
Photographie, une histoire sans cliché : Attention les yeux ! Une histoire du flash
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Daniel Folliard
Attention.
Stéphanie Barbier
Les yeux ! Une histoire du flash. La photographie, par son étymologie, est l'écriture de la lumière. Avec le grec photo, et puisque la plaque est photosensible, l'aventure photographique a besoin de lumière. L'histoire du flash, donc. Tel est notre.
Daniel Folliard
Objectif. Pour moi, la photographie est un moyen de.
Brassaï
Dessiner. Et dans le fond, si il.
Daniel Folliard
N'Y avait pas une exigence de communiquer, de montrer aux autres ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas, de témoigner sur notre monde, sur notre époque, n'est-ce pas ? Je m'amuserais tout autant si je n'avais pas de film.
Michel Poivert
Dans l'appareil. Le cours.
Daniel Folliard
De l'histoire. Pour moi, la grande jouissance, c'est d'être devant un sujet qui s'impose à moi et puis d'avoir appuyé au bon moment. Ça, c'est une fraction de seconde et c'est le seul moment de création. C'est le pourquoi qui.
Stéphanie Barbier
Est intéressant. C'est de saisir les choses à.
Daniel Folliard
La charnière. Il faut se débarbouiller toutes ces idées préconçues, tous les clichés. Il faut laisser le sujet.
Stéphanie Barbier
Vous imprégner. Henri Cartier-Bresson, le grand photographe qui évoquait ce moment fugace, celui de la photographie. Daniel.
Daniel Folliard
Follinière.
Stéphanie Barbier
Bonjour. Bonjour. Vous êtes historien de la photographie, professeur à l'université Paris Cité. Stéphanie Barbier, bonjour. Bonjour. Vous êtes docteur en histoire de l'art et attachée d'enseignement et de recherche à l'université de Lorraine. Et Flora.
Flora Tribel
Tribel.
Stéphanie Barbier
Bonjour. Bonjour. Conservatrice du patrimoine, chargée des collections de photographies anciennes à la Bibliothèque nationale de France. Ça tombe bien que vous soyez là. Grosse collection à la Bibliothèque nationale de France.
Flora Tribel
De photographies. Mais collection majeure, première collection publique française, à la fois historiquement, puisque la première épreuve entre en 1851, et collection majeure aussi en volume, je peux dire, puisque nous conservons aujourd'hui environ 7 millions de phototypes. Donc c'est quand même un océan d'images qui est conservé à la.
Stéphanie Barbier
Biotech Nationale. Ça en fait des albums. Et la première photographie qui utilise le flash, est-il possible de la.
Flora Tribel
Trouver, de la dater ? Oui, alors la première photographie qui utilise le flash, ou en tout cas les premières expérimentations autour du flash, les corpus se trouvent partagés entre la Biotech Nationale et la Société Française de Photographie, puisque ces premières expérimentations sont menées par Félix Nadar, qui est un photographe portraitiste, qui à la fin des années 1850 veut expérimenter.
Stéphanie Barbier
Les lumières artificielles. Parce que c'est la photographie, c'est de la lumière, c'est l'écriture de la lumière. Daniel Foliar, l'idée même de ce passé de lumière n'est pas concevable en photographie. Dès lors, tout l'enjeu c'est comment peut-on créer de la lumière. Aux origines de la photographie, ce n'est que de.
Daniel Folliard
La lumière naturelle. Absolument, mais ce n'est pas évident pour les premiers développeurs, inventeurs de ces technologies-là et les premiers praticiens en fait, puisqu'il y a cette idée quand même que l'appareil photo, c'est une sorte de réceptacle passif de la lumière naturelle. Donc basculer vers une intervention à la lumière artificielle, ça répond aussi à des impératifs qui peuvent être purement économiques. Flora parlait de Nadar, il y a un besoin. Alors là, on est en janvier à Paris, il fait Nuit très tôt, et les portraitristes ont aussi besoin de lumière artificielle pour continuer à faire fonctionner leur studio. Et qu'il y a aussi une dimension un peu capitalistique dans ces expérimentations-là pour s'assurer qu'on puisse réaliser... Parce que le portrait, c'est quand même le marché numéro un des débuts de la photo. C'est ce qui rend Disdéry millionnaire, c'est ce qui permet à Nadar vraiment d'avoir ce magnifique studio à Paris, et à Londres, à New York, et dans toutes les grandes capitales de l'invention de la photo. Manipuler la lumière, la maîtriser, c'est aussi une manière de pouvoir gagner de l'argent en fait, et de.
Stéphanie Barbier
Fonctionner en permanence. Mais merci d'écrire cette histoire de la photographie dans une histoire économique, parce que bien souvent nous pensons à l'art, nous pensons aussi à cet aspect très technique, ce temps des inventeurs, mais non, c'est aussi de l'économie, et dès lors, la photographie a besoin de lumière, car c'est du portrait, donc qui doit se réaliser en plein jour, c'est ça ? L'idée c'est d'avoir un local.
Flora Tribel
Avec des grandes verrières, ce serait l'idéal ? Oui, les premiers ateliers apparaissent en haut des immeubles, sous des verrières. Et très vite, les photographes, et notamment Nadar par exemple, qui crée son atelier d'abord Rue Salazar, puis ensuite Boulevard des Capucines, où il ouvre un atelier tout à fait spectaculaire, avec une décoration spectaculaire. Il y a une fontaine à l'intérieur de son atelier, il y a des salles d'attente très très décorée, avec des tableaux, donc c'est vraiment un lieu spectaculaire. Mais il faut aussi pouvoir vivre économiquement un tel endroit. Et pour cela, il va faire ses recherches sur la lumière artificielle qui intervient à deux moments. L'emploi de la lumière dans l'atelier intervient à deux moments. Au moment de la prise de vue pour réaliser votre portrait. Effectivement, vous avez besoin de lumière puisque plus votre temps de pose sera court, plus votre temps d'exposition sera court, votre client sera net sur le portrait. Et puis vous avez aussi besoin de lumière à un autre moment qui est fondamental, qui est le moment de tirage. Puisqu'à ce moment-là, les tirages sont faits à noircissement direct, sur des papiers à noircissement direct. Ça veut dire que vous devez exposer votre négatif contre le positif à la lumière pour pouvoir réaliser cette opération de tirage. Évidemment, plus il fait gris, plus vous allez mettre du temps à réaliser ce tirage, plus vous allez seulement devoir travailler le jour et pas la nuit, puisque si vous n'avez pas de lumière artificielle, quand vous n'avez plus de lumière, vous ne pouvez plus travailler. Plus cela constitue de contraintes pour.
Daniel Folliard
Les photographes et les ateliers. Il faut replacer cette exploration de la lumière artificielle dans un peu le combat du 19ème industriel contre la nuit et l'obscurité. Ça s'inscrit vraiment dans ces technologies, alors que ça va de l'éclairage des rues à l'électrification à la fin 19ème, début 20ème. c'est vraiment une histoire de la redéfinition de la nuit et de ce qui est obscur, fondamentalement. Et ça s'inscrit dans une histoire plus longue, on y reviendra peut-être au fil de l'émission, parce que, esthétiquement, c'est vrai que plus la lumière va devenir puissante, plus les images produites vont s'inscrire dans une histoire longue. de ce qu'on pourrait appeler le clair obscur aussi. Une rédéfinition de la nuit en tant qu'objet du quotidien mais.
Stéphanie Barbier
Aussi en tant qu'objet esthétique. Avec ce personnage de Nadar qui a son atelier équipé de belles verrières, c'est formidable ça pour réaliser des portraits, sauf que Nadar lui cherche toujours l'exploit d'aller plus loin.
Daniel Folliard
Plus bas aussi, jusqu'aux catacombes. Je suis là, Praetorius, n'aie pas peur. Mais j'ai pas peur. Mais je suis pas rassuré. Franchement, patron, est-ce que ça ne vous suffisait pas de voler dans les airs ? Je suis comme ça, mon petit vieux. J'aime aller.
