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A
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast d'Eh oui ! Je m'appelle Virginie, je suis Française et professeure de français en ligne chez Eh oui ! Avec ce podcast, je vous aide à améliorer votre français dans un contexte réel et concret pour pouvoir parler, réagir et interagir comme un vrai français. Je vous souhaite un excellent moment et c'est parti avec Eh Oui ! Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour un nouvel épisode podcast et vidéo podcast d'Ewi. Une petite introduction très rapide depuis mon bureau. La nouvelle vidéo qui suit est une vidéo avec Amélie. Amélie est prof de français chez Ewi. C'était une manière de vous présenter Amélie qui fait partie de l'équipe d'Ewi. Et je sais que je suis un petit peu en retard pour la vidéo, Amélie est en couple avec un Mexicain et pour la Saint-Valentin. Je sais que la Saint-Valentin est passée il y a déjà peut-être deux semaines. Mais voilà, c'est un petit épisode qui parle de son expérience au Mexique et d'être en couple avec un Mexicain. J'espère que cet épisode vous plaira et à très bientôt. Bonjour Amélie, est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
B
Bonjour Virginie, ben écoute, je m'appelle Amélie, je suis française, je viens de la partie Normandie en France, et puis je suis professeur de français langue étrangère depuis une douzaine d'années maintenant, et puis j'habite à Durango.
A
Où se situe Durango ?
B
Ça se situe dans le, je dirais, nord-ouest du Mexique.
A
Très bien. Depuis quand tu habites au Mexique ?
B
Depuis janvier 2011.
A
Ça fait longtemps.
B
Depuis le 7 janvier 2011.
A
Ah, tu te rappelles de la date exactement ?
B
Ouais, je me rappelle.
A
Moi, je me rappelle du mois, mais je ne me rappelais pas de la date. Pourquoi t'as choisi de vivre au Mexique et en particulier Durango ?
B
Le Mexique et Durango, c'est le hasard total. Quand j'étais plus jeune, j'ai été assistante de français en Espagne, dans le nord de l'Espagne, en Aragone. Et au fur et à mesure, j'ai rencontré beaucoup de gens espagnols dans mes voyages et tout ça. Et mes amis qui habitent en Catalogne m'ont dit, si tu veux rester en Espagne, c'est bien. Mais le problème, c'est qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de professeurs de français. Donc, ce serait bien que tu ailles ailleurs pour avoir de l'expérience dans un autre pays hispanophone. Et après, tu reviens et on s'arrange. OK, d'accord. Et je dis, bah oui, mais dans quel pays? Et là il me dit, va au Mexique, c'est la même chose que l'Espagne. Ok.
A
C'est la même chose, mais la même chose au niveau du boulot ?
B
Mais non, mais je pense que c'est par rapport visuellement, si tu vas à Ciudad de México, je pense qu'il trouve que c'est pareil que l'Europe en fait.
A
Ah, d'accord.
B
Pas Durango.
A
Non, Durango c'est... Donc du coup, j'ai.
B
Dit ok, d'accord, c'est parti. Et puis j'ai envoyé mon curriculum, mon CV à... aux alliances françaises du Mexique.
A
Ah, donc t'as envoyé à plusieurs alliances ?
B
Ah oui, moi j'ai fait une candidature spontanée en fait. Complètement au hasard et du coup, à l'époque où j'ai envoyé mon curriculum, Durango cherchait quelqu'un pour le mois de janvier, donc on s'est mis en contact et voilà, en fait, ça a été les premiers à répondre, je dis oui et je suis partie.
A
D'accord, parce que moi j'avais envoyé à Durango et Monterrey et j'ai eu la première qui me dit oui, j'y vais, et Durango. C'est le destin.
B
Voilà, c'est ça.
A
Pourquoi est-ce que tu as choisi d'enseigner le français langue étrangère ?
B
Eh bien, alors, c'était pas du tout le premier choix de carrière, sincèrement. Mais...
A
C'était quoi ton premier choix de carrière ?
