
Photographie, une histoire sans cliché : 1, 2, 3, ouistiti ! Histoire de la photo amateur
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Host
France Culture.
Éliane Delarmina
Le cours de l'histoire.
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit.
Host
1, 2, 3, We City, ne bougez plus ! Histoire de la photo amateur, les pionniers de la photographie ne seraient-ils pas tous plus ou moins amateurs au sens où ils n'ont bénéficié d'aucune formation ? En tout cas, ils se la sont créés et puis la pratique s'est développée. Pour réaliser une photographie, nous avons besoin d'un appareil plus ou moins sophistiqué et d'un photographe le plus souvent équipé d'un doigt au moins pour appuyer sur le déclencheur et d'un regard, surtout d'un.
Pierre-Jean Amart
Regard. Photographiez-vous. Je suis toujours un peu.
Host
Gêné dans certains cas par la photographie amateur parce que le souvenir, justement, il faut le pratiquer sans insistance. C'est-à-dire, il ne faut pas à tout prix mettre la belle-mère.
Éliane Delarmina
Devant l'acropole. Plus je vais, plus le temps passe, plus j'essaie de faire des choses comme.
Yann Delarmina
Un amateur. On peut dire, je crois, que la photographie est un des rites du.
Éliane Delarmina
Culte domestique. Le cours.
Yann Delarmina
De l'histoire. Finalement, les photos les moins prétentieuses, tu vois, les photos d'amateurs, les.
Pierre-Jean Amart
Photos souvenirs, tout ça, me montrent une richesse qui n'existe pas dans beaucoup de.
Yann Delarmina
Photos que tu vois dans.
Host
Les galeries.
Xavier Mauduit
France Culture. Moi, je ne fais pas de photos pour les conserver. Je fais des photos pour soulager une tristesse de voir les belles.
Host
Choses passer. Photographie. des voix qui se croisent pour débuter cette émission consacrée à la photographie amateur. Ce sont celles de grands photographes, Raymond Depardon, Jacques-Henri Lartigue, Bruno Requillard, Guy Le Quérec et un sociologue, Claude Grignon. Et pour nous parler aujourd'hui de la photographie amateur, Pierre-Jean Amart. Bonjour ! Vous êtes historien, historien de la photographie, photographe et Éliane Delarmina, bonjour. Vous êtes maîtresse de conférence en études visuelles dans le département d'études anglophones à l'université Paris Cité, la photo amateur. Mais déjà qu'il est difficile de définir qui est amateur et qui est professionnel. Je disais dans les premiers temps de la photographie, les pionniers sont des amateurs au sens où il y a du bricolage, il y a tout à inventer, c'est.
Pierre-Jean Amart
Cela Pierre-Jean Amart. Ah oui, il y a tout à inventer parce que le professionnalisme arrive assez vite, mais beaucoup de pratiquants de la photographie sont des amateurs. fortunés d'abord parce que la photographie coûte cher, le daguerreotype ça coûte très cher à faire, le matériel est cher, il faut du temps, il faut du temps. Aujourd'hui faire une photo ça va très vite, à l'époque c'était très long, il fallait préparer les plaques, il fallait avoir le grand appareil sur pied, il fallait prendre le temps de faire poser les gens si on voulait photographier. Et donc il y avait je dirais une assez Assez peu de différences entre un amateur et un professionnel. La seule différence c'est que le professionnel arrivait à gagner de l'argent avec ses photographies, l'amateur n'en.
Host
Avait pas besoin. C'est ça déjà, une approche pour différencier l'amateur du professionnel, c'est la destination pour la photographie. Est-elle destinée à être vendue ou le photographe rémunéré pour cette photographie ? Et il y a de l'arminat la définition, la limite entre l'amateur et le professionnel, ça peut être poreux.
Éliane Delarmina
À un moment donné. Oui, effectivement, et cette question d'ailleurs de la rémunération, elle peut avoir été saisie par des acteurs du champ un peu élargi de la photographie pour poser des définitions qui étaient potentiellement un peu polémiques. Et à la fin du XIXe siècle, on voit combien dans les sociétés photographiques, l'exclusion ou l'inclusion des professionnels, des gens qui font commerce de leur photographie a servi à définir une fonction de photographe, alors qu'il n'est pas encore vraiment pensé comme artiste, mais qui cherche à se circonscrire comme une activité un peu avisée, esthétique, ou en tout cas non vulgaire. Mais ce n'est qu'un cas des nombreuses tentatives ou outils qui permettraient de mettre un peu de l'ordre dans ce vaste monde de gens qui font des photos, ou qui peut-être font de la photo, mais qui ont ou non la légitimité.
Host
De se dire photographe. Il y a la démarche et puis il y a ce qui est représenté aussi parce que là, la limite encore une fois est floue, sachant que l'idée de faire un portrait, nous l'attribuons peut-être à un photographe professionnel et on pense tout de suite à Nadar au XIXe siècle. Mais la photo de famille, alors est-ce une photographie amateur ? Il y a plein d'approches différentes de l'idée de photographie amateur. Pierre-Jean Amart, ce n'est pas le sujet non plus qui fait.
Pierre-Jean Amart
La photographie amateur ou professionnelle. Les sujets sont souvent communs entre les photographes professionnels et les photographes amateurs. Souvent, ce qui les différencie, c'est peut-être la qualité de vision. Encore qu'il y ait de mauvais professionnels et de très très bons amateurs. Les frontières sont très floues et les catégories se superposent. Par contre, on a évoqué un mot tout à l'heure, aucun de ces photographes amateurs ou professionnels ne se prenait pour des artistes. L'idée que le photographe devienne un artiste est une idée qui arrive tardivement. Dans l'esprit des premiers photographes, c'était des gens qui produisaient des images, mais ils ne se considéraient pas comme des artistes. Bien que beaucoup d'entre eux étaient d'anciens peintres. Au début de la photographie, beaucoup de peintres.
Host
De dessinateurs sont devenus photographes. Et d'ailleurs, dans le film de Cédric Lapiche, L'avenue de l'avenir, un film de 2025, il y a cet échange entre un jeune peintre et un jeune photographe, au temps des premiers temps de la photographie. Et là, la rivalité est évidente entre ces deux.
Pierre-Jean Amart
Approches, entre ces deux arts. Et voilà, et.
Éliane Delarmina
Donc Anatole est peintre, peinture. Et moi voilà, je suis photographe. Et Lucien fait de la photographie parce.
Host
Qu'Il ne sait pas dessiner. Mais n'importe.
Pierre-Jean Amart
Quoi, mais j'ai très bien dessiné, qu'est-ce.
Host
Que tu racontes ? Non, il dit ça.
Éliane Delarmina
Parce que lui il est peintre. Il n'a toujours pas compris que la peinture dans quelques années ça n'existera plus. La.
Pierre-Jean Amart
Peinture ça n'existera plus ? Évidemment que ça n'existera.
Host
Plus, ça ne sert plus à rien. La peinture ça existera toujours, tu crois vraiment que la peinture ça peut disparaître.
Pierre-Jean Amart
Un jour ? Mais tout.
Host
Le monde le sait que ça va disparaître. La peinture c'est pour ceux qui.
Pierre-Jean Amart
Bossent et la photographie c'est pour les fainéants.
Host
Non, non, tu ne peux pas dire ça. Ah non, il ne peut pas dire ça quand même, la photographie pour les fainéants, c'est pas possible de dire ça. La photographie comme loisir en revanche, ça c'est quelque chose qui apparaît.
