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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast d'Eh Oui ! Je m'appelle Virginie, je suis française et professeure de français en ligne chez Eh Oui ! Avec ce podcast, je vous aide à améliorer votre français dans un contexte réel et concret pour pouvoir parler, réagir et interagir comme un vrai français. Je vous souhaite un excellent moment et c'est parti avec Eh Oui ! Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le 45e épisode du podcast des Ouïes. Et maintenant cet épisode est aussi disponible en podcast vidéo sur YouTube. Alors pourquoi ce nouveau format ? Alors je voulais être déjà d'une part plus visible sur internet. Il est difficile quand on est prof de français d'être visible parce que internet c'est tellement immense, il y a tellement d'informations, tellement de choses que voilà je voulais me donner l'opportunité d'avoir un peu plus de visibilité à travers YouTube et aussi pour les élèves qui ont plus de difficultés avec le rythme, qui ont un niveau un peu plus débutant, qui puissent en fait, avec les sous-titres en français, avoir la possibilité de me comprendre mieux. Donc, dans le dernier épisode, j'ai parlé des chocs culturels que j'ai pu rencontrer quand j'ai habité en Inde, donc c'était en 2008-2009. Et dans ce nouvel épisode, je vais vous parler des chocs culturels que j'ai rencontrés au Mexique. Alors, je vais essayer d'être brève, j'ai pris quelques notes un petit peu sur mon ordinateur. Donc je vais essayer d'être concise. Donc concise c'est-à-dire résumé, être ne pas m'éterniser. Je vais essayer d'être concise parce qu'en fait moi j'ai habité pendant 5 ans, à peu près 5 ans au Mexique donc entre l'Inde où j'ai habité pendant 9 mois et le Mexique où j'ai habité pendant 5 ans, bon j'aurai quand même beaucoup plus de choses à dire concernant le Mexique. De plus mon mari est Mexicain, j'ai un petit garçon franco-mexicain donc forcément j'ai plus de choses à dire. Donc, déjà, pour commencer cet épisode, je veux vraiment dire que le Mexique, c'est vraiment mon deuxième pays. C'est mon pays, vraiment, c'est... bon, je suis française, je suis née française et j'ai ça dans la peau. je sais que si un jour je devais adopter la nationalité mexicaine je le ferais avec grand plaisir j'ai la résidence permanente donc si un jour vous voulez vous installer au Mexique c'est très facile moi j'ai eu la résidence permanente donc c'est automatique au bout de quatre ans moi j'ai travaillé légalement pendant quatre ans de suite et automatiquement ils vous donnent la résidence permanente. Donc c'est tous les avantages en fait. La seule chose que je ne peux pas faire c'est voter et je crois que c'est tout. Donc si un jour je voulais avoir une deuxième nationalité, si je voulais être mexicaine, ce ne serait vraiment pas un problème pour moi. Pour l'instant, de toute façon, ça fait combien de temps ? Ça fait deux ans et demi que nous vivons donc moi, mon mari et mon fils aux Etats-Unis et nous pensons dans deux ans retourner vivre, nous installer peut-être, peut-être définitivement au Mexique. Donc voilà, c'est vraiment un pays que j'aime, que j'aime énormément. Alors, comment ça s'est passé ? Pourquoi le Mexique ? Donc je me rappelle, c'était en 2013, ça je l'ai raconté dans l'épisode précédent. Donc si vous n'avez pas écouté cet épisode, je vous invite à l'écouter. Donc j'ai expliqué pourquoi j'étais partie au Mexique, etc. Donc je voulais apprendre l'espagnol, ça me manquait énormément de... parce que ça faisait depuis 3 ans, 3 ans et demi que j'habitais en France. j'étais dans ma zone de confort j'habitais à Lyon c'était un peu le train-train un peu le train-train quotidien donc quand on dit le train-train c'est à dire que c'est donc c'était vraiment l'habitude voilà j'avais ma zone de confort c'était le train-train quotidien ça faisait trois ans que j'étais professeur dans la même école donc je commençais un peu à m'embêter donc m'embêter c'est à dire c'est un mot familier pour dire je commençais un peu à m'ennuyer Et donc j'étais partie quelques jours en Turquie pour un voyage professionnel et j'ai réalisé que vraiment vivre dans un pays étranger me manquait énormément. Donc à cette époque c'était en