
Ils s'appellent les marsouins. Soldats de marine, mais dans l'armée de terre (oui), les TDM (troupes de marine) développent depuis 400 ans une culture pas comme les autres. Un esprit de corps si puissant qu'il rebute parfois les soldats des autres d'...
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Interviewer
Je passe ce quartier libre avec un marsouin, nom exotique pour une espèce de soldat plus étrange encore, le soldat des troupes de marines.
Sergent Marsouin
Le chef se retrouve dans la même merde avec ses hommes. On vit dans les mêmes trous de combat.
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C'est un corps qui a été créé par Richelieu, spécialisé dans les opérations amphibies, mais c'est surtout leur identité à part qui m'intriguait.
Sergent Marsouin
La première chose qu'il m'a dit, c'est «tu verras, c'est pas des cinglés, mais on s'en rapproche».
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Il est à part, non, le commandement des troupes de marines?
Sergent Marsouin
Ouais, un côté familial, proche.
Interviewer
Je vais donc aller demander à un sous-officier de m'expliquer leur tradition et ce style de commandement unique dans l'armée de terre.
Sergent Marsouin
J'ai vu le véhicule exploser et sauter en l'air. Ce n'est pas anodin de voir un de ses amis sauter sur un engin.
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Cartier libre. Sergent, merci beaucoup de venir dans Cartier Libre. Alors vous, vous êtes un marsouin, ça fait dix ans que vous êtes dans les troupes de marine. On va parler de vos missions, on va parler de votre métier, les choses que vous avez faites. Mais avant ça, j'ai une confidence à vous faire. De toutes les années de ma petite carrière à la Légion étrangère, j'ai travaillé avec des cavaliers, j'ai travaillé avec des chasseurs alpins, j'ai travaillé avec des parachutistes. Il y a un corps avec lequel j'ai un peu de mal, c'est les troupes de marine. Vous comprenez pourquoi?
Sergent Marsouin
Ouais, alors moi j'ai découvert les troupes de marine grâce à mon père, qui a fait son service militaire au 4ème RIMA. Et en fait, la première chose qu'il m'a dit, c'est tu verras, c'est pas des cinglés, mais on s'en rapproche. Dans le sens où en fait, on a un corps On a un corps de camaraderie, de fraternité. On est une famille. On est tous ensemble une famille. Et chaque Marsois qui grandit par les classes passe par des traditions. de... Donc moi, je sais qu'on m'a remis mon béret sur les plages du Dramon, avec le béret trempé dans l'eau de la plage du débarquement de Provence. En fait, c'est toutes ces petites choses-là, la marge des calots, la marge des bérets, la marge du képi, c'est toutes ces petites traditions qui font qu'on s'en souvient, des années plus tard, la sardine crue. Alors, quand on nous a expliqué pourquoi est-ce qu'on mangeait une sardine crue, sur le coup, on s'est dit «putain, mais c'est con». Et en fait, on s'y prend parce que c'est notre identité.
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D'ailleurs, la sardine crue, elle existe aussi dans les commandos chez Montlouis. Quand on fait le stage commando, ça fait partie des traditions bizarres. Mais vous, vous avez vraiment des traditions à part. Je pense aussi en termes de commandement à la Légion. On a un commandement qui est très vertical. Le chef commande, les subordonnés suivent. Déjà, beaucoup de monde se tutoie. Il est à part dans le commandement des troupes de marines.
