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A
Épisode 90 Apprendre le français sans vivre dans un pays francophone Salut à toutes et à tous, bienvenue ! Je suis très content de vous retrouver avec un nouveau jingle Vous avez entendu que la musique d'introduction a changé Ça faisait un moment que j'avais envie d'une nouvelle musique pour le podcast Donc j'ai demandé à Chris, mon ingénieur du son qui a demandé à un de ses amis musiciens et voilà le résultat Je sais pas ce que vous en pensez mais moi, j'adore ce nouveau jingle J'en suis très content donc j'espère qu'il va vous plaire à vous aussi Dans l'épisode d'aujourd'hui, je vous propose d'écouter une interview et pas n'importe laquelle une interview d'Anna Anna, comme vous le savez peut-être, c'est la première recrue d'InnerFrench. Elle a rejoint l'entreprise au mois de septembre, donc maintenant elle est prof chez InnerFrench. Dans cette interview, vous allez entendre comment Anna a appris le français. Et ce qui est vraiment impressionnant, c'est qu'elle n'a jamais vécu en France ni dans un pays francophone. Elle a appris le français tout en restant en Pologne. Parfois, on entend que c'est impossible d'apprendre une langue sans vivre dans le pays où elle est parlée Eh bien, Anna est la preuve du contraire Dans cet épisode, elle va nous expliquer quelles méthodes et quels outils elle a utilisé pour apprendre le français Elle va vous donner, par exemple, quelques conseils de lecture qui sont très originaux des livres qu'on voit rarement recommandés pour apprendre le français Elle va aussi vous raconter comment elle a fait pour enfin comprendre les films français sans les sous-titres. Ça, je sais que c'est une difficulté que beaucoup d'entre vous ont. Cette différence entre le français formel que vous apprenez dans les cours ou dans les livres de français et le français informel que vous pouvez entendre dans les films. On va parler de tous ces sujets dans cet épisode. Ça va aussi être l'occasion pour vous de faire la connaissance d'Anna. Et j'espère que son histoire va vous motiver à continuer d'apprendre la langue de Molière. Voilà, sans plus attendre, je vous propose d'écouter l'interview avec Anna. Bon, salut Anna.
B
Salut.
A
Merci d'avoir accepté mon invitation.
B
De rien, avec plaisir.
A
Bon, de toute façon, t'as pas vraiment le choix, mais... Alors, je suis très content d'être là avec toi. En plus, on peut faire cette interview ensemble, dans la même pièce et pas sur Internet, parce que, comme vous le savez, je suis à Krakow en ce moment. Et Anna, toi, tu es originaire aussi de Krakow.
B
C'est ça, exactement. Je suis née ici. Ça m'a vu natale, donc à Krakow, l'ancienne capitale de la Pologne.
A
OK, OK. Et tu n'as jamais quitté Krakow.
B
Je n'ai jamais quitté Krakow pour longtemps. Oui, c'est vrai. Mon voyage le plus lent, c'était l'année dernière. J'ai voyagé un peu en Australie, en Nouvelle-Zélande. Donc, le projet à priori, c'était d'y rester un an. Mais malheureusement, à cause de la pandémie, j'ai dû changer mes plans et j'ai dû revenir en Pologne.
A
Bon, je sais que c'est un peu difficile à dire quand on habite quelque part pendant des années. C'est difficile de savoir encore ce qu'on apprécie dans cet endroit. Mais toi, quand tu rencontres des touristes, par exemple à l'étranger, comment tu leur décris Krakow?
B
Ce que j'apprécie toujours dans cette ville, et je sais que les touristes l'apprécient aussi, c'est l'ambiance de la ville. C'est une ville très artistique, plein d'étudiants, plein d'étrangers aussi, qui apportent, je pense, beaucoup de couleurs ici, dans notre ville. Je dis aussi que Cracovie, c'est peut-être la seule ville qui a été épargnée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Donc, c'est pourquoi on peut trouver des traces de toutes les époques ici. Les immeubles, ils sont parfaitement conservés. Donc, c'est une ville qui est... C'est une ville qui est très... C'est une ville historique qui est pleine de... Je sais pas quoi.
A
C'est vrai qu'architecturalement, moi, en venant de Varsovie, effectivement, c'est très différent.
B
C'est vrai, oui.
A
Je ne sais pas si c'est le cas, mais j'imagine que Varsovie, avant d'être totalement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, ça ressemblait peut-être un peu plus à Cracovie.
B
Oui, oui, c'est sûr, c'est sûr. Donc, malheureusement, Varsovie n'a pas été épargnée comme Cracovie. Et oui, on a dû reconstruire. Je pense que les constructions sont assez fidèles, mais quand même, ce sont seulement les réconstructions de ce qui existait avant.
A
Et c'est seulement dans la vieille ville, en plus de Varsovie, que tout ça a été reconstruit. C'est vrai que pour les personnes qui y sont déjà allées, ça ressemble un peu à un décor de théâtre, parfois.
B
C'est vrai, oui.
A
Ça fait un peu Disneyland, un peu artificiel, mais c'est très joli quand même. Et il y a une petite rivalité entre Varsovie et Cracovie, non?
B
Une petite, une petite, oui. Je pense que quand j'étais plus jeune, je n'aimais pas trop Varsovie, mais tu sais, j'étais... C'était pas pour une raison concrète, je pense, mais c'était, oui, c'était quelque part, je sais pas d'où. dans mon ADN, je sais pas, de Cracovienne que Varsovie, c'est pas trop sympa. Mais en fait, maintenant, j'aime beaucoup. C'est différent que Cracovie. C'est plus... Il y a plus d'espace, d'espace vert aussi. Et j'aime bien, j'apprécie beaucoup des choses à Varsovie, des choses qui sont différentes de Cracovie.