Pierre-Jean Amart
Dès le 19e siècle très tôt, bien sûr. Bien sûr, et on voit d'ailleurs naître des magazines spécialisés pour les photographes amateurs. Moi, j'ai dans ma bibliothèque une série de magazines datant de 1900-1904. Cette revue s'appelait Pellemel. Ce sont des magazines qui donnent d'abord beaucoup de recettes. comment fabriquer son révélateur, comment tirer une photographie au soleil. Et puis, il publie aussi quelques photographies de lecteurs. Donc, ça permet aux autres lecteurs de voir un peu la production. Et alors, tout ça, ce sont des images qui n'ont pas une très grande qualité, mais elles ont quand même le mérite d'exister et surtout, elles sont publiées. Donc ça fait un corpus d'images que l'on peut regarder, étudier, voilà. Et dans, par exemple, je reprends cette idée du magazine Pelmel, si on regarde l'ensemble, moi j'ai sur une dizaine d'années, ça permet d'avoir quand même une idée de ce qu'étaient les centres d'intérêt. Beaucoup de paysages, beaucoup, énormément de paysages, quelques portraits. Alors, les photos de famille n'étaient pas publiées. Bon, elles restaient dans la sphère de l'intime. Mais moi j'ai des photos de famille de.
Host
Mon grand-père qui sont de véritables belles images. Vous en avez fait un livre d'ailleurs, Alger retrouvé, 1940, avec ici l'exploration de vos archives familiales. Alors il y a comme une mise en abysme absolument sidérante, parce que historien de la photographie, photographe vous-même, et donc en charge de cette archive familiale exceptionnelle des albums.
Pierre-Jean Amart
Photos réalisés par votre grand-père, donc à Alger. J'ai consulté les images de mon grand-père parce que j'ai vu le film de Vivian Maier. Je savais que mon grand-père avait fait des photos, mais je n'avais jamais regardé ces photographies. Pendant le Covid, où j'avais du temps et où j'ai vu le film de Vivian Maier, je me suis dit que j'allais jeter un coup d'œil sur les photographies de mon grand-père. Je n'avais que des plaques négatives. J'en prends 20 au hasard, je les scanne, Et dans ces 20 photos, il y en avait 10 extraordinaires. Donc je me suis dit, je vais aller voir les 250, puisque j'en avais 250. Et en les regardant, je me suis aperçu qu'il y avait à la fois des photographies de famille, très intéressantes, des photographies sur la ville d'Alger dans les années 1900-1940. L'inconvénient, c'est que ces photos ne sont ni datées, ni légendées. Donc il a fallu faire des approximations, ou bien faire des recherches sur internet. Et il y avait aussi des photographies faites pendant la guerre de 1914. Puisque mon grand-père était médecin, capitaine pendant la guerre de 1914, donc il a fait des photos. Et il y avait aussi entre les deux guerres, entre 14 et 40, beaucoup de photographies dans le port d'Alger de bateaux militaires, enfin de navires militaires. Et alors, ça c'est extraordinaire, j'ai pu, grâce à un historien anglais de la marine, retrouver le nom de tous les bateaux et même le nom des capitaines. Merveilleux ! Alors tout ça a fait que j'ai eu envie d'en faire un livre et Archer a accepté de le faire.
Host
Et j'ai été très très heureux qu'il soit publié. Les éditions Archer avec ici une qualité d'image, parce qu'il faut le rappeler sans cesse, ces photos anciennes.
Pierre-Jean Amart
Offrent des détails que l'on imagine à peine aujourd'hui. Oui, alors il y a une raison, c'est que ces photos étaient souvent faites sur de grandes plaques. Donc, au plus le négatif est grand, au plus on a une qualité d'image qui est grande. Et comme mon grand-père avait fait l'essentiel de ses photos en 9-12 cm, ça a.
Host
Permis de faire des tirages de très belles qualités. Eliane Delarmina, Pierre-Jean Amart vient d'évoquer, pour expliquer son intérêt pour ses archives photographiques familiales, le visionnage d'un film, celui de Viviane Maier. Qui est-elle et pourquoi d'ailleurs, d'après vous, c'est ça qui a pu.
Éliane Delarmina
Inciter Pierre-Jean Amart à plonger dans ses archives ? Alors Viviane Maier, qui est donc cette femme qui a vécu toute sa vie adulte à Chicago, qui travaillait comme nourrice, donc qui évolue dans un espace qu'on pourrait considérer comme domestique professionnellement, mais qui a pendant toute sa vie pris des photos dans Chicago, enfin dans toutes sortes d'espaces publics. dont les archives ont été redécouvertes par hasard par un agent immobilier de Chicago, John Maloof, et donc après... Donc finalement c'est quelqu'un... On imagine qu'elle était perçue comme une femme excentrique qui faisait beaucoup de photos, mais qui ne montrait probablement pas beaucoup ses photos, qui n'était pas affiliée à des collectifs où on regarde l'ensemble des photos, et qui, après sa mort, devient... une photographe, et même une grande photographe. Ce qui est intéressant, c'est que ce cas nous permet justement de revoir cette délimitation entre amateur et artiste, ou en tout cas photographe, grand photographe, parce que Viviane Maillard, c'est quelqu'un qui est très seule dans sa pratique et qui met en scène aussi cette image de ce regard d'artiste qui, plutôt que d'être inscrit dans le quotidien, des rituels, des occasions, professionnelle ou amicale, poursuit ses images, cherche son regard et peut-être même en avance sur son temps, est en dialogue, en le sachant ou en ne le sachant pas, avec les autres grands photographes de son époque. Et on ne s'encombre plus beaucoup, au-delà de sa biographie à elle, de l'espace social autour. Donc c'est aussi une sorte de... Qu'elle se soit ou non conçue comme photographe amateur ou photographe, la façon dont elle est assignée quelque part photographe et comme un jugement aussi contre tous les autres photographes autour d'elle qui ne seraient que des amateurs. Et pas simplement par les images qu'il et elle produisent, mais aussi.
Host
Par la figure peut-être moins individuelle qu'il et elle présente. Avec cette posture, on l'a bien compris depuis que nous échangeons, délicate à définir entre l'amateur et le professionnel. Et dans la démarche même, Pierre-Jean Amart, vous photographe, je peux le dire, professionnel bien sûr. Vous êtes aussi photographe amateur à d'autres moments quand il s'agit de photos familiales par exemple. Mais dès que vous en faites un livre, ces photographies qui pourraient être des photographies d'amateurs deviennent des photographies professionnelles. Je peux citer notamment les 20 ans d'Aurélien. Donc, à partir des photographies familiales sur votre fils, ou encore, parce qu'il faut le dire, Pierre-Jean Amart, les photographies de chats, de vos chats. Vous en avez fait un.
Pierre-Jean Amart
Ouvrage intitulé Photomatou, auquel j'ai participé. Donc.
Host
Nous nous connaissons. Nous nous connaissons, grâce à ce livre.
Pierre-Jean Amart
Photomatou, les photos de chats, ce sont des photos d'amateurs. Alors, pour évoquer le livre d'Aurélien, J'ai pris la décision de faire un livre sur mon fils au moment où ma femme était enceinte. Pour une simple raison, c'est que beaucoup de mes amis, femmes de photographes, me disaient, mon mari va faire des photos aux quatre coins du monde et il ne fait jamais de photos à la maison. Donc j'ai dit, je vais prendre le contrepied, je vais avoir un enfant, donc je vais suivre cet enfant et je ferai pour ses 20 ans un livre. Donc j'ai pris cette décision 20 ans avant. Et j'ai essayé de tenir ma promesse. Et alors, la difficulté, pour moi, c'était d'éviter de faire des photos de papa en essayant de faire des photos de photographe. Et ça, j'ai essayé de tenir la cageur, mais c'est vrai que ce n'était pas simple tout le temps. Et j'ai, dans les archives, énormément de photos de papa. Bien entendu. Mais que j'ai évité de publier dans ce livre. C'est ça la différence. C'est que les mêmes images faites par des photographes amateurs, et bien n'ont pas, peut-être, cette qualité de vision, de cadrage, de composition, de choix de la lumière, de choix de l'instant, qui font que.
