
À l'occasion de l'anniversaire du gouvernement Arizona, nous réalisons une semaine spéciale dans "Les Clés" pour analyser l'état de santé et la stratégie des différents partis composant la majorité et l'opposition. Notre second épisode est consacré aux Engagés et à...
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Maxime Prévost
C'est un équilibre subtil mais qui reflète aussi une série des attentes et des profils variés de notre société.
Baptiste Dupin
La première... Notre victoire est leur désespoir.
Arnaud Reussen
Les clés ont subi une défaite sévère et tout ça impose une remise en question, une remise en question des co-présidents.
Journalist/Host
La question est simple, qui va payer?
Arnaud Reussen
Arnaud Reussen.
Journalist/Host
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Les Clés pour un deuxième épisode dans notre radiographie du paysage politique un an après la mise en place du gouvernement Arizona. Dans ce numéro, focus sur les engagés. Le parti du centre qui apparaît de plus en plus comme un parti de centre droit qui est aux côtés du MR dans l'Arizona. mais aussi au gouvernement de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Alors comment le parti de la nuance assume-t-il les politiques de rupture menées par les différents gouvernements? Parvient-il à imprimer sa marque à côté d'un MR qui continue, lui, de jouer la polarisation? Cuid aussi du changement de président puisque Maxime Prévost a désormais passé le rallye à Yvan Verhoekstra? On a 27 minutes pour y voir clair sur tout ça.
Arnaud Reussen
« La première, les.
Journalist/Host
Clés. Remontons d'abord au 9 juin 2024, soir des élections législatives à.
Baptiste Dupin
Namur. « Chers amis, la remontada à.
Journalist/Host
Laquelle nous aspirions et à laquelle je vous avais invités, ce soir, nous l'avons faite! » Maxime Prévost, président des Engagés et grand artisan de la refonte de l'ex-CDH, est aux anges. Il a de quoi l'être. Son parti vient d'engranger 20 des voix en Wallonie, plus de 10 à Bruxelles, alors que quelques mois plus tôt, certains sondages annonçaient le parti héritier du PSC sous les 10 en Wallonie et même sous le seuil électoral à Bruxelles. Bref, c'est une spectaculaire renaissance qu'ont réussi les engagés. En choisissant une ligne à contresens de la polarisation ambiante, Maxime Prévost a fait campagne sur le courage.
Maxime Prévost
De la nuance. Je crois que ce qui aujourd'hui devient denrées rares en politique, c'est le courage. On est dans un contexte où on brosse les gens dans le sens du poil, où les réseaux sociaux, finalement, font un effet catalyseur de la petite phrase, du petit slogan, puisque les algorithmes ont été créés pour valoriser ce qui est trash et qui est clash. Et donc, le vrai courage aujourd'hui, c'est celui.
Journalist/Host
De la nuance. Ça, c'était donc pour la campagne. Puis est venu le temps de la participation au gouvernement. Le signal de l'électeur était clair. Emmer et Engagé avaient ensemble une majorité en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils avaient gagné les élections et ont donc ensemble constitué des gouvernements dès.
Baptiste Dupin
La mi-juillet 2024. Un peu plus d'un.
Journalist/Host
Mois après, les élections régionales du 9.
Baptiste Dupin
Juin dernier, maires et engagés ont trouvé un accord de gouvernement pour la Wallonie.
Journalist/Host
La Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec, dans le chef de Maxime Prévost, une volonté affichée de rigueur, mais de rigueur qui serait soutenable.
Maxime Prévost
Pour la population. Nous l'avions toujours dit, nous sommes dans une démarche de responsabilité, pas dans.
Journalist/Host
Une démarche d'austérité. Il faudra encore attendre pratiquement six mois ensuite pour avoir un gouvernement fédéral. Mais là aussi, côté francophone, ce sont le MR et les engagés qui convolent. Et Maxime Prévost, au contraire de son homologue du MR Georges-Louis Boucher, fait le choix, lui.
Maxime Prévost
D'Entrer au gouvernement. Il y a aussi dans une trajectoire de vie des rendez-vous qui doivent être pris, qui doivent être assumés. Et quand vous avez passé sept mois à négocier âprement un accord de majorité pour remettre la Belgique sur les rails, il faut aussi des personnalités fortes autour de la table du gouvernement pour rester le garant des équilibres qui ont été obtenus. Et donc c'est le nouveau défi qui va désormais.