A
Je pense que dans beaucoup de pays, il y a toujours cette... Peut-être pas jalousie, mais un peu cette rivalité avec la capitale. Surtout que... Non, Cracovie, c'est pas la deuxième ville en Pologne, c'est la troisième en termes d'habitants.
B
Troisième, il me semble, oui.
A
Łódź, il me semble que c'est la deuxième.
B
Oui, peut-être que c'est Łódź, oui.
A
Mais bon, voilà, il y a toujours un peu ces rivalités entre les grandes villes et la capitale. Et bon, la Pologne ne fait pas exception.
B
Oui, oui, je pense que c'est plutôt commun pour tous les pays.
A
OK. Alors, dans cet épisode, j'aimerais qu'on parle de ton apprentissage du français. Parce que voilà, comme vous l'avez entendu, Anna est polonaise. Elle est née à Cracovie. Elle a grandi à Cracovie. Donc voilà, t'es 100% polonaise. T'avais pas de français dans ta famille, quelque part ?
B
100% polonaise, je confirme.
A
Et donc, comment ça a commencé ton aventure avec le français ? Est-ce que tu te souviens un peu de tes premiers contacts avec la langue ?
B
Je pense que mon premier contact, vraiment mon premier contact, c'était des chansons françaises qui passaient à la radio parce que vous devez savoir que les Polonais, ils sont très francophiles. Ils adorent surtout la musique française. Donc, je pense que c'est là où j'ai entendu pour la première fois quelqu'un parler ou plutôt chanter en français. Mais j'ai commencé à apprendre le français à l'âge de 13 ans, vraiment. Donc, c'est là où j'ai découvert vraiment la langue.
A
Et tu te souviens du type de chanson qui passait à la radio ? Est-ce que c'était Edith Piaf, la vieille variété ou des choses un peu plus modernes ?
B
Oui, c'était pas les chansons civiques que ça, que par exemple Edith Piaf, même si les Polonais, ils aiment bien Edith Piaf, Charles Aznavour, bien sûr. Non, c'était plutôt des chansons pop, des chansons que peut-être passaient aussi à la radio en France, je sais pas. Je me souviens pas malheureusement des titres maintenant.
A
OK, donc il y avait aussi des choses un peu plus actuelles.
B
Oui, oui, plus actuelles.
A
OK, OK. Donc tu dis que tu as commencé à apprendre le français à 13 ans à l'école.
B
C'est ça, oui.
A
T'as commencé l'anglais avant, j'imagine.
B
Oui, j'ai commencé l'anglais à l'âge de 7 ans. Et c'est comme ça qu'en Pologne, on commence même à l'âge de 6 ans parfois, déjà à l'école maternelle, puis à l'école primaire. Et moi, j'ai commencé le français au collège. Donc c'est... Oui, à l'âge de 13 ans, quand j'ai dû choisir une deuxième langue étrangère après l'anglais.
A
Et tu avais le choix entre plusieurs langues dans ton école ou c'était seulement le français ?
B
À mon école, il y avait aussi l'allemand et le français. Donc c'était seulement ces deux langues. Mais moi, à l'école primaire, comme je ne voulais pas trop apprendre l'allemand, ça ne me tentait pas vraiment comme langue à apprendre. Et en plus, j'ai entendu parler d'une classe française dans mon collège, une classe qui préparait aussi à l'examen DELF et une classe où on pouvait apprendre le français de manière assez intense. Donc, je me suis dit que peut-être ça serait une bonne idée. Et voilà, je me suis inscrite à cette classe, dans ce collège.
A
Et tu étais déjà attirée par les langues étrangères à cette époque ou pas spécialement ?
B
Pas spécialement, pas spécialement. J'aimais l'anglais, même si à la fin de l'école primaire, j'avais un prof qui m'a découragée un peu, je sais pas, je trouvais que ces leçons étaient assez ennuyeuses, répétitives. Donc voilà, je n'étais pas très fan des langues étrangères à l'époque, mais je suis devenue, au fur et à mesure.
A
Ok, donc c'est un peu le français qui t'a réconcilié avec les langues étrangères.
B
On peut le dire comme ça, oui.
A
Et c'était comment ces cours à l'école primaire, ces cours plus intensifs ? Comment ça s'est passé au début, ton apprentissage du français ?
B
Oui, donc ça a commencé au collège. J'avais des cours quatre, cinq heures par semaine. Et c'était des cours, bien sûr, on apprenait la langue, mais aussi on apprenait beaucoup de l'histoire, de la France, de la culture. Et je pense que c'est ça qui m'a motivée le plus parce que c'était nouveau, c'était très intéressant. C'était aussi ma prof qui m'a beaucoup encouragée à apprendre le français. Nous avions une prof géniale. Et j'apprenais surtout à l'école, en première, en deuxième classe. Et je pense qu'en troisième, j'ai commencé à prendre aussi des cours particuliers pour parler plus, pour enrichir encore plus mon vocabulaire, etc. OK.
A
Donc une petite précision ici. Le collège en français, c'est avant le lycée. Donc c'est pas comme l'université en anglais. Le collège, c'est avant le lycée. Donc tu disais que tu avais entre 13 et 15 ans, c'est ça ?
B
C'est ça, exactement.
A
Donc ensuite, tu as continué au lycée et tu avais des cours avec cette prof particulière, c'est ça ?
