
Iran, de révolutions en répression : Iran 1979, la révolution confisquée
Loading summary
A
France Culture. Le cours de l'histoire. Xavier Mauduit.
B
Iran 1979, la révolution confisquée sur les réseaux sociaux. La comparaison de photos est devenue un exercice de style. C'est l'Iran avant, après. Avant la révolution de 1979 et après. C'est-à-dire aujourd'hui, ce sont des femmes dans la rue en jupe et cheveux au vent. D'un côté et de l'autre, ce sont des femmes couvertes de tissu noir et dont le corps est confisqué. Ce sont des familles à la plage. Ce sont des alignements de cadavres. Ce sont des petites filles à l'école. Ce sont des hommes en armes. Peu de pays ont connu un bouleversement aussi considérable que l'Iran en 1979.
C
200 000 hommes. L'armée demeure l'épine dorsale de l'état iranien. Un pays qui se situe à l'extrême limite entre l'Ouest et l'Est, à la jointure du monde oriental. Vaste plateau fermé par de hautes montagnes, son territoire est grand comme trois fois la France. 25 millions d'habitants dont 75% vivent dans les campagnes. 6 villes dépassent 200 000 habitants. A elles seules, Téhéran, la capitale, en compte 2,5 millions. Aujourd'hui, 100 000 automobiles la sillonnent. La rançon de l'occidentalisation dit volontiers le Shah qui, pour faire entrer son pays dans le monde moderne, a déclenché lui-même ce qu'il appelle la révolution sociale.
A
Le cours de l'histoire.
C
Rattraper le XXe siècle, c'est très précisément dans l'esprit du monarque atteindre un niveau de vie comparable à celui de l'Europe. Il a fixé un délai, 25 ans.
B
L'Iran et l'occidentalisation de l'Iran présentée ici en 1967. Bonjour Bernard Ourcade.
D
Bonjour.
B
Vous êtes géographe, directeur de recherche et mérites au CNRS et bonjour Marie-Ladié Fouladi.
A
Bonjour.
B
Vous êtes sociologue, démographe, directrice de recherche honoraire au CNRS et avec vous deux vous allez nous allons pouvoir comprendre ce qui s'est passé dans ces années 1970 en Iran, ce que nous venons d'entendre ici, l'occidentalisation de l'Iran, ce que j'évoquais aussi, cet Iran qui a tant fasciné, c'est cela aussi, Bernard Hurcade, les années 1970 en Iran.
D
Oui, tout à fait. Et cette, pas forcément occidentalisation, c'était un changement structurel important, la révolution blanche du 16 années 60, la réforme agraire, le droit de vote pour les femmes, ça a vraiment été une révolution très importante, un peu la même entre nous que fait MBS en Arabie Saoudite aujourd'hui, 60 ans plus tard. Mais dans un changement très important, qui a eu une conséquence culturelle bien évidemment, avec une ouverture, l'Iran avait plus d'étudiants à l'étranger qu'en Iran même, Et donc, les étudiants formés à l'étranger qui revenaient en Iran ont apporté cette culture occidentale qui effectivement n'était pas contestée tellement à l'époque. On contestait plutôt la présence politique américaine dans le territoire iranien.
B
Salman, qui est à la tête de l'Arabie Saoudite. Ici, la place de la religion est importante parce que vous évoquez ici Bernard Hourcad. Cette révolution voulue par le Shah au début des années 1960, malgré tout, demeure en Iran un clergé, un clergé très présent. Les Oulémas, comment tout cela est-il perçu par ce clergé?
D
Les iraniens, il ne faut pas oublier que l'Iran contemporain, l'Iran moderne, a été fait au XVIe siècle par les safavides qui ont fait Hispan, etc. C'était une dynastie qui a fondé l'Iran moderne autour du chiisme, autour de l'islam chiite, pour s'opposer à l'islam sunni des ottomans. Donc le chiisme fait partie de l'identité iranienne, ils sont là. Donc, il y a toujours eu un conflit entre le Shah qui avait des visions modernistes et occidentalistes et le clergé qui était plus conservateur, mais qui existait, évidemment. On n'a jamais pu séparer l'un et l'autre. Et cette coexistence existait, était maintenue, avec quelques clashes, mais assez peu. Il y avait un certain Roménie qui, dans les années 60, a rué dans les brancards, mais à part cela, le clergé était assez tranquille en Iran dans ces années-là.
B
Marie Ladieffou l'a dit bien sûr, l'Iran, vu depuis l'Occident, c'est un pays particulier parce qu'il y a l'Iran tel qu'il a pu être imaginé au 19ème siècle, un peu comme l'Afghanistan, un tampon entre le monde russe et le monde britannique installé aux Indes. Et puis l'Iran, avec du pétrole depuis le début du 20ème siècle, qui là est un territoire convoité, dans les années 1970, l'Iran est regardé comme un partenaire très particulier dans ce contexte de la guerre froide.
A
Oui, tout à fait. L'Iran était déjà, avant l'arrivée ou peut-être l'influence des Américains, sous l'influence des Britanniques. Et après la nationalisation du pétrole, dans les années 50, en 1953, je crois, donc ce sont plutôt les Américains qui sont arrivés, étant donné la position géostratégique du pays. à la fois vers l'Union soviétique, avec laquelle l'Iran partageait plus de 1000 km de frontières, et au sud vers le Golfe. Donc c'était vraiment stratégiquement très important pour les États-Unis d'intervenir. et une des raisons de la révolte des iraniens en 1979, c'était effectivement de se séparer, de demander la séparation de l'État iranien des États-Unis et d'Amérique et d'eut le slogan indépendance parmi les libertés, l'indépendance et la République.
B
Parce que c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui dans le cours de l'histoire, saisir les origines de cette révolution de 1979. Nous la présentons telle qu'elle est, particulièrement brutale. Or, il existait déjà en Iran des formes de contestation du pouvoir d'Ushah. On a évoqué la place des oulémas, du clergé, mais il n'y a pas que cela. Il y a d'autres formes d'opposition. Comme dans tous les pays, il y a d'autres mouvements politiques.
D
Tout à fait. Ce que disait Marie Ladier tout à l'heure est très important, le fait que l'Iran est sur la frontière de l'Union Soviétique, et si les Américains sont là, c'est pour protéger le pétrole. L'armée iranienne est puissante, non pas pour les beaux yeux du chat d'Iran, mais parce que c'est le moyen de protéger notre pétrole, en quelque sorte, des inversions soviétiques. Et donc, il faut voir toute cette révolution, tout ce qui se passe dans ce contexte-là. Il y avait les Pershing contre les SS-20. C'était vraiment la guerre froide militaire en Orgé. Et donc, quand on voit un changement de pouvoir important en Iran, on analyse cela, tous les stratèges et ministères de l'affaires étrangères analysent cela comme un coup des bolcheviks. C'est un coup des russes qui, en manipulant les religieux, peu importe qui, veulent prendre le pouvoir. Mais il faut dire aussi qu'en Iran, le parti communiste Toudé était très important, les groupes extrême-gauche, marxistes, trotskistes étaient importants, Fédahine du peuple, Moujahideen du peuple étaient très influents dans les sphères intellectuelles ou politiques iraniennes, dont il y avait une vraie opposition anti-impérialiste, américaine bien enracinée en Iran. C'est pour cela que tout mouvement politique, été vu par les iraniens et les américains et la CIA et la SAVAC du Shah, était analysé comme un complot soviétique. La moindre contestation était analysée comme un complot soviétique qu'il fallait donc réprimer immédiatement. Et c'est dans ce contexte-là que la révolution, qu'il y avait d'autres raisons, qui étaient plus religieuses et autres, est intervenue. On s'est trompé complètement. Beaucoup de gens croyaient que Roménie avait une étoile rouge sur le turban. Ce n'était pas ça, c'était autre chose.