Journalist/Host
S'Offrir à moi. Dans ce gouvernement, Arizona, il occupera la fonction de vice-premier ministre en charge des affaires étrangères. Se joindront à lui Jean-Luc Kruk, en charge de la mobilité et du climat, ainsi que Vanessa Matz, ministre de la fonction publique, des entreprises publiques, ainsi que du numérique. Et dans cet attelage, les engagés vont défendre une ligne de responsabilité, là aussi faire des économies et des réformes, même si Bardewever le reconnaît lui-même, ce ne sera pas un de leur. Ce ne sera pas.
Baptiste Dupin
Agréable, mais croyez-moi, un régime contraignant, c'est parfois la seule option pour continuer.
Journalist/Host
À vivre sainement. Jusqu'ici, la ligne des engagés est donc celle de la loyauté à cet accord de gouvernement et au Premier ministre, Bardo-Evor, avec des réformes, notamment menées par Jean-Luc Cruc, au sein.
Baptiste Dupin
De la SNCB. Moi, je ne veux pas qu'en 2032, on nous dise que les travailleurs de la SNCB ont perdu le boulot parce qu'on aura gardé le statut pour certains et.
Journalist/Host
Pas pour d'autres. Une grande réorganisation des administrations fédérales, aussi menée par Vanessa Matz, Mais globalement, que retenir du bilan des engagés dans ce gouvernement Arizona? Quelles sont leurs relations avec les autres partenaires, l'OMR en particulier? Parviennent-ils à faire exister leur marque? Sont-ils fidèles à cette promesse aussi de courage et de nuance? C'est tout cela que nous allons maintenant explorer. Et avec nous pour cela, il y a.
Jérémy Dedeigne
Notamment Jérémy.
Journalist/Host
Dodeigne. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes professeur de sciences politiques à l'université de Namur. Alors, esquisse de premier bilan, après un an d'Arizona, un an et demi pour les exécutifs au niveau de la région Wallonne et de la fédération Wallonie-Bruxelles. et une difficulté, a priori, pour les engager. Ils ont obtenu une grande victoire électorale en allant chercher des électeurs un peu partout, mais notamment à gauche, on s'en souvient, pas mal chez Écolo, ça avait été beaucoup décrypté à l'époque. Et ici, ils se retrouvent dans des attelages qui conduisent plutôt des politiques de droite. Donc c'est compliqué pour.
Baptiste Dupin
Eux, a priori. Alors à la fois c'est compliqué et à la fois c'est une position qui pour l'instant peut être considérée comme relativement confortable par rapport à la refondation du CDH en les engagés, puisqu'il y avait une volonté très claire de s'établir sous la présidence de Maxime Prévost au centre et au centre droit avec une ligne directrice qui était de dire on va avoir une certaine responsabilisation individuelle. Cette responsabilisation individuelle a notamment été marquée par la réforme en matière d'emploi et la question des allocations de chômage, mais également sur une forme de responsabilisation dans l'accès à la pension. Et cet équilibrage centriste, c'est toujours un équilibre un petit peu savant, se fait également par un renforcement, en quelque sorte, du pouvoir d'achat, notamment sur les questions qu'on a pu trouver en Wallonie avec la réduction des droits d'hypothèque. Donc, il y avait une forme de donnant-donnant. À la fois, on a une forme de responsabilisation individuelle, mais en même temps, il y a des formes de redistribution qui permettent de retrouver une capacité et un pouvoir d'achat. Ça se fait également par la question, notamment au niveau fédéral, de la taxation d'une partie du capital. Et donc cet équilibre permet jusqu'à présent, en quelque sorte, de garantir une partie des promesses. Et puis, dernier point pourtant, qui a permis notamment de gagner, c'était la question de mieux vivre, notamment dans l'accès aux soins de santé. Pour l'instant, c'est un des points sur lesquels ils tentent toujours de bien sécuriser le budget au niveau de la sécurité sociale. Et également, vous l'avez indiqué par rapport à la au positionnement centriste, qui veut dire toujours un petit peu naviguer dans le spectre politique, notamment chez Ecolo, et bien cette forme de parti de gouvernement responsable sur les questions énergétiques, là où il a pu y avoir quelques déçus dans la politique énergétique, dans la politique environnementale, c'est-à-dire, on peut être responsable, favoriser une politique qui est favorable au climat, en passant par une politique énergétique qui mise sur notamment... une partie de la prolongation du nucléaire. Pour l'instant, il y a quand même eu pas mal de dossiers qui ont été enrangés, mais évidemment des lignes de fracture et qui risquent avant tout maintenant de s'accentuer. Je pense que c'est maintenant que les dossiers difficiles risquent aussi de créer les plus vives tensions et où ça va être difficile pour chacun de vraiment aller.