B
De tout. Moi, je voulais être juge. Et puis après, non, le droit, c'était trop... C'était pas trop intéressant, les cours. Il y avait trop de choses bizarres. Et du coup, j'ai changé à commerce international. Rien à voir. Parce qu'en fait, je voulais utiliser les langues, l'anglais et l'espagnol. Et après, en fait, j'avais des amis dans l'amphi. Il y avait des étrangers qui étaient là et je leur expliquais des choses, les classes qui étaient en français et tout. Et une d'amis me dit, bah écoute, t'expliques super bien. Tu devrais être prof. Je dis, bah oui, mais prof de quoi ? Elle me dit, bah écoute, prof de français. Je dis, ah bon ? Ça existe. Et du coup, voilà. C'est elle qui m'a mis sur la voie. Moi, c'était vraiment pas quelque chose que je connaissais. Donc, après, je me suis réorientée. et j'ai commencé à étudier le français de langue étrangère et puis voilà, j'ai fait un stage, enfin j'ai fait l'assistana en Espagne comme assistante de français et du coup j'ai aimé et j'ai dit bon bah voilà, on y va, on continue.
A
Et quand t'es arrivée en Espagne, quel niveau d'espagnol tu avais ? Tu avais déjà un bon niveau ?
B
Non, j'avais quoi ? Peut-être un B1, quelque chose comme ça. Ouais, pas plus sincèrement. J'ai quand même... En fait, c'est vrai que quand j'étais en France à l'université, comme on avait... J'avais une copine péruvienne, un copain vénézuélien, un autre du Salvador. Aussi, on avait... J'ai rencontré des gens de Colombie. Et du coup, forcément, eux, quand ils se voyaient, ils parlaient en espagnol, c'était logique. Et moi, comme ça, pour être... Qu'est-ce qu'ils disaient ?
A
Qu'est-ce qu'ils disent ? Qu'est-ce qu'ils disent ?
B
Donc je me suis un peu mis les piles et puis j'ai commencé à vraiment vouloir apprendre bien l'espagnol en fait.
A
D'accord.
B
Et puis après avec les amis en espagnol, voilà, j'ai commencé à escalader comme ça. Mais c'est vrai que c'est beaucoup plus par affinité que par classe.
A
Oui, je vois ce que tu veux dire.
B
Être en contact vraiment avec des personnes.
A
Oui, c'est ça. Juste pour info, Amélie a un C2 en espagnol. Oui. Très très bon niveau. Quand est-ce que tu as...
B
En 2021.
A
C'est facile ou c'était quand même difficile ? Parce qu'on baigne quand même dans l'espagnol tout le temps, au quotidien. Est-ce que c'était quand même difficile ?
B
Ben, c'est pas que c'est difficile. Si, ben oui, c'est difficile. Franchement, il faut quand même parler espagnol. Mais c'est vrai que comme tu as les examens comme ça, il y a toujours des petits pièges, en fait. Et du coup, c'est vrai que Il faut vraiment être attentif. Il y a la pression de l'examen. Même si tu sais dans une conversation normale, tu comprendrais. Le problème, c'est que quand tu as la pression de l'examen, il ne faut pas que je me trompe. Et puis, tu as la petite phrase avec la petite virgule ou la petite négation.
A
C'est le niveau C2, le niveau universitaire.
B
Du coup, c'est stressant. C'est surtout plus stressant qu'autre chose. parce que sinon ça va. Il faut aussi être habitué aux différents accents. Il faut vraiment te replonger en regardant des films et des séries espagnoles pour l'accent d'Espagne, après tu passes à l'accent argentin, après tu passes à l'accent mexicain, chilien aussi. Il y a vraiment une différence d'accent dans toutes les compréhensions orales que tu peux écouter.
A
Et pour toi, quel est l'accent en espagnol le plus difficile à comprendre ?
B
Et ben j'hésite entre l'accent de la république dominicaine et l'accent argentin. Mais même aussi au niveau du vocabulaire.
A
Il y a de l'argot vraiment. Moi, j'ai une ancienne élève qui avait habité un petit peu au Chili. Elle me disait qu'il y avait des.
B
Mots de vocabulaire mais complètement différents.
A
C'est quoi ça ? Qu'est-ce que ça signifie ?
B
Il y a beaucoup d'argot. Non, ben de toute façon, à chaque fois que tu changes de pays ici, il faut que tu changes de... Il faut que tu réapprennes du vocabulaire, t'as pas le choix, ça c'est clair.
