
À l'occasion de l'anniversaire du gouvernement Arizona, nous réalisons une semaine spéciale dans "Les Clés" pour analyser l'état de santé et la stratégie des différents partis composant la majorité et l'opposition. Notre quatrième épisode est consacré aux écologist...
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Bertrand Henne
Notre victoire est leur désespoir. La première, c'est un équilibre subtil mais.
Interviewer / Journalist
Qui reflète aussi une série des attentes et des profils variés de notre société.
Sarah Poussey
Les clés ont subi une défaite sévère.
Samuel Kogolati
Et donc ça impose une remise en.
Sarah Poussey
Question, une remise en question des coprésidents.
Bertrand Henne
La question est simple, qui va payer Arnaud Ruyssen.?
Narrator / Host
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans le quatrième épisode de notre série radioscopie du paysage politique un an après la mise en place du gouvernement Arizona. Dans ce numéro on va se pencher sur les verts en grande difficulté depuis le dernier scrutin. Ça a commencé par une lourde défaite électorale, une opération de refondation avorté par le divorce entre les deux coprésidents, des sondages qui ne redécollent pas. Alors comment expliquer tout cela? L'avenir même d'Ecolo est-il en jeu dans un contexte où l'écologie politique subit beaucoup de vents contraires? On va analyser tout cela en commençant par un petit retour en arrière.
Sarah Poussey
La première, les clés.
Bertrand Henne
Ce 9 juin 2024 marquera une journée.
Marie Lecoq
Difficile pour l'écologie politique. La démocratie a parlé. Les écologistes sont parmi les battus du scrutin. Nous ne pouvons que l'acter, sans en rajouter bien entendu, mais avec lucidité et avec humilité.
Narrator / Host
C'était au soir du 9 juin 2024. Cuisante défaite pour les écologistes qui tombaient sous les 7% des voix en Wallonie, sous les 10% à Bruxelles. C'est bien simple, par rapport aux législatives précédentes, celles de 2019, ils perdaient à peu près la moitié de leurs électeurs. Le lendemain, Jean-Marc Nolet démissionnait, suivi de sa coprésidente Rajamawan, et ouvrait la voie à un chantier de renouveau chez les Verts. A peine un mois plus tard, un nouveau duo prenait déjà les reines du parti, Marie Lecoq et Samuel Kogolati.
Marie Lecoq
La démocratie interne d'Ecolo a parlé et très clairement c'est en faveur de l'écologie populaire que le choix des militantes et militants d'Ecolo aujourd'hui s'est porté.
Samuel Kogolati
C'est vraiment une grande joie de pouvoir aujourd'hui représenter toute cette force écologiste, pouvoir incarner ce mouvement et de pouvoir nous mettre aussi au service de ce collectif.
Narrator / Host
Au cœur de leur projet, la notion un peu floue d'écologie populaire. Mais pas de grand aggiornamento, car il s'agit très vite pour les Verts de se remettre en selle pour aller battre la campagne des communales qui arrive trois mois plus tard. Sans surprise, les communales d'octobre seront aussi un moment difficile pour les Verts, même si c'est un peu moins catastrophique qu'au législatif.
Samuel Kogolati
Nous pouvons ce soir vous confirmer un rebond positif par rapport au résultat du 9 juin.
Narrator / Host
Malgré ce léger rebond par rapport au score de trois mois plus tôt, Ecolo perd beaucoup de plumes par rapport au communal précédent et se fait éjecter d'un grand nombre de majorités communales. Dans le même temps, les gouvernements wallons et francophones se sont mis en place avec aux manettes MR et engagés qui entament leur grand train de réforme. Au fédéral, l'Arizona voit le jour en février et tous les partis d'opposition commencent à pilonner les mesures prises en s'appuyant sur un vaste mouvement de contestation sociale. En parallèle, les deux jeunes coprésidents d'Ecolo décident d'interroger en profondeur les raisons de la défaite d'Ever sur base d'un constat.
Marie Lecoq
Clairement, on a merdé, on a déçu les gens et donc on doit absolument changer. On sait déjà, à partir d'une étude de la Banque européenne d'investissement, que 94% des Belges trouvent qu'il est urgent de s'adapter aux dérèglements climatiques. Et en même temps, seulement 7% votent pour Ecolo.
Narrator / Host
Alors, il lance un grand processus de consultation auprès des sympathisants du parti, mais plus largement auprès de la population.
Marie Lecoq
Les gens vont directement pouvoir donner leur avis sur Écolo. Est-ce qu'on doit changer ou non de nom? Quelles sont les priorités majeures? Est-ce que c'est plutôt la fin du mois? Est-ce que c'est défendre le monde de l'entreprise? Est-ce que c'est plutôt le climat? Nous attendons des milliers de contributions citoyennes pour créer un mouvement écologiste qui ressemble aux gens, mais qui rassemble aussi.
