
Dans la nuit du 19 au 20 janvier, le ciel européen s’est éclairé de couleurs rouges et vertes. De magnifique teintes dues à des aurores boréales. Nous tentons de comprendre ce phénomène et pourquoi nous avons pu l’observer chez nous, mais aussi en France, en Grande...
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A
Le soleil, eh bien, il pète la forme.
B
Ces étonnantes aurores boréales. C'est un phénomène rarissime. C'est un spectacle inspirant, poétique. La première.
A
Plus besoin de partir en Laponie pour les admirer.
C
J'ai 48 ans bientôt et en 48 ans, c'est la première fois que je vois ça.
B
Les clés.
A
Avec de très belles couleurs. C'était il y a quelques heures.
B
Arnaud Reussen.
C
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Les Clés, le podcast où on essaye de mieux comprendre l'actualité. Ici, dans les actuels fracas du monde, on faisait une petite pause pour s'émerveiller un peu devant ces aurores boréales visibles jusque sous nos latitudes il y a quelques jours. Comment expliquer que notre ciel se soit ainsi coloré de rouge, de vert, de violet? C'est quoi exactement? Une aurore boréale, pourquoi a-t-on pu en voir chez nous? Tout cela va nous amener à explorer aussi le fonctionnement de notre soleil et on a 27 minutes pour tenter d'y voir clair.
B
La première.
D
Les clés.
A
Incroyable, des aurores boréales en Belgique.
D
Et soudain, le ciel s'est mis à danser.
B
C'était juste magique, j'étais comme un enfant qui reçoit son cadeau d'anniversaire.
D
Il y a des nuits que l'on n'oubliera jamais et qu'on aurait cru ne jamais vivre, voir les aurores danser au-dessus.
B
De sa tête en Belgique.
C
C'était la nuit du 19 au 20 janvier. Des aurores boréales étaient exceptionnellement visibles jusqu'à nos latitudes en Belgique et même jusqu'au nord de la France, très loin donc des pôles où on a l'habitude de pouvoir les admirer. Un phénomène que l'on n'avait pas vraiment vu venir, en tout cas dans cette ampleur, en témoignent les reportages dans les journaux télévisés a posteriori. C'est un spectacle qui n'était pas annoncé et qui s'est offert à tous ceux qui ont eu la bonne idée de regarder le ciel hier soir comme ici au sud-est de la Grande-Bretagne ou encore aux Pays-Bas et dans plusieurs autres pays. Des aurores boréales magnifiques et fascinantes.
A
Les aurores, c'est simplement les gaz de notre atmosphère qui sont bombardés par toutes sortes de particules, mais principalement les électrons. Et alors, du coup, cette atmosphère devient lumineuse. Et ça, esthétiquement, c'est splendide.
C
Splendide et visible à de multiples endroits du territoire belge. Grâce à un ciel dégagé ce soir-là, mais aussi grâce à une lune pas trop lumineuse qui permettait de distinguer ces étonnantes colorations du ciel. Rouge, verte, violette, bleutée, comme des milliers de Belges, Robin, qui habite dans le Namurois, n'a pas voulu laisser passer l'aubaine.
E
J'ai regardé par la fenêtre et j'ai commencé à voir des lueurs rouges, etc. Je me suis dit, waouh, il faut que je sorte. J'ai été récupérer mon appareil photo. Et puis, en plus, on a eu la chance de voir des aurores boréales vertes, ce qui était vraiment en Belgique très, très rare.
C
Et Robin, interrogé ici par notre collègue Louis Matagne, connaît pourtant bien les aurores boréales, puisqu'il revient de six mois en Laponie. Sauf qu'ici, selon lui, le spectacle était un peu différent.
E
En Laponie, j'en ai vu des bleus, des vertes, etc. Mais j'en ai jamais vu des rouges. Presque jamais. Je les regarde vraiment avec des yeux d'un enfant de 8 ans. C'est pas réel. C'est quelque chose qui est complètement irréel pour moi. Et c'est magique. Et c'est hors du temps.
C
Magique et réelle, les images de ces aurores boréales se sont rapidement multipliées sur les réseaux sociaux. Comme ce lion de Waterloo trôdant au milieu d'un ciel matiné de rouge et de vert. Comme ces vapeurs orangées qui semblaient descendre sur une rangée d'arbres. Ou encore ce ciel déchiré entre du rouge et du bleu au-dessus d'une petite chapelle se détachant comme en ombre chinoise au milieu des champs. Une pause onérique dans une actualité lourde en ce moment, mais avec quand même une envie de comprendre. Que sont ces aurores boréales? Pourquoi a-t-on pu en voir sous nos latitudes? Que nous disent-elles du soleil? En verra-t-on encore dans les jours, dans les mois, dans les années qui viennent? C'est tout cela que nous allons maintenant explorer. Et pour comprendre, on va accueillir un très bon vulgarisateur de ces questions, c'est Emmanuel Jeun. Bonjour.
