
Le sport, une histoire en mouvement 3/4 : Culte du ballon rond, comment le football est-il devenu une religion ?
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A
Bonjour, c'est Xavier Mauduit. La 35e Coupe d'Afrique des Nations, la Cannes, prend fin avec une finale au Maroc. Et c'est un peu France Culture Physique avec l'émission du Cours de l'Histoire, culte du ballon rond. Comment le football est-il devenu une religion Bonne écoute.
B
! Le Cours de l'Histoire. Xavier.
A
Mauduit. Le culte du ballon rond, comment le football est-il devenu une religion Le 13 février 1911, le quotidien régional, le midi socialiste, se fait bulletin paroissial. Voilà ce qu'on peut y lire. Lorsque la religion du football aura remplacé celle de nos pères, on récitera, au jour de la Passion, 28 janvier, anniversaire d'un certain match France-Angleterre, comme on le faisait autrefois en souvenir du repas des apôtres, En ce temps-là, Brenus dit à ses disciples, celui qui, en même temps que moi, mettra les pieds dans le plat, celui-là me trahira. Oui, la religion au piume du peuple, selon Karl Marx, et pourquoi pas aussi le football. Vous le croyez ça, l'équipe de France est championne du monde en battant le Brésil. 3-0, deux buts de Zidane, un but de Petit. Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Enfin, le plus tard possible, mais on peut. Ah, c'est superbe ! Quel pied ! Ah, quel pied ! Oh, putain ! Oh là là ! Un gros mot, c'est Thierry Roland. Évidemment, en 1998, au moment de la Coupe du Monde remportée par la France, il y a quelque chose d'eschatologique. Ici, c'est comme la fin du monde ou le début.
B
De.
A
Quelque chose. Bonjour Fabien Archambault. Bonjour. Il y a un lien entre l'histoire d'un sport, le football et la religion. Mais la religion veut dire énormément de choses. Et dans sa définition première, la religion, l'église, il y a, ce que vous avez étudié, ce lien.
B
Entre le foot et les églises. Quel est-il Il est consubstantiel, c'est-à-dire que les activités sportives qui émergent, par sport, c'est les pratiques physiques dans les collèges privés anglais de la moitié du XIXe siècle, tout de suite il y a une dimension religieuse, c'est-à-dire qu'il s'agit de faire de bons chrétiens, et un bon chrétien doit être fort pour pouvoir porter la parole. Donc les églises protestantes, dès le départ, accordent une grande importance au sport et à la pratique physique, et l'église catholique s'y met. Et c'est d'ailleurs pour ça tout ce champ lexical sur la religion, enfin les nouvelles religions contemporaines, vient en fait de l'église elle-même. C'est-à-dire que face à la popularité du phénomène sportif, elle ne peut pas rester à l'écart, elle a une première réaction, l'église catholique, de défiance et de méfiance, mais comme toujours avec la culture de masse, ensuite elle essaye de s'en emparer et de donner ses normes, de l'encadrer. Et donc en fait tout ce vocabulaire religieux autour du football, c'est finalement eux-mêmes qu'ils promeuvent puisque pour eux le.
A
Sport permettra d'être un bon chrétien. Et pour le football, en cette fin du XIXe siècle, c'est toujours la question de l'oeuf ou la poule, sont-ce les églises qui mettent en avant ce sport parce que ça peut les intéresser ou bien constatent-elles un succès de ce sport et tentent-elles de.
B
Le récupérer Bah voilà, c'est toujours... C'est-à-dire que face à une popularité... C'est un pari qu'elle fait. François parlera plus précisément du cas de la France, moi je connais mieux celui de l'Italie. À un moment donné, c'est comment garder le contact avec la jeunesse. Donc il y a plusieurs sports qui sont possibles. Il y a le cyclisme, mais le cyclisme on sort du patronage, de l'oratorio en Italie, alors que le football on peut les garder à l'intérieur pour faire une messe avant ou après le match, etc. Donc, à un moment donné, l'Église a choisi le football comme un moyen d'encadrement des jeunes et des masses, et du fait qu'elle a des ramifications territoriales partout, grâce au réseau paroissial, qu'elle est une institution interclassiste, c'est-à-dire qu'elle touche toutes les classes sociales, et bien c'est l'instrument privilégié pour la popularisation définitive et sa.
A
Réception dans l'ensemble de la société. Avec nous, aujourd'hui, François d'Arrocha-Carneyrault, bonjour ! Bonjour ! Eh bien, nous avons évoqué le cas britannique, avec des protestants principalement, le cas italien, dont vous êtes le spécialiste, Fabien Archambault, et entre les deux, il y a la France. Qu'en est-il de ce lien entre.
C
L'Église, et peut-être même les églises, et le football en France En fait, le football s'installe un petit peu en France, avec surtout le cadre scolaire, dans le cadre des établissements scolaires. par des élèves qui sont influencés par l'anglomanie de leurs professeurs, de leurs surveillants. Et parmi les établissements scolaires, il y a les écoles congrégationnistes. Jusqu'à ce que les congrégations soient renvoyées au début du XXe siècle, ça peut être un lieu de développement du football français, du football en France, puis viennent les patronages. où simultanément, quasiment simultanément, viennent les patronages. Et la Fédération Française des Patronages est une des fédérations qui organise des matchs.
A
De football dès le début du XXème siècle. Oui, parce qu'il y a ces histoires à rappeler.
C
L'Histoire des patronages, ça c'est une chose particulière. C'est quoi un patronage Un patronage.
A
C'Est une association ludique d'encadrement de la.
C
Jeunesse. mais avec une teinte religieuse, bien sûr.
A
Avec la teinte religieuse dépendant généralement d'une paroisse. Et puis il y a la chronologie même du football. Fabien Archambault, si on.
B
Voulait donner une date de naissance au football. En fait, c'est pas facile, c'est-à-dire que toute industrie culturelle cherche toujours, enfin, il y a le mythe des origines, c'est-à-dire qu'il y aurait le moment où tout a commencé. Finalement, c'est aussi quelque chose de très religieux. La date canonique, c'est 1863. En fait, quand on y regarde un peu plus près, ce qu'on jouait, ce qu'on appelait le football dans les années 1860, voire 1870, La limite n'est pas nette avec ce qu'aujourd'hui on appelle le rugby. Par exemple, l'usage des mains. En 1863, on a le droit de faire des arrêts de volée dans un match de football. Et ça, en gros, ça se met en place. Alors il y a tout un tas de raisons qui expliquent cette mise en place. jusqu'à la fin des années 1870, mais on peut dire que c'est avec le professionnalisme, en Angleterre, qui est autorisé en 1885, où là, quand on a un championnat unifié, il faut des règles précises, et ces règles sont définies pour assurer le spectacle, puisqu'il.
A
Faut remplir des stades pour gagner de l'argent. Et puis, dans votre coup de sifflet, Fabien Archambault, Une histoire du monde en 11 matchs, justement, on commence en 1870. Pourquoi d'ailleurs ce choix de.