Narrator / Host
Le problème, c'est qu'en coulisses, les relations deviennent de plus en plus compliquées entre Samuel Kogolati et Marie Lecoq. Les deux coprésidents se parlent de moins en moins, plusieurs démissions dans leur entourage proche et surtout, des divergences de fond sur la façon de conduire une refonte du parti. Résultat, au mois de novembre, les deux coprésidents vont constater leur impossibilité à encore travailler ensemble.
Samuel Kogolati
Je vous annonce donc ce matin que je remettrai ma démission à l'ensemble des militantes et des militants.
Interviewer / Journalist
Les militants, ils vous attendent sur ces thèmes que vous portez, pas sur des disputes internes et une division au sein même du parti, non?
Samuel Kogolati
Absolument. Absolument. Et c'est pour ça que j'y mets un terme aujourd'hui.
Narrator / Host
Et Colot se retrouve donc, sans capitaine, au milieu d'eau très chahutée. Car par ailleurs, les sondages sont très mauvais pour les Verts. Alors que les autres partis de gauche, PS et PTB, capitalisent sur la contestation des politiques menées par les exécutifs et remontent en flèche dans les intentions de vote, les Verts restent quasiment au même niveau dans les sondages que leur très mauvais score aux dernières élections. Avec un paradoxe. Les faits ne cessent de rappeler à quel point l'urgence écologique est prégnante aujourd'hui, à quel point le réchauffement climatique s'accélère.
Climate Expert
C'Est comme une ritournelle. 2025 a sans doute été la deuxième année la plus chaude dans le monde après 2024, qui était la plus chaude après 2023. Et si on se concentre rien que sur notre petite Belgique, on est dans un contraste. Cette année a été la plus sèche depuis 1976, alors que la précédente était la plus humide depuis les mesures météo.
Narrator / Host
On va d'un extrême à l'autre au niveau précipitation. Et ça, c'est un peu le signe aussi du réchauffement climatique qui augmente, certes, les moyennes, mais qui augmente aussi les extrêmes. Sans compter l'effondrement continu de la biodiversité, les limites planétaires outrepassées, des thèmes qui sont pourtant au cœur du combat des écologistes. Alors, pourquoi cette crise qui dure pour les verts? Y a-t-il, même pour eux, un risque de disparition aujourd'hui dans l'évolution du paysage politique? Eh bien, c'est ce que l'on va tenter d'analyser. Et pour cela on accueille Bertrand Henne, bonjour. Merci d'être avec nous, vous êtes journaliste politique ici à l'RTBF, éditorialiste de Matin Première, spécialiste aussi de la philosophie politique et ça nous intéresse particulièrement d'ailleurs pour ce numéro. Alors avant d'entrer dans les cuisines du parti écolo, des raisons spécifiques peut-être à cette mauvaise passe pour les écologistes francophones, Peut-être élargissons un peu la focale d'abord, Bertrand, et commençons par ce paradoxe. On vient de rappeler qu'il y a une urgence écologique immense, que toutes les données sont plutôt dans le rouge, au niveau par exemple du réchauffement climatique. Et pourtant, aujourd'hui, l'écologie politique vit des heures difficiles, pas seulement en Belgique, un peu partout en Europe. Est-ce qu'il y a une explication de fond à trouver à ce phénomène?
Bertrand Henne
Oui, je crois que l'écologie politique, les textes, les idéologies, les gens qui les ont portés à l'époque, donc c'est-à-dire ça a commencé dans les années 60 tout doucement, puis surtout les années 70, là vraiment c'est le moment où ça explose. Et les années 80? elle se retrouve quand même, par rapport à la réalité actuelle, en difficulté, en tout cas très challengée, pour prendre un mot un peu plus positif. D'abord, sur Écolo, et donc qui se réclame de l'écologie politique, on va faire la différence entre les deux, c'est normal pour une organisation, après avoir pris quand même une défaite sévère, de s'interroger sur la stratégie, de s'interroger sur la tactique, sur les personnes, sur la communication. On remet moins souvent sur la table son idéologie, c'est-à-dire les raisons fondamentales qui font que l'action politique démarre, que quelqu'un se mobilise dans l'espace public. C'est vrai pour tous les partis, c'est pas vrai que pour Écolo. Et Écolo le fait d'autant moins peut-être que les autres partis. que pour eux c'est l'évidence, vous l'avez dit, les problèmes ils sont évidents, l'effondrement des espèces, les dérèglements climatiques, la pression de l'homme globalement sur son environnement, ça n'est pas interrogé, c'est logique, c'est là, ça se voit, ça ne fait que se voir. Donc forcément, oui, mon utilité elle est là, je suis utile, pourquoi m'interroger? Eh bien c'est justement tout le paradoxe, c'est que l'utilité ne fait pas débat, mais que pourtant Écolo n'arrive plus, ou moins qu'avant, à montrer aux gens pourquoi il pourrait être utile, alors que les faits, que les problèmes qui sont à l'origine de l'engagement d'Écolo, eux, sont présents. Et le premier, il y en a plusieurs, on va essayer de passer en vue, mais le premier thème qui était à l'origine même de l'écologie politique et donc d'Écolo, c'est