B
Oui, j'ai commencé en troisième classe au collège et puis j'ai continué à prendre des cours particuliers un peu au lycée, même pendant mes études aussi, parce que je trouvais que, oui, même si je parle, tu sais, en classe avec d'autres élèves, avec ma prof, je pensais que c'est pas assez, qu'il me faut plus d'occasions pour parler, parce que je trouvais que c'est ça le plus important, en fait, de pouvoir communiquer. Et dans la classe, même si la preuve était très bien organisée, elle essayait de m'encourager à tout le monde de parler. Ce n'est pas assez, il n'y a pas assez d'occasion pour vraiment s'exprimer.
A
C'est vrai qu'on reçoit souvent des emails chez InnerFrench de personnes qui nous posent des questions par rapport à nos cours, par exemple, en nous demandant si c'est une bonne idée parce qu'elles ont envie d'apprendre à mieux parler, à mieux s'exprimer en français. Et honnêtement, nous, souvent, on vous répond que non, le mieux, c'est toujours d'avoir un prof particulier. Bon, les cours individuels ne sont pas toujours accessibles à tout le monde. Ça peut être cher. Mais c'est vrai que maintenant, il y a des plateformes comme Italki, qu'on cite régulièrement, sur lesquelles vous pouvez trouver peut-être pas des profs professionnels, mais des tuteurs ou des personnes avec lesquelles vous pouvez avoir des cours pour, j'ai vu, des prix comme 7 ou 8 euros de l'heure, ce qui est assez accessible.
B
Oui, exactement. Et en plus, on peut aussi essayer de proposer d'enseigner une autre langue à cette personne. Donc moi aussi, j'ai travaillé pendant deux ans en binôme avec une fille qui... Elle m'enseignait l'anglais, moi j'enseignais le français. Et c'était très bien, ça marchait très bien.
A
OK. C'était une Polonaise ?
B
Elle était une Polonaise, oui.
A
Et donc tes profs aussi pour tes cours particuliers, c'était toujours des Polonais ? Tu n'avais pas de profs français ?
B
À partir de mes études, j'avais des profs français. Je n'avais que des profs français, oui.
A
OK. Donc au lycée, justement après le lycée, pourquoi tu as décidé d'étudier le français à l'université ?
B
Je pense que je voyais que le français ou que la connaissance de la langue étrangère, ça peut m'apporter beaucoup d'opportunités, de débouchés professionnels. Je me suis dit que même si, je sais pas, si un jour j'ai décidé d'abandonner mes études, que je veux plus étudier une langue étrangère, au moins je vais maîtriser une langue. Donc, ça ne va pas être un temps perdu. Et oui, je pense qu'après mes études, je me suis dit que si je peux devenir soit traductrice, soit prof, soit travailler dans une grande entreprise, dans le tourisme. Donc, je voyais vraiment beaucoup de chances, d'opportunités. Donc, j'ai décidé d'étudier le français sans avoir vraiment décidé sur ma carrière professionnelle un peu.
A
OK, donc pour toi, c'était vraiment une compétence et tu pensais que cette compétence pourrait te permettre de faire différents métiers.
B
Oui, c'était plutôt ça, exactement.
A
T'avais pas le rêve de devenir prof de français ?
B
Non, pas encore. Je n'étais pas sûre.
A
Et les cours à l'université, comment c'était? Parce que je sais que quand on aime bien un sujet, une matière, après à l'université, quand on commence à en faire, je ne sais pas, 30, 40 heures par semaine, ça peut devenir un peu énervant, un peu frustrant. Comment c'étaient tes cours à l'université?
B
C'est un peu ça, c'est un grand, c'est un grand, c'est un peu un fossé entre le lycée, entre les études, parce que à l'université, c'était vraiment très, très intense. La plupart des cours étaient en français. Mais en général, j'étais plutôt contente de tous mes cours. Bien sûr, il y avait des cours des matières que je trouvais moins utiles ou moins passionnants.
A
Comme quoi, par exemple.
B
Par exemple, je sais pas, je pense qu'on avait beaucoup, mais vraiment beaucoup de cours de psychologie et de pédagogie. Il y avait des choses qui se répétaient plusieurs fois, donc peut-être qu'on pourrait le faire de manière un peu différente, de traiter ces sujets de manière un peu différente, je sais pas.
A
Moi, je me souviens quand je donnais des cours à des élèves justement de l'Université de Varsovie qui, comme toi, prenaient des cours particuliers avec moi. En première année, ils avaient un cours de littérature française. Et comme c'était dans l'ordre chronologique, ils commençaient par la littérature du Moyen Âge, donc la chanson de Roland. Et voilà, pour moi, c'était totalement absurde parce que c'était écrit en vieux français, dans vraiment une langue très difficile à comprendre, même pour les Français. Et comme c'était des étudiants de première année, ils n'avaient pas un niveau de français exceptionnel et ils commençaient la littérature avec des textes comme ça. Et voilà, pour moi, ça fait vraiment partie de ces absurdités parfois. Bon, j'adore l'université, il y a de très bons cours, etc. Mais parfois, dans la conception du curriculum, Il y a vraiment des choses où on a l'impression qu'ils ne prennent pas du tout en compte le côté pédagogique et c'est simplement l'ordre chronologique. On va respecter cet ordre chronologique et c'est tout.
B
Oui, tu as tout à fait raison. Au début, c'était vraiment décourageant. Moi aussi, je commençais par la chanson de Roland. Et je pense que finalement, je l'ai lu en polonais parce que le lire en français, c'était trop. C'était un peu trop pour moi. Donc, je l'ai fait en polonais. Puis, j'ai lu aussi la version française pour avoir le vocabulaire, pour pouvoir en parler pendant les cours. Mais oui, c'était vraiment difficile.