A
On va passer maintenant à la partie questions Saint-Valentin. Donc j'avais... j'en profite, j'essaie de la faire Saint-Valentin, c'est déjà passé. Est-ce que c'est important pour toi déjà la Saint-Valentin ?
B
Non, sincèrement je ne suis pas du tout romantique. Pour moi non plus.
A
Tu m'en fous, je m'en fous complètement. Et je pense que Juan Pablo en est très content.
B
Oui, Lalo aussi, sincèrement.
A
Parce que juste au niveau culturel ici au Mexique, en général, les Mexicaines sont... Folle de la Saint-Valentin, c'est très très important. La réservation au restaurant, le gâteau, les Le petits petit riz.
B
Déjeuner sur place au travail, avec les ballons, les fleurs, les nounours, oh là là ! Écoute chacun.
A
Et nous, c'est pas du tout dans notre culture. En général, en France, on est quand même plus tranquille par rapport à ça.
B
Franchement, qu'est-ce que tu vas offrir pour la Saint-Valentin ? Des fleurs ?
A
Des chocolats ? Allez dîner ?
B
Allez dîner, oui.
A
C'est vrai qu'ici, j'ai l'impression que les Mexicaines, en général, je caricature, mais en général, c'est très important pour elles les... Comment dire ?
B
Les dates importantes.
A
Les dates importantes, oui. Vraiment faire quelque chose pour l'anniversaire, pour la Saint-Valentin. Depuis combien de temps tu es en couple ? Comment il s'appelle ? Quelle est sa nationalité ?
B
Je rappelle que je suis arrivée le 7 janvier 2011 et je suis en couple depuis le 30 janvier 2011.
A
On sait pourquoi maintenant tu es à Durango.
B
Oui, voilà. Donc, ça fait quand même très longtemps, oui.
A
Donc, il est Mexicain ?
B
Il est Mexicain.
A
Comment il s'appelle ?
B
Lalo. Enfin, Eduardo. Lalo, c'est le surnom.
A
Ça, c'est seulement le surnom au Mexique, Lalo ? Tu penses que ça serait une bonne question si... Donc, en commentaire, si vous pouvez nous dire, parce que je ne sais pas si... Non, mais écoute, je.
B
Ne sais pas parce que quand j'ai dit ça à des étudiants espagnols, ils.
A
Ont tout de suite deviné que c'était Eduardo.
B
Donc, je pense que ça ne doit pas simplement être au Mexique. Ou peut-être c'est typique du Mexique et ils le connaissent, peut-être aussi, je ne sais pas.
A
D'accord. Comment toi et Lalo vous êtes rencontrés ?
B
Eh bien, par l'intermédiaire d'un ami, en fait. Quand je suis arrivée au Mexique, j'étais directement en colocation avec une Française qui travaillait aussi à l'Alliance Française et elle avait déjà son petit copain Mexicain et donc cette personne, Oscar, Elle a toujours un ami qui s'appelle Lalo. Vanessa me montrait des photos des voyages qu'elle avait fait dans Durango, des gens qu'elle avait connus. Et j'ai vu Lalo sur une photo et je lui ai dit, je veux ça. Un peu comme Amazon. Je regarde, je regarde et je veux celui-là, merci.
A
Le catalogue.
B
Et du coup, elle m'a dit, OK, d'accord, on va essayer de te le présenter. Quand l'opportunité s'est donnée, on ne sait plus.
A
Et donc tout de suite, tu m'avais dit que tu sentais déjà que vous vous connaissiez depuis longtemps.
B
Mais oui, c'est ça qui est bizarre. C'était assez naturel, en fait. C'était assez naturel, il n'y a pas eu de choses où est-ce que je vais dire ça. Non, c'était naturel, pas besoin de se forcer à être ou à dire ou à faire. C'était vraiment quelque chose de fluide.
A
De fluide, très bien. Quels sont les avantages et les inconvénients d'être en couple mixte ?
B
Déjà, être en couple, à la base, c'est compliqué. Mais alors, en couple mixte, il faut rajouter la différence de langue, il faut rajouter la différence culturelle. Et là, oui, du coup, c'est un peu plus compliqué. Franchement, ça demande énormément de communication parce que c'est vraiment très, très facile de partir en vrille.
A
Est-ce que tu peux expliquer ce que ça signifie, partir en vrille ?