donc la pression de l'homme sur son environnement, C'est-à-dire, au fond, la technologie, la technique. Dans les années 70, c'est un thème majeur. Si vous regardez André Gortz, c'est un philosophe. Ivan Illich, deux des grands philosophes qui ont fait l'écologie politique et qui ont raisonné avec plein d'individus qui, juste après mai 68, ont commencé à se politiser, qui étaient plutôt jeunes, qui étaient les enfants du baby-boom. Ils ont trouvé là une nouvelle utopie, ils ont trouvé là un nouvel espace pour penser les problèmes qui étaient les leurs. Et on parlait de quoi dans les années 70, 72, le rapport de Rome, les limites de la croissance. Attention, le modèle est interrogé. Et là l'écologie politique apporte une réponse qui va faire florès en politique et c'est vraiment de dire attention la technique nous emprisonne, la technologie nous enferme, il faut la limiter, il faut reprendre le contrôle de nos vies. J'essaye de résumer un peu, mais c'est ça une des idées fondamentales d'Ecolo. et de l'écologie politique, pardon, et donc d'écolos. Or, regardez la situation dans laquelle on est. La technologie et la technique nous entourent comme jamais. Nous sommes enfermés dans la technique et même, elle nous aide même aujourd'hui à penser avec l'intelligence artificielle, ce que certains penseurs écologistes des années 70 avaient déjà d'ailleurs un peu anticipé.
Narrator / Host
Voilà donc une première difficulté majeure. Le discours à l'origine même de l'écologie politique, qui dénonce l'emprise de la technologie sur nos vies, ce qu'elle fait peser aussi sur notre planète, sur nos écosystèmes, se heurte à une évolution qui, ces 50 dernières années, n'a fait que renforcer l'emprise de la technologie dans nos sociétés. L'écologie politique n'est pas parvenue à inverser ou même ralentir le mouvement.
Bertrand Henne
La technique n'a fait que progresser, l'emprise de la technique n'a fait que continuer. Si vous regardez le mouvement socialiste par exemple, à partir du moment où il a commencé à se théoriser, puis dans les luttes pratiques, eh bien il y a eu un recul. En 1850, la pression sur les ouvriers est terrible, 1860 aussi. Les socialistes arrivent, Marx arrive, les mouvements ouvriers arrivent et la pression sur les ouvriers commence à diminuer. Il y a des lois qui passent, la loi des huit heures, puis les congés pays. Enfin, vous voyez ce que je veux dire, c'est que ces préoccupations sont intégrées et on peut dire qu'on voit un résultat. On est moins soumis à la domination du patron, si je prends les grands thèmes des socialistes. Le grand thème des écologistes, on n'est pas moins soumis à la technique. et on n'est pas moins soumis à la pression du modèle productiviste, je reprends les termes qu'ils utilisaient dans les années 70, on utilise moins aujourd'hui quand même, la société de consommation, le capitalisme, fait peser sur les sociétés. Non, ça n'a pas diminué. Et ça c'est quand même un problème.
Narrator / Host
C'est un problème. Il y a aussi un autre enjeu, Bertrand N, si on reste un peu dans le passé et qu'on regarde un peu ce qui avait motivé le combat écologiste au départ, c'était l'idée aussi qu'il y avait une forme de de troisième voie possible entre la gauche et la droite. Et pour en parler, on va peut-être d'abord écouter une petite archive que vous êtes allé nous rechercher, Bertrand. On va écouter Paul Lanois, une des figures historiques d'Ecolo, qui en a été un des fondateurs, et qui, dans une interview à la RTBF en 1981, expliquait ceci sur la vision des écologistes sur les questions économiques en particulier.
Interviewer / Journalist
Je crois que nous apportons une dimension nouvelle au débat sur la politique économique. La preuve en est d'ailleurs que le mouvement écologique n'est pas un mouvement limité à la Belgique, c'est un mouvement international qui atteint surtout les pays industrialisés. Parce que la politique économique qui a été menée depuis très longtemps est en train de buter sur des limites. Et je crois que ce qui a fait l'originalité dès le départ de la pensée écologique, c'est justement qu'on s'est rendu compte de l'impasse dans laquelle se trouvait cette société industrielle qui produit pour consommer et qui pousse à la consommation pour continuer à produire. Alors quand on dit gauche et droite, c'est vrai qu'il y a une droite, classiquement, qui ne remet pas en cause la mauvaise distribution de ce qui est produit. Mais c'est vrai également que la gauche remet en cause la répartition des biens qui sont produits et ne s'interroge pas beaucoup. Et quand je dis pas beaucoup, je suis gentil. En fait, elle ne s'interroge pas du tout sur la finalité de la production. Est-ce qu'il faut produire comme on produit actuellement et laisser décider des pouvoirs financiers, des multinationales, de ce que nous devons consommer? Ou bien faut-il réinventer la production, produire autrement, produire de meilleure qualité et mieux distribuer en même temps? Donc nous ne nous situons pas exclusivement sur ce dualisme gauche-droite. Nous avons une dimension supplémentaire.