A
Oui, en plus, c'est pas un texte... Bon, on le compare parfois à, je sais pas, l'Iliade, l'Odyssée, mais c'est pas aussi intéressant, à mon avis. Et voilà, quand on est étudiant en première année à l'université, bon, c'est un espèce de récit guerrier, en fait, du Moyen Âge. C'est pas un sujet passionnant.
B
Oui, oui, il y a d'autres livres quand même qui sont un peu plus passionnants.
A
OK, OK. Mais globalement, t'étais contente de tes cours à l'université ?
B
Oui, oui, je dois dire que, par exemple, au niveau des cours, vraiment cours de langue, c'était assez pratique, assez intense aussi. Les profs, ils étaient vraiment, même si la plupart de mes profs étaient des polonais, j'avais seulement un prof qui était français. Ils étaient très, très bien préparés à ce cours, très cultivés et vraiment des vrais passionnés de la langue. Et ça, ça se sentait. En général, j'étais vraiment contente.
A
Et donc parmi les autres élèves, est-ce que vous avez vraiment senti une progression entre la première et la dernière année ? Est-ce que tout le monde parlait couramment à la fin des études ?
B
Alors nous, quand nous avons commencé nos études, on était divisé en trois groupes en fonction du niveau de langue. Donc il y avait trois groupes. Le premier groupe, c'était le groupe des faux débutants ou des débutants débutants. Donc il y avait même des gens qui ont... qui ont juste vient, tu sais, de commencer à apprendre le français. Donc eux, je sais qu'ils ont fait une grande progression. Ils ont vraiment beaucoup travaillé. Moi, j'étais en troisième groupe, donc c'était le groupe le plus avancé. Mais pour te dire, j'étais l'un des plus mauvais élèves. parce que dans mon groupe, il y avait des personnes qui ont vécu en France pendant quelques années, qui ont fréquenté le lycée français. Donc, j'avais la possibilité de changer de groupe pour être dans le groupe intermédiaire, mais je me suis dit, je préfère être la plus mauvaise élève de la meilleure groupe et comme ça, peut-être que je vais progresser plus vite. Et c'est ce que je fais. Donc, j'ai travaillé dur, surtout pendant quelques premiers mois. Et puis, quand j'ai vu que je progresse, ça m'a motivée. C'était pas trop pour moi. Et voilà, je me suis dit que oui, que j'allais rester dans ce groupe et je vais continuer comme ça.
A
OK, donc tu regrettes pas ta décision ?
B
Non, pas du tout, pas du tout.
A
Et à l'université, qu'est-ce que tu faisais à côté des cours pour continuer d'améliorer ton français ?
B
Je lisais beaucoup surtout. Je me souviens d'une situation assez amusante à l'université. C'était avant mon examen. J'étais assise quelque part dans le couloir et j'avais un gros ouvrage sur les articles avec mille règles à mémoriser, mille exceptions. Et mon prof, le français avec qui j'avais les cours, il m'a vue dans ce couloir, il s'est approchée et il m'a dit de manière très très discrète, mademoiselle, mais laissez ce livre parce que ça sert à rien d'apprendre toutes ces règles par cœur. laisser ce livre et aller lire des articles, des livres plutôt qu'essayer d'apprendre tout ça par cœur. Et j'ai suivi son conseil, je fais comme ça. Donc j'ai commencé à lire beaucoup et c'est comme ça que j'ai appris à utiliser les articles, à utiliser les temps. Parce que quand je lisais, je lisais de manière réfléchie, donc à chaque fois je me posais la question, pourquoi ici c'est le passé composé et non pas l'imparfait, etc. Donc c'était ça un peu ma méthode pour progresser, pour travailler encore plus.
A
Et quel type de livre tu aimais lire ou quel auteur en particulier ?
B
Tout au début de mes études, je pense que j'ai commencé par le livre que je connaissais déjà et c'était même parfois de conte de fait pour les enfants parce que c'était des textes qui étaient plus courts. C'était les textes que je connaissais déjà, donc je connaissais déjà le contexte. Et pour moi, c'était beaucoup plus facile de comprendre toute l'histoire, de comprendre les adjectifs qui étaient utilisés pour décrire les personnages, par exemple. Et puis, petit à petit, je commençais à lire la littérature française et surtout, je suis tombée amoureuse des auteurs maghrébins, donc de la littérature maghrébine, d'expression française, bien sûr. Et l'un de mes auteurs préférés jusqu'à aujourd'hui, c'est Tahar Ben Geloun, que je recommande chaudement. Ses livres sont vraiment très, très beaux.
A
Et de quoi il parle en général ? Quels sont ses sujets de prédilection ?
B
Dans ses livres, il parle beaucoup de l'identité, par exemple, de notre identité. Il parle un peu du racisme, du bonheur, donc des thèmes un peu philosophiques, on peut dire, mais il écrit de manière très claire. Pour moi, ça a été assez facile de comprendre. Et je trouve que c'est une très belle littérature.
A
Ok. Et tu te souviens de comment tu as découvert cet auteur ? Est-ce que c'est un de tes profs qui te l'a recommandé ? Parce que c'est pas... Souvent, voilà, les profs de français à l'université, ils recommandent plutôt des auteurs français, j'imagine. Et c'est un peu plus exotique.
