Transcript
Georges-Louis Boucher (0:00)
Aujourd'hui, le mouvement réformateur fait une proposition qui est très concrète. C'est de soumettre les mutuelles au même impôt que les autres.
Frick Lux (0:07)
Les mutuelles possèdent un patrimoine de plus de 6 milliards.
Narrator/Host (0:12)
Une mutualité, c'est pas comme toute société. Les mutualités n'ont pas pour but de faire du profit. Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans un numéro des clés où l'on va se pencher sur les mutuelles. On le sait, les mutualités sont dans le viseur en ce moment du président du MR ainsi que de la NVA qui se demandent notamment pourquoi elles ne sont pas soumises à l'impôt des sociétés. Alors avant de répondre à cette question, on s'est dit que ce serait bien de repartir des bases, de la raison d'être des mutuelles dans notre système et pour cela on va commencer par faire un peu d'histoire.
Narrator/Host (0:47)
La première, les clés.
Narrator/Host (0:51)
Remontons d'abord à la première moitié du 19e siècle chez nous. Une époque où les conditions de travail étaient particulièrement difficiles pour la classe ouvrière naissante. Il n'était pas rare de faire des journées de plus de 12 heures pour les hommes comme pour les femmes et les salaires étaient faibles. Si bien que souvent, les enfants travaillaient pour assurer un revenu suffisant aux ménages. A l'époque aussi, les conditions d'habitat étaient précaires. Des maisons souvent insalubres et les maladies étaient fréquentes. D'autant que les conditions d'organisation du travail faisaient souvent peu de cas de la santé et de la sécurité des travailleurs. C'est dans ce contexte qu'apparaissent alors les premières caisses dites de secours mutuels. Ce sont des ouvriers, des ouvrières qui se rassemblent et décident de cotiser tous les mois dans une cagnotte de solidarité. Une cagnotte qui doit permettre de fournir une indemnité à ceux et celles qui tombent malades ou bien de payer une partie des frais funéraires à la famille en cas de décès. Et ces cagnottes, elles vont s'organiser dans le cadre des piliers philosophiques qui structurent à l'époque la société belge. Dans le monde chrétien, on va s'organiser au niveau des paroisses. Dans le monde socialiste, les caisses seront plutôt mises en place au sein des syndicats qui s'organisent aussi à l'époque. Les mutuelles naissent donc, au départ, de la base, par une auto-organisation des travailleurs et des travailleuses qui, sur base volontaire, construisent ces dynamiques de solidarité. Comme ils l'ont fait d'ailleurs à la même époque pour les caisses de grève ou pour installer des coopératives leur permettant d'acheter des produits moins chers. On a donc au départ une kyrielle de ces caisses de solidarité mutuelle, un peu partout sur le territoire. Et ce n'est que plus tard qu'elles se rassembleront dans de grandes unions nationales, au moment aussi où l'État viendra les encadrer, puis les subsidier. Et on va marquer une première pause dans ce récit pour accueillir notre invité, qui s'appelle Frick Lux. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes professeur de droit de la sécurité sociale à l'Université d'Anvers et de l'avis de nombre de vos collègues. confrères et consœurs, vous êtes un des meilleurs connaisseurs des mutuelles en Belgique. C'est pour ça, évidemment, qu'on vous a invité. Alors, on va revenir sur ce qu'on vient d'évoquer juste là. Les mutuelles, on peut dire qu'elles ont été construites au départ de la base. Ce n'est pas l'État qui a mis en place ces mutualités. Ça vient d'une organisation des ouvriers et des ouvrières qui estima, à un moment donné, que c'était tout simplement une nécessité.