B
Partir en vrille, c'est... Donc, c'est une expression familière ? Oui, exactement. Et ça veut dire de faire n'importe quoi, en fait, de s'énerver pour rien, d'être vexé pour rien, en fait, alors que... C'est quelque chose de normal en France, mais ça ne l'est pas au Mexique, ou ça l'est au Mexique et ça ne l'est pas en France. Donc ça, oui, c'est... Moi, ça a été...
A
Il y a une période, il y a quelques mois de ça avec Juan Pablo, mon mari qui est aussi Mexicain. Alors que je pense, bien parler espagnol, il ne me comprenait pas. On était sur... Et peut-être parce que moi, je traduisais littéralement en français, et lui, je disais en espagnol, et il ne comprenait pas ou alors il le prenait mal. Alors que je pensais pouvoir bien parler espagnol, mais il y a aussi cette barrière de la langue de temps en temps, mais aussi culturelle. Parce que c'est vrai que nous, en France, en général, on a cette... Comment dire ? On sait qu'on est direct. C'est blanc ou noir. Gris, on ne connaît pas. Et on peut dire assez de manière franche, et c'est bien vu en France d'être franc. Alors qu'au Mexique, il faut mettre des formes.
B
Il faut vraiment marcher sur des œufs, prendre avec des pincettes pour ne pas vexer, ne pas choquer. Moi, on m'a dit plusieurs fois, j'étais comme un bulldozer, en fait. J'arrive et voilà.
A
C'est ça qu'on se ressemble, je pense qu'on se ressemble assez à mes lits de ce point de vue-là. Moi, je suis bretonne, normandie et on est assez brut de décoffrage. Ça aussi, c'est une expression commune. Comment est-ce qu'on pourrait expliquer brut de décoffrage ?
B
On ne va pas mettre les formes. C'est comme ça et ce n'est pas autrement.
A
C'est ça, c'est ça. Parce que pour moi, c'est plus facile de dire les choses comme elles sont plutôt que de passer par… par différents chemins.
B
Oui, voilà, on va directement au but. Et c'est vrai, oui.
A
Et quels sont les avantages pour toi ? Est-ce qu'il y a des avantages à être en couple mixte par rapport, si tu étais, par exemple, marié à un Français ?
B
Un avantage, ça te permet de découvrir plus de choses, oui, au niveau culturel, mais comme si tu avais d'autres amis, d'autres nationalités. Après, en tant que couple, couple, un avantage, je ne pense pas, je pense que c'est la même chose. Le principal est d'être bien avec la personne. On s'entend quand même, c'est assez bizarre d'ailleurs, qu'on ait autant de points où on se comprend, on va se deviner, on va aller vraiment dans la même direction, alors qu'au final, on n'a pas du tout eu les mêmes éducations, les mêmes langues, les mêmes manières de voir les choses.
A
Mais l'allô pour un Mexicain est quand même direct. Oui, c'est vrai, ce n'est pas un typique Mexicain. Si on parle dans la caricature du.
B
Mexicain, il n'est pas du tout... Non, des fois, je le dis, même lui, il dit, en fait, je ne suis.
A
Pas d'ici, C'est vrai, il est vraiment différent.
B
Même lui, il dit qu'il n'aurait pas pu être avec une Mexicaine, par contre. parce que non, trop précieuse, trop... Qu'est-ce.
A
Que tu veux dire par précieuse ?
B
Précieuse, qui va mettre beaucoup de temps à se préparer, qui va ne pas aller marcher dans la montagne parce que, ah non, c'est sale, et puis, ah non, j'ai pas les bonnes chaussures, voilà. Trop précieuse, voilà. Vraiment ça, vraiment ça, ouais. Et du coup, oui, c'est vrai que non, lui, il a plus eu d'ailleurs de copines étrangères.
A
Pour toi, dirais-tu qu'être en couple mixte est difficile ? Parce que tu disais qu'être en couple, c'est difficile. Est-ce que c'est difficile être en couple mixte ?
