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Alexandre
Épisode 105, le français québécois. Salut à toutes et à tous, je suis ravi de vous retrouver après cette longue pause qui n'était pas prévue. Donc pour commencer, je voudrais m'excuser. Désolé pour mon absence. Je sais que certains d'entre vous commençaient à s'inquiéter et c'est bien normal vu le contexte actuel. On a commencé à recevoir pas mal d'emails de personnes qui nous demandaient si tout allait bien, si toute l'équipe était en bonne santé. Donc oui, je vous rassure, toute l'équipe est en bonne santé, on n'est pas malades. D'ailleurs, j'ai envoyé un email la semaine dernière pour rassurer tout le monde, mais comme vous n'êtes pas tous abonnés à la newsletter, je le répète ici. Je vais vous expliquer pourquoi il n'y a pas eu d'épisode ces dernières semaines. En fait, c'est parce que j'étais en plein déménagement. Ça y est, j'ai enfin emménagé dans mon nouvel appartement, ou plutôt notre nouvel appartement, celui qu'on a acheté avec ma copine. Ça fait un an qu'on l'a acheté.
Benjamin
Mais il y avait des rénovations, etc.
Alexandre
Ça a pris plus de temps que prévu. Et là, en novembre, ça y est, on a enfin pu emménager. Mais si vous avez déjà rénové un appartement ou une maison, vous savez comment c'est. Ça prend toujours plus de temps que prévu. Et là, tout n'est pas encore terminé. Alors moi, je voulais attendre que mon bureau soit prêt pour pouvoir enregistrer dans les meilleures conditions. Notamment parce qu'il y a beaucoup d'échos, donc je voulais acheter des panneaux acoustiques pour réduire l'écho, etc. Enfin bref, j'ai fait plein de recherches. Je voulais vraiment avoir les conditions parfaites pour enregistrer. Et comme ça prenait du temps pour tout installer, eh bien voilà, j'ai pas pu faire de nouvel épisode ni de nouvelle vidéo sur la chaîne YouTube d'ailleurs. Bon, là, pour être honnête, le bureau n'est toujours pas prêt, mais je me suis dit que je ne pouvais pas vous laisser comme ça. Je ne pouvais pas vous laisser finir l'année sans vous parler une dernière fois. Donc j'ai décidé quand même de publier cet épisode. Ça, c'était la première raison, une raison plutôt logistique. Mais il y a une seconde raison qui explique aussi cette absence. C'est parce qu'avec Anya et Ingrid, on a enfin commencé à travailler sur nos nouveaux cours. Et oui, j'utilise le pluriel parce qu'il va y en avoir plusieurs. On est comme ça chez InnerFrench, on est très ambitieux. Alors, ça fait un moment que je vous en parle parce que le dernier cours que j'ai sorti, c'était « Raconte ton histoire », il y a déjà deux ans. Et depuis, je sais que beaucoup d'entre vous attendent la suite. Mais voilà, c'était difficile avec le podcast, la chaîne YouTube, recruter l'équipe, etc. Ça a pris du temps. Alors là, on a profité de cette pause pour vraiment lancer le projet. On a beaucoup brainstormé, comme on dit dans les entreprises. On utilise le mot anglais et on en fait un verbe français. On a brainstormé. On a vraiment mis les choses à plat. On a repris la réflexion depuis le début pour essayer de créer le meilleur cours possible. On a déjà le syllabus maintenant. Donc, il n'y a plus qu'à créer les leçons. Ça, c'est une bonne structure. Il n'y a plus qu'à. Bon, ici, je n'ai pas mis la première négation, mais normalement, c'est « il n'y a plus qu'à ». Autrement dit, il reste seulement à. Il nous reste seulement à créer les leçons. Bon, je dis ça d'une manière un peu humoristique parce qu'évidemment, ça va représenter pas mal de travail dans les prochains mois. de créer ses leçons. D'ailleurs, c'est pour ça que le rythme de publication va un peu ralentir. Bon, on va essayer quand même de faire au moins un épisode du podcast par mois et une ou deux vidéos sur la chaîne YouTube. Mais voilà, attendez-vous dans les prochains mois à avoir un peu moins de contenu de notre part. Par contre, on va essayer d'être plus régulier et de pas vous laisser comme ça pendant un mois et demi sans vous donner de nouvelles et sans créer de nouveaux contenus pour vous. Voilà, donc ça, c'est un peu notre plan pour 2022. Alors, l'épisode d'aujourd'hui, c'est un épisode qui va être aussi disponible en format vidéo sur la chaîne YouTube. Je préfère vous le dire tout de suite au cas où vous auriez envie de le regarder. Cet épisode, c'est une interview avec une professeure de français qui vit au Québec. Et comme le titre de l'épisode l'indique, on va parler des différences entre le français parlé en France et le français parlé au Canada, en particulier au Québec. Je sais que beaucoup d'entre vous apprennent le français pour émigrer justement au Canada et en particulier au Québec ou dans une autre province dans laquelle on parle français. Donc je me suis dit que ça serait une bonne idée de s'intéresser un peu aux différences au niveau de la prononciation, au niveau de la grammaire, au niveau des expressions, etc. Et l'invité de cet épisode Geneviève Breton, c'est