B
La Symbaxe et la police politique avec ici Marie Ladieffoul a dit tous ces mouvements qui sont vifs en Iran. Et il faut le dire parce que nous avons une lecture erronée si nous considérons que cette révolution de 1979 c'est juste l'arrivée de la Roménie qui fait basculer le pays. On ne peut pas comprendre si on ne regarde pas ce qui s'est passé dans les années précédentes.
A
Tout à fait et merci beaucoup pour d'abord cette question et l'intituler de l'émission. La révolution confisquée. La révolution confisquée. Et c'est tout à fait, en fait, ça correspond à mon analyse. En fait, c'est vrai qu'au début de l'émission, vous avez également parlé de l'occidentalisation du pays. Je pense que c'est quelque chose de façade. Alors si on regarde un peu à l'intérieur, ce que vous avez dit, je suis démographe, donc c'est à partir de statistiques, à partir des données publiées par le régime du chat, que j'ai pu vraiment m'approcher un peu à la réalité et de voir un peu la situation par le bas et pas par le haut. Et donc au moment de la révolution en 1979, juste un exemple, le taux d'alphapédisation des femmes était autour de 35%. C'est-à-dire qu'une grande majorité des femmes iraniennes, surtout dans les zones rurales, dans les régions éloignées, n'avaient pas accès à l'école. Et si on est autour de 35%, c'est parce qu'effectivement, dans les villes par contre, où il y a vraiment un essor vraiment d'urbanisme, surtout dans les grandes villes à Téhéran, Isfahan, Shiraz, Machad, nous avons des générations de femmes de plus en plus nombreuses qui accèdent à l'école et donc c'est pour ça que le taux reste un peu au 35%. Mais à la veille de la Révolution, 35% de de taux d'alphabétisation des femmes, pour moi, n'est pas un signe d'occidentalisation. Et par rapport aux opposants, vous avez dit, en fait, on parle très souvent de chiite, de chiisme, et aussi également des religieux en Iran. Moi, j'aimerais bien insister sur le fait qu'en Iran, il n'y a pas que des chiistes, il y a également des sunnites. c'est la religion plutôt des Kurdes, des Balouches, des Turkmens, des Arabes, en fait, si vous voulez, des groupes linguistiques, culturels, avec une identité forte, peut-être même nationale, qui habitent dans les régions périphériques, qui sont plutôt, si on veut déterminer leur religion, je ne sais pas s'ils croient ou pas, on dit que ce sont des Sunnites. Et donc le chiisme, c'est en fait ce que le Shah a voulu, même dans la constitution votée avec la révolution constitutionnelle. Le premier principe, c'est que le chiisme est la religion de l'État, si vous voulez. c'est pas du tout la même chose par rapport en fait à ce que les populations pratiquent. Deuxièmement, c'est qu'en fait à partir des années 70, surtout au milieu des années 70, au moment où il y a en fait la hausse de prix de pétrole et que le char commence vraiment à s'enivrer par rapport en fait aux revenus et les recettes pétrolières, qui est arrivé, qui a commencé à énormément changer les institutions en Iran, notamment d'imposer un parti unique, l'Astaghis, et que je me souviens, en tant que lycéenne, on nous a obligé d'aller chez le bureau de directrice de l'école, de lycée, et signer le carnet de dire que oui, je suis membre adhérente de parti et le cahier était apporté par les 2-3 personnes de la police politique qui demandaient à tous les lycéens et lycéennes de signer et donc demander leur adhésion à ce parti-là. Mais également, on voit également à partir de 1963, la Révolution Blanche, ce qu'on appelle la Révolution Blanche, une révolution d'en-haut, que Mohamed Zappalavi a voulu, c'était plutôt sous le conseil des spécialistes américains, qui voulaient effectivement un peu moderniser le pays, faire une réforme agraire, etc. et qui a été contesté d'ailleurs. On a eu vraiment des émeutes très particulières partout en Iran. Et c'était à cette époque-là qu'en fait Roumaini s'est fait connu parce qu'il a montré une résistance radicale vis-à-vis du Shah. et que Le Chat a commencé à parler de deux forces réactionnaires existant en Iran contre son régime. Les forces réactionnaires rouges, c'était l'ensemble des gens qui étaient de gauche, ou décrit de gauche, et noirs, réactionnaires noirs, c'était des religieux. Mais entre les deux, je pense qu'il a préféré plutôt garder les religieux.
B
Avec, ici en 1979, cette révolution qui nous intéresse dans le corps de l'histoire, un changement de régime radical, alors que quelques années auparavant, le chat, lui, s'était inscrit dans une continuité de régime absolu puisqu'il nous conduisait jusqu'à la Perse antique.
E
Darius, l'un des fondateurs de l'Empire Perse, a dit il y a 2500 ans, la joie qui convient au roi c'est la grandeur. Le Chat d'Iran illustre aujourd'hui cette pensée par la parade militaire de Persepolis. Une heure de défilé pour deux millénaires d'histoire. C'est en quelque sorte le clou des cérémonies qui auront amené ici dix rois et empereurs, cinq reines, vingt-et-un princes et princesses, seize présidents et quatre vice-présidents, trois premiers ministres, des sultans, des émirs, des chirs, etc. Peu de capital, ancienne ou actuelle, en ont vu autant. Il a fallu, dit-on, douze années de travail pour préparer ces fêtes et le cadre dans lequel elles se déroulent, pour l'aménager tout au moins. Fête dont le coût total soulève bien des critiques ici et là. Mais l'Iran célèbre aussi cet anniversaire par des inaugurations d'écoles, de routes, de barrages. Troisième producteur de pétrole au monde, l'Iran d'aujourd'hui a les moyens. Une sorte de grand spectacle, de folie pour illustrer des siècles de raison et en attendant des années d'espoir.
B
Les fêtes de Persepolis en 1971, Pernahurcade, ces fêtes sont démesurées.
