
[Nouvelle diffusion] En deux épisodes, nous questionnons notre rapport à l'alcool, à l'initiative d'une classe de rhéto en sciences sociales de l'Athénée Royal de Waremme, et avec Thomas Orban, médecin généraliste et addictologue, auteur de "Alcool ce qu'on ne vous...
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Thomas Orban
Il y a tellement d'infos que je m'y perds.
Arnaud Royssen
Je trouve que c'est difficile d'y voir clair quand même.
Student 1
Souvent je trouve que tout est trop superficiel.
Student 2
Je pense qu'il y a trop d'infos et... C'est très angoissant.
Martin Deduve
La première...
Thomas Orban
J'ai besoin de repères.
Student 1
Les clés.
Thomas Orban
J'ai envie de comprendre.
Martin Deduve
Arnaud Royssen.
Arnaud Royssen
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour la deuxième partie de notre dossier consacré à l'alcool dans notre société. Au départ d'une discussion avec des jeunes de l'athénée royale de Ouarème, on a voulu interroger le rapport que nous entretenons avec l'alcool. Pourquoi, malgré les risques connus, ce psychotrope garde une place à part dans notre société? Une drogue sociale, en quelque sorte, admise malgré ses risques. On a voulu se demander aussi si aujourd'hui certaines lignes ne sont pas tout de même en train de bouger en la matière. Et on va prendre 28 minutes pour tâcher d'y voir clair sur tout ça.
Student 3
La première, les clés.
Arnaud Royssen
Dans notre épisode précédent, on a pris le temps de mesurer à quel point l'alcool est ancré dans notre société. Avec le constat qu'aujourd'hui, dans un pays comme le nôtre, ce qui est normal, c'est de boire de l'alcool, alors que ne pas en boire reste vu comme un comportement un peu anormal, un peu bizarre. C'est ce qui fait d'ailleurs qu'il est tout à fait admis sociétalement que des parents fassent goûter de l'alcool à leurs enfants dès 15 ou 16 ans, voire même plus tôt. Alors, pour ouvrir ce second volet des clés autour de l'alcool, j'ai eu envie de comprendre pourquoi. Pourquoi l'alcool s'est imposé comme notre drogue sociale en Occident? Et pour cela, j'ai poussé les portes du Centre Univers Santé à Louvain-la-Neuve pour aller y rencontrer son directeur, Martin Deduve, qui est alcoologue. Et je lui ai demandé comment l'alcool avait pris cette place qu'il a encore aujourd'hui dans nos sociétés et dans nos vies.
Martin Deduve
D'abord, il faut faire un peu d'histoire, voire presque de la préhistoire. Souvent, lorsque j'ai l'occasion d'en parler avec d'autres professionnels ou que sais-je, je commence par parler de Gobekli Tepe. Gobekli Tepe, c'est un site archéologique au sud de la Turquie qui est connu parce que c'est un site qui montre les premières traces de sédentarisation de l'homme il y a 12 000 ans. On a commencé, nous étions chasseurs-cueilleurs, on a commencé à s'installer, à cultiver nos céréales et à élever notre bétail. Et pourquoi est-ce que je parle de cela? C'est parce qu'en fait, il y a des archéologues allemands, il y a quelques temps, qui ont mis à jour sur ce site un endroit où ils ont trouvé beaucoup d'ossements d'animaux et de logs salades de calcium. Et leur hypothèse, c'est que c'était un lieu festif. Parce qu'en fait, manger des animaux en quantité à l'époque, c'était rare. Et par ailleurs, l'oxalate de calcium, c'est un sous-résidu du brassage. Donc autrement dit, l'homme a à peine commencé à cultiver ses céréales, qu'il les a fait fermenter pour pouvoir boire un coup, quoi. Ça, ça remonte il y a 12 000 ans. Puis, si on fait le fil un peu de l'histoire des drogues, on voit que la première trace de l'hydromel, il y a 7 000 ans avant Jésus-Christ, puis la première trace de culture de cannabis en Chine, 2700 ans avant Jésus-Christ, de la coca dans les ans de 2500 ans avant Jésus-Christ, les festivités romaines aux alentours de l'an 0, qui étaient largement arrosées de vin, Si on continue le fil, 1432 petites anecdotes rigolotes. Le recteur de la toute jeune université de Louvain qui venait d'être créée. Il y a des historiens qui ont mis à jour des écrits du recteur qui se plaignaient du retour bruyant des étudiants, il y a 600 ans. Et puis 1839, guerre de l'opium entre l'Angleterre et la Chine. C'est les premières prémisses, disons, de révolution sociétale autour de ces questions-là. Et dans les décennies qui ont suivi, on a vu apparaître toutes les législations anti-drogue un peu partout dans le monde.
Arnaud Royssen
On est donc au 19e-20e siècle. Les États commencent à s'inquiéter des effets sociaux et sanitaires des différentes drogues. En Chine, par exemple, les autorités constatent que la dépendance de milliers de Chinois à l'opium atteint carrément les performances économiques du pays. Bref, beaucoup d'États se disent qu'il faut essayer de mettre de l'ordre dans tout ça, mais toutes les drogues ne vont pas être traitées de la même manière.