c'était à la fin de l'année scolaire française donc l'année scolaire française se termine fin juin et j'ai commencé à envoyer mes CV je voulais au début aller en Turquie je voulais vraiment vivre en Turquie parce que j'avais adoré les Turcs j'avais adoré leur... Comment expliquer ça ? J'avais vraiment beaucoup aimé comment ils pouvaient se comporter avec les étrangers. Ils étaient très chaleureux. J'avais aimé leur accueil. Et donc je ne trouvais pas de poste de professeur de français. Donc j'ai commencé à envoyer mes CV partout. Partout, partout. En Russie, au Mexique, mais vraiment partout parce que je voulais partir. et j'ai eu la chance j'ai pu arriver j'ai pu en fait trouver rapidement un poste dans une alliance française au Mexique parce qu'il y a beaucoup d'alliances françaises là-bas donc je voulais aussi apprendre l'espagnol donc je m'étais donné un an donc vous entendez je m'étais donné donc je vous ai dit que je ne rentrais pas dans les détails de grammaire de conjugaison etc mais quand il y a des expressions importantes ou des conjugaisons importantes, j'aime vous les expliquer. Je m'étais donné un an. Donc, s'être donné. C'est donc pronominal. Et c'est au plus que parfait. Parce que je parle d'une action qui est la plus ancienne dans le passé. Je m'étais donné un an pour voir si j'aimais vivre au Mexique. Donc, je suis arrivée à Durango. Durango, c'est une petite ville au Mexique. si on la compare à l'échelle française c'est une grande ville je crois qu'il y a à peu près 500 000 habitants mais peut-être que je dis des bêtises il faudrait vérifier mais en tout cas pour le Mexique c'est vraiment une petite ville qui est située en fait du côté ouest qui est à trois heures de la plage la plage la plus proche c'est Mazatlan Alors, quand je suis arrivée au Mexique, je ne parlais pas un mot d'espagnol. Alors mes amis français me disaient, oh mais ne t'inquiète pas, franchement vas-y, sans problème, tu vas apprendre l'espagnol super rapidement, ça ressemble au français, etc. Alors ça, j'ai beaucoup regretté. J'ai beaucoup regretté parce que je suis arrivée et j'ai vraiment souffert. J'ai vraiment souffert même si je connais très bien ma grammaire française, ma conjugaison, je connais très bien la langue française. Malgré ça, j'ai vraiment vraiment souffert. Si j'ai un conseil à vous donner, si vous parlez une langue latine et que vous allez dans un autre pays qui a aussi une langue latine d'origine, essayez quand même d'apprendre un peu la langue avant de partir parce que j'ai vraiment vraiment galéré au début galérer c'est un mot familier pour dire j'ai eu beaucoup de difficultés j'ai vraiment galéré avec l'espagnol parce que je ne comprenais rien du tout heureusement beaucoup de mexicains parlent très bien anglais et donc moi je parlais donc je parle anglais donc heureusement les premiers amis que j'ai eu au Mexique parlaient anglais et on pouvait communiquer de cette manière donc ouf ! Heureusement que j'ai pu j'ai pu communiquer comme ça Alors quand je suis arrivée donc je parlais pas un mot d'espagnol l'alliance française où je travaillais nous avait offert 15 jours dans une maison dans un appartement, maison appartement dans un quartier pourri de Durango donc un quartier pourri c'est-à-dire un quartier nul vraiment un très mauvais quartier et j'étais vraiment déprimée la seule chose que je voulais faire c'était repartir en France donc c'est normal bien sûr que je pense qu'en Inde c'était la même chose et donc je dis non il faut vraiment que je fasse une colocation il faut que je vive avec des Mexicains pour pouvoir parler espagnol rapidement vraiment je voulais pas faire comme en Inde en Inde j'étais un peu comme dans une bulle En général, les étrangers en Inde sont dans des bulles. Ils sont entre étrangers, ils se mélangent pas beaucoup. Alors, je caricature, hein, bien sûr. Mais moi, en tout cas, c'est l'expérience que j'ai eue en Inde et je ne voulais pas avoir cette expérience au Mexique. La chance que j'ai eue, c'est qu'à Durango, il y a très, très peu de Français et c'est une petite ville. Donc, j'étais forcée de m'adapter. J'étais forcée de... Allez, on y va. Apprends l'espagnol et fonce. Voilà. Je n'avais pas le droit de me poser de questions. Alors, donc