Sergent Marsouin
Ouais, c'est vraiment un aspect comme un père qui parlerait à son fils ou comme des grands frères qui prendraient sous leurs ailes le petit frère. En fait, c'est un côté familial proche. Le supérieur va prendre sous son aile ses subordonnés. pour vraiment essayer de les emmener à un niveau d'excellence qu'on arrive plus ou moins à atteindre. Forcément, on a toujours des difficultés, plus avec certains que d'autres. Mais le but, c'est de monter tous ensemble. On sait qu'on partira ensemble en mission. On sait qu'on va vivre des choses très difficiles ensemble. Et le but, c'est de pouvoir se référencer à un exemple. Cet exemple, c'est le chef. Et le chef, lui, c'est l'exemple de ses subordonnés. Donc le subordonné va prendre exemple sur son chef, le chef, lui, va faire en sorte d'être cet exemple que ses subordonnés ont besoin. Et pour ça, en fait, on ne peut pas passer autrement que par cet aspect familial. Enfin, à nos yeux, on ne peut pas passer outre. On est des humains, on est des êtres humains, et en fait, on a besoin de se raccrocher à un autre être humain qui, à un moment donné dans notre vie, est meilleur que nous, sur le papier. Enfin, sur le papier, qu'on le voit, en fait, s'exercer tous les jours. Et c'est l'exemple qu'on veut atteindre, c'est notre référence.
Interviewer
Est-ce qu'il y a des rituels que vous avez gardés de cette histoire de la marraine? Tout à l'heure, vous m'avez parlé du cadeau que vous trempez dans l'eau salée. Il y a d'autres choses comme ça?
Sergent Marsouin
La sardine, qui est toujours... Ça, racontez-moi,
Interviewer
c'était quand pour vous? C'était à quelle occasion, ça?
Sergent Marsouin
Alors moi, je l'ai fait de toute façon à multiples occasions. La toute première fois, ça a été lorsqu'on m'a remis mon béret.
Interviewer
Donc là, vous avez quel âge en grade?
Sergent Marsouin
J'avais trois mois, à peine.
Interviewer
Trois mois avant, vous étiez civil?
Sergent Marsouin
Ah ouais, trois mois avant, j'étais civil. Donc j'avais trois mois de classe. On venait de marcher, toute la nuit. Ouais, combien de kilomètres? Il y en avait une vingtaine.
Interviewer
Ouais, c'est déjà une belle marche, ouais.
Sergent Marsouin
Et du coup, arriver, plage du Dramont, à côté de Saint Raphaël-Vallescur, plage de Galet, plonger le calot, et nous, dans l'eau de la plage.
Interviewer
Au mois de novembre?
Sergent Marsouin
Non, moi ça va, j'étais... C'était au mois de mars. Il faisait un peu frais, mais ça va encore.
Interviewer
Je sais pas si je préfère novembre.
Sergent Marsouin
Et donc à ce moment-là, une fois qu'on nous a remis les bérets, petit déj colonial, donc la sardine traditionnelle accompagnée de son oignon cru et de son petit verre de vin rouge.
Interviewer
C'est quoi, vous, votre... Ok, vous m'avez parlé du style de commandement dans les troupes de marines. Vous, votre style de commandement à vous, il y a un truc que vous faites différemment? Comment vous voyez le rapport avec vos subordonnés?
Sergent Marsouin
Alors moi, je sais que j'essaie d'être proche d'eux, de discuter avec eux, mais je rentre rarement dans ma vie privée à l'instant T.
Interviewer
Passage vérité, je suis comme vous.
Sergent Marsouin
Je vais parler du grosso modo ma vie, je vais parler de ma femme, de la surface, et je ne rentre pas beaucoup dans le détail.
Interviewer
Ça, c'est un choix. J'ai connu des chefs où, en effet, avec leurs hommes, ils ont ce rapport très transparent, ils partagent beaucoup. Mais bon, il n'y a pas de bon ou de moins bon.
Sergent Marsouin
Parce que malgré qu'il y ait cette proximité, il y a quand même cette barrière de... Il faut quand même remplir sa part d'être le chef, d'avoir un petit cran d'écart.
Interviewer
Je trouve que c'est une protection aussi pour le chef, de séparer un petit peu les choses.
Sergent Marsouin
Moi j'appellerais ça un peu, c'est un peu une zone tampon. Entre le privé intime et ce qu'on montre, ce qu'on peut montrer de notre vie. Parce qu'il faut qu'on montre qu'on est humain.