B
Oui, franchement, c'est difficile. Il faut vraiment que ce soit... Je n'ai pas envie de dire un coup de foudre parce que c'est plus fort que ça, mais il faut vraiment qu'il y ait une connexion super forte et que ce soit vraiment la personne. Parce qu'être en couple mixte, c'est plus de problèmes, sincèrement. Comme tu le disais tout à l'heure, tu vas dire quelque chose, tu penses être clair, et ça va être interprété d'une autre manière. C'est comme si les deux regardaient vers la lune, mais chacun avec son télescope. Et toi, tu vas avoir cet angle-là, et l'autre, il va avoir cet angle-là. Même si on va dans la même direction, on ne va pas forcément voir la scène de la même manière. Et c'est ça, le problème.
A
Moi, je dirais, je suis d'accord avec toi, donc Rom Pablo, on est mariés, j'ai eu un coup de foudre d'ailleurs, c'est la première fois que j'ai eu un coup de foudre pour quelqu'un. Bon, ce n'est pas suffisant, c'est clair, un coup de foudre. Mais moi, je dirais que ce qui est très difficile pour moi, personnellement, c'est vraiment la famille. C'est le lien. En plus, moi, c'est vrai que je ne suis pas forcément proche. J'ai fait le choix. C'est vrai que quand on fait le choix de partir dans un pays étranger, il faut quand même être super indépendant, sinon... Et c'est vrai que moi je ne vois pas très souvent ma famille, même si j'ai souvent en téléphone, et je trouve que c'est vraiment compliqué ce lien qu'ils ont avec la famille. Parfois il y a des choses que j'aimerais dire et que je ne peux pas dire parce que je sais que ça va le vexer, que c'est le sujet sensible.
B
Mais ça c'est pour tout le monde.
A
Pour Lalo aussi ?
B
Pour Lalo et pour d'autres personnes. qui sont en couple mixte aussi, c'est « Ah, ben, t'aimes pas mes parents. Oh, mais ça n'a rien à voir. » C'est juste que j'ai pas la nécessité, le besoin compulsif de les voir tous les jours.
A
Par exemple, pour Jean-Pablo, ça a été difficile de voir que je suis pas… J'aime beaucoup ma belle-sœur, mais c'est vrai qu'on s'en ressemble très, très peu. On est vraiment très, très différentes. Et je l'apprécie beaucoup, mais j'irais pas forcément passer du temps avec elle ou boire un café. Et je lui ai dit « Je suis désolée, mais c'est pas ma meilleure amie.
B
» Alors que ça pourrait très bien Et je la respecte et je l'aime.
A
Beaucoup, j'aime beaucoup ma belle-famille, mais c'est vrai que je trouve que c'est vraiment compliqué le lien, je trouve qu'il est très complexe.
B
Il est trop fort et en plus.
A
Il faut vraiment... Complexe, moi je trouve que c'est complexe.
B
C'est beaucoup de diplomatie, j'ai l'impression que c'est vraiment des relations diplomatiques, surtout avec les belles-familles, parce qu'évidemment chacun est très proche de sa famille, d'accord ? Donc quand tu vas dans la famille de l'autre, c'est vraiment tout. Il faut vraiment mesurer ce que tu dis, ne pas trop en dire, être un peu potiche sincèrement.
A
Qu'est-ce que c'est être une potiche ?
B
Une potiche c'est être une petite plante verte. qui est très jolie et qui ne dit pas grand-chose, surtout. Mais pas par choix, dans ce contexte-là, par choix. C'est-à-dire qu'il vaut mieux ne rien dire pour ne pas créer de conflits, parce que le problème, c'est que ça va créer un gros conflit dans le couple, et ça, c'est vraiment les pires disputes.
A
Par exemple, moi, je sais qu'il y a un sujet en particulier… Je m'entends très, très bien avec ma belle-mère. D'ailleurs, je pense que je n'aurais pas pu faire ma vie avec Juan Pablo si je ne m'étais pas entendue avec ma belle-mère. Parce qu'en plus la mer au Mexique est vraiment la reine. Et donc il y a un sujet qui est interdit, c'est le sujet de l'avortement. L'avortement c'est un sujet qui est très compliqué je pense. C'est quand même mieux qu'avant je trouve.
B
Les plus jeunes, oui. Mais les personnes comme nos beaux-parents, leur âge, non. Les générations, non.