Host
Tout ça devient une bonne photo ou une photo banale. Oui, parce que les photographes professionnels, nous connaissons les noms, puisque quand nous regardons dans les dictionnaires, il y a écrit photographe. On vous dit, voilà, il est photographe. Mais à côté d'autres grands noms, je pense à ceux du 19e siècle, nous avons écrivain, à côté, peintre, mais ce sont des photographes. Il n'est qu'à citer Edgar Degas, le peintre, il est photographe. Et Mille Zola, bien sûr, Éliane Delarmina, on a ici, Victor Hugo aussi, des gens.
Éliane Delarmina
Qui se sont intéressés à la photographie en tant qu'amateurs. Oui, en fait, ça correspond aussi au fait que la photographie est une pratique très difficile à maîtriser aussi au plan technique dans les premières décennies, mais qui, depuis sa conception, a aussi été imaginée comme un art accessible, justement, comme on l'entendait dans l'extrait de L'avenir de l'avenir, plus facile, à la portée d'un peu tout le monde, ce qui va se réaliser, devenir de plus en plus réel. Et donc, c'est plus facile de verser un petit peu dans la photo à côté de son activité culturelle autre que de faire du cinéma au tout début du 20e siècle ou de la composition musicale ou voilà donc c'est tout simplement une forme technique qui est hautement accessible même si cette accessibilité elle évolue très fortement en termes encore une fois de technique mais aussi de.
Host
Coûts au cours de l'histoire de la photographie jusqu'à aujourd'hui. C'est très juste ce que vous dites là, d'autant que peindre, dessiner fait partie des loisirs classiques du 19e siècle. Sauf qu'il faut une forme de talent ou au moins il faut une formation pour réaliser quelque chose d'acceptable. Il y a l'idée qu'avec la photographie, il est possible d'obtenir quelque chose. Alors après la qualité, et autres, mais on arrive à reproduire assez facilement quelque chose. C'est ce sentiment-là, Pierre-Jean Amart, vous êtes l'auteur de différents ouvrages, notamment des Que sais-je ? L'histoire de la photographie ou les 100 mots de la photographie en Que sais-je ? C'est vous. Le peintre bénéficie d'une formation, parce qu'on ne s'invente pas à peindre ou alors on crée des choses qui ne peuvent pas correspondre de manière technique à des attentes qui répond à une norme. Pour la photographie, c'est un peu la.
Pierre-Jean Amart
Même chose. On peut s'improviser photographe ? Il faut un peu de formation. Alors, je reviens juste sur les peintres. Il y avait quand même des moyens techniques pour dessiner avec des machines. La chambre obscure ou la chambre claire. Donc, ça permettait quand même à des gens qui n'avaient pas cette technicité du dessin d'obtenir des images dessinées grâce à ces machines. Et ça, depuis longtemps, puisque la chambre obscure existe depuis très longtemps. Et la chambre claire est arrivée au 18e siècle, donc très facilement, on pouvait dessiner. Donc, par contre, la photographie, tant qu'elle était difficile à mettre en œuvre, les trois premières grandes techniques, des gréotypes, calotypes et collodions, il fallait tout préparer juste avant la prise de vue. Ce n'était pas facile, il fallait des tours de main. Donc il fallait de la pratique. Mais comme vous l'avez dit tout à l'heure, il n'y avait pas de formation. Donc les gens se formaient tout seuls ou étaient apprentis de quelqu'un qui savait déjà. Donc c'était ça aussi la façon de se former. Mais malgré tout, il faut attendre 1880 le moment où on invente ce qu'on a appelé le gélatino-bromure d'argent, qui a permis de faire des plaques dites sèches, que l'on pouvait fabriquer à l'avance, et donc conserver et obtenir des appareils dans lesquels il y avait par exemple 12 plaques qui permettaient de faire 12 photos à la suite. Et puis ensuite, ce gélatino-bromure d'argent, on a réussi à le couler sur de l'acétate, au début du papier et puis après de l'acétate. Donc ça a permis de faire ce qu'aujourd'hui on appelle un film. Donc, cette facilité est arrivée vraiment à la fin du XIXe siècle. Et concomitamment, les appareils sont devenus portatifs, et on n'avait plus besoin d'un pied pour faire de la photographie. La sensibilité du gélatine au bromure avait augmenté, donc on pouvait faire de l'instantané. Et c'est ce qui a permis le développement de la photographie d'amateur, vraiment, alors là, à grande échelle. Parce que.
Éliane Delarmina
Techniquement, c'était facile. Tant que c'était difficile, malgré tout, ils étaient peu nombreux. Oui, Pierre-Jean Amart, vous évoquez la chambre noire, la chambre claire, ces éléments un peu d'archéologie de la photographie qui étaient déjà liés aux images faciles à réaliser. Donc on sent qu'avant même que la photographie soit une technologie qui permet de produire des images fixes, il y a ce lien fort avec l'accessibilité et la facilitation de la production d'images. Et pourtant, pour que ça devienne concret, il faut toutes sortes d'avancées, d'expérimentations, potentiellement d'impasses au 19ème pour trouver quelle sera la méthode sûre, qui marche presque à tous les coups et sans une énorme compétence derrière. Et c'est quelque chose qui, comme vous le soulignez, dépend de l'introduction des émulsions sèches, qui permettent de séparer la prise de vue de toutes les étapes de préparation avant et après, de préparation et de traitement. Et après, donc ça c'est les années 1880, dans le même temps, développement d'industrie photographique, qui produit des appareils photos, qui produit des films, des matériaux photographiques, et qui s'occupe du traitement, du développement du tirage, avec ce slogan extrêmement connu de l'entreprise Eastman Kodak, qui crée ce mot Kodak, mais qui introduit aussi un slogan qui a beaucoup saisi la société, puis les historiens. « You press the button, we do the rest ». Vous appuierez sur le bouton, nous ferons le reste, et vraiment l'intronisation d'un nouveau type d'amateur propre au XXe siècle, qui est quelqu'un qui appuie sur le bouton, une requalification de ce que c'est que pratiquer la photographie, et qui correspond soit à une nouvelle invention, soit à un deuxième âge, ce que François Brune a appelé.
Host
Un deuxième âge de la photographie, une actualisation de la photo comme art pour tous. Ah oui, parce que là, ce que vous venez de dire, c'est qu'être photographe amateur, dans les premiers.
Pierre-Jean Amart
Temps, c'est préparer tout le matériel, réaliser le cliché et ensuite le développer, tout faire. Tout faire. Alors qu'après, comme disait Bernadette Romina, on appuie sur le bouton, on donne ça à un professionnel qui s'en occupe, il développe, il fait les tirages, il vous les rend, vous payez et puis vous êtes tranquille. Mais, malgré tout, la.
Host
Difficulté c'est que ça finissait quand même par coûter cher. Ça finissait par coûter cher. Ça y est, le daguerreotype est mis de.
Pierre-Jean Amart
Côté depuis longtemps. Les tirages sur verre, ça coûte cher. J'imagine ces plaques de verre. Jusqu'en 1880, faire de la photographie était un loisir coûteux. et professionnellement, une profession où il fallait investir et il fallait surtout du matériel, de la place ou un assistant. Quand Mathieu Brady partait pendant la guerre de sécession avec son chariot, il fallait bien qu'il ait un assistant aussi.