A
Bonjour.
C
Merci d'être avec nous. Vous êtes astrophysicien, chercheur au FNRS et à l'Université de Liège. Alors d'abord, première question simple et compliquée à la fois. C'est quoi, au fond, une aurore boréale? Comment est-ce qu'on peut expliquer simplement ce qui se passe là quand on aperçoit ces étonnantes colorations dans notre ciel?
A
En réalité, c'est un phénomène qui est très complexe, qui a été compris vraiment en détail seulement dans les années 70, si on va au niveau de la physique. Mais on peut résumer ça en disant qu'il y a eu en fait 24 heures, donc le dimanche, une énorme explosion sur le Soleil qui a envoyé de la matière solaire, des particules, principalement des électrons, à très très grande vitesse. Ici, c'était assez exceptionnel puisque c'était à 1600 km par seconde, beaucoup plus rapide que les éjections de matière du Soleil habituelles. C'est donc arrivé très vite sur la Terre, de très grosses quantités. Et c'est ce qui a permis, en fait, avec une interaction avec le champ magnétique de la Terre, de créer des interactions entre les particules, les atomes d'oxygène dans l'atmosphère terrestre en relativement haute altitude, vers 100 km à 300 km. Et ces particules de haute énergie ont excité les atomes d'oxygène qui ont émis de la lumière rouges à plus haute altitude et de la lumière verte à plus basse altitude. C'est pour ça qu'on entendait une des personnes qui expliquait que la Pony voyait surtout des vertes pour voir les rouges qui sont à plus haute altitude. En fait c'est un petit peu mieux d'être éloigné des pôles parce que comme c'est au-dessus nous on regarde vers le nord et on a eu la chance Lundi, j'ai eu la chance de les voir, je dois dire que c'est les plus belles que j'ai vues de toute ma vie, de par la dynamique, de par les couleurs. On voyait au-dessus du nord un arc vert et au-dessus de cet arc vert on voyait des striures dans une lueur rougeâtre. C'était vraiment magnifique. Donc c'est une combinaison d'une très forte activité sur le soleil qui a envoyé des particules vers la Terre et une interaction assez complexe avec le champ magnétique terrestre.
C
Donc pour un passionné d'astronomie que vous êtes, qui avait déjà chassé, j'imagine, quelques aurores boréales, là on a vraiment vécu quelque chose de tout à fait exceptionnel.
A
Ah oui, tout à fait exceptionnel. Je vais dire, j'avais jamais vu ça, de par les couleurs extrêmement intenses, de la rapidité du phénomène, donc on a eu quelques fois, ça a été bien décrit par les observateurs, des sortes de faisceaux lumineux verts aux zénithes, donc au-dessus de nos têtes, Très puissant, ça éclairait par terre, très vert, vert pomme. Puis hop, ça disparaissait en quelques secondes, ça réapparaissait sous forme un peu patchy de petits nuages verts. Et puis cette magnifique lueur vers le nord, rouge et verte, ça a duré pendant une heure. Ça a été en fait assez bref, mais ça a été hyper intense et tout à fait magnifique.
C
Tant mieux pour ceux qui étaient prévenus d'une manière ou d'une autre et qui ont pu en profiter. Alors on va essayer de comprendre, en reprenant un petit peu le temps, tout ce que ça nous dit aussi du fonctionnement de notre système solaire, du fonctionnement du Soleil lui-même, ce qui fait qu'on a ces aurores boréales, ce qui fait aussi que d'habitude c'est plutôt au niveau des pôles pour comprendre pourquoi cette fois-ci on les a eus jusque chez nous. Et pour cela, on va accueillir aussi une autre chercheuse dans cette émission, c'est Marie Dominique. Bonjour.
D
Bonjour.
C
Merci d'être avec nous. Vous êtes vous chercheuse à l'Observatoire Royal de Belgique. Et peut-être que si on veut bien décomposer pour comprendre, il faut repartir du soleil et expliquer ce que c'est le soleil. En fait, comment ça fonctionne avec des températures extrêmement élevées.