A
C'est très tabou. C'est même pas assez impensable. Et moi, on vient d'une autre génération, d'un autre pays où l'avortement, c'est pas du tout tabou. On en parle normalement. Et c'est vrai que c'est le sujet de friction. Elles n'en parlent pas et j'en parle pas. Et c'est mieux comme ça.
B
Oui, en même temps, c'est vrai qu'il y a des sujets qu'il vaut mieux éviter.
A
Oui, parce que moi, je ne changerais pas d'avis et elles non plus.
B
Ça sert à quoi ? C'est une discussion stérile de toute façon.
A
C'est ça. Ça ne sert à rien du tout.
B
Aucun intérêt.
A
Pourrais-tu raconter une anecdote drôle de ton couple ?
B
Il y en a plusieurs. Par exemple, ici, au Mexique, la première fois qu'on est parti en vacances, c'était dans une ville qui s'appelle Mazatlan.
A
Ça faisait depuis combien de temps que tu étais au Mexique ?
B
Ça faisait trois mois, à peu près trois mois, je pense, et donc on est parti.
A
Est-ce que tu peux expliquer un petit peu la situation de Maçatlán pour que peut-être les gens comprennent où c'est ?
B
Pourquoi Maçatlán est connu au Mexique ? Maçatlán est connu parce que ça se situe dans l'état de Sinaloa, Sinaloa qui fait partie du triangle d'or du narcotrafic mexicain, Durango d'ailleurs aussi, et donc on est un peu dans la gueule du loup. C'est ça. Mais au final, c'est comme être au centre du cyclone. Il ne se passe pas grand-chose puisqu'on est au centre du cyclone et c'est le bazar à l'extérieur. Il ne faut pas non plus trop jouer à ça. Donc, on va seulement dans les endroits qui sont autorisés, que tout le monde sait, où c'est en sécurité. Le problème, c'est que la route, à l'époque, il n'y avait pas d'autoroute qui existe maintenant. C'était la route de montagne. Je ne sais pas si les Français reconnaîtront si je leur dis la route Napoléon entre Lyon et Nice, par exemple. C'est un peu le même genre. Et du coup, je l'arrête, je l'arrête, je l'arrête. Et manque de bol, la voiture, elle tombe en panne. Le moteur mort HS. Ça c'est chaud. Déjà, on cherche un endroit en hauteur.
A
Pourquoi est-ce que c'est chaud ? Est-ce que tu peux expliquer pourquoi c'est chaud ?
B
Déjà, on est sur le bord d'une route de montagne, donc il n'y a pas de bas-côté, il n'y a pas d'autoroute. C'est dangereux déjà parce que les gens conduisent assez mal, on va dire, et ils passent à très grande vitesse et c'est facile d'avoir un accident. Et de deux, évidemment, ce sont des routes qui sont empruntées pour le trafic de drogue. Donc, évidemment, on peut rencontrer facilement des personnes qui ne sont pas recommandables et il faut faire attention. Mais moi, comme je venais d'arriver, pour moi, tout ça, c'était abstrait. C'est des histoires, ils inventent, ils exagèrent. Mon mari me dit qu'il faut qu'on se cache. Pendant qu'on attend la dépanneuse, on va se cacher. Je commence à crier qu'on est là, qu'est-ce qui se passe, venez nous chercher.
A
Tu avais vrillé.
B
Ah oui, complètement. Je trouve ça tellement surréaliste et irréel que je suis allée complètement dans l'opposé. C'est des choses que maintenant je dirais qu'il faut être un peu débile pour faire ça. Et lui, il était blanc, il est devenu blanc littéralement. Au bout d'un moment, la dépanneuse est arrivée. Le chauffeur a l'habitude de dire qu'il faut faire attention. Les gens se font voler leurs voitures, se font dépouiller.
A
J'ai une copine, son mari avait un pick-up neuf et il est allé pour son enterrement de vie de garçon à Massatlane. Il est bête, il est allé le soir. Donc, il ne faut surtout pas conduire la nuit. Et il s'est fait voler, les narcos l'ont arrêté. Merci, beaucoup ton pick-up et puis voilà.
B
Mais ça, c'est dans tout le pays par contre. La nuit, on ne conduit pas. C'est une règle d'or.
A
On l'a fait plusieurs fois. En parlant de ça, comment est-ce que toi, tu vis le fait de vivre ici et d'avoir des narcos dans un pays de narcotrafiquants ?
