
À l'occasion de l'anniversaire du gouvernement Arizona, nous réalisons une semaine spéciale dans "Les Clés" pour analyser l'état de santé et la stratégie des différents partis composant la majorité et l'opposition. Notre premier épisode est consacré au parti libéra...
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Jean-Benoît Pilet
Ce fut long, ce fut long, mais nous allons avoir un gouvernement.
Sarah Poussey
Un accord a été obtenu sur la partie la plus compliquée des négociations.
Martine Dubuisson
La première.
Laurent Nellysen
Et à la fin, on a coupé les grands nœuds, on a conclu cet accord socio-économique.
Martine Dubuisson
Les clés.
David Clarenval
Par exemple, la question de la fiscalité, j'ai dit qu'il n'y aurait pas d'augmentation d'impôt.
Martine Dubuisson
Arnaud Reussen.
Laurent Nellysen
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour une série consacrée à la situation politique un an après la mise en place du gouvernement Arizona. Dans cette série, en quatre numéros, on a choisi non pas d'analyser les dossiers traités par ce gouvernement mais de s'intéresser aux partis qui composent l'Arizona ainsi qu'à ceux qui combattent ce gouvernement depuis l'opposition. Alors, dans ce premier épisode, on va s'intéresser au MR, le premier parti francophone qui a fortement imprimé sa marque dans l'Arizona, mais qui ne semble pas, en tout cas selon les sondages, en tirer profit aujourd'hui. Alors, comment expliquer cet apparent paradoxe? Comment analyser l'action aujourd'hui du parti de Georges Louis Boucher? Eh bien, on a 27 minutes pour tenter d'y voir clair.
Martine Dubuisson
La première, les clés.
David Clarenval
On a le programme de gouvernement qui est certainement le plus en phase avec notre programme électoral depuis des décennies. Et donc c'est très enthousiasmant aussi quand on voit ce qui s'est passé au niveau des régions. Donc oui, c'est cette satisfaction mais aussi surtout un grand sens de responsabilité.
Laurent Nellysen
C'était le 3 février 2025. Les yeux cernés de fatigue, mais le sourire aux lèvres, Georges Louis Boucher se félicitait de la mise en place d'un gouvernement fédéral, avec en son sein le MR et les engagés, côté francophone, l'ANVA, Voreut et le CDNV, côté flamand. Une gestation et un accouchement très compliqués, puisque ce gouvernement, il avait fallu 7 mois pour le mettre en place.
David Clarenval
On a eu de nombreux moments où ça pouvait chuter, mais à aucun moment, en fait, on a remis en cause véritablement l'Arizona et nié d'ailleurs la figure de Bardo Weaver comme Premier ministre. Donc je pense que ça, c'est quand même positif et ça montre le ciment de cette coalition.
Laurent Nellysen
Un an plus tard, la coalition a montré des fragilités quand même, des moments de très vive tension en particulier sur le budget. Mais elle a aussi et surtout mis en œuvre des réformes, des réformes chères OMR précisément. En particulier, la limitation des allocations de chômage dans le temps, dossier porté par le vice-premier MR et ministre de l'Emploi, David Clarenval. C'est vraiment le message que le chômage n'est pas un plan de carrière, qu'il faut chercher du travail. Il y a 170 000 emplois vacants aujourd'hui dans la construction, dans l'horeca, dans le transport, dans les titres services. Il y a du travail disponible. Celles et ceux qui sont au chômage doivent maintenant comprendre qu'il faut travailler. Et ce n'est pas la seule réforme de taille incarnée par David Clarinval puisque l'emploi est au cœur de la stratégie de ce gouvernement. Il y a eu aussi la flexibilisation du travail ou encore le développement du travail étudiant. Des réformes qui, avec d'autres en matière de pension ou d'activation des malades de longue durée, ont provoqué durant toute l'année 2025 un long chapelet de grèves, de manifestations et de mouvements de protestation en tous sens.
Martine Dubuisson
Tous les avantages qu'on a eus, on nous les enlève carrément.
Jean-Benoît Pilet
La pension, les contrats.
Martine Dubuisson
En fait, on se bat pour regarder ce qu'on a.
Sarah Poussey
Si on épuise les gens à la tâche et leur promettre un avenir de toute façon pénible, je ne vois pas.
Laurent Nellysen
Comment ça peut motiver les gens à.
Sarah Poussey
Donner le meilleur d'eux-mêmes aujourd'hui.
Jean-Benoît Pilet
Ce n'est pas possible.
Laurent Nellysen
Des mobilisations sociales. D'ampleur, il y avait de 2 à 300 000 personnes dans les rues en novembre, mais qui n'auront généré que quelques ajustements à la marge. Pas de quoi faire sortir l'Arizona de ses rails. Ce qui a sans doute le plus mis en danger l'Arizona, ce sont surtout les oppositions internes. En particulier en novembre dernier, au moment des négociations budgétaires, où l'on a même cru un moment que le gouvernement de Weaver pouvait tomber.
