
Paix, une histoire pas si paisible : Pax Romana ? Quand Rome dicte les termes de la paix
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A
France Culture.
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Le cours de l'histoire.
A
Xavier Mauduit. Pax Romanac en Rome dicte les termes de la paix, mais quelle est-elle cette paix romaine ? Elle ne se conçoit pas sans le vice qu'est la guerre, avec le célèbre adage hors d'âge, civis pacem para bellum, autrement dit, si tu veux la paix, prépare la.
C
Guerre. Les nouvelles sont bonnes ? J'ai venu, j'ai vu, j'ai vaincu, Veni Vedi.
D
Vici comme d'habitude ? J'ai instauré la Pax Romana, si.
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Je puis dire. Bravo ! Pour cela, il fallait procéder à des confiscations. Quel meilleur moyen de procéder à des confiscations que la guerre civile.
F
? Mais le terme approche. Nous atteindrons le bout de la route. Ainsi, nous allons connaître tous l'âge d'or de la paix retrouvée.
A
L'ère de la paix romaine. Le cours de l'histoire. Dans le cours de l'histoire, une histoire de la paix avec la Pax Romana. Et pour nous.
D
En.
A
Parler, Christophe Badel, bonjour. Bonjour. Vous êtes professeur d'histoire romaine à l'université Rennes.
C
2.
A
Et Stéphane Benoît, bonjour. Bonjour. Professeur d'histoire romaine à l'université de Lille. Parler de Pax Romana nous fait penser aux mots. Pax, paix. Est-ce que traduire la Pax par la paix, ça a un sens ? Est-ce que la notion même de paix est.
D
Valable dans l'Empire romain ? Christophe Badel. Il faut rappeler qu'au départ, étymologiquement, la Pax veut dire plutôt traité. Alors le traité de paix. Et de fait, cette origine étymologique va vraiment marquer la conception romaine de la paix qui, pendant longtemps, va s'identifier à un traité que les Romains imposent à l'ennemi vaincu, comme vous le disiez en préliminaire. et non pas au concept.
A
Que nous, nous avons de la paix. C'est important de le souligner, Stéphane Benoît, parce que sinon nous n'allons rien comprendre. La paix.
C
Romaine, ce n'est pas la paix d'aujourd'hui. Du tout. Et la paix romaine, en fait, n'existe pas. On va commencer par cela. Et Christophe Badel y reviendra très certainement plus tard, mais l'expression elle-même ne se trouve pas dans nos sources, sauf à trois ou quatre exceptions près. Donc nous parlons de paix, Mais nous devons parler de guerre dans la mesure où, si on regarde sur le terrain religieux, les choses sont extrêmement liées. Je vais prendre juste un exemple. Vous avez une confrérie de prêtres, les saliens, qui participent dans les rituels d'ouverture de la guerre, dans les sources qui sont parvenues jusqu'à nous et où on essaye de reconstituer les origines de Rome et les tout premiers rituels. Et nous avons un certain nombre de dieux qui sont associés avant que l'on ne rajoute les noms des empereurs, à partir d'Auguste, des empereurs divinisés. Et dans ces dieux, on a évidemment le dieu de la guerre, Mars, on n'a pas l'abstraction divinisée, on y reviendra, Pax, mais on a Janus. Et c'est Janus Quirinus qui est associé à la paix et qui est associé à ce temple où l'on a coutume de dire que l'on ferme les portes pour permettre en fait à la paix d'être célébrée. Mais avec, quand on relit, je l'ai fait hier après-midi, les textes tout à fait passionnants de Georges Dumézil dans les années 60, on s'aperçoit qu'en fait on ne sait pas ce qu'on enferme dans ce temple. Quand les portes sont fermées, est-ce que c'est pour bien préserver la paix qu'elle ne s'enfuit pas ou pour préserver la ville de la guerre ? Et donc il y a ce couple très fort. Donc on a Janus, on a Mars et puis on.
A
A la triade capitoline avec Jupiter, Junon, Minerve. Janus, le dieu qui n'est pas le dieu de la paix, ce dieu de visage, c'est bien cela, donc les portes sont fermées. Quand Rome est en période de.
C
Paix, sont-elles souvent fermées dans la longue histoire de l'Empire romain ? Alors si l'on en croit Auguste, mais il faut toujours se méfier avec Auguste, je vous répondrai qu'elles ne l'ont été qu'à deux reprises avant lui, mais à trois reprises pendant son.
D
Principat. Bon, tout ça est évidemment de la réécriture. Oui, sous la République, en fait, Rome n'a connu qu'une seule année de paix. Pendant cinq siècles de République, il n'y a eu qu'une seule année de paix où les portes ont été fermées. Et à ce propos, je ne dirais pas que Janus est le dieu de la paix. Janus est un dieu plus large, plus polyvalent, qui est le dieu surtout du passage. C'est pourquoi il a donné son nom au mois de janvier, le passage d'une année à l'autre. Et du coup, évidemment, c'est le dieu du passage de la paix vers la guerre ou de la guerre vers la paix. C'est pourquoi on ferme, on ouvre les portes, mais au sens strict, je ne.
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Dirais pas que c'est le dieu de la paix. Oui, donc il n'y a pas.
D
De dieu de la paix dans ce panthéon romain. Il y a une abstraction divinisée, en effet, Pax, qui en fait apparaît tardivement à l'époque des Flaviens, c'est-à-dire à la fin du 1er siècle après Jésus-Christ, dans les années 70-80 après Jésus-Christ, où vous avez un temple de la paix qui est construit par l'empereur Vespasien, et la paix va apparaître sur de très nombreuses monnaies, mais en fait c'est une abstraction, donc cette divinité est assez évanescente, elle n'a.
A
Pas de chair, elle n'a pas de véritable personnalité. Et ce terme de Pax.
D
Romana n'apparaît donc pas dans les sources ou si peu ? L'expression Pax Romana n'apparaît jamais dans les documents officiels, menée, pygraphie, discours des empereurs, jamais. Donc, ce n'est pas un élément en quelque sorte de l'idéologie impériale. Il apparaît simplement à quatre occurrences chez des auteurs littéraires dans la deuxième moitié du premier siècle, donc la même période des Flaviens où le Temple de la Paix a été créé. Et en fait, il désigne plutôt l'Empire romain. En fait, Pax Romana est une sorte de synonyme de l'Empire romain. Alors, bien sûr, on peut dire c'est le territoire sur lequel cette paix règne, en quelque sorte. Mais on est frappé de voir que Pax Romana a un sens territorial chez ses auteurs, puisqu'on parle des frontières de la paix, ce qui est étrange pour la paix. Donc, bien dire, en fait, ce sont les frontières de l'Empire, en quelque sorte. Et auparavant, l'expression n'existe pas et par la suite, elle ne sera plus jamais employée. et surtout pas par en effet le discours officiel qui parle simplement de Pax Augusta, la paix de l'empereur.
A
La paix impériale évidemment, sur laquelle nous allons revenir amplement. Oui, parce que vraiment c'est cette question-là qui nous intéresse aujourd'hui, ce regard sur le temps long, cette longue histoire de l'Empire romain. C'est une chose, mais il y a toute la République à prendre en compte et la royauté qui précède. Cette notion-là de paix, on la sent complexe. On peut dire que de la fondation de Rome Alors la date, c'est 753, cette date très symbolique. Jusqu'au moins à l'Empire, on a une période de guerre quasi continue. Est-ce qu'on peut dire que la guerre, c'est le fonctionnement même de l'Empire romain ? Dès lors, la notion de paix, elle est un peu plus complexe. C'est au.