D
C'est pas tellement la fête en elle-même, qui est un peu un spectacle hollywoodien, mais c'est ce que ça représente. Le Shah voulait montrer qu'il était un personnage important, alors qu'il était héritier d'un coup d'État militaire. Son père était un simple colonel qui a fait un coup d'État aidé par les Anglais, et donc il est parfaitement illégitime. Il voulait essayer de retrouver un grand-père légitime. Mais ça montrait qu'il avait des ambitions incontestables. Mais cela cachait surtout le fait que le pays était sous la botte américaine. L'armée américaine était très puissante en Iran, formait toute l'armée du Shah, qui était une des mieux armées du monde, et disposait quelquefois d'armement meilleur que l'armée américaine elle-même. Et surtout, on le disait, et c'est une réalité, l'ambassadeur américain allait tous les jours voir le Shah en fin de matinée pour lui dire, Majesté, voilà ce qu'il y a à faire, je réponds à vos questions, vous avez une question, je vais vous répondre demain. dont il y avait une véritable direction politique de l'Iran. Et donc, le fait que le Shah affirme son indépendance est un peu ridicule, parce que dans la réalité, c'était loin de ça. Mais un point important sur lequel Marie Dalier a insisté tout à l'heure, c'est cet aspect culturel. Les choses ont changé donc en 79. Un régime, c'est une révolution, c'est-à-dire c'est cruel, c'est injuste, c'est épouvantable, et c'est très dur une révolution. J'étais là à ce moment-là, Marie était étudiante, moi j'étais directeur de l'Institut français de recherche à ce moment-là, Mais cette violence, elle était politique contre l'impérialisme américain. On est deux ans après la chute de Saïgon. L'Iran n'a jamais été colonisé, n'a jamais fait de guerre d'indépendance. Les États-Unis ne colonisaient pas l'Iran comme Les français ou les anglais l'ont pu le faire ailleurs, mais c'est une colonisation à la moderne. Et donc, pour beaucoup d'Iraniens, pas opposés au Shah, pas opposés à l'occidentalisation, mais qui voulaient que leur pays soit indépendant des États-Unis. Ils en sont assez forts, comme le Shah le disait justement, nous sommes assez forts pour être indépendants. Les Américains, on n'en a pas besoin. Et donc, il y a cet aspect politique. Le deuxième aspect important sur lequel j'insiste personnellement, Le jour où Romanie arrive au pouvoir, le 11 février 1979, il y a une autre révolution qui se passe. Pour la première fois de l'histoire de l'Iran, la moitié des Iraniens savent lire et écrire, en ville essentiellement, mais autour de la moitié. Et la courbe continue de monter, et aujourd'hui c'est 95%. Deuxième élément important, le même jour où Romanie arrive au pouvoir, 50% des Iraniens habitent en ville, et non plus à la campagne. Et la courbe continue. Autrement dit, cette révolution était politique, contre l'impérialisme américain, mais elle était aussi la traduction d'une dynamique que le chat avait lancée, et donc il était la victime en quelque sorte, victoire à la pyrus. Il a commencé une révolution très inégale, avec, comme le mari le disait, dans les campagnes ça n'allait pas bien, dans les villes c'était beaucoup mieux, favorisant certaines catégories sociales par rapport à d'autres, mais le résultat était là. et dont la société iranienne avait commencé une dynamique, chez les femmes notamment, qui fait que la révolution arrive à ce moment-là pour renverser le chat, mais cette société a continué à évoluer, mais le gouvernement, lui, n'a pas forcément évolué de la même façon, d'où le fossé qui existe aujourd'hui encore entre la société iranienne et le gouvernement qui, décidément, est toujours en retard d'une guerre.
B
Oui, le temps du social n'est pas le temps du politique. Marie-Ladieff vous l'a dit, vous êtes l'autrice de La République islamique et d'Iran vue de l'intérieur. C'est ce que vous nous expliquez avec ces évolutions de la société et ce ressenti sur le moment d'une fête absolument gigantesque en 1971 à Persepolis pour les 2500 ans de l'Empire perse où vous étiez adolescente à ce moment-là.
A
Oui, j'étais lycéenne.
B
Des souvenirs?
A
De cette fête-là, on était étonnés devant la télé de voir un peu ce qui s'est en train de se passer avec autant d'argent, alors que dans les rues, même à Téhéran, on voyait quand même des populations qui n'avaient pas vraiment assez d'argent pour vivre et surtout à la suite de cette révolution blanche et la réforme agraire, on a de plus en plus de gens qui avaient tout perdu dans les villages et qui se sont venus installer dans les villes pour travailler et donc ils vivaient dans des précarités absolument importantes, on les voyait. Et donc il y avait un décalage entre ce qu'on voyait, ses faces, tout ça, que ça brillait. Et j'étais par ailleurs au courant qu'en fait, parce que mon frère aîné, qui faisait son service militaire, était obligé d'aller parader avec les autres. Ils étaient des centaines de milliers. pour imiter les armées de l'ancien Perse. Et donc, pendant 4-5 mois de leur service militaire, ils sont passés à Persepolis pour faire ça.
B
Avec, dans ce moment-là, et c'est ce que vous nous expliquiez, ce parti unique, vous, élève, vous étiez obligé de signer quelque chose sur ce parti unique. La lecture de la démocratie liée au parti unique nous semble absolument impossible, mais il y a des arguments. Écoutez-les. Ils sont portés par le chat d'Iran.
F
Nous n'avons pas détruit les formations politiques. En créant le parti unique, toutes ces formations politiques qui existaient ont joint le parti unique. Ils sont tous dans le parti unique. Ça veut dire, en plus de ces partis politiques, le reste du pays s'est joint au parti unique. On l'appelle le Parti Unique, mais au centre du Parti Unique, dans le sein du Parti Unique, toutes ces anciennes institutions politiques s'y trouvent. Et encore plus, le reste du pays, avec l'enthousiasme qu'ils ont démontré pour cette nouvelle organisation politique, le reste du pays s'est aussi joint à ce parti. Donc c'est pour cela que dans les dernières élections, dans certains cas, nous avons présenté 3, 4, 5 candidats. qui représentait cinq, sinon idées différentes, mais au moins cinq personnes différentes. Nos gens ont choisi. Le peuple entier se trouve maintenant au sein de ce parti unique qui représente le nationalisme et le patriotisme iranien, avec la philosophie de notre révolution de 1963. C'est pour ça que pour la première fois, nous avons eu une élection où le pays entier a participé, et je crois que cela a été une élection exemplaire.
B
La révolution de 1963 évoquée ici, c'est cette révolution sociale voulue par celui qui parlait, Mohamed Reza Pahlavi, le chat d'Iran, Bernard Hurcate, l'argumentation est délicate, un parti unique pour la démocratie.
D
Le paradoxe est là, si vous voulez. Personne ne contestait le développement de l'Iran à partir de 1963. La réforme agraire a eu des Quoi qu'elle ne marchait, mais la politique d'éducation, la politique du chat, de modernisation du pays, avec surtout en 1974 l'augmentation du prix du pétrole qui a permis de faire un certain nombre de choses remarquables, personne ne contestait cela. Personne ne contestait que dans les années 70, les chanteurs, la musique iranienne se modernisait. Gougou, chez d'autres, ou Arasi, des chanteurs modernes faisaient que l'Iran rentrait dans la vie du XXe siècle. Personne ne contestait cela. Mais c'est le décalage qui existe entre le fait que justement la société iranienne avait commencé à changer de l'intérieur et le fait que les structures ne bougeaient pas. Au lieu de faire une démocratie même contrôlée, il fait partie unique à la bolchevique. Ça ne passe pas. Alors que l'Iran a formé des ingénieurs, et donc des ingénieurs qui avaient 20 ans, ils avaient 40 ans ou pratiquement en 77, 78, 79, ils disaient « Bon Majesté, je suis ingénieur aujourd'hui, je suis quand même capable de savoir ce qu'il faut pour mon pays. Faites-moi des élections libres ». À ce moment-là, là, ça vague d'un côté. Les Israéliens et les Américains disaient « Non Majesté, pas de liberté politique parce qu'il y aura quelques députés communistes au Parlement ». Il y aurait eu 20 députés communistes ou 30 ou 50 sur 300, ça n'aurait pas mangé de pain. Mais c'était, on va mettre les mains dans un engrenage et un jour ou l'autre, les bolcheviks vont prendre le pouvoir. Et donc, blocage complet de la SAVAC et tous ceux qui soutenaient l'appareil répressif pour dire, ne bougez pas. Vous avez fait des choses extraordinaires, Majesté, donc continuez, tenez bien, faites des fêtes de Persepolis, faites un parti unique, tenez bien la maison, et ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer. Et c'est là qu'il y a eu un mauvais calcul, parce qu'effectivement la société iranienne, les enfants du chat, en quelque sorte, mais n'étaient pas des imbéciles. Et ils ont dit, nous voulons de l'indépendance, qui était le premier mot. La République islamique, c'est venu après. Mais l'indépendance était le premier.