Martin Deduve
Évidemment, avec des teintes très différentes en fonction des régions et en fonction de ce qui est socialement accepté, voire culturellement très ancré. Et l'alcool est évidemment la drogue la plus répandue à l'échelle de la planète, même s'il y a des sociétés qui n'en consomment pas ou très peu. Et donc, il est extrêmement culturellement ancré. Il y a eu le traumatisme aussi de la prohibition aux États-Unis, qui a montré aussi toute la difficulté de mettre en place la prohibition. Et ce qu'on voit aujourd'hui, c'est finalement cet alcool est omniprésent, en particulier en Occident, mais pas que. Et c'est vraiment d'abord toute une série de représentations positives que nous associons avec l'alcool. C'est associé à tous nos événements festifs, nos moments de convivialité, de partage, nos événements familiaux. Donc, l'alcool tient une place très particulière dans notre culture. Même si on compare ça au tabac, ce qui n'est pas toujours heureux, mais je ne sais pas, le tabac, c'est 25 de consommateurs, 20 à 25 de consommateurs. L'alcool, c'est 80 de consommateurs dans la population adulte. Donc, c'est extrêmement présent, ancré. Et donc, d'abord, avec toute une série de représentations positives. Mais on a aussi une série de représentations négatives parce que parmi ces 80%, 85% de consommateurs, il y en a 10 à 15% qui sont en situation de consommation problématique, voire de dépendance, voire avec déjà des conséquences sociales, sanitaires, etc. Et donc, on a ce rapport un peu paradoxal avec le produit, c'est-à-dire qu'on l'aime beaucoup, mais on sait qu'il ne nous fait pas que du bien.
Arnaud Royssen
Et dès lors, on voit que malgré les connaissances scientifiques qui évoluent sur les risques, sur les dangers à moyen et long terme pour la santé individuelle et collective, malgré ça donc, les pouvoirs publics n'opèrent pas sur l'alcool la même mobilisation que sur le tabac, par exemple. Alors, comment t'expliquer ça? Réponse de Martin Deduve.
Martin Deduve
Mais c'est vrai qu'il y a une misperception, une mauvaise perception du risque. Il y a une sous-estimation des dommages liés à l'alcool et c'est vrai que c'est assez récent. Même le Conseil supérieur de la Santé, dont je fais partie, s'est positionné plutôt récemment sur ces questions-là. 2018 pour le premier avis, 2024 pour le deuxième. Donc, c'est quand même vraiment récent. Donc, il y a une sous-estimation, d'une part, des dommages sanitaires, de l'impact sur la santé et des dommages économiques. C'est-à-dire qu'on pense que ça rapporte plus que ce que ça ne coûte, alors que c'est l'inverse. Et par ailleurs, il y a une peur incohérente et surestimée, cette fois, des effets pervers d'une législation qui serait éventuellement un peu plus stricte. Et ça, c'est dans le chef de nos responsables politiques qui pensent qu'il surestime en tout cas le risque d'achat transfrontalier, le risque de marché noir ou le risque d'impact économique et sur l'emploi de mesures plus restrictives.
Arnaud Royssen
En somme donc, nous dit le directeur de l'ASBL Universanté, l'État ne regarde pas la situation avec les bonnes lunettes, puisque d'un côté, il sous-estime les impacts négatifs pour la société de la surconsommation d'alcool, et il pense d'autre part à tort que les mesures qu'il pourrait prendre n'auraient pas d'effet ou seraient contre-productives. Dès lors, en attendant, nous dit Martin de Duve, on peut dire que l'État est un peu complice de nos surconsommations.
Martin Deduve
D'une part, par son inaction sur ces questions, c'est-à-dire que la législation, en fait, elle est extrêmement floue et peu efficace. Et d'autre part, par des mesures qui sont même parfois tout à fait contre-productives, par exemple autour de la publicité. Il est absolument aberrant de pouvoir faire de la promotion pour un psychotrope. C'est le seul psychotrope pour lequel on peut encore faire de la pub. La norme mondiale, c'est de ne pas faire de pub pour l'alcool. On ne s'en rend pas compte parce que ça fait tellement partie de notre environnement qu'on pense que c'est tout à fait normal. En fait, si on regarde à l'échelle mondiale, il y a peu de pays où c'est possible. Et puis, il y a une omniprésence aussi. Le nombre de points de vente est absolument hallucinant. J'invite tout le monde à réfléchir combien de mètres ils font en sortant de chez eux pour trouver de l'alcool ou pour trouver du pain frais. A priori, on a quand même plus besoin de pain frais dans notre vie que d'alcool. Pourtant, A priori, la grande majorité d'entre nous accédera plus rapidement à l'alcool qu'à autre chose. Donc, oui, ça pose question, cette omniprésence, cette banalisation à outrance. L'idée, c'est de remettre simplement le curseur au bon endroit. Et quand on parle de curseur, il y a aussi malheureusement une fâcheuse tendance du politique, comme des alcooliers, de mettre le curseur de la responsabilité sur l'individu plutôt que sur l'État ou la société. Or, c'est une question sociétale. C'est une question aussi de législation. Tant que nous avons une législation qui est hyper libérale sur l'alcool et hyper prohibitionniste sur les autres drogues, en fait, on se trompe de voie dans les deux cas. Dans les deux cas, ces deux approches ont un impact social et sanitaire plus important sur la population qu'une approche de régulation publique stricte. Et là aussi, c'est très largement documenté dans la science.