D
Moment du traité où une guerre s'arrête avant qu'une autre commence. Oui, exactement. On peut dire que Rome est une cité de la guerre, une cité, en effet, de paysans-soldats et l'activité normale, c'est la guerre. C'est pourquoi Rome, à ces époques-là, n'a eu très peu de temps de paix. Alors bien sûr, la saison de la guerre, Stéphane évoquait les saliens par leur rituel qui est marqué par des danses, par des chants dans un latin archaïque. Les saliens ouvrent la saison de la guerre en mars et la ferment en octobre. Mais ils ne mettent pas fin à la guerre, ils mettent simplement fin à la saison. On peut se battre. Les portes du temple de Janus, elles, ne se ferment pas. L'état normal de Rome, c'est l'état de la guerre et la paix, c'est un moment. Le moment, en effet, où on impose.
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Un traité à un adversaire avant de déclarer une autre guerre. Il y a des périodes liées aux récoltes avec les saliens. Nous nous remontons jusqu'à la royauté avec des prêtres liés au dieu Mars, le dieu de la guerre. On peut dire que c'est cela. Au cours d'une année, il y a des périodes où l'on ne se bat pas, mais tout simplement pour permettre les récoltes et puis se dire.
C
On va attendre un temps plus calme pour reprendre la guerre. Disons que l'on peut analyser le calendrier romain autour de deux grandes notions, deux cycles, le cycle agraire et le cycle guerrier. Mais comme l'a dit Christophe Badel, de fait, cela n'interdit pas de pratiquer un certain nombre d'expéditions hors cette période de mars à octobre qui a, au départ, très certainement dans les premières couches de la constitution du calendrier romain, eu un sens premier puisque c'était l'ouverture de l'année, mars, et fermeture donc en décembre et en février. C'est très complexe le calendrier romain avec des couches successives mais assurément mars est en honneur puisque par exemple Jupiter n'a pas son mois. Il n'y a qu'un grand dieu de cette série que je mentionnais tout à l'heure dans les champs des saliens, c'est Mars qui a ce mois d'ouverture. Mais de fait, j'évoquais Janus Quirinus, c'est vrai que ce n'est pas du tout le dieu de la paix, mais qu'il a cette fonction. Il y a une ambiguïté dans la définition du citoyen-soldat. des origines. Et on trouve évidemment la mention d'un couple Quirites-Milites. Mais Quirinus n'est pas seulement le dieu du retour à la paix ou disons le retour aux activités agraires. Il y a une ambiguïté native où ces deux faces, c'est-à-dire que Sinsinatus, par exemple, c'est l'image à la fois de celui qui va mener les armées romaines en campagne, continuer à constituer cet imperium romanum, parce que si on veut jouer aussi sur les mots, Pax Romana, on ne l'a pas vraiment, mais ça peut vouloir dire Pax Populi Romani. Alors que Imperium Romanum, c'est Imperium Populi Romani, donc à chaque fois, c'est l'image de ce peuple qui est guerrier, et fondamentalement guerrier, mais qui a besoin aussi de se donner une image qui permet de favoriser la Pax Deorum. Car ça, c'est.
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Une expression fondamentale. Il faut être en paix avec les dieux. Et être en paix avec les dieux parce que nous voyons bien ici se déployer cette notion de paix, cette paix romaine, cette paix du peuple romain, cette paix des dieux. Et Stéphane Benoît, vous venez de citer Sincinnatus et ce général qui, après avoir vaincu, réussi ses combats, revient. et reprend sa charrue, ses travaux d'agraire et ne vise pas le pouvoir. Parce qu'il y a ça, il y a la guerre contre les autres, les barbares, et puis il y.
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A le retour des généraux et là, d'autres guerres peuvent apparaître. Et il est évident que pour distribuer des terres aux anciens soldats, à ceux que l'on licenciait, que l'on démobilisait, Pour cela, il fallait procéder à des confiscations. Quel meilleur moyen de procéder à des confiscations que la guerre civile ? La guerre civile qui, d'autre part, était déclenchée, quasi nécessairement, par l'ambition du général Victorieux. Ainsi, tout retour de général victorieux en Italie à la tête de son armée posait le problème des récompenses, posait le problème de la situation à faire au général vainqueur, qui en principe se fut trouvé du jour au lendemain réduit au rang d'un sénateur ordinaire et qui ne pouvait évidemment pas y consentir. Et elle posait enfin le problème des récompenses aux soldats. Pour cela, la guerre civile était inévitable. La guerre surgissait des rivalités d'ambition et la guerre nourrissait la guerre puisqu'elle fournissait un moyen de.
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Résoudre le problème de la démobilisation et de la satisfaction des soldats. le professeur André Emart, professeur à la Sorbonne en 1958 dans une émission radio diffusée. Christophe Badel, vous nous l'avez bien dit, il y a l'idée de la paix à l'intérieur d'un ensemble, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas la guerre envers d'autres. Et ici était évoqué le moment de la guerre civile. Alors là, c'est encore une chose, mais dans ce principe du monde romain, nous sommes sur un monde guerrier et l'idée de la paix, c'est quand.
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Ça se passe bien à l'intérieur. Déjà, c'est pas mal, cette paix-là. De fait, la guerre civile a joué un rôle important dans l'émergence de la paix comme slogan idéologique. Car il y a la paix, évidemment, avec les barbares ou avec les peuples extérieurs, mais on a vu que ce n'est pas du tout une valeur pour les Romains. Mais en revanche, il y a évidemment la concorde, la paix entre les citoyens. Et de fait, la guerre civile, on peut dire les guerres civiles, ont été un élément moteur dans le développement de la paix comme thème important de l'idéologie impériale, puisqu'on se rend compte que Elle émerge comme vraiment élément de l'idéologie sous le règne d'Auguste, Auguste qui met fin à une guerre civile. Et donc, c'est la première étape du développement de la paix comme thématique importante dans le discours du pouvoir. Et il est certain qu'Auguste, quand il célèbre la paix, pense en priorité à la paix civile à la fin des guerres civiles, et donc à la paix civile qu'il a rétablie entre les citoyens, plus évidemment qu'à la paix contre les peuples barbares, puisque son règne a été un règne conquérant. Et la deuxième étape importante, c'est une guerre civile qui a eu lieu un peu plus tard, en 68-69, qui se clôt par la victoire d'un général qui s'appelait Vespasien. Et le règne de Vespasien et de la dynastie qu'il a fondée, qui s'appelle celle des Flaviens, qui a régné entre 69 et 96 après Jésus-Christ, Dans cette fin du 1er siècle après Jésus-Christ, dont nous avons déjà dit qu'elle était un tournant important, cette dynastie des Flaviens, ce règne de Vespasien, représente la deuxième étape importante dans le.
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Développement de la paix comme idéologie importante du discours du pouvoir romain. Oui, il faut attendre Auguste, on l'entend bien ici, pour saisir cette notion de paix, mais au sens de propagande avec la guerre civile, célèbre guerre civile, Marc-Antoine, Cléopâtre n'est pas loin, et puis l'opposition, c'est la succession de Jules César, tout cela. Qu'apporte Auguste dans cette histoire-là ? Auguste, c'est la.