Host
Pour l'aider parce qu'il fallait préparer les plaques au moment de la prise de.
Pierre-Jean Amart
Vue. Et après, on a des tirages qui sont réalisés sur quoi ? Sur papier ? Sur papier dissalé, oui, sur papier salé. C'était un papier qu'il fallait aussi préparer soi-même. Il n'y avait pas, dans le commerce, de papier photographique pour le tirage. Il fallait aussi préparer son papier à l'albumine ou en papier salé ou... Bon, avec différentes techniques, on ne va pas rentrer dans les détails, mais c'était un peu compliqué quand même. Moi qui ai essayé de les pratiquer, c'est compliqué. C'est vrai, vous avez repris... Oui, oui, j'ai repris. Au niveau du tirage, j'ai refait du papier salé, j'ai refait du papier à l'albumine.
Host
Et les résultats.
Pierre-Jean Amart
? Ah ben, les résultats sont bons. Une fois qu'on sait comment.
Éliane Delarmina
Il faut faire. Mais c'est long. Et finalement, aujourd'hui, on a de bien meilleurs résultats beaucoup plus facilement. Effectivement, la photographie amateur, c'est aussi et peut-être surtout un grand marché commercial. un champ d'application industrielle et un marché sans fin parce que, enfin sans fin jusque numérique, parce que pour faire des photos il faut acheter de la pellicule, ensuite les laboratoires de dirage vont eux-mêmes avoir acheté du papier, l'industrie photographique, Et donc il y a une sorte de situation presque... alors pas vraiment de rente parce que justement c'est une industrie avec des évolutions techniques permanentes pour améliorer le résultat, la possibilité de belles photographies, de photos réussies qu'on offre aux amateurs. Mais donc il y a toute une histoire technique de l'industrie photochimique qui est très importante et par ailleurs c'est aussi une histoire économique et commerciale puisque finalement la grande question qui se pose pour pouvoir faire des photos c'est la question d'avoir le temps mais surtout peut-être les moyens. Le premier appareil Kodak qui est préchargé avec 100 vues à la fin des années 80 coûte 25 dollars ce qui est extrêmement peu cher parce qu'il est l'équivalent d'un mois de salaire d'un ouvrier. Quelques années après le Brownie coûte 1 dollar. un appareil de peut-être moindre qualité, mais en tout cas qui devient extrêmement accessible. Et tout au cours du XXe siècle, il y a une baisse des coûts, en même temps une hausse du niveau de vie, et c'est la façon dont à la fois commercialement et industriellement la photographie accompagne l'évolution aussi des loisirs au XXe siècle, avec des loisirs qui correspondent à un champ économique, qui sont très liés à la consommation, et qui deviennent de plus en plus accessibles à de plus en plus grands nombres de d'usagers et c'est quelque chose qu'on voit en particulier dans les magazines de photos où il y a énormément de publicité. C'est une caractéristique vraiment marquée, ça fait partie des magazines.
Host
Qui sont les plus chargés au XXe siècle en pages publicitaires, en plus des pages techniques qui décrivent les appareils, les papiers, etc. Pierre Joramard.
Pierre-Jean Amart
Dans les magazines que vous avez dans votre bibliothèque. Il y a beaucoup de publicité, plein d'appareils différents. Des appareils, des plaques, des laboratoires qui peuvent traiter les plaques et faire les tirages. Donc c'est vrai que dans ces magazines, il y a énormément de publicité. C'est drôle parce que Ce sont des magazines où les publicités ne sont pas des photographies. Ce sont des gravures.
Host
Alors qu'on savait déjà imprimer les photos dans le magazine. Mais les publicités, elles, sont des publicités dessinées. Et dans.
Pierre-Jean Amart
Ces magazines, j'imagine qu'on trouve de quoi tirer soi-même ces photos si on peut bénéficier d'un petit laboratoire. Ah ben oui, il y a toutes les formules, il y a tous les conseils possibles et imaginables. Et puis alors, il y a des inventions les plus farfelues possibles. C'est-à-dire ? Ah oui, il y a plein de gens qui ont essayé mais différentes façons de tirer. On a tout employé depuis. depuis la purée de pommes de terre jusqu'au tomate écrasé. On a tout essayé. Il y avait des trucs qui marchaient et d'autres qui ne marchaient pas. Mais on voit dans ces magazines toutes ces toutes ces recherches un peu farfelues. Et ça veut dire.
Host
Qu'Il y avait quand même un engouement pour cette nouvelle façon de rapporter l'histoire de la vie courante. Voilà. Il y a ce moment magique, on le sait bien, au.
Pauline Carton
Moment où se dévoile la photographie. Là, nous sommes dans le laboratoire et nous y sommes avec Pauline Carton. Entre ses doigts, on prend le cliché. Et puis, à l'instar de Gribouille, pour qu'il n'entre pas trop séché dans son petit bain, on le mouille. Ceci fait délicatement, sans secousse, avec minutie. On commence le développement, le développement de la photographie. Le cliché baignant dans son bain. Il faut alors, sans maladresse, agiter jusqu'à ce que le dessin de l'image tout à coup se dresse. C'est là la grande précaution. Il faut remuer les figilles pendant toute l'opération pour faire une bonne photographie. Le cliché monte, il se maintient, amerveille sur la plaque sensible. Attention, voilà que ça vient, que ça vient même aussi bien que possible. Il ne s'agit pas, en vérité, après autant de minutie, d'avoir l'air fin caraté en guise de photographie. C'est fini, faut pas s'énerver. Opéra Sillon est complète. Il ne reste plus pour le laver qu'un mec cliché dans une cuvette. Et si le.
Host
Plaisir est sans pareil, qu'on apprie à toute cette chimie, on rechargeait son appareil pour faire une autre photographie. La photographie chantée par la sublime Pauline Carton dans le cours de l'Histoire, une émission réalisée par Thomas Boët, la technique d'Alia. Et aujourd'hui, nous nous intéressons à la photographie amateurélienne de l'Armina. Bien sûr, nous saisissons et vous avez, avec justesse, rappelé combien tout cela est lié à une histoire économique, une histoire sociale, celle des loisirs notamment. La photographie amateur se développe au sens où désormais, avec un peu d'argent, on peut acheter un appareil photo, acheter des pellicules et puis après les faire développer. La question demeure les sujets représentés. Est-ce qu'il est possible de faire une approche de.
Éliane Delarmina
L'Histoire de la photographie amateur par les sujets représentés, par peut-être une histoire sociale aussi de ce qui est montré ici ? Alors effectivement, on peut dire qu'il y a eu deux grandes manières d'approcher l'infini production des amateurs, que ce soit dans les musées ou pour les historiens, etc. C'est soit la forme, donc les photoamateurs c'est un certain type d'erreur, c'est des sortes de signatures, le flou, le bouger, peut-être une forme de spontanéité, La simplicité, c'est peut-être l'innocence, des images qui auraient un certain style. Par ailleurs, ce sont des images qui labourent un peu sans cesse les mêmes lieux et temps. On pense bien sûr à la photo de famille, Noël... les photos des enfants, les photos de vacances, donc bien sûr, l'histoire de la photo de coucher de soleil au bord de la mer, quand on est dans la bonne orientation. Mais donc cette... On pourrait faire une typologie. Effectivement, peut-être les artistes d'ailleurs qui s'inspirent de la photo des amateurs, parfois vont faire ces sortes de typologies. On pense à Stephen Shore dans les années 70, photographier l'assiette au restaurant, les amis chez qui on est, la maison où on s'est arrêté. les animaux, donc une approche sujet au centre de l'image, donc avec une simplicité de ce qui serait quelque part au premier plan. Et en même temps, si on veut faire une histoire sociale de ces images amateurs, on va plutôt s'intéresser peut-être au contexte, au lieu et au moment dans lequel on fait les photos, au lieu et au moment et au groupe avec qui et où on va regarder ces photos, il y a tout ce qui se passe autour de la prise de vue. Et peut-être justement pas adopter le point de vue du viseur de ces appareils point-and-shoot, où on.