Stéphanie Barbier
Où les autres ne vont pas. Madame.
Daniel Folliard
Ernestine a bien raison quand elle dit que le monde des gens ordinaires est trop petit pour un homme comme vous. Mais c'est pourquoi nous sommes là, Praetorius. Nous sommes là pour agrandir le monde. Et grâce à nous, les gens vont voir ce qu'ils n'ont jamais vu. Car nous sommes ici pour faire la lumière.
Stéphanie Barbier
Sur les entrailles de la Terre. Est-ce.
Brassaï
Qu'Il n'y aurait pas moyen de faire.
Daniel Folliard
Ça sans aller réveiller les morts ? Il s'agit de les photographier, pas.
Brassaï
De.
Daniel Folliard
Les réveiller. Enfin, sauf surprise, évidemment. Quoi ? Rien, j'ai cru que c'était un rat. Bon, je t'explique en gros comment j'imagine les choses. Vu qu'il nous faudra une énorme quantité de piles benzenes, sans compter les réflecteurs, on utilisera des wagonnets pour les transporter. Au moins, l'avantage ici, c'est que vos modèles ne risquent pas de bouger. C'est ce qui m'embête, justement. J'aurais bien voulu photographier des ouvriers au travail, ne serait-ce que pour donner une idée de l'échelle. Mais il faudrait un temps de pause d'au moins 20 minutes. J'y ai un peu réfléchi, figure-toi. Et je me suis dit qu'on pourrait peut-être utiliser des mannequins. De toute façon, ce sera long. En tout, il faut prévoir plusieurs semaines de travail. Autrement dit, il.
Stéphanie Barbier
Va falloir que je me fasse une raison. Nadar photographe dans les catacombes. Une fiction radiophonique sur France Inter avec l'idée que pour Nadar, il y a la volonté d'aller toujours plus haut. Il filme, il photographie depuis des montgolfières et puis il souterre. Alors là, il y a besoin de lumière, il y a besoin de lumière artificielle, de.
Flora Tribel
Flash. Comment apparaît ce flash ? Alors, il faut dire effectivement dans la continuité de cet extrait que Nadar, c'est une personnalité de la bohème parisienne tout à fait exceptionnelle parce que c'est un homme qui est très grand, très roux, qui est toujours vêtu d'une veste rouge. Donc, c'est vraiment quelqu'un qui ne veut pas passer inaperçu et qui s'est effectivement lancé dans l'exploration aérienne du plus lourd que l'air et à la fin des années 1850 dans ses lumières artificielles, notamment. grâce au travail d'un ingénieur qui s'appelle Victor Seurin qui a mis au point un régulateur de l'énergie des piles benzène. Et c'est grâce à ce régulateur que Nadar va pouvoir réaliser des prises de vue dans les catacombes où il est invité à descendre en 1862. Il va associer ce régulateur Seurin aux premières poudres de magnésium et c'est l'association de ces deux lumières artificielles qui va lui permettre de réaliser ces photographies qui sont les premières photographies sous terre.
Daniel Folliard
Et parmi les premières photographies aux poudres de magnésium. Cette exploration souterraine, c'est vraiment quelque chose de très présent dans les débuts de l'utilisation de la poudre magnésique. Poudre magnésique, expérimentation au magnésium, qui sont aussi le fait du même benzène, qui est cet inventeur qui touche à tout. Les gens se souviennent peut-être.
Stéphanie Barbier
De leurs cours de chimie et du fameux bec. Oui.
Daniel Folliard
C'Est vrai, c'est ça qui me venait en tête. Et donc, il y a cette conjonction de ces deux manières d'éclairer. Il faut savoir que la poudre magnésique, alors benzone au départ, il développe plutôt un filament. C'est du magnésium quasi pur qui, à sa combustion, va créer une lumière très blanche qui ressemble qu'à une des lumières les plus proches artificielles qu'on peut appeler, les plus proches de celle du soleil. Et cette exploration des mondes souterrains, on va la retrouver dans les années 1860. C'est quelque chose, une sorte de révélation qui obsède aussi des gens comme Jules Verne, etc. Parmi les premières expérimentations assez étonnantes à la suite de Nadar, c'est un monsieur qui s'appelle Charles Piazzi-Smith, qui part en Égypte, qui, dans les grandes pyramides de Gizeh, va prendre des photos au magnésium de l'intérieur des chambres funéraires des pyramides. Ça va être vendu sous forme de plaque de lanterne magique. On a une sorte de magie, un petit peu, de ces mondes obscurs qui, tout d'un coup, deviennent révélés. Et comme la photographie, c'est quelque chose de facilement reproductible, il y a une sorte de conjonction des technologies qui.
Stéphanie Barbier
Permet de regarder des mondes qu'on ne voyait pas. Donc là, c'est l'idée de mettre sur une petite plaque un peu de poudre. C'est.
Daniel Folliard
Allumé avec une étincelle ? Il y a différentes techniques. Dans les années 1870-1880, on va avoir une baisse du coût du magnésium avec la photopoudre. Au début, c'est quand même très cher. Mais oui, il y a une combustion qui peut être plus ou moins rapide. Ce n'est pas forcément le flash que vous imaginez comme dans les films avec une sorte d'énorme explosion. Ça peut être ça aussi. Mais on va avoir des combustions qui.
Stéphanie Barbier
Peuvent durer 2-3 secondes ou un éclair magnésique très puissant. Oui, voilà, c'est cette idée d'éclair avec cette vive lumière. Stéphanie Barbier, vous avez réalisé votre thèse. qui s'intitule « Des plasticités de l'optique en photographie 1890-1957 ». C'est une thèse réalisée à l'Université Paris en Panthéon-sur-Bonne sous la direction de Michel Poivert. En étudiant les publications, est-ce que l'on voit trace de ces innovations ? Parce que nous évoquons beaucoup de parcours individuels, de volontés qui parfois s'approchent du bricolage et puis il y a quand.
Michel Poivert
Même une théorisation de la chose. Ça apparaît dans les sources, tout cela. Alors oui, c'est-à-dire que les photographes eux-mêmes écrivent beaucoup sur ces innovations, en particulier dans la presse spécialisée. On trouve à la fois la manière dont fonctionnent les différents dispositifs, comment les améliorer, quels sont les manques, etc. Donc la presse spécialisée va vraiment relayer les nouveaux usages, les nouvelles techniques. Évidemment, les traces qu'on peut avoir, c'est aussi les brevets que vont déposer certains protagonistes de cette histoire du flash. Donc à partir de ces brevets on va pouvoir à la fois dater les inventions, identifier un certain nombre de ces protagonistes et évidemment pour pour que l'usage de ces dispositifs circule à la fois parmi les professionnels et parmi les amateurs, on va voir apparaître, je dirais autour, dans cette milieu du XIXe siècle, un certain nombre de manuels. Et.
Stéphanie Barbier
Donc les manuels de photographie vont permettre de comprendre comment fonctionnent ces dispositifs. avec ici la volonté pour certains d'en vivre, ça c'est une chose, et puis surtout pour tout le monde d'améliorer sa pratique. Et on le sent bien, on est sur une histoire internationale, bien sûr, une histoire faite de nombreux échanges, j'imagine que partout dans le monde on observe ce qui.
Daniel Folliard
Se fait ailleurs et on essaye d'améliorer cette idée de flash, on retrouve cela ? Il y a un vrai réseau de savoirs sur la photographie. Il y a plusieurs journaux qui sont publiés à Londres, à Paris et ailleurs, avec un monde photographique international qui communique énormément sur ces découvertes, qui bougent aussi beaucoup, qui se racontent, qui font partie aussi des héros de la modernité du 19e. Donc quelqu'un comme Nadar, c'est aussi une figure des caricatures. Et comme le flash, en plus, a une dimension pyrotechnique, quasiment de l'ordre du cirque et de l'ordre de l'événement, il va aussi prendre une...