C
Transition entre la République et l'Empire. Qu'apporte-t-il sur cette notion de paix ? Alors en fait, il apporte une mutation majeure. C'est-à-dire que si on essaye de comprendre ce qu'est la notion de paix, comme l'a dit Christophe Badel, comme un véritable élément moteur de la construction du discours impérial, c'est la figure de l'impérator qui est mise en avant, c'est-à-dire cette ambiguïté qui a pendant longtemps pu se satisfaire du mode de fonctionnement de la res publica, de l'état romain, de la république, mais qui progressivement empiète de plus en plus sur le mode de fonctionnement naturel des institutions. L'impérator c'est vraiment le général vainqueur, salué comme tel par ses troupes avant que le Sénat ne lui accorde ou ne lui accorde pas une cérémonie de triomphe qui permet de revenir dans Rome et de célébrer les victoires romaines. Or cette figure de l'impérator qui pour nous est l'empereur en tant que tel, puisqu'ensuite tous les impératoresses de l'époque impériale comme les derniers impératoresses de l'époque républicaine sont présentées comme telles, même si pour les contemporains, ça ne veut rien dire d'être un empereur. On est Impérator Caesara Augustus. C'est les trois mots qu'a choisi comme prénom, nom et surnom Auguste. Or, c'est Auguste qui réussit finalement à ancrer cette figure de l'impérateur de manière permanente. César a échoué à réussir à être impérator, choisissant la dictature qui est pourtant effectivement une magistrature exceptionnelle, certes, mais une magistrature de Rome. Et donc, c'est l'importance de cette période des années 30 jusqu'à sa mort en 14 de notre ère qui crée un nouveau modèle politique et qui, évidemment, pour le faire accepter par la population de Rome, puis progressivement de l'ensemble de l'Empire, doit associer très étroitement cette fameuse paix, paix Auguste, avec deux, trois monnayages où il y a bien Pax des Augustes, mais ça disparaît ensuite sous les Julio-Claudiens et ça réapparaît. qu'à l'époque de Vespasien qui effectivement choisit de se vouloir très augustéen comme à plusieurs reprises dans l'histoire impériale sur la longue durée jusqu'à Constantin par exemple qui a été à un moment une sorte de nouvel Auguste et a voulu ancrer.
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Toujours dans cette difficulté de faire vivre les guerres extérieures et les guerres civiles. Que de propagande autour de cette notion de paix. Stéphane Benoît, vous venez de nous dire que le général Victorieux pouvait, avec l'accord.
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Du Sénat, entrer dans Rome pour un triomphe, c'est-à-dire qu'autrement, il ne pouvait pas rentrer dans Rome ? C'est-à-dire qu'il devait respecter, mais comme vous le savez, c'est toujours pareil, les exceptions confirment cette règle, mais à la fois religieusement, pour être en paix avec les dieux, il y a un espace sacré en fait, littéralement consacrée, qui est en sein de la fameuse enceinte consacrée du Pomerium. Et ce Pomerium ne peut être franchi par une armée constituée que dans un cadre pacifique, disons, c'est-à-dire une cérémonie triomphale où les soldats s'intègrent par la porte à Triumphalis, la porte du triomphe, qui se trouve dans la zone qui, elle, est hors pomerium au champ de Mars où, traditionnellement, à l'époque républicaine, les soldats peuvent se réunir. Mais entrer dans Rome en armes, c'est une souillure. Et théoriquement, il faut donc considérer que tous les généraux qui le font, Silla par exemple, font évidemment une sorte d'écart dans les règles religieuses de respect de cette enceinte consacrée, de la même façon que le cendre ne devrait jamais être versé à l'intérieur de Rome et que les dépouilles mortuaires doivent être réservées à des espaces extra-pomerium, sauf par exemple, et c'est intéressant, pour un général vainqueur comme Trajan, dont les cendres sont intégrées à l'intérieur du pomerium pour la première fois officiellement.
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Alors qu'un auguste, par exemple, est bien enterré au champ de Mars, dans son mausolée. Ce sont des exceptions qui, effectivement, sont édifiantes et révélatrices de ce qui est la règle. Parce qu'ici, il y a ce contraste qui nous perturbe un peu entre l'idée de paix romaine et puis la guerre constante avec les autres, les ennemis, les barbares, et la méfiance qu'il y a des militaires, pour les militaires à l'intérieur même de la cité de Rome, au sens la ville de Rome et l'Italie. C'est complexe ce rapport que les Romains entretiennent avec ces notions de guerre et de paix. La guerre est omniprésente, mais tout doit être bien régulé.
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Quand il n'y a pas la guerre, c'est donc la paix, mais toujours en armes. De fait, la guerre reste, même à l'époque impériale, une valeur fondamentale. Les empereurs se veulent dégénéro-victorieux par nature, en quelque sorte. Et il est vrai que même à l'époque impériale où la paix s'impose comme une thématique importante du discours officiel, L'ombre de la guerre, si je puis dire, l'ombre portée de la guerre reste encore très très forte. Et il est certain que la paix peut peut-être devenir un État, alors qu'elle n'était qu'à un moment, c'est-à-dire à la conclusion du traité de paix à l'époque républicaine. On peut défendre l'idée qu'à l'époque impériale, la paix devient un État, un État recherché et célébré par le pouvoir, en tout cas la paix à l'intérieur des frontières de l'Empire. Mais c'est une paix qui est toujours, malgré tout, liée à la guerre et liée aussi à la victoire. Ce qui permet à la paix de durer, ce sont les victoires impériales. Et d'une certaine faction, la victoire est une déesse qui... autant présente, voire plus présente dans le discours vicel sur la paix que la DSP elle-même. Et on voit bien là cette ambiguïté, la complexité du rapport entre la guerre et la paix à Rome et la difficulté que la paix.
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A eu à émerger comme un concept vraiment totalement autonome par rapport à la guerre. Avec cette idée que, au temps d'Auguste, c'est-à-dire au moment où l'amplir se met en place, Sachant, mais je l'ai bien entendu Stéphane Benoît, que ça ne se construit pas comme une rupture évidente pour les contemporains. Il y a quelque chose qui se met en place, une évolution progressive.
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En tout cas, Auguste lui-même aimait-il ou non la paix ? Réponse par l'historien Pierre Grimald. Il était le petit-neveu de César et son fils adoptif au moment où César a été tué. Il était très jeune quand César a été assassiné. Il était dans sa 19ème année. Il n'était rien. Antoine était tout. Antoine était le consul, l'héritier, le lieutenant de César. Lui n'était rien qu'un petit jeune homme qui achevait ses études en Grèce. Il a décidé de devenir tout. Il croyait que les dieux lui donnaient des avertissements. Lorsque la comète traversa le ciel au moment de la mort de César, il dit à tout le monde que c'était l'âme de son père adoptif qui montait au ciel, mais il pensait.
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Lui, et il l'a dit à ses.
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Intimes, que c'était un présage de royauté pour lui-même. Il n'aimait pas tellement la guerre, il n'aimait pas tellement être sur le champ de bataille. On a même dit qu'il était assez peureux. Il était peureux et il a failli lui arriver des événements, des aventures épouvantables. Il a failli être fait prisonnier sur le champ de bataille de Philippe. Mais, encore une fois, le ciel l'a sauvé. Un songe hâtent lui avait donné l'ordre de ne pas rester dans sa tente.
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Et quand on a comme ça des avertissements du ciel, ça finit par impressionner un homme. Bah oui, ça impressionne un homme, latiniste, historien, Pierre Grimald. Alors, est-ce qu'un commentaire à.
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Faire Christophe Badel et Stéphane Benoît sur.
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L'Idée qu'Auguste, en fait, n'aimait pas trop la paix ? La paix ou la guerre ? Ah.
