
Le Moyen Âge y a déjà pensé : Avant les tutoriels beauté…. la skincare médiévale !
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Avant TikTok et ses tutoriels beauté, les conseils de skincare circulaient déjà, et ce, dès le Moyen-Âge. À l'attend bien sûr. Et si je vous disais qu'à l'époque, on proposait déjà une routine complète ? Un millénaire avant les influenceuses, il y avait Trotula de Salerne. Trotula, c'est une femme médecin des 11e-12e siècle. Elle enseigne à l'école de Salerne, dans le sud de l'Italie, la plus ancienne école de médecine en Europe. Et particularité unique, les femmes y enseignaient et y soignaient. On attribue à Trotula le De Ornato Mollerum, sur l'apparure des femmes. C'est le premier manuel de cosmétiques scientifiques en Europe. et sa routine beauté a de quoi faire pâlir les influenceuses. On commence par un bon bain. Eau chaude, savon, si possible français, précise-t-elle, puis rinçage au sang de blé. Ensuite, on applique un masque exfoliant à base de résine, cire et huiles essentielles. Un gommage d'exception. Puis on a l'embarras du choix entre les masques, par exemple au miel, camphre et mauve, et les crèmes, par exemple au suif de serre et à la poudre d'eau cristal. Pour la bouche, baume à lèvres au miel. Pour des baisers sucrés, puis rouge au bois de Brésil. Et comme fond de teint, la céruse. Ce mélange de plomb et d'arsénic pour obtenir un teint blanc. Autant vous dire que c'est hautement toxique, mais on était moins regardant à l'époque. Trotula précisait quand même avec modération car il peut abîmer la peau. Bon réflexe, mille ans avant les dermatologues. Et ce qui fascine, c'est que des études scientifiques récentes, menées par des biologistes et des pharmaciens, se sont penchées sur les recettes de Trotula. L'efficacité de certaines impressionne. La science moderne redécouvre alors ce savoir féminin ancestral longtemps méprisé. C'est en réalité un véritable trésor transmis de femme en femme pendant des siècles. De Trotula à notre cosmétique contemporaine, on retrouve les mêmes gestes, la même logique de soins, nettoyer, exfolier, nourrir, réparer, et des ingrédients encore présents dans nos produits de beauté. Mais au Moyen-Âge, l'Église s'en dit. Le discours le plus virulent vient de l'inquisiteur dominicain Étienne de Bourbon, au XIIIe siècle. Il écrit les pires horreurs. « Une femme est comme un dragon, dit-il. Plus elle est teintée de rouge, plus elle est dangereuse. Se maquiller est même considéré comme un double péché mortel, à la fois d'orgueil et de luxure. C'est diabolique ! » Pourtant, Trotula, elle, est soignée. Elle avait déjà inventé la médecine du bien-être. Et une médecine entièrement adressée aux femmes. Et aujourd'hui, on redécouvre ce que Trotula savait déjà. Les secrets de beauté passent d'abord par le soin. On rejette les produits chimiques, on revient au miel, aux plantes, aux argiles, aux ingrédients naturels d'il y a un millénaire. Car oui, la skin care, c'est très médiéval. Alors, la prochaine fois que vous appliquez une crème de nuit, pensez à Trotula. Aujourd'hui, elle serait une dermatologue.
Podcast: Le Cours de l'histoire (France Culture)
Date: December 12, 2025
Host: France Culture
Episode Theme: Exploring the unexpected roots of skincare routines, tracing them back to medieval times, long before contemporary beauty influencers and TikTok tutorials.
This episode dives into the history of skincare, revealing that so-called "modern" beauty routines have deep medieval origins. Through the figure of Trotula de Salerne, a pioneering woman physician from the 11th–12th centuries, the episode discusses the scientific and social significance of historical beauty advice, with a special look at medieval recipes, routines, their surprising efficacy, and the persistent role of women in transmitting this knowledge.
Quote:
"On commence par un bon bain. Eau chaude, savon, si possible français, précise-t-elle, puis rinçage au sang de blé."
(A, 01:00)
Quote:
"Trotula précisait quand même avec modération car il peut abîmer la peau. Bon réflexe, mille ans avant les dermatologues."
(A, 02:40)
Quote:
"La science moderne redécouvre alors ce savoir féminin ancestral longtemps méprisé. C'est en réalité un véritable trésor transmis de femme en femme pendant des siècles."
(A, 03:25)
Quote:
"Les secrets de beauté passent d'abord par le soin. On rejette les produits chimiques, on revient au miel, aux plantes, aux argiles, aux ingrédients naturels d'il y a un millénaire."
(A, 04:50)
Quote:
"Une femme est comme un dragon... Plus elle est teintée de rouge, plus elle est dangereuse. Se maquiller est même considéré comme un double péché mortel, à la fois d'orgueil et de luxure. C'est diabolique !"
(A, 04:05)
Quote:
"Trotula... avait déjà inventé la médecine du bien-être. Et une médecine entièrement adressée aux femmes. Et aujourd'hui, on redécouvre ce que Trotula savait déjà."
(A, 05:00)
On the luxury of medieval routines:
"sa routine beauté a de quoi faire pâlir les influenceuses..." (A, 00:45)
On the dangers of medieval makeup:
"Ce mélange de plomb et d'arsénic pour obtenir un teint blanc. Autant vous dire que c'est hautement toxique, mais on était moins regardant à l'époque." (A, 02:30)
On ancestral wisdom:
"La skincare, c'est très médiéval." (A, 05:30)
On Trotula’s modern relevance:
"Aujourd'hui, elle serait une dermatologue." (A, 06:00)
The episode balances an erudite and slightly playful tone, underscoring the irony that “modern” skincare isn’t so new, and that women’s holistic beauty knowledge from the past is finally gaining renewed respect.
Medieval skincare, championed by figures like Trotula, was remarkably advanced and aligns with many habits we consider current. This woman-driven wisdom, though once condemned and forgotten, is validated today by both science and changing attitudes, showing just how cyclical—and feminist—the history of beauty truly is.