Jean-Benoît Pilet
C'est le véritable blocage depuis plusieurs semaines. Bart de Weaver s'était fixé un ultimatum, soit j'ai un accord pour le 6 novembre, soit j'irai chez le roi. On est le 6 novembre, il n'y a pas d'accord, Bart de Weaver est donc chez le roi.
Laurent Nellysen
Au cœur du bras de fer, la façon d'équilibrer le budget et une ligne intransigeante tenue alors par l'EMR, pas question de venir avec de nouveaux impôts.
David Clarenval
Vous savez, taxer c'est la solution de facilité. C'est exactement ce qu'on fait dans ce pays depuis 50 ans. Ça nous a conduit à la faillite et c'est pas comme ça qu'on arrive à récompenser les gens qui travaillent et à attirer des investissements et c'est ce qu'on doit faire aujourd'hui.
Laurent Nellysen
Le match durera des semaines car l'OMR ne veut pas entendre parler d'un saut d'index ou d'une augmentation généralisée des taux de TVA. Les échanges seront parfois très durs et, dit-on en coulisses, vont laisser des traces entre l'OMR et ses partenaires de majorité. pour au final aboutir à un compromis alambiqué sur la TVA dans lequel consommateurs comme journalistes peinent encore à se retrouver. Eh bien c'est 6. Ça aurait dû être 12, mais pas pour les produits de boulangerie. Donc il y a une petite exception dans l'exception.
Jean-Benoît Pilet
La gaufre emballée, ça reste à 6?
Laurent Nellysen
Ça reste à 6, parce que ça peut se conserver plus de 2 jours. Mais la gaufre fraîche, elle passe à 12. Un dossier qui est un peu à l'image d'autres avec ce gouvernement. Quand les grandes idées de rupture défendues en campagne viennent se confronter à la réalité complexe de la mise en œuvre, la ligne claire voulue apparaît parfois brouillée. Alors qu'en est-il spécifiquement pour l'EMR? C'est ce que l'on va à présent explorer. Et avec nous pour cela, il y a notamment Jean-Benoît Pilet. Bonjour. Bonjour. Merci d'être là. Vous êtes professeur de sciences politiques à l'ULB, membre du SEVIPOL, le Centre d'études de la vie politique. Alors d'abord, un commentaire général sur ce gouvernement et la patte du MR dans celui-ci. Est-ce qu'on peut dire que le MR avec l'Arizona est ce que l'Arizona est parvenu déjà à faire en un an? a montré cette rupture que l'EMR voulait imprimer, notamment dans l'idée que si on arrivait à faire un gouvernement sans l'EPS francophone, on allait entrer un peu dans un monde différent. Est-ce que ça, ça se vérifie un an après la mise en place de ce gouvernement?
Jean-Benoît Pilet
Je pense que dans une certaine mesure, on peut dire que le MR a réussi son pari sur certaines questions socio-économiques très symboliques. La limitation dans le temps des allocations de chômage est le dossier le plus symbolique. Mais il y a eu aussi un effort budgétaire qui s'est concentré essentiellement sur des réductions de dépenses, même si on s'attendait à plus. On a quand même un gouvernement qui est clairement marqué à droite. On a un MR qui est capable de venir avec certains trophée important par rapport à finalement son électorat traditionnel, c'est-à-dire un électorat qui est fait de personnes des classes moyennes supérieures, d'entrepreneurs, de personnes qui travaillent dans le secteur privé. Et donc sur ces éléments-là, le MR a réussi à engranger certains points. Mais cette rupture, elle est au-delà de la question purement socio-économique et purement concernant plutôt les classes moyennes supérieures et les personnes qui était travailleuse dans le secteur privé. Elle allait aussi vers une forme de droite populaire, de dire on va récompenser le travail, y compris le travail des personnes qui gagnent moins. Et là, il faut bien admettre que le MR n'a rien à engranger jusqu'ici. Ça viendra peut-être. La réforme fiscale est annoncée pour la fin de la législature. Mais bon, tant qu'on n'en aura pas vu la couleur, ce sera difficile d'y croire. On avait aussi annoncé une rupture sur des questions culturelles. Il y avait un repositionnement du MR au-delà du socio-économique qui ne se traduit pas dans des dossiers très importants, même sur les questions migratoires, sur la limitation de l'immigration. C'est plutôt la N-VA qui porte ces dossiers-là. Et le MR n'en fait pas véritablement des trophées. Et si on prend le dossier symbolique de la sortie du nucléaire, certes, la loi de sortie du nucléaire a été abrogée. Mais en même temps, on voit bien que la mise en œuvre concrète de la réouverture ou du maintien ouvert de certaines centrales, de la construction d'autres centrales, est très compliquée. Et donc on peut dire qu'on est un peu dans un entre-deux. Je pense que l'MR est bien plus satisfait de sa participation après un an à l'Arizona qu'il n'a été satisfait de sa participation au gouvernement précédent et qu'il a plus de trophées à faire valoir. Mais en même temps, c'est pas la révolution libérale qui était annoncée.
