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Dans ce dernier épisode d’Alex, les journalistes de Nice-Matin autrices du podcast livrent leurs impressions après un an de reportages dans les vallées à la rencontre des habitants sinistrés. Leur plus belle rencontre, l’évolution de la Roya et de la Vésubie, leurs difficultés et impressions, vous trouverez dans ce dernier épisode, les dessous de leurs reportages.

C'est dans son bureau, à la préfecture des Alpes-Maritimes, que nous avons rencontré Xavier Pelletier. Il y a presque un an, il quittait à la hâte son poste de directeur général à CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne pour revêtir ses habits de préfet délégué à la reconstruction des vallées. Une lourde tâche attendait celui que l'on surnomme aujourd'hui, "le préfet tempête". Il se confie sur ses rencontres avec les sinistrés, sur ces moments qui l'ont marqué, dresse un bilan sur les travaux réalisés et sur ce qu'il reste encore à faire.

Ivan Mottet est le maire de Saint-Martin-Vésubie. A 73 ans, l’élu entamait son premier mandat quand Alex a frappé son village. Il y a un an, au lendemain du désastre, il n’avait de cesse de parler de ses administrés, à qui il promettait d’être là. Un an après, c’est un homme fatigué, rattrapé par la nuit du 2 octobre qui s’est confié à notre micro. Le souvenir de la tempête est toujours présent et s’y sont ajoutés les multiples problèmes administratifs, les requêtes pressantes des administrés, auxquelles la municipalité peine parfois à donner des réponses.

Breil, un après-midi ensoleillé de fin d’été. Du rez-de-chaussée de la mairie s’échappe une odeur de peinture fraîche. Ici, des ouvriers travaillent encore à gommer les dégâts de la tempête. Il y a 11 mois, la catastrophe avait défiguré le village, emporté des habitants et c’était alors un jeune maire, fraîchement élu, que nous rencontrions dans son PC de crise. Aguerri, Sébastien Olharan, depuis élu conseiller départemental du canton de Contes (englobant toute la Roya), sait que la tempête restera un acte fondateur dans sa vie.

Loetitia Loré est élue maire de Venanson depuis peu quand la tempête Alex frappe la vallée de la Vésubie. Au lendemain du drame, son village se trouve coupé du monde, une partie de la route s’étant effondrée. Un an après la tempête, elle nous reçoit dans la jolie mairie du village, tout en bois et pierres. Les travaux avancent dans la petite commune qui compte 156 habitants à l’année. Pour chaque chantier, la maire et son équipe se mobilisent et tentent de trouver les fonds qui manquent cruellement face à l’ampleur des dégâts. A mesure que les travaux avancent, la vie reprend, malgré la peur d’une nouvelle catastrophe et le souvenir des disparus qui hantent la Vallée.

C’était il y a 11 mois, dans un 2 pièces de Tende. Huit jours après le passage de la tempête, nous arrachions Jean-Pierre Vassallo, maire de ce village dévasté de la Roya, à son PC de crise le temps d’un long témoignage.Choqué, fatigué par les journées d’urgence qui s’empilaient, c’était un élu meurtri et inquiet pour l’avenir qui se confiait alors. Depuis, les mois ont passé, le ballet des hélicoptères qui ravitaillaient Tende a cessé. Dans sa mairie, polaire sur le dos et chaussures de montagne au pied, on retrouve un Jean-Pierre Vassallo affairé, en plein préparatif d’une visite officielle de préfets venus prendre acte de l’avancée de l’un des nombreux chantiers. Mais dans la tête de l’élu, rien n’est encore apaisé.

Originaire de Monaco, Sabine Soldati s’est installée dans la Roya avec son mari en 2005. D’abord avec deux chèvres, puis trois, puis quatre. Aujourd’hui, leur bergerie en compte une cinquantaine, et ils produisent du fromage. Avant la tempête, le couple avait aussi ouvert une ferme pédagogique, où familles et centre aérés venaient rencontrer des cochons vietnamiens, des poules de soie, des chevaux ou encore des oies. Mais depuis la tempête, il a fallu déplacer la ferme pédagogique, qui a été accueillie à Castillon. 10 mois après Alex, leur nouvelle ferme a ouvert, et les touristes commencent à revenir.

Eric Gili est conservateur bénévole au Musée du patrimoine du haut pays de Saint-Martin-Vésubie et représentant de l'Association MONTagne et Patrimoine (AMONT). Il y a un peu plus de 9 mois, le village connaissait une catastrophe inédite dans son histoire. La tempête Alex. Une grande partie du musée a été emportée par les flots enragés. C'est 98% de la collection globale qui a disparu. Ce professeur d'histoire-géographie au collège de la Vésubie nous raconte le choc lorsqu'il a découvert l'ampleur des dégâts mais aussi l'après. A savoir, la réédification d'un nouveau musée et comment, petit à petit, de généreux donateurs contribuent à la reconstruction de la mémoire locale.

Dominique Monge a été contrebassiste professionnel dans une première vie, avant d’épouser une carrière à La Poste. C’était il y a 20 ans. Enfant de Breil-sur-Roya, il a pu rejoindre sa vallée et la philosophie de vie qu’il aimait. Il est devenu responsable des sites courrier de la Roya. Avec son épouse, il était aux première loges le 2 octobre. Impressionné par l’activité électrique et la densité des précipitations, il ne s’attendait pas pour autant à tant de dégâts et de chamboulements... Son lieu de travail à Breil a été dévasté par la boue, trois véhicules ont été perdus et il a fallu réorganiser le travail et les tournées de tous les agents. Parce que le lien ne devait pas s’interrompre...Il raconte le choc, l’entraide, le sens et l’essence de ses missions avec La Poste, la vie dans la vallée, les attentes des habitants et l’avenir... qui, selon lui, ne retrouvera toutes ses couleurs que lorsque la vallée se rouvrira vers l’Italie.

Pendant toute son enfance, Hélène Martin a passé ses vacances à Saint-Martin-Vésubie d’où sa famille est originaire depuis plusieurs générations. Elle y est ensuite retournée dès qu'elle le pouvait. Cette Marseillaise d’adoption aime à répéter qu’elle est Saint-Martinoise dans l’âme. C’est en effet là-haut, dans la maison familiale, qu’elle retrouve une certaine sérénité, entre les nuages qui filent dans le ciel et le silence de la montagne. Aussi, quand la tempête Alex a retourné la Vallée de la Vésubie, elle s’est jetée corps et âme dans la reconstruction. Non sans se heurter aux réticences et au découragement des habitants, près de 10 mois après le passage de la tempête.