Journalist/Host
Chercher ses totems. Avec nous aussi pour cette émission, il y a.
Jérémy Dedeigne
Baptiste.
Journalist/Host
Dupin. Bonjour. Bonjour. Journaliste ici à la RTBF qui suit l'actualité politique. J'ai l'impression que ce qui n'est pas forcément évident pour les engagés dans ce bilan que vient de dresser ici Jérémy Dedeigne, c'est qu'à la fois sur une série de marqueurs, de ruptures qui étaient dans le programme des engagés, notamment la fin des allocations de chômage, on ne les accrédite pas forcément toujours aux engagés. On a l'impression que c'est plutôt le MR qui est à l'origine de ces points-là, puisque c'est notamment incarné par un David Clarinval. et que de l'autre côté, sur le côté nuance, le côté plus humain, c'est un peu difficile de faire exister cette ligne-là dans un contexte qui reste très polarisé, où il y a aussi une opposition extrêmement forte à gauche qui s'exprime contre les différents gouvernements et qui cible tout autant le MR que les engagés, et que donc la position qu'on choisit, cette position sur une ligne de crête d'un parti centriste, elle n'est pas facile à tenir pour le moment dans.
Political Analyst
Le contexte politique. Non, le registre est effectivement celui de la responsabilité, de la nuance. C'était largement répété en campagne. Mais toute la question, c'est de savoir si ce registre de la responsabilité, notamment budgétaire, est-ce qu'on peut le capitaliser là-dessus électoralement? Est-ce que les engagés peuvent capitaliser essentiellement sur cette logique de responsabilité. Un exemple, lors des derniers débats budgétaires très tendus, on parlait quand même d'une possible chute du gouvernement, les engagés Maxime Prévost étaient plutôt dans une position très loyale par rapport à Bardo-Hever, très loyale par rapport à la nécessité d'aller vers un budget avec parfois des choix difficiles notamment en matière de TVA. puisque la réforme qui était proposée par Bardot et Weber, c'était une augmentation de certains niveaux de TVA. Tout ça au nom de la responsabilité et de la loyauté de gouvernements défendus par Maxime Prévost, alors qu'en phase 2, l'EMR était sur un discours de défense pur du pouvoir d'achat en disant « non, on ne touche pas à la TVA ». Et c'est là qu'on voit que la responsabilisation, cette responsabilité, c'est pas nécessairement facile à vendre électoralement et qu'effectivement, les engagés sont dans une position un peu compliquée. Sur les grands totems obtenus, il y avait la santé. La santé, c'était vraiment un accent très très fort qui avait été mis dans la campagne des engagés sur le maintien de la norme de croissance des soins de santé. Donc le rythme auquel le budget alloué aux soins de santé doit croître. Ils plaidaient pour une norme de croissance de 3,5% ce qui était plus que les 2,5% habituellement acquis. Ici, on est à 2% de croissance de la norme de soins de santé, voire peut-être un peu moins selon certaines analyses. Et ils obtiendront peut-être trois en fin de législature. Mais toujours est-il qu'aujourd'hui, c'est deux et que ces grands totems, il va falloir se battre pour les maintenir. Et si c'est en fin de législature que ça doit aboutir, franchement, c'est pas certain vu.
Journalist/Host
Le contexte économique qu'ils y Et ça c'est quand même un élément, mais qu'on pourra rappeler presque dans chacune des émissions de cette série, c'est qu'on est dans un contexte très compliqué pour les finances publiques, qu'il y a des éléments qui sont venus se rajouter en cours de route ici, notamment avec la nécessité d'investir dans la défense, vu le contexte international très compliqué. et que donc tous ces éléments qui sont censés venir récompenser le travail, qui sont censés venir adoucir certaines mesures de réforme et qui peuvent paraître des mesures de rupture, c'est difficile de les garantir dans ce.
Political Analyst
Contexte budgétaire-là.— Oui, parce qu'il va encore falloir faire des efforts budgétaires. et que, franchement, je ne sais pas si la loyauté vis-à-vis de l'accord de gouvernement et entre partenaires sera suffisamment forte que, par exemple, pour accorder 3% de croissance pour les soins de santé, c'est énorme budgétairement.