Stéphanie Barbier
Enfin, l'explosion magnétique va prendre aussi une place comme ça intéressante dans l'espace public. Oui, parce que Florent Tribel, il faut le rappeler quand même, ce moment de la photographie, déjà, c'est un moment d'exception parce que la photographie, on le sait bien, c'est une invention récente. Alors, on peut prendre plusieurs dates, mais si on retient 1839, c'est déjà pas mal avec Daguerre. Mais voilà, le moment photographique, c'est fou. C'est aller chez un photographe, voir un appareil qu'on ne connaît pas. Et si l'on.
Flora Tribel
Ajoute à cela le flash, c'est exceptionnel. Odeur, fumée, c'est une vraie expérience sensorielle. Oui, la photographie, ça représente un vrai choc pour les contemporains. Et ça, on le voit à travers les publications de l'époque, dans les correspondances, dans les récits qui sont faits. Et le flash ajoute ce côté assez spectaculaire de la fumée, du danger, parce que c'est une mise en péril du photographe quand même, la réalisation d'une photographie au flash. Dans cette histoire qu'on raconte, il y a des aspects économiques mais il y a presque des aspects médicaux. D'abord les photographes qui incendient leurs ateliers, qui ont des doigts abîmés. Il y a l'effet flash mais il y a aussi l'effet des chimies qui sont utilisées. C'est une profession relativement dangereuse dans cette seconde moitié du XIXe siècle. Et effectivement, l'imagerie, l'iconographie qui est ouverte aussi par la photographie et notamment par le flash permet de voir, comme le disait d'ailleurs Nadar, ou le représentant de Nadar dans l'extrait que vous passiez, permet de voir des lieux qui n'ont jamais été vus ou jamais été diffusés par la photographie. Et c'est d'ailleurs pour cela que l'ingénieur qui s'occupe des catacombes fait appel à Félix Nadar parce qu'il voit circuler des lithographies qu'il trouve de très mauvaise qualité, qui représentent les catacombes, et se tourne vers Nadar en lui disant je veux des belles images, produisez-moi un corpus de photographies qui soit capable de rendre aussi la nature de ces lieux obscurs et rendre le travail en même temps qui est fait par les employés qui à ce moment-là ont pour charge en réalité de.
Stéphanie Barbier
Remettre en forme tous.
Flora Tribel
Les os.
Daniel Folliard
Qui tombent, qui sont déversés dans ces catacombes. Les os des ossements. Exactement, pardon. C'est ça la difficulté en fait avec la photo, c'est qu'on n'entend pas les bruits, on ne sent pas les odeurs qui sont créées par l'explosion magnésique. Tout cet aspect sensoriel que vous évoquez, il est très présent dans les témoignages de l'époque. comme un événement tout à fait spectaculaire. Dans le numéro de photographie qu'on a dirigé avec Eliane Delarmina, on ouvre sur une photo assez extraordinaire d'un opéra de Wagner au Metropolitan Opera de New York, avec une explosion magnétique qui éclaire toute la salle. Donc il y a quelqu'un sur la scène de l'opéra. Donc on inverse un peu les regards. Le spectacle, ce sont les spectateurs. Là, on imagine une explosion absolument fabuleuse qui a dû aveugler tous les gens du premier rang. Et Flora a évoqué le danger. Il est réel, le magnésium, ça brûle de manière continue. Si ça tombe sur votre veste, c'est très difficile à éteindre. Et en l'occurrence, des fois, il y a vraiment des événements qui sont quasiment de l'ordre de la destruction. Une des premières photojournalistes aux États-Unis, il y a toute une génération de femmes qui se saisit de cette technologie assez tôt. Il y a une des premières photojournalistes qui travaille à New York, qui s'appelle Jessie Thurber-Bills, qui faisait pas mal de photos de nuit au magnésium. Et un jour, elle veut photographier la sortie d'un théâtre, encore, parce qu'il y a une relation assez puissante entre le magnésium et le théâtre, notamment en termes de pyrotechnique et d'éclairage. Donc elle est dans la rue. Elle fait une mauvaise dose de magnésium. Ça explose tellement que toutes les vitres autour du théâtre ont.
Stéphanie Barbier
Explosé. Les gens ont cru à une attaque anarchiste à cause de l'explosion magnétique. Ah oui, c'est extrêmement drôle la photographie avec un flash photographique. C'est cette revue pour le numéro d'octobre 2025. Aveuglé pour voir, flash et révélation. Mais c'est ça le progrès aussi.
Daniel Folliard
C'est Nadar qui crie à Nadar, enfin le fils qui crie à son père.
Brassaï
Tu n'as pas suivi la marche du progrès qui te fait envisager les choses de la.
Daniel Folliard
Même façon qu'il y a 20 ans.
Brassaï
Tout le monde faisant de la photographie.
Daniel Folliard
Et certains amateurs en faisant vraiment pas.
Brassaï
Mal, on aime mieux une partie de plaisir chez eux et une épreuve un peu moins bonne, il est vrai, mais qui a l'avantage de ne vous coûter rien.
Daniel Folliard
Pour les portraits d'enfants qui rapportent beaucoup.
Brassaï
On aime même mieux souvent une épreuve médiocre, qui les représente dans leur attitude et dans leur milieu, et on renonce beaucoup à les.
Daniel Folliard
Conduire chez le photographe pour.
Stéphanie Barbier
Ces raisons. Jamais dans le monde photographique, on a vu une telle pénurie d'affaires. telle pénurie d'affaires. Nous étions le 2 mai 1891 avec cette lettre de Nadar à Nadar, donc père au fils, dites-nous. Ici nous sommes dans un moment où la photographie s'intéresse à l'innovation, c'est-à-dire photographier des choses qui n'avaient jamais été vues, on pense aux catacombes, aux tombeaux égyptiens. Les portraits, bien sûr, parce qu'il y a cette vraie demande. Mais tout ce que vous nous dites là, avec ce flash au magnésium, fait extrêmement peur. Il y a déjà la volonté de trouver quelque chose de plus efficace, de plus rapide. Stéphanie Barbier, quand vous nous disiez, il y a des manuels, il y a des choses comme ça. L'idée, c'est.
Michel Poivert
Aussi de simplifier les choses, de rendre cet accès à la photographie plus accessible. Alors oui, plus accessible et plus sûr. Alors on peut peut-être faire un petit saut dans la chronologie qui était un tout petit peu le 19e siècle pour aller vers des innovations comme ces ampoules qui vont permettre d'avoir un flash qui sera plus sûr. Donc les premières ampoules qui vont être mis au point en 1925 avec Paul Vercutter. Le flash va contenir une ampoule avec un filament de magnésium. qui va avec soi, lorsqu'un courant électrique va passer à l'intérieur, le magnésium va brûler et donc on va avoir toujours cette réaction qui permettra d'avoir cet éclair. Mais avec l'ampoule, on est dans une dimension déjà un petit peu plus sûre, disons. Après, petit à petit, les choses vont évoluer. La problématique qui va se poser avec ces ampoules, c'est qu'elles sont à usage unique. Donc, dès l'instant que l'ampoule de magnésium est consommée, il faut la changer, la remplacer. Donc on va avoir progressivement une production de ces ampoules qui va se standardiser à partir de 1925. Mais on voit tout au long du XXe ou tout du.
Stéphanie Barbier
Moins dans cette première moitié du XXe siècle cette problématique de remplacer ces ampoules. Oui, mais ce qui veut dire que ça nécessite un temps particulier pour prendre l'ancienne ampoule. Elle doit être brûlante en plus. Ça doit être délicat à enlever. Peut-être en remettre une autre. Ce qui signifie, Flora Tribel, que dans les collections de la Bibliothèque Nationale de France pour les photographies, les photographies réalisées au flash ne sont pas exactement les mêmes que celles réalisées en plein air. C'est pas facile de faire des photographies au flash. Il faut poser un moment et que tout soit bien.