B
Oui, oui, c'est pas très évident comme choix de la littérature. Mais justement, c'était l'une de mes profs qui était passionnée. Quand j'ai vu sa passion pour cette littérature, je me suis dit, il faut que je parte à la découverte, il faut que je vois pourquoi elle est tellement passionnée et je la comprends maintenant.
A
Donc elle t'a transmis sa passion.
B
Elle m'a transmis sa passion, oui.
A
Donc tu lisais beaucoup, c'était vraiment ça ton arme secrète ?
B
C'était ça, oui, mon arme secrète. Surtout que je pouvais lire, tu sais, en tram, en bus, un peu partout. C'était des livres, mais c'était aussi des articles sur Internet. Donc je lisais un peu, un peu partout, un peu de tout.
A
Et c'était facile d'acheter des livres français en Pologne ?
B
Alors, heureusement, à Cracovie, il y a cette librairie qui s'appelle Educator, où on peut commander des livres français sans aucun problème. Et les gens qui travaillent dans cette librairie sont vraiment très sympas, donc plusieurs fois, ils m'ont aussi recommandé des livres que je pourrais lire. Donc oui, je profitais de cette librairie pour acheter mes livres.
A
OK. Parce que parfois, justement, au niveau des conseils de lecture, moi j'ai un peu du mal à recommander certains livres parce qu'il y a beaucoup de descriptions avec beaucoup de vocabulaire et ça peut être un peu décourageant parce que c'est pas forcément des mots qui sont très utiles au quotidien. Et c'est un peu difficile de trouver le juste milieu entre une histoire intéressante avec du vocabulaire quand même utile et un peu limité, mais en même temps, voilà, des auteurs contemporains, etc. Oui, je.
B
Pense que oui, plutôt les auteurs contemporains et aussi pour commencer, pourquoi ne pas lire des contes de faits, des textes qui sont plus courts. C'est toujours de la littérature, ça reste de la littérature, mais c'est plus simple, c'est un peu plus facile, même si parfois on peut même trouver le passé simple dans ces contes de faits. Mais oui, c'est comme ça qu'on prend aussi l'habitude de voir de différents temps, même le passé simple.
A
C'est vrai, effectivement, qui est très utile le passé simple et qui est en voie de disparition.
B
Il faut le préserver.
A
Il faut le préserver, exactement. Et pendant tes études, tu n'as pas décidé de faire un échange avec une université française ? Ce n'était pas possible ?
B
Si, c'était possible, mais je ne l'ai pas fait. Oui, j'ai rencontré plusieurs personnes qui m'ont posé cette question. Pourquoi je ne suis pas partie? C'est vrai que oui, mon université, par exemple, je sais qu'elle collaborait avec plusieurs universités en France, même avec une ou deux universités en Belgique. Donc, ce n'est pas comme ça que je n'avais pas cette possibilité. Mais pour cette raison j'ai décidé de rester ici à Cracovie. Alors tout d'abord j'ai entendu dire plusieurs histoires de mes copines par exemple qui sont parties en Erasmus et elles m'ont dit que par exemple les cours qu'elles avaient à l'université en France étaient en anglais. Parce que c'était des cours préparés spécialement pour un groupe d'Erasmus. Et comme les gens ne se sentaient pas forcément très à l'aise avec le français, ces cours étaient en anglais. Et puis, je parle de mes copines parce que la plupart des étudiants à mon université, c'était quand même des filles. Des étudiantes, exactement. Seulement 3 ou 4 garçons. Donc oui, elles m'ont dit qu'aussi, elles restaient, elles passaient la plupart de leur temps entre les Erasmus et que l'on s'y parlait anglais. En plus, entre elles, parce que dans la plupart des cas, elles partaient en 2 ou en 3. Et entre elles, elles parlaient polonais. Donc je me suis dit que, ok, si je veux que tout ce départ ait du sens, tout d'abord, il faut que je parte seule, plutôt. Et puis, il faut que, je sais pas, sur place, que je fasse vraiment un effort pour trouver quelqu'un avec qui je pourrais parler français et je sais pas, d'organiser un peu tout ça. Et oui, moi, tout d'abord, je déteste voyager seule. Et je sais pas, je pense que j'ai flippé, tout simplement, pour tout te dire. Ça me mettait vraiment mal à l'aise l'idée de voyager toute seule dans un pays étranger, faire mes études dans une langue étrangère, je sais pas. Et aussi, j'étais assez attachée à ma vie ici à Cracovie parce qu'à cette époque-là, j'étais une danseuse professionnelle. J'avais des entraînements 4 à 5 fois par semaine. Je participais à des compétitions. J'enseignais de la danse aussi. Donc tout ça, c'était encore une autre raison ou une excuse, quelqu'un pourrait dire, de rester ici. Donc voilà, c'est comme ça que je suis restée bien à Cracovie.
A
Et qu'est-ce que ça veut dire « flipper » ? Tu as dit « j'ai flippé ».
B
Oui. « Flipper », ça veut dire « avoir peur », mais c'est plutôt de la langue familière.
A
OK. Bon, en tout cas, c'est une réponse très honnête. Donc merci. Je t'en prie. Et t'es vraiment l'exemple qu'on peut apprendre une langue étrangère sans vivre dans le pays, sans vivre dans un pays francophone. On peut très bien apprendre le français. Peut-être que ça demande un peu plus d'efforts parce que voilà, toi, tu as cherché à avoir des cours en plus de tes cours à l'université. J'ai l'impression que t'étais vraiment très active, en fait, dans ton apprentissage.