Journalist/Host
Pas certain qu'ils y arrivent. Alors, Jérémie Dedeigne, la question du positionnement des engagés, c'était une grande question dans la campagne. Est-ce que c'est l'héritier du CDH? Est-ce que c'est un mouvement qui est différent? Et cette analyse plutôt faite au terme de la campagne, qu'aujourd'hui les engagés seraient plutôt à classer au centre droit. C'est renforcé aussi par le fait qu'un Michel Demactes, par exemple, venu du MR, a rejoint les engagés très récemment, qu'un Jean-Luc Kruc l'avait déjà fait en amont pendant la campagne. Aujourd'hui, en termes de science politique, vous êtes politologue, on doit considérer qu'il y a de vrais marqueurs, plutôt de.
Baptiste Dupin
Centres droits chez les engagés. Alors je crois que c'est incontestable au niveau des grandes réformes. À partir du moment où dans les compétences comme les allocations de chômage, on met l'accent sur une responsabilisation individuelle plutôt que de mettre l'accent sur des facteurs notamment macroéconomiques, une économie belge qui est extrêmement ouverte. on met l'accent avant tout sur la situation de chômage est due de manière prédominante à l'individu. Donc il suffit en quelque sorte de les activer pour aller chercher de l'emploi, y compris en Flandre, y compris en se déplaçant plus loin. Donc là, il y avait quand même toute une série d'indicateurs qui étaient assez clairs. On peut parler également sur la question notamment de la réduction des droits d'enregistrement de nouveaux biens. ce sont des formes de redistribution fiscale historique qui permettait un petit peu de taxer du capital, c'est comme ça que ça s'appelle, eh bien on voit que tous ces marqueurs étaient clairement au centre droit. Donc il n'y a pas une découverte d'un repositionnement de centre droit sous la présidence de Maxime Prévost. Par contre je pense qu'il y a une forme d'accentuation à l'issue de la dynamique par rapport au propre repositionnement du MR. Donc on pouvait se demander en quelque sorte pourquoi le maire laissait autant de place au centre, en notamment s'assurant de récupérer toute une partie des électeurs qui étaient plutôt très conservateurs, voire même de groupuscules d'extrême droite, et en ce faisant il a laissé le centre et le centre droit exister avec un partenaire qui du coup a pris cette place. Et ce phénomène il s'est renforcé sous la présidence notamment de Georges Dubouchet au sein du MR, qui accentue en quelque sorte cette radicalisation. Et donc les engagés sont dans une position où ils ne doivent presque rien faire, si ce n'est de laisser et d'occuper cet espace. Et donc il y a quand même un petit renforcement, puisque lorsqu'on accueille de nouveaux membres, comme Michel Domaque, historiquement il y avait également Jean-Luc Cruc, on renforce quand même un petit peu ce positionnement de libéralisme social, mais en quelque sorte il suffit de ne rien faire, on y gagne et si on arrive à apporter toute une série de garanties de plus de solidarité, notamment sur les questions de soins de santé, on peut potentiellement éviter de perdre un petit peu trop de son lectorat à gauche. Et aussi c'est important de conserver une forme d'adhésion aussi de certains militants historiques et de mouvements du pilier historique sociochrétien qui gravitait autour du parti, qui reste quand même là, même si je pense qu'une série de relations sont quand même assez abîmées ou assez distantes. Donc ça reste un jeu d'équilibriste, je ne pourrais pas m'avancer maintenant pour dire si ça va être une stratégie gagnante, mais elle est en quelque sorte confortable, d'autant plus lorsqu'on voit quelles sont les coalitions possibles. Alors je parle ici plutôt de ce qui se passe du côté francophone, au niveau fédéral c'est encore un peu plus complexe, mais à partir du moment où l'OMR se radicalise, se repositionne comme beaucoup plus conservateur, notamment sur la question culturelle, ils s'empêchent en quelque sorte de gouverner avec des partis comme le Parti Socialiste, avec qui ils ont gouverné à de nombreuses reprises au sud du pays. Donc, ils sont un petit peu condamnés à gouverner avec les engagés comme seul acteur, mais ça positionne également les engagés dans une position confortable de father de roi, puisqu'à tout moment ils pourraient aussi dire non, nous sommes capables de gouverner également avec des partis de gauche et au centre-gauche, et d'ailleurs ça s'est vu dans le positionnement à.