Host
Se contente de viser et de presser sur le bouton, qui resterait figé sur ce point au milieu de l'image. Oui, c'était cette question de regard qui différencie aussi l'amateur et le professionnel. Pierre-Jean Amart, est-ce que c'est bien difficile de saisir au fil du temps le positionnement amateur-professionnel et même à l'intérieur du champ des photographes professionnels, le sujet représenté qui pourrait être légitime dans un monde amateur ?
Pierre-Jean Amart
En revanche, ce qui différencie tout cela, c'est le regard, le positionnement de l'artiste dès lors face à ce qu'il regarde. Je pense qu'il y a deux choses qui différencient l'amateur du professionnel. C'est comme vous venez de le dire, c'est la qualité du regard, la qualité de la composition, mais aussi les sujets traités. Il y a des sujets que les photographes amateurs ne traitent jamais et qui sont réservés au domaine professionnel. Je pense par exemple à la photographie de mode. L'amateur ne fait pas de photographie de mode. L'amateur ne fait pas de photographie scientifique. L'amateur ne fait pas de photographie d'architecture pour des grands architectes. Donc voilà des domaines qui sont réservés vraiment aux professionnels. Et l'amateur, lui, va traiter des sujets plus faciles d'accès, comme vous venez de le dire, la photo de famille, la photo de vacances, les mariages, les communions. Encore que, dans les mariages et les communions, il y avait une partie réservée aux professionnels. On allait.
Host
Chez le photographe se faire photographier dans le costume de communion. Ce qui n'existe plus aujourd'hui.
Pierre-Jean Amart
Ce qu'on ne voit plus. Non, mais en tout cas, la présence d'un photographe professionnel lors des mariages, c'est le classique. Voilà, et ça, ça continue encore. Ça a beaucoup diminué, il y a beaucoup moins de professionnels dans les mariages, parce que tout le monde croit qu'ils sont capables de faire la même chose avec leur smartphone. Ce qui n'est pas vrai. Ce qui n'est pas vrai du tout. Ça existe. Mais cette différenciation amateur-professionnelle, par contre, pour certains sujets, ou pour certains thèmes, sont les mêmes. Je pense au paysage, par exemple. Il y a de très grands photographes qui ont fait du paysage. Ansel Adams, Edward Weston, qui avait eu un grand exploit à Paris récemment. Et à côté de ça, il y a des gens qui sont allés à Pointe-aux-Bosses faire des photos, mais ce n'est pas les mêmes que celles d'Ansel Adams ou de Weston. Et c'est ça. Alors, après comment différencier vraiment ? Comment juger ? Ça, ça devient difficile. Moi qui ai beaucoup enseigné la photographie à des gens amateurs, par exemple, pour leur faire comprendre la différence entre une bonne et une photo moyenne, c'est très compliqué.
Host
Parce que la réponse c'est, ah ben c'est comme ça que je voulais faire. Oui, ben d'accord, mais peut-être que tu es trompé. Peut-être, et puis pour avancer dans cette réflexion bien difficile de définition de.
Narrator
La photographie amateur, je vous propose d'écouter une archive, la voix de quelqu'un, Pierre-Jean Amard, que vous avez très bien connu, Willy Renis. Dans cette photographie, par exemple, j'ai un personnage qui est encadré d'une manière qui me plaît énormément. Et d'ailleurs, j'ai prévu ce moment. Je l'ai attendu. J'ai vu ce personnage monter l'escalier. J'ai attendu qu'il soit à cette place-là pour le photographier. On a dans les quatre coins à peu près des angles droits. Pour moi, il n'y a pas de contenu qui soit exprimé de manière totale s'il n'y a pas une forme qui soit étudiée dans tous ces détails. Bien sûr, on ne peut pas toujours faire ça dans la photographie prise sur le vif. Mais c'est précisément un de ces défis qui sont tellement passionnants pour le photographe qui.
Host
Aime travailler sur le vif. C'est d'essayer de construire dans le contingent quelque chose dont tous les éléments paraissent en quelque sorte exemplaires. Ici, c'est Willy Roonis en 1980 dans l'atelier Création radiophonique de France Culture. Pierre-Jean Amart, vous avez connu Willy Roonis, bien sûr, des ouvrages aussi, une amitié avec Willy.
Pierre-Jean Amart
Roonis que vous avez publié aux éditions Bization. Dites-nous, ici, dans cette réflexion, vous la voyez cette photo là d'ailleurs, qu'il décrit ? Oui. Comme disait Willy, et comme il l'a écrit, le photographe doit avoir une vision objective et une vision globale. C'est-à-dire qu'au moment où il appuie sur le bouton, il doit avoir vu dans son viseur tout ce qui devait se mettre en place. Et c'est ce que dit Willy. J'ai attendu que ce personnage se mette à la bonne place dans l'escalier. S'il n'avait pas été là, la photo n'avait pas de sens. Je me souviens d'une autre photographie, qui s'appelle Bouvard-Richard Lenoir. où il y a tout un tas de choses qui se passent. Il y a des gens qui parlent sur le seuil d'une boutique. Il y a un fardier qui passe avec le cheval. Il y a une dame qui descend les escaliers avec un bébé dans les bras. En bas à gauche, il y a une boîte aux lettres. Cette photo est une des photos emblématiques de l'œuvre de Renis. Et un jour, cette photographie que j'ai souvent tirée pour lui, j'étais en train de la fignoler, de la repiquer, ce qu'on appelle repiquer. Et quand je fais cette opération, c'est une opération un peu longue et pas très intéressante, donc j'écoute la radio. Et je mets France Culture. Et qui parlait à France Culture ? Willy Ronis. Déjà, c'était drôle. Et de quoi parlait-il ? De cette photo. Et il disait que c'était une photo qui, pour elle, était extraordinaire, etc. Et il dit, ce que je regrette, c'est qu'en plus de tout ce qui s'y passe, il n'y ait pas eu quelqu'un qui était en train de mettre une lettre dans la boîte aux lettres qui est en bas à gauche des escaliers. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Mon regard se porte sur la boîte aux lettres, j'avais la photo sous les yeux, et je vois à côté de la boîte aux lettres une petite tâche noire que je n'avais jamais vue. Cette tache noire, c'est un chat. Que je découvre. Huit jours après, je devais rencontrer Willy Ronis. Je me suis dit que je lui dirais que j'ai vu cette photo. Quand j'arrive chez Willy, il me dit qu'il a quelque chose à dire sur une photo. Ah bon ? Et nous rentrons dans son atelier, et il y avait cette photo, en très grand, en poster, sur le mur, et son regard se tourne vers la photo. Je lui dis, tu ne vas pas me parler de cette photo ? Elle me dit, oui, oui. Mais il me dit, tu sais, hier soir, avant-hier soir, je regardais encore cette photo, et j'ai découvert qu'il y avait un chat, 40 ans après la prise.
Host
De vue. Mais j'ai dit, oui, mais.
Pierre-Jean Amart
J'Ai fait la même découverte que toi. Et voilà, il.