D
Le soleil, c'est une boule de gaz principalement constituée d'hélium et d'hydrogène qui abrite en son cœur des températures extrêmement chaudes. Quand on se rapproche de sa surface, les températures refroidissent et quand on s'éloigne encore un peu plus de sa surface et qu'on arrive dans l'atmosphère du soleil, en quelque sorte qu'on appelle la couronne, les températures réaugmentent. Et donc les constituants qui constituent justement cette couronne sont généralement affublés de telles énergies que les atomes qui les composent ont généralement leur cœur composé de protons et de neutrons qui peuvent évoluer de façon indépendante des électrons qui leur ont été arrachés. C'est ce qu'on appelle un plasma. Et donc c'est ce qui constitue l'enveloppe, si vous voulez, du soleil.
C
Donc ça c'est quand même un élément déjà très important à bien comprendre. Dans cette couronne autour du Soleil, la température qui reste quand même très très élevée, moins qu'au cœur, mais quand même à plusieurs millions de degrés, fait que ça va séparer les noyaux des électrons et qu'on a ces particules qui évoluent un peu comme une sorte de gaz, de plasma, donc autour du Soleil. On peut le résumer comme ça.
D
C'est exactement ça. Comme ces particules sont chargées, les protons sont positifs, les électrons sont négatifs, ils vont être soumis à l'influence des champs magnétiques. Et ça aussi, c'est un élément qui est assez important. Et donc, au niveau de la couronne, le champ magnétique du Soleil, puisque le Soleil a un champ magnétique de la même manière que la Terre, mais un champ magnétique qui est beaucoup plus dynamique et un peu plus complexe que celui de la Terre. Le champ magnétique du Soleil a, à certains endroits, des zones où il s'ouvre en quelque sorte et permet la libération de ces particules qui vont se propager et potentiellement adindre la Terre. Il faut savoir que le Soleil émet en permanence un flot de particules qu'on appelle le vent solaire. Les caractéristiques du vent solaire varient en fonction de la zone du Soleil dont il est originaire. Les particules peuvent être éjectées avec des vitesses qui, traditionnellement, vont entre 300 et 800 km par seconde. On parle alors de vent solaire lent et de vent solaire rapide. Les particules les plus rapides emmènent avec elles plus d'énergie et vont déjà, nominalement, avoir potentiellement un impact plus important sur l'environnement terrestre.
C
Donc on a ces particules qui, de manière générale, s'évaporent un peu, si on peut dire. Ce n'est pas tout à fait ça, mais ce vent qui se manifeste. Mais il y a des moments ou des endroits où on va avoir des éruptions plus fortes, où là, d'un coup, il y en a énormément qui vont être libérés, qui vont partir dans l'espace.
D
Et ça, c'est un phénomène qui se rajoute en complément du vent solaire de base. Donc le vent solaire rapide de base pourrait déjà provoquer certains phénomènes d'aurore, mais il serait confiné à la zone des pôles en général. Pour qu'on en observe dans nos latitudes, il faut effectivement qu'il y ait eu quelque part à la surface du Soleil, une éruption. Et donc lors d'une éruption, il y a aussi une bizarrerie du champ magnétique du Soleil qui éjecte ces nuages de particules que là, on parle généralement d'éjection de masse coronelle. Lorsque cet éjectionneau est dirigé en direction de la Terre, elle a la possibilité non seulement de créer des aurores, mais en plus d'aller perturber le champ magnétique de la Terre et donc d'élargir la zone dans laquelle les aurores vont pouvoir être observées.
C
Donc de manière générale, on peut déjà avoir des flots de particules qui peuvent venir provoquer des aurores boréales, mais plutôt concentrées alors au niveau des pôles. Mais quand on a des circonstances particulières d'éruptions, et en particulier des éruptions qui vont directement en direction de la Terre, alors là, on peut les voir à des latitudes plus basses que simplement les pôles. Mais alors essayons de comprendre quand même avec vous, Emmanuel Jeun, ce qui se passe quand ces particules, chargées électriquement, on va le dire comme ça, arrivent proche de la Terre. Puisqu'on l'a dit, et Marie-Dominique le disait, il y a effectivement aussi un champ magnétique autour de la Terre. Donc comment vont interagir ces particules quand elles arrivent justement au contact du champ magnétique de la Terre?