Journalist/Host
Bruxelles pour les négociations bruxelloises. Donc ce que je comprends dans ce que vous nous dites, c'est que Finalement, c'est un parti qui s'affiche de plus en plus clairement comme un parti de centre-droit, aussi parce qu'il y a un espace qui s'est vraiment fortement libéré à cet endroit-là par la stratégie du MR, mais ça reste un parti pivot qui fera sans doute encore dans le futur, c'est à voir, mais des coalitions avec la gauche. Ceci dit, Baptiste Tupin, il y a Un enjeu, c'est qu'on a vu au fil des mois la relation quand même changer entre l'EMR et les engagés. Au début, on a l'impression que les deux partenaires étaient un peu tout feu tout flamme dans le fait qu'on allait ensemble se mettre d'accord sur une série de grandes réformes à mener, et à mener sans le PS en particulier qui était dans l'opposition partout, avec l'exception bruxelloise où on ne sait toujours pas. Et puis là, maintenant, on a l'impression que ces parties sont de plus en plus dans.
Political Analyst
Une logique de concurrence électorale. Oui, la lune de miel est clairement terminée. C'est certain. Deux exemples frappants. Vous avez parlé du départ de Michel Demacq, d'arriver chez les engagés. L'autre exemple, c'est celui de Bruxelles. Le moment où Yvan Verhoekstraat décide de prendre le rôle de formateur et d'entamer des discussions sans l'EMR. Alors, où est l'œuf, où est la poule? Est-ce que c'est parce que les relations se sont dégradées avec l'EMR que Yvan Verhoefstraat s'est dit « bah oui, on peut y aller et on doit tenter une autre formule »? Ou est-ce que les relations se sont fortement dégradées parce qu'il y a eu cette tentative? En tout cas, ce qui est certain, c'est que les relations ne sont plus au beau fixe entre les deux partenaires de majorité. Ça se voit aussi dans certains dossiers à la Fédération Wallonie-Bruxelles. ne serait-ce que sur l'enseignement où je pense qu'il y a une concurrence assez forte entre la ministre présidence de la Fédération Wallonie Bruxelles tenue par les engagés et la ministre de l'Enseignement au OMR. Là, il y a des concurrences de plus en plus fortes qui peuvent aussi s'expliquer par cette concurrence.
Journalist/Host
Électorale qui se joue au centre droit. Et au-delà de la concurrence électorale, on se dit aussi que s'ils veulent rester ce parti de la nuance qu'ils voulaient incarner, d'une approche équilibrée entre responsabilité budgétaire et protection des citoyens, y compris les plus faibles, ils doivent aussi prendre distance avec le discours plus polarisant, avec la ligne plus dure qui est adoptée aujourd'hui par l'OMR.
Political Analyst
Dans la façon de conduire les réformes. Oui, et l'opposition à gauche joue très fort là-dessus, sur le fait que les engagés seraient à la remorque du MR, qu'ils seraient scotchés au MR. Ici, en affichant une forme de concurrence, il y a aussi une forme de démarcation très claire qui est faite par les engagés qui disent, nous, on est différent, et la gauche l'a bien compris, elle les attaque très fort là-dessus ces derniers temps, en essayant d'aller récupérer cette frange d'électeurs qui avait quitté des parties comme Écolo, voire l'EPS pour rejoindre les engagés. Aujourd'hui, on sent que ces parties-là pourraient petit à petit décocher de plus en plus de flèches vers les engagés pour.
Journalist/Host
Essayer de récupérer cette frange de l'électorat. On a l'impression que chez certains partis de gauche, les flèches sont parfois plus dures vis-à-vis des engagés que vis-à-vis du UMR ou de l'autre côté vis-à-vis du PTB. Donc là, on sent bien que sur le centre-gauche, il y a un vrai enjeu électoral. Il y a quelque chose dont je voudrais qu'on parle aussi dans cette émission. C'est le changement de président parce que ça n'est pas rien dans un parti comme celui-là où le succès électoral s'est beaucoup construit sur la figure du président Maxime Prévost. Il a passé la main en devenant ministre des Affaires étrangères au fédéral à Yvan Verhoekstraat. Et je propose qu'on s'arrête pour un petit portrait.
Arnaud Reussen
D'Yvan Verhoekstraat en compagnie de Sarah Poussey. En 1994, à tout juste 18 ans, Yvan Verhoekstra devient le plus jeune conseiller communal de Belgique en rejoignant l'Assemblée de Woluwe-Saint-Pierre. C'est finalement vers l'entreprenariat qu'il choisit de se diriger, avec des études en droit et en commerce et un début de carrière chez McKinsey. Il devient ensuite directeur opérationnel de Daily Tractor à seulement 27 ans et puis il choisit de se lancer. Il crée différentes entreprises, notamment dans la création de plats préparés. En 2014, il change totalement de secteur pour les produits de pharmacie qu'il veut adapter à la grande distribution Il crée la chaîne Medimarket. C'est un vrai succès avec des centaines d'employés, des magasins en France, en Espagne, en Italie et plus de 139 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais en 2021, Yvan Verhoekstra choisit de laisser sa.