B
En fait, c'est ça. On ne les voit pas, sincèrement. Si on n'est pas dans le cercle...
A
Si on ne consomme pas...
B
Si on n'a pas du tout les connexions et les connaissances, si on est avec des gens... respectable, on va pas se voir en fait, on n'a pas de relation.
A
Moi j'avais eu peur, je me rappelle au début, je me rappelle toujours des choses que tu m'avais dit au début, c'est vrai qu'il faut faire très attention, surtout quand on est une femme étrangère, avec qui on sort ? Parce qu'il y a des mecs, ils peuvent être plusieurs téléphones portables, une grosse bande, une grosse voiture, il faut faire attention.
B
Il faut faire attention, il faut demander.
A
Moi, une fois à Massaclane, j'étais à la plage avec Juan Pablo et on a vu un hélicoptère arriver comme ça. Et c'était marchandise. C'est impressionnant. Franchement, c'est impressionnant. Moi, j'étais hypnotisée parce qu'on pense que ça n'arrive que dans les films, mais pas du tout.
B
C'est la réalité.
A
Et une autre anecdote en France.
B
Une autre anecdote en France, en fait. On était en Normandie chez des amis, chez Caroline et Romain. Romain dit, bien, on va aller chercher les pizzas, on va boire une bière en attendant qu'elle soit prête. Là, l'eau part tout seul avec Romain.
A
Donc, c'est un jeu de mots.
B
Oui, c'est un jeu de mots. Et en fait, dans la région, il y a une marque de bière qui s'appelle la quéquette. La quéquette, ça veut dire le pénis.
A
C'est un mot familier.
B
Un mot familier pour dire le pénis. Donc, la marque de cette bière, c'est la quéquette. Évidemment, jeu de mots. Et donc, Romain, mon ami, lui dit, tiens, prends cette bière, elle est bonne. vraiment, innocemment.
A
Et Lallot, à cette époque-là, il parlait.
B
Déjà, ou pas ? Oui, il parlait, mais il ne connaissait pas spécialement ce mot.
A
Non, mais Oran Pablo ne connaîtrait pas ce mot.
B
Voilà, on ne va pas commencer à faire de l'argot tous les cinq minutes, donc il y a tellement de mots. Donc, innocemment, Lalo commence à boire la bière. Ah oui, c'est bien. Et donc, mon ami Romain lui dit, alors, t'aimes la quéquette ? Et évidemment, Lalo dit oui, parce que pour lui, la bière était bonne. Et donc, là, tout le monde est mort de rire. Et donc, quand ils reviennent avec les pizzas, Romain était, mais mort de rire. Il nous raconte et il nous dit, alors, t'aimes la quéquette ? Et Lalo dit oui. parce qu'évidemment, il lui expliquait quand même ce que ça voulait dire. Donc voilà, c'est devenu la petite anecdote.
A
C'est drôle. Moi, la petite anecdote par rapport à ça aussi, parce que souvent, ce qui est drôle, c'est le vocabulaire un peu asexuel. Et Jean-Pablo était en train d'apprendre le français, on était en France et il était tard et on jouait aux cartes avec ma famille. On s'est dit « bon allez, je pense qu'il est tard, on va aller dormir ». Et Jean-Pablo voulait parler français, il a dit « ah oui, on va coucher ». Et donc, coucher, ça signifie avoir des relations sexuelles, alors que se coucher, c'est aller dormir. On était tous, on était morts de rire. Allez, on va coucher ? Devant ma mère. Donc ça, c'était une petite anecdote super drôle. Et enfin, une dernière question. Complète cette phrase. Donc là, c'est l'hypothèse. Si je n'avais pas rencontré Lalo, comment tu pourrais compléter ça ?
B
Eh bien, je ne serais plus ici. Principalement parce que l'objectif quand même, moi mon objectif c'était d'avoir de l'expérience professionnelle et de repartir en Espagne donc je pense que je serai reparti en Espagne.
A
Mais c'est en général les françaises qui restent ici c'est parce qu'elles se sont mariées ?
B
Oui sincèrement oui.
A
Vraiment ?
B
Vraiment. Ça, c'est vrai, oui. Sauf Lydia.