Interviewer
Je sais que vous avez fait la mission Harpy en Guyane. C'était quoi de la toute première Le Sahel. Votre première mission, c'était le Mali?
Sergent Marsouin
Ouais, Opération Barkhane.
Interviewer
C'était quand?
Sergent Marsouin
En 2016.
Interviewer
Ah ouais, donc c'était assez tôt. Moi, par exemple, c'était 2020.?
Sergent Marsouin
J'avais un an et demi de service.
Interviewer
C'est tôt, c'est jeune pour partir en mission. Vous avez eu de la chance?
Sergent Marsouin
Oui, beaucoup de chance. Je suis parti en tant que tireur de précision. J'ai eu de la chance de partir là-bas et franchement, ça a été une expérience. Je pense que ça a été l'expérience de ma vie qui m'a le plus marqué. parce que les conditions de vie étaient très difficiles.
Interviewer
– Vous étiez où?
Sergent Marsouin
– On était au nord de Kidal. Donc on était vraiment dans le nord du Mali et on n'avait rien. On était en camp isolé, on n'avait pas d'eau courante, on était sur groupe électrogène. – Pas de Wi-Fi. – Pas de Wi-Fi, même pas de borne locale pour le réseau. Donc on était vraiment dans une zone blanche. Le seul façon de téléphoner aux familles, de donner un peu de nouvelles, c'était un téléphone satellite. On avait le droit à dix minutes grand max par semaine quand il n'y avait pas d'OP, donc d'opération, ou qu'il n'y avait pas de tempête de sable, parce que forcément on est restreint par la météo. Et ça a été un moment où on devait partir deux semaines, on y est resté trois mois et demi.
Interviewer
Sur le terrain? Dans le camp de Kidal? Ah oui, c'est vrai?
Sergent Marsouin
Dans le camp d'Abbé Bara, exactement. Et en fait, on est restés pendant un mois et demi, enfin trois mois et demi, pardon, sur place.
Interviewer
Et là, ça a tiré sur la corde un peu?
Sergent Marsouin
C'était difficile, mais ça a tissé des liens. On s'est retrouvés encore plus fraternels qu'avant de partir. Parce qu'on était, comme je disais tout à l'heure, le chef se retrouve dans la même merde avec ses hommes. Et donc, à ce moment-là, il faut s'occuper. On remplit nos missions. On est ensemble, que ce soit pour la garde de nuit, que ce soit pour les missions de contrôle de zone. on fait tout ensemble. Les missions qui s'occupent de s'occuper de la vie du camp, tout ça, on le fait, du chef de groupe jusqu'au... voire même par le chef de section. Toutes ces personnes-là qui, en fait, se retrouvent à travailler la main dans la main pour réussir à améliorer le confort de vie, faire en sorte que juste, simplement, on puisse avoir de l'eau pour pouvoir se doucher, faire la vaisselle quand on a besoin de nettoyer nos casseroles.
Interviewer
Ça, c'est un truc fort. Je pense aux camarades civils. Dans le monde civil, on parle beaucoup de cohésion et de team building, où l'idée, c'est faire la fête ou jouer au baby-foot. Dans les armées, là, ce que vous avez vécu, ce que vous racontez, c'est la cohésion par le travail, la cohésion par l'épreuve. Quel était le moment le plus fort pour vous de ces quatre mois?
Sergent Marsouin
Alors le moment le plus fort ça a été, alors moi j'ai sauté sur un IED.
Interviewer
Ah ouais?
Sergent Marsouin
Dans un van? En VBL.
Interviewer
En VBL?
Sergent Marsouin
Et j'ai eu la jambe légèrement blessée.
Interviewer
Ok.
Sergent Marsouin
Mais ce qui m'a valu en fait de me retrouver sans pouvoir partir en patrouille. Donc je me suis retrouvé avec…
Interviewer
Vous étiez fixé au camp.
Sergent Marsouin
C'est ça, j'étais fixé au camp. Et ce qui était difficile c'était de voir les autres partir.