Jérémy Dedeigne
Place de CEO pour entrer en politique. À force de critiquer, je crois qu'il faut s'engager, sans mauvais jeu de mots, et je pense que dans ma vie aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir eu beaucoup de chance, et que c'est aussi le moment de rendre en s'engageant et en essayant de faire évoluer la.
Arnaud Reussen
Société vers un modèle auquel je crois. Yvan Verhoekstra rejoint donc les engagés et devient rapidement vice-président. C'est aussi l'une des premières figures de la société civile à intégrer le parti, en mouvement qui sera ensuite largement suivi par Elisabeth de Gris, Olivier de Hoasège, Vincent Blondel ou encore Yves Copiters. Aux élections de 2024, Ivan Voroukstrat est tête de liste européenne. Il est élu député et redevient aussi conseiller communal de sa commune. Quand Maxime Prévost accepte le cabinet des affaires étrangères, c'est lui qui assure l'intérim jusqu'à être.
Jérémy Dedeigne
Finalement élu président désengagé en avril dernier. C'est un énorme challenge, mais c'est dans la continuité du travail qu'on a fait avec Maxime Prévost que j'ai envie de m'inscrire pour continuer.
Arnaud Reussen
À porter haut les couleurs des engagés. Celui qui se définit comme un casse-cou accepte encore une mission pour le moins risquée, tenter de former un gouvernement bruxellois, mais il annonce aussi.
Jérémy Dedeigne
Rapidement son échec quelques semaines plus tard. Nous n'avons pas pu, malgré que j'y ai cru, je dois l'avouer, donc la déception n'en est que plus grande, rassembler.
Journalist/Host
Une majorité pour pouvoir commencer des négociations. Voilà, échec donc au niveau bruxellois, mais au niveau enverroxtrate, qui a existé quand même sur la scène médiatique, notamment par cette initiative d'essayer de former un gouvernement sans l'EMR. Jérémy Dedeigne, c'est pas évident l'enjeu du remplacement de Maxime Prévost pour les engagés, parce qu'on le disait, c'est une figure qui a construit ce changement, et qui a construit ce changement aussi autour de sa figure, qu'il l'incarnait particulièrement. Est-ce que pour le moment.
Baptiste Dupin
C'Est une opération plutôt réussie, selon vous? Alors de deux choses l'une, Maxime Prévost reste quand même assez visible dans l'espace médiatique puisqu'il a un poste de ministre des affaires étrangères à un moment où la géopolitique et les tensions internationales n'ont sans doute jamais été aussi fortes. On a évidemment le conflit avec la guerre en Ukraine et la Russie. On a également la présidence de Trump qui bouleverse l'ordre international. On a eu également le conflit israélo-palestinien où, je rappelle quand même que lors de l'été de l'année passée, l'été 2025, Maxime Prévost était prêt, au nom de son parti, à débrancher la prise s'il n'y avait pas une reconnaissance de l'état palestinien lors de la réunion de l'ONU qui était prévue. Donc il y a quand même eu plusieurs marqueurs assez forts qui permet quand même de continuer, à Maxime Prévost, à avoir cette visibilité. Ce qui n'était quand même pas évident je pense pour un bourgmestre d'une commune. Prendre cette envergure internationale c'est quand même un saut qualitatif, c'est aussi un métier assez différent. Donc là pour l'instant il endosse plutôt ce.
Journalist/Host
Costume et donc il reste assez présent. Même si Bardo-Weaver, par exemple, ces derniers temps, depuis le dossier des avoirs russes, a aussi pris pas mal de place sur les dossiers internationaux, j'ai l'impression que ces dernières semaines, on voit un peu moins Maxime Prévost que ce qu'on ne le.