ça a été difficile aussi de ne pas parler espagnol avec les élèves que j'ai eus. Donc moi je suis arrivée et deux jours après, bam, on y va. Je donne des cours. Pardon, j'ai mon ordinateur qui s'éteint. C'est pour suivre mes notes. et donc j'ai... c'était difficile parce que il y avait la barrière de la langue avec les Mexicains qui apprenaient le français je donnais des cours dans une université les élèves n'avaient pas vraiment choisi d'apprendre le français c'était plus comme quelque chose d'obligatoire donc le premier semestre comme professeur a été extrêmement difficile parce qu'en fait il y avait de gros problèmes de communication Il y avait aussi de gros problèmes culturels par rapport à l'éducation. Donc, en France, on est très... Si on le compare avec l'éducation mexicaine, les profs, on est super strict. Donc, moi, j'étais considérée... Je sais pas s'il y a des élèves français qui vont m'écouter, mais je sais que j'étais considérée comme une professeure stricte avec les adolescents. et donc en fait je sais que certains, les mexicains en fait quand ils me voyaient avaient peur de moi parce que j'étais très sérieuse peut-être aussi que j'étais stressée parce que je ne parlais pas espagnol donc ça, ça a été super difficile les classes en France sont très... sont silencieuses en général et au Mexique c'est une société qui parle beaucoup les mexicains sont dans la communication, ils parlent très fort Et donc ça, ça a été un gros choc culturel pour moi. Donc j'ai vécu ce choc culturel à travers ma profession de professeur. En Inde, c'était différent parce qu'en Inde, les Indiens respectent quand même beaucoup plus le professeur, alors qu'au Mexique, c'est pas comme ça du tout. Au contraire, le professeur en général, et respecter s'il est gentil. Donc ça j'en parlerai un peu plus tard, ce gros choc culturel que j'ai pu rencontrer dans ma profession comme professeur. Alors en revenant donc à la langue, j'ai commencé à me sentir à l'aise, donc se sentir à l'aise. Ça j'entends souvent de mes élèves anglophones qui disent « se sentir confortable ». Non. Vous ne dites pas ça en français, vous dites se sentir à l'aise, être à l'aise avec quelque chose confortable, on va l'utiliser par exemple pour un canapé. Ah j'ai acheté ce canapé, il est très confortable. Mais quand c'est vous, dans une situation, vous allez dire être à l'aise. Donc j'ai commencé à me sentir à l'aise avec l'espagnol après 6 mois, après 6 mois au Mexique il faut savoir que j'étais donc avec des amis mexicains j'ai eu de la chance d'être vraiment dans une atmosphère mexicaine dès que je suis arrivée et ouais j'ai commencé à me sentir à l'aise au bout de six mois je n'ai pas pris de cours d'espagnol parce que le fait que moi en fait je connaisse très bien la langue française etc ça m'a beaucoup aidé Donc j'ai... comment dire en espagnol ? J'ai appris à la malla, c'est-à-dire que j'ai vraiment appris dans la rue, en contexte, etc. Et j'ai aussi appris l'espagnol mexicain. Donc en fait moi je connais tout l'argot, il y a énormément d'argots mexicains. Donc par exemple si maintenant j'allais au Chili, en Argentine ou en Espagne, je sais que je serais un petit peu perdue parce que je connais vraiment l'espagnol mexicain. Le premier choc culturel, c'était le choc culturel à travers ma profession. Les Mexicains sont des gens qui parlent beaucoup, qui sont beaucoup dans la communication. Moi, ce que j'aime beaucoup du Mexique et surtout des Mexicains, c'est leur sympathie. C'est vraiment super facile de se faire des amis au Mexique. Et c'est pas du tout, oh c'est hypocrite, ils sont gentils avec toi parce que tu es française, mais alors... Pas du tout. Même ma mère, qui est venue me voir deux fois au Mexique, qui ne parle pas un mot d'espagnol, a compris, a vu que les Mexicains étaient des gens très très très sympas. C'est très facile d'établir le contact, d'avoir des discussions, parler de tout et de rien. Ça c'est une expression qu'on utilise beaucoup en français. Parler de tout et de rien, c'est voilà. comme on peut dire aussi parler de la pluie et du beau temps donc je répète parler de tout et de rien parler de la pluie et du beau temps ça c'est super facile d'établir des contacts et d'avoir des