une spécialiste en la matière parce qu'elle est professeure de français et en particulier de francisation. Elle a une chaîne YouTube qui s'appelle « Ma prof de français » sur laquelle elle explique justement de manière assez systématique les différences et le français québécois plutôt informel. Moi j'ai regardé plusieurs de ses vidéos et je les trouve très bien faites. Elle analyse par exemple des extraits de films et de séries, un peu comme moi je fais aussi. Et j'apprends toujours de nouvelles choses, j'apprends toujours des expressions québécoises qui sont très sympas. Donc je vous encourage vraiment à aller regarder sa chaîne. Même si vous n'avez pas forcément l'ambition de déménager ou d'aller vivre au Canada, je trouve que c'est très intéressant et ça permet justement d'enrichir un peu votre culture d'apprenant francophone et de voir qu'il existe des différences entre le français qu'on parle au Canada, celui qu'on parle en France, en Belgique, en Suisse, etc. Dans tous les pays francophones, à chaque fois, les habitants adaptent un peu le français en fonction de leur histoire, de leur culture. Alors, le français qu'on parle en Europe, en France, en Belgique et en Suisse, il est relativement similaire d'un pays à l'autre. On n'a aucun problème à se comprendre, mis à part quelques expressions un peu spécifiques, mais en général, ça ne pose pas de problème. Par contre, c'est vrai qu'il y a plus de différences avec le français parlé au Québec. Je vous ai peut-être déjà dit, d'ailleurs, que quand des films québécois sortent en France, ils sont sous-titrés. On a besoin des sous-titres pour comprendre certaines expressions. Quand les acteurs parlent vite et qu'ils utilisent le québécois informel, en général, on.
Benjamin
Ne comprend rien du tout.
Alexandre
Donc c'est un peu comme vous, parfois, quand vous regardez des films en français. Mais vous allez voir que dans cette conversation avec Geneviève, on n'a globalement pas eu de problème à se comprendre et ça va vous permettre justement d'écouter une conversation entre un Français et une Canadienne pour observer un peu toutes ces différences. Comme d'habitude, la transcription complète sera disponible sur innerfrench.com et je vous rappelle que vous pouvez aussi regarder la vidéo sur la chaîne YouTube.
Geneviève Breton
Salut Jen Salut, comment ça va ?
Benjamin
Ça va, ça va et toi ?
Geneviève Breton
Ça va bien, merci Alors merci d'avoir.
Benjamin
Accepté mon invitation Avec grand plaisir Ça me fait très plaisir de t'avoir sur la chaîne pour pouvoir parler un peu des différences entre le français de métropole et le français québécois Donc toi, t'es un peu l'experte sur YouTube sur cette question Est-ce que tu peux te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?
Geneviève Breton
Oui, certainement. Je m'appelle Geneviève Breton. Ma chaîne s'appelle Ma prof de français. Et puis moi, je me spécialise sur l'enseignement de la langue française, mais du point de vue québécois. Donc le québécois informel, comment on parle dans la vie de tous les jours, comment on parle normalement. J'ai enseigné en francisation à l'université, donc pour les étudiants étrangers qui doivent apprendre le français. Et on me disait souvent Je comprends très bien dans la classe, je comprends les profs quand vous me parlez, mais quand j'arrive dans la vraie vie, c'est une autre histoire. J'ai de la difficulté à communiquer. Donc, en cherchant des ressources pour aider mes élèves, bien, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas grand-chose qui était fait sur le français québécois. Ou ce qui était fait, c'était très anecdotique. Beaucoup, j'explique, je sais pas, une expression ou une prononciation sans trop de contexte ou sans trop expliquer d'où ça vient. Donc, quand la pandémie est arrivée, j'ai décidé de lancer la chaîne pour pallier ce manque de ressources sur le français québécois informel.
Benjamin
Pour commencer, j'aimerais qu'on... Parce que nous, en France, on a beaucoup de stéréotypes, d'idées préconçues sur le français québécois et au final, on le connaît assez mal. Donc on va essayer de resituer un peu les choses dans leur contexte. Alors, est-ce que le Québec est la seule province au Canada dans laquelle on parle le français?
Geneviève Breton
Ce n'est pas la seule province où on parle français. C'est la seule province qui a le français comme unique langue officielle. Donc, il y a beaucoup de francophones au Nouveau-Brunswick, dans les Maritimes, en Acadie. Le Nouveau-Brunswick est la seule province canadienne qui a le français et l'anglais comme deux langues officielles. Mais sinon, on retrouve des francophones en Ontario, au Manitoba, jusque sur la côte ouest aussi, et dans le nord. Les territoires en haut ont souvent le français, l'anglais et des langues autochtones aussi comme langues officielles. Mais le Québec, c'est la seule province qui a le français comme unique langue officielle.
Benjamin
Est-ce qu'il y a des différences?