B
Slogan de la Révolution. Et Marie, elle vous l'a dit, c'est vraiment cela, on l'entend, la lutte contre l'impérialisme, l'indépendance, parce que nous nous inscrivons dans ce vaste mouvement aussi. Bernard Hurcad évoquait tout à l'heure la chute de Saïgon, enfin la fin de la guerre du Vietnam, etc. Nous sommes dans ce mouvement-là. C'est toujours complexe comme question, mais pourquoi en septembre 1978, il y a cette effervescence dans les rues de Téhéran. Pourquoi, à ce moment-là, à la fin des années 1970, il.
A
Y a un soulèvement? Avant de répondre à votre question, j'aimerais ajouter à ce que disait, peut-être un peu compléter à ce que disait Bernard. Effectivement, le parti unique, c'était vraiment un peu ce qu'ont vécu aussi bien en Union soviétique à l'époque de Hitler et le nazisme. C'est exactement la même chose, peu importe ce qu'il raconte ou explique Muhammad Reza Pahlavi, parce que le parti a été créé le 3 mars 1975, donc il a aboli l'ensemble des autres partis, qui de toute façon c'était pas des vrais partis, c'était toujours à l'ordre de Et le 21 mars de la même année, ils changent le calendrier. Et ils changent le calendrier, et le calendrier iranien devient le calendrier impérial. Et au lieu de se référer, parce que les musulmans ont leur calendrier, la référence c'est la migration des prophètes de Michael à Medine ou de l'inverse, je ne sais plus. Et donc c'est pour ça qu'on est en 1300 quelque chose. En Iran, on est en 1404, Hégire solaire. Alors lui, il change et le calendrier devient de plus de 2000 années. Et donc en 1354, régir solaire en Iran devient 2355 impérial. Et donc, il peut très bien expliquer que c'était la démocratie, mais derrière, vous avez un changement de calendrier qui, à mon avis, dit beaucoup de choses par rapport à ce que c'était son intention. Parce qu'en 1978.
B
On est trois ans après ce parti unique, trois ans après ce changement de calendrier. On sent que cette année-là, en tout cas à la fin de l'année, commence à se cristalliser des oppositions au régime. C'est toujours dur, je vous dis, de savoir pourquoi à.
D
Ce moment-là, pas avant. Ce que dit Marie est très important sur le calendrier, c'est un symbole, ce n'est pas grand-chose, c'est un changement de numéro. Mais ça signifiait que l'Iran abandonnait sa tradition importante de liaison avec l'islam chiite, qui est la religion nationale la plus importante, 90% des iraniens. C'était donc une insulte directe aux religieux. Et donc, il espérait que par le développement, etc., les communistes seraient bloqués, et les religieux sont marginalisés en disant, nous ne sommes plus un pays lié au chiisme, à l'islam, nous sommes un pays lié à l'Iran pré-islamique. C'était donc une provocation vis-à-vis des religieux qui n'attendait que cela. Et chez les religieux, il y a eu ce début de... Attendez, ça ne va plus! Où va-t-on ici? On supprime la religion, on brûle les églises, on brûle les mosquées. Où va-t-on aller si on commence à changer le calendrier? Et ce qui a suscité un réveil de l'opposition des religieux, qui était opposé au Shah pour des raisons sur le statut des femmes et sur mille raisons, il était opposé au principe de développement économique et culturel du pays. Mais là c'était symboliquement, et les symboles ça compte, une façon d'attaquer l'islam chiite qui est la religion majoritaire en Iran. Et c'est là, je crois, un facteur qui a fait que le mouvement a.
A
Commencé à se déclencher. Et justement, dans la quantité, ce que je disais, effectivement, ça a vraiment éveillé énormément de gens, sans appartenir à une partie ou à une organisation quelconque, de se demander qu'est-ce que c'est cette démocratie? On n'a pas le choix déjà de choisir son parti, cette tendance, en même temps le calendrier qui est imposé et un signe parmi les jeunes générations de montrer effectivement son opposition à ces décisions d'en haut, c'était de ne pas appliquer le calendrier impérial. Et par rapport en fait à ce que vous disiez, je reviens sur septembre 78, mais en fait les événements ont commencé beaucoup plus tôt. c'est en fait dès 1977 qu'on voit effectivement à partir du moment où il y a des décisions d'en haut par le chat et l'arrivée, en fait la victoire de Jimmy Carter aux États-Unis en 1977 qui avait vraiment, qui prenait effectivement certaines libertés et respect d'être humain et qui a en fait suggérer aux chats effectivement d'ouvrir un peu les portes pour laisser parler, qu'on voit à la fois les intellectuels, les avocats qui commencent à écrire aux chats, d'ouvrir un peu l'espace public. Et les jeunes souffraient énormément de ce manque de liberté. Et à cette période-là, on parlait même de l'étouffement, de l'étouffement culturel. Parce qu'effectivement, aucun écrivain, aucun poète, artistes, aucun politique n'avait pas la liberté de s'exprimer. Et ça, c'était vraiment sa santé, on sentait dans sa chair. Et donc, effectivement, sans être adhérent d'un quelconque groupe politique, on sortait de la maison pour aller manifester contre le chat. Et un des points, en fait, pour moi, les journées révolutionnaires ont commencé plutôt en octobre 1977, avec les dix nuits de la poésie à l'Institut Goethe de Téhéran. Parce que, effectivement, la création, toujours en rapport avec le parti unique, la création des associations était interdite. Donc, il y a l'ensemble des écrivains et poètes qui voulaient créer leur propre association, qui avait déjà créé dans les années 60, mais qui n'avait jamais pu continuer son activité. Et avec cette ouverture, mi-ouverture, ils ont profité pour demander au directeur de l'Institut Goethe de l'ambassade de l'ambassade de l'Allemagne à Téhéran, de faire 10 nuits de poésie. Et ça commence effectivement à ce moment-là. D'abord, d'après les témoignages, 60 écrivains et poètes participent. On pensait qu'ils allaient avoir peut-être quelques milliers d'auditeurs, mais ça dépasse des milliers et des milliers. Et donc, ils sont obligés d'ouvrir un peu les portes, les gens restaient dans les rues, sous la pluie, pour écouter les poètes. Et là, la seule chose qu'ils entendaient, la liberté, la liberté, la liberté. Et ça, c'est le.