amis au Mexique en tout cas a Durango parce qu'après J'ai habité un an à Chihuahua. Donc Chihuahua c'est au nord. C'est au nord, c'est à peu près à quatre heures de la frontière avec les Etats-Unis. Et par contre là j'ai pas du tout aimé cette expérience. C'était plus compliqué. En tout cas à Durango les gens étaient super sympas. Ce que je disais, c'est très facile d'établir des contacts avec les Mexicains. Par contre, ce qui m'a toujours un peu manqué au Mexique, en parlant de soirée, j'avais une amie française qui était d'accord avec moi. En France, on aime débattre. C'est dans notre culture, dans notre sang. On aime débattre, on aime argumenter. Voilà, peut-être que ça vient de notre littérature. On aime ça. Et ce qui me manque parfois au Mexique, c'est un peu cette profondeur de parler de sujets un peu plus sérieux, un peu plus profonds. Donc ça, je redis, c'est mon expérience. C'est pas du tout... Ce n'est pas une généralité, en tout cas c'est ce que j'ai vécu et c'est ce qui me manquait parfois quand j'étais en soirée avec des amis mexicains, cette envie d'approfondir un petit peu, de parler de sujets un petit peu plus sérieux. Ce que j'aime beaucoup beaucoup aussi au Mexique, c'est avec mes amis mexicains. Mes amis mexicains sont très fidèles. Donc ça fait depuis quelques années que je suis partie de Durango et j'ai encore des contacts très régulièrement. Une de mes meilleures amies est mexicaine, Nayancy, si tu m'écoutes, si tu me vois, je t'embrasse. Voilà, c'est très facile de garder contact avec les Mexicains. Et je le vois aussi avec mon mari, il a énormément... On dit en espagnol, los mexicanos son muy amigueros. Et voilà, il n'y a pas de... Il n'y a pas de traduction littérale en français, mais je dirais que les Mexicains ont beaucoup d'amis. Par exemple, je le vois aussi, des Français sur un compte Facebook vont avoir peut-être 100 ou 150 contacts, et les Mexicains vont avoir 800 contacts sur Facebook, et c'est tout à fait normal. Et pour nous, en France, non, ce n'est pas du tout normal. Nous, les Français, on est quand même beaucoup moins... On a un cercle d'amis quand même qui est beaucoup plus restreint en général. Alors, les barrières culturelles. Par rapport au comportement des Mexicains, alors je vais vous apprendre un nouveau mot aujourd'hui. En tant que Française, je sais que parfois, donc moi, en plus de moi en particulier, je suis une personne qui est... je suis très directe. Et donc c'est oui ou c'est non. Tu veux sortir ce soir, boire un verre ? Oui, pas de problème. Ou alors non, je peux pas, je suis fatiguée, j'ai du travail, etc. Et ce qui est drôle au Mexique, c'est que les Mexicains ne savent pas dire non. Ils ne veulent pas dire non pour ne pas vexer les personnes, ne pas vexer les gens. Et ça c'est très très drôle. Et par exemple, moi c'est ce qui m'est arrivé, j'ai fait plusieurs fêtes chez moi à Durango par exemple, et j'avais un ami, j'invitais automatiquement, je dis je fais une fête tel jour, à telle heure, Donc les mexicains au lieu de dire non je ne veux pas, je ne peux pas, ils ne vont pas venir. pour moi c'est un manque de respect, dans ma culture française c'est un manque de respect mais les mexicains ne vont pas affronter ils ne vont pas affronter, ils préfèrent en fait ne pas ne pas s'expliquer et juste en fait dire oui oui oui oui je viendrai et non ils ne viennent pas donc ça c'était ça c'est un choc culturel énorme comme française Un autre choc culturel, le manque de ponctualité. Alors ça c'est quelque chose qui me rend folle. Même après des années, même en vivant avec mon mari, je me rappelle au début que je fréquentais mon mari. Quand on dit fréquenter quelqu'un, ça signifie commencer à sortir avec un garçon ou une fille. Donc quand on commençait à se fréquenter, à se fréquenter avec mon mari qui était à l'époque mon petit ami, je m'énervais parce qu'il n'était pas ponctuel donc je sais qu'il a fait beaucoup d'efforts mais ça c'est quelque chose qui est extrêmement difficile pour moi comme française c'est vraiment ce manque voilà ce manque de respect parce que pour moi c'est un manque de respect c'est le manque de ponctualité donc il y a certains amis qui sont ponctuels et il y a d'autres amis qui ne sont pas