Alexandre
Est-ce qu'il y a des accents régionaux.
Benjamin
Justement, entre le français québécois et le français parlé dans ces provinces?
Geneviève Breton
Oui, il y a deux grands groupes. Les Acadiens dont je viens de vous parler, qui sont un autre groupe de français, de colons français, en fait. Ces colons-là venaient plus de la région du Poitou, en grande majorité. Donc eux, ils se sont installés dans les maritimes, donc Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, un peu sur l'île du Prince-Édouard aussi. Il y a des Acadiens qui vont aussi jusque dans la péninsule gaspésienne au Québec. Donc eux, c'est un groupe linguistique qui ont certaines particularités de leur langue. Sinon, il y a les Québécois, donc c'est sûr qu'on est les francophones majoritaires au Canada. Et puis, ce sont des gens de la Nouvelle-France, donc du Québec, du territoire du Québec, qui sont allés s'installer plus vers l'ouest. Donc oui, il y a des différences. Je pense que les francophones minoritaires au Canada ont plus d'influence de l'anglais dans leur langue et dans la prononciation. Mais sinon, c'est pas mal le même vocabulaire qu'au Québec.
David
OK.
Benjamin
Et t'as parlé justement des différences entre le français québécois formel et informel. Et dis-moi si je me trompe, mais moi j'ai l'impression que le français québécois formel, il est plus proche du français de métropole, du français formel en tout cas de métropole, que le français québécois informel. Est-ce que mon impression est vraie ?
Geneviève Breton
T'as tout à fait raison. Plus on monte dans les registres de langues soutenues, soignées, moins les différences régionales sont perceptibles. Je pense que ça doit être vrai avec d'autres langues aussi. Si on regarde l'espagnol, par exemple, l'espagnol formel d'Espagne et formel du Mexique, ça doit être beaucoup plus proche que si les deux parlent en langue populaire, en langue informelle. Donc, c'est sûr que c'est la prononciation. En langue formelle, la grammaire est exactement pareille en France et au Québec. Le vocabulaire va différencier un peu, peut-être plus pour les réalités culturelles, donc une façon de nommer les différents hôpitaux ou le système d'éducation, bien sûr, ça va être différent, mais sinon, la langue, le vocabulaire est semblable. C'est vraiment la prononciation où est-ce qu'on reste avec des différences plus marquées un peu.
Benjamin
Ouais, puis toutes les références au hockey aussi.
Geneviève Breton
Justement.
Benjamin
Donc maintenant, j'aimerais qu'on s'intéresse un peu aux différences de prononciation. Toi, tu parles un français québécois, mais est-ce qu'il existe un seul français québécois ou est-ce que là aussi il y a des différences de prononciation selon l'endroit où on se trouve ?
Geneviève Breton
Il y a des différences, bien entendu, selon les régions du Québec. Dans ma chaîne, moi, je parle, comme tu as dit, souvent du français québécois. Je fais une espèce de généralisation. Je m'attarde beaucoup aux traits qui sont communs à toutes les régions. Mais plus une région est éloignée de Montréal ou des grands centres de Montréal, de Québec. Mais déjà, entre Montréal et Québec, on a certaines différences d'accent. Puis là, dans les régions un peu plus éloignées, Saguenay-Lac-Saint-Jean, ils ont un accent bien... reconnaissable, en Gaspésie. Donc c'est ça. Chaque région a ses particularités au niveau du vocabulaire, beaucoup. Puis certaines régions ont des traits de prononciation plus marqués.
David
Ok, ok.
Benjamin
Donc on va essayer de comparer un peu ton accent et le mien. Donc voilà, moi je ne peux pas prétendre représenter tout le français de métropole puisque moi aussi j'ai un accent. L'accent de région-centre. Enfin bon, je ne sais pas s'il s'appelle comme ça, mais voilà. Donc, je crois qu'une première différence, c'est au niveau de la prononciation des «a». Donc, ce que je te propose, c'est que moi, je vais lire certaines phrases et puis toi, tu vas les répéter. Comme ça, on va essayer d'écouter les différences. Ok ?
Geneviève Breton
Allons-y.
Benjamin
C'est pour ça.
Geneviève Breton
C'est pour ça.
David
Ok.
Benjamin
La base.
Geneviève Breton
La base.
Alexandre
Le climat.
Geneviève Breton
Le climat.
David
Le regard arrête.
Benjamin
Donc là, c'est intéressant aussi sur «arrête» parce qu'il y a une différence au niveau de la prononciation de l'accent circonflexe.
Geneviève Breton
Tout à fait. On parlait tout à l'heure des distinctions Montréal-Québec. Ça, c'est un mot... Il y a comme une frontière quelque part entre Montréal et Québec. Je ne me rappelle pas lequel qui est lequel. Je pense qu'à Québec, c'est «arrête». On prononce comme toi «arrête». Et à Montréal, c'est «arrête». « arrête » avec un « é » plus long. Au Québec, on a gardé la distinction, bien là, on parlait des « a » tout à l'heure, donc il y a deux types de « a » le « a » de « patte » et le « a » de « pâte » qui est plus long, qui est plus à l'arrière de la bouche. On a gardé deux « é », le « é » de « mettre » et le « é » de « mettre » ou de « arrête » que l'on entend le circonflexe.