D
Commencement des journées révolutionnaires. C'est très important, ce que disait Marie sur l'arrivée de Jimmy Carter au pouvoir. Jimmy Carter, c'est les droits de l'homme. Bon, et de même qu'à l'époque, dans les années 60, les Américains avaient suggéré au Shah de faire des réformes de structure économique, Carter essaie de dire, bon, le Vietnam c'est terminé, il faut que les Etats-Unis soient le porteur des droits de l'homme et de la liberté dont les Etats-Unis sont le principal représentant. Et donc, ça ouvre un peu les portes. Et chez les intellectuels iraniens, qui étaient anti-impérialistes pour certains, mais pas forcément, ils voulaient la liberté simplement de penser, On a vu un certain nombre d'intellectuels proches du Shah, les conseillers de gauche du Shah. C'était, entre autres, Hossein Nasr, qui est un philosophe. Ehsan Narari, qui est un sociologue, plus à gauche. Dayusha Yegane, spécialisé de philosophie de l'Inde. Des gens qui avaient accès à la cour, à sa majesté. Pour lui dire, écoutez, il faut reprendre la civilisation iranienne telle qu'elle est complètement. L'Iran préislamique, c'est un mauvais calcul. L'Iran est un pays musulman. Et si vous affrontez les musulmans, vous risquez d'avoir des problèmes. Et donc, soyez compréhensif. Ouvrez les portes à la démocratie et notamment à la partie islamique dont il faut tenir compte. Et donc, ce mouvement sur la liberté est très important. Et Jimmy Carter a eu cette initiative, finalement. Il a dit, la porte est ouverte, donc profitez-en. Les iraniens en ont profité, ça n'a pas passé et ça a bloqué, parce qu'effectivement, du point de vue politique, un certain nombre de gens disaient aux chats, non non, ça ne marche pas cela, ça ne marche pas. Et donc, ça.
B
A fini par casser.
G
Les gens ont peur. Tout le monde se sentit menacé à Téhéran, surtout les avocats. les membres du comité pour la défense des.
D
Prisonniers politiques de l'Iran. Vous craignez d'être arrêté? Vous pensiez que.
G
Vous alliez être arrêté?
D
Oui, c'est toujours possible. Et pourquoi? Qu'est-ce.
G
Qu'On pouvait vous reprocher? Ils n'ont pas besoin d'avoir raison pour arrêter des gens. Ils ont arrêté beaucoup des iraniens, ils ont tué beaucoup des iraniens dans les chambres de torture. Ils n'ont pas besoin, il n'y a pas de contrôle sur les actes.
D
De pouvoir en Iran. Combien y a-t-il eu de victimes la semaine dernière à Téhéran et.
G
Dans tout le pays? Vous savez bien que l'État a annoncé environ 100 morts. Mais j'ai un document Un cimetière d'Otteran a été enregistré de 1917 jusqu'au lundi matin. Alors comme il y avait partout des cadavres, alors il y a beaucoup de morts qui étaient entraînées dans les cours des.
B
Maisons d'Otteran, partout, partout. témoignage d'un opposant au Shah en septembre 1978, après les manifestations de ce moment de contestation du pouvoir. La SAVAK, la police politique du Shah est omniprésente. Marie-Ladie Fouladi, j'évoquais, pour ouvrir cette émission, la comparaison que nous voyons souvent sur les réseaux sociaux, l'Iran avant, après, mais cet Iran d'avant où les femmes ne portent pas le voile, où on marche dans la rue et tout se passe bien, cache aussi cet autre Iran d'avant, celui.
A
De la police politique. Tout à fait. Donc la police politique était un peu partout, comme on vient d'entendre, effectivement. C'était comme une toile d'araignée, ils étaient un peu partout. Et on a l'expression, ne parle pas trop fort, le mur à des oreilles. Et nous, on faisait vraiment pas confiance, même à ses camarades au lycée, parce que il suffisait juste de poser une question. Par exemple, pourquoi parti pour le unique? Ça, vous devenez un danger politique pour le régime, et vous risquez effectivement d'être arrêté. Et donc la police de Sabac a été créée juste après l'arrivée au pouvoir, le retour de Charles après le coup d'État. Et donc on lui a donné énormément de... de moyens pour contrôler et l'un de ces missions était effectivement de contrôler surtout les étudiants où en fait dans les universités où il y avait vraiment des militants des organisations surtout de gauche avaient plus d'activités et essayaient effectivement de demander plus d'adhésion des.
D
Étudiants à leur cause. La fois que vous avez entendu tout à l'heure sur ce réfugié politique qui critiquait le nombre de morts, j'étais à Téhéran à ce moment-là, je venais juste d'arriver huit jours avant à Téhéran. Et le jour où je suis arrivé, c'était le jour de la fin du ramadan, où il y a eu une grande manifestation organisée à Téhéran, du nord de Téhéran jusqu'au centre-ville. Il y a eu quelques clashes au début, mais des centaines de milliers de personnes ont participé à cette manifestation organisée par l'ayatollah Talleyrani, qui était l'évêque de Téhéran, si vous voulez. Et ça s'est terminé à la place Bistouchar el Esfand, près de l'université, où les manifestants ont donné des glaïeuls à l'armée qui était là. et donc fraternisation entre la troupe et les manifestants. On se rappelle à la révolution des œillets du Portugal, quelques années auparavant. Et donc on s'était dit, ça y est, l'armée est avec le peuple, ce sont nos enfants qui sont dans la rue aussi, en tant que soldats, et donc il va se passer quelque chose de positif. C'est à ce moment-là que, voyant que l'armée risquait de fraterniser, il y a eu un niet et décision de la loi martiale. Et quelques jours plus tard, dans la nuit, l'état de Loir-Sial est proclamé. Et le matin, du vendredi noir, place Jalet, une petite place dans l'ouest de Téhéran, les manifestants se réunissent, comme d'habitude, en disant ça y est, c'est fini, on a le droit de manifester. Les règles ont changé, l'armée tire dans le tas. Alors sur le nombre de morts, ça rappelle des discours de ces jours-ci. Peu importe le nombre de morts, il y en a eu trop. C'est-à-dire, l'armée a tiré dans la foule, il y a eu 100, 200 morts. C'est considérable, dans une petite place, tuer même 50 personnes, le crime est énorme. Pas besoin d'en mettre 10 000. Mais ça a été le symbole, la plage d'Aole a été le symbole du vendredi noir, qui dit qu'il y a une rupture fondamentale entre le gouvernement du Shah et la population iranienne, et les musulmans qui étaient là, puisque la Réunion est à l'initiative d'un religieux. et dont la rupture est déconsommée, entre les révolutionnaires marxistes qui voulaient la liberté, ou l'inter-imperialiste, les révolutionnaires intellectuels qui voulaient la liberté simplement, pas forcément contre l'Occident, du tout, et puis les religieux qui étaient aussi la base populaire. Et donc c'est à ce jour-là, finalement, qu'a été cristallisée l'opposition. Et à partir de ce mois de septembre, les manifestations sont enclenchées les unes après les autres pour aboutir.
B
Au retour de Roménie. Le 8 septembre 1978, c'est le vendredi noir avec cette répression terrible. il est toujours délicat et difficile d'expliquer comment un mouvement se poursuit ou s'éteint. En l'occurrence, là, il se poursuit. C'est ainsi durant tout l'hiver, donc à la fin de l'année 1978 et jusqu'au début de l'année 1979, il y a des successions de manifestations. Pour bien saisir où nous allons à ce moment-là, puisque les acteurs sont divers, vous nous l'expliquez depuis toujours, y a-t-il un courant majoritaire qui commence à s'instaurer.