Arnaud Royssen
Un mot, alors encore, sur le lobbying exercé chez nous par les alcooliers, les brasseurs, les producteurs d'alcool qui n'ont pas envie, évidemment, vu les intérêts économiques en jeu, que l'on régule beaucoup plus strictement la consommation d'alcool chez nous. Et en Belgique, justement, en particulier, nous dit Martin de Duve, ce lobbying des alcooliers est particulièrement efficace.
Martin Deduve
D'abord, ils ont des moyens considérables. Il y a quelques années, on avait fait une estimation qui n'a pas tout à fait de valeur scientifique, mais quand même, sur base des données dont nous disposions, on estimait que lorsqu'un euro est investi en prévention, il y en avait 90 en répression et 140 en publicité. Donc en gros, c'est quasi impossible de lutter face au rouleau compresseur que représente la pression commerciale et publicitaire. Deuxièmement, ils sont extrêmement structurés, c'est-à-dire qu'ils engagent la fine fleur, disons, du lobbying avec des carnets d'adresses très importants, avec des capacités d'entrer dans toute une série de lieux de pouvoir. On le sait, même, il y a eu un moment donné des scandales aussi autour de la présence des plus grands brasseurs du monde au sein même du Parlement belge. Et donc, ces approches-là, ces techniques-là font qu'il y a une forme de complaisance entre le monde politique, de certains acteurs en tout cas du monde politique et les alcooliers par ailleurs. On sait quand même que le secteur brassicole est extrêmement puissant et important en Belgique et il joue énormément là-dessus et agite d'ailleurs le spectre de la peur, de l'impact économique si jamais les responsables politiques mettaient en place des mesures plus restrictives. Donc, oui, tout ça joue énormément dans le choix des politiques publiques. Et puis, on l'a vu avec certaines personnes vraiment au sein de certains partis qui ont aussi dans leurs attributions des postes à responsabilité dans des conseils d'administration d'alcooliers, par exemple. Et ça, évidemment, ça montre quand même une collusion beaucoup trop étroite cette fois et éthiquement ultra discutable dans le chef de certains responsables politiques ou en tout cas de leurs conseillers très, très proches.
Arnaud Royssen
À ce sujet, on peut préciser par exemple que le nouveau président de la Fédération des Brasseurs belges, Lorin Pareys, est un ancien député NVA. Qu'avant lui, Sven Gatz avait dirigé cette Fédération des Brasseurs, ce qui ne l'avait pas empêché de redevenir ensuite ministre au gouvernement bruxellois. On pourrait ajouter encore que Jean-Luc Dehaene, après avoir été Premier ministre belge et pourtant encore très impliqué politiquement, a longtemps été membre du CA d'Abbé Inbev, numéro 1 mondial du secteur brassicole. Ou encore que quelqu'un dont on parle beaucoup en ce moment, Axel Miller, qui était jusque récemment le chef de cabinet de Georges-Louis Boucher OMR, était aussi dans le même temps administrateur de Duvel Mordkat, un autre très grand brasseur belge. Bref, les connexions sont multiples entre le monde politique et le monde brassicole en Belgique. Ajouté à cela aussi, une évolution sociétale forte qui valorise de plus en plus la liberté de l'individu à poser ses propres choix, tout cela contribue à freiner une mobilisation plus forte des pouvoirs publics autour de l'alcool. Ce qui n'empêche pas les lignes de bouger au sein de la société elle-même.
Martin Deduve
Globalement, il est plus acceptable et accepté aujourd'hui de parler d'alcool. C'est la première étape indispensable, c'est de pouvoir mettre des mots. Et je le vois aussi, d'ailleurs, dans l'accès aux soins, parce qu'en fait, il y a ce qu'on appelle un énorme treatment gap en matière d'alcool, c'est-à-dire que c'est la différence entre le nombre de gens qui souffrent d'une problématique de santé et le nombre de gens qui se font réellement soigner pour cette problématique de santé. Eh bien, en matière d'alcool, c'est 92 %. Autrement dit, il n'y en a que 8 sur 100 qui finissent par consulter, alors que 100 en ont besoin. Donc, il faut réduire ce gap et c'est en train de se faire. Je pense qu'il y a une prise de conscience plus générale, plus globale de... Ok, en fait, cet alcool, il est présent. Il est présent dans nos vies, dans nos habitudes. Mais il n'est pas non plus dénué d'impact. Et en fait, c'est bien, c'est-à-dire qu'on est dans la nuance et la complexité plutôt que dans la caricature, dans un sens ou dans l'autre. Et c'est ça qui fait avancer les choses.