Benjamin
Ouais, justement, ça, ça vous permet de distinguer des mots qui sont des homonymes en français. Par exemple, le verbe «maître», M-E-D-T-R-E, et le nom «maître», «un maître», en français, c'est la même prononciation, alors que vous.
David
Le verbe, c'est «maître» et le nom «maître».
Benjamin
Donc c'est assez pratique d'avoir cette... de prononcer cet accent circonflexe.
Geneviève Breton
Tout à fait. Et d'ailleurs, quand ils ont Quand ils ont décidé de réformer l'orthographe dans les années 90, ils ont fait disparaître, disparaître ce circonflexe-là sur le « i ». Je trouvais ça dommage parce qu'au Québec, on l'entend. Donc « prochaine », une prochaine, mais une chaîne, ma chaîne YouTube. Donc moi, je l'entends, le circonflexe, mais bon, on n'est plus obligé de l'écrire.
Benjamin
Ensuite, il y a des différences au niveau des voyelles nasales aussi. Alors là aussi, je te propose de faire le même exercice. Le pain.
Geneviève Breton
Le train. Un enfant.
Benjamin
Celui-là, on va le répéter parce que justement, il y en a deux.
Alexandre
Il y a le «on» de... le premier.
David
Enfant.
Geneviève Breton
Un enfant. L'enfant. J'ai deux «an» différents.
Benjamin
Alors que nous, en métropole, c'est exactement le même «an».
David
E-N et A-N.
Benjamin
Un parent. L'adjectif brun. Et le dernier, une princesse. Donc, nous, la prononciation de nos voyelles nasales, c'est un peu plus derrière, à l'arrière de la bouche, et vous, c'est plus sur le bord des lèvres.
Geneviève Breton
Je pense qu'en général, effectivement, les voyelles nasales françaises sont plus postérieures et sont plus ouvertes. Notre «in» est plus fermé que le vôtre. Donc, quand tu dis «princesse», moi c'est une princesse, ma bouche est moins ouverte. Et effectivement, c'est un peu plus à l'avant de la bouche, plus vers le nez. D'ailleurs, ce trait-là de très nasal, quand un Européen veut imiter un Québécois, c'est souvent une des premières choses qu'il va remarquer, qu'il vous saute aux oreilles et que vous allez tenter d'exagérer. Donc, ça devient vite très caricatural si on ne maîtrise pas bien ce trait-là.
Benjamin
C'est vrai, c'est vrai. Justement, qu'est-ce que vous pensez ? Parce que les Français souvent ont, comme sur beaucoup de sujets, un avis très tranché sur l'accent québécois. Alors, il y en a qui trouvent ça mignon, cute, adorable, etc. Et d'autres, au contraire, qui trouvent cet accent horrible. Qu'est-ce que vous pensez au Québec, justement ? Parce qu'il y a beaucoup de Français qui déménagent, notamment à Montréal. Qu'est-ce que vous pensez quand les Français ont ce genre d'avis sur votre façon de parler français?
Geneviève Breton
Ben, je peux pas me prononcer pour tous les Québécois, mais personnellement, quand j'entends des adjectifs comme « pittoresque » ou des choses comme ça, bon, c'est à la limite un peu condescendant parfois. Mais je pense que c'est juste une question d'exposition, encore une fois. La première fois, moi, que j'ai entendu un accent de la Provence, j'ai trouvé ça d'où joli et d'où chantant. C'est tellement cliché. Alors probablement que quelqu'un de Marseille qui m'entendrait dire ça, il ferait comme... Revenez-en, là. C'est comme ça qu'on parle, puis c'est pas plus pittoresque qu'un autre accent. Donc, je pense que c'est normal d'avoir une réaction au début, la première fois qu'on est exposé à quelque chose. Faut juste rester conscient qu'on peut garder nos commentaires pour nous, des fois.
Benjamin
C'est vrai, c'est vrai. Et pour finir sur cette question de prononciation, il y a aussi la façon justement de prononcer les pronoms personnels, notamment troisième personne singulier. Donc «il» et «elle», en tout cas dans le français québécois informel, vous, comment vous le prononcez?
Geneviève Breton
Donc, les L ont tendance à disparaître. Le L, c'est une voyelle liquide, puis dans mes formations, c'est quelque chose que j'explique, là, pour que les gens arrivent à systématiser un peu ces prononciations-là. Il y a des raisons pourquoi le «il» disparaît. Puis c'est pas vrai juste au Québec, c'est vrai en France aussi, je pense, dans le français informel. Donc, «il vient», par exemple, «il vient». Le L disparaît simplement, il vient. Et pour le L aussi, donc mes deux L vont avoir tendance à disparaître. Vous, en France, vous dites « elle vient » si je ne m'abuse.
David
Elle vient, elle peut.