Interviewer
Ouais, ça devait être dur ça.
Sergent Marsouin
mais de devoir rester derrière parce qu'au niveau santé, le médecin ne voulait pas que je reparte, ce qui était normal. Et ça, c'est un moment marquant parce qu'en fait, c'est là qu'il faut se dire on est ensemble, on est tous ensemble. Et le soutien des autres permet aussi mentalement de tenir parce qu'on se sent inutile à ce moment-là. Et c'est cette fraternité qui fait que On nous montre, non, en fait, t'es là, t'es avec nous. T'es pas parti alors qu'on t'avait proposé de repartir derrière. Donc, t'es avec ta famille.
Interviewer
Si les gens se demandent, donc, c'est les engins explosifs improvisés. En fait, c'est des bombes artisanales qui sont confectionnées par l'ennemi, enterrées dans le sable et sur les chemins des convois.
Sergent Marsouin
Et ça a détonné à ce moment-là.
Interviewer
Ça a pété. Et qu'est-ce qui se passe à cet instant?
Sergent Marsouin
Alors, j'ai un trou noir entre le moment où je me souviens être en train de fumer une cigarette à l'extérieur, en tape du véhicule. Et à ce moment-là, trou noir, et je me sens juste réatterrir violemment sur quelque chose avec les oreilles qui sifflent, l'odeur de la poudre et de la poussière partout. Et à ce moment-là, on ne réalise pas tout de suite.
Interviewer
Parce que vous avez été éjecté du coup de la trappe du VBL.
Sergent Marsouin
J'ai été donc éjecté de la trappe. Le véhicule a continué d'avancer parce qu'il avait de l'élan. Moi, j'ai continué d'avancer aussi en l'air et j'ai réatterri sur la trappe. J'avais la trappe ici dans mon gilet pare-balles. Donc ensuite, quand je me suis rendu compte de ce qui s'était passé, je suis descendu par l'avant du véhicule. Et là, c'est les réflexes, les choses qu'on nous apprend.
Interviewer
Ça, vous vous en souvenez?
Sergent Marsouin
Et ça, je m'en souviens. Ce que je ne me souviens pas, c'est le temps de vol en l'air. Donc le moment où de la détonation et le moment où de retomber. Entre ces deux moments-là, j'ai aucun souvenir.
Interviewer
Et au moment où vous descendez, là c'est du réflexe?
Sergent Marsouin
Au moment où je descends, là c'est du réflexe et je me mets à l'abri. Tout de suite, je descends du véhicule pour me mettre à l'abri. Et là, première réaction, ok. Je tâte mon corps. Mes deux jambes, ok, elles sont là. Mes deux bras, ok, c'est bon, ils sont présents. Et ensuite, aller chercher en dessous du gilet pour vérifier que je n'ai pas de sang qui coule. Et à partir de ce moment-là, déjà, à partir du moment où je me rends compte que je suis entier, je me dis, c'est bon, ça va. Et c'est là que l'auxiliaire sanitaire, qui est arrivé pas longtemps après, Au moment où il m'a demandé de marcher, je me suis rendu compte qu'il y avait un problème, parce que j'avais des grosses douleurs dans la jambe gauche. Et je lui ai dit, ça ne va pas être possible, je ne vais pas pouvoir marcher. Donc là, il m'a ausculté sur place et c'est là qu'il s'est rendu compte que j'avais en fait le tibia à l'air.
Interviewer
Du coup, ma question derrière ça, c'est cette première attaque, parce que c'est une attaque, c'est une attaque indirecte. Les bombes dans le sable, ça vous touche si vous avez des blessés. Ça a changé la vie de la section?
Sergent Marsouin
Non, pas spécialement. La section a continué ses missions normalement. On a continué de sortir, on a continué de partir en patrouille. Forcément, ça met un coup au moral à tout le monde.
Interviewer
D'emblée, je pense que ça crée quelque chose.