A
Ici dans ces manifestations? Merci pour cette question. Parce qu'en fait, effectivement, comme j'ai dit, les journées révolutionnaires ont commencé depuis octobre 1977. Et à cette période-là, le mouvement et les protestations n'étaient pas du tout islamiques, religieuses, pour l'islam, pour le retour de l'islam ou quelconque. C'était plutôt pour la liberté, l'indépendance et surtout la liberté. Et donc, il y a surtout dans les rues, pendant les manifestations, au moins jusqu'à janvier 1978, au moment où on écrit un article sur Rouménie, un article un peu insultant dans les journaux, qui a un peu provoqué l'émote dans l'école théologique à Combes, ceux qui connaissaient Rouménie, mais je peux vous dire, je peux vous assurer qu'une grande partie des populations iraniennes ne connaissait absolument pas Rouménie. On ne savait même pas qui c'était. Et en fait Rouménie devient le guide incontesté de la révolution après septembre 1978 et surtout au moment où il arrive en France en tant que réfugié en octobre 1978. et donc il reste trois mois, et tous les médias, les caméras braquaient sur lui, et il devient le guide incontestable de la révolution islamique. Et c'est comme ça que la révolution a commencé à.
D
Devenir Il y a un élément très important. Marie disait très justement que ça commençait avec un groupe d'intellectuels qui récitent des poèmes. Et puis ça s'est débordé. Et les manifestants ont été réprimés. Beaucoup de gens ont été mis en prison parce que c'était interdit de dire des poèmes. Mais quand les religieux ont commencé à être impliqués dans le mouvement, avec cette grande manifestation dont je vous ai parlé à la fin du ramadan, puis les massacres de la place de Jalais, le vendredi noir, les religieux qui étaient des contestataires depuis toujours, contre le Shah et son occidentalisation, mais qui représentait aussi la masse populaire. Et la différence, on l'a vu, j'ai été témoin de cela, c'était assez extraordinaire, c'était les lois martiales, les chars d'assaut dans les rues, c'était vraiment très très dur dans septembre, octobre, novembre. Quand manifestation le jour de Tassoua et Achoura, c'est-à-dire les grandes fêtes religieuses de la mort de l'imam Hossein. Et ce jour-là, le 10 et le 11 novembre 1978, Il n'y avait non pas quelques intellectuels de gauche ou de droite. Il y a eu un ou deux millions de personnes à Téhéran, manifestant en silence. Dans les quelques intellectuels qui étaient là, qui avaient fait la révolution, ils ont été noyés dans une masse populaire de femmes en chador noir, qui disaient « Vive la révolution, vive la liberté, vive l'Islam, vive Roménie ». Et je me souviens ce jour-là, les portraits de Roménie qu'il y avait, c'était des vieux portraits de Roménie des années 60. Les manifestants n'avaient pas de photo de Roménie récente montrant ce personnage que personne ne connaissait sauf les milieux religieux. Mais il apparaissait comme celui qui apportait la masse des gens. Et donc, cette question de la masse, on en reparle beaucoup ces jours-ci également, ça compte dans une démocratie, dans une république, un homme, une femme, une voix. Donc, les intellectuels sont des leaders et ils jouent un rôle essentiel. Mais à la fin, on vote. Qui est-ce qui vote? Tout le monde vote. Tout le monde manifeste. Et donc, si vous n'êtes pas assez nombreux ou influents pour pouvoir influencer l'ensemble de la population, vous êtes battus à cette élection. Et donc, ce rôle de la masse des gens, de l'Iran profond, qui n'est pas celui de la liberté, de l'indépendance, etc., qui est une autre ambition, était là. Il ne faut pas leur jeter la pierre. Ils ont aussi renversé le chat. Roménie apparaissait comme le dénominateur commun le plus faible. Est-ce qu'il y avait un leader non religieux, intellectuel, de gorge, parlant français, avec une cravate? Ça ne passe pas. si vous voulez avoir du monde dans la rue, si vous voulez effectivement avoir une manifestation assez importante qui fasse que l'armée ne peut pas toucher. Les chars d'assaut étaient montés de 500 mètres pour laisser la manifestation se dérouler. Il faut du nombre. Il faut du nombre. Et Roménie a apporté le nombre. Et après, il a apporté ses idées. Et c'est un élément très important qui nous amène à réfléchir sur ce qu'est une révolution, comment ça.
A
Peut changer, comment ça peut évoluer. Et il faut aussi mettre dans le contexte justement de la guerre froide, effectivement, parce que je pense que c'est vers novembre ou décembre 1978 que finalement les pays occidentaux, en l'occurrence les Européens et puis les Américains, qui ont compris que le chat était malade. et qu'il souffrait d'un cancer et qu'il ne nous restait pas vraiment beaucoup de temps à vivre. Donc c'est pour ça qu'il était faible. À ce moment-là, il devait choisir une alternative. Et donc, entre les forces politiques de gauche qui pouvaient basculer l'Iran vers l'Union Soviétique et un religieux, un vieux religieux. Souvenons-nous, en fait, ce sont les Américains qui ont parlé, qui ont comparé Rouménie avec Gandhi, en disant que c'est un vieux qui n'a pas vraiment beaucoup de d'ambition sur terre et qu'en fait il est là juste pour rassembler les gens qui ont plutôt pris parti pour Rouménie en lâchant effectivement d'autres forces politiques pour aller vite je dis non islamistes. Et donc c'est comme.
D
Ça que Rouménie arrive en France. C'est un élément très important. On n'insiste jamais assez sur le fait que l'Union soviétique était là, le danger bolchevique... Toutes les analyses politiques étaient faites sur cette grille de lecture-là. Et tout événement qui se passait dans le monde était forcément le coup des Russes. Et donc cette analyse-là a fait que pour protéger notre pétrole et pour sauver l'armée, l'armée était pour faire son job, et donc... que mieux qu'un curé anticommuniste, un roménie, un religieux, il n'y a pas mieux qu'un anticommuniste. Donc on laisse faire, sachant que ce type-là, en fait, il n'a pas grand idée, et on réussira à le contrôler, ne vous inquiétez pas, je contrôlerai le système. Il y a une espèce de suffisance aussi des intellectuels. et des hommes politiques libéraux, pensant qu'un certain mépris pour le peuple iranien aussi, parce que ces pauvres gens qui étaient situés en Romagne de bonne foi, ce sont des êtres humains aussi, ils ont le droit de parler. Et donc, ce rapport entre les intellectuels et la masse populaire, la révolution islamique la met en scène, et c'est une question qui n'a jamais résolu, évidemment, jusqu'à aujourd'hui. Mais c'est en ce sens-là que l'Iran est un laboratoire politique tout à fait exceptionnel. Le problème, c'est que les malheureux iraniens sont les frais de cette expérimentation.
B
Politique dont ils n'en sortent pas. En janvier 1979, le chat d'Iran entre dans sa 60e année. Quant à l'ayatollah Roumeni, lui, c'est 77 ans et dans les rues. Ils sont, elles sont des millions, parmi lesquels Bernard Ourcad, vous y étiez. C'est un son que vous avez enregistré ici. C'est vous, vous.