Student 1
La tournée minérale, c'est le fait de
Martin Deduve
faire un mois sans alcool.
Student 1
L'alcool serait-il en train de devenir ringard?
Thomas Orban
Bonjour.
Student 2
Bonjour.
Thomas Orban
Ici, c'est un cocktail 0%. Exactement, c'est un sprit de 0%.
Student 2
Il n'y a pas d'alcool, on ne
Student 3
voit pas la différence?
Thomas Orban
Non, on ne voit vraiment pas la différence et le goût est là.
Arnaud Royssen
Alors, jusqu'à quel point la société est-elle en train de bouger aujourd'hui? Avec les tournées minérales et autres dry january, avec le fait qu'on parle de plus en plus des effets sur la santé de l'alcool, pour y voir clair, on va retrouver les élèves de Retto de l'Athénée royale de Ouarème, à qui j'ai posé cette question. Est-ce qu'aujourd'hui, en 2026, il est facile de dire «je ne bois pas », d'assumer le fait que l'on peut faire la fête sans nécessairement consommer de l'alcool?
Student 1
Normalement, quand t'as un beau groupe d'amis, c'est plutôt simple de dire que tu ne bois pas, parce qu'il n'y a pas forcément besoin de toujours avoir de l'alcool pour s'amuser.
Student 2
En soi, ça dépend juste de notre entourage. Moi, je suis plutôt bien entouré. Du coup, en soi, si je dis que je bois pas, on va pas me forcer, on va rien me dire. On va dire OK et voilà. Et c'est pareil, depuis qu'on commence à avoir tous les voitures, on désigne un petit Bob.
Student 3
Moi, par exemple, dans les repas de famille, etc., je consomme jamais de l'alcool parce que ça n'a jamais été le cas et on ne m'en propose pas vraiment. Et aussi parce que mon grand frère ne boit pas d'alcool, donc ce serait un peu bizarre que j'en consomme et puis même j'en ai pas envie. Par contre avec les copains, c'est un peu plus compliqué de ne pas vouloir boire de l'alcool.
Arnaud Royssen
Pourquoi?
Student 3
Bah je sais pas, j'ai l'impression qu'il y a quand même une pression quand même.
Arnaud Royssen
Même si on le dit pas, tu te sens peut-être un peu moins cool ou quoi que les autres si toi tu te dis aujourd'hui je bois pas alors que tout le monde boit.
Student 3
Si je dis que je ne veux pas, on va quand même me titiller, comme Léopold l'a dit. Ça donne envie quand même.
Student 1
Moi, je voulais dire que je pense qu'il y a quand même une certaine évolution par rapport à ça dans les générations. Avant, c'est vrai, comme Monsieur l'a dit tout à l'heure, on mettait beaucoup de pression à ceux qui refusaient le verre. Tandis que maintenant, en tout cas entre filles, je trouve que quand quelqu'un dit «je ne veux pas boire », ça ne va jamais être forcé ou une sorte de pression, ni de taquinerie, ni rien. Donc ça, je trouve que c'est plutôt cool qu'on évolue là-dessus.
Arnaud Royssen
Face aux élèves, comme pour notre épisode précédent, on avait le docteur Thomas Orban, qui est médecin et addictologue, et il constate lui aussi que des lignes sont en train de bouger réellement à ce niveau-là.
Thomas Orban
Oui, certainement. Certainement, on voit, on a vu sur une génération, en fait, une évolution, une tendance qui va vers renverser un peu cet aspect que la sobriété doit être dénormalisée, c'est-à-dire que boire, c'est normal. Et aujourd'hui, on voit, et en particulier dans cette jeune génération, on rencontre des groupes, parfois des groupes entiers même, qui disent en fait, ça nous intéresse plus de consommer. C'est pas mal parce que ça veut dire qu'ils ont redécouvert le fait qu'on peut faire la fête sans boire et s'amuser sans boire du tout, qu'on s'amuse tout aussi bien, parfois même beaucoup mieux parce que ça se termine beaucoup moins mal. Il y a moins de problèmes. Donc ça, c'est une chouette évolution, évidemment. Je pense que là, l'entourage de nouveau joue énormément, puisque ce qu'on a entendu ici, c'est que si je suis bien entouré, en fait, si je connais bien les gens et les potes, je n'ai pas besoin de lubrifiant social. Je n'ai pas besoin de quelque chose qui m'aide à sortir de moi-même. C'est plus difficile si on va dans des endroits où on ne connaît personne. Donc si on est bien entouré, c'est plus facile et donc chouette de voir cette évolution qui fait qu'on ne va plus consommer systématiquement de l'alcool et pas systématiquement beaucoup non plus.