Sarah Poussey
La première?
Narrator / Host
Intéressant, évidemment, de réécouter cela aujourd'hui. On a l'impression que là aussi, on pourrait reproduire un petit peu la même analyse. Ce discours, évidemment, qui a toute sa pertinence, il ne s'est pas vraiment imposé non plus. Et le clivage gauche-droite, on a l'impression que là, il est en retour en force de manière très nette.
Bertrand Henne
Oui, oui, vous le disiez hier dans vos émissions et c'est tout à fait vrai. Je trouve que le pôle lanois pose très bien les choses. Il ne dit pas qu'Ecolo n'est pas de gauche ou de droite. Il dit en plus de la gauche et la droite, il y a un autre clivage sur lequel ils veulent exister. C'est le clivage qu'on a appelé matérialisme contre antimatérialisme. Et dans ce clivage-là, quel est le message de l'écologie politique donc d'Ecolo à ses débuts? C'est de dire qu'il faut poser des limites C'est-à-dire des limites aux moyens que nous avons, à notre consommation. C'est-à-dire dire qu'est-ce qu'il nous faut pour vivre. On le définit ensemble, collectivement, démocratiquement. La démocratie est un thème important pour Écolo. Et puis on s'arrête là. Or ici, la manière dont nous vivons n'est pas définie par nos votes ou tellement par notre délibération démocratique. Elle est définie beaucoup plus par des grandes entreprises, par exemple, qui, encore une fois, par des inventions technologiques, vont changer nos manières de vivre. Et donc, toute cette réflexion sur les moyens, elle ne résonne plus du tout aujourd'hui. Comment est-ce qu'on va aller dire à des jeunes qui sont entourés de technologies et qui sont nés avec, les natifs, comme on dit, de technologies numériques, par exemple, qu'il faut s'interroger sur la limite et poser des questions sur à quoi ça sert de consommer? C'est devenu des questions difficiles d'ailleurs, et Collot en parlait de moins en moins et était de plus en plus le parti des solutions. Mais si vous écoutez bien Paul Lanois et l'écologie politique à ses débuts, c'est un projet clivant, c'est un projet de rupture, antiproductiviste. Alors, Collot a toujours essayé d'élargir son électorat et c'est bien normal, mais il se retrouve aujourd'hui quand même dans une difficulté d'assumer cet héritage-là, antiproductiviste, aujourd'hui, dans une société qui, pour reprendre un peu Paul Lanois, est redevenue un peu plus autour de ce clivage gauche-droite qui interroge moins la production, mais plus la redistribution de la production, mais moins à quoi ça sert.
Narrator / Host
Deuxième difficulté majeure donc, comme sur l'enjeu de la technologie, la remise en cause du productivisme, elle non plus n'est pas parvenue à infléchir des tendances lourdes de la société de consommation, démultipliées encore justement par la révolution technologique. Et ce n'est pas tout, puisque d'autres lignes de force du discours écologiste se trouvent elles aussi à contresens des évolutions marquantes de ces dernières années.
Bertrand Henne
En plus de l'antiproductivisme qui est quand même en crise, le pacifisme historique d'Ecolo est en crise. C'est évident, le monde a changé, le progressisme libéral sur les libertés et les droits. On voit bien le backlash qui existe, notamment dans les discours qu'on appelle plutôt néo-réactionnaires ou identitaires. Et enfin la démocratie, l'idée de la politique autrement que plus de démocratie citoyenne notamment, plus proche des citoyens va améliorer les choses. Aujourd'hui c'est plutôt l'idée inverse, une forme de retour à l'autoritarisme, en tout cas à la primauté du politique et des personnes en politique pour régler les problèmes. Ça fait quand même beaucoup d'éléments sur lesquels l'ADN d'Écolo et de l'écologie politique est interrogé. Et puis, il y a qui vote Écolo? Et là, ce qui était intéressant chez nous, et ça ne s'est pas produit dans les autres pays européens, ça s'est produit un peu en Allemagne, ça s'est produit un peu aux Pays-Bas chez nous, c'est que l'écologie politique des groupes environnementalistes du début, dont faisait partie Paul Lanois, qui était ingénieur, qui s'est beaucoup battu notamment contre le nucléaire, a réussi à s'étendre. Et en Belgique, c'était net dans les années 90. à plutôt un public électoral qui jusque-là votait pour le parti social chrétien et plutôt c'était la gauche du parti social chrétien. et des gens qui étaient donc pas tellement et pas uniquement portés sur les questions traditionnelles de l'écologie politique, mais plutôt sur les questions alors de l'enseignement, de l'éducation, les questions de la culture, qui étaient devenues de plus en plus importantes pour Écolo, la question des droits et des droits des minorités, qui sont venus s'ajouter de plus en plus à la clientèle électorale d'Écolo, si je peux m'exprimer comme ça. Et Écolo a toujours eu une difficulté de tenir ce public ensemble, Et aujourd'hui, effectivement, il est sans doute tombé, je ne sais pas si c'est le plus bas, pour toujours tomber plus bas, mais vraiment à l'étiage, à mon avis, un peu environnementaliste. Mais si on regarde, et c'est un problème pour Écolo, par exemple à Bruxelles où ils ont fait des meilleurs résultats qu'en Wallonie, Ce qui revient de leur sondage interne, dont on a entendu Samuel Kogolaty un petit peu parler tout à l'heure, et de leur contact, c'est que beaucoup de jeunes, notamment qui s'engagent encore pour l'écologie politique à Bruxelles, eh bien ce sont des jeunes qui viennent pour les questions de droit, de minorité de genre. Vous voyez, les questions plus culturelles et moins quand même sur la question du clivage traditionnel, l'environnement, la pression sur l'environnement. Par exemple, il y a pas mal de jeunes écologistes qui sont plutôt En tout cas, plus favorables qu'avant sur le nucléaire. Ça aussi, c'est quelque chose qui a changé et qu'Ecolo n'a pas su réellement prendre comme évolution.