Baptiste Dupin
Voyait au début sur ces dossiers internationaux. Oui, effectivement, là il y a quand même une reprise en main, je pense que c'est aussi un profil qui plaît à Bardo-Weaver, et puis ça reste quand même, effectivement, pour certains, des fonctions assez honorifiques, prestigieuses, et donc ils en profitent. Avoir Maxime Prévost qui reste présent tout en ayant une nouvelle présidence avec quand même un entrepreneur qui incarne bien cette idée d'un centre droit qui met en valeur les valeurs de l'entreprenariat, je pense que c'est pas une mauvaise opération. Ça permet pour l'instant de garder un peu ce double visage. Et je pense que le plus important, surtout, c'est la manière dont les engagés peuvent être perçus. Il y a quand même un style dans la manière de communiquer qui est plus qu'un style de communication, qui est une incarnation de comment faire vivre la démocratie. On a du côté de Georges Luboucher une communication qui est très belliqueuse, on parle de guerre culturelle, mais qui va plus loin que ça. La théorie de la démocratie nous rappelle qu'il y a deux moments importants. l'élection qui fonde la légitimité pour un gouvernement, pour une majorité qui se dégage. Mais entre les élections, la démocratie continue à vivre. On doit respecter la critique, on doit permettre aux syndicats d'organiser des manifestations, on doit permettre aux médias d'organiser le pluralisme dans les prises de position. Et là-dessus, les engagés incarnent davantage cette logique. Parfois sur la forme, il y a quand même un respect d'écore intermédiaire pour le faire simplement, là où l'OMR incarne davantage l'idée que seule l'élection compte. Et lorsqu'on a la légitimité de l'élection, on peut en quelque sorte avoir une forme de tyrannie de la majorité. Et ça, ça reste quand même une manière de faire de la politique qui est très différente. Et paradoxe, cette idée de contester en quelque sorte la liberté d'opinion, d'émancipation de la société entre les élections, c'est le libéralisme politique. C'est son fondement même. Donc là, il y a une forme de.
Journalist/Host
Paradoxe par rapport à incarner la démocratie. Donc en un mot très bref, quelque part, ils deviennent presque plus.
Baptiste Dupin
Libéraux que l'EMR aujourd'hui chez les engagés? En tous les cas, il y a un parti pour l'instant qui a une dérive sur l'exercice de la liberté, c'est bien le.
Journalist/Host
MR dans cette notion de libéralisme politique. Donc, il y a un espace, selon vous, qui s'ouvre pour les libéraux aussi, qui ne se retrouveraient plus dans la stratégie actuelle du MR porté par Georges Louis Boucher. Alors, Baptiste Dupin, la difficulté, c'est de parvenir à garder quand même encore à bord ceux qu'ils étaient parvenus à convaincre, à gauche, chez Ecolo en particulier, s'il y a de plus en plus.
Political Analyst
Cette étiquette centre droit, cette étiquette libérale. Oui, il y a une étude qui a démontré, une étude de la KUL, que le gain le plus fort d'électeurs, le gain net, venait de chez Ecolo. 66 500 électeurs selon des estimations. Toujours très difficile d'avoir des estimations claires à ce niveau-là. Mais bon, ça montre quand même qu'il y a un flanc gauche à protéger. Pour autant qu'il y a un potentiel au centre droit, ce potentiel au centre gauche doit être protégé. Et aujourd'hui, quand on voit certaines réformes, on peut penser aux réformes au niveau de l'enseignement, par exemple, avec la fin annoncée des nominations des enseignants, avec le CDI pour les enseignants. je ne suis pas certain que l'ensemble de l'électorat gagné à gauche soit tout à fait en phase avec le discours et les politiques menées par les engagés. D'autant plus, et on l'a déjà dit avant, qu'aujourd'hui on sent que la gauche, que ce soit l'EPS ou Écolo, a tendance aussi à commencer à regarder vers ce centre gauche et qu'une partie de la bataille électorale de.
Journalist/Host
2029 aura probablement lieu à cet endroit-là. Et on peut pointer le fait que sur la question de la transition climatique environnementale, il n'y a pas des politiques très ambitieuses qui sont menées par ces exécutifs aujourd'hui. Or, ça, ça va être un enjeu, d'autant plus que chez Colo, on peut s'imaginer qu'on va peut-être retourner davantage aussi.
Political Analyst
Vers le centre pour les prochaines élections. Oui, c'est une possibilité qu'Ecolo décide plutôt que d'aller chercher des électeurs à gauche et qui a démontré une certaine faiblesse puisqu'ils ont perdu les élections, se dire on va se recentrer au centre gauche avec un discours environnemental climatique très fort. Et là, c'est vrai que les engagés peinent pour le moment à démontrer que leur action a une vraie portée environnementale et climatique. parce que les gouvernements dans lesquels il se trouve.