Geneviève Breton
J'entends souvent ça en français européen. Nous, notre L est devenu un peu plus ouvert, donc elle vient. Ça va être un simple A. Elle vient, elle peut. Et là, si mon verbe commence par une voyelle, je garde le L pour faire la liaison, donc elle arrive. Elle habite à Montréal.
David
Ok.
Benjamin
Nous, on fait ça aussi avec « il ». Donc c'est vrai que le « il » devient « y » dans le français informel. Par exemple, « il peut pas ».
Alexandre
Au lieu de « il ne peut pas ».
Benjamin
Par contre, quand le verbe commence par une voyelle, là, on garde le « il », alors que vous, non. Donc toi, tu as dit « y arrive », c'est ça ?
Geneviève Breton
« Y arrive », ouais.
Benjamin
Nous, on dirait pas ça. On dit « il arrive », même dans la langue informelle. Maintenant, on va parler peut-être de la grammaire informelle. Alors au niveau de la grammaire, ce que j'ai remarqué, c'est que vous avez tendance à utiliser «tu» un peu dans tous les sens. Alors est-ce que tu peux m'expliquer ça ? À quoi ça correspond ce «tu» notamment dans les questions ?
Geneviève Breton
Oui, tout à fait. Alors, notre fameux «tu» interrogatif, c'est quelque chose qui frappe beaucoup les francophones, d'ailleurs, quand ils arrivent au Québec. Ils ont tendance à se demander pourquoi on double le pronom. «Tu veux-tu manger?» Et que des fois, ils pensent qu'on se mélange avec le vouvoiement. «Vous voulez-tu manger?» En fait, ce qu'il y a à savoir, c'est que ce n'est pas un pronom personnel. Ce n'est pas le «tu» de «toi», du pronom qui représente la deuxième personne. C'est vraiment une particule interrogative et ça vient du «ti». Donc, en français, plus régional, plus archaïque aussi, j'oserais dire, on peut rajouter un «ti» après le verbe pour en faire une question fermée. C'est l'équivalent de «est-ce que». Donc, est-ce que tu manges? Tu manges-ti? Et ça me fait une question fermée. Et au Québec, les gens ne savaient pas vraiment d'où ça venait, cette particule-là. Ils ont pensé que c'était le « tu » pronom personnel. Par hyper-correction, ils ont transformé le « ti » en « tu ». Et c'est ce qui nous donne les fameuses questions en « tu ». mais c'est tellement économique et pratique comme formulation. Je peux l'utiliser à n'importe quel sujet, n'importe quelle personne grammaticale, n'importe quel verbe, n'importe quel temps de verbe. Donc, «on y vas-tu?», «vous voulez-tu manger?», «on vas-tu?», «as-peux-tu?», «as-pouvais-tu?», «j'ai pas...» Donc... «Imoïtu!» «Imoïtu!» Même pour les impersonnels, c'est vraiment pratique et très économique.
Benjamin
Ok, c'est vrai. C'est plus pratique que « est-ce que » notamment.
Geneviève Breton
C'est plus court.
Benjamin
Maintenant, on va s'intéresser un peu au vocabulaire. Il y a des incontournables, des choses.
Alexandre
Dont on est obligé de parler.
Benjamin
Alors moi, je vais les dire en français de métropole et puis toi, tu vas donner la version en français québécois. Ça marche ?
Geneviève Breton
Parfait. C'est vendu.
Benjamin
Une voiture.
Geneviève Breton
Un char.
David
Ok.
Benjamin
Et il me semble que maintenant... Enfin, il y a différent... Selon les contextes, vous ne dites pas toujours un char, c'est ça? Ou selon les registres de langue?
Geneviève Breton
Tout à fait. Alors là, moi, comme on a dit tantôt, plus on descend dans les variantes populaires, plus c'est différent, éloigné. Donc je vais vraiment avec le français populaire. Ça fait que ça serait un char. Informel, une auto. Une automobile. Est-ce que ça doit s'utiliser en France aussi, une auto?
Benjamin
On l'utilise très rarement, mais on a le mot, oui.
Geneviève Breton
OK. Puis, standard neutre, une voiture.
Benjamin
Un vélo.
Geneviève Breton
Quand j'étais petite... Maintenant, on l'entend beaucoup, le vélo, ici. C'est très tendance d'aller travailler en vélo. Quand j'étais petite, on parlait d'un bécic. Un bécic, c'est la contraction d'une bicyclette. Mais, tu sais ça, je pense que dans les dernières années, avec toute la mode Faire attention, être plus actif, puis éviter les moyens de transport polluants. Ben, aller travailler en vélo. Les gens parlent de plus en plus du vélo et on a adopté le même mot que vous.
David
OK.
Benjamin
Donc ça, c'était pour les modes de transport. Et des chaussures?
Geneviève Breton
Des souliers. Le terme générique ici, c'est des souliers.
David
OK.
Benjamin
Donc c'est intéressant parce que nous, c'est des mots qui semblent très démodés maintenant, mais qu'on utilisait encore au début du XXe siècle, je dirais dans la première moitié du XXe siècle. Donc forcément, on les comprend, on les connaît, mais en métropole, ils ne sont plus utilisés maintenant.