ponctuels. Donc il faut en fait composer avec ça. Il faut composer avec ça, savoir qui est ponctuel, savoir qui n'est pas ponctuel. Donc ça c'est un petit peu... ça c'est compliqué. C'est ce que j'aime beaucoup aux Etats-Unis, les Américains sont ponctuels et vraiment ça facilite la vie. On ne se complique pas la vie. Ok, on a rendez-vous à 20h dans ce restaurant ok je sais que l'américain sera à 20 heures au restaurant mais avec un mexicain ou une mexicaine ce n'est pas gagné donc cette expression ce n'est pas gagné qui est une expression courante ça signifie que ce n'est pas garanti ce n'est pas gagné ça signifie ce n'est pas garanti donc ça c'était quelque chose de très difficile pour moi par rapport donc au manque de ponctualité ça je m'en rappellerai toujours j'avais un ami donc que j'attendais j'étais chez moi je n'avais pas de voiture je ne conduisais pas au Mexique et j'avais un ami qui m'a dit Ahorita je viens te chercher donc Ahorita si on le traduit en français ça signifie tout de suite maintenant donc moi ça faisait depuis seulement quelques mois que je vivais au Mexique et je l'attendais, j'étais prête, j'étais à l'entrée de chez moi dans le hall d'entrée et je l'attendais et je voyais l'heure qui passait cinq minutes, dix minutes, quinze minutes et c'est là que j'ai réalisé que le ahorita, le tout de suite, ne signifie absolument rien au Mexique ça signifie en fait que je vais venir peut-être dans cinq minutes, dans trente minutes ou dans une heure mais en tout cas voilà il n'y a pas de moment précis et ça vraiment moi je le vois comme un... comment expliquer ça ? comme une peur de s'engager alors ça je... ça c'est un peu plus philosophique donc je sais pas si... bon s'il y a des Mexicains qui vont m'écouter peut-être que ça va vous énerver je sais pas mais moi je vois en fait que au Mexique il y a un gros problème avec l'engagement en général donc par exemple quand on dit je viens te chercher à 20h on s'engage à venir chercher la personne à 20h Et il y a aussi ce problème d'engagement par exemple avec le mariage, les fiançailles. Il y a une très grande pression sociale au Mexique avec le mariage. Donc moi par exemple je sais que cette pression sociale en France existait à l'époque de mes parents. Donc c'était dans les années... Mes parents se sont mariés dans les années 80. D'accord ? Par exemple à l'époque, encore dans les années 80, c'était très rare de pouvoir vivre avec une personne sans être mariée ou sans être fiancée moi ma mère ma mère et mon père ont fait tout le tralala alors tout le tralala ça signifie voilà tout le tout le spectacle entre guillemets tout le spectacle de voilà on invite les parents les grands-parents pour la journée pour au restaurant pour donner la bague de fiançailles à ma mère quelques mois après ils se sont mariés voilà ça c'est tout le tralala Heureusement, ma génération, en France, on est libre de faire ce qu'on veut. On peut vivre avec une personne sans être mariée, sans être fiancée. Il y a de moins en moins de Français de ma génération qui se marient. Donc voilà. Moi, par exemple, je suis mariée avec mon mari. Alors, c'est pas glamour du tout. On s'est mariés parce que... pour avoir le visa pour les États-Unis. C'est tout simplement pour ça. C'est simplement administratif. Moi, personnellement, le mariage n'est pas important, ni pour mon mari. Mon mari vient d'une famille très relax, très cool, pas de pression. On a pu vivre ensemble sans être mariés. Ma belle-mère, mon beau-père n'ont jamais rien dit. Il y a quand même une évolution de la société mexicaine mais il y a encore beaucoup de parents traditionnels où la fille ne peut surtout pas vivre avec son conjoint et vice-versa avant d'être mariée. Donc il y a quand même encore cette barrière culturelle, cette barrière catholique, parce que le catholicisme, qui est la religion la plus importante au Mexique, c'est vraiment très traditionnel. Donc ça c'est un choc culturel encore pour moi, c'est cette pression de l'engagement. Après ça dépend aussi des villes. Si on va dans les grandes villes comme Guadalajara, comme Mexico, c'est plus tranquille. mais les petites villes comme Durango par exemple, il y a encore cette pression sociale de se marier avant de vivre ensemble.