Arnaud Royssen
On a l'impression aussi que ce soit sur les étals des supermarchés ou chez les gens quand on va souper quelque part, qu'il y a beaucoup plus de propositions de produits non alcoolisés qu'hier. Ce qui fait qu'on a peut-être aussi un peu moins l'impression d'être puni quand on ne boit pas d'alcool alors que tous les autres en boivent.
Thomas Orban
Une des premières évolutions, ça a été d'avoir d'autres boissons que l'alcool, parce qu'encore maintenant, il y a des endroits où des soirées ou des fêtes, quand on y va, il n'y a rien d'autre que de l'alcool. C'est un peu compliqué de boire autre chose, à part de l'eau plate éventuellement, du robinet. Les no-low, donc les boissons qu'on appelle no-alcool ou low-alcool, ont fait un boom extraordinaire ces dernières années. dans tous les domaines, que ce soit la bière, le vin, les apéros. Il y a aujourd'hui vraiment plein plein de choses sans alcool, donc il y a moyen de trouver son plaisir et son bonheur en buvant des boissons qui sont très très sympas à boire.
Arnaud Royssen
Pour autant, il ne faudrait pas perdre de vue certaines mutations de la consommation d'alcool, car si l'omniprésence des boissons alcoolisées est en train d'un peu reculer dans notre société, On constate quand même certaines mutations de la consommation, des mutations qui inquiètent. Et ça, Thomas Orban le voit très clairement dans ses consultations au quotidien.
Thomas Orban
Notre société est passée d'une consommation, je vais un peu dire le cliché à la française, le verre de vin à midi et le soir ou un ou deux verres donc réguliers mais jamais énormément, à une consommation très différente qu'on rencontre en particulier chez les jeunes. Mais n'oublions pas que les 45-65 sont l'autre grande population qui consomme énormément de cette manière là. Qu'est-ce qu'ils font? En fait, ils consomment beaucoup dans un laps de temps court. C'est ce qu'on appelle du binge drinking. Donc on a vu sur la consommation totale une diminution de la consommation totale, il faut le souligner. Mais par contre, quand ils consomment, ils consomment beaucoup dans un laps de temps relativement court. Donc ça, c'est le premier gros changement. Le deuxième, c'est qu'on voit l'âge d'initiation à la consommation qui baisse. Donc aujourd'hui, la moyenne d'âge de démarrage, c'est 13-14 ans. C'est de plus en plus tôt. Chaque fois, les parents me disent non, non, moi, mon enfant, non. Je dis, ben si, il ne vous l'a pas dit, c'est tout. La plupart du temps, c'est le cas. Donc, je vois des patients beaucoup plus jeunes qu'avant et qui utilisent souvent plus d'une drogue. C'est ça aussi la grosse évolution. C'est que ce n'est plus seulement l'alcool, c'est l'alcool, le tabac, le cannabis, la kétamine, la cocaïne. J'ai des patients qui utilisent 4-5 drogues différentes, même si tout usager de drogue n'est pas nécessairement quelqu'un qui devient addict. On peut avoir un usage de drogue qui est irrégulier et festif, c'est la majorité des gens, mais néanmoins c'est prendre un sérieux risque.
Arnaud Royssen
Sur cet aspect binge drinking, l'idée de boire en peu de temps pour chercher à avoir tout de suite une ivresse, voire plus que ça, il y en a qui ont déjà fait ça ou qui font ça de temps en temps et qui veulent bien en parler un petit peu.
Student 2
Non mais en fait, on ne fait pas vraiment exprès. On va dire le verre appelle le verre. Et on finit, on nous en remet un et tout. Mais après, ce n'est pas non plus dans toutes les soirées. J'ai remarqué aussi que maintenant, les jeunes font des «flashs », des mélanges d'alcool avec des trucs très caféinés et sucrés. Et c'est pour pareil, pour que ça monte plus vite. Voilà quoi.
Arnaud Royssen
Donc on cherche quand même ça, que ça monte vite pour ressentir quelque chose, une forme d'expérience?
Student 2
Oui, il y a des soirées où vraiment c'est ça l'objectif. Et du coup, on cherche à l'atteindre.
Student 4
Oui, après, voilà, il y en a pour qui c'est l'objectif. Et il y a beaucoup de groupes de potes qui peuvent pousser à vite consommer. Ça veut dire que s'il y en a un, il a fini son verbe, on se dit il a fini, je vais finir le mien. Comme ça, on peut en reprendre un tous les deux et ne pas le laisser boire tout seul. Et ça monte vite et ça peut vite monter vers dans les 6-7 verres et du coup atteindre un état plus festif on va dire comme ça.
Arnaud Royssen
Avec des jeux parfois aussi peut-être qui vont pousser à ça?
Student 4
Oui voilà par exemple le fameux beer pong juste de lancer pour boire le verre ça influence à la consommation mais c'est pas conscient c'est juste que c'est dans l'euphorie de la fête on boit vite et ça part vite.