A
Lydia, on a donc qui est prof aussi de français chez OUI et française de Martinique. Par contre, elle, elle est célibataire et elle fait le choix de rester ici parce que ça lui plaît, etc. Mais moi, c'est clair que si, donc Rampablo et moi, on a un enfant, si on n'avait pas notre enfant, je ne pense pas qu'on serait ici. Je ne pense pas, personnellement.
B
Peut-être que je serais restée plus de 6 mois pour avoir plus d'expérience. C'était quand même des bonnes années. Mise à part la relation amoureuse. Mais de là à rester habiter, non, je pense que je me serais quand même rapprochée. Parce que c'est vrai que ça fait loin.
A
Ça fait loin. En plus, il faut faire Durango-Mexico-Mexico-Paris.
B
Dans le meilleur des cas.
A
Ouais, dans le meilleur des cas, c'est vrai.
B
T'as fait plus de... Non, moi non, je préfère payer et puis... Moi, je.
A
L'Ai fait, le premier vol que j'ai pris pour arriver au Mexique, c'était au dernier moment parce que l'ancienne directrice avait confirmé au dernier moment, j'ai pris cinq vols. Et j'ai dit plus jamais de ma vie.
B
Plus jamais de ma vie.
A
Je voulais économiser, j'avais pas beaucoup d'argent. Plus jamais.
B
Bah non, parce que tu perds du temps et puis après t'as le stress de savoir si tu vas arriver, si les affaires sont à l'heure.
A
Quelle horreur, quelle horreur.
B
La valise, ah mon dieu ! Est-ce que la valise va faire les cinq...
A
Je parlais pas un mot d'espagnol.
B
Les cinq escales, ouais.
A
J'avais pas... Le premier... Ça c'était le premier trajet que j'avais fait. J'avais pas... En 48 heures j'avais pas dormi. J'entendais des voix. Tellement j'étais fatiguée. J'entendais des voix. Non, plus jamais.
B
Non, non, c'est horrible.
A
Merci beaucoup Amélie pour cette interview.
B
De rien, merci à toi pour l'invitation.
A
Merci beaucoup, à bientôt.
B
A bientôt.
A
Au revoir.
Podcast: ehoui!
Host: Virginie Cutulic
Episode: 80. Spéciale Saint-Valentin : Le couple mixte
Guest: Amélie (Prof de FLE et expatriée en Mexique)
Date: March 2, 2023
This Saint-Valentin special episode of ehoui! centers around the realities, challenges, and unique joys of being in a "couple mixte" (a relationship between partners from different cultures), as lived by Amélie, a French teacher who moved to Mexico and built a life with a Mexican partner. Virginie and Amélie explore cultural differences, relationship dynamics, language learning, anecdotes, and the impact of family and societal norms—with plenty of humor and honesty.
Origines et carrière
Changement de vocation
Lien familial, pression sociale
Sujets tabous
Vacances risquées à Mazatlán (18:30–21:55)
Quiproquos linguistiques
Destin de vie influencé par la rencontre
Éloignement géographique
“Le Mexique et Durango, c'est le hasard total.”
— Amélie (02:04)
“J’ai vu Lalo sur une photo et je lui ai dit, je veux ça. Un peu comme Amazon.”
— Amélie (09:42)
“Être en couple, à la base, c'est compliqué. Mais alors, en couple mixte, il faut rajouter la différence de langue, il faut rajouter la différence culturelle.”
— Amélie (10:44)
“Moi, on m’a dit plusieurs fois, j’étais comme un bulldozer.”
— Amélie (12:14)
“C’est beaucoup de diplomatie, j’ai l’impression que c’est vraiment des relations diplomatiques, surtout avec les belles-familles.”
— Amélie (16:47)
La quéquette:
“Mon ami Romain lui dit, alors, t’aimes la quéquette ? Et évidemment, Lalo dit oui, parce que pour lui, la bière était bonne. Et donc, là, tout le monde est mort de rire.”
— Amélie (24:00)
This episode offers a humorous yet realistic look at what it means to build a life and a relationship across cultural boundaries. Virginie and Amélie share personal stories, linguistic mishaps, and reflections on family dynamics, all while staying true to their French roots—direct, unfiltered, and always a bit ironic. Perfect for intermediate French learners seeking authentic conversation and cultural insight.
End of summary.