Laurent Nellysen
Et le fait que dans les sondages aujourd'hui, quand on les regarde, alors on peut toujours dire ce ne sont que des sondages, mais quand ils se répètent, ils veulent sans doute dire quelque chose. Dernier sondage du journal le soir, il y a quelques semaines, on voyait un MR qui perdait 7 points en Wallonie, 5 points à Bruxelles. Vous y voyez la traduction de cela, le fait que oui, il y a des ruptures, oui, le MR a gagné des points importants. Mais en même temps, sur ce sur quoi il était attendu par rapport au salaire poche, par exemple, la récompense sur le travail, là, les électeurs, de manière générale, ne le voient pas encore venir.—.
Jean-Benoît Pilet
Effectivement, c'est ce qui est en train de se passer. Quand on fait une analyse fine à la fois des enquêtes électorales de 2024, mais aussi des sondages qui ont lieu depuis lors, on constate deux choses. Premièrement, le MR avait une part de sa victoire qui s'expliquait par le fait d'être allé chercher travailleurs à faibles revenus, c'est-à-dire des personnes qui travaillent, qui ne sont pas des allocataires sociaux, mais qui ont des revenus assez faibles, en leur promettant que grâce aux diminutions de dépenses qui allaient être faites sur le chômage, sur les malades de longue durée, on allait récompenser le travail de ces personnes et on allait augmenter le salaire poche. Mais là, il n'y a rien pour l'instant. On a même un durcissement de certains éléments, puisque ces personnes voient quand même que les conditions d'accès à la pension, que le calcul de la pension sera souvent plus Donc on est même plutôt dans l'impression que non seulement on n'a pas obtenu notre bonus, mais on est même en train de perdre. Et dans les sondages, on voit que ce sont ces électeurs-là qui avaient voté en 2024 pour l'OMR et qui, ici, annoncent – on verra si ça se traduit en 2029 – mais qui annoncent qu'ils sont moins tentés de voter pour l'OMR. L'autre élément, c'est qu'on a un renforcement d'une tendance qu'on avait déjà vue en 2024, qui est que les électeurs plus modérés du MR, pas sur les questions socio-économiques, mais sur les questions culturelles, sur l'immigration, sur les identités de gens à identité sexuelle, sur le rapport à la démocratie, ces électeurs-là de centre-droits traditionnels, Mais ils sont de plus en plus inquiets de certains discours de certains responsables du MR. Et donc ils sont tentés par les engagés. Et donc en fait, ce mouvement d'électeurs qui vont du MR vers les engagés, c'était déjà vu un petit peu en 2024 et se voit encore ici quand on fait une analyse des sondages. Et donc le MR perd la droite populaire qu'il avait gagnée et continue à avoir une petite hémorragie des personnes de centre-droit plus modérées, surtout sur les questions culturelles. Et donc si l'OMR n'arrive pas à changer la ligne actuelle, et surtout s'il n'arrive pas à obtenir l'augmentation du salaire poche pour la droite populaire, l'OMR risque effectivement d'avoir une déconvenue en 2029, en particulier dans les provinces comme le Hénau, où il avait fait de très bonnes performances auprès de.
Laurent Nellysen
Cet électorat. Oui, mais on ne vote pas avant 2029. Ça vous fait effectivement bien de le rappeler. On est un an après la mise en place de ce gouvernement. Et on va accueillir aussi pour analyser les choses.
Martine Dubuisson
Martine.
Laurent Nellysen
Dubuisson. Bonjour. Vous êtes journaliste au journal Le Soir, chef adjointe du service politique au quotidien. D'abord un mot là-dessus, est-ce que pour l'OMR, ce qui se passe aujourd'hui, c'est le fait qu'on doit mettre en place des mesures, qui sont certes des mesures de rupture que l'OMR avait annoncées, mais qui dans un premier temps en fait sont assez douloureuses pour une partie de la population, sur la fin des allocations de chômage, mais aussi sur une flexibilisation du travail qui pourrait toucher aussi toute une série de travailleurs aujourd'hui dans leurs fonctions actuelles. alors que les mesures qui doivent récompenser vraiment le travail, elles ne viendront plutôt qu'en fin de législature. Est-ce que c'est ça une vraie difficulté aujourd'hui du MR.