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La guerre ! Il n'aimait pas la guerre, il cherchait la paix. Mais cette paix-là, c'est une paix guerrière. Oui, mais personnellement, on peut dire sans doute qu'Octave Auguste n'aimait pas spécialement la guerre. De fait, il était assez froussard. Il n'avait pas de qualité de général. Et dans la deuxième moitié de son règne, il a fait faire la guerre par ses généraux, par aussi les princes de la famille impériale. Et sans doute, par goût personnel, il n'était pas attiré spécialement par la guerre. Il l'a beaucoup fait, par nécessité, pour justement s'emparer du pouvoir pendant la guerre civile et ensuite pour construire son prestige, construire sa gloire. Mais on peut dire en effet qu'il n'aimait pas beaucoup la guerre. Est-ce que pour autant, c'était quelqu'un un amoureux de la paix ou un pacifiste ? Il n'a pas hésité à déclencher des guerres sanguinaires pour son.
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Propre ambition ou pour son propre pouvoir par ailleurs. Octave Auguste était quelqu'un d'assez dénué de scrupules en la matière. Stéphane Benoit, on a un personnage ici qui entre dans ce que vous nous expliquez depuis le début de cette émission, la conception que les Romains pouvaient avoir du pouvoir lié à.
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La guerre. Et Auguste, s'il n'aime pas la guerre, n'est pas un pacifiste qui serait complètement anachronique, on l'entend bien. Oui, je pense que pour les contemporains, ça n'avait pas de sens de se présenter comme pacifiste. Et de fait, nous avons là quelqu'un qui construit tout un discours autour de sa personne, mais qui n'est pas le grand général de sa génération, mais qui sait s'entourer de grands généraux, que ce soit Agrippa pour les premières années de son principat, son beau-fils Tibère ensuite, et qui a Par ailleurs, le souci de limiter, de borner les ambitions romaines, en pensant qu'il est important aussi, non pas d'arrêter complètement la croissance de l'Empire romain, mais d'avoir ce qu'on nous dit dans les textes, cette notion de ne pas considérer l'imperium sine fine, c'est-à-dire de vouloir borner, arrêter la guerre, et de conseiller à son successeur, bien malgré lui puisqu'il ne souhaitait pas vraiment que Tibère lui succède, mais enfin c'est le dernier qui reste vivant. Donc c'est lui qui récupère le pouvoir à un âge plus qu'avancé et qui aurait reçu comme conseil de s'arrêter là dans les guerres de conquête, surtout après le fiasco de la conquête de la Germanie qui a été certainement un traumatisme pour Auguste qui voit en fait borner ses ambitions et qui préfère définir désormais l'imperium comme enclos dans un espace global qui ne sera finalement dépassé qu'à plusieurs reprises. Citons par exemple Trajan, citons Septime Sévère, parce qu'on peut jouer sur ces deux dates et voir que les deux particus, que sont ces deux princes du début du IIe siècle et du début du IIIe siècle de notre ère, représente peut-être l'état le plus développé de l'Imperium Romanum, du territoire impérial. Mais Auguste est conscient de cette limite. Or on retrouve dans l'histoire, il y a parfois des sortes de jeux, ce couple Auguste-Tiber et le couple Trajan-Adrien, les empereurs qui en fait sont associés à une période finalement de stabilisation, sont en fait des généraux. Car Tibère comme Adrien sont des généraux mais choisissent, et Adrien c'est encore plus flagrant, de transformer leur principat en un principat Est-ce qu'ils le définissent comme un principat de paix ? Je ne suis pas vraiment sûr. Mais en tout cas, qui est volontairement dans une pause dans le développement de ce que l'historiographie, notamment française, dans les années 60, on en tendait marre, mais on pourrait citer Paul Petit pour les années 60, appelait la paix romaine. C'est eux qui, au XXe siècle, emploient pour des manuels importants comme la Nouvelle Clio, ce terme de paix romaine, mais qui est une construction historiographique et qui, par exemple, pour le IIe siècle, qui serait celui de la paix romaine, des Antonins, est une période où la guerre est à peu près aussi permanente qu'à l'époque royale ou républicaine. Il n'est qu'à voir notre sage empereur philosophe, puisque c'est un peu l'image de Marc Aurel qui est en fait presque durant l'intégralité de son principat dans les camps militaires en.
A
Permanence pour protéger cette fois, pas conquérir de nouveaux territoires mais protéger le territoire impérial face au marquement ou au quad. Avec ici ce glissement, ce long processus, vous nous l'avez expliqué, sous la république romaine, un temps de paix dans l'année puis l'idée de quelque chose d'autre qui pourrait être beaucoup plus long Et Christophe Badel, la volonté de mettre fin aux conquêtes, c'est-à-dire que l'Empire est tel qu'il est, le territoire est ainsi, et il faut maintenant maintenir la paix à l'intérieur et pourquoi pas la paix à l'extérieur. Bien sûr, on sait que ça ne s'est pas passé comme ça, qu'il y a eu sans cesse des combats, parce qu'il y a eu des attaques par exemple.
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Il faut y répondre. Mais le principe même de Pax Romana, de paix romaine, peut s'appuyer sur cette idée-là, la stabilisation. Oui, il est certain que la stabilisation territoriale a favorisé l'émergence aussi de ce thème idéologique. Alors, je ne suis pas certain qu'elle était vraiment voulue, cette stabilisation. Dans l'idéologie impériale, la guerre restait une vertu fondamentale et elle a été, à mon avis, plus subie que voulue. Et régulièrement, des empereurs après Auguste, après Trajan, ont essayé d'étendre le territoire de l'Empire, et cela au moins jusqu'au IVe siècle après Jésus-Christ, mais avec beaucoup moins d'efficacité qu'auparavant. Du coup, le territoire s'est stabilisé peut-être par nécessité, mais cette stabilisation a sûrement permis à la paix de s'imposer comme une valeur, peut-être.
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Parce que justement la guerre, elle, ne remplissait plus le même office qu'auparavant parce qu'elle était moins efficace en quelque sorte. Et puis il y a cette évocation même de la Pax Romana dans les sources, vous l'avez dit tout à l'heure Christophe Badel. Ça existe, mais il n'y en a pas beaucoup. Même si ces quelques indications vont dans ce sens-là, le sens de la propagande, alors la volonté pour un empereur, un général, d'être vainqueur, parce que j'ai bien compris que la victoire, c'est plus fort même.
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Que la paix, et bien être vainqueur, c'est important. Mais dans la littérature, la notion de paix est là aussi évoquée. N'est-ce pas merveilleux de voir l'herbe de Siti nous arriver des marais méotides ? et le forbe du mont Atlas, et de par-delà les colonnes d'Hercule, à l'endroit même où s'arrête la nature. De voir dans une autre partie du monde l'herbe britannique venir des îles de l'océan, située par-delà les limites de la Terre. Et de même l'herbe éthiopis, d'un ciel brûlé par les constellations. De voir en outre cet échange continuel de plantes transportées de tous les points du globe pour sauver la vie humaine, cela grâce à la majesté sans limite de la paix romaine. qui fait connaître mutuellement non seulement les hommes appartenant aux terres et aux nations les plus éloignées les unes des autres, mais aussi les montagnes et leurs cimes qui vont se perdre dans les nuages, et leurs faunes et leurs flors, puissent être éternelles.
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Telle est.
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Ma prière, ce présent des dieux. Ne semble-t-il pas qu'ils aient donné les Romains à l'humanité comme une seconde lumière du jour ? France Culture, le cours de l'histoire. Xavier Mauduit. Un extrait de l'histoire naturelle de Plin. Nous sommes donc au 1er siècle, dans les années 70. Et ici, dans cette lecture de Sam Bacchias, dans le cours de l'histoire sur France Culture, nous entendons une image, mais au-delà de l'idéalisation harmonieuse de ce que pourrait ou.