Narrator / Host
Et à cela, alors, si on regarde les écologistes francophones en particulier, est venue s'ajouter une série de problèmes sur la façon d'incarner le pouvoir durant la législation. une des missions, celle de Sarah Schlitz, Céline Tellier et les grandes difficultés autour des pifas sur un enjeu pourtant majeur, la qualité de l'eau pour les écologistes. Et tout cela est venu se rajouter à ces trames de fond qui sont déjà extrêmement compliquées. Alors on sait que maintenant un nouveau duo de coprésidents va se mettre en place chez Colo. Il n'y a pas beaucoup de surprises sur qui ce sera puisqu'il n'y a que deux candidats. Et ces deux candidats, on va les présenter tout de suite avec Sarah Poussey.
Sarah Poussey
Les futurs coprésidents seront élus à l'Assemblée Générale du parti le 15 mars. Et pas vraiment de surprise, puisque pour la première fois, un seul duo se présente à la coprésidence, Marie-Coline Leroy et Gilles Vandenburghe. Ce duo était déjà candidat l'année dernière, mais il n'avait récolté que 30% des voix contre Samuel Kogolaty et Marie Lecoq, qui incarnaient alors la jeunesse. Mais pour se reconstruire, Écolo parie finalement sur un duo expérimenté. Marie-Coline Leroy est originaire de Saint-Guylain, près de Mons. Elle était professeure pour les Futurs Enseignants avant d'être élue députée fédérale en 2019. Elle préside ensuite la Commission des Affaires Sociales de la Chambre jusqu'à accéder au gouvernement fédéral en avril 2023. Marie-Coline Leroy, le nouveau visage belge de l'égalité des chances. Ecolo la désignait ce matin pour succéder à Sarah Schliss au poste de secrétaire d'Etat. Gilles Vandenburg incarne lui le volet bruxellois. Il était cadre commercial, notamment chez CBC, chez Umicore. Saluté d'ailleurs parfois reproché par les élus les plus à gauche du parti. Ensuite, il est devenu dirigeant d'un incubateur d'entreprises lié au développement durable. Militant d'écolos de longue date, il devient député fédéral en 2015, en remplacement de Zakia Khatabi, partie à la coprésidence du parti. Il est ensuite réélu en 2019, puis devient chef de groupe écolo à la Chambre sous le gouvernement Vivaldi. Tout comme Marie-Caroline Leroy, il n'a pas été réélu au terme des scrutins de 2024. Ensemble, ils adoptent une posture basée sur deux R. Rassembler d'abord, être à l'écoute de tous, mais aussi riposter face à la violence de la politique actuelle.
Narrator / Host
Rassemblés et ripostés. En même temps, on a l'impression que ça pourrait être une trame pour tous les partis qui sont justement dans l'opposition aujourd'hui, dans l'opposition à gauche et qui sont en train de mener des processus de refondation par rapport à la donne politique du moment. Est-ce qu'il y a un chemin, Bertrand Henne, pour les écologistes justement qui se retrouvent avec une forme d'embouteillage dans l'opposition à gauche, d'embouteillage aussi dans la conquête du centre gauche? On a l'impression que la partition s'annonce très compliquée pour eux.