Flora Tribel
Clair. On ne peut pas avoir des séries de photographies, par exemple, au flash. En fonction de la période à laquelle vous vous exercez comme opérateur, la réalisation d'une photographie n'est pas toujours très facile. C'est bien de le rappeler. Jusque dans les années 1880, au moment où précisément Ce qui a été évoqué par Stéphanie, cette standardisation à la fois des plaques, des appareils apparaît. Jusqu'à ce moment-là, la pratique photographique n'est pas quelque chose qui peut être communément partagé. Les amateurs qui pratiquent la photographie avant ces années-là sont plutôt des experts. C'est cette période de transition qui ouvre la voie à de nouveaux praticiens qui sont ces amateurs d'où nous sommes aujourd'hui les héritiers, vous et moi, qui faisons de la photographie sans nous soucier de savoir faire de la photographie. Et effectivement, que ce soit dans ces années 1850-60, ou ensuite quand il s'agit de maîtriser des techniques complexes comme le flash, ça demande une certaine technicité. Et c'est pour cela que, dans les années 1880, une série de photographes ou de diffuseurs de matériel photographique vont vouloir diffuser auprès des amateurs du matériel qui est facile d'usage. Et c'est le cas de la lampe Nadar, brevetée par Paul Nadar, qui va avoir cette idée d'un appareil qui ne présente pas de danger quand on l'emploie et qui est facile d'usage. Et effectivement, pour répondre à votre question sur les séries de photographies, c'était une question particulièrement intéressante parce que Nous, nous avons du mal, quand on regarde seulement les photographies, à dire avec systématicité si elle a été faite ou non au flash. Il y a certaines photographies, quand vous les regardez, vous savez qu'elle a été réalisée avec l'emploi du flash, parce que vous allez reconnaître des contrastes qui sont particuliers à l'emploi du flash, des contrastes très forts ou parce que vous allez repérer ce halo du flash. Mais sur un très grand nombre de photographies qui sont réalisées au XXe siècle, vous ne pouvez pas dire avec certitude si c'est du flash qui est utilisé ou une autre lumière artificielle. Même pour des photographies qui sont réalisées de nuit, Parfois ce n'est pas du flash qui est utilisé mais un apport de lumière artificielle d'une autre nature. Donc c'est un sujet technique très difficile, le.
Stéphanie Barbier
Flash, parce qu'il se dérobe un peu à son observateur et à son historien. Daniel Foliar, c'est pertinent ce qui vient d'être dit là parce qu'il nous faut de la lumière quand il n'y en a pas assez. Le flash c'est une chose particulière avec l'éclair. de manière différente, on l'entend avec du magnésium, des ampoules, plein de choses. Et puis après, il peut y avoir d'autres apports de lumière. Et dès lors.
Daniel Folliard
Ça multiplie les possibles pour photographier quand il n'y a pas assez de lumière. Absolument. Et d'ailleurs, pour les photographes professionnels au XXe siècle, la clé, ça va être justement d'être les experts de ces apports de lumière. Parce que très vite, cette standardisation du flash va le transformer en un objet de photographie très populaire. C'est-à-dire qu'il va être assez vite identifié avec une pratique de des gens comme vous et moi qui ne sont pas forcément des grands experts en photographie, parce que l'apport de l'éclair, notamment des flashbulbs, ça va être un des grands enjeux de Kodak dans les années 40, 50, 60, de produire des types de flash très peu coûteux qui vont permettre aux gens de ne pas rater leurs photos de Noël, ce qui est rarement le cas. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ces petits appareils jetables qui déclenchaient systématiquement des flashs, où les reflets dans les vitres et dans les miroirs et les visages surexposés des fêtes de famille faisaient partie du lot commun. Et ça, c'est un enjeu fondamental. D'ailleurs, ce développement-là, il fait qu'on utilise le mot flash en réalité. Parce que là, depuis le début de l'émission, on utilise un mot un peu anglais en réalité, c'est un anglicisme. C'est un peu comme certaines marques d'objets ménagers. Le mot s'est imposé parce que les grands acteurs industriels du développement de cette popularisation de la lumière artificielle sont principalement du côté des États-Unis et aussi de l'Angleterre. Et en France, le mot flash en réalité n'apparaît qu'assez tardivement, justement au moment où il y a cette popularisation, cette standardisation de la lumière artificielle en bouteille, mise en bouteille, plus protégée. Parce qu'en France, pendant longtemps, on parle plutôt d'éclairs. magnésique, on parle de photopoudre. Et le mot flash vient avec tout un imaginaire aussi, parce qu'en anglais, to flash, ça veut dire plein de choses. Et ça, c'est important aussi de le rappeler aux auditeurs. On fait souvent une histoire technique. Tout à fait juste, par les brevets, etc. On oublie à quel point cette histoire de la lumière maîtrisée, c'est aussi une histoire de nos imaginaires par rapport à ce qu'est la lumière, ce qu'elle fait, par rapport aux révélations. Le mot en allemand, par exemple, c'est plutôt de l'ordre. La racine, c'est Blitz. Il y a ce côté de... de l'irruption, d'une forme d'un événement extrêmement court et rapide. Et en anglais, flash, vous le savez sans doute, c'est aussi quelque chose qu'on utilise quand quelqu'un, un exhibitionniste, montre son corps, par exemple. Il.
Stéphanie Barbier
Y a vraiment cet arrière-plan d'une image intrusive qui vient s'imposer à la vue. Et puis, il y a l'usage qui est fait de ces flashs. Là aussi, nous retrouvons décors.
Michel Poivert
Parce que l'usage médical, c'est un des domaines dans lequel le flash se déploie. J'ai toujours été fascinée par les photos médicales et sur l'hystérie. Charcot prétend que l'hystérie ne se serait pas développée comme ça s'il n'y avait pas eu l'invention de la photographie en même temps. Les femmes, Charcot a joué un grand rôle, les mettait, les théâtralisait pour les photographier. Je crois que là, elle jouait en plein le rôle de la séduction. Elle jouait vraiment. C'est une folie qui s'est exaspérée parce qu'elle n'avait que ce moyen-là de sortir leur théâtralité, leur féminité, de sortir quelque chose d'elle-même, de pouvoir faire quelque chose. Elle ne savait que ça, leur corps, et le montrer, le crier, le démesurer. ou bien rentrer dans une apathie terrible où c'est les deux, où c'est un excès ou bien au contraire un silence total. La photographie.
Stéphanie Barbier
Comme ça immobilise complètement et tue vraiment. À cette seconde-là, elle tue son modèle. Annette Messager, artiste, plasticienne, qui en 1990 sur France Culture évoquait ses photographies médicales, celles de la fin du XIXe siècle de Charcot. Daniel Foliar, là on a tout un usage de la.
Daniel Folliard
Photographie, toujours cette idée d'instantanéité, qui correspond bien d'ailleurs à l'idée de flash d'éclair. Souvenez-vous, on a plusieurs collègues, Michel Poivert, Georges D. Huberman, qui avaient exploré cette question des fonds photographiques de l'hôpital de la Salle Pétrière, où on a cet homme, Albert Londe, qui est un des grands inventeurs de la photographie. Lui, il avait fait pas mal de chronophotographie. Il avait développé des systèmes d'obturation qui permettaient de descendre aux centièmes de seconde pour créer des instantanées. et lui va faire énormément d'expérimentations au flash, parce que le magnésium, Charcot l'utilise aussi pour déclencher des crises chez ses patients, alors pas forcément que pour éclairer, mais aussi parce qu'il y a un côté explosif et une lumière très puissante qui va avec, alors il utilise aussi des gongs, des percussions pour créer des réactions chez ses patients, et l'onde va non seulement explorer le magnésium comme déclencheur de crise, mais aussi comme un outil pour réaliser de la photographie, au sein de son service photographique à l'hôpital de la Salle Pétrière. Ce qui fait qu'en fait, si on regarde un petit peu l'histoire de ce monsieur, qui est un des rédacteurs des principaux manuels sur la lumière artificielle, qui est publié en 1905, c'est probablement lui. Ça a été le travail de Denis Bernard dans le numero de Fotografica. qui explore cet alignement clé entre le moment où on fait exploser la photopoudre et l'ouverture de l'obturateur, pour s'assurer qu'on attienne l'optimum de lumière au moment où l'obturateur va s'ouvrir et se refermer, pour éviter le phénomène bien connu des yeux fermés, maintenant c'est plutôt les yeux rouges, et on.