B
1870 pour commencer Il fallait bien... Alors, c'est... Alors, c'est parce que c'est... Dans les... Comment est-ce que le football est devenu le football Ça a été l'intuition de Charles Halcock, qui est un des premiers présidents de la fédération anglaise de football, qui pense que cette proposition qu'il fait, qui est Voilà, ce type de jeu de balle pourra fonctionner si, un, il y a une compétition inter-club par élimination, sur le modèle du cricket, et toujours sur le modèle du cricket s'il y a des compétitions internationales entre nations britanniques. En 1871, c'est la cup. En 1870, c'est le premier match Angleterre-Ecosse. Alors, évidemment, il y a un aspect d'illusion introspective, c'est qu'une fois que ça a marché, on peut dire que ça a été le premier match A l'époque, c'était plutôt une sorte de mêlée gigantesque sur un terrain de cricket. Mais dans cette chronologie, il y aurait le.
A
Premier match international qui serait à ce moment-là. Et puis se méfier toujours de notre lecture rétrospective parce que Que représente le football en cette fin du XIXe siècle par rapport au goût des gens qui regardent les activités physiques et le sport On peut évidemment en.
C
Parler. Ça représente quoi le football en France C'est surtout une activité de l'entre-soi, de l'entre-soi scolaire comme je le disais tout à l'heure. l'entre-soi également du monde de la boutique. Souvent, Julien Sorez a pu montrer pour Paris le recrutement des premiers joueurs de football parmi les employés et les commerçants, ou les fils d'employés et les commerçants. C'est avant tout un entre-soi bien plus qu'un spectacle. Et les premiers témoignages que l'on peut avoir sur le football pratiqué en France parlent justement de terrains complètement cabossés, d'une clairière où on improvise un match de football. et où finalement, comme seul spectateur.
A
On a un clébard qui passe par là. Voilà, c'est déjà un spectateur. C'est le début, c'est le début. Et parmi.
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Ces pionniers du football, il y a.
B
Lulu. En quelle année, pour finir, parce qu'il faut qu'on finisse, en quelle année.
D
As-Tu joué ton premier match de football, Lucien Premier match de.
B
Football en.
D
Équipe Oui, bien sûr. En 1903. En 1903. J'avais 13 ans. Et mon premier match international en 1918. Et le dernier en 1926. Et où est-ce que tu as joué ton premier match en 1926 À l'Union Athétique de Saint-Mandé. Et alors là, j'ai une belle petite histoire à vous raconter. Je jouais à Saint-Mandé et je faisais de l'athlétisme. Évidemment, je n'allais pas aussi vite que.
C
La Domingue.
B
Mais au poids, je l'aurais battu. Ah.
D
Oui. Tu me donnes encore, d'ailleurs, au poids. J'avais droit à un prix de 25 francs pour un classement de 7 épreuves. 100 mètres, 400, 1500, soit en hauteur, soit en longueur, poids et disque. Et comme c'était un patronage et que je n'étais pas très assidu aux offices, on a réduit mon prix à 20 francs. Avec ces 20 francs, je ne touchais pas l'argent. On m'a acheté une paire de chaussures de football McGregor chez Thumère le 4 septembre. Et avec ces chaussures, j'ai été joué au Red Star, où.
A
Je suis resté 20 ans en équipe première. C'est Lucien Gamblin qui s'est exprimé en 1950. Ah, Lucien Gamblin, vous pouvez nous le présenter. François d'Aurochacar Nero. C'est qui ce Lucien Gamblin On sent vraiment qu'il y a la notion.
C
De patronnage. On est au début du début. Lucien Gamblin, c'est un des joueurs clés de l'immédiate après-guerre, après Première Guerre mondiale. Il est capitaine de l'équipe de France. Il est capitaine du Red Star. Il est capitaine tout court. puisqu'il est capitaine de l'armée française. C'est lui qui s'occupe de l'équipe de Joinville, de l'équipe de l'armée française, lorsqu'on a le tournoi interallié en 1919, des sortes de jeux olympiques des armées encore mobilisées. Et c'est vraiment, il tient office, il fait office de recruteur pour le Red Star. Donc c'est quasiment un agent sportif avant l'heure. fort en gueule et il se reconvertit ensuite dans le métier de journaliste.
A
Comme quelques-uns des grands footballeurs du moment, voilà. Et puis Lucien Gamblin évoque, il a commencé avec le patronage. Le patronage est important, alors il le quitte, il l'explique quand il s'exprime en 1950, ça veut dire que déjà à côté du.
C
Patronage, il y a une forme de concurrence. Oui, il y a la pratique de ce qu'on appelle le racolage à ce moment-là, donc des clubs qui essayent d'avoir des joueurs de meilleure qualité du club d'à côté. Et donc le patronage qui peut se faire piller éventuellement par un club plus laïque. Mais ça peut se faire également à l'intérieur, au sein même de la fédération des patronages. On peut quitter.
A
Une paroisse pour aller dans une autre paroisse. Oui, c'est très intéressant cette lecture-là que l'on peut avoir de l'histoire du football à travers la religion, mais pas seulement parce que c'est une histoire beaucoup plus vaste, une histoire du monde en onze matchs, Fabien Archambault. Parce que toujours, nous croisons à travers le football, ce qui se passe autour du football. Et dans les grandes lignes directrices, nous l'entendons. Peut-être la religion, bien sûr, mais j'ai l'impression que sur le temps long, c'est l'amateurisme et le professionnalisme.
B
On sent qu'il y a ce tiraillement constant. Oui, mais alors effectivement tous les pays où le football se développe sont confrontés à cette question à un moment donné, qui est que quand la pratique se diffuse dans les classes populaires, et à partir du moment où cette pratique est stimulée par les institutions religieuses, mais aussi par des industriels, enfin des impresarios du spectacle sportif, se pose tout de suite la question du marché et donc pour les joueurs issus des classes populaires, la possibilité de gagner leur vie, ce que les premiers adeptes du football, la question ne se posait pas pour eux, puisqu'ils vivaient bien, pour eux c'était un loisir. Donc en fait on voit, alors dans l'Angleterre c'est dès la fin du 19ème siècle, et pour eux ça pose pas de problème. C'est-à-dire que le modèle c'est le cricket, qui est le premier sport en fait, qui a été codifié à la moitié du 18ème siècle, où dans une équipe de 11 joueurs, cohabitaient des gentlemen et des players, qui étaient des professionnels. Donc les anglais n'ont aucune réticence à adopter le professionnalisme qui vient très tôt. Et alors ça se passe ensuite, le deuxième espace géographique où le professionnalisme se développe, c'est l'Europe centrale, pour des raisons du règlement indirect de la première guerre mondiale en matière sportive. C'est-à-dire que, en gros, les gouvernements des pays vainqueurs, France, Belgique, Grande-Bretagne, demandent à leurs comités olympiques respectifs d'exclure des Jeux olympiques les athlètes issus des anciennes puissances centrales. Ce qui est fait pour 1920 aux Jeux d'Anvers. Et donc là, en fait, quand on était un bon footballeur, la compétition de référence internationale était les Jeux Olympiques. Puisqu'on ne peut plus y aller, il n'y a plus aucun obstacle à devenir professionnel. Et donc très vite, en Autriche, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, se mettent en place des championnats professionnels au début, milieu des années 1920. Et ensuite, c'est irrésistible. Et avec l'idée aussi que même dans les pays de l'Est, où le professionnalisme est interdit, où c'est le règne de l'amateurisme, c'est en fait un amateurisme d'État. C'est-à-dire qu'en fait, ce sont de réels joueurs professionnels, sauf que ça ne.
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Dit pas son nom, pour des raisons idéologiques. Voilà, c'est un peu caché, le professionnalisme s'est un peu entré dans les.