Bertrand Henne
Oui, je pense qu'ils vont continuer dans un modèle un peu consensuel de rassemblement, évidemment, ils l'ont dit, du plus grand nombre d'électeurs possible autour du projet écologie, c'est-à-dire gommer les éléments les plus conflictuels et problématiques pour une partie des électorats du logiciel écologiste. En même temps, il y a des choses sur lesquelles ils doivent évidemment travailler, je pense que c'est la question qui a mobilisé pas mal pendant les élections du coût de ce qu'on appelle l'écologie punitive. Il faut qu'ils sortent de cette critique qui leur est faite que la mise en place de politiques écologiques, elle coûte cher, elle coûte aux gens et elle change nos modes de vie. Par exemple, dans le monde périurbain, où ils ont beaucoup perdu, la question de la voiture, comment on fait quand on doit acheter une voiture électrique qui coûte beaucoup plus cher. Vraiment des solutions très concrètes sur lesquelles ils vont devoir se positionner plus clairement. Alors il y a toute la question, je ne sais pas comment ils vont s'en sortir, des droits et des libertés, c'est-à-dire comment faire face au backlash un peu réactionnaire, anti-woke, etc., qu'il aurait beaucoup reproché, là aussi sur la laïcité. Sur d'autres questions, ils ont intérêt, certainement entre Bruxelles et Wallonie, à clarifier leurs lignes, mais s'ils clarifient leurs lignes, vous savez ce qu'on dit, on ne sort jamais de l'ambiguïté cassée des pans. Donc on risque là aussi d'avoir des contradictions au cœur des électorats d'écolos, mais c'est sans doute ce qu'ils doivent faire. Parce que là on voit bien que la confusion ou l'ambiguïté n'est pas porteuse. Et décrédibilise à décrédibiliser en fait écolos, je crois, auprès d'une partie des électeurs écologes. J'en ai rencontré plusieurs, notamment juste après la défaite de 2024, qui me disaient « Non, non, non, je suis toujours écologiste. J'ai toujours bien mes idées, mais je ne crois pas que ces gens-là vont réussir à changer les choses. Et c'est cette crédibilité dans les solutions qui va compter de plus en plus. Et là, il faut des personnes qui soient crédibles pour les porter, bien.
Narrator / Host
Sûr. Mais j'ai l'impression quand même à vous entendre, Bertrand Hanne, et ce sera la dernière question, qu'à la fois c'est quand il y a une forme d'ambiguïté sur le monde que propose vraiment Écolo, que Écolo parvient à enregistrer des succès électoraux, et en même temps vous dites aujourd'hui on a besoin de voir clair sur ce qu'il propose vraiment, les gens ne veulent veulent plus de l'ambiguïté, est-ce que ça veut dire alors qu'Ecolo est condamné à revenir peut-être à une base électorale plus petite de ceux qui sont clairement alors antiproductivistes et qui se reconnaissent dans les valeurs que l'on pointait au.
Bertrand Henne
Départ? Ou sortir de manière plus claire de l'antiproductivisme en disant non en fait ce qu'on veut c'est un encadrement, un encastrement de la technique mais pas être contraire à la technique. Donc c'est-à-dire justement faire un argimento complet, je ne me prononce pas là-dessus. Mais effectivement, on voit bien que l'obiguïté, ça ne peut plus. Et que l'eau partie des solutions qui ne s'engagent pas plus, ça ne va à mon avis pas durer. Ou alors ils vont rester à cet étiage-là de 6, 7, 8%. Mais s'ils veulent reconquérir, j'ai l'impression qu'ils doivent retrouver des lignes plus claires sur ce qui fait l'ADN du parti. Et l'ADN du parti, il a sans doute changé fameusement depuis les années 70 et 80, qui avait vu alors son éclosion. Les gens ont changé, le monde a changé. Écolo doit changer plus vite et plus.
Narrator / Host
Fort. Ceci dit, il y a une question que je me pose encore en vous entendant, Bertrand Henne, et à l'heure où Écolo va peut-être devoir réinterroger son ADN même, comme vous le dites. Est-ce qu'Ecolo ne subit pas aussi une dissonance cognitive qui vit très largement dans la population? A savoir qu'une large part des Belges, et d'autres d'ailleurs, sait que le mode de vie actuel de nos sociétés nous fait sortir des limites planétaires que la technologie ne permettra pas de tout résoudre. Et pourtant, malgré que l'on sait ça, on n'a pas envie de changer de mode de vie. On ne remet pas vraiment en cause ce qui, dans notre modèle de société, accélère le problème. Est-ce qu'Ecolo, plus que tout autre, ne pâtit pas de cette dissonance cognitive qui vit au fond, largement dans la.