D
Aviez un enregistreur à ce moment-là? Oui, des collègues anthropologues avaient un nagra, le magnétophone emblématique des journalistes. Et avec mon nagra, que je savais mal faire fonctionner, j'ai enregistré des voix dans cette révolution, dans ces événements. Et j'ai à vous dire, c'était extraordinaire. Moi, je ne travaillais pas du tout sur ces questions d'islam politique ou de politique. Je travaillais sur des questions de développement rural dans les montagnes. et de voir cette masse de gens pacifiques, la révolution était pacifique, face à une armée qui ne pouvait rien faire, parce qu'elle ne pouvait pas tirer dans la foule, ce n'était pas possible, c'est un événement extraordinaire. Les voix, les gens, les cris des gens étaient... Sans explication, on était estomaqués, on ne comprenait pas, mais il se passait quelque chose de très très important. Petit détail, c'est que le jour où Romigny arrive au pouvoir, dont avant j'étais dans les rues de Téhéran, j'ai pris des photos de tout, une grande liberté, toutes les barrières étaient cassées, la police ne contrôlait plus rien, l'armée non plus, etc. Liberté. Le jour où Roménie arrive au pouvoir, je suis près de la gare de Téhéran pour voir l'arrivée de Roménie avec mon appareil. Résultat, quelqu'un me dit « Monsieur, qu'est-ce que vous faites ici? » « Ben, je suis là, je suis prof, je suis ici. » « Mais vous avez une autorisation d'être là? » « Ben non, je suis là. » Vous savez, les étrangers, ce sont des gens dangereux, peut-être. Oui, enfin, moi, je suis prof ici, j'enseigne le français. Et il faut l'autorisation du comité révolutionnaire. Pour la première fois, le futur gardien de la Révolution arrivait. Il était membre du comité d'accueil de l'imam broménie et me demandait une carte de presse.
B
Une autorisation de prendre des photos. C'était le début du commencement de la fin. Avec ici ce mouvement révolutionnaire que nous connaissons, une révolution qui naît puis qui évolue très vite, en l'occurrence en Iran en 1978, en septembre, ces mouvements qui prennent la suite de mouvements précédents et en janvier 1979, une révolution qui se poursuit ou.
H
Prend fin, je ne sais pas comment le dire, avec l'arrivée de l'Ayatollah Khomeini. A peine rentré en Iran, l'Ayatollah Khomeini sort ses griffes. Il veut nommer un nouveau gouvernement et faire passer tout le monde en jugement. C'est du moins ce qu'il a annoncé hier au cimetière de Téhéran. Le.
I
Chef religieux a reçu un accueil délirant. En ligne, notre envoyé spécial Yves-Paul Vincent. Chacun voulait toucher la voiture du vieux chef religieux. et cela a donné, sur chaque mètre du long parcours qui séparait l'aéroport du cimetière, un mélange de liesse populaire et de pagaille indescriptible. Dans ce mur de foule, la Range Rover de la Iatela-Roménie cherchait à se frayer un chemin. Elle le faisait avec d'énormes difficultés en procédant par bonds successifs de deux mètres. Et j'ai vu, à deux reprises au moins, mais il y a eu sans doute d'autres incidents de ce genre, un homme âgé et un enfant, happés par le capot, rouler sous les roues du véhicule. Roménie, tassé sur le siège avant droit, saluait sobrement des mains, et lui qui n'avait laissé percer aucun signe d'émotion ou de joie en descendant l'échelle de coupée du Boeing 747 d'Air France.
H
Je l'ai vu pour la première fois depuis longtemps changer de masque et sourire. Entre l'Ayatollah Roménie et le gouvernement, la partie de poker continue donc. Elle risque bien de déboucher peut-être sur une guerre civile. Hier, le parti communiste iranien a lancé un appel à la lutte armée. Les Américains, eux, sont prudents. Ils viennent d'évacuer dans l'émirat de Dubaï, leur station d'écoute qui se trouvait en Iran, les installations qui.
B
Permettent de surveiller les mouvements de troupes et les essais d'armement en Union soviétique. Les actualités du 2 février 1979, au lendemain, du retour de l'Ayatollah Khomeini en Iran, venant de Nofle Château, c'est cette petite commune des Yvelines où il était en exil. Marie Ladié Fouladi, peut-on parler ici, et c'est le titre de l'émission du Cours de l'Histoire, de la révolution confisquée? peu de temps ce mouvement de l'hiver 1978 et du début janvier 1979 d'un seul coup semble prendre fin et c'est un peu ce que nous disait Bernard Urquard avec ce contrôle de.
A
La photographie où quelques jours avant c'était autorisé et d'un coup tout semble s'arrêter. Oui, tout à fait. En fait, ça va très très vite entre l'arrivée de Khomeini à Téhéran jusqu'au 11 février. C'est juste 11 jours. En fait, il arrive le 1er février. Il nomme le Premier ministre Métibor Zalgan. Alors que le chat, quand il est parti, il a nommé Jean-Paul Barthiale comme premier ministre. Donc à un moment donné, on a deux premiers ministres, l'un nommé par le chat, l'autre nommé par Roménie. et donc il y a une difficulté encore plus importante à résoudre et là c'est là qu'en fait je pense que les américains se précipitent pour effectivement pousser l'état-major, les généraux de l'armée nationale en Iran de soit soutenir à fond Bartial jusqu'au bout, soit s'il voit qu'en fait Bartial ne pourrait pas continuer et faire face à Rouménie, donc de prendre plutôt la partie pour les religions. et là ça m'amène en fait à trois jours que j'appelle les trois jours insurrectionnels 9, 10 et 11 février au moment où une partie de l'armée, les cadets en fait de l'armée de l'air qui avait déjà manifesté devant Roménie en disant qu'en fait ils avaient accepté lui comme le guide qui ont été attaqués dans les casernes vers l'est de Téhéran avec des armes par d'autres soldats de l'armée de la terre. Et donc les gens commencent à prendre des armes avec les militaires et donc il y a un combat armé qui commence le 9 la nuit du 9 février, au 10 février. À ce moment-là, les partis politiques, pour nous pronommer c'est plutôt les Fadoïn du peuple, qui avaient déjà penché pour la lutte armée, comme en fait une lutte armée de guerrières de la ville, qui se rejoignent en fait à ce mouvement, ils prennent des armes et commencent en fait effectivement à prendre les institutions les uns après les autres. Les Mojahedin du Peuple arrivent et alors qu'à partir d'un mois avant septembre 78, le Shah, pour justement montrer un peu sa volonté de concilier, avait commencé à libérer les prisonniers politiques, Ces gens-là, ils arrivent, ce sont plutôt les chefs de ces organisations libérées qui commencent effectivement à organiser. Alors, sous les yeux de Roménie et ses partisans, on voit effectivement une peur comme quoi ces organisations qui sont en train de se lutter, de prendre des institutions de l'État l'une après l'autre, Ils sont en train de changer le rapport de force. Et donc, c'est pour ça qu'en fait, ils ont peur. Ils précipitent Mehdi Bazargan à aller voir l'état-major au moment où l'état-major est en train de négocier avec les Américains. et puisqu'on vient de dire que les Américains avaient peur que l'Iran bascule vers l'Union Soviétique, qu'on demande la neutralité de l'armée. Et c'est comme ça qu'on confisque la révolution iranienne. Parce que pour moi, si ces 6 journées continuaient peut-être un peu plus, peut-être 3-4 jours de plus, le rapport de force aurait.