Martine Dubuisson
Selon vous? Ça participe certainement des difficultés du parti et de ce paradoxe. Effectivement, c'était un peu le gouvernement des rêves. Jean-Joël Boucher le disait dans la séquence. Sans le PS, on allait pouvoir faire des réformes historiques. Il y a quelques réformes historiques effectivement. Et malgré tout, l'EMR est un peu le parti le plus vocal dans la coalition, contre ou en tout cas négativement. On l'a vu lors du conclave budgétaire, lorsqu'ils ont dû faire le budget, c'est l'EMR qui a le plus calé, notamment avec l'histoire de la TVA, on l'a rappelé. Mais du coup, c'était celui qui apparaissait presque le plus. contre l'Arizona, ou en tout cas l'élément perturbateur au sein de l'Arizona. Et ça c'est quand même un paradoxe, un petit peu étonnant. Sous la Vivaldi, on l'a rappelé, l'EMR était presque dans la participe-opposition, comme on appelle ça. Ils étaient très critiques vis-à-vis de la Vivaldi. Alors ici, les premiers mois de l'Arizona, pas du tout. C'était presque un mariage exceptionnel, de rêve. Avec les engagés aussi, on s'entendait super bien. Et puis petit à petit, On ne peut pas dire que Georges Louis Boucher ait repris tout à fait le costume de participe opposition, mais il est quand même très vocal et parfois négativement sur l'accord budgétaire. Il a d'ailleurs dit que s'il avait été à la table, il y a quelques éléments, 2-3 choses qu'il n'aurait pas accepté et d'autres choses qu'il aurait fait autrement. Donc ça c'est quand même un petit peu étonnant quand on voit que c'était un des partis qui était le plus heureux de ce gouvernement Arizona, et on l'a entendu dans la séquence aussi, lorsqu'ils ont formé le gouvernement, à aucun moment, dit Georges Louis Boucher, ils n'ont imaginé remettre en cause cet attelage-là. Donc ça c'est quand même un peu surprenant. Et pour rejoindre les arguments qu'on donnait pour la perte du MR, en tout cas ce qu'on imagine dans les sondages, Les engagés perdent un petit peu aussi, mais pas autant. Et moi j'ai l'impression qu'il y a un aspect communication qui joue aussi, parce que les mesures qui sont prises et qui semblent douloureuses pour la population, le MR si je caricature un peu, c'est comme ça, il n'y a pas eu de romance, c'est un peu marche ou crève. Tandis que les engagés, ça leur est d'ailleurs reproché par leur position de gauche, ils disent oh là là oui mais ça c'est vrai que c'est dur, mais il faut... enfin ils montrent beaucoup plus d'empathie. Ça leur est reproché dans l'opposition un peu. Oui, votre cœur saigne, mais vous le faites quand même. Mais malgré tout, au niveau du discours, peut-être que ça passe un petit peu mieux auprès de cette classe moyenne inférieure qui avait espéré Monts et Merveilles et qui est un peu sur sa faim parce que certaines réformes importantes pour le MR n'ont pas encore eu lieu fiscalement et auront lieu au mieux en fin.
Laurent Nellysen
De législature. au mieux, vous dites, parce qu'on connaît aussi le contexte budgétaire qui est extrêmement compliqué et qui fait que peut-être ce sera difficile de tenir toutes les promesses qui avaient été faites en matière fiscale quand on voit aussi déjà dans ce début de législature qu'il y a des choses un peu inattendues qu'il a fallu prendre en compte au niveau du contexte international, des dépenses en défense et donc la réalité que l'on avait au moment de la campagne n'est plus la même et peut-être encore moins la même que celle qu'on aura en fin.
Martine Dubuisson
De législature. Tout à fait, et s'ajoute à ça le fait que comme ils ont fait leur budget en retard qui va seulement être voté, il y a des réformes qui budgétairement auraient eu des conséquences quasi immédiates mais qui sont reportées aussi et donc ça entraîne des difficultés budgétaires supplémentaires. Donc c'est clair que ça ne va.
Laurent Nellysen
Pas aider. Et on peut se demander si sur la communication dont vous parliez, il n'y a pas eu, au vu des sondages d'ailleurs assez difficiles et qui se répètent pour l'EMR, un petit ajustement. J'avais l'impression en entendant par exemple un David Clarenval ces dernières semaines, que le discours était un peu modifié, peut-être un peu moins fermé radical par exemple sur les allocations de chômage, sans rien retirer sur le fond, mais peut-être dans la façon de le dire, déjà une évolution. Est-ce que vous constatez ça.
Martine Dubuisson
Aussi, Marc? Oui, et aussi, je pense chez Georges-Louis Boucher, mais c'est vraiment inégal. Par moment, il y a un adoucissement et puis paf, on retombe un petit peu. Et l'exemple le plus frappant, c'est l'exemple des aidants proches. Ils font une réforme et puis ils se rendent compte, après coup, que ça va toucher les aidants proches. Ils disent tous, mais ça, on ne veut pas. Donc, alors, on essaye de corriger, mais ça aurait dû être anticipé.
Laurent Nellysen
Me semble-t-il. Donc, ça, c'est sur l'enjeu surtout socio-économique. Mais il y a aussi, on le disait, l'enjeu culturel, vous l'évoquiez Jean-Benoît Pilet, l'enjeu culturel sur lequel l'EMR se fait de plus en plus vocal. Il assume même l'idée d'une guerre culturelle menée dans l'espace public, menée notamment au départ du centre Jean-Gaulle. Et justement, c'est à cela que s'est intéressée.