Bertrand Henne
Société. Si, certainement, mais pour deux raisons. Une n'est pas de sa faute et l'autre, oui. La première qui n'est pas de sa faute, c'est qu'en 2019, les derniers bons résultats d'Ecolo, il y avait encore un espoir, je crois, dans une partie de la population d'infléchir la crise climatique et de trouver des solutions à moyen terme. 2022, donc trois ans plus tard, ça m'a marqué. C'est le moment où François Gemin dit c'est mort, c'est fini, on n'y arrivera plus. François Gemin met en fait derrière lui le GIEC et les experts qui disent On n'arrivera plus à tenir l'accord de Paris. On est dans le dépassement. Donc là, on va devoir gérer l'adaptation. Vous avez fait des émissions là-dessus. Mais ça a influencé énormément cette atmosphère d'espoir qui pouvait encore avoir lieu et de trouver dans Écolo un parti qui pourrait être ce parti de l'espoir. Ça s'est vraiment douché, excusez-moi l'expression. Et puis, mais ça, c'est pas vraiment la faute d'Écolo. C'est le contexte. Et puis il y a une chose qui est la faute d'Ecolo, et là ça touche vraiment à la question sur la dissonance cognitive, c'est qu'une partie, pas toutes c'est vrai, mais une partie des mesures qu'Ecolo a incarnées quand il était au pouvoir touchait justement à l'individu, à la responsabilité individuelle. Quand il faut isoler sa maison et que ça vous coûte, alors certes on met des primes importantes qui ont été réduites d'ailleurs depuis, C'est à vous de le faire. Quand on place des zones de basse émission à Bruxelles et que votre voiture ne sait plus rentrer, c'est à vous de changer de voiture, à vous seul, c'est à vous de payer. Et donc on voit bien qu'il y a une usure d'une partie des électeurs qui disent c'est pas à moi de payer. Alors c'est facile parce qu'on pourrait dire c'est la dissonance cognitive en plein, oui mais c'est toujours aux autres. Mais néanmoins, Ecolo n'a peut-être pas suffisamment démontré comment il compterait régler les problèmes écologiques de manière collective ou en tout cas de manière juste, sans que les solutions proviennent toujours des individus qui doivent eux-mêmes mettre la main au portefeuille, mais même agir par des petits gestes du quotidien pour diminuer leur empreinte écologiste. Et ça, on est aussi un peu à la croisée d'un modèle un peu individualiste de l'écologie et d'un modèle plus collectiviste. Et le parti qui a un peu plus incarné le modèle collectiviste, c'est le PTB, qui vient avec des solutions comme on va nationaliser l'énergie, ce genre de choses. Ce genre de choses-là, voilà, qui est une autre solution. Et Écolo a sans doute pâti donc, c'est vrai, des années au pouvoir où il a quand même, alors certes en devant faire des consensus avec d'autres partis, c'est toujours compliqué la politique, mais a laissé en tout cas la trace dans une partie de la population qu'avec Écolo, eh bien c'est les gens qui payent. Et ça c'est un gros problème pour.
Narrator / Host
Eux. Et tous ces constats-là, tous ces écueils, c'est donc Gilles Vandenburghe et Marie-Coline Leroy qui vont devoir les prendre en compte, les deux futurs coprésidents d'Ecolo qui devraient entrer en fonction à la mi-mars. Merci à Bertrand Henne pour ses analyses, toujours précieuses. Merci à Laurent Nélissen pour la réalisation sonore de cette émission. À la préparation, il y avait Sarah Poussey et Arnaud Reussen. Je vous rappelle que cet épisode s'inscrit dans une série de décryptage du paysage politique un an après la mise en place du gouvernement Arizona. N'hésitez donc pas à aller découvrir les autres numéros de cette série sur Ovio et sur vos plateformes de.
Podcast: Les Clés
Host: RTBF
Date: 4 février 2026
Cet épisode explore la crise profonde traversée par le parti écologiste Ecolo en Belgique, un an après la mise en place du gouvernement "Arizona". Après une défaite électorale dévastatrice, un échec de refondation et des sondages en berne, la question centrale est posée : l’écologie politique telle que portée par Ecolo a-t-elle encore un avenir ? Le podcast propose une analyse historique et idéologique des difficultés d’Ecolo, tout en revenant sur ses errements récents, ses défis internes, et sa nécessaire transformation.
Défaite électorale majeure (09/06/2024)
« Les écologistes sont parmi les battus du scrutin. Nous ne pouvons que l'acter, sans en rajouter bien entendu, mais avec lucidité et avec humilité. »
— Marie Lecoq (01:09)
Nouvelle direction & promesses de renouveau
« C'est en faveur de l'écologie populaire que le choix des militantes et militants d'Ecolo aujourd'hui s'est porté. »
— Marie Lecoq (02:16)
Tensions et divergences internes
« Je vous annonce donc ce matin que je remettrai ma démission à l'ensemble des militantes et des militants. »
— Samuel Kogolati (05:17)
Problème de crédibilité et de discours
La société est plus dépendante que jamais de la technologie et de la technique, que l'écologie politique initiale voulait justement interroger.
« L'utilité ne fait pas débat, mais pourtant Ecolo n'arrive plus, ou moins qu'avant, à montrer aux gens pourquoi il pourrait être utile, alors que les problèmes restent présents. »
— Bertrand Henne (08:51)
L’écologie politique avait pour moteur la critique de la technique et du productivisme (Gortz, Illich à l’origine du mouvement), mais ces tendances se sont accentuées au lieu de régresser.