C
Ordres pour ces footballeurs et qu'en est-il du cas français Ça correspond exactement au cas de l'Europe occidentale. Alors pendant des décennies, au moins depuis la veille de la Première Guerre mondiale, il y a des amateurs qui en fait ne le sont plus, ne le sont uniquement de nom, mais gagnent totalement leur vie grâce au football. C'est le cas entre autres du gardien de but de l'équipe de France, Pierre Cherigues. Et le débat, finalement, prend forme véritablement dans les années 20, juste après la Première Guerre mondiale, parce qu'il y a aussi un recrutement plus populaire, qui fait qu'on est obligé quand même de gagner à un moment ou un autre sa vie, lorsqu'on joue au football et qu'on y joue de haut niveau. et donc un débat qui préoccupe cette jeune fédération française qui ne naît qu'en 1919 et qui obsède véritablement les dirigeants pendant près d'une quinzaine d'années et il faut un coup de force finalement de deux dirigeants Lévy du côté du Racing Club de France et surtout Jean-Pierre Peugeot qui crée le football club de Sochaux-Montbéliard à la fin des années 1920 pour finalement créer des entités professionnelles et forcer la main aux dirigeants de la fédération qui sont obligés de reconnaître et de.
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Donner naissance à un championnat professionnel en 1932. Et puis avec ce patronage qui portait le football des origines, nous sentons que d'un seul coup plusieurs voies sont possibles. Dites-nous Fabien Archambault, peut-on noter des différences entre les pays qui sont porteurs d'une culture plutôt protestantes par rapport aux pays plutôt catholiques dans leur rapport au.
B
Football, au professionnalisme, à l'amateurisme Oui, c'est-à-dire que chez les protestants, il n'y a aucune réticence à gagner de l'argent avec une pratique physique, sportive, culturelle en général. Ce qui est un peu plus compliqué dans les pays de tradition catholique, mais comme toujours, on arrive à à faire la part des choses, à rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César, c'est que l'Église est toujours pragmatique. C'est-à-dire que, par exemple, en Italie, pour revenir sur le cas italien, elle ne peut pas rester à l'écart de cette culture de masse, et par exemple, en 1945, elle prend le contrôle, par l'intermédiaire de deux sociétés grandes, de la Gazzetta dello Sport. C'est-à-dire que le football professionnel, enfin le principal journal qui parle du football professionnel en Italie, est contrôlé par l'église, et ça reste discret, mais il y a l'idée que, par exemple, une équipe est organisée comme doit l'être la bonne société chrétienne, c'est-à-dire comme les fidèles doivent obéir au pape, les joueurs doivent obéir.
A
Au capitaine qui définit la stratégie de l'équipe. Oui, parce que là, d'un seul coup, nous avons une toute autre lecture de cet univers-là que nous classons facilement en marge des activités de la société. Parce que c'est du loisir, c'est sympathique, les gens s'amusent. Mais en fait, c'est complètement intégré dans cette histoire de la société. François d'Arrocha-Carnérault. Dans cette histoire de France en crampons, c'est le titre de votre ouvrage. Une histoire de France en crampons, préfacée par Patrick Boucheron. Il y a une lecture très intéressante, évidemment, de l'histoire à travers le football, mais qui croise en fait toutes les tensions de la société, notamment les tensions religieuses. Il y a le moment de la séparation des églises et de l'État en 1905, mais il n'y a pas que là en fait, il y a.
C
Toutes ces ponctuations de vie de la société. Mais à partir du moment où le football est pratiqué par des personnes qui vivent dans une société, il est assez logique qu'ils s'en ressentent, que ce sport soit une facette possible de la société, une vitrine éventuelle, un miroir éventuel. Donc oui, chaque tension, chaque période de tension, qu'elle soit sociale, philosophique, politique, se retrouve à un moment ou.
A
À un autre, en effet, sur le terrain. Et puis il y a de la géographie, il y a les identités de clubs et là aussi on va retrouver des clubs qui s'affirment, alors on le sait bien, par une identité de ville. Est-ce que ça peut être aussi une identité qui est teintée de religion L'identité sociale, on la connaît aussi, le club plutôt ouvrier, le club plutôt.
C
Bourgeois. Est-ce que la religion a une part éventuellement Au tout début de la pratique du football, oui certainement. Par exemple à Levallois, il y a des il y a une opposition entre les gamins de Levallois qui fréquentent l'école laïque et ceux qui fréquentent l'école religieuse, l'école des frères. Donc là, il y a quelque chose qui est teinté de religion. Mais très vite, finalement, se détache un club des villes, de chaque ville, qui monopolise quasiment la tension. Alors Paris est une exception, puisqu'il y a quand même longtemps plusieurs clubs qui évoluent dans le football parisien, mais On peut prendre l'exemple de Lille où il y a plusieurs clubs professionnels au début des années 30. Il y a l'Olympique Lillois et le Sporting Club de Fives qui immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale fusionnent pour devenir le LOSC. Et le LOSC finalement monopolise l'ensemble du football, de la pratique de haut niveau dans la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing puisque Roubaix a été l'une des capitales du football au début du XXe siècle. et n'est quasiment plus rien en termes de football.
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De haut niveau à partir des années.
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50. L'histoire des clubs est passionnante. Fabien Archambault. Oui, pour rebondir sur ce que disait François, il y a une thèse de géographie qui a été soutenue à la fin des années 90 de Loïc Ravenel sur la géographie du football en France et qui est très intéressante parce qu'elle montre qu'il y a tout un pan de cette histoire religieuse du football en France qui est ignorée, donc qui tient en partie au fait que l'église est marginalisée dans le débat public en France, qui est que proportionnellement, par rapport au nombre d'habitants, les régions où il y a le plus de pratiquants, ce sont les régions catholiques ou de tradition catholique, essentiellement l'Ouest de la France. En gros, la Vallée de la Loire, la Basse-Vallée de la Loire, la Bretagne, la Normandie, la Basse-Normandie, c'est là en fait où il y a le plus de clubs. Et c'est évidemment hérité du réseau des patronages. Encore aujourd'hui, de manière sous-jacente, il y a cette infrastructure catholique qui continue à jouer dans le fait qu'un.
A
Jeune choisisse le football plutôt qu'un autre sport. Et dans les travaux fondateurs qui relient le football et la religion, il y a les vôtres. Fabien Archambault, le contrôle du ballon, les catholiques, les communistes et le football en Italie de 1943 au tournant des années 1980. Dans cette lecture-là, effectivement, le temps passant, nous avons d'autres mouvements qui apparaissent. Alors là, ce sont les communistes. Dans la période qui nous intéresse, cette rivalité que nous évoquions entre des clubs catholiques.
B
Ou plutôt laïcs, on la retrouve en Italie. Complètement. Vous parliez de ma thèse, l'idée c'était de comprendre au départ comment est-ce que le football était devenu le grand sport national en Italie. Et de manière étonnante, jusque dans les années 60, le vrai sport qui passionne les foules, c'est le cyclisme. Et si le football devient le sport national, c'est parce que l'Église fait ce choix, en 1945, d'investir dans les infradels. Et de manière très concrète, par exemple, sur les terrains. Donc avec la démocratie chrétienne au pouvoir, il y a toute une législation qui empêche les municipalités communistes d'avouer, de construire leurs propres terrains de football. Et donc, de fait, le monopole de l'activité est réservé aux prêtres. Et voilà, c'est ce qu'on disait, c'est parce que l'Église est une institution totale en Italie que le.