Stéphanie Barbier
Atteint cette frontière technique avec des obturateurs électriques au tout début du XXe siècle. Le photographe, c'est Albert Londes. Pas confondre avec le journaliste. Albert Londes, Stéphanie Barbier. Ce qui vient d'être dit là, c'est l'enjeu majeur. Réussir à ce que le flash se déclenche au pile bon moment dont on a besoin, ni.
Michel Poivert
Trop tôt, ni après. C'est cette longue histoire aussi technique. Qu'est-ce que c'est difficile. Oui c'est vrai que ça l'est d'autant plus avec l'évolution du matériel quand on va avoir ces fameux flashs électroniques où en fait le flash va se déclencher et la lumière va être beaucoup plus brève et donc il va falloir adapter comme le disait Daniel Les obturateurs, parce que par exemple le matériel de la fin du 19ème avec des obturateurs à rideaux par exemple, sont plus lents à se déclencher, ils ne suivent pas forcément la cadence de ces nouveaux flashs. Et donc en effet, les photographies vont être moins bien réussies, etc. tant que le matériel ne s'est pas adapté à ces nouveaux flashs. Donc il va falloir comme l'a.
Stéphanie Barbier
Rappelé Daniel, à avoir des obturateurs plus perfectionnés pour s'adapter à ces nouveaux dispositifs. Nous ne pouvons pas détailler tout l'appareil photo, il faudrait parler d'objectifs, nous parlons de ces différents éléments. Aujourd'hui dans le cours de l'histoire, nous nous intéressons au flash. Avec Florent Tribel, ces différents champs d'application, il y a le portrait, il y a ce grand classique du monument sombre, pour Le Flash c'est intéressant, les photographies médicales, et puis peu à peu nous atteignons ce monde des arts. C'est ça aussi qui est passionnant, c'est comment le monde artistique s'empare d'une technologie pour créer, alors qu'à l'origine on.
Flora Tribel
N'Est pas dans cette démarche-là, mais la transformer en faire quelque chose de magnifique. On peut notamment penser à l'activité photographique qui est très brève mais très intense d'Edgar Degas qui est un photographe amateur puisque c'est le peintre que vous connaissez, le graveur que l'on connaît aussi et qui va en 1895 se prendre vraiment de passion pour la photographie et qui va la pratiquer totalement à rebours de la pratique des amateurs et des photographes professionnels de son temps. Puisque lui, il va opérer le soir uniquement avec des lumières artificielles. Il dit alors chercher la lumière des lampes ou lunaire. Donc ça dit assez bien cette atmosphère lumineuse qu'il recherche. Et il va opérer en fermant les rideaux chez ses amis, notamment les Alevis, qu'il fait poser de manière assez théâtrale et sûrement assez tyrannique. en leur faisant prendre des pauses pendant des temps assez longs. Et on sait qu'il emploie à la fois ces lumières des lampes qu'il distribue dans ses prises de vue et qui créent des points aveugles qu'il recherche d'ailleurs. dans ses tirages, des points blancs comme des globes lumineux, et qu'il l'associe ponctuellement à l'usage du magnésium, qui va encore transformer cet effet de clair-obscur qu'il cherche à créer dans ses photographies, un peu dans la continuité de son œuvre gravée. En tout cas, c'est ce qu'on avait essayé de montrer dans l'exposition qui avait été montée il y a deux ans à la Biotech Nationale sous le commissariat d'Henri Loiret qui montrait.
Stéphanie Barbier
Cette ligne mélodique du noir et blanc dans l'œuvre gravée et photographique de Degas. Avec ici tant d'artistes qui s'emparent de la photographie et dans cette volonté de mettre en place des éléments artistiques à partir du flash, il.
Brassaï
Y a la possibilité pour l'artiste d'explorer cet univers particulier qu'est la nuit, Brassaï. Pendant très longtemps, je n'aimais pas du tout la photo. Je n'ai jamais fait la photo jusqu'à peu près à l'âge de 30 ans. Mais je me suis beaucoup promené à Paris, surtout la nuit. Et alors, je me suis demandé comment je pourrais saisir ces choses. Et quelqu'un m'avait prêté un appareil. Et c'est comme ça que je suis devenu photographe en commençant à faire des photos de nuit. J'avais toujours envie de monter sur Notre-Dame la nuit et c'était impossible puisque on ferme à 5 heures, la visite officielle. Alors j'essayais de corrompre la concierge et alors je lui offrais 100 francs et elle m'avait dit j'ai tort monsieur j'ai tort mais elle a pris l'argent et puis elle m'a donné rendez-vous, elle m'a montré un réverbère. en bas, il a dit, soyez là à 9 heures. Alors elle a sorti. Elle était là avec un énorme trousseau de clés. Et puis alors nous commencions à monter sur l'escalier en collimason. Et elle m'avait dit qu'elle monte seulement une fois par jour parce qu'elle a une maladie de cœur qui lui empêche de monter 250 marches par jour. Elle a emmené son casque. Et quand nous sommes arrivés tout à fait en haut, elle a dit.
Daniel Folliard
N'Est-Ce pas, monsieur?
Brassaï
C'est tout de même, c'est autre chose que la tour Eiffel. C'est très joli. Alors je suis monté encore plus haut, et elle m'avait dit, je vous fais confiance, si vous voulez monter plus haut, je reste là. Alors je suis monté, et deux fois, j'ai marché sur quelque chose d'un peu mou.
Stéphanie Barbier
Et c'était des pigeons encore trop chauds, morts, parce que les pigeons meurent aussi. en 1952, qui évoquait son activité une vingtaine d'années plus tôt, dans les années 1930, la photographie de nuit à Paris. Dites-nous, Florent Tribel, avec Edgar Degas, le peintre photographe, nous étions à la fin du 19e siècle, dans les années 1890. Là, nous sommes dans les années 1930. Mais la démarche demeure artistique.
Flora Tribel
Comment utiliser cette lumière très particulière, cette lumière éclair du flash pour l'artiste ? L'extrait que vous avez passé est absolument merveilleux parce qu'il capture très bien la personnalité photographique qu'est Brassaï. C'est quelqu'un qui a un rapport assez désinvolte à la photographie. Il dit « je suis venu à la photographie tardivement ». Et effectivement Brassaï c'est d'abord un octobule qui arrive à Paris de Hongrie en 1924, qui donc vit la nuit. Il passe ses nuits de Montmartre à Montparnasse. et qui, notamment du fait de son amitié avec un très grand photographe, qui lui aussi est arrivé à Paris au milieu des années 1920, qui s'appelle André Kertesz, c'est grâce à cette amitié qu'il va se tourner vers la photographie. Aussi un peu, peut-être toujours pour ses raisons commerciales, parce qu'il s'agit quand même aussi d'apporter quelques illustrations photographiques aux articles qu'il rédige. Et il va progressivement prendre énormément de plaisir à traiter par la photographie ce sujet de la nuit parisienne qu'il aime tant traverser. Si bien qu'il publie en 1932 ce livre qui est devenu un classique aujourd'hui du livre d'histoire de la photographie qui est Paris de nuit. Et il n'est pas du tout le premier à réaliser ces photographies de Paris la nuit. C'est un sujet qui est complètement à la mode à ce moment-là. Mais il va réussir à retrouver la poésie de cette nuit, notamment même s'il a un côté très désinvolte quand il parle de photographie, en maîtrisant tout de même différentes lumières artificielles. Là, il dit qu'il a rendez-vous au coin d'un réverbère. Et effectivement, les lumières de réverbères, c'est un point lumineux très important dans ces photographies. Mais il va l'associer aussi à des éclairs, soit.