« Le grand thème des écologistes, on n'est pas moins soumis à la technique, et on n'est pas moins soumis à la pression du modèle productiviste, ... Non, ça n'a pas diminué. »
— Bertrand Henne (11:35)
La « troisième voie » défendue à la création du parti s’est diluée dans une polarisation gauche-droite retrouvée.
« Nous ne nous situons pas exclusivement sur ce dualisme gauche-droite. Nous avons une dimension supplémentaire. »
— Paul Lanois (archive, fondateur d’Ecolo) (13:11)
« C’est un projet de rupture, antiproductiviste... mais Ecolo a toujours eu une difficulté à tenir ce public ensemble, notamment face au retour du clivage gauche-droite. »
— Bertrand Henne (14:54)
Ecolo attire aujourd’hui surtout un électorat jeune, davantage mobilisé par les thèmes de sociétés et minorités que par l’antiproductivisme écologique fondateur.
« Beaucoup de jeunes, notamment qui s'engagent encore à Bruxelles, le font pour les questions de droit, moins pour l'environnement ou le productivisme. »
— Bertrand Henne (17:22)
Acceptation croissante du nucléaire parmi la jeunesse écologiste, révélant les décalages idéologiques internes.
Difficulté à incarner le pouvoir sur des dossiers clés (gestion de l’eau, pifas…).
Nouveau duo attendu à la coprésidence : Marie-Coline Leroy (spécialiste égalité des chances, sociale et enseignement) et Gilles Vandenburghe (expérience bruxelloise, développement durable).
Ligne affichée : « Rassembler et riposter », deux axes qui résonnent comme une nécessité face à la violence du climat politique.
« Ensemble, ils adoptent une posture basée sur deux R : rassembler d'abord, être à l'écoute de tous, mais aussi riposter face à la violence de la politique actuelle. »
— Sarah Poussey (22:10)
Immense difficulté à sortir de l’étiquette d’« écologie punitive », notamment vis-à-vis des classes moyennes périurbaines.
« Il faut qu'ils sortent de cette critique que la mise en place de politiques écologiques, elle coûte cher, elle coûte aux gens et elle change nos modes de vie... »
— Bertrand Henne (22:46)
Risque d’électorat résiduel si Ecolo ne clarifie pas plus nettement son projet et son positionnement, quitte à renoncer à une partie de ses ambiguïtés historiques.
Les Belges savent que leur mode de vie est insoutenable, mais peinent à accepter le changement ; cette « dissonance cognitive » fait particulièrement mal à Ecolo.
« Une large part des Belges sait que le mode de vie actuel nous fait sortir des limites planétaires, ... Et pourtant, on n'a pas envie de changer de mode de vie. »
— Narrator / Host (25:59)
Ecolo a trop souvent fait reposer l’effort écologique sur les individus plutôt que sur le collectif, alimentant la perception de mesures pesant sur les citoyens.
« Avec Ecolo, eh bien c'est les gens qui payent. Et ça c'est un gros problème pour eux. »
— Bertrand Henne (29:10)
« Clairement, on a merdé, on a déçu les gens et donc on doit absolument changer. »
— Marie Lecoq (03:58)
« Je vous annonce donc ce matin que je remettrai ma démission à l'ensemble des militantes et des militants. »
— Samuel Kogolati (05:17)
« Les préoccupations sont intégrées... on peut dire qu'on voit un résultat. Le grand thème des écologistes, on n'est pas moins soumis à la technique. »
— Bertrand Henne (11:35)
« Nous avons une dimension supplémentaire. »
— Paul Lanois (13:11)
« C’est la crédibilité dans les solutions qui va compter de plus en plus. »
— Bertrand Henne (24:10)
« Ecolo doit changer plus vite et plus fort. »
— Bertrand Henne (25:57)
« Avec Ecolo, eh bien c'est les gens qui payent. »
— Bertrand Henne (29:10)
Épisode de fond, sans sensationnalisme, porté par une volonté de compréhension en profondeur et une lucidité parfois mordante sur la crise identitaire et structurelle que traverse Ecolo. Le ton oscille entre analyse historique, autopsie d’un échec, et frustration devant l’écart grandissant entre l’urgence écologique et l’impuissance du parti à convaincre.
L’épisode propose un diagnostic sans complaisance sur la crise durable d’Ecolo : essor contrarié, remise en cause de ses fondamentaux, difficultés internes, et décalage avec la société. La nouvelle direction devra choisir entre l’affirmation nette d’un projet clivant ou la dilution dans l’opposition, sous peine de rester un acteur marginal — alors même que les enjeux écologiques n’ont jamais été aussi présents.
Pour continuer l’analyse, retrouvez les autres épisodes du cycle "1 an d’Arizona" sur Ovio ou vos plateformes de podcast préférées.