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Football devient ce qu'il est pour les Italiens. Oui, on ne le dira jamais assez, mais au moins une grande partie du XXe siècle, le sport qui domine, c'est le cyclisme. Les vedettes, c'est le cyclisme. Alors parfois, il y a des compromis pour mélanger le.
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Cyclisme et le football, c'est étonnant, c'est alsacien. Le cycle balle est pratiquement inconnu du public français. C'est un sport qui est plutôt pratiqué dans les pays de l'Est où il connaît même une certaine popularité. Et les championnats disputés en Allemagne ou en Tchécoslovaquie drainent régulièrement de nombreux spectateurs dans des salles spécialement conçues à cet effet. Le cycle balle nous vient en droite ligne de Grande-Bretagne mais il y a déjà un certain nombre d'années que les britanniques ont oublié qu'ils étaient à l'origine de ce sport bizarre qui consiste à pousser le ballon dans les filets adverses juchés sur un vélo. C'est un sport qui apparemment ressemble au football avec.
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Cette différence qu'on peut pratiquer sur un vélo. Oui, sur un vélo et puis en nombre moins important.
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Deux contre deux Deux contre deux, c'est ça. Nous étions en 1972 pour cette tentative de sport qui mélange le football et le cyclisme. Faites faire du cyclisme, d'accord, mais en jouant au ballon en même temps. François d'Arrocha-Carneyrault. C'est bien compliqué cette question, mais pourquoi Le football est-il devenu le sport dominant Comment a-t-il réussi à détrôner le cyclisme Qu'est-ce qui fait qu'il y a.
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Un tel engouement pour le football Il n'est pas sûr que le football ait détrôné le cyclisme, finalement. Il peut y avoir deux circuits sportifs concomitants. parallèles qui se croisent parfois chez certains amateurs mais le cyclisme reste un sport très populaire si ce n'est que le cyclisme est pratiqué souvent pas systématiquement mais souvent en dehors des clubs alors que pour pratiquer le football à un moment ou un autre il faut s'inscrire dans un club même si c'est un petit club universitaire ou.
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D'École il faut être inscrit dans un club. Oui parce que c'est ça l'idée majeure c'est qu'il y a une idée d'équipe jouer au.
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Football seul c'est bien mais c'est pas top. Oui, alors, par exemple, pour le cas italien, mais je pense que ça recoupe un peu le cas français, parce qu'on a affaire à deux sociétés qui étaient majoritairement rurales pendant très longtemps, donc la France jusqu'en 1931, l'Italie jusqu'en 1961, et pour ça, le football correspond à un... reflètent des bouleversements sociaux. C'est-à-dire que par exemple en Italie, les millions de paysans qui quittent la campagne pour s'installer en ville, donc dans le triangle industriel du nord, mais aussi à Rome par exemple, c'est là qu'ils découvrent le football qui devient le symbole d'un nouveau style de vie. Et donc, en fait, le passage du cyclisme au football en France, en Italie, à mon avis, correspond à une phase d'industrialisation et d'urbanisation qui arrivent à se compléter. Et donc, le football devient l'emblème de.
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La modernité urbaine de ces sociétés après 1945. Oui, c'est pour ça que le football raconte l'histoire du monde. Un coup de sifflet chez Flammarion, Fabien Archambault, c'est ça. C'est aussi un calendrier parce que vous jouez sur la chronologie et ce calendrier joue sur plusieurs temps. Il y a le calendrier séculaire, on va dire, avec des années qui passent. Puis même le calendrier au plus proche des gens, le match de la semaine, l'entraînement. C'est très.
B
Important aussi pour comprendre ce succès du football. Oui, ça c'est la force de cette industrie du football, qui est capable de créer des traditions. Et donc voilà, il y a une saison de championnat, vous avez des jours qui sont réservés, et donc voilà, après on peut, dans chaque pays vous avez des particularités. Donc par exemple, en Angleterre ce sera le samedi après-midi, puisque depuis les années 1870, les réformes du droit du travail font que le samedi après-midi est libre, Le dimanche est réservé aux offices religieux. Il est impensable de polluer les offices religieux. Et donc, ce sera le samedi après-midi. Et donc, en Angleterre, dans les années 40-50, on parle du labour at pray. Le labour en prière. Parce que c'est essentiellement les ouvriers qui vont au stade. Et donc, on fait un parallèle entre les masses des fidèles du dimanche qui, le samedi, se retrouvent dans les stades. Et après, tous les pays développent ce genre de choses qui font qu'il y a une tradition qui s'installe et une presse qui est capable d'inventer cette tradition et qui fait que le système sportif fonctionne. Le plus important, ça a été la mise en place de ces systèmes sportifs et le football a réussi à s'installer à la première place dans beaucoup de pays de ces systèmes sportifs et du.
A
Coup, il est très difficile de l'en déloger. Oui, parce que c'est exactement ce cas international, que vous évoquez, que l'on retrouve en France. C'est ce système, c'est-à-dire que ce n'est pas simplement un club et une équipe, parce qu'une équipe seule ne peut pas faire de football, il faut un adversaire, et c'est comme ça qu'il y a la fédération, il y a la presse. Tout s'écrit en fait en réseau.
C
Intense avec cette histoire de France sans crampons. Oui, vous parliez tout à l'heure du calendrier. Il y a un véritable calendrier du football ou par le football en France. Lorsque l'on est supporter d'un club, on marque systématiquement les matchs qui ont lieu à tel moment ou à tel autre sur son calendrier. On ne prend les rendez-vous qu'à partir du moment où on sait qu'on n'a pas match ce jour-là, même si on n'est que spectateur. Il en va de même pour l'équipe de France, même si on n'est pas spectateur, on fait attention et il faut penser à Philippe Seguin qui interrompt une réunion à l'Assemblée Nationale pour suivre des matchs de la Coupe du Monde en 98. Voilà, là il y a quelque chose qui tient du rituel installé, d'un calendrier qui marque véritablement un temps sportif propre à cette activité-là. et qui est organisée en effet par des structures en réseau, depuis les petits dirigeants de.
A
Tout petits clubs jusqu'au sommet de la fédération. Et il faut changer d'échelle, c'est nécessaire d'échelle pour la géographie aussi, parce qu'il y a le club, parfois plusieurs clubs dans une ville, il y a la nation. Mais dans la période qui nous intéresse, la.
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Nation doit se comprendre aussi avec les colonies. Les Marocains jouent en maillot clair. Au début, ce sont eux qui dominent et la défense algéroise est souvent alertée. Renvoi du gardien. La balle revient encore. La défense des Noirs se replie. Le gardien algérois bloque toujours. Les Marocains attaquent par de grands coups de pied et le jeu se déplace très rapidement. Troisième minute. Stockey marque pour le VAC. Alger dominera à son tour, marquera un but refusé par l'arbitre, ce qui ne sera pas du goût du public, mais finalement les Marocains conserveront l'avantage. Et c'est par un but à zéro que.