Sarah Poussey
Sarah Poussey. En septembre, lors d'une soirée controversée à l'université de Liège, Georges-Louis Boucher a célébré l'anniversaire de la mort de Jean Gaulle, mais aussi les 20 ans du centre d'études du MR. Dans son discours, le président libéral a clairement rappelé l'objectif de cette organisation, à savoir imposer les thèmes du débat public et ainsi gagner la guerre culturelle. Pour y parvenir, le libéral y a mis les moyens. Le centre Jean Gaulle reconnaît que Georges Louis Boucher est de loin le président qui a le plus travaillé et investi dans ce qu'ils appellent la bataille des idées. Avant les élections de 2024, le centre a redoublé d'efforts pour produire des études, des livres, des vidéos, bref, du contenu à partager avec des sujets particulièrement clivants dans le débat public. le wauquisme, l'islamisme ou encore la neutralité de l'enseignement. Il a aussi organisé plus d'une cinquantaine de conférences au Wallonie et à Bruxelles. C'est trois fois plus qu'auparavant. Corentin de Sales, le directeur scientifique du Centre Jean-Gaulle, parle du rôle évangélisateur de ces conférences. Lors de ses moments d'échange ou lors d'autres discours, Georges-Louis Boucher aime défendre les thématiques chères au MR, mais aussi cibler ses adversaires, c'est-à-dire la gauche, les minorités, les écolos, mais aussi le monde universitaire comme il l'a rappelé lors de sa tournée des vœux du MR.
David Clarenval
À Walin. dans le monde intellectuel, il y a une facilité à être de gauche parce qu'ils se disent, en fait, on pense un monde différent. On est contre l'économie de marché, contre le capitalisme, contre le consumérisme, etc. Et donc, ils se pensent hyper originaux. Non, on pense au-delà. Vous avez besoin d'une voiture. Vous n'avez rien compris à la vie, un bon vélo. Et alors, c'est toujours bien de lire des bouquins et d'aller dans le monde des idées. Le seul truc, c'est qu'en fait, ils ne sont pas originaux du tout parce que tous leurs collègues pensent la même chose. Donc, c'est un confort de penser à crever. Vous avez le triangle des Bermudes comme ça. RTBF, ULB, boulevard de l'empereur. Ça, c'est le triangle des Bermudes. Vous êtes au milieu de ça.
Sarah Poussey
Vous mourrez. La stratégie de Georges Louis Boucher est claire. Il fait même référence à l'écrivain communiste italien Gramsci en l'expliquant. Pour gagner dans les urnes et déterminer des choix de société, il faut d'abord gagner les esprits et le.
Laurent Nellysen
Débat intellectuel. Alors Jean-Benoît Pilet, réaction là-dessus, pas en tant qu'ULB que vous représentez, on reste dans l'analyse ici de ce qui se joue là. Quand Georges-Louis Boucher tient des propos comme cela sur les universités, sur le service public notamment, c'est pas un dérapage, ça s'inscrit dans un discours qui veut construire quelque part un rapport de force différent, une culture différente en Belgique.
Jean-Benoît Pilet
Francophone.— Oui, effectivement, c'est pas neuf. En fait, Jean-Louis Boucher défend cette ligne-là depuis avant les élections de 2024, a investi dans le centre Jean-Gaulle, mais aussi dans une bataille culturelle permanente. C'est une stratégie qui est claire, qui est assumée, qui est conséquente et qui s'inspire en fait de ce que Georges Louis-Boucher et les membres du centre Jean-Gaulle voient dans d'autres démocraties, à savoir qu'on peut faire basculer à l'avantage de la droite le paysage politique si on ne reste pas uniquement sur le socio-économique, mais si on va aussi sur des questions culturelles, migratoires, d'identité, de rapport à la démocratie. Et donc on a vu ça dans plein de pays européens, on a vu ça aux États-Unis, on a vu ça à plusieurs endroits. Et ça permet de faire deux choses. Ça permet à la fois de changer le curseur du débat pour peut-être faire oublier des décisions un peu plus difficiles en matière budgétaire, en matière sociale. Mais ça permet aussi de s'attaquer à ce qui est peut-être le moins populaire chez certains adversaires de gauche. Parce qu'effectivement, les grandes enquêtes en sciences sociales qui sont menées depuis des années, montrent bien que la population, sur ces enjeux culturels, il y a une frange de la population assez conservatrice, assez rétive à l'immigration, assez rétive à l'ouverture culturelle sur les questions, que ce soit le mariage pour les couples homosexuels et l'adoption pour les couples de même sexe, ou les transitions de genre. Donc on sait qu'il y a un potentiel plus conservateur, mais qui n'est pas forcément un électorat qui trouve sa priorité. C'est moins important que les conditions de vie. Et ce que se dit l'EMR, c'est qu'en faisant changer ça, en faisant des enjeux culturels quelque chose de plus saillant, de plus prégnant, on peut, à l'instar de ce qui s'est passé dans plein de pays européens, gagner les élections sur cet enjeu-là. Alors qu'effectivement, sur les enjeux strictement de la qualité de vie et de la discipline budgétaire, ça va être difficile parce que même les promesses qui sont formulées en ces matières-là, elles supposent un redressement budgétaire qui, lui, suppose de faire des diminutions d'aides à la population. à la fois stratégique et idéologique, mais c'est pleinement conséquent et c'est pleinement inspiré de ce qui se passe dans d'autres.