Arnaud Royssen
Du coup Sur ça, Thomas Orban, le fait peut-être de boire de manière moins régulière, l'idée plutôt que de boire un verre tous les soirs ou tous les deux soirs, mais de temps en temps boire, mais boire beaucoup sur une soirée, c'est mieux, c'est moins bien? On peut classer ça?
Thomas Orban
On a classé ça, on a fait des études entre autres à Louvain-la-Neuve, puisqu'on a la chance d'avoir des laboratoires à ciel ouvert avec des étudiants disponibles. Entre ceux qui ne consomment pas, ceux qui vont consommer 2-3 verres tous les jours, ceux qui vont consommer 10 verres sur un soir deux fois par semaine et ceux qui vont consommer 20 verres sur un soir deux fois par semaine. La grosse différence, c'est l'effet cérébral, c'est l'effet cognitif, c'est-à-dire que votre ordinateur va ralentir. L'alcool, c'est ce qu'on appelle un psycho-inhibiteur, c'est l'inverse de la cocaïne qui est un psycho-stimulant. L'alcool et le cannabis sont des psycho-inhibiteurs, ça ralentit le cerveau. La preuve, quelqu'un qui n'a jamais bu, si on lui donne 2, 3, 4 verres, il s'endort en fait. Donc ici, ce que ça va faire, c'est que la machine ralentit. Et on l'a très très bien mesuré. Et donc si vous faites une soirée par semaine où vous consommez beaucoup, votre cerveau ralentit. Et comme je l'ai dit tout à l'heure, il ralentit pour au moins 6 mois. Donc, c'est un impact que vous ne sentez pas parce qu'il est assez fin. Et puis, il y a les petits trucs où j'ai un peu la flemme, je n'ai pas envie, je ne me suis pas organisé. Mais tout ça, c'est quoi? En fait, c'est une machine qui ne fonctionne pas bien. C'est pas juste du caractère, c'est aussi l'usage d'alcool. On oublie souvent d'interroger la consommation d'éthanol, d'alcool, face au fonctionnement des jeunes. Comme je l'ai dit aussi, on n'est pas égaux. Quelqu'un qui a par exemple un TDAH, un trouble de l'attention, a plus de facilité à devenir dépendant et ça va interagir avec son cerveau aussi. Le fait de faire un binge drinking va avoir un impact sur ce fonctionnement-là par exemple. Le fait de faire un binge drinking a un impact sur l'humeur de la personne. On a beaucoup parlé de l'aspect euphorisant, lubrifiant social de l'alcool, ce qui est vrai pour toute la société. Mais l'alcool, les vraies fonctions de l'éthanol, c'est un anxiogène et un dépressogène. Si on regarde ce que c'est comme molécule, c'est une molécule qui rend dépressive et anxieuse. Vous voyez le cercle vicieux qui s'installe. Si je suis dépressif et anxieux, j'ai envie de prendre de l'alcool pour être un peu plus euphorique ce soir. Le risque commence déjà là.
Arnaud Royssen
Assis en cercle, autour du docteur Thomas Orban, On sentait bien que les rétos de l'athénée de Ouarème ne perdaient pas une miette de la discussion. D'ailleurs, alors qu'on pensait terminer l'enregistrement, beaucoup avaient encore des questions à poser, dont celle-ci.
Student 3
Est-ce que vous, ça vous arrive de consommer de l'alcool au point d'être ivre?
Martin Deduve
C'est pas votre question, ça.
Arnaud Royssen
Le journaliste n'avait pas osé la poser.
Thomas Orban
Je pense que c'est important de poser la question parce que ça montre d'où on parle. Évidemment que je consomme de l'alcool. Moi, j'aime bien ça. Je dis souvent, je suis un fan de whisky, de champagne, de bons vins. Maintenant, au point d'être ivre, non, ça doit faire vraiment longtemps. Mais j'ai été évidemment ivre comme n'importe qui, j'ai envie de dire, je pense. Ça dépend aussi du rapport qu'on a. Je pense que quand vous avez testé l'alcool, vous avez tout de suite compris. Est-ce que c'est un produit que j'aime? J'aime le produit lui-même, le goût? Ou est-ce que j'aime l'effet? C'est l'un ou l'autre en général, ou les deux. Mais on peut aimer les faits. Il y a des gens qui aiment ça d'emblée, je dirais attention, warning, parce que ça veut dire qu'ils sont fragiles en fait. Il y en a qui n'aiment pas ça. Mais il n'y en a pas un qui a plus de mérite que l'autre en fait. C'est d'emblée comme ça. Donc il y en a qui n'aiment pas, ils ne vont pas boire. Alors c'est bien, c'est bien, lui c'est bien. Non, en fait, il n'a aucun mérite, il n'aime pas, c'est tout. Comme je dis souvent, mon meilleur pote, il n'aime pas boire. Il n'a aucun mérite. Voilà. Par contre, si on aime bien, on doit faire attention à la vitesse et à la fréquence, comme je vous l'ai dit, puisque ça amène l'ivresse. Et donc, forcément, ça m'est déjà arrivé.