B
Changé, et Roménie n'était pas le guide incontesté tel qu'on l'a présenté jusqu'à maintenant. Merci beaucoup à vous d'entrer dans la finesse de la chronologie parce que nous saisissons bien ici que dans ce mouvement révolutionnaire qui va si vite, tout pourrait basculer et il y a des rapports de force. Il y en a un dont on ne parle plus et d'ailleurs on ne le fait pas.
D
Là maintenant, c'est le chat qui est parti en exil le 16 janvier 1979. Oui, le chat est finalement le dernier plus courageux, c'est le dernier à avoir quitté le navire. avant beaucoup de généraux, d'officiers, ça a été parti à Paris ou à Los Angeles depuis longtemps. Mais ce que vient de dire Marie sur le fait que pendant les journées révolutionnaires du 9, 10, 11 février, les groupes d'extrême-gauche qui étaient entraînés et avaient des armes de la lutte révolutionnaire Trotsky, si vous voulez, ont été capables effectivement d'initier le mouvement pour prendre le pouvoir physiquement. Et là, le fait que finalement l'armée officielle en nombre et la police a finalement dit j'arrête et je soutiens Roménie, C'était aussi une façon d'éviter une guerre civile, et dont beaucoup de gens finalement ont dit, bon, Roménie, on sait pas ce que c'est, mais on ne veut pas non plus du combat des révolutionnaires, qui étaient quand même des radicaux, extrêmement radicaux, seulement qu'on puisse le dire. Donc il y a eu un espèce de consensus mou, si vous voulez, pour dire, bon, Roménie est là, puis de toute façon, un ayatollah. Les religieux à l'époque en Iran étaient les avocats de tout le monde. Quand, si votre fils faisait une bêtise, il était arrêté au commissariat, l'imam de la mosquée du quartier allait voir le commissaire de police et disait « Monsieur le commissaire, ce garçon, il n'est pas très méchant ». C'est des mots-là qui étaient proche du peuple et qui essayait d'arranger des choses. Donc on se dit, bon, Roménie il a ses idées, on ne les connaît pas trop, mais fondamentalement, les mollahs sont des gens avec qui on peut s'entendre, on va trouver une solution. Et donc s'instaure à ce moment-là un nouveau régime, mais il faudrait le dire parce que le temps passe. On a assisté à ce moment-là à une répression extrêmement forte. des exécutions sommaires en page des journaux, les photos de gens torturés en prison par les Roménistes, par les comités révolutionnaires. Le mot est arrivé, les comités. Le comité qui était d'accueil de Roménie est devenu le comité révolutionnaire et organisait l'avis des quartiers dans les commissariats de police qui avaient été pris. Et donc le comité avait des juges de chaque comité, juges révolutionnaires, qui fusillaient n'importe qui. Et à ce moment-là, il y avait trois types de comités, ceux tenus par les révolutionnaires de gauche. Et dans ce cas, si vous étiez pris, vous étiez fusillé tout de suite. les comités tenus par les islamiques. Ils vous tabassaient un petit peu, mais vous mettaient en prison, ils vous jugeaient. L'islam, c'est la justice. Et le troisième, les bandits, les voyous, qui arrivaient chez vous, pillaient votre appartement, mais vous laissaient la vie sauve si vous payiez assez fort. Donc une espèce d'anarchie qui se mettait en place. Et donc beaucoup de gens ont dit, mais finalement, dans cette situation entre les révolutionnaires et les bandits, ben, la solution islamique, elle est acceptable. Et donc il y a eu cette espèce de consensus pour dire, bon, Roménie c'est le patron, le chat est parti, on a un nouveau patron, bon, On le prend pour l'instant, on verra bien ce qui va se passer par la suite. Mais il y a eu ces années-là, ces mois de février-mars étaient terribles, avec aussi un sentiment de liberté extraordinaire. Le Shah était parti, le peuple iranien, sans combattre, sans armes, a fait tomber la plus grande armée du monde américaine, la plus grande armée du Moyen-Orient, et dont il y avait une victoire populaire, et la liberté qu'il y avait dans les rues de Téhéran, au printemps, avant le nouvel an iranien du 21 mars 2079, était un printemps de liberté extraordinaire à vivre en Téhéran. Tout était possible, les partis politiques, les pamphlets, les publications, les.
B
Journaux, la presse explosée, la télévision, la radio. Tout était encore possible dans ce printemps 1979. Et en un mot, Marie Ladieff ou Ladie, cette liberté, ou en tout cas ce désir de liberté, ne.
A
Disparaît pas. Même s'il est étouffé, c'est toujours présent et tout peut éclore à tout moment. Exactement, je pense qu'en fait même maintenant, on a vu depuis 47 ans que la république islamique règne, mais la population, notamment les jeunes, les femmes.
B
Surtout, qui continuent leur combat, leur révolution et aspirent toujours à la liberté et à l'émancipation. Merci vous et moi tous les deux d'être venus dans le cours de l'histoire. 1979 en Iran, la révolution confisquée, Mariladi Fouladi et la république islamique d'Iran vue de l'intérieur, ça c'est votre ouvrage et oui parce que vous êtes démographe et sociologue et c'est bien de regarder aussi sur les sources mêmes ce que l'on peut apprendre de l'histoire et Bernard Hourcade de la géopolitique de l'Iran, à l'Iran, ses nouvelles identités, on vous met toutes les infos sur le site internet du groupe Le cours de.
E
L'Histoire France Culture.fr. Merci vivement à vous deux. Prochain épisode, Iran, cette fois 1988, l'opposition massacrée. Cette fois donc, c'est bien la guerre entre l'Irak et l'Iran. Depuis six mois, quotidiennement, les radios des deux pays s'insultaient au-delà des frontières. L'Ayatollah Khomeini promettait un déluge de fer et de feu.
B
Au président irakien Saddam Hussein, lequel répondait que les infidèles Perses seraient châtiés sur l'autel d'Allah. Le Cours de l'Histoire sur France Culture, une émission réalisée par Thomas Beau à la technique Anthony Thomasson. Émission préparée par Jeanne de Lecroix, Raphaël Lalloum, Jeanne Copé, Sidonie Lebeau et Maïwenn Giziou. Le Cours de l'Histoire.
Podcast: France Culture
Date: 11 février 2026
Animateur: Xavier Mauduit
Invités principaux :
L’épisode examine en profondeur la révolution iranienne de 1979 – des dynamiques de modernisation à sa confiscation politique, du contexte géopolitique à la vie quotidienne, en donnant voix à la diversité des acteurs et en soulignant les continuités des aspirations de la société iranienne jusqu’à aujourd’hui. Les invités déconstruisent le mythe d’une révolution uniquement islamique, reviennent sur le rôle du Shah, des mouvements de gauche et du clergé, l’influence occidentale, et analysent, à partir d’exemples vécus et de données de terrain, pourquoi la révolution a changé de visage en l’espace de quelques mois.
Cet épisode propose une relecture nuancée et incarnée de la révolution iranienne : ni univoquement islamique, ni uniquement modernisatrice, toujours travaillée par la tension entre aspirations populaires, jeux de pouvoir internes et déterminations internationales. À rebours d’un “avant/après” simpliste, les intervenants mettent en valeur une société complexe dont la révolution fut le fruit d’un ensemble de contradictions non résolues – dont le désir de liberté, d’émancipation, et d’indépendance reste aujourd’hui encore une force vive.
Prochain épisode: “Iran 1988, l’opposition massacrée : la guerre Iran-Irak”
Pour aller plus loin :