Podcast : ehoui!
Hôte : Virginie Cutulic
Date : 14 juin 2021
Épisode : 45
Thème : Les chocs culturels au Mexique – expériences personnelles, anecdotes linguistiques et analyse des différences France/Mexique
Dans ce second volet dédié aux chocs culturels, Virginie partage son vécu de cinq années au Mexique après avoir déjà relaté ses expériences indiennes dans l’épisode précédent. Elle raconte avec une grande authenticité les défis linguistiques rencontrés à son arrivée, les différences d’approche dans les relations sociales, l’enseignement, l’amitié et les codes sociaux, tout en glissant de nombreux exemples de la vie quotidienne et des expressions idiomatiques. Le ton est à la fois pédagogue, chaleureux et personnel, avec des touches d’humour et des exemples concrets destinés à aider l'auditeur à s’immerger dans le français "de la vraie vie".
Virginie explique son attachement profond au Mexique, où elle a vécu près de cinq ans et fondé une famille franco-mexicaine.
« Le Mexique, c’est vraiment mon deuxième pays… si un jour je devais adopter la nationalité mexicaine je le ferais avec grand plaisir » (03:51)
Elle raconte comment elle a obtenu la résidence permanente au Mexique, partage des conseils sur la facilité du processus pour ceux que cela intéresse, et annonce son intention potentielle de s’y réinstaller.
Après une période d’ennui professionnel en France, Virginie décide de partir vivre à l’étranger et rejoint une alliance française à Durango en 2013.
Elle reconnaît avoir sous-estimé la difficulté d’apprendre l’espagnol sur place, malgré la proximité linguistique entre le français et l’espagnol : « J’ai beaucoup regretté parce que je suis arrivée et j’ai vraiment souffert… galérer, c’est un mot familier pour dire j’ai eu beaucoup de difficultés » (09:31)
Elle conseille très vivement d’apprendre la langue du pays avant de partir, même lorsqu’il s’agit d’une autre langue latine.
Virginie souligne la facilité de créer des liens au Mexique : « Au Mexique, c’est super facile de se faire des amis… ce n’est pas du tout, « oh, c’est hypocrite », pas du tout. » (18:21)
Elle compare les soirées françaises (où l’on aime débattre de sujets profonds) à l’ambiance mexicaine, plus superficielle selon son expérience : « Ce qui me manquait parfois au Mexique, c’était cette envie d’approfondir, de parler de sujets un peu plus sérieux. » (20:07)
Elle met en avant la fidélité des liens d’amitié mexicains et la différence quant à la taille du cercle social : « Les Mexicains ont beaucoup d’amis… en France, on a un cercle d’amis beaucoup plus restreint. » (22:20)
| Thème / Moment | Timestamp | | ---------------------------------------- | ------------ | | Présentation, contexte, amour du Mexique | 00:01–04:45 | | Départ pour le Mexique, choix du pays | 05:23–07:59 | | L’apprentissage de l’espagnol et difficulté initiale | 09:02–11:05 | | Arrivée sur place, logement difficile, décision de s’intégrer | 11:06–13:30 | | Premier choc culturel comme enseignante | 13:47–15:04 | | Adaptation, différences de discipline | 15:05–16:40 | | Les amitiés mexicaines, différences sociales | 17:32–22:20 | | Difficulté à dire non | 22:46–24:00 | | Manque de ponctualité et "ahorita" | 25:22–29:40 | | Pression sociale autour du mariage | 29:40–33:55 |
Virginie adopte un ton personnel, enthousiaste et didactique, ponctué de réflexions culturelles. Elle explique les expressions idiomatiques, clarifie les usages grammaticaux et glisse des conseils concrets pour s’adapter culturellement et linguistiquement. L’approche est inclusive, pratique et vivante, fidèle à l’esprit d’une conversation réelle et bienveillante.
Un épisode vivant et instructif, parfait pour les apprenants qui cherchent à comprendre les réalités d’une immersion au Mexique, tout en perfectionnant leur français authentique et leur compréhension des différences interculturelles.