A
Le VAC de Casablanca bat la S Saint-Eugène. Et bien voilà, c'était en 1951 dans le journal des actualités, édition régionale Algérie. Qu'en est-il de la religion des colonies et du football Parce qu'il y a toute une histoire à écrire. Ici nous avons le Maroc et l'Algérie qui joue en 1951 très bien. Mais quand l'équipe qui représente un club de la métropole rencontre un club des colonies, là aussi l'enjeu est beaucoup plus fort. Qu'en est-il Alors dans vos coups de sifflet à Fabien Archambault, vous, vous êtes plutôt du côté de l'Inde parce que ces colonies.
B
Britanniques sont essentielles à cette lecture de l'histoire. Oui, bien sûr, vu que ce sont les inventeurs du jeu, il était intéressant de voir comment est-ce que ça pouvait se passer dans le plus grand empire colonial au début du XXe siècle. Alors, comme toujours, les systèmes sportifs anglo-saxons sont autarciques. C'est-à-dire que ce soit celui nord-américain autour des Etats-Unis ou britannique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de prosélytisme sportif. Ils jouent entre eux et ils se désintéressent de ce qui peut se passer ailleurs que ce qui se passe chez eux. Donc ce qui se passe dans les colonies et finalement ça recoupe un peu ce qui se passe ailleurs dans le monde. C'est-à-dire que François a parlé tout à l'heure, c'est d'abord des élites anglophiles. pour qui la Grande-Bretagne économiquement, politiquement, représente la modernité. C'est pour ça qu'on veut ressembler à des Anglais. Ça c'est ce qui se passe dans l'Europe continentale. C'est aussi ce qui se passe dans l'Amérique du Sud où on se définit, enfin les élites se définissent par rapport à la puissance dominante. Alors dans les colonies directes, on va dire, en Inde, c'est pas les Anglais qui introduisent le football, ce sont les élites locales qui, dans le cadre de l'Indirect Rule, c'est-à-dire l'association des élites indigènes pour pouvoir gérer la colonie, qui veulent se mesurer aux colonisateurs. Avec l'idée, chez les indiens, qu'ils peuvent accéder, être traités d'égal à égal avec l'endroit, et accéder au self-government, comme ça a été le cas pour l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Union Sud-Africaine. Alors, ça se fait par rapport au domaine culturel le plus intime de l'occupant, donc qui est le cricket, pour les élites, Et à Calcutta, comme après la révolte de 1857, vous avez une réforme de la gestion militaire des colonies et donc vous avez une augmentation du contingent anglais, en gros ces troupes anglaises sont surtout basées à Calcutta et dans la vallée du Gange. Et donc eux, c'est des classes populaires britanniques, donc elles jouent au football au début du XXe siècle. Et donc les indiens, la bourgeoisie indienne comprend que pour porter ses revendications, même symboliquement, culturellement, ce sera à travers le football. Et donc dans cette optique-là, il y a pour la France, il y a l'équipe du FLN au moment de la guerre d'Algérie. Pour l'Inde, en fait, la première fois qu'une équipe de colonisés bat le colonisateur en domaine sportif, c'est en 1911 à Calcutta, où le Mohun Bagan, qui est l'une des grandes équipes, mais il y en a une quarantaine de Calcutta, arrive à battre en finale de la coupe des Indes, à battre un régiment anglais. Et dans l'histoire nationale, sur le coup, c'est déjà un immense événement, c'est-à-dire que Il y a des festivités pendant plusieurs mois à Calcutta, il y a des chansons qui sont écrites, il y a des poètes qui en parlent, mais dans le récit glorieux qui mène vers l'indépendance de l'Inde, il y a toujours l'idée que le premier moment où les Indiens auraient compris qu'ils pouvaient être.
A
Indépendants, c'était la victoire du Mondemaggan en 1911. Avec un clin d'œil amusant de l'histoire et de la chronologie, c'est que juste avant l'indépendance.
B
Il y a une nouvelle victoire des Indiens. Voilà, et donc là on est vraiment dans la tradition inventée, donc là où le football sert à nourrir le récit nationaliste indien, où en gros, un moine aurait demandé au capitaine du Mumbagan, quand est-ce que vous gagnerez une nouvelle fois Si vous regagnez encore une fois, le drapeau britannique ne flottera plus sur le Fort William, qui était le... le siège de la viceroyauté des Indes à ce moment-là. Et comme par hasard, c'est en 1947.
A
Que le Mounbagan regagne la Coupe des Indes. C'était écrit, ça c'est sûr. Fabien Darrochet Cardero. Dans cette histoire qui relie football et religion, Interessant, mais c'est aussi intéressant de dire non il n'y a pas de lien. Je pense aux colonies par exemple françaises, une identité musulmane pour les colonies face à des clubs français qui seraient catholiques, c'est peut-être pas.
C
Du tout la lecture pertinente qu'il faut avoir. Alors il y a des clubs musulmans, en Algérie en particulier, mais ce n'est pas une diffusion religieuse de toute façon, le football n'est pas l'objet d'une diffusion par les religions, par les paroisses, en Afrique du Nord, c'est avant tout, comme vecteur, ça utilise avant tout les élites, les élites coloniales, puis une popularité qui touche le petit colon, le petit pied noir, et enfin les élites colonisées qui s'intègrent à leur tour au club de football d'Algérie. d'Algérie et plus généralement d'Afrique du Nord. Mais non, l'argument religieux n'est pas à retenir absolument comme clé de.
A
Lecture des matchs de football dans ces championnats. C'est déjà très important de le dire. En tout cas, dans ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est-à-dire le culte du ballon rond, il y a le vocabulaire. Alors bien sûr, à ce moment-là, il faut appeler.
G
Un attaquant spécialiste, évidemment, du jeu en pivot. Le football, oui et non, c'est une religion. C'est une religion parce qu'il y a les églises, les temples, ce sont les stades. Il y a les offices dominicaux, c'est les matchs du championnat. Il y a les grands messes, c'est la Coupe de France, c'est la Coupe d'Europe. Il y a même aussi les conciles, c'est la Coupe du Monde qui va jouer au Mexico. Il y a les grands prêtres, là vous avez par exemple Mgr Fournef Ayar, président de la droite. Vous avez aussi un dieu, le dieu Pelé, vous avez des saints, par exemple à ma gauche il y a Saint Michel Hidalgo, il y a Saint Michel Platini, Saint Beckenbauer, Saint Cruyff, et puis vous avez même des reliques, les saintes reliques, TF1 l'autre jour en a vendu très cher un maillot de Rocheteau, je ne sais, enfin bref, et puis vous avez bien entendu les fidèles et même les fanatiques, c'est-à-dire le public, qui communient soit à l'église, c'est-à-dire sur les stades, ou soit, bien évidemment, ce sont les plus nombreux devant leurs postes de télévision. Alors je dis, c'est une religion, en même temps ce n'est pas une religion le football. Pourquoi Parce que Mircea Eliade, le grand historien des religions qui est mort récemment, vous dirait mieux que moi qu'une religion, ce qu'elle produit d'abord c'est du sacré. Or le football n'a jamais produit du sacré, il produit simplement du profane qui.
A
Essaye de se faire passer pour du sacré. Nous étions en 1986 dans les dossiers de l'écran quand Bernard Pivot s'interrogeait sur le football, une nouvelle religion universelle. Alors, êtes-vous d'accord avec ce qu'il dit Non, ça ne peut pas être une religion parce que le football ne produit pas de sacrés. Mais malgré tout, le profane.