Sergent Marsouin
Parce que même quand on n'est pas dans l'incident, directement, Moi, je sais que j'ai un de mes amis, à ce moment-là, qui m'a dit... J'étais un peu plus en arrière et j'ai vu ce qui s'est passé. Il m'a dit... J'ai entendu... Il m'a dit... Je regardais le véhicule. J'ai vu le véhicule exploser et sauter en l'air. Et il m'a dit... Et je t'ai vu être expulsé et avancer au-dessus du véhicule. Donc, je le sentais dans le timbre de sa voix. que lui aussi, ce qu'il a vu, même s'il ne l'a pas vécu de l'intérieur.
Interviewer
Ce n'est pas anodin.
Sergent Marsouin
Ce n'est pas anodin de voir un de ses amis sauter sur un engin. Et forcément, ça leur a fait peur. Mais à côté de ça, on était tous contents qu'il n'y ait pas de blessure plus grave.
Interviewer
Carrément.
Sergent Marsouin
Et qu'on puisse tous continuer notre mission. Mais il n'y a personne qui rechignait à partir, à monter dans le véhicule. Tout le monde continuait de monter dans le véhicule. Tout le monde continuait d'aller en mission.
Podcast: Capitaine Brault
Host: Capitaine Brault (Nicolas Brault)
Episode: Le team building des troupes de marine
Date: 5 juin 2026
In this episode, Capitaine Nicolas Brault explores the unique traditions and leadership style of the French Troupes de Marine (Marine Infantry) with a seasoned “marsouin” (sergeant). Through candid storytelling and personal reflections, the guest paints a vibrant portrait of fraternity, resilience, and the realities of leading men in demanding operational contexts—contrasting military team building with its civilian counterpart and revealing the enduring power of ritual and camaraderie.
"On a un corps de camaraderie, de fraternité. On est une famille."
– Sergent Marsouin (01:22)
“Le subordonné va prendre exemple sur son chef, le chef, lui, va faire en sorte d'être cet exemple que ses subordonnés ont besoin.”
– Sergent Marsouin (03:31)
"Le chef se retrouve dans la même merde avec ses hommes. On vit dans les mêmes trous de combat."
– Sergent Marsouin (00:06, repeated 07:45)
“J’ai un trou noir entre le moment où je me souviens être en train de fumer une cigarette à l’extérieur… et je me sens juste réatterrir violemment… Mes deux jambes, ok, elles sont là.”
– Sergent Marsouin (10:05–11:15)
“Le chef se retrouve dans la même merde avec ses hommes. On vit dans les mêmes trous de combat.”
— Sergent Marsouin (00:06; 07:45)
“On a un corps de camaraderie, de fraternité. On est une famille.”
— Sergent Marsouin (01:22)
“C’est pas des cinglés, mais on s’en rapproche.”
— Père du sergent, cité par le sergent (01:16)
“On ne peut pas passer autrement que par cet aspect familial.”
— Sergent Marsouin (03:36)
“Au moment où je me rends compte que je suis entier, je me dis, c’est bon, ça va.”
— Sergent Marsouin (11:15)
“Ce n’est pas anodin de voir un de ses amis sauter sur un engin.”
— Sergent Marsouin (13:03)
Receiving the beret after a night march and the raw sardine ritual:
"On m’a remis mon béret… avec le béret trempé dans l’eau de la plage du débarquement de Provence." (01:54)
The sergeant’s vivid account of being thrown by an explosion and self-checking for injuries
(10:05–11:15)
The episode maintains a direct, sometimes gritty but always respectful tone—a blend of camaraderie, humility, and honesty. The sergeant’s anecdotes are frank, laced with gallows humor and deep pride in belonging to a unit where leadership is based on example, lived experience, and mutual trust.
This conversation offers civilian and military listeners alike a rare, authentic window into the Troupes de Marine, demystifying their famed traditions and revealing how authentic leadership, forged in adversity, binds teams far more effectively than any artificial exercise ever could. The episode underscores the importance of example, tradition, and shared hardship in forming indissoluble bonds of trust and resilience.