Laurent Nellysen
Pays européens. Dans d'autres pays européens et au-delà, on voit ce qui se passe aux États-Unis avec Trump. Certains des adversaires de Georges-Louis Boucher font de plus en plus souvent cette comparaison en disant qu'il y a une forme de dérive trumpiste chez Georges-Louis Boucher. Est-ce que là-dessus, il n'y a pas un danger quand même pour lui? Parce qu'à la fois, il y a cette stratégie dont vous nous dites que politiquement, ça peut fonctionner. Et en même temps, si on agite de plus en plus cette comparaison avec un Trump, dont on voit aussi à quel point ça peut alors partir dans tout autre chose qui n'est plus du tout une démocratie, est-ce que là ça ne peut pas jouer contre Louis Boucher par rapport à cette conquête électorale qu'il essaye.
Jean-Benoît Pilet
De mener? – Tout à fait, c'est une ligne de crête qui est assez difficile à tenir, parce qu'on peut se dire à un moment donné, c'est ce qui s'est passé sans doute avant 2024, se dire que les exemples de Giorgia Meloni, les exemples aux Pays-Bas où on voit la montée de cette droite radicale qui tient ce type de discours sont plutôt des exemples positifs, mais ici on a un peu le retour de bâton qui est que dans une partie de l'électorat qui pourrait voter pour l'OMR, qui d'ailleurs est le plus proche de l'OMR sur les questions socio-économiques, on commence à être effrayé. On commence à se dire que des alternatives comme les engagés peuvent peut-être, sur ce point-là, être un peu plus raisonnables. Et puis surtout, ce qui se passe, c'est que ce n'est plus uniquement un discours qui se fait à l'encontre de questions migratoires ou à l'encontre de questions sur l'environnement. ou autre, mais qu'on va aussi avoir des choses sur la démocratie elle-même. Quand on a une critique des contre-pouvoirs, quand on a une critique répétée des contre-pouvoirs, on voit bien qu'à l'intérieur même du mouvement réformateur, ça commence à susciter un certain malaise. On l'a vu effectivement avec M. De Macte, qui a quitté le MR, mais on le voit aussi dans la base libérale. Et donc ça, c'est un peu la difficulté. C'est qu'il faut à la fois, pour Georges Louis Boucher, réussir à tenir ce discours et à attirer un électorat plus conservateur, mais sans aliéner un électorat qui est profondément démocrate, qui est profondément ouvert sur ces questions-là et qui votait MR précédemment sur.
Laurent Nellysen
Des questions socio-économiques. Justement, parlons un peu de ce qu'a montré le cas Michel Demacte, député fédéral, on le rappelle, élu à Bruxelles sur des listes MR et qui a quitté le MR pour rejoindre les engagés. Voilà ce qu'il disait du mouvement réformateur au moment de.
David Clarenval
Quitter le parti. Je n'ai pas changé, c'est le parti dans lequel je siégeais qui n'incarne plus les valeurs que je veux défendre. Je ne suis pas populiste, je ne suis pas conservateur de droite, radical. Je suis un libéral authentique. Et l'illibéralisme, je le tiens en horreur. Je peux vous dire que j'ai reçu beaucoup de soutien ces derniers mois de mandataires et d'importance. Il y a des gens qui se posent de réelles questions. Il y a un malaise évident au sein du MR sur la.
Laurent Nellysen
Ligne qui dévie. Martine Dubuisson, on l'entend, les mots sont durs. Il dit qu'il n'était pas le seul à penser ça dans le parti. Est-ce qu'il n'y a pas un risque pour le président du MR, Georges-Louis Boucher, de perdre une partie de sa base ou de se fâcher avec certains cadres en continuant dans.