B
Produit ressemble beaucoup à du sacré. Avenir Chambaud. Oui, on en parlait tout à l'heure, c'est que là on est en gros, toute la culture catholique traditionnelle qui est réinvestie autour du football est le résultat d'une politique volontariste de l'Église d'essayer de saturer cette culture de masse qui apparaît et dont elle essaye de ne pas rester loin, c'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'elle soit étrangère. Donc par exemple, avec humour, il file la métaphore, mais par exemple en Italie, pour parler de l'attachement à un club de football, on parle de la fede calcistica, donc de la foi footballistique. Est-ce que c'est un phénomène spontané Non ! C'est la gazeta de losport qui est contrôlée par le Vatican qui introduit ce vocabulaire religieux pour parler du football. En fait, c'est plutôt comment la culture de masse, l'essor de la culture de masse au XXe siècle, forcément, qui essaye de la contrôler En gros, beaucoup d'institutions ne peuvent pas la laisser de côté. Donc il y a à la fois un discours religieux, mais qui est le fait des institutions religieuses qui essayent de l'encadrer. Mais même la contestation ensuite de cette religion se fera sur, vous en parliez dans votre introduction, sur cette mauvaise lecture de Marx sur la religion comme opium du peuple. et donc qui permettra de la mépriser, ou en gros de la laisser de côté, mais qui, en fait c'est pas de la religion qu'on parle, c'est de la culture de masse, qui bouleverse les repères et les.
A
Hiérarchies culturelles dans toutes les sociétés au XXe siècle. Et pour se rassurer dans la culture de masse, rien de tel que l'identité. Alors l'identité créée, mais ça c'est le cas en France, partout, dans tous les clubs, au niveau des villes, au niveau même de territoires un peu plus vastes, ou simplement la nation. C'est-à-dire, à quel moment peut-on dire que l'équipe de France devient une.
C
Équipe reconnue par les Français et les Françaises Alors probablement à partir du moment où elle gagne. Donc 58 un petit peu et surtout à partir des années 90, de la deuxième moitié des années 90, 98 comme point d'orgue. Puis 2000 quand même aussi qui installe durablement l'équipe de France dans l'imaginaire collectif. Mais longtemps l'équipe de France a été surtout un objet de moquerie parce que condamnée à perdre. et à perdre parfois sur de très gros scores, donc objet de moquerie. Et puis surtout, ce n'est pas spécialement un lieu de passion, l'équipe de France, sauf dans le cadre sportif où là on essaye de se mesurer aux capacités, aux compétences des autres nations du football. Mais ce n'est pas spécialement un lieu de passion, en tout cas pas de passion religieuse. On a une autre clé de lecture en France qui est celle de la République et de l'armée. Beaucoup de notre vocabulaire, l'immense majorité de notre vocabulaire de football relève finalement du militaire. C'est le capitaine, c'est l'attaque, c'est la défense, c'est la citadelle, le gardien... C'est quand même un vocabulaire qui est très marqué et notre organisation du football est très liée à l'organisation des associations républicaines. Donc on a véritablement un autre focus que le focus purement religieux dans un état qui est, dans une société qui est très marquée par la laïcité, par cet esprit laïc et le football devient même pratiqué d'ailleurs dans le cadre.
B
Des patronages, devient un lieu de cette France laïque. Oui, pour le rapport à la nation, là aussi, il n'y a rien d'automatique sur le fait de supporter son équipe. Surtout que cette équipe nationale devienne la représentante de la nation. Historiquement, les premiers pays où c'est arrivé, c'est l'Amérique du Sud qui, après la Première Guerre mondiale, donc après la boucherie qui a été la Première Guerre mondiale, il y a la nécessité pour les élites sud-américaines de repenser leur identité et de créer une identité qui soit héritée du vieux continent mais qui soit quelque chose de nouveau avec le métissage, etc. Donc le lien entre l'équipe de football et la nation Ça apparaît en Uruguay, en Argentine, au Brésil, dans l'entre-deux-guerres, en gros, des années 1920 jusqu'aux années 1950. En Europe, ce n'est pas du tout le cas. D'ailleurs, ça renvoie à la faible popularité de la Coupe du Monde quand elle est jouée en Europe. Jusqu'à quand les premiers pays qui se conforment à ce modèle, où le 11 national devient le meilleur emblème de la nation, c'est quand elle gagne. Donc c'est l'Allemagne en 1954, où les élites sont très surprises de voir que ça a marché. C'est-à-dire qu'il y a des millions de personnes qui sont très heureux que l'Allemagne ait gagné la coupe du monde. L'Angleterre en 1966. C'est-à-dire que les Anglais, toujours dans leur système autarcique, pourquoi supporter l'équipe nationale pour rencontrer des pays dont on se désintéresse. Ce qui est le plus important, ce sont leurs championnats, leur coupe d'Angleterre, etc. Mais à partir du moment où la société anglaise se vit en déclin, avec la fin de l'empire colonial notamment, à ce moment-là, il faut une compensation symbolique qui sera organisée et gagnée chez elle la coupe du monde en 1966. Même chose en Italie où c'est d'abord une culture civique de ville avec les clubs qui représentent, c'est-à-dire que la citoyenneté est d'abord une histoire historiquement et enracinée communalement en Italie. Et c'est en 1970 seulement qu'on se rend compte que la Squadra Azzurra peut devenir le baromètre de l'état de la nation. Donc voilà, en gros, l'Europe s'y met progressivement et la France finalement vient très tardivement en 1998 parce que en gagnant, elle prouve que le football, l'équipe de France prouve que le football peut devenir une.
A
Source de fierté nationale, de prestige pour le pays. C'est une histoire qui ne peut se comprendre que sur le temps long et c'est ça qui est passionnant, de voir qu'il faut attendre vraiment la fin du 19e siècle pour que le football existe tel que nous pouvons à peu près l'imaginer aujourd'hui. ils attendent vraiment, j'ai envie de dire avant-hier, ces années 1970 et même après pour que le football s'impose tel qu'il est. Avec, évidemment, cette culture de masse, c'est la diffusion, les moyens techniques qui font aussi qu'on peut expliquer le succès du football. Une histoire de France en crampons, François d'Arocha Carnéro, ça c'est l'histoire que vous écrivez. Mais c'est en fait l'histoire des.
C
Loisirs, c'est l'histoire de la diffusion d'une pratique sportive. Des loisirs qui ne peuvent se comprendre avec le football qu'en comparaison avec les progrès techniques, avec l'histoire des médias. Une pratique qui est portée d'abord par une presse écrite, puis... par la radio et on a entendu tout à l'heure quelques reportages radio, justement quelques extraits, puis la télévision et maintenant les réseaux sociaux qui relaient toutes les actualités.
A
Du football sur le terrain et hors du terrain. Et puis dans cette histoire-là, cette histoire de la culture de masse, il y.
D
A le vedettariat. C'est essentiel, il faut des vedettes.
B
C'était dimanche dernier au Camp Nou contre l'Athlétique Bilbao. Le dernier but en Liga d'un petit nouveau de 18 ans qui confirme tout le bien qu'on pense de lui. Ce petit homme là va faire tourner la tête.
A
De plus d'un défenseur. Retenez mon nom, Léon Messie. Lionel Messi dans stade 2 qui croise le Messi de Handel dans le cours de l'histoire sur France Culture. François da Rocha Carneiro, la vedette dans le monde sportif, c'est pas nouveau. Il faut le dire, il y a une presse sportive qui interview des sportifs, qui les interroge, ce sont des gens connus. La différence c'est la massification de l'information et.