Student 3
Du coup, à quel moment est-ce qu'on devient alcoolique? Vraiment dépendant? Est-ce que c'est vraiment si on boit avant tous les jours ou si ça va être une fois par semaine avec moins que l'habitude?
Thomas Orban
Alors le fait d'être dépendant, j'utilisais jamais le mot alcoolique, j'utilisais ce mot parce que c'est presque devenu une injure, espèce d'alcoolique. Donc non, on est alcoolo-dépendant. C'est pas lié à la quantité ni tellement à la fréquence. Pour le retenir, je donne souvent les 5 ou 6 C de la dépendance. C'est comme perte de contrôle. Donc je vais pas boire ce soir ou pas beaucoup et finalement je bois beaucoup. C'est la perte de contrôle. C'est l'aspect chronique. Chronique veut pas dire tous les jours, mais je recommence régulièrement la même chose. Les mêmes schémas, entre guillemets. Je continue malgré les conséquences. Je me suis cassé la figure la dernière fois, j'ai tapé sur quelqu'un et pourtant la semaine d'après je recommence. Eh bien ça c'est malgré les conséquences. C'est l'aspect compulsif, c'est-à-dire je vais boire, mais je vais boire assez vite. J'ai envie que cette boisson ou le produit, j'en ai assez vite les faits. Ça c'est vraiment l'aspect compulsif. Il y a le craving qui est encore un autre C. Le craving c'est un mot anglais pour dire j'ai une envie irrésistible de ça. Et enfin, le sixième C que j'ai rajouté, c'est l'aspect central. Plus on devient addict, plus le produit devient central dans votre vie. Finalement, vous ne vivez plus que pour ça. Moi, j'ai des patients, le matin, ils se lèvent, il est midi, ils récupèrent de tout ce qu'ils ont bu la veille. La première chose qu'ils vont devoir faire, c'est boire pour pouvoir sortir de leur lit, parce que sinon, ils sont totalement incapables de sortir de leur lit tellement ils tremblent, ils ne tiennent pas sur leurs pieds. Donc, ils ne font plus que ça, finalement. Ça devient de plus en plus central et le reste les intéresse de moins en moins. Quand vous avez les 6 C, vous avez une addiction, quel que soit le produit ou le comportement.
Student 3
Vous avez parlé des différents C pour savoir à quel moment on était dépendant, mais à partir de combien de C c'est un problème?
Thomas Orban
Moi je dirais dès qu'il y en a un, il faut se poser la question quand même. Parce que si rien que par exemple prenez la perte de contrôle, ça peut être un problème. Aujourd'hui, l'alcool est une des premières causes de décès chez les jeunes. Donc une vie d'un jeune qui disparaît, c'est quand même dramatique. Et ça peut être sur un bête-coup de poker d'une soirée qui a mal tourné parce qu'on a trop bu. Donc la perte de contrôle, c'est déjà suffisant. Si on a, je recommence malgré les conséquences, je sais pas, moi j'ai vu des patients, ils ont bu, ils ont cassé la figure en trottinette, je parle de jeûne aussi, et ils ont perdu tout leur atelier, il a fallu refaire toutes les dents, et bizarrement, un mois après, ils recommencent. Je sais pas, on se dit, est-ce que je vais prendre le même risque? Qu'est-ce qui fait qu'on refait la même chose? Je sais pas si vous avez déjà mis votre main sur un poêle qui était bouillant ou sur une cuisinière, Est-ce que vous avez vraiment envie de recommencer? Non. Donc qu'est-ce qui fait qu'on recommence? C'est problématique en fait déjà. Le fait de le faire de manière régulière, intensive, c'est problématique. Donc un C doit déjà poser question. L'ensemble des C, vous êtes addicts, ça c'est sûr.
Arnaud Royssen
Alors, prenons peut-être le temps de les rappeler, ces six mots qui commencent par la lettre C et qui doivent nous alerter. La perte de contrôle, l'aspect chronique et compulsif. Le craving, c'est-à-dire cette envie irrépressible de continuer malgré les conséquences, c'est le cinquième C. Et puis, l'aspect central que l'alcool commence à occuper progressivement dans nos vies. Alors, si vous vous reconnaissez en tout ou en partie dans ce portrait-là, n'hésitez pas évidemment à consulter, à en parler par exemple avec votre médecin généraliste. Quant à nous, on va en rester là pour cette fois. Merci au docteur Thomas Orban d'avoir été avec nous pour ce double épisode. Merci à Martin Deduve, aux élèves de l'athénée royale de Ouarème, A la réalisation sonore de cet épisode, il y avait Valentine Gourdange. A la préparation, Sarah Poussey et Arnaud Reussen. Et si vous l'avez manqué, je vous rappelle que cet épisode est le tome 2 de notre dossier sur l'alcool. N'hésitez donc pas à aller aussi écouter l'épisode précédent. Et merci surtout de votre fidélité à ce podcast.