Geneviève Breton
Mais c'est drôle, je pense que... Je ne me souviens pas si c'est la Belgique ou la Suisse, mais il y a un de ces deux pays-là qui a aussi... Le générique s'est aussi soulié. Fait qu'il y a certains traits que c'est vous qui avez changé, en fait, puis le reste de la francophonie a gardé d'autres mots qui sont maintenant archaïques pour vous.
David
C'est vrai.
Benjamin
Là, en plus, on approche de Noël et il y a la fameuse chanson Petit Papa Noël. Dans cette chanson, on utilise le mot soulier, toujours. Ah oui, c'est vrai. Dans nos petits souliers. Donc voilà, tout le monde connaît encore le mot. Qu'est-ce qu'on a d'autre? Ah oui, si je veux parler de ma petite copine ou ma copine, vous, vous avez une autre expression pour ça?
Geneviève Breton
Oui, donc la petite amie, c'est une blonde et ça n'a rien à voir avec la couleur des cheveux, donc mon chum peut parler de moi comme étant sa blonde, même si j'ai les cheveux bruns.
Benjamin
Et donc lui, tu as dit que c'est ton chum.
Geneviève Breton
Mon chum, ben oui, c'est vrai, j'ai vendu le punch. Fait que un petit ami, c'est un chum. C'est un... Ça vient de l'anglais, bien sûr, chum, mais c'est drôle parce que mes amis américains n'utilisent pas vraiment ce mot-là. Pour eux, ça sonne aussi archaïque, donc j'ai appris plus tard que c'était de l'anglais britannique, archaïque. Donc c'est drôle de voir que nos... même certains anglicismes ont été empruntés Du temps vraiment plus de la conquête anglaise, donc c'est très drôle.
Benjamin
Ça sonne bien, mon chum. Mais ça peut avoir différents sens aussi, non?
Geneviève Breton
Oui, il faut faire attention. Donc chum, le vrai sens en anglais, c'est un camarade, un ami. Donc on peut parler de mon chum, mon chum de gars. Si je précise de gars ou ma chum de fille, parce que le mot peut être employé au féminin aussi. Donc mon chum de gars, ma chum de fille, là c'est sûr que c'est un ami. Au pluriel aussi, je vais aller prendre une bière avec mes chums, mes amis. Je pense que vous diriez mes potes dans cette situation-là.
David
Tout à fait.
Geneviève Breton
Mais quand je dis mon chum, habituellement, c'est mon petit ami, mon copain.
David
Ok.
Benjamin
Ensuite... Ah oui, tout à l'heure, j'ai utilisé l'expression « il mouille ». Qu'est-ce que ça veut dire, « il mouille »? Tu peux l'expliquer?
Geneviève Breton
« Il mouille », ça veut dire qu'il pleut.
Benjamin
Donc le verbe mouiller On a aussi le verbe mouiller en France Je pense que c'est le même sens Vous avez aussi pour ce sens-là mouiller quelque chose ?
Geneviève Breton
Oui, oui, bien sûr Je suis tombée puis je suis toute mouillée J'ai mouillé.
Benjamin
Mon pantalon Ah oui, est-ce que tu pourrais nous expliquer ce que veut dire le verbe jaser ?
Geneviève Breton
«Jaser», c'est un beau mot informel pour dire «discuter, bavarder». «Bavarder», vous le dites aussi? OK, donc voilà. On a le verbe «jaser» puis on a l'expression «piquer une jasette».
Benjamin
J'adore cette expression.
Geneviève Breton
C'est cute, hein? C'est mignon. «Piquer une jasette», c'est faire un brin de conversation avec quelqu'un.
Benjamin
Et à l'inverse, maintenant, j'aimerais qu'on parle un peu des faux amis. On a certains mots qui sont utilisés en France et qui ont un sens différent au Québec. Par exemple, au niveau des repas. Donc chez nous, le premier repas de la journée, c'est le petit déjeuner. Et chez vous, c'est...
Geneviève Breton
Le déjeuner.
Benjamin
Le déjeuner. Donc chez nous, le déjeuner, c'est le deuxième repas de la journée, celui qu'on a vers midi. Donc chez vous, ensuite, le deuxième, c'est...
Geneviève Breton
Le dîner. Le dîner, c'est à midi ici. Et le soir, on soupe le souper.
Benjamin
Donc en fait, on a un repas d'avance sur vous. Et nous, par contre, on n'a pas le souper. Donc, le soir, on a le dîner. Parfois, c'est vrai que certaines personnes utilisent le souper, mais bon, c'est aussi un peu démodé maintenant. Donc, nous, c'est le petit déjeuner, déjeuner, dîner.
David
Et vous?
Benjamin
Déjeuner...
Geneviève Breton
Déjeuner, dîner, souper. C'est intéressant de savoir qu'en Belgique et en Suisse aussi, ils ont gardé les mêmes repas qu'ici au Canada. Puis en fait, encore une fois, c'est vous les Français qui avez changé vos habitudes. Les gens se sont mis à se lever plus tard, donc ça a pris un repas avant le déjeuner, donc vous avez appelé ça le petit-déjeuner. Mais pour les autres pays francophones, on a gardé les repas originaux.