Host
Avait tout vu, sauf le chat. On en a fait un livre. C'est une sublime histoire, Pierre Jean Ramart. C'est une belle histoire, oui, c'est une très belle histoire. Et Yann Delarmina, parce que nous parlons beaucoup de la photographie avec l'intention du photographe, amateur ou professionnel, mais il y a aussi la question du regard. C'est comment nous regardons ces photographies. Vous avez publié un ouvrage consacré aux maisons, enfin houses et homes, comme on dit, c'est ça ? Mais comme beaucoup de photographies que nous avons pu évoquer, elles ne sont pas produites pour être des photos d'art, mais par le regard porté.
Éliane Delarmina
Sur ces photos, elles deviennent des photos d'art. Ici, ça ajoute aussi un champ à notre approche de la photo amateur. Qui prenait ces photos de maison ? C'était En artiste. C'était l'occurrence, artiste. un dans le livre, je traite plutôt des photos qui sont produites par des artistes, des photographes professionnels et des photographes publiés, mais qui vont s'approcher de la maison comme un objet qui est déjà pris en charge par une iconographie privée. et donc ils vont en partie refaire poser des gens devant leur maison ou faire la photo qu'on enverrait à sa famille après avoir déménagé dans un nouvel endroit. Donc aux Etats-Unis les logements sont depuis longtemps surtout des maisons, donc des objets qu'on peut bien cadrer. Et donc même quand ces images, même quand c'est des des grands photographes comme Walker Evans qui s'approchent et qui photographient des maisons, il y a toujours derrière, dans cette prise de vue, un regard possible qui.
Host
Serait celui de quelqu'un devant sa propre maison et qui ferait cette photo parce que c'est le centre du monde et c'est ma vie et j'ai l'archive visuelle de mon existence. Parce que c'est cela aussi, l'archive liée à la photographie amateur, on a parlé des familles, des grands moments, de la vie, c'est quelque chose qui nous lie à une forme d'intimité. C'est aussi cela le succès de la photographie amateur. On le sait bien, mais le dire c'est simplement évoquer le quotidien des auditrices, des auditeurs qui nous écoutent et qui ont maintenant dans leurs téléphones portatifs, des tas et des tas de photographies. Nous avons besoin de nous créer une image de notre propre vie. Ça explique le succès de la.
Pierre-Jean Amart
Photographie amateur, au-delà de l'exploit qui pouvait être réalisé au début du XXe siècle, l'exploit de votre grand-père, entre autres Pierre-Jean Amart, quand il photographie Alger au début du XXe siècle. Pour lui, ça n'était plus un exploit technique. Il avait déjà toutes les mêmes facilités qu'aujourd'hui. Il avait des plaques sèches, des appareils portatifs. Ce n'était pas plus compliqué qu'aujourd'hui. Par contre, la grande différence aujourd'hui, c'est que 98% des photographies d'amateurs sont produites, comme vous l'avez dit, par les smartphones. Et ça, ça pose un énorme problème. Que vont devenir ces photographies ? Lorsque les amateurs des années 60, 70, 80 faisaient de la photographie, ils allaient les porter au laboratoire et on leur donnait des tirages. Ces tirages, ils les collaient dans des albums. Aujourd'hui, tous les gens qui font de la photo avec leur portable ne les font pas tirer. Donc, ces photos sont vouées à disparaître. ou tout au moins, ne seront pas accessibles. Il ne restera rien. Sauf si quelques-uns font faire des tirages, ou si quelques-uns ont la précaution de faire un transfert dans des disques durs. Mais ça, ce n'est pas la majorité. La majorité font clac-clac avec leur téléphone et puis ils les regardent, ils les montrent éventuellement à quelqu'un, ils les envoient peut-être à leur grand-mère ou à leur tantine, mais ça s'arrête là. Donc, il n'y a plus la soirée diapo de tonton Alfred. Il n'y a plus la soirée diapo de tonton Alfred, qui en plus commentait, racontait, parce qu'il n'y avait pas dans la photo les éléments nécessaires à la compréhension. Il fallait.
Host
Que quelqu'un nous explique où c'était, quand c'était, pourquoi on était là. Et ça, Tonton Alfred le faisait très bien, même si c'était un peu lassant au bout de la 675ème photo. Et d'ailleurs, c'est à peu près le même procédé avec les réseaux sociaux, qui diffusent énormément de photographies sans qu'elles soient toujours contextualisées, et par la masse, parfois, elles perdent de leur.
Éliane Delarmina
Sens. Et Yann Delarmina, pour ses photographies, nous l'avons dit, il y a beaucoup d'émotions, il y a quelque chose lié aussi à l'archive. Ses photographies amateurs sont riches d'informations, de documentations. Absolument, et la question que posait Pierre-Jean Amart, que vont devenir ces photos, elle est très importante si on s'attache à la pratique amateur en tant que telle et qu'on voudrait pouvoir voir ce que les gens ont photographié, mais aussi parce qu'il y a un très grand, et peut-être en particulier maintenant, puisqu'on voit circuler sur les réseaux sociaux beaucoup d'images privées, on est d'autant plus sensible à cet archive qui est dans les maisons, à pouvoir voir quelque part l'équivalent de Facebook et Instagram il y a quelques décennies, aussi parce que les photos de famille sont beaucoup republiées sur les réseaux sociaux, et parce que ces archives de la photo de famille, ces archives de photos amateurs, sont une mine d'histoire sociale, en particulier parce que Rares sont les gens qui font venir un photographe professionnel chez elles et eux. Ça demande à priori... Alors, il y a des gens qui font faire des photos de leur famille aujourd'hui chez eux, mais c'est une pratique qui est... Ça va donner quelques images, mais la majorité de la vie de ces enfants, par exemple, elle ne sera pas photographiée par... Il y a les photos de l'école, du photographe scolaire, et après le reste des images, c'est la maison, c'est l'espace domestique. Et donc, pouvoir récupérer les archives privées pour... des historiens et des historiennes de la vie urbaine, des modes de vie, pour des musées en particulier. Et moi j'ai vu ce processus en particulier à Chicago avec l'établissement d'un musée du logement social. Alors il y a d'énormes archives institutionnelles, donc les logements sociaux de Chicago ont été énormément photographiés, mais l'archive la plus importante, celle qui a vraiment été recherchée et récoltée, c'est celle des familles qui ont vécu dans ces logements depuis les années 30, moment où la photo... certaines familles pouvaient déjà avoir des enfants qui faisaient de la photo. Et donc il y a cette espèce d'immense mine, en fait, de données qui, un peu comme on chercherait des journaux intimes ou d'autres formes d'archives du champ privé, qui sont recherchées. Mais en fait, à l'époque... Un autre exemple frappant, ce serait l'exposition et le film sur Casa Susana, donc cette archive de photos transgenre des années 60 dans le nord-est des Etats-Unis qui a été trouvé de façon classique au puce et qui est apparu comme une archive extrêmement rare en fait de pratiques de travestissement et de vie un petit peu à l'envers tout en empruntant les formes d'une vie de classe moyenne bourgeoise. Donc de reconstituer une famille et de refaire de la photo de famille avec déplaçant certains rôles et en adoptant des places qui sont refusées dans le reste de la société, ces images ne peuvent être trouvées que dans des albums de familles recomposées, des albums d'amis, et d'ailleurs la photo de famille c'est aussi une photo d'ami, c'est un grand enjeu aussi pour voir peut-être sortir la photo amateur des des conceptions qu'on peut avoir de l'organisation de la société. Il y a beaucoup de groupes d'affinités, les photographes amateurs sont des gens qui font de la photo entre photographes, donc on peut construire des collectifs un petit peu différents. Et je voulais aussi revenir à cette idée de la richesse de ce regard des amateurs, des images qu'ils produisent, qui n'est pas simplement un effet rétrospectif, c'est une question d'archives qu'on cherche dans le passé, mais c'est aussi une question, quelque part, d'archives qu'on construit pour le futur. Il y a beaucoup de cas au XXe siècle d'institutions, de projets scientifiques ou muséaux qui vont chercher à mobiliser les amateurs parce que ça ne coûte pas cher, parce que c'est beaucoup de gens qui peuvent être à beaucoup d'endroits. Ça fait tout de suite des milliers de photographes à Chicago au lieu de quelques centaines de professionnels si on prend vraiment tous les photographes. et aussi parce que les amateurs ont accès et vont peut-être s'intéresser, auront à la fois un accès et un lien particulier avec des espaces sociaux qui sont hors du champ du photojournalisme et sont ceux et celles qui pourraient produire les images des.