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Ce que doit être l'Empire romain. Alors ici, voilà, on a une évocation concrète et on l'entend bien, c'est presque un rêve éveillé. Oui, alors en fait, c'est un texte, l'histoire naturelle, on peut considérer que c'est un texte scientifique, mais il y a aussi une dimension cosmique, pile l'ancien adhère à l'idée que la nature est une divinité ou que les dieux de la nature sont la même chose. et qu'il y a une sorte d'harmonie cosmique qui règle l'univers. Ils sont traités sur le naturel et il doit être la révélation un peu de cet univers réglé par cette force divine. Et c'est dans ce contexte, qui est un contexte presque religieux pourrait-on dire, en effet, qu'apparaît l'une des rares occurrences. On parle de Pax Romana. Mais on voit bien alors, en effet, ce texte a été beaucoup utilisé dans les visions traditionnelles Mais quand on voit bien, on voit bien qu'on parle de la majesté de la paix romaine. Et chez Pliny l'Ancien, le terme de majesté, maestas en latin, concerne simplement les dieux et puis le peuple romain ou l'Empire romain. Donc deuxième point, on voit qu'en effet cette paix est agissante, alors que normalement la paix est vue plutôt comme étant passive. Et du coup, c'est pourquoi à mon avis, il faut avoir une interprétation territoriale en quelque sorte de ce texte. La paix romaine qui unit le monde, c'est l'Empire romain qui unit le monde. Mais un empire romain, il est vrai, qui est bien un empire de paix. Et on a bien là une idéologie qui s'impose. Et si l'expression Pax Romana est donc rare, cela ne doit pas amener à.
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Contester l'idée que la paix soit un élément.
C
Important à l'idéologie impériale. C'est bien évident que c'est un élément important à l'idéologie impériale. La figure centrale de la paix, c'est l'empereur. Dans la mesure où la majesté est aussi associée à la personne du prince. Mais cette construction qui se fait progressivement est très intéressante au niveau de la rhétorique elle-même et des substrats philosophiques. notamment le stoïcisme, parce qu'on pourrait comparer ce type de passage chez Pline l'Ancien, mais avec l'idée que Rome est bien au cœur d'une expression territoriale pacifiée qu'on peut retrouver chez un grec comme Hélius Aristide. dans son discours en l'honneur de Rome où il y a aussi cette image finalement de toutes les richesses du monde connues à un moment donné qui convergent vers Rome. Donc il y a cette idée de présenter un espace pacifié au service d'une certaine vision de ce que peut être l'imperium Romanum au sens le plus idéalisé d'un monde en paix On y reviendra probablement un petit peu plus tard, jusqu'à l'Antiquité tardive. C'est-à-dire que ce discours de la paix, il est effectivement aussi lié aux difficultés progressives que l'armée romaine rencontre. Et il est beaucoup plus facile de mettre en avant une paix qui, en fait, est de plus en plus fragile, mais correspond à un idéal que l'Antiquité très tardive, avec le fameux auteur de l'histoire Auguste, peut retrouver de manière un peu... fantasmer. On est presque dans l'image d'une cité idéale de paix où les soldats sont au champ et de fait on retrouve cette idée sur une très longue durée. L'histoire Auguste, on est dans les toutes dernières années du IVe siècle ou au tout début du Ve siècle, 395-405. On a un peu varié et on a une image très étonnante de ce que pourrait être à l'époque d'un empereur qui par ailleurs n'est pas véritablement un des plus importants, l'empereur Probus qui est présenté comme un vainqueur tellement formidable qu'il peut imposer une paix Éternel, le mot éternel est déjà dans le texte de Pline l'Ancien. Or, on voit apparaître dans les monnayages, à côté de Pax à Augusta, Pax à Eterna, au IIIe siècle, au IVe siècle, Perpetua parfois, notamment sous Constantin. Et cette idée de l'éternité dans la paix, elle est présentée de manière très symbolique par cet auteur tardif, à propos de Probus, où finalement, les soldats deviendraient des bons paysans. On retrouve notre Cincinnatus et serait, en fait, les acteurs de ce qu'on a appelé longtemps dans notre pays, le génie civil au sein de l'armée. C'est-à-dire, on fait des constructions au service de l'ensemble de la population alors qu'on est dans une période quand même extrêmement troublée. Et bon, même si on va basculer.
D
Dans la Tétrarchie avec des moments de victoire aussi où, à l'époque Constantinienne, on est quand même loin de l'idéal augustéen ou trajant. Pour compléter ce que disait Stéphane, on avait parlé du pacifisme en disant que c'était une notion anachronique pour l'histoire romaine. On a pu qualifier malgré tout ce texte d'utopie pacifiste tout de même. De fait, ce serait le texte qui aurait le plus dans ce sens avec l'idéal en effet d'un monde où les soldats sont désarmés. et où ce sont les lois. Les lois font régner la paix, font régner l'ordre et la paix, et les soldats ne se battent plus. Et on a là, alors comme tu disais, une cité idéale en quelque sorte, mais une cité idéale dont la paix serait la valeur centrale. Donc c'est un texte qui est assez rare dans les littératures romaines, mais là qu'on peut qualifier presque pacifiste à propos d'un emport qui par ailleurs, Probus, qui est un emport du troisième siècle, Carigny entre 276 et 282, qui n'a cessé de se battre. Par ailleurs, elle était un emport guerrier. Alors, là encore, contrat est forcé parce qu'il devait spécialement repousser les invasions d'Effranc qui déferlaient sur la Gaule. Mais c'est un emport militaire, un grand général. Et cette biographie, qui est très.
A
Fantaisiste, en fait, en effet, un emport de la paix, porteur d'un projet Pysenlov qui est assez Assez étrange dans la littérature latine. Mais il est héritier de toute cette longue histoire avec la mention rare mais existante de Pax Romana, la paix romaine, des mentions là aussi existantes et beaucoup plus nombreuses. J'ai l'impression de Pax Augusta, la paix d'Auguste, de paix perpétuelle et puis de paix même. Pax tout simplement. Donc vous nous l'avez dit, ça se retrouve sur les monnaies. On sent bien ici la charge de propagande idéologique de la notion de paix. Et bien souvent, c'est quelque chose de courant, quand on répète sans cesse quelque chose, c'est parce que ce n'est pas la réalité. C'est vrai, c'est la même chose pour les lois. Quand on fait plein de lois, c'est qu'elles ne sont pas appliquées. Et bien dire paix, paix, paix, ça.
C
Montre aussi que ces empereurs-là ont besoin d'affirmer à un moment donné la paix. D'autres n'ont pas autant besoin, donc ils l'affirment moins. D'autant plus que pour certains de ces monnayages en or, les destinataires premiers sont les soldats. car c'est des distributions, donc ça joue à deux niveaux en quelque sorte, parce qu'il faut aussi offrir un horizon pour un certain nombre de soldats, même si on peut aussi rajouter cet élément important, c'est que sur une histoire de la très longue durée, on est loin évidemment du.
A
Paysan soldat citoyen qui défend sa patrie. On est depuis bien longtemps, déjà au 1er siècle avant notre ère, avec des soldats professionnels. Oui c'est ça, c'est là aussi une armée très présente, des empereurs qui ont besoin eux-mêmes d'avoir la légitimité de la victoire ou en tout cas de s'inscrire dans cette histoire. Là et puis des figures qui sans cesse sont évoquées, vous nous avez dit Marc Horel, l'empereur sage. Et là C'est pour réfléchir aussi à cette idée de Pax.