C
Puis le commerce qui est fait de ces images-là. Oui, vous avez tout dit, là, déjà. En fait, la vedette de football, elle existe en France depuis le début du XXème siècle, mais c'est sûr que la massification médiatique fait que cette vedette, finalement, a quasiment L'aura d'une star. On pense à Lionel Messi, on pense à d'autres ballons d'or. Et cette vedette, elle est d'autant plus indispensable qu'elle permet aussi d'incarner, elle permet aussi de fidéliser finalement un public. petits garçons nous avons pu être tour à tour Raymond Copin, Marius Trésor, Michel Platini ou Zinedine Zidane. Et les petits garçons d'aujourd'hui sont Karim Benzema sans aucune difficulté. Il y a une identification qui fait que le goût du football entre finalement dans nos vies, dans les vies communes.
A
Et c'est finalement tout le lot de la vedette. Et puis par le football, nous sommes obligatoirement dans une histoire mondiale, une histoire de France en crampons que vous écrivez François d'Arrocha-Carneyrault, préfacée par Patrick Boucheron, le spécialiste de l'histoire mondiale. C'est parce que c'est ça, il n'est pas possible d'écrire l'histoire de France, et particulièrement par le football, sans prendre en compte le monde entier, puisque ce sont.
C
Des compétitions internationales et des joueurs qui viennent d'ailleurs. Oui, c'est à la fois cela et c'est également l'idée de prendre l'histoire de France, de raconter.
A
L'Histoire de France autrement que par un récit linéaire. Oui, parce que ça ne peut pas être linéaire, mais malgré tout, dans cette histoire-là, nous retrouvons des points communs et c'est ça qui est intéressant d'associer vos deux ouvrages, Coup de sifflet, Fabien Archambault et l'histoire de France en crampons, François d'Arocha-Carnérault, parce que C'est la ponctuation du monde. Mais dans cette longue histoire, et nous l'avons bien senti, l'aspect religieux demeure. Est-il toujours aussi présent dans cette histoire Parce que le ressenti que nous pouvons avoir, et moi le premier, c'est que l'argent.
B
Le dieu argent a pris un peu le dessus. L'argent est là depuis le départ, en fait. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'âge d'or dans le football. Alors, évidemment, il y a une financiarisation accrue depuis, on va dire, les 30 dernières années. Mais ça, finalement, c'est la marge du monde. C'est-à-dire que le football n'est pas à l'écart de ces évolutions-là dans les systèmes économiques mondiaux. Et donc, de ce point de vue-là, il est parfaitement inséré dans son époque. Dès le départ, c'est une création industrielle. Des industriels du spectacle. Et si on joue au football, c'est parce qu'il y a eu ces industriels qui voulaient créer ce spectacle. Et l'argent est toujours là. Ce qui est intéressant, pour revenir sur ce que vous disiez sur les vedettes, c'est que cette culture-là est en même temps, et c'est une des raisons de son succès, extrêmement plastique. C'est-à-dire que ces grandes vedettes, forcément on essaye de les récupérer, de les associer à son camp, puisque le football est aussi forcément politique, puisqu'il parle de la société, de la nation. Et c'est là une des grandes... Enfin, on voit en général, les footballeurs parlent très peu de politique, et ça c'est des consignes qui sont des consignes d'impressario, c'est-à-dire qu'il ne faut pas brusquer une partie potentielle du public. Et... Bon voilà, pour revenir sur l'Italie, vous avez par exemple Gianni Rivera, donc Ballon d'or, l'attaquant du Milan AC, qui est un démocrate chrétien bontain, qui est issu du patronage, qui va à la messe, qui a été élu député pour la démocratie chrétienne en 1987. qui devient le héros de la gauche, voire de l'extrême gauche italienne révolutionnaire dans les années 70. Pourquoi Parce que lui joue un jeu offensif alors que la démocratie chrétienne, le football catholique est associé à un jeu très défensif, le catenaccio. Et donc lui n'en peut mais, il devient l'idole de toute la génération 68 en Italie. alors que, politiquement, ils ne partagent pas du tout leurs options. Mais ça, c'est la force du football. On retrouverait ça avec Pelé, par exemple, qui, au Brésil, est très contesté, parce qu'il est, à la différence de Socrates, par exemple, il ne s'oppose pas à la dictature brésilienne, voire il la conforte dans ses interviews, alors que dans le tiers-monde, par exemple en Afrique, il devient l'égal de Mohamed Ali, le roi du football et noir. Et c'est ça qu'on retient. Même chose en France par exemple, le titre de roi du football c'est Paris Match qui lui décerne. Mais là c'est ce moment culturel sud-américain ou brésilien au début des années 60. En France c'est l'exotisme qu'on retient. dans la foulée de l'art nègre de l'entre-deux-guerres, une nouvelle incarnation qui serait là.
A
Non plus un danseur mais un joueur de football. Et puis le sport, le football en l'occurrence, est un objet culturel, donc une économie culturelle qui génère de l'argent comme toute économie culturelle. C'est le cas du football. Pour le cas français, l'aspect.
C
Religieux est-il toujours présent au-delà du vocabulaire qui demeure Qu'est-ce que la religion Qu'est-ce qu'une religion, déjà Qu'est-ce que le religieux Oui, il y a une dimension religieuse qui subsiste, mais pas obligatoirement par le biais des églises, pas par l'investissement des églises qui elles-mêmes sont en perte de vitesse dans la société française, sont remises en cause quand elles ne sont pas ignorées aujourd'hui dans la société française. Alors il peut y avoir des clubs affinitaires qui voient le jour, qui défendent les couleurs d'une religion ou d'une autre, mais globalement le religieux a plutôt disparu, en tout cas du football de haut niveau. Même si on a encore un club au Serrois qui revendique son origine chrétienne, comme l'a montré Fabien dans ses pages de coups de sifflet. Globalement, le religieux n'est pas le prisme favori pour le football français d'aujourd'hui. Mais de fait, à partir du moment où la société elle-même est touchée par une financiarisation galopante, il n'y a pas de raison pour que le football soit ignoré. Et la figure du footballeur qui est Pelé s'inscrit dans les années 60, ainsi dans une nouvelle mode de de l'arnaigre, dirait-on, du goût exotique, mais c'est quelque chose qui perdure sur un temps très long, qui remonte aux années 20 avec José Andrade, qui est le joueur uruguayen admiré de tous à ce moment-là. Premier joueur de couleur à évoluer sur les terrains olympiques. Puis Larbi Benbarek, un joueur français-marocain qui est le dieu du football. Pelé dit, si je suis le roi du football, Larbi en est le dieu. Et puis qui perdure aujourd'hui encore avec d'autres joueurs. On peut penser à des.
A
Joueurs africains comme Mohamed Salah, comme Sané, etc. Et puis dans cette histoire-là, cet aspect religieux, il y a un procédé de toutes les religions, c'est écrire son histoire. Et pour le football, il y a une écriture de l'histoire et on sent bien donner ce sentiment presque d'intemporalité. Ça, c'est quelque chose d'important. Fabien Archambault aussi. L'écriture de l'histoire du football par ceux.