Host
Modes de vie, du petit-déjeuner, des maisons dérangées, de toutes sortes d'aspects importants de la vie sociale, qui sont.
Yann Delarmina
Hors du champ de la photographie qu'on peut dire soit artistique, soit professionnelle. Et comme un grand renversement de position, parfois l'artiste lui-même s'empare de sujets habituellement réservés aux amateurs. Martin Parr. Quand je suis passé à la couleur, en 82-83, j'utilisais un boîtier 6-7, format moyen, avec un film couleur négatif. J'utilisais des films amateurs avec un flash. Ça donnait beaucoup d'intensité à mes couleurs. Avant, j'utilisais un 24-36. Et puis, au cours de ces dix dernières années, j'ai commencé à utiliser une optique macro 24-36, là encore, avec un flash assez intense, des couleurs très vives. ce qui donne à mes photos un côté un peu surréel que j'utilise et que j'exploite au maximum. J'essaie d'utiliser la langue offerte par la photographie pour faire en sorte que j'ai des photos qui soient accessibles, mais aussi irrésistibles. Ce qu'on fait, c'est qu'on utilise la lumière ambiante, c'est la lumière naturelle, et on ajoute du flash, ce qui permet de retirer toutes les ombres, et certaines émotions. Et j'aime bien avoir l'objectivité apportée par le flash, mais aussi des couleurs très intenses. Donc, en termes de.
Host
Contribution à cette langue de la photographie, ça donne quelque chose de surréel aux photos, quelque chose de plus vif, de plus ouvert, sans les émotions données par la lumière du soleil. Le photographe Martin Park qui s'exprimait sur France Culture en 2004. Martin Park qui nous a quittés en 2025, à la toute fin de l'année, et une œuvre absolument remarquable. qui d'ailleurs interpelle et dérange Pierre-Jean Amart quand le photographe professionnel s'empare de sujets amateurs. Et c'est en cela vraiment que les frontières, nous l'avons.
Pierre-Jean Amart
Dit, sont poreuses. Cette question de regard fait que des amateurs peuvent faire des photos d'une puissance au-delà de certains professionnels. C'est juste savoir ce que l'on désire faire avec la photo. Oui, je crois que le cas de Matin-Pas est vraiment un cas emblématique, c'est qu'il s'est emparé de ce langage de la photo amateur au premier degré. Mais, à la fois par la technique qu'il vient d'expliquer, du flash, etc., il a réussi à créer des images, comme il le dit, surréelles. C'est-à-dire que quand on voit les images de Martin Parr, on les reconnaît tout de suite. On ne peut pas les confondre avec des photographies d'amateurs. Bien que les sujets soient des sujets banals, une dame qui mange sa glace ou une dame qui est en train de se faire bronzer au soleil avec ses lunettes bleues. Alors, c'est ça qui est intéressant, c'est que ça n'est pas le sujet qui fait la photo. Ce qui fait la photo, c'est le photographe. Et ce photographe, c'est celui qui voit. C'est celui qui voit, et qui voit différemment des autres. Moi, qui ai beaucoup enseigné la photographie, souvent, mes stagiaires me disaient, comment on peut définir la photographie ? Je dis, ce n'est pas compliqué. Celui qui voit, c'est le photographe. Celui qui ne voit pas, tant pis. Et on est dans le domaine... Alors, ça, c'est une opinion qui peut être discutée, mais c'est mon opinion. Je pense que c'est du domaine de l'inné, et pas de l'acquis. La vision, c'est quelque chose d'inné. C'est-à-dire que... J'ai un exemple. J'ai eu dans mes stages un monsieur d'une cinquantaine d'années qui voulait commencer à faire un peu de photo un peu mieux que de la photo d'amateur. Et il n'en faisait pratiquement pas. Donc il est venu dans ce stage et il m'a dit, voilà, moi je ne veux pas m'embarrasser de choses compliquées. Donnez-moi quelques points de repères simples que j'appliquerai. J'ai essayé de lui donner ces repères simples, à la fois pour la prise de vue et pour les tirages. Dites-vous bien qu'au bout de trois jours, il m'a sorti des photos extraordinaires. Tout simplement pour une simple raison, c'est que ce qu'il voyait, était intéressant et la façon dont il le traduisait avec son appareil photo était extraordinaire. C'est pour ça que... Et, dernière chose sur ce domaine, quand on regarde l'œuvre des grands photographes, on s'aperçoit qu'entre leurs premières photos et leurs dernières, il n'y a pas d'évolution de qualité. La qualité des premières photos est la même que la qualité des dernières. Willy Gronis, que j'ai bien connu, ça se vérifie. Cartier-Bresson, ça se vérifie. Pierre-Jean Amart, ça se vérifie. J'ai fait un livre il y a une vingtaine d'années sur Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Il y a dans ce livre une photo de mon premier film que j'ai fait en 1965. Eh bien, dans le livre, on ne peut pas dire que c'est une photo.
Host
De jeunesse ou c'est une photo de début. Non, c'est la même qualité que le reste. Après, on peut discuter de cette qualité. On peut en discuter. Mais en tout cas, c'est.
Xavier Mauduit
Égal. J'aime bien cette idée-là de dire que le regard est présent déjà. Dès l'enfance, il faudrait regarder avec d'autres photographes. Qui étaient-ils, enfants, ces photographes, avant d'être photographes ? L'exemple avec Jacques-Henri Lartigue. J'avais inventé un jeu que j'appelais mon piège d'œil. J'avais à peu près cinq ans. Et ce piège d'œil consistait à regarder les choses qui m'émerveillaient, à tourner trois fois sur moi-même, à fermer les yeux, et je croyais avoir attrapé tout mon émerveillement. C'est-à-dire non seulement ma vision, mais l'odeur des choses, l'air, l'ambiance de la grande campagne dans laquelle j'étais, je croyais que j'allais conserver ça dans mon intérieur, dans une boîte de conserve. Quand l'année d'après, j'ai découvert que mon pied n'avait pas fonctionné du tout car rien n'était attrapé, j'ai eu une espèce de désespoir qui s'est très vite guéri. et mon père à ce moment-là avait un gros appareil de photo qui m'a tout à fait emballé, qui m'a intéressé et je pense que la photographie m'a passionné car elle complétait ce pauvre piège d'œil remplacé par l'écriture, la peinture et la photographie. L'appareil de photographie m'a apporté un tiers de la solution qui est surtout d'écrire et de peindre mais qui est un pauvre piège d'œil humain à.
Host
Côté d'un piège d'œil féerique que je croyais avoir inventé. Moi, je ne fais.