Stéphanie Barbier
Des éclairs.
Flora Tribel
Magnésiques, soit ce dont parlait Stéphanie Barbier plus tôt, ces premiers flashbulbs qui existent aussi. Les ampoules. Et il va réussir, par l'emploi de ces lumières combinées, à photographier de manière très différente certaines scènes de la nuit. Il y a des scènes, par exemple, dans son corpus de Paris, photographié la nuit. Vous voyez des chats qui se promènent le long de grilles. Pour pouvoir photographier des chats, il faut quand même pouvoir être assez rapide. Donc ça, on sait qu'il emploie les éclairs en magnésium à ce moment-là. qui lui permet de réaliser ses photographies au 1 cinquantième de seconde, donc c'est très rapide. Mais il y a certaines photographies, notamment ces photographies prises depuis les ponts où vous avez des atmosphères extrêmement brumeuses, où là le temps de pose est beaucoup plus long et où il n'ajoute aucune lumière artificielle. Donc c'est la lumière très très diminuée.
Stéphanie Barbier
Qui va, par le temps de pose très long, réussir à inscrire le motif sur le négatif. Flora, très belle la nuit que vous nous proposez. Et très belle d'ailleurs, elle est poétique. Sauf que la nuit, il ne se passe pas que ça. La nuit, c'est l'univers des crimes, des meurtres qui fait peur. Et là aussi, le flash devient intéressant. Daniel Pauillard, on va avoir tout un univers qui va se développer. Et notamment aux.
Daniel Folliard
Etats-Unis, avec la volonté de saisir dans la nuit ce qu'il peut y avoir de plus sombre. Oui, parce que l'éclair magnésique, il a ce côté quand même un peu sans phare. Il projette une lumière blanche sur des réalités qui peuvent être très dures, que parfois les gens ne voient pas parce que la nuit, le bon bourgeois dort. Il veut bien regarder ce qui s'y passe le matin dans le journal. Et le flash, l'éclair magnésique, puis le flash plus tard, ça va vraiment faire partie d'une esthétique de cette révélation. des mondes nocturnes. Alors, le grand nom dont je vais parler tout de suite, c'est Ouidji. Mais avant lui, on a des gens comme Géniaux en France, par exemple, qui utilisent le flash pour photographier les hôtels à Bakou de la rue Saint-Denis. Là, c'est plutôt une pratique privée. L'autre personne très connue que les auditeurs et auditrices connaissent peut-être, c'est Jacob Riis, qui, dans les années 1880 à New York, va utiliser l'éclair magnésique pour aller photographier les taudis du New York très pauvre et va publier un livre qui va être un livre majeur à la fois de l'histoire de la photographie et de l'histoire de la question sociale qui s'appelle Comment l'autre moitié vit en français qui va être une révélation de cette extrême pauvreté et lui dans sa pratique c'est vraiment le flash qui va venir réveiller ces migrants, ces gens en très grande difficulté sociale dans leurs chambres pauvrement meublées Et Ouidji s'inscrit dans cette dimension esthétique du flash qui va être reprise aussi dans la seconde moitié du XXe siècle, c'est-à-dire cette projection comme ça d'une lumière un peu intrusive. Alors lui, c'est vraiment la marque de fabrique. En fait, lui, au début, il se forme dans un studio où c'est lui qui manipule la poudre magnétique en réalité. une sorte de familiarité avec cet objet. Il va devenir le photographe de la nuit du crime à New York, notamment. Donc, les photos, vous les connaissez, ces images de corps sur le sol. Il a une radio de la police qui lui permet d'arriver très, très vite sur le site des crimes ou des incendies. Et le flash, dans son immédiateté, Stéphanie disait qu'on se rapprochait vraiment d'un instant extrêmement court. Lui va lui permettre, au milieu de la panique, au milieu du mouvement fou de ce qui se passe quand il y a un crime ou un incendie, d'aller au cœur de ce qu'est la photographie. C'est la fixation d'un tout petit instant. Donc ça va contre-temps un petit peu de l'événement. Et chez Ouidji, c'est vraiment quelque chose, et chez beaucoup d'utilisateurs du flash professionnel, C'est vraiment quelque chose qu'ils recherchent. C'est cette sorte d'opposition marquée entre ce que le flash va pouvoir enregistrer socialement et esthétiquement, et puis.
Stéphanie Barbier
Le mouvement de la vie humaine, en fait. Il est une sorte de contrepoint, en quelque sorte. Oui, ce sont ces gros appareils photos. Mais nous les voyons bien dans les films, avec l'appareil photo qu'on tient presque de chaque côté et accroché une sorte de tige avec ce gros rond. C'est là où l'on place l'ampoule, enfin le flash Stéphanie Barbier. Là, c'est aussi le progrès technique.
Michel Poivert
Qui permet de réaliser ce type de photographie. C'est beaucoup moins lourd, c'est beaucoup plus facile d'utilisation. Alors Widji, il utilise une torche flash Graflex. D'a priori, c'est un dispositif autour de 1945. Là encore, on est toujours avec des ampoules à usage unique. Oui, il est équipé, mais c'est vrai que ces photojournalistes, ces reporters, ils vont devoir à la fois se doter d'un certain nombre d'ampoules pour réaliser ces prises de vue. Après, avec l'évolution des dispositifs et l'apparition du flash.
Stéphanie Barbier
Électronique, on va avoir les choses se simplifier. Et donc le matériel progressivement s'allégeait pour ses protagonistes. Avec tant de scientifiques et de.
Flora Tribel
Photographes qui peu à peu apportent ces innovations, ces évolutions de la photographie. L'exemple avec Berenice Abbott. J'ai dû faire de.
Michel Poivert
Nombreux tests, et j'ai découvert que si.
Flora Tribel
Je plaçais le papier aussi loin que possible du bac, les ondes se mettraient au point d'elles-mêmes, comme une lentille, et qu'à une certaine distance, les ondes enregistrées seraient.
Michel Poivert
Vraiment grandes. Ensuite, j'ai eu besoin d'un stroboscope plus rapide. Les lumières dont disposait Harold Edgerton au MIT étaient très primitives et j'avais besoin d'une lampe extrêmement rapide pour.
Flora Tribel
Figer l'action. Il n'y avait pas d'appareil photo, pas d'objectif. J'ai finalement conçu un système consistant.
Michel Poivert
À placer un trou d'épingle sur la.
Flora Tribel
Source de lumière. La combinaison de la.
Stéphanie Barbier
Source de lumière concentrée et du papier sensibilisé loin du plateau a résolu les problèmes de base. Aurélien Delacroix, dans le cours de l'histoire, qui lisait ici ce que.
Michel Poivert
Pouvait dire Berenice Abbott. Nous étions en 1958, c'est vous, Stéphanie Barbier, qui avez traduit ce texte-là. Qui est Berenice Abbott ? Berenice Abbott, c'est une photographe qui est à la fois une spécialiste de technique puisqu'on parle beaucoup des photographies qu'elle réalise avec la série notamment Changing New York qui est l'une des séries les plus connues où elle va documenter à la manière dont l'a fait Eugène Adjet, donc les transformations. Alors Eugène Adjet l'a fait pour les transformations du Vieux Paris, Bérénice Abbott va photographier New York, quant à elle. Mais ce qu'on oublie un petit peu de mentionner à son égard, c'est que c'est une photographe qui a une maîtrise technique parfaite. Elle va notamment lancer, elle va monter une petite entreprise qui s'appelle The House of Photography. où elle va déposer quelques brevets pour essayer de perfectionner les dispositifs. Elle va également publier, elle aussi, plusieurs manuels, notamment en 1941, Guide to Better Photograph. Et donc c'est en cela que c'est intéressant. Alors il ne faut pas non plus mettre la technique à une place qu'elle n'a pas. Les photographes ont une approche assez pragmatique de la technique et l'utilisent pour réaliser les photographies qu'ils souhaitent réaliser. Mais Berenice Abbott, ce qui est intéressant, c'est qu'à la fois elle a cette maîtrise technique et dans l'extrait que vous avez passé, En fait, elle va dans le cadre du MIT et dans ce contexte de la guerre froide où on va tenter de documenter les sciences, de tenter d'intéresser les jeunes américains à la science. Elle va collaborer avec le MIT pour réaliser des manuels scolaires et donc vulgariser les phénomènes scientifiques. Et donc la photographie, la maîtrise technique de la photographie, elle va se faire dans un but vraiment pédagogique, vraiment expliciter les.