B
Qui sont porteurs d'une certaine foi pour le foot. Oui, oui. Une industrie a besoin d'alimenter la tradition qu'elle a inventée pour la perpétuer. Alors, ça renvoie à la chronologie que vous indiquiez. En fait, c'est assez tardif. Enfin, on l'écrit dans les années 70-80. c'est-à-dire un moment où justement il y a cette massification, notamment telle et visuelle, où en gros le football commence à... la surface du football commence à augmenter et donc c'est là où par exemple les clubs créer leurs hymnes, où on demande à des grands chanteurs populaires de ce qui sera chanté au stade par les supporters. Et donc il y a toute une littérature, une paralittérature journalistique, les autobiographies de joueurs qui sont en fait généralement pas des... qui n'ont pas été écrites par les joueurs eux-mêmes mais parce que c'est un système culturel, une industrie culturelle qui arrive à maturité et donc qui coche toutes les cases qui permettent d'assurer sa diffusion la plus large possible. Et ça touche aussi les intellectuels. Là, dans le livre, je parle de Pasolini, par exemple, en Italie. C'est-à-dire que les intellectuels de gauche se méfient du football. Justement, c'est l'opium du peuple. Ce serait un instrument d'aliénation des masses qui les détournerait de la révolution. Mais Pasolini est le premier à aller au stade, pour l'Unita, l'organe du parti communiste italien, Et il ne parle pas de ce qui se passe sur le terrain, il parle de ce qui se passe dans les tribunes. Et pour lui, ce qui compte, c'est comment ces anciens paysans qui arrivent à Rome, comment ils s'emparent du.
A
Football, qui devient à ce moment-là un instrument d'émancipation. Et c'est passionnant, cette lecture de l'histoire du football à travers. Vos deux ouvrages, François d'Arocha Carnéro, une histoire de France en crampons, aux éditions du Détour, préfacées par Patrick Boucheron, et vous Fabien Archambault, coup de sifflet, une histoire du monde en 11 matchs chez Flammarion. Et puis là je suis obligé d'arrêter parce que sinon il va me sortir un carton jaune.
H
Voici l'arbitre Gérard Noiriel avec le pourquoi du comment. Pourquoi l'extrême droite célébrait les sœurs latines à l'époque de Mussolini Pendant l'entre-deux-guerres, Mussolini tenta de convaincre les historiens français de l'Antiquité d'œuvrer au rapprochement entre les deux sœurs latines, face à une germanité servant de repoussoir, du moins jusqu'au rapprochement de l'axe rom-berlin. La Méditerranée fut présentée à ce moment-là comme le ciment de la latinité et le lieu où les deux peuples français et italien pouvaient se rencontrer et fraterniser. Un certain nombre d'universitaires jouèrent un rôle important pour cautionner ce type de discours. Ce fut le cas d'Albert Grenier, spécialiste de la Gaule romaine, et d'Eugène Albertini, auteur d'un manuel intitulé « L'Empire romain » paru dans la célèbre collection « Peuples et civilisations ». Certains d'entre eux, comme Léon Omo, professeur d'histoire romaine à l'Université de Lyon, furent même reçus par le Duce en personne. Mais le cas le plus significatif est celui de Jérôme Carcopino. Ce professeur d'histoire romaine à la Sorbonne avait publié en 1934 un article dans la revue « Italie Voyage » dans lequel il mettait en relief des points de comparaison entre la Rome antique et la Rome fasciste, Ce qui allait dans le sens de la propagande mussolinienne. On comprend pourquoi sa nomination à la direction de l'école française de Rome, en juin 1937, fut bien accueillie par les autorités italiennes. Contraint de rentrer en France après la déclaration de guerre de l'Italie, Jérôme Carcopino, sans doute servi par ses complaisances à l'égard du régime fasciste, fut nommé par le maréchal Pétain secrétaire d'État à l'Éducation nationale et à la Jeunesse en février 1941. Il entreprit alors une réorganisation de l'enseignement scolaire visant à détruire le processus de démocratisation de l'école et le projet d'école unique initié quelques années plus tôt par le Front populaire. Le but étant de renforcer le principe d'une école à deux vitesses, en abaissant notamment l'âge de la scolarité obligatoire et en supprimant la gratuité de l'enseignement secondaire. Dans le même temps, Carcopino appliqua les lois du régime de Vichy, excluant les juifs et les francs-maçons des fonctions publiques. A la libération, il mit en avant les efforts qu'il avait fait pour que quelques universitaires juifs soient épargnés par ces mesures. Il fut néanmoins démis de ses fonctions en raison de ses activités au service de Vichy avant d'être réintégré dans la fonction publique en 1951. Il faut néanmoins préciser que d'autres historiens de l'Antiquité refusèrent énergiquement toute forme de complicité avec le régime fasciste. Ce fut le cas de Henri Irénée Marou, membre de l'école française de Rome entre 1930 et 1937. Sous les pseudonymes de François Kellar et d'André Davinson, il publia des articles très critiques à l'égard du régime mussolinien sur le fascisme et la femme en juin 1936 et sur le racisme en Italie fasciste en septembre 1938. Ces divergences au sein de la communauté des historiens apparurent au grand jour pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que Carcopino s'engagea.
A
Dans la collaboration, Marou, nommé professeur à l'Université de Lyon, se tourna vers la résistance. Merci beaucoup Gérard Noiriel, venez rejoindre l'équipe du Cours de l'Histoire, on va faire un match là, le Cours de l'Histoire sur France Culture, une émission réalisée par Alexandre Manzanarès et Sam Bakias avec aujourd'hui à la technique Dalia A, eux à la défense, Anne Toscane-Vudès, Jeanne de Copé, Jeanne de Lecroix, Violette Ruiz et Tom Hundenstock, eux peuvent aller à l'attaque, Maiwen Guizhu au but, moi je suis dans les tribunes. Cette émission et toutes les autres.
France Culture – Le Cours de l'Histoire
Date : 18 janvier 2026
Host : Xavier Mauduit
Invités : Fabien Archambault (historien du sport), François d’Arrocha-Carneiro (historien, auteur)
Cet épisode du Cours de l’Histoire explore la construction du "culte du ballon rond" : comment le football s'est hissé au rang de quasi-religion dans l’imaginaire collectif, reliant masses populaires, institutions religieuses, identités nationales et culture de masse. Les invités, deux historiens spécialistes de l’histoire du sport et du football, retracent la genèse, la diffusion, le vocabulaire sacré et l’évolution sociale du football, en croisant les regards français et internationaux.
La genèse du lien football-religion
Football et patronages en France
Notable quote
Timestamp repères :
Football : entre clubs paroissiaux et clubs laïques
Quote marquante
Professionnalisation et massification
Differentiation protestant/catholique
Dimension géographique et religieuse
Évolution des rivalités : du religieux au politique
Football et colonisation
Quote clef
Le lexique footballistique, un héritage religieux
Institutionnalisation de la passion
Football et société industrielle
La figure de la vedette
Quote marquante
Écriture et tradition
Quote
Le religieux aujourd’hui
Le football comme miroir social
En Résumé : Le football n’est pas littéralement une religion, mais il cristallise, dans son vocabulaire, ses rituels, ses calendriers et sa force médiatique, ce que la modernité attendait d’un “culte populaire” laïc et mondialisé. D’une pratique morale anglo-protestante à une industrie culturelle planétaire, il absorbe et redéfinit les identités, traversant tensions sociales, politiques, financières et culturelles — miroir vivant de la société de masse contemporaine.
Notable Final Quotes
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