B
Oui, c'est ça, il faut être un peu plus actif, il faut faire plus d'efforts, parce qu'il faut se créer des occasions pour parler français. C'est pas comme si on était en France, il y a plein d'occasions où tu peux parler français, où tu peux entendre le français, dans le bus, dans le tram, c'est pas comme ça. Si tu restes par exemple en Pologne, il faut que tu cherches, il faut que tu te trouves des occasions pour parler, pour lire en français.
A
Justement, moi, je suis l'exemple inverse parce que je vis en Pologne. Je suis tellement passif dans mon apprentissage du polonais que voilà, là, ça va faire six ans, six ans et demi. Et voilà, je suis très, très loin de pouvoir parler couramment comme toi. Et je pense que c'est totalement de ma faute parce que je n'ai pas cherché vraiment les opportunités de pratiquer. J'ai pris quelques cours, mais voilà, j'étais plutôt concentré sur Inner French, les choses comme ça. Et ma copine est polonaise, mais on parle anglais ensemble, donc c'est 100% ma faute, j'ai aucune excuse. Donc c'est... Voilà. Parce que souvent, on a un peu... Voilà, on se donne ce genre d'excuses. Ah, mais j'habite pas dans le pays, donc je peux pas apprendre la langue. Ah, si seulement j'habitais en France, même six mois, là, je suis sûr que j'apprendrais à parler couramment français. Mais c'est pas si simple que ça, en fait. C'est vraiment une question de... Voilà, d'être actif, de faire les efforts et bon, ça... Quand on est enfant, peut-être, ça vient plus naturellement parce qu'on est forcé à avoir des interactions à l'école, etc. Mais quand on est adulte, c'est tout à fait possible, même dans un pays étranger, de limiter ses contacts avec sa langue ou d'utiliser seulement l'anglais.
B
Oui, il faut juste un peu d'effort pour ça.
A
Par contre, il y a quelque chose, c'est la différence entre le français formel et informel. Parce que j'imagine qu'à l'université, c'était plutôt le français formel.
B
Oui, oui bien sûr. C'était plutôt le français formel et ça a été un grand défi pour moi en fait d'essayer d'apprendre même un peu de français qui est plus familier. Et je l'ai pas fait à l'université, je l'ai fait avec justement mes profs qui me donnaient des cours particuliers. Et je l'ai fait aussi après mes études. Après mes études, je cherchais plutôt des ressources avec lesquelles je pourrais apprendre plus de français familier.
A
Est-ce que tu étais capable de comprendre les films et les séries déjà, par exemple ?
B
Bien sûr que non, au début. Donc, je comprends très bien les gens qui sont un peu stressés, découragés. Oui, au début, c'est vraiment difficile. Donc, au début, je regardais tout avec des sous-titres. J'étais une cliente très fidèle un peu de l'Institut français parce qu'à l'Institut français à Cracovie, on peut emprunter des DVD en français, des livres, des magazines. Donc voilà, j'y allais chaque semaine ou tous les deux semaines pour emprunter un film en français avec des sous-titres. Et mon premier film que j'ai vu, par exemple, c'était Harry Potter. C'était la première partie, donc la pierre philosophale. Et j'ai vu ce film trois fois pour vraiment comprendre, pour noter le vocabulaire, pour apprendre des expressions. Donc, oui, les débuts sont difficiles, mais après, petit à petit, ça change et on se sent plus à l'aise. Et on finit par pouvoir regarder des films, même des sous-titres.
A
Mais ça prend du temps.
B
Mais ça prend du temps, oui. Il faut de la patience.
A
Et c'est vrai que souvent, les films étrangers qui sont doublés en français, ils sont un peu plus faciles à comprendre parce que les... Je sais pas si c'est parce qu'en version originale, les répliques, donc les dialogues des personnages sont un peu plus directs en anglais qu'en français. Ou alors si c'est parce que dans la traduction, on enlève certains éléments, on a tendance à simplifier, je sais pas. Mais en tout cas, c'est vrai que souvent, les films américains doublés en français sont plus faciles à comprendre que les films qui sont en français.
B
Oui, cette idée, c'est aussi une bonne idée de regarder peut-être comme ça, si quelqu'un veut regarder des films en français.
A
En plus, c'est des films que les gens connaissent déjà en général, ils connaissent déjà l'histoire.
B
Oui, c'est ça.
A
Et ensuite, après l'université, comment tu as commencé ta carrière ?
B
Après l'université, j'ai commencé à travailler dans une entreprise internationale, ce qui n'était pas vraiment ma tasse de thé. Mais je me suis dit que le plus important, c'est que je garde le contact avec le français, donc je fais tout pour pouvoir travailler avec la langue. Oui, et à ce moment-là, j'ai trouvé ce boulot et je me suis dit que voilà, que j'allais essayer.
A
Et qu'est-ce que tu faisais dans cette entreprise ?
B
En gros, je travaillais dans la comptabilité. Je travaillais dans la comptabilité. J'avais des contacts. J'avais le contact avec les Français par écrit, donc par mail, mais aussi par téléphone.
A
Et comment ça s'est passé cette première expérience à travailler avec des Français ?
B
C'était quelque chose de nouveau. C'était quelque chose de nouveau parce que, oui, c'était pas des profs qui veulent t'apprendre des choses qui sont indulgents avec toi, patients. Ce sont des clients qui ont certaines...
A
Certaines exigences.
B
Certaines exigences, oui, par exemple. Donc là, non pas seulement il faut que tu maîtrises bien la langue, mais il faut que tu te mets aussi dans cette situation client.
A
Client... Ouais, toi t'étais le prestateur.