Stéphanie Barbier
Phénomènes scientifiques. Et donc le flash en particulier va permettre notamment d'étudier le mouvement d'une balle par exemple. Oui, parce qu'il est dès lors possible, et nous connaissons tous ces photographies-là, d'avoir la photographie d'une balle, alors qu'elle va à une vitesse absolument folle. Mais non, ça y est, elle est saisie. Et ça aussi, ça intéresse, dès lors, Daniel Foliar, comme vous nous le disiez, c'est du commerce et de l'économie. Ceux qui souhaitent avoir des photos, et particulièrement en prise rapidement, des photos volées, les paparazzis. Tout ça entre dans notre imaginaire du flash. Et nous avons vu tant et tant.
Daniel Folliard
De scènes de films avec des flashs qui crépitent. Puis nous savons comment ça se passe encore aujourd'hui. Absolument, dans notre imaginaire, c'est vraiment le marqueur de l'intrusion du paparazzi. Celui qui va le filmer magnifiquement, c'est Félini dans la Dolce Vita, évidemment, que vous connaissez bien. Mais de manière générale, c'est quelque chose qui va rester très présent parce que ce codage, cet encodage culturel du flash comme intrusion, c'est quelque chose qui reste sur toute la seconde moitié du XXe siècle. Vous avez des photographes comme Diane Arbus qui vont utiliser cette esthétique de l'intrusivité de l'éclair magnésique, du snapshot du côté un peu cheap, du photojournalisme de mauvaise qualité. Tout ce contre quoi, par exemple, les gens comme Cartier-Bresson se levaient, parce qu'il y avait ce goût chez lui de la lumière naturelle. Donc une forme de vulgarité, en quelque sorte, qui va.
Stéphanie Barbier
Être liée très fortement à l'histoire esthétique du flash à partir de la seconde.
Daniel Folliard
Moitié du XXe siècle. « Please.
Michel Poivert
Miss, vous dormez en pyjama ou en chemise de.
Stéphanie Barbier
Nuit ? » « How do you sleep in.
Daniel Folliard
Pyjama, my girl ? ».
Stéphanie Barbier
« Neither. » I sleep only in two drops.
Flora Tribel
Of French perfume. Elle ne porte que.
Stéphanie Barbier
Deux gouttes de parfum français. Muy.
Flora Tribel
Bien, madame, muy bien.
Stéphanie Barbier
What do you think you like most in life? I like lots of things, but there are three things I like most. Love, love and love. Un petit clin d'œil à la Dolce Vita, le film de Federico Fellini en 1960, Flora Tribel. Maintenant, nous avons notre panorama gigantesque de l'usage du flash en photographie et cette aventure-là, c'est une aventure qui s'écrit en un siècle, si nous nous situons à ce moment-là au milieu du XXe siècle. Voilà, ça fait un siècle qu'on a des flashs et désormais, on sent bien que le flash est partout, au sens où ce n'est plus juste un usage pour le portrait. C'est devenu un usage très courant, le flash, et dès lors, pour classer les photographies, je reviens sur votre missio à la Bibliothèque Nationale de France, il n'y a plus des photos d'artistes, il y en a, mais il y a tous ces usages différents. C'est très difficile dès lors de savoir dans.
Flora Tribel
Quel champ nous nous trouvons, sachant qu'avec des personnages comme Ouidji, on est quelque part dans la photo de presse à sensation et également dans l'art. Mais en réalité, dès les débuts de la photographie, la photographie étant par nature un médium qui saisit la réalité, on est toujours à la fois dans la création d'une image, un cadrage, une lumière qui transforme ce qui est observé et en même temps une empreinte de la réalité. Donc ce côté à la fois documentaire et artistique, il existe dès les débuts de la photographie. Et nous, dans nos façons de classer, de conserver les photographies, il y a eu un vrai basculement il y a une cinquantaine, une quarantaine d'années. où effectivement des photographies qui jusque-là étaient plutôt classées uniquement sous un angle iconographique et documentaire, ont été sorties de ce classement unique pour être reversées à des œuvres d'auteurs. Donc il y a eu un vrai changement de perception de la photographie, ce qui ne veut pas dire que les images des photographes seraient devenues uniquement artistiques, esthétiques ou ne seraient vues qu'à travers cet angle-là. Je pense.
Stéphanie Barbier
Que dans tout corpus photographique, Il y a toujours ce double enjeu, à la fois de ce que ça représente et la façon dont c'est représenté. Avec, ici, tant de moyens de photographier, on sent bien que tout cela se développe, quelque chose de beaucoup plus accessible. Nous avons évoqué avec Nadar la volonté de photographie aérienne en.
Brassaï
Angolfière, de photographie souterraine aussi. Nous étions dans les catacombes, sur Terre, on voit très bien ce que c'est. Et pourquoi pas sous l'eau aussi ? Où se trouve exactement Bimini.
Stéphanie Barbier
? Eh bien, Bimini est sur le bord ouest du grand plateau des Bahamas.
Brassaï
Donc au large de la Floride et au nord de Cuba en même temps. Et comment ces ruines ont été découvertes ? Comment elles se présentent-elles ? Est-ce qu'elles émergent de l'eau ? Eh bien non, elles n'émergent pas de l'eau, mais elles sont visibles depuis l'avion. Aucune ruine, aujourd'hui, sauf dans des endroits très protégés, tels que dans certains ports grecs, n'émerge de l'eau parce qu'elle serait détruite par l'action des vagues. Les ruines sont conservées, au contraire, quand elles se trouvent suffisamment profondes. Comme vous savez, je me suis attaché à faire de la photogrammétrie, c'est-à-dire de la mesure photographique par stéréoscopie de tout cet ensemble. J'ai maintenant une carte photogrammétrique tout à fait équivalente à une carte aérienne de précision d'aujourd'hui. J'ai donc des mesures précises de l'ensemble. Et nous comparons maintenant les dimensions, les proportions, les poids relatifs des pierres, et il y a certaines similitudes très troublantes. Par.
Stéphanie Barbier
Exemple, le poids des pierres, qui varient entre 6 et 25 tonnes, ce qui sont des poids tout à fait courants pour les monuments mégalithiques européens tels que Alicouverte et Dolmen.
Michel Poivert
En 1971, Dimitri Rebikov était de passage sur France Culture, parlait des civilisations, donc l'outil de Bimini. Mais dites-nous Stéphanie Barbier, que vient-il faire dans une histoire du flash à cet homme-là ? Alors oui, Dimitri Rebikov, c'est donc un homme. Il est né à Paris en 1921. Il est initié à l'ingénierie dans l'atelier de son grand-père. Il va gagner sa vie et payer ses études en réparant des postes de radio et des montres. Et puis en fait, après la guerre, il va revenir à Paris, il envire la photographie par le reportage de presse. Et en fait, c'est par cette pratique de la photographie qu'il va travailler au perfectionnement du flash. Alors c'est une personnalité qui est assez modeste en réalité, puisque quand il rédige un certain nombre de manuels et d'articles techniques sur le flash, l'historique qu'il propose généralement, il s'arrête avec Harold Edgerton et il ne se mentionne même pas lui-même. Alors que pourtant, ses premières recherches effectuées à partir.