Martine Dubuisson
Sa stratégie actuelle? Mais comme on vient de le dire, ce qu'on pourrait appeler les libéraux classiques, certains disent libéraux sociaux ou centre droit, sont un petit peu mal à l'aise avec pas nécessairement le fond, mais surtout la manière, la communication ou le côté extrêmement clivant, voire agressif parfois, de Georges-Louis Boucher. Donc effectivement, il répulse comme il attire. Donc il a attiré un nouveau public plus conservateur, plus à droite, mais il ne doit pas s'aliéner effectivement à la base plus classique. Et pour le moment, si on en croit les sondages, il perd un petit peu, et notamment vers les engagés, comme on l'a dit. qui maintenant répètent à tout va les vrais libéraux, ils sont chez les engagés. Ce qui est quand même un petit peu embêtant pour le MR et paradoxal. Maintenant, c'est vrai que Georges-Henri Boucher, il a une conception non pas d'une gestion collective de son parti. Son idée, c'est dans une organisation, il faut un chef et le chef, c'est moi. Et puis c'est tout. Et donc il prend certaines décisions, surtout certaines prises de position, je vais pas dire seules mais quasi, et que beaucoup découvrent dans la presse. Donc ça, ça n'aide pas non plus en interne. Alors de temps en temps il fait plus de réunions, il rediscute plus en interne, il ne concerte plus. Parce que lui il dit toujours, mais moi on peut tout me dire. C'est vrai, mais est-ce qu'il entend? C'est toujours ça le problème. Donc il a une conception de la gestion de son parti. Le MR maintenant c'est Georges Louis Boucher, on n'entend.
Laurent Nellysen
Quasi que lui. C'est de plus en plus le parti de Georges Louis Boucher, plus que.
Martine Dubuisson
Le mouvement réformateur. Exactement, le parti de Georges Louis Boucher. Il le conçoit comme ça. Et donc ça entraîne des tas de choses avec ce côté extrêmement clivant qu'il a et qu'il assume. Et pour revenir à la question de la guerre culturelle, déjà il parle de guerre. Ce n'est pas rien comme mot, mais tout pour lui, effectivement, c'est un clivage gauche-droite. Tout simplement. Même quand on dit, tiens, il n'y a pas un aspect communautaire, donc nord-sud.
Laurent Nellysen
Non, c'est gauche-droite. Oui, et on rappellera d'ailleurs que le slogan en campagne du MR, c'était 50 nuances de gauche. Et nous, sous-entendu, tout ce qui n'est pas le MR est à gauche. C'est une stratégie, Jean-Benoît Pillet, qui tient quand même beaucoup à la personnalité, effectivement, de Georges-Louis Boucher, qui incarne en quelque sorte cette polarisation qu'il essaye de construire. Et on a l'impression que c'est un peu qui tout double. Soit il y parvient sur la durée de la législature et alors là, il peut rester durablement vraiment le chef de ce parti. Mais ça peut aussi bien se.
Jean-Benoît Pilet
Crasher cette stratégie. Mais c'est une stratégie qui est une évolution forte du positionnement idéologique du parti. C'est une stratégie qui est aussi une évolution forte du style du parti, qui devient extrêmement centralisé autour de Georges-Louis Boucher, alors qu'on avait un parti qui était historiquement divisé entre clans. Et donc ça marche tant qu'il gagne. Et ça part sur un parti effectivement compliqué, puisque l'idée c'est que le MR pourrait occuper tout l'espace à droite. Donc en 2024, la priorité c'était d'aller récupérer des électeurs qui étaient à droite du MR, qui avaient voté pour plein de petits partis de droite radicale, mais qui représentaient 7 ou 8%. Et ça ils ont bien réussi, mais l'espoir c'est qu'il n'y ait pas de concurrence au centre droit. Et ils ont constaté avec la montée des engagés qu'il y avait une concurrence au centre droit déjà aux élections de juin 2024, mais encore plus aux élections communales d'octobre 2024 où les engagés ont commencé grignoter dans des villes comme Oivre ou Nivelles. Et donc ils se sont constatés qu'il y avait certes un monopole à droite, mais que ce monopole était progressivement grignoté. Et donc si l'EMR n'arrive pas à réaliser ce grand pari d'être le seul parti dominant de droite à 30-35%, ça va commencer à frotter en interne, et ceux qui sont moins sur cette ligne Georges-Louis Boucher, ceux qui sont plus au centre-droit, ou ceux qui simplement pour des raisons de D'occupation du pouvoir aurait intérêt à ne plus avoir Georges Ouiboucher, n'hésiterons pas à s'engouffrer dans la brèche d'une éventuelle défaite. On le voit déjà frémir un petit peu quand les sondages sont mauvais, mais s'il devait y avoir une grosse défaite électorale, effectivement ce serait très difficile de maintenir cette position ultra-dominante.
Laurent Nellysen
Pour Georges Ouiboucher. Oui, parce qu'au fond, ce qu'on comprend dans cette émission, c'est la difficulté du grand écart, en fait, pour pouvoir constituer cette base électorale forte. Et on a l'impression que comme Georges-Louis Boucher veut s'imposer via le rapport de force en étant le premier et donc que les autres soient obligés de compter avec lui plutôt qu'en essayant de maintenir des bons rapports avec telle ou telle autre partie. Donc pour ça, il faut être le premier et le plus grand parti. Mais ça impose cette espèce de grand écart où on arrive à aller chercher la droite et même la droite de la droite et encore une partie du centre droit. ça a été plus ou moins un bien réussi en 2024. Mais là, vu comment les choses évoluent pour le moment, c'est ce grand écart-là qui est en train un peu de craquer, on pourrait le.