B
Le prestateur, oui. Client prestateur. Donc c'était plus difficile. Il y avait encore plus de choses qu'il fallait prendre en compte. Mais j'étais plutôt une... Pour moi, c'était une bonne expérience.
A
C'est vrai que c'est un contexte un peu particulier. J'avais aussi des élèves à Varsovie qui travaillaient justement dans ce type de service parce qu'il y a beaucoup de grandes entreprises françaises maintenant qui externalisent une partie de leurs équipes en Pologne parce qu'en Pologne il y a plein de gens qui parlent français et les salaires sont plus bas qu'en France, ça coûte moins cher. Et donc en plus, il y a aussi ce côté où les gens qui sont en France savent que une partie de leur entreprise est externalisée en Pologne. Donc voilà, peut-être qu'ils ont peur de perdre leur travail. Mais toi, c'était pas exactement ce type d'entreprise. Toi, c'était vraiment du service pour...
B
Alors, c'était la comptabilité pour les Français, pour la France, mais non, j'avais pas trop de cette expérience d'externalisation des services.
A
Donc cette première expérience, c'était pas vraiment ta tasse de thé, comme tu as dit. Et qu'est-ce que tu as fait après ça ?
B
Après ça, heureusement, j'ai reçu une proposition de travailler à l'école et c'était mon ancien lycée. Donc c'était... Oui, j'étais vraiment très contente de pouvoir y revenir.
A
En tant que prof, cette fois-ci.
B
En tant que prof, cette fois-ci, voilà. Même si beaucoup de monde me prenait toujours pour une élève parce que j'étais assez jeune à l'époque. Donc voilà, je me suis virée plusieurs fois de la chambre de prof, par exemple, ce qui était très marrant. d'ailleurs et oui mais j'ai enseigné seulement pendant un an parce que je fais de l'intérim donc j'ai remplacé une autre prof de français.
A
Tu peux expliquer faire de l'intérim ce que ça veut dire ?
B
Oui, alors j'étais une remplaçante, je remplaçais une prof qui est partie pour un congé maladie, il me semble. Donc c'était seulement pour un an, c'était un travail temporaire.
A
Et comment ça s'est passé ces cours avec tes élèves ?
B
Très bien. Ils étaient vraiment très sympas. C'est un bon lycée. C'est l'un des meilleurs lycées à Cracovie, je pense toujours. Donc les élèves étaient vraiment très sympas. Dans la majorité des cas, encore une fois, c'était des filles. Et j'aimais vraiment ces cours avec elles, avec eux.
A
C'était quel type de cours ? – C'était des cours généraux sur apprendre le français ?
B
– Oui, c'était des cours généraux et le français comme deuxième langue.
A
Ok, donc tu utilisais un manuel et tu avais un programme à suivre, etc. Oui, oui, oui.
B
Comme c'est à l'école, donc voilà, le système était assez rigide avec des manuels plutôt imposés. Donc vraiment peu de temps, peu d'espace pour faire des choses assez créatives, malheureusement.
A
Est-ce que tu as observé des différences entre toi, la façon dont toi tu apprenais le français au lycée, et là les élèves qui étaient un peu plus jeunes que tu avais en face de toi ? Est-ce que par exemple, je sais pas, ils utilisaient plus internet, des applications, des choses comme ça ? Ou est-ce que globalement c'était plus ou moins la même chose ?
B
Oui, je pense que si je pense à des différences entre ma génération et la génération de mes élèves, oui c'est qu'ils utilisent beaucoup plus internet, leur portable. Ils n'étaient pas capables, tu sais, de tenir 45 minutes sans avoir regarder leur portable. Donc je me suis dit, OK, il faut que j'utilise les portables, mais pour des buts pédagogiques. Donc, oui, j'ai proposé parfois des exercices à faire sur leur portable, des quiz, des trucs comme ça. Comme ça, ils se sentent un peu plus rassurés et c'était plus fun, des exercices comme ça. Donc, oui, j'ai essayé d'utiliser des ressources sur Internet aussi. Et je voyais que ça, ça leur parle, c'est leur monde. Internet, tu sais, YouTube, chose comme ça. Donc ils étaient vraiment intéressés.
A
On parle comme des vieux déjà. Parce que toi, non, tu n'as même pas 30 ans, tu as 29 ans.
B
Je suis un peu plus jeune que toi.
A
Donc ensuite, tu as continué ta carrière de prof dans différentes écoles à Cracovie.
B
Oui, après cette année dans mon lycée, j'ai continué à enseigner le français, mais plutôt dans des écoles de langue. Et en même temps, je travaillais aussi pour une autre entreprise. Mais cette fois-ci, c'était une petite entreprise, donc l'atmosphère était plus détendue, c'était plus sympa.
A
Il y avait une meilleure ambiance.
B
Oui, l'ambiance était meilleure, oui.
A
Qu'est-ce que tu faisais dans cette entreprise ?
B
Dans cette entreprise, j'étais dans le service client, on peut dire comme ça, et c'était une entreprise qui s'occupait des publicités en ligne, donc tout ce qui est retargeting, des publicités en gros, en général.
A
Mais pour des clients français ?
B
Pour des clients français et anglophones aussi, parce que je travaille aussi en anglais.
A
Et ensuite, tu as eu une expérience aussi avec une agence de tourisme ?
B
Oui, oui. Après, j'ai travaillé pendant deux ans et demi dans une agence de tourisme, ce qui était une expérience complètement différente de celle des entreprises. C'est un travail très dynamique qui demandait beaucoup d'engagement, de temps aussi. Donc, j'organisais des séjours pour des groupes des jeunes français, aussi pour des adultes. Et on s'occupait aussi des conférences, donc tout ce qui est le business, le maïs, donc des groupes pour des adultes, pour des entreprises.