Stéphanie Barbier
De 1943 pour perfectionner le flash, Elles.
Michel Poivert
Vont émerger en parallèle de celles d'Harold Edgerton aux Etats-Unis. Et donc Dimitri Rubikov, c'est avec lui que va arriver en Europe le flash électronique. Et ça c'est un véritable progrès ce flash électronique ? Oui c'est un véritable progrès puisque c'est une invention qui va permettre de pratiquer le flash de manière plus sûre. On l'a vu combien c'était difficile de pratiquer le flash avec l'éclair magnésique. Donc ça va permettre d'avoir des photographies, un usage plus sûr. plus efficace aussi. Et donc Rubikov, il va être très vite contacté en fait par Henri Broussard qui va être le président du club alpin sous-marin et.
Stéphanie Barbier
Donc il va lui demander de perfectionner ses techniques du flash un peu plus pour réaliser des photographies sous-marines. Donc d'adapter le dispositif du flash électronique à la pratique de la photographie sous-marine. A-t-on une période comme un âge d'or du flash ? Ou pour le dire autrement, j'ai comme la sensation qu'aujourd'hui, le flash est.
Daniel Folliard
Beaucoup moins utilisé. Sachant que beaucoup de photographies sont réalisées avec nos téléphones portatifs, mais rarement avec du flash. Daniel Foliar, comment vous le percevez vous ? Il y a un âge d'or et puis... L'âge d'or, ce serait vraiment la seconde moitié du XXème siècle avec la conjonction de cette culture du photojournalisme, cette culture de la célébrité, on a évoqué avec les paparazzis, et le fait qu'une partie des gens peuvent s'acheter des appareils photo qui, Kodak vend des appareils photo assez peu coûteux qui permettent assez rapidement de faire de la photo au flash. D'ailleurs, il y a beaucoup de gens qui imitent, comme on le fait aujourd'hui avec nos selfies, la pratique professionnelle. C'est cette porosité que Flora a évoquée. Aujourd'hui c'est assez compliqué en fait, les photographes professionnels ne peuvent pas trouver dans la lumière LED qui est beaucoup utilisée parce qu'elle est très facile à contrôler, c'est-à-dire qu'on peut vraiment choisir l'intensité, le spectre lumineux qu'on veut pour réaliser ses photos. Mais l'équivalent d'une photo dans l'hyper-immédiateté qu'on a évoqué, c'est difficile à faire aujourd'hui, sans un flash oxynon c'est quasiment irremplaçable par le LED. Le flash au xénon, c'est vraiment, il y a un punch lumineux tellement fort que certains artistes, on l'a vu un peu à Photo Paris, la grande messe photographique qui a lieu chaque automne, a un retour quelquefois à cette technologie-là parce que finalement, on parle toujours de progrès comme si c'était linéaire. Imiter le xénon, ce n'est pas si simple.
Stéphanie Barbier
Que ça. Retrouver cette hyper-immédiatité de l'image de la personne saisie comme ça dans une lumière blanche très intrusive, très agressive, c'est quelque chose qui finalement est très difficile à reproduire avec les technologies actuelles. Un éclair de raison. un éclair de génie aussi, je reprends le titre Flora Tribel de la livraison que vous avez donné pour Photographica, la revue aveuglée pour voir flash et révélations, c'est le numéro qui nous intéresse.
Flora Tribel
La lampe Nadar, une source pour l'histoire du flash, puisque c'est ça aussi, c'est combien ces procédés aux origines sont innovantes et efficaces, nous sommes toujours surpris de voir la précision de ces photos anciennes. Absolument, et ça c'est aussi parce qu'un photographe comme Paul Nadar a tout à fait compris qu'il fallait s'ajuster à la modernité, c'est-à-dire qu'il y a les temps héroïques, ces années 1850-1860, où tout est toujours nouveau alors qu'on est toujours pionnier quand on invente quelque chose. Mais les photographes, Paul Nader, mais ensuite tous ceux qu'on a évoqués, eux, il y.
Stéphanie Barbier
A une masse de propositions qui est beaucoup plus importante techniquement et donc ils doivent s'ajuster à cette modernité et un peu essayer de courir aussi après cette modernité qui est permise par la technique. Et.
Daniel Folliard
La modernité, donc, à vous écouter, Daniel Faulillard, elle est un peu dans le passé. C'est-à-dire que la lampe LED aujourd'hui est un tantinet pas assez belle, donc LED, pour faire de si jolies photos. Oui, il y a un côté de cet ordre-là, c'est assez intéressant dans l'évolution technologique. On est hanté, maintenant ces images au flash, c'est un peu les zombies, c'est les images zombies de nos data sets. Quand vous vous amusez, par exemple, à faire un prompt sur les nombreuses.
Stéphanie Barbier
Plateformes d'intelligence artificielle, en demandant une photo de New York dans les années 30, vous allez avoir une esthétique Ouidji. C'est-à-dire qu'il y a un resurgissement par ailleurs de cette esthétique dans la génération d'images. Merci vivement pour vos lumières évidemment à tous les trois, Stéphanie Barbier, Flora Tribel et Daniel Folliard. Daniel Folliard d'ailleurs je rappelle que vous étiez venu dans le cours de l'histoire pour.
Flora Tribel
Une émission histoire et numérique, les images du passé au défi du présent et.
Michel Poivert
C'Était particulièrement éclairant pour notre présent.
Flora Tribel
C'est à retrouver sur franceculture.fr et l'application.
Michel Poivert
Radio France. Merci vivement à tous.
Flora Tribel
Les trois. Regarde, Doudou, dans la grande malle, sous les déguisements, il y a une boîte à chaussures remplie de vieilles photos. Il y.
Stéphanie Barbier
A des photos en noir et blanc, des photos en couleur. Il y a même des photos de nous deux. Regarde, Doudou, tu te souviens ? On était partis en vacances au bord de la mer. Tout doux, mon doudou, mais oui, la série de Zoé Vary à retrouver sur Radio France, la p'tite Radio France, parce que demain, dans le cours de l'Histoire, 1, 2, 3, oui, stitie, l'Histoire de la photo amateur, le cours de l'Histoire sur France Culture, une émission réalisée par.
Podcast : Le Cours de l’Histoire (France Culture)
Date : 13 janvier 2026
Durée : 57 min
Invités :
Cet épisode propose un grand voyage dans l’histoire du flash photographique, de ses balbutiements techniques au XIXᵉ siècle jusqu’à ses usages artistiques, sociaux et populaires au XXᵉ, en passant par ses implications économiques et esthétiques. Il montre comment cet artifice technique — le flash — a renouvelé notre rapport à la lumière, à l'obscurité et à l'instant. L'émission navigue entre anecdotes historiques, analyses techniques, passages littéraires et témoignages artistiques, tout en conservant un ton vivant et pédagogique.
Danger et spectacle
Transmission du savoir et internationalisation
Vers une utilisation plus sûre
La difficile traçabilité du flash dans les photos historiques
La massification du flash amateur
Flash et photographie médicale
L’invention artistique
Brassaï et la photographie de nuit
Progrès et émergence du flash électronique en Europe
Un âge d’or du flash ?
Déclin ou mutation ?
La modernité du passé ?
Le podcast alterne érudition, anecdotes techniques et culture populaire, multipliant références savoureuses (Nadar, Brassaï, Degas) et clins d’œil contemporains. Les spécialistes offrent des regards complémentaires mêlant technique, art, histoire économique et usages sociaux, sans jamais perdre de vue la magie (et parfois le danger) de la lumière foudroyante du flash — l’irruption du réel, pour l’œil du photographe comme pour celui du public.
Pour aller plus loin : revue Fotografica numéro spécial « Aveuglé pour voir », interventions de Flora Tribel, et expositions à la BnF sur la photographie et la lumière.