Host: Arnaud Royssen (RTBF)
Date: 29 July 2026
Guests: Martin Deduve (Directeur du Centre Univers Santé, alcoologue), Dr. Thomas Orban (médecin addictologue), élèves de l’athénée royale de Ouarème
This second part of "Les Clés" focuses on the deep-rooted place of alcohol in Western – and specifically Belgian – society, questioning why alcohol remains so normalized and socially accepted despite documented risks, particularly among youth. Through a conversation with students and health experts, the episode explores historic, cultural, and political factors, the effectiveness of public policies, modern shifts in consumption, and the evolving perceptions within the younger generation.
Alcohol’s Ancient Origins
Martin Deduve retraces the presence of alcohol back to the earliest days of settled human society, referencing archaeological discoveries at Göbekli Tepe (01:59):
« L’homme a à peine commencé à cultiver ses céréales, qu’il les a fait fermenter pour pouvoir boire un coup, quoi. » – Martin Deduve [02:53]
Social & Festive Association
Alcohol is historically connected to celebration, conviviality, and bonding, making it deeply ingrained in cultural habits.
Alcohol Compared to Other Drugs
« La norme, c’est de boire. Ne pas boire paraît anormal. » – Arnaud Royssen [01:02] Unlike tobacco or other substances, alcohol’s social image, paired with its positive connotations, leads to its wide acceptance.
Underestimated Risks & Policy Inaction
« Le Conseil supérieur de la Santé... 2018 pour le premier avis, 2024 pour le deuxième. C’est quand même vraiment récent. » – Martin Deduve [06:16]
Economic Fears & Political Reluctance
« Le risque d’achat transfrontalier, le risque de marché noir... ils sont surévalués » – Martin Deduve [06:16]
A Powerful Influence
« Lorsqu’un euro est investi en prévention, il y en a 90 en répression et 140 en publicité. » – Martin Deduve [10:05]
Opaque Political Connections
« Ça montre quand même une collusion beaucoup trop étroite cette fois et éthiquement ultra discutable. » – Martin Deduve [11:30]
Result: Societal Complicity
More Openness & Awareness
« Quand quelqu’un dit "je ne veux pas boire", ça ne va jamais être forcé... c’est plutôt cool qu’on évolue là-dessus. » – Student 1 [16:11]
Still, Group Pressure Exists
« Avec les copains, c’est un peu plus compliqué de ne pas vouloir boire de l’alcool. » – Student 3 [15:29] Peer pressure persists, particularly in social settings.
Practical Changes
« Les no-low... ont fait un boom extraordinaire ces dernières années. » – Thomas Orban [18:12]
Rise of Binge Drinking
« Quand ils consomment, ils consomment beaucoup dans un laps de temps relativement court. » – Thomas Orban [19:11]
Polydrug Use
Social Games & Peer Dynamic
« C’est juste dans l’euphorie de la fête, on boit vite et ça part vite. » – Student 4
Medical Impact
Binge drinking slows down brain function, with effects measurable for up to six months.
« Si vous faites une soirée par semaine où vous consommez beaucoup, votre cerveau ralentit... pour au moins 6 mois. » – Thomas Orban [22:28]
Hidden depressive and anxiogenic (anxiety-inducing) effects:
« L’alcool, c’est une molécule qui rend dépressive et anxieuse. » – Thomas Orban [23:38]
« C’est pas lié à la quantité ni tellement à la fréquence... » – Thomas Orban [26:18]
« Moi je dirais dès qu’il y en a un, il faut se poser la question quand même. » – Thomas Orban [27:58]
On the Cultural Place of Alcohol:
« L’idée, c’est de remettre simplement le curseur au bon endroit. […] On se trompe de voie dans les deux cas. » – Martin Deduve [08:16]
On Industry Influence:
« La norme mondiale, c’est de ne pas faire de pub pour l’alcool. » – Martin Deduve [07:44]
Generational Shift:
« C’est pas mal parce que ça veut dire qu’ils ont redécouvert le fait qu’on peut faire la fête sans boire... » – Thomas Orban [16:49]
Student Perspective:
« Maintenant, entre filles… quand quelqu’un dit "je ne veux pas boire", ça ne va jamais être forcé... » – Student 1 [16:11]
On Addiction Criteria:
« Le fait de le faire de manière régulière, intensive, c’est problématique. Donc un C doit déjà poser question. » – Thomas Orban [27:58]
This episode offers a nuanced portrait of the cultural, political, and personal dynamics shaping alcohol consumption in Belgium, highlighting both the inertia of societal norms and the emerging shifts among the younger generation. The experts urge society to reconsider where responsibility lies and advocate for collective, structural change alongside personal reflection and support. Insights from both professionals and students paint a complex but hopeful picture of evolving attitudes towards alcohol.
Summary by topic and timestamp allows non-listeners to quickly grasp both the main arguments and subtleties of the episode.