C
Romana, de voir comment c'est une construction plus tardive. Vous nous avez dit les années 1960, c'est ça, où on commence à mettre ça un peu en avant ? Si on veut, en pensant à l'actualité très présente de ces tout derniers jours, Il faut penser aussi aux années 70 où on parle, par exemple, à la fois de l'impérialisme romain et de l'impérialisme américain, déjà, dans les années 70. Et on trouve ces réflexions qui, chez les contemporanistes, vont regarder le modèle romain.
A
Et c'est entre les années 60, époque de décolonisation, et années 70, réflexion sur l'impérialisme, des figures qui sont ainsi mises face à face. Voilà, l'impérialisme des Etats-Unis évoqué au moment de parler de la Pax Romana, ça me permet d'orienter auditeurs-auditrices vers l'émission du cours de l'histoire, 1823, la Doctrine Monroe. Car certains l'aiment isolationniste. C'est à retrouver sur le site de franceculture.fr et l'appli Radio France dans les années.
F
1960, en 1964 précisément, il y a le film d'Anthony Mann, La Chute de l'Empire Romain, un film dans lequel nous retrouvons Marc Aurel. recherche des voisinages fraternels. Nous avons dû soutenir de longues guerres. Votre contribution a été épuisante. Mais le terme approche. Nous atteindrons le bout de la route. Ainsi, nous allons connaître tous l'âge d'or de la paix retrouvée. L'ère de la paix romaine. Quel que soit votre pays, quelle que soit la couleur.
A
De votre peau, la paix, une fois rétablie, vous conférera à tous, à tous, les droits suprêmes qui sont les privilèges des citoyens romains. Alors évidemment, dans les années 1960, évoquer les combats pour l'égalité, même selon la couleur de.
C
La peau, évidemment, on sent ici la contextualisation à faire. Mais c'est intéressant à voir ces échos qu'il y a à travers le temps. C'est une scène très remarquable de la lecture hollywoodienne de ce que peut être l'enseignement de l'histoire dans la mesure où on a en tête ce défilé de l'ensemble des représentants des provinces mais qui sont présentés et c'est une réflexion qu'on peut avoir aussi. en tant qu'historien à propos du modèle romain, c'est-à-dire que la représentation américaine à l'époque, elle est d'identifier chaque gouverneur de province comme faisant partie de son propre pays. Quelqu'un habillé comme un égyptien incarne l'Egypte, un gaulois, etc. Alors que ce sont tous de bons romains, entre guillemets, que ces gouverneurs, dans une image qui joue effectivement sur un champ de bataille alors qu'on célèbre la paix, à un moment où on est en pleine guerre du Vietnam. et où il y a une lecture permanente sur ces références, puisque notre évolution au long cours de l'Empire romain, c'est quand même la diffusion de la citoyenneté romaine partout dans les provinces, avec la question qui va devenir très importante au 3e, au 4e siècle et au début du 5e siècle, des barbares. avec l'intégration dans un certain nombre de cas de barbares à l'intérieur de l'armée romaine d'une part, dans la proximité des princes d'autre part, on pourrait parler de stylicons, des figures intéressantes, dans la mesure où le modèle qui est en bout de course, était ce modèle de la diffusion de la citoyenneté, Caracalla, 212 par exemple, dans l'ensemble de l'Empire, et où la paix pouvait être liée à cette idée de diffuser un même.
A
Modèle social.
D
Politique, un même droit, sur une période longue. mais où, au IVe siècle, on a buté sur des difficultés qui semblent insurmontables. Christophe Badel. Oui, pour défendre un peu ce discours de Marc Horel, qui n'est pas si, finalement, anachronique ou invraisemblable que cela. De fait, comme tu.
C
Le.
D
Dis, il annonce la diffusion de l'Association Interromaine à l'ensemble des habitants libres de l'Empire, qui aura lieu un petit demi-siècle plus tard. Absolument. Et puis, on pourrait le relier à ce qu'étaient les conceptions philosophiques de Marc Orel, qui était un philosophe stoïcien. Et il y a dans le stoïcisme une vision universaliste de l'être humain. Il considère que tous les êtres humains sont égaux, en quelque sorte, ont la même dignité. Ça ne les empêche pas d'ailleurs d'accepter l'esclavage. Mais depuis l'époque hellénistique, il y a ce que les Grecs et les Allemands de l'époque appelaient le cosmopolitisme. Cette vision universelle, en quelque sorte, du cosmos, de l'univers. Et pour justement axer cette remarque sur notre thème de la paix, on peut estimer que la paix... politiquement parlant, peut être le reflet de cette harmonie cosmique que les stoïciens, en quelque sorte, voyaient. Les stoïciens pensaient, en effet, que l'univers fonctionnait selon des règles immuables, des règles harmonieuses, et que finalement, le devoir du dirigeant, c'était de faire l'articulation entre l'harmonie universelle, que par exemple est repérable au mouvement des planètes, et d'autre part.
A
L'Harmonie dans le gouvernement de son empire, au sein des citoyens de son empire, dans les rapports au sein de l'empire, c'est-à-dire la paix. C'est-à-dire que la paix.
D
Ce n'est pas simplement le.
A
Moment où il n'y a pas de guerre. Plus à cette époque-là. On peut dire que la paix est un état à cette époque-là. Et c'est beaucoup plus complexe et ça montre cette évolution importante avec, il faut le rappeler quand même, l'immensité, si on évoque Caracalla, nous sommes au début du troisième siècle de ce territoire. Comment maintenir en paix tant de gens différents. C'est tout le questionnement qu'il y a sur le culte impérial, sur ce qui unit ces gens-là. La paix, ça peut en faire partie. Mettre en.
C
Avant la paix, dire regardez, nous sommes en paix. en opposition à ces barbares qui se battent toujours. C'est un élément de réflexion ici. Disons que ça peut participer de cette vision que Christophe rappelait de l'universalisme. D'ailleurs, de fait, les juristes sévériens qui entourent par exemple Caracalla sont aussi des stoïciens. L'Ulpien par exemple. Il y a une pensée qui, à l'époque, est tout à fait importante. Et de plus, on s'aperçoit que même dans un empire en guerre, comme pendant ce qu'on a appelé improprement la crise du troisième siècle, il y a des parties de cet empire qui restent pleinement en paix. et où les textes, l'épigraphie notamment, prouvent que les cités représentent toujours un modèle. Donc il y a cette difficulté à faire vivre sur certaines parties de l'Empire une paix qui est de plus en plus fragile, avec des « barbares » qui ont envie, pour certains d'entre eux, de s'installer à l'intérieur de l'Empire. Pas forcément de le détruire en tant que tel, mais de trouver un modus vivendi, puisqu'eux-mêmes sont poussés par de très longues migrations sur les confins de cet empire, puisqu'il n'y a que deux grands empires, par exemple au IIIe-IVe siècle, dans cette partie qui nous occupe, l'empire romain d'un côté et l'empire sassani des Perses de l'autre. Donc il y a deux types de modèles, mais qui ne fonctionnent pas du tout de la même façon. Et on peut considérer que la paix peut être un argument qui, dans un certain nombre de provinces de l'Imperium Romanum, peut motiver l'adhésion à ce modèle. Mais avec la difficulté de faire vivre, désormais, différents types de populations. Et je crois que La question religieuse ne doit pas être totalement mise de côté. Vous avez parlé à un moment du culte impérial, même si ça représente quelque chose qui est peut-être une construction historiographique, dans la mesure où c'est plus les cultes des cités qui intègrent la figure impériale, la figure des princes. Mais sans bouleverser la hiérarchie, chaque cité peut conserver sa divinité première, sa déesse, son dieu poliade, mais avec un monothéisme qui prend une place de plus en plus importante, les valeurs ne sont plus exactement les mêmes. Et de fait, il faut réfléchir aussi à cette PAX. disons la Romana, Augusta, Augusti, parfois les inscriptions où les monnaies permettent de jouer, puisqu'on a parfois, quand vous avez que Aug, l'historien latiniste, bon, on doit choisir si c'est l'adjectif ou si c'est l'empereur. Mais il y a des monnaies au quatrième siècle où c'est bien clairement Pax Augusti, donc c'est bien du prince, quel qu'il soit, la paix impériale au sens vraiment personnel du prince. Mais dans un contexte de christianisation de l'Empire, il faut pensez aussi quel est le lien qui, au-delà, dans ces valeurs universalistes, par exemple du stoïcisme, permet aux populations de se retrouver. Il y avait les dieux. Y a-t-il un dieu qui peut favoriser ce lien ? Et de fait, quand vous regardez la matrice de la réflexion des pères de l'Église du 4e, 5e siècle, c'est quand même la cité antique, classique, pensez à Augustin. Et au sein de cette cité antique, il y a quand même aussi la question de la paix. Vous voyez que je prépare pour demain, mais je pense parler de paix de Dieu pour.