Journalist/Host
N'En ont pas fait une priorité absolue. Et sur ce plan-là, on peut rappeler le recul, par exemple, du soutien à l'isolation des bâtiments en Wallonie. La grande incertitude de la politique énergétique au fédéral. Rappelez aussi que l'idée portée par les engagés en campagne d'une grande consultation populaire sur l'enjeu climatique a complètement disparu du débat une fois les élections passées. Bref, pour les engagés, il y a donc aussi une question de grand écart. Comment récupérer ce centre droit délaissé par l'OMR sans perdre ses électeurs plutôt positionnés au centre gauche qui ont fait le succès pourtant des engagés en 2024? Ce sera le défi de la suite de la législature, mais qui a priori est encore longue puisque le prochain scrutin est prévu en 2029. Voilà, c'était Les Clés, un podcast RTBF La Première, avec, à la réalisation sonore de cet épisode, Antoine Duhartz, et à la préparation, Sarah Poussey et Arnaud Roysen. Le prochain épisode de cette série aura pour titre, et.
Podcast: Les Clés (RTBF)
Release Date: February 2, 2026
Duration: ~28 minutes
This episode examines the trajectory of Les Engagés, Belgium's centrist party, one year after the formation of the "Arizona" government coalition. The host and expert guests dissect the party's evolution—especially its shift towards the center-right—its government record, the impact of Maxime Prévost stepping down as president, and the complex challenge of maintaining a coherent identity between the rightward drift of traditional allies (MR) and left-leaning voters who helped propel Les Engagés’ 2024 resurgence.
Timestamps: 00:01–03:44
« On est dans un contexte où on brosse les gens dans le sens du poil, où les réseaux sociaux valorisent ce qui est trash... Le vrai courage aujourd’hui, c’est celui de la nuance. »
Timestamps: 03:45–06:46
Timestamps: 06:47–09:54
Political analysts note Les Engagés’ fine balancing act: having won over left-leaning voters (notably from Écolo), they now govern in a centre-right configuration, risking disillusionment among this new electorate.
Analyst Jérémy Dedeigne (06:46) outlines their policy mix:
Quote (Dedeigne, 06:46):
« Cet équilibrage centriste... se fait également par un renforcement du pouvoir d'achat... et la politique énergétique mise sur une partie de la prolongation du nucléaire. »
difficulties are expected to intensify as fiscal constraints and coalition pressures mount.
Timestamps: 09:54–13:31
« Ils plaidaient pour une norme de croissance de 3,5%... Ici, on est à 2%... et il va falloir se battre pour les maintenir. »
Timestamps: 13:31–16:30
« Tous ces marqueurs étaient clairement au centre droit... il y a un positionnement de libéralisme social, mais il suffit de ne rien faire, on y gagne... »
Timestamps: 16:30–19:41
« Oui, la lune de miel est clairement terminée... Les relations ne sont plus au beau fixe entre les deux partenaires de majorité. »
Timestamps: 19:41–23:59
« À force de critiquer, je crois qu’il faut s’engager... essayer de faire évoluer la société vers un modèle auquel je crois. »
Timestamps: 24:00–26:13
« La démocratie continue de vivre entre les élections... Là-dessus, les engagés incarnent davantage cette logique... là où l’OMR incarne l’idée que seule l’élection compte. »
Timestamps: 26:37–28:38
« Il y a un flanc gauche à protéger... certain... ne sera pas tout à fait en phase avec le discours et les politiques menées par les engagés. »
« Le vrai courage aujourd’hui, c’est celui de la nuance. »
« La santé... Ils plaidaient pour une norme de croissance de 3,5%... Ici, on est à 2%. »
« Oui, la lune de miel est clairement terminée... »
« On doit respecter la critique, on doit permettre aux syndicats d’organiser des manifestations, on doit permettre aux médias d’organiser le pluralisme... Les engagés incarnent davantage cette logique. »
« Il y a un flanc gauche à protéger... »
The episode draws a nuanced portrait of Les Engagés at a critical juncture: successful in reclaiming political relevance through moderation, they now risk losing their electoral coalition to both right and left. The leadership handover from Maxime Prévost to Yvan Verhoekstraet, combined with shifting alliances and mounting government challenges, puts the party’s centrist “brand” to the test—as they attempt to bridge responsibility, nuance, and policy ambition in an ever more polarized landscape.
For deeper insight, listen to key exchanges at the listed timestamps, notably on coalition shifting (16:30), leadership dynamics (19:41–21:58), and the foundational dilemmas of centrist politics (24:00–28:38).