A
Ok, donc c'était vraiment des visites guidées, des choses comme ça, pour leur faire découvrir Cracovie ?
B
Oui, la Cracovie et toute la Pologne. On organisait aussi, on proposait aussi des circuits dans toute la Pologne, donc pas seulement Cracovie.
A
OK. Et donc un peu plus tard, tu as fini par rejoindre Inner French.
B
Oui.
A
Et maintenant, tu fais ton premier épisode du podcast.
B
Exact.
A
OK, très bien. Bon, je pense que vous avez appris beaucoup de choses grâce à cet épisode. Anna a donné plein de bons conseils. On va continuer de vous proposer de nouvelles choses, de nouveaux contenus. On pensait peut-être aussi à des recommandations de lecture. Donc si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire sur le site. Et si vous avez des questions également, posez vos questions. Anna est très occupée en ce moment parce qu'elle aide les étudiants qui se sont inscrits à Build a Strong Core. Et il y a eu beaucoup d'inscriptions, donc voilà, Anna a beaucoup de travail. Mais si on a un moment, voilà, on essaiera de vous répondre.
B
Bien sûr, avec plaisir.
A
Merci beaucoup, Anna, d'avoir répondu.
B
Merci.
A
À bientôt.
B
À bientôt.
A
Voilà, j'espère que cet épisode vous a plu. Comme vous le voyez, il est possible d'apprendre le français même si vous ne vivez pas en France ou dans un autre pays francophone. Même si en ce moment, c'est difficile de voyager. Vous voyez qu'Anna a réussi à apprendre le français et à le parler couramment tout en restant en Pologne. Bon, elle était très motivée, très active. mais elle a partagé avec vous tous ses conseils donc vous pouvez faire comme Anna suivre ses conseils Ça demande du temps, ça demande des efforts mais si vous êtes patient et motivé je suis sûr que vous aussi, vous réussirez un jour à parler français couramment Pour finir, je vous rappelle que vous pouvez trouver la transcription complète de l'épisode sur innerfrench.com On va aussi mettre une liste de toutes les ressources recommandées par Anna notamment les livres si vous avez envie d'en lire quelques-uns Comme je vous l'ai dit, je vais essayer de faire plus d'interviews dans ce style à l'avenir pour que vous entendiez d'autres personnes parler pas seulement moi J'espère que ça va vous plaire, que ça va vous permettre de progresser. En attendant, je vous remercie pour votre attention et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Ciao !
Date: 18 mars 2021
Hôtes: Hugo (InnerFrench), Interviewée: Anna
Thème Principal:
Comment apprendre le français jusqu’à un niveau avancé sans jamais vivre dans un pays francophone, avec l’exemple inspirant d’Anna, prof de l’équipe InnerFrench basée en Pologne.
"Anna est la preuve du contraire… elle va nous expliquer quelles méthodes et quels outils elle a utilisés pour apprendre le français."
[07:26]
"Les Polonais, ils sont très francophiles. Ils adorent surtout la musique française." – Anna ([07:31])
[10:21]
"C’est pas assez, il me faut plus d’occasions pour parler..." – Anna ([11:38])
[13:51]
"À l’université, c’était vraiment très, très intense… La plupart des cours étaient en français." – Anna ([15:15])
[21:10]
"Mon prof… il m’a dit… 'laissez ce livre… allez lire des articles, des livres plutôt qu’essayer d’apprendre tout ça par cœur'… J’ai suivi son conseil." – Anna ([21:10])
"Son écriture est claire, avec des thèmes philosophiques, mais faciles à comprendre…" – Anna ([22:37])
[25:13]
[29:09]
"Il faut que tu te trouves des occasions pour parler, pour lire en français." – Anna ([29:09])
[31:05]
"Au début, je regardais tout avec des sous-titres… J’ai vu Harry Potter trois fois pour vraiment comprendre." – Anna ([31:44])
"Ce sont des clients qui ont certaines exigences…" – Anna ([35:04])
"J’ai enseigné seulement pendant un an parce que je faisais de l’intérim..." – Anna ([37:17])
"Ça prend du temps… Il faut de la patience." – Anna ([33:00])
"On se donne ce genre d’excuses… mais c’est vraiment une question de faire les efforts" – Hugo ([30:15])
"C’était ma prof géniale… qui m’encourageait à apprendre le français." – Anna ([10:29])
"Je préfère être la plus mauvaise élève du meilleur groupe, comme ça je vais progresser plus vite." – Anna ([19:34])
"J’ai commencé à lire beaucoup… et c’est comme ça que j’ai appris à utiliser les articles." – Anna ([21:19])
"Il faut se créer des occasions pour parler français… il faut être un peu plus actif." – Anna ([29:09])
"Bien sûr que non, au début… Je regardais tout avec des sous-titres." – Anna ([31:44])
[43:03] Hugo rappelle la grande leçon de l’épisode : l’apprentissage du français – ou d’une langue étrangère – est possible ailleurs qu’en pays natif pourvu qu’on reste actif et régulier. Les conseils d’Anna, sa motivation et son parcours sont une source d’inspiration pour tous les apprenants.
À retenir :
"Vous pouvez apprendre le français couramment partout, si vous êtes motivé et actif, même sans vivre en France. Le parcours d’Anna en est la preuve vivante."
Épisode à retrouver sur: innerfrench.com/podcast/
Transcription et ressources complémentaires disponibles en ligne.