A
La période médiévale, mais c'est quelque chose qui, dès l'époque de l'Antiquité tardive, est aussi un enjeu de réflexion au sein des aristocraties, des cités, de l'Empire. Christophe Badel, parce qu'ici l'idée que les monothéismes et principalement le christianisme s'insèrent dans cette histoire est un élément qui pourrait faire comprendre à une remise en cause de la notion.
D
De paix du prince. Est-ce qu'ici on peut saisir les persécutions ? Par exemple ces chrétiens viennent un peu bousculer la paix, l'équilibre, fragile mais voulu par l'empereur. Or, les motivations des persécutions sont assez complexes. On évoquait l'universalisme et le culte impérial. Actuellement, une historiographie estime que ces éléments étaient des moteurs importants, à savoir qu'à partir du moment où tous les habitants de l'Empire étaient citoyens romains, ils devaient tous adorer les dieux de Rome. Et que donc, évidemment, les chrétiens qui ne le faisaient pas étaient forcément réprouvés. Alors qu'auparavant, les chrétiens qui n'étaient pas citoyens romains pouvaient avoir les cultes qu'ils voulaient. Par rapport à la paix, il est certain que les Romains ont pu voir peut-être les chrétiens comme un élément de trouble. Encore faut-il voir les choses. Il est très intéressant de voir, par exemple, à partir de la correspondance de Trajan, qu'il interdit de rechercher les chrétiens de façon systématique parce qu'il a peur, en effet, que précisément de telles persécutions puissent entraîner des troubles. Donc, c'est plutôt la persécution des chrétiens qui, à l'époque de Trajan, serait contraire à la paix. Et alors là, on est vers 100 après Jésus-Christ. Évidemment, après 212, les choses changent. Et par exemple, l'empereur le plus persécuté, un persécuteur qui s'appelait Dioclétien, qui a reçu une grande persécution entre 303 et 305, qui était la persécution la plus violente. Il est possible qu'il ait vu chez les chrétiens un danger pour... Les chrétiens n'avaient pas de projet de révolte, mais c'est un peu cette harmonie, en quelque sorte, qui détenait dans cette harmonie impériale. Les chrétiens qui, de leur côté, au contraire, valorisaient la paix. Pour eux, la paix était une valeur fondamentale et on sait que Les soldats chrétiens, le problème des soldats chrétiens posait un problème aux théologiens. Au départ, le rapport des chrétiens avec la guerre est complexe. Et des soldats romains qui s'engagent, enfin des chrétiens qui sont dans l'armée ou des soldats romains qui se convertissent au christianisme, qui restent dans l'armée, ça pose un problème de conscience aux chrétiens. Et ça pose un problème de conscience à des soldats qui se demandent, mais est-ce que je dois respecter mon serment.
A
Militaire ? Est-ce que je dois, au contraire, respecter les principes du christianisme ? Et on voit bien combien la paix est un élément central, évidemment, de la pensée chrétienne. Avec beaucoup de sources venues de l'Empire romain même. On entend bien cette logique. Pline, l'ancien, a été cité, les pièces de monnaie, discours, mais alors qu'en est-il de l'extérieur ? C'est-à-dire comment cette paix romaine, j'utilise cette expression par facilité.
B
Pouvait-Elle être perçue depuis l'extérieur ? Eh bien, on a la chance avec Tacite d'avoir à Méléban un discours, un chef qui nous vient tout au nord de la Calédonie, c'est-à-dire d'Ecosse. « Voilà que s'ouvre l'extrémité de la Bretagne. Au-delà il n'y a plus un seul peuple, il n'y a plus rien. Rien que des vagues, des écueils et une menace encore plus grande, celle des Romains. Ne croyez surtout pas que vous échapperez à leur fierté méprisante en vous effaçant dans l'obéissance. Le monde entier est leur proie. Ces romains qui veulent tout ne trouvent plus de terre à ruiner, alors c'est la mer qu'ils fouillent. Riches, leurs ennemis déchaînent leur cupidité. Pauvres, ils subissent leur tyrannie. L'Orient, pas plus que l'Occident, n'a calmé leurs appétits. Ils sont les seuls au monde.
A
Qui convoitent avec la même passion les terres d'abondance et d'indigence. Raflées, massacrées, saccagées. C'est ce qu'ils appellent à tort « asseoir leur pouvoir ». Font-ils d'une terre un désert ? Ils diront qu'ils la pacifient. Raphaël Laloune dans le cours de l'Histoire qui nous lisait cet extrait de Tacite. Avec Tacite, nous sommes au premier siècle, à la fin du premier siècle. Alors, le monde entier et leurs proies, etc. On pourrait évoquer, on parle bien de l'Empire romain et de se dire qu'ils convoitent les richesses du monde entier. Tant d'écho et d'écho à.