Benjamin
C'est vrai, nous, malgré l'Académie française qui fait tout son possible pour que la langue n'évolue pas, on fait évoluer la langue et on la fait changer très très rapidement, c'est vrai. Qu'est-ce qu'on a d'autre ? Ah, « bienvenue » chez vous, c'est un autre sens, il me semble.
Geneviève Breton
Oui, bienvenue, on peut utiliser ça comme réponse à merci. C'est un anglicisme, c'est critiquer, donc nous aussi, on a l'équivalent de l'Académie française, c'est l'Office québécois de la langue française qui veut un peu encadrer l'usage de la langue, qui fait des recommandations, mais qui, bien sûr, n'a pas de contrôle sur ce que les locuteurs disent et utilisent. Donc, malgré que l'OQLF nous dit «faut pas dire bienvenue parce que c'est un anglicisme», vous allez l'entendre probablement. Donc, merci! Bienvenue! La traduction de «welcome».
David
Ok.
Benjamin
Est-ce que vous dites «de rien» aussi?
Geneviève Breton
On dit très bien «de rien».
David
D'accord. Ok.
Geneviève Breton
Il n'y a pas de quoi... On a toutes les mêmes que vous, mais on a un «bienvenue» en plus.
Benjamin
Ah, le dépanneur. Alors, en France, un dépanneur, c'est quelqu'un qui va dépanner, notamment pour les voitures. Donc, il va... Si votre voiture tombe en panne, un dépanneur va venir chercher votre voiture pour l'emmener au garage. Et chez vous, par contre, ça a un autre sens, le dépanneur.
Geneviève Breton
Oui, le dépanneur ici, c'est le petit magasin de quartier où est-ce que je peux aller acheter du lait ou... Des choses qui me manquent, c'est si l'épicerie est fermée. Le dépanneur.
David
OK.
Benjamin
Donc vous l'utilisez plus souvent que nous, je pense.
Geneviève Breton
Oui, oui, oui. C'est un mot très, très courant. Mais nous, pour le camion de dépannage, on va dire la dépanneuse. La dépanneuse ou, en bon québécois, l'auto-wing. L'auto-wing, je lui cherchais moi-même.
David
Ok, ok.
Benjamin
On a la dépanneuse aussi pour le camion, mais la personne qui fait ça, en général, c'est plutôt un homme, donc c'est le dépanneur. Il me semble. Ah, et le dernier faux ami que j'avais noté, c'est une liqueur. Donc une liqueur, en France, c'est toujours quelque chose d'alcoolisé, qu'on boit en général à la fin du repas, après le dessert. Et chez vous, c'est un autre sens, une liqueur.
Geneviève Breton
Ça peut avoir un autre sens. Quand on va à la S.A.Q., qui est l'entreprise d'État pour vendre l'alcool, les vins, les spiritueux. Donc, il y a une section liqueur, puis là, on trouve de la maroula et... Bon, peu importe, là, tous les licoreux qui sont là. Mais de la liqueur, c'est notre mot informel aussi pour de la boisson gazeuse. Donc, un coke et un Sprite de la vie, c'est de la liqueur.
David
OK.
Benjamin
Ce que nous, on appelle des sodas.
Geneviève Breton
Ouais, donc faites pas le saut si vous entendez un petit Québécois qui demande de la liqueur à ses parents.
Benjamin
C'est pas un jeune alcoolique, mais...
Geneviève Breton
C'est pas un jeune alcoolique.
David
Un coca, ok, ok.
Benjamin
Il est juste accro au sucre.
Geneviève Breton
Exactement.
Benjamin
Ok, bon, je pense qu'on a fait un bon tour d'horizon. On a abordé un peu les principales différences. On pourrait en parler encore pendant des heures, mais voilà, peut-être qu'on t'invitera une autre fois sur la chaîne. Et pour mes abonnés qui veulent en savoir plus sur le français québécois, où ils peuvent te trouver?
Geneviève Breton
La meilleure façon, c'est sur YouTube. Ma prof de français, c'est vraiment là que je suis le plus actif. J'ai aussi une page Facebook et Instagram où je publie un peu moins régulièrement.
Benjamin
OK, très bien, super, merci. Bon, bien sûr, je mettrai tous les liens dans la description de la vidéo. Et voilà, on se rappelle bientôt pour faire l'épisode 2.
Geneviève Breton
Super. Merci beaucoup de l'invitation. Ça a vraiment été un plaisir de discuter avec toi.
Benjamin
Merci, à bientôt.
Geneviève Breton
Bye bye.
Alexandre
Merci d'avoir écouté cet épisode, j'espère que ça vous a plu. Maintenant, il me reste juste à vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année et je vous dis rendez-vous en 2022.