Jean-Benoît Pilet
Dire comme ça? Il est en train de craquer d'une part parce que c'est un grand écart et donc c'est très difficile d'occuper un tel espace idéologique en plus sur deux clivages, sur le clivage socio-économique mais aussi sur le clivage culturel. Donc c'est difficile de faire un grand écart. Et d'autre part, parce que les engagés ont compris que, eux, plutôt que d'aller lutter pour le centre-gauche, c'était au centre-droit qu'il fallait aller. Et donc il tombe aussi un moment où les engagés, et en particulier avec Maxime Prévost, sont plutôt sur ce positionnement au centre-droit, n'ont pas de problème à récupérer des libéraux sociaux du MR. Et donc on a une concurrence qui n'existait pas auparavant. Et on a une posture qui est très complexe, parce qu'elle suppose d'être très fortement à droite. Et même au sein du gouvernement Arizona, qui est pourtant la coalition rêvée, disait Georges Louis Boucher, le centre de gravité, il n'est pas très, très à droite. Certes, il y a la N-VA et le MR, mais il y a aussi vos Reuters, les engagés et le CDNV qui, eux, tirent vers le centre. Et donc, même là, on voit que sur certaines questions, c'est difficile de faire un gouvernement qui, par exemple, ne taxe pas du tout le capital. Alors que si c'était seulement Georges Louis Boucher ou des partis de droite, on ne taxerait pas du.
Laurent Nellysen
Tout ce capital. On sent donc que derrière les espoirs d'une coalition très cohérente pouvant permettre au MR de réaliser pas mal de ses points de programme et la réalité concrète de la mise en œuvre, il y a un gap. quand les slogans et les idées viennent se heurter à la complexité du réel dans un contexte budgétaire compliqué, et quand il faut tenir compte aussi des partenaires de gouvernement qui n'ont pas forcément le même agenda. Quand le grand écart qui a permis de rassembler de la droite de la droite jusqu'au centre droit, en passant par un électorat populaire un peu dégoûté de la politique, quand ce grand écart devient de plus en plus difficile à tenir une fois au pouvoir, Le MR traverse aujourd'hui une phase de doute, mais on l'a dit, on n'est qu'au début 2026. Beaucoup, beaucoup d'eau peut encore couler sous les ponts d'ici le prochain scrutin prévu, on le rappelle, en 2029. Merci d'avoir écouté ce premier épisode de notre série consacrée à la situation politique un an après la mise en place du gouvernement Arizona. Dans notre prochain épisode, on parlera des engagés et de l'opération d'escotchage en cours vis-à-vis justement du MR pour le parti de centre qui est de plus en plus affirmé comme un parti de centre droit. Ce sera donc pour l'épisode suivant. Celui-ci était réalisé par Laurent Nellysen, avec à la préparation Sarah Poussey et Arnaud Reussen. Et si ce contenu vous a intéressé, n'hésitez pas évidemment à le partager.
Date: February 1, 2026
Host: RTBF
Main Guests:
This first episode in a series examines the political state of Belgium one year after the formation of the “Arizona” federal government, with a particular focus on the French-speaking liberal party, MR (Mouvement Réformateur). The hosts and guests analyze why, despite imprinting its mark on government policy and achieving key reforms, the MR currently struggles in the polls. The discussion explores the party’s strategies, its perceived paradoxes, its sociopolitical reforms, cultural battles, and growing tensions both inside the coalition and within its electoral base.
“On a le programme de gouvernement qui est certainement le plus en phase avec notre programme électoral depuis des décennies.”
— David Clarenval (01:07)
“Taxer c’est la solution de facilité. C’est exactement ce qu’on fait dans ce pays depuis 50 ans. Ça nous a conduit à la faillite...”
— David Clarenval (04:44)
“Le MR a réussi à engranger certains points, mais… c’est pas la révolution libérale qui était annoncée.”
— Jean-Benoît Pilet (06:57)
“C’est comme ça. Il n’y a pas eu de romance, c’est un peu marche ou crève.”
— Martine Dubuisson (13:30)
“Pour gagner dans les urnes… il faut d’abord gagner les esprits et le débat intellectuel.”
— (18:36, summary of MR’s approach via Sarah Poussey)
“Je ne suis pas populiste, je ne suis pas conservateur de droite, radical. Je suis un libéral authentique… Il y a un malaise évident au sein du MR sur la ligne qui dévie.”
— Michel Demacte (23:21)
“Le MR maintenant c’est Georges Louis Boucher, on n’entend quasi que lui.”
— Martine Dubuisson (25:35)
The MR, despite achieving much of its agenda in the Arizona coalition, faces a paradox: its hard reforms and confrontational style have cost it both in the polls and in internal cohesion. The attempt to occupy both the right and center-right under Georges-Louis Boucher's centralized leadership has proven polarizing. With significant reforms pending and coalition dynamics constraining its ambitions, the party stands at a crossroads—uncertain whether its “grand écart” will yield dominance or division as 2029 approaches.