D
L'Actualité. Stéphane Benoît, Christophe Badel, intéressant ici d'entendre cet extrait rapporté par Tacite de ce chef écossais, Calgacus, qui évoque en fait l'idée que la peur romaine, tout ça n'est qu'un prétexte pour asseoir une domination. Oui, alors ce qui est intéressant déjà, est-ce que c'est le point de vue de ces barbares ? On ne sait pas. Tacite leur prête ce point de vue, déjà. Donc bon, ça c'est un premier point. Deuxième point, on voit ce qu'on a déjà dit à plusieurs reprises, qu'à cette époque-là, et on est à nouveau à l'époque des Flaviens, alors Tacite écrit début IIe siècle, mais là ça se situe en 83, C'est-à-dire, à l'époque des Flaviens, on voit bien qu'à cette époque-là, la paix est utilisée comme un élément de justificateur, légitimateur de la conquête romaine, puis de sa domination. Puisqu'en effet, là où ils font le désert, ils disent qu'ils imposent la paix ou qu'ils font régner la paix. On voit bien que les Romains utilisent ce thème pour justifier leur domination. Et là, on est dans le grand tournant flavien. concernant les... Et le texte, ensuite, décrit d'ailleurs les éléments d'oppression économique, d'exploitation fiscale que les Romains font régner. Et donc, il est possible que ces populations barbares extérieures, limitrophes, aient eu ce regard. Il est possible, mais il n'est pas certain. Car il faut voir que les rapports entre Rome et les barbares est extrêmement complexe et fait autant, en fait, de collaborations que de combats. À savoir que les barbares font autant de commerce avec les Romains qu'ils ne les combattent. On trouve beaucoup en Germanie, en Scandinavie, au nord des îles britanniques, on trouve beaucoup d'éléments de l'artisanat romain ou de bijouteries romaines qui ont été achetés. C'est pourquoi, par exemple, il y a une période de l'histoire scandinave, j'ai découvert il y a peu, qu'on appelle la période romaine. Les Romains n'ont jamais conquis la Suède ou la Norvège. Mais il y a tellement d'objets romains dans cette partie du monde. Et on sent que Rome, de façon influence, de façon importante de cette partie du monde, que les spécialistes du début de l'ère chrétienne en Scandinavie ont appelé cette période la période romaine de l'histoire scandinave. Et les barbares cherchent autant à profiter des richesses de l'Empire romain, alors en s'engageant justement comme soldats, en commerçant, qu'ils ne le combattent. Du coup, le texte de ta cite, c'est le texte d'un intellectuel romain et qui cherche essentiellement à critiquer le.
C
Régime impérial. Parce que le fond du problème de Tacite, c'est qu'il est opposé au régime impérial, il est nostalgie de la République, et finalement, ce qu'il veut critiquer, c'est le caractère intrinsèquement pervers du régime impérial. Parce qu'on est bien dans un discours anti-domicien dans ce type de texte et c'est vrai qu'il est difficile de savoir quelle voix on entend. Est-ce que la voix de Tacite est beaucoup plus importante que la voix des écossais de l'époque ? Il faut se méfier effectivement, mais ça nous donne en tout cas un certain nombre d'informations intéressantes sur la perception de ce que peuvent être les peuples qui sont intégrés à leur corps défendant pour un certain nombre d'entre eux à l'intérieur de l'Imperium Romanum. Et cette voie de Tacite, elle n'est pas unique. Christophe parlait aussi de la dimension économique et Il est certain que Plin est conscient aussi des équilibres financiers en quelque sorte et que le modèle de l'Empire romain peut aussi être un modèle instable dans la mesure où les richesses qui peuvent entrer ou sortir de l'Empire peuvent influencer l'ensemble de ce monde économique qui peut être parfois fragilisé. Et plusieurs voix, tout au long d'une très longue histoire, posent la question de l'identité. Maintenant, c'est un terme qui n'est pas du tout romain. Il n'apparaît que dans un contexte extrêmement chrétien au IVe siècle, l'identitas. La même chose, ça, ça existe, idem, et de fait, cette réflexion sur qu'est-ce qui ferait communauté, qu'est-ce qui aurait de nos jours, on parle beaucoup sous ces formes-là, sans même faire l'inventaire de ce qui est la vraie communauté, ce qui est le communautarisme, bon ça c'est d'autres questions qui ne concernent pas forcément le monde romain, proprement dit, mais qui interroge sur quelles sont les valeurs communes de ce peuple guerrier, incontestablement, mais qui.
A
Évolue au rythme de cet immense territoire dont vous nous avez rappelé l'importance. Pour nous, c'est toujours très étonnant de voir cette domination sur une grande partie du monde méditerranéen, européen. Bon, quelle est l'identité commune ? Et puis surtout, nous entendons que la notion, l'expression de Pax Romana est à manier avec grande précaution. Mais c'était particulièrement éclairant. Merci beaucoup à vous deux, Christophe Badel, Stéphane Benoît, de nous avoir conduits à l'intérieur de cet empire romain, mais pas seulement, parce qu'il y avait la République aussi, et même la royauté, pour saisir ce que signifie La Pax. Et comme ça je ne.
B
Dis pas.
I
La paix parce qu'on sait bien que ce ne sont pas les mêmes mots. Merci beaucoup à tous les deux. Prochain épisode dans le cours de l'histoire, la paix de Dieu. Maintenir l'ordre en odeur de sainteté. Georges Duby. Il y a une autre proposition qui est celle qui s'adapte le mieux à la féodalité, c'est celle qui vient des tenants de la paix de Dieu. Plus besoin du.
Podcast: Le Cours de l’histoire (France Culture)
Host: Xavier Mauduit
Episode Title: Paix, une histoire pas si paisible : Pax Romana ? Quand Rome dicte les termes de la paix
Date: January 5, 2026
In this episode, Xavier Mauduit and his guests—Christophe Badel (Professeur d’histoire romaine, Université Rennes 2) and Stéphane Benoît (Professeur d’histoire romaine, Université de Lille)—explore the concept of "Pax Romana" (Roman Peace). They examine the historical authenticity, meaning, and ideological uses of this term, contrasting Rome's so-called peace with its persistent state of war, and highlighting the complexities, ambiguities, and propagandist elements of Roman notions of peace from the Republic to the Empire.
Origins and Etymology
"Au départ, étymologiquement, la Pax veut dire plutôt traité... origine étymologique va vraiment marquer la conception romaine de la paix..."
Absence in Roman Official Language
"L'expression Pax Romana n'apparaît jamais dans les documents officiels... ce n'est pas un élément... de l'idéologie impériale."
Territorial and Propagandist Function
Rome as a Warrior Society
"Rome est une cité de la guerre... l'état normal de Rome, c'est l'état de la guerre..."
Calendar, Religion, and War
"Les portes ont été fermées qu'à deux reprises avant [Auguste]..."
"Je ne dirais pas que Janus est le dieu de la paix..."
No True Roman "Peace" God Until Late
Civic and Internal Peace
"La guerre civile a joué un rôle important dans l'émergence de la paix comme slogan idéologique..."
The Augustan Shift
"Si on essaye de comprendre ce qu'est la notion de paix... c'est la figure de l'impérator qui est mise en avant..."
The Reality of Augustan and Later "Peace"
"Pour les contemporains, ça n'avait pas de sens de se présenter comme pacifiste..."
The Role of Propaganda
"Dire paix, paix, paix, ça montre aussi que ces empereurs-là ont besoin d'affirmer à un moment donné la paix..."
"Les stoïciens pensaient... le devoir du dirigeant, c'était de faire l’articulation entre l'harmonie universelle... et la paix dans l'empire."
"Les chrétiens qui... valorisaient la paix... pour eux, la paix était une valeur fondamentale..."
"Ils font d’une terre un désert ? Ils diront qu’ils la pacifient."
"Les barbares cherchent autant à profiter des richesses de l'Empire qu'ils ne le combattent..."
"...les années 1960... on commence à mettre ça un peu en avant..."
"La paix romaine, en fait, n'existe pas."
"La paix, c'est un moment, le moment où on impose un traité à un adversaire avant de déclarer une autre guerre."
"Il n'aimait pas tellement la guerre... On a même dit qu'il était assez peureux."
"...cela grâce à la majesté sans limite de la paix romaine qui fait connaître mutuellement non seulement les hommes appartenant aux terres et aux nations les plus éloignées..."
"Ils font d’une terre un désert ? Ils diront qu’ils la pacifient."
"Dire paix, paix, paix, ça montre aussi que ces empereurs-là ont besoin d'affirmer à un moment donné la paix..."
This episode invites listeners to critically interrogate our inherited images of Roman “peace” and understand them as products of their time—contested, ambiguous, and deeply entangled with the reality of Roman power.