Date: December 23, 2021
Host: Alexandre (occasionally called Benjamin in transcript)
Guest: Geneviève Breton (YouTuber: Ma prof de français)
This episode explores the differences between French as spoken in France ("français de métropole") and Quebec ("français québécois"), focusing on pronunciation, grammar, vocabulary, and some misconceptions. Host Alexandre interviews Geneviève Breton, a language teacher and expert on Quebec French, offering listeners an engaging and detailed look into the linguistic, cultural, and regional distinctions that shape French in Quebec.
Where is French spoken in Canada? (10:17)
“Le Québec, c’est la seule province qui a le français comme unique langue officielle.” – Geneviève (10:55)
Accents and Groups
Formal vs Informal Registers
“Plus on monte dans les registres de langues soutenues, soignées, moins les différences régionales sont perceptibles…” – Geneviève (12:28)
Regional Accents
Comparison Exercise
Alexandre and Geneviève read out the same words to compare accents: “la base”, “le climat”, “arrête, “enfant”, “princesse”, etc.
Notable discovery: The “a” and “é” sounds, as well as the effect of the circumflex, are often more pronounced or preserved in Quebec French.
Example: The word “arrête” pronounced with a longer “é” in some Quebec regions (15:31).
Quote:
“On a gardé deux ‘é’, le ‘é’ de ‘mettre’ et le ‘é’ de ‘maître’, ou de ‘arrête’…” – Geneviève (15:31)
Nasal vowels are forward in the mouth in Quebec French, more “fermé” (closed) compared to France (18:09).
Perceptions of the Quebecois Accent
French people sometimes find it “mignon” or “horrible”; in Quebec, this can be perceived as condescending or simply the result of lack of exposure (19:26).
Quote:
“C’est à la limite un peu condescendant parfois… la première fois qu’on est exposé à quelque chose, faut juste rester conscient qu’on peut garder nos commentaires pour nous…” – Geneviève (19:26)
Pronunciation of Pronouns
The “L” in “il” and “elle” often disappears or becomes very light in informal Quebec French (“il vient” → “y vient”; “elle vient” → “a vient”) (20:37).
Quote:
“Notre L est devenu un peu plus ouvert, donc ‘elle vient’ ça va être un simple A. ‘Elle vient, elle peut…’” – Geneviève (21:15)
Distinction with France: In informal France French, “il” often does become “y” (“il peut pas”), but “elle” remains pronounced (“elle arrive”), whereas in Quebec “elle” shifts as well (21:53).
Interrogative "tu"
Main feature: The use of “tu” as an interrogative particle, not as a pronoun, e.g., “On y va-tu?” (“Are we going?”)
Geneviève traces it back to “-ti” from older French, originally a question marker, which over time became “tu” by analogy.
Quote:
“Notre fameux ‘tu’ interrogatif… ce n’est pas un pronom personnel… c’est vraiment une particule interrogative et ça vient du ‘ti’…” – Geneviève (22:16)
Used with all persons: “Vous voulez-tu manger?”, “On y va-tu?”, “J’ai-tu dit…”.
Transport
Clothing
Romantic Partners
Expressions
To Chat
False Friends
Meals:
“C’est vous les Français qui avez changé vos habitudes…” – Geneviève (29:44)
“Bienvenue” for “you’re welcome”: considered an anglicism in Quebec, officially discouraged, but widely used (30:30). “De rien” and “il n’y a pas de quoi” also exist.
“Le dépanneur”
“Liqueur”:
France: always alcoholic drinks.
Quebec: can be both alcoholic (in liquor stores) or, informally, means soft drinks (sodas) (32:24).
Quote:
“Faites pas le saut si vous entendez un petit Québécois qui demande de la liqueur à ses parents. C’est pas un jeune alcoolique…” – Geneviève (32:50)
This episode gives an accessible yet detailed overview of the unique features of Quebec French, debunking stereotypes and emphasizing the importance of cultural context. Whether considering a move to Canada or simply wishing to enrich your French, this conversation between Alexandre and Geneviève is both educational and entertaining, filled with warmth and linguistic curiosity.
| Time | Segment Description | |------------|--------------------------------------------------------------------------| | 00:00–07:32| Podcast business, update on hiatus, Intro to episode | | 08:20 | Start of guest segment; Geneviève’s background | | 10:17 | French in other Canadian provinces explained | | 12:28 | Similarity of formal French (France/Québec); differences appear informally| | 15:22 | Pronunciation exercises and discussion | | 18:09 | Nasal vowels – “princesse”, “enfant”, etc. | | 19:26 | Perception of Quebec accent by French natives | | 20:37 | Pronoun pronunciation (“il”, “elle”) differences | | 22:16 | Quebec’s interrogative “tu” explained | | 24:01 | Vocabulary showdown: vehicle, shoes, “chum”, “blonde”, etc. | | 28:30 | “Jaser” & “piquer une jasette” | | 29:07 | False friends: meal names | | 30:30 | "Bienvenue" as “you’re welcome” | | 31:35 | “Dépanneur” compared in France and Quebec | | 32:24 | “Liqueur” as soda | | 33:20 | Where to find Geneviève online |
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