Pierre-Jean Amart
Pas de photos pour les conserver, je fais des photos pour soulager. Une tristesse de voir les belles choses passer. Bon, en 1975, Jacques-Henri Lartigue, Pierre-Jean Amart, ça vous fait sourire aussi ? Ah oui, d'abord parce que j'ai bien connu Jacques-Henri Lartigue. Et voilà l'exemple d'un amateur. que l'on finit par reconnaître comme un grand photographe quand il avait 70 ans. C'est Richard Avedon qui va découvrir l'œuvre de Jacques-Henri Lartigue, qui va être tellement emballé par cette œuvre qu'il va en faire un grand livre, qui s'appelle Un instant de ma vie, et qui va lancer Jacques-Henri Lartigue dans le monde de la photographie. mais surtout la photographie artistique. Jacques-Henri Hartig devient un professionnel à 70 ans. Il va devenir, quelqu'un avec qui on va passer des commandes, le photographe de Giscard d'Estaing pour la photo officielle. C'est un homme qui s'est retrouvé mis dans un milieu qui n'était pas du tout le ciel des peintres. Lui, il était peintre. Il vivait de sa peinture, plus ou moins.
Host
Bien, mais comme.
Pierre-Jean Amart
Il était d'une famille très riche, ça ne dérangeait pas beaucoup de ne pas être.
Host
Un peintre très célèbre. D'ailleurs, sa peinture est bien en dessous de la qualité de ses photographies. C'est une évidence. Mais lui ne cherchait pas à en faire quelque chose de connu et de reconnu. Eliane Delarmina, dans cette histoire-là, nous entendons des photographes professionnels cités par leur nom et puis les photographes amateurs, on ne donne pas de nom vu qu'ils sont amateurs, mais la valeur est liée aussi à l'ensemble, à la masse, c'est-à-dire que ces photographies d'amateurs, mises ensemble, bout à bout, qui forment des collections, nous donnent une autre manière de voir le monde. Et vous, vous avez étudié Chicago, mais ça vaut.
Éliane Delarmina
Pour toutes les villes, ça vaut pour partout, pour le moindre village. Quand on met ensemble toutes ces photos amateurs, on n'a plus besoin de savoir qui les a réalisées, ça nous raconte une histoire. Alors ça nous, ça nous, ça documente le monde. Effectivement, on peut, grâce à ces images, voir ce qu'ont vu beaucoup de photographes. Et donc, ces images, elles contribuent à une histoire des représentations, une histoire des regards qui, effectivement, peut être anonyme. C'est-à-dire qu'on n'a pas forcément besoin de savoir que c'était telle ou telle personne pour s'intéresser au fait qu'à Paris en 70, à Chicago en 1960, on soit frappé par telle ou telle évolution, ou par tel ou tel aspect de la vie sociale. Et par ailleurs, cette archive, elle doit, je pense, nous amener à envisager ce que c'est qu'une bonne photo, autrement qu'une bonne photo de la tour Eiffel. parce qu'une bonne photo de ma grand-mère ou une bonne photo de mon chat, ce n'est pas forcément une photo qui est très bien cadrée, mais c'est vraiment une bonne photo. C'est une photo qui comptera beaucoup pour moi et qui ne sera pas forcément substituable. Et ce qui m'a frappée dans les trois extraits qu'on a entendus de Pauline Carton, Willy Ronis et Jagmeet Lartigue, c'est les mots de plaisir, d'émerveillement, d'émotion qui sont employés pour.
Host
Des photos d'auteurs, d'artistes, de photographes, mais qui sont vraiment le sang du rapport à la photographie ordinaire et des raisons pour lesquelles on continue à produire des milliards de photographies chaque jour, je pense. Mais merci vivement à vous d'avoir clos cette émission avec ces mots de plaisir et d'émotion parce que c'est toujours cela, l'émotion devant une photo d'artiste et l'émotion devant une photo qui nous touche particulièrement parce qu'elle est liée à notre vécu. Merci à tous les deux d'être venus dans le cours de l'histoire, photographier la maison aux Etats-Unis. C'est cet ouvrage à Aussies et Holmes, Eliane de Larmina, que l'on retrouve avec toutes les références sur le site du Cours de l'Histoire franceculture.fr et Pierre-Jean Amart, Histoire de la photographie, les 100 mots de la photographie, bien sûr, ce sont des que sais-je, Alger retrouvé, 1940, et puis je suis.
Éliane Delarmina
Obligé de le dire, Photomatou, l'ouvrage que nous avons réalisé tous les deux, avec vos chats. Merci beaucoup à tous les deux, prochain épisode dans le Cours de l'Histoire, Copier, Coller, Manipuler, Histoire du photomontage. sélectionner le masque de fusion du personnage, j'appuie sur commande ou.
Host
Ctrl et je récupère la sélection ici sur le personnage, je vais sur fleur et là et bien j'appuie sur le masque de fusion pour créer un masque de fusion à partir de cette sélection. Et bien voilà, parce que les photos sont modifiées, sans cesse.
Podcast: Le Cours de l’histoire (France Culture)
Date: 14 janvier 2026
Durée: 9h00-10h00
Participants principaux:
Cet épisode explore l’histoire et la signification de la photographie amateur, une pratique universelle, en naviguant entre les origines techniques, l’évolution sociale et les distinctions parfois ténues entre amateur et professionnel. À travers des anecdotes, des analyses et des extraits d’archives, les invités interrogent la définition même du photographe amateur, l'accès facilité au médium et la façon dont ces images témoignent de nos vies passées et présentes.
01:01 (Yann Delarmina):
“Les photos les moins prétentieuses, tu vois, les photos d’amateurs… me montrent une richesse qui n’existe pas dans beaucoup de photos que tu vois dans les galeries.”
11:15 (Éliane Delarmina) :
“Viviane Maier… après sa mort, devient une grande photographe. Ce cas nous permet de revoir cette délimitation entre amateur et artiste.”
15:23 (Pierre-Jean Amart) :
“La difficulté… c’était d’éviter de faire des photos de papa en essayant de faire des photos de photographe.”
20:57 (Éliane Delarmina):
“L’introduction des émulsions sèches… c’est vraiment l’intronisation d’un nouveau type d’amateur propre au XXe siècle, qui est quelqu’un qui appuie sur le bouton, une requalification de ce que c’est que pratiquer la photographie.”
32:00 (Pierre-Jean Amart):
“C’est la qualité du regard, la qualité de la composition, mais aussi les sujets traités. Il y a des sujets que les photographes amateurs ne traitent jamais et qui sont réservés au domaine professionnel.”
40:57 (Pierre-Jean Amart):
“98% des photographies d’amateurs sont produites… par les smartphones. Et ça, ça pose un énorme problème. Que vont devenir ces photographies ?”
56:21 (Éliane Delarmina):
“Quand on met ensemble toutes ces photos amateurs… on n’a plus besoin de savoir qui les a réalisées, ça nous raconte une histoire… cette archive doit nous amener à envisager ce que c’est qu’une bonne photo, autrement qu’une bonne photo de la tour Eiffel.”
L’épisode met en lumière avec érudition, chaleur et humour la richesse, la complexité et le rôle central de la photographie amateur. Il célèbre à la fois le geste ordinaire — prendre une photo par plaisir, par lien social, pour la mémoire — et l’influence de cette pratique populaire sur toute l’histoire de la photo. À travers archives, témoignages et discussions vivantes, il interroge notre rapport à l’image, la mémoire familiale, la culture visuelle, et la fragilité de ces traces à l’ère du tout-numérique.
Plus d’informations et références sur le site de l’émission (franceculture.fr).