A
Oui, tout à fait. D'ailleurs, il faut noter que c'est grâce au champ magnétique de la Terre, assez puissant d'ailleurs, que la vie a aussi pu se développer sur notre planète. Parce que sans le champ magnétique, on aurait ces particules qui viennent continuellement détruire les cellules. Alors là, c'est vraiment la partie compliquée à comprendre des aurores. On avait compris il y a déjà longtemps, en français, qu'il y avait un lien avec le soleil. Puis on avait compris que c'est quand il y avait des grosses tâches sur le soleil, on y reviendra, lié à l'activité du soleil. Edmund Halley qui avait découvert la comète de Halley avait compris qu'il y avait un lien avec le champ magnétique terrestre. Il pensait d'ailleurs que c'était uniquement terrestre. Et puis alors en fait on a fait beaucoup d'expériences pour comprendre ce qui se passait avec l'excitation des atomes dans l'atmosphère. Mais donc ce qu'il faut essayer de visualiser c'est que la Terre est entourée de ce sorte de bouclier de protection magnétique avec une queue ionique qui s'éloigne dans l'espace. Et quand on a ce flot de particules, comme on vient d'expliquer, chargées électriquement des protons et des électrons, ça entraîne également un champ magnétique avec lui et des grosses perturbations, une sorte de collision entre le champ magnétique de la Terre et le champ magnétique venant de ces particules. il y a une sorte de compétition et à un moment une sorte d'annihilation on va dire du champ terrestre un petit peu et les particules vont pouvoir s'engouffrer au niveau des pôles où on peut voir un petit peu le champ magnétique terrestre un peu comme deux entonnoirs et le long de ces lignes de champ les particules vont s'engouffrer donc c'est pas réellement qu'elles arrivent directement elles vont derrière dans l'accueil ionique puis elles reviennent on appelle ça une reconnexion Et c'est ça aussi qui est parfois difficile à prédire. Et on a les particules qui reviennent à très grande vitesse, impactées. Et d'ailleurs, on observe un ovale auroral autour des pôles parce que ça impacte vraiment comme une sorte d'ovale. Et là, on a eu la chance, là, à dire que c'était, pour une fois, assez bénéficiaire pour nous. Parce qu'à d'habitude, l'ovale auroral est plus décalé vers le Canada et les Etats-Unis. On voit plus souvent des aurores dans l'Amérique du Nord et donc là on en a vraiment profité aussi parce que cette explosion était exceptionnelle. C'est parmi les 2-3% plus rapides et qu'elle est arrivée avant que ce qu'on attendait. Elle donc frappait l'Europe et on a pu voir des aurores en Europe un peu partout.
C
Donc si j'essaye de résumer ça en termes simples pour des profanes comme nous, on a une configuration particulière de ce champ magnétique autour de la Terre qui fait que ça va canaliser, laisser rentrer plus de ces particules dans l'atmosphère au niveau des pôles qui vont alors entrer, comme vous nous le disiez tout à l'heure, en collision, qui vont venir exciter en quelque sorte aussi les atomes d'oxygène et des atomes d'azote dans notre atmosphère et c'est ça qui fait qu'on va pouvoir assister à ces phénomènes-là en général plutôt au niveau des pôles, mais quand on a des circonstances très particulières au niveau aussi des éruptions, alors ça peut aller plus loin, ça peut être vu à d'autres latitudes qu'au niveau des pôles.
A
Tout à fait, et alors la grande variabilité des aurores, les aurores qui dansent... Là, c'était vraiment merveilleux, c'est qu'en fait, on a ces jets de particules qui viennent de cette explosion gigantesque du Soleil, qui a duré probablement une heure, et on a ces particules qui arrivent, qui rentrent, et il y a une interaction complexe avec le champ magnétique terrestre qui se modifie, etc. On a pu très bien observer, d'ailleurs, que l'aurore dans la direction du nord a shifté du nord-est vers le nord-ouest. On voyait vraiment se modifier, et on avait quasi deux aurores différentes, une aux zéniths avec des rentrées de particules, je dirais, au-dessus de notre tête, à basse altitude, 100 km, c'est sévère et intense. Et puis en regardant vers le nord, on avait le rouge, aussi dû à une excitation de l'atome d'oxygène, mais sous différentes conditions de densité, en fait. Il faut voir l'atome d'oxygène qui se met à être excité, à vibrer dans tous les sens. Ça l'excite et il doit se redésexciter parce qu'il veut retomber à son état normal. Et il le fait en émettant de la lumière, en fait, à des longueurs donc très précises.
C
Donc ça, c'est si on regarde dans l'infiniment petit pratiquement ce qui se quand on voit ces lumières au niveau des aurores boréales. Une petite question encore, Marie-Dominique, vous qui observez de manière régulière et précise le soleil, est-ce qu'on sait prédire ça, les moments où on va avoir des intenses éruptions solaires et notamment des éruptions en direction de la Terre, est-ce qu'on sait qu'à certains moments, on va avoir plus de chance, de chance ou de malchance, ça dépend comment on le voit, mais d'avoir des phénomènes comme ceux-là?
D
On peut dire qu'on va avoir plus de chances. On ne sait pas les prédire de façon fine, en gros. On sait identifier à la surface du Soleil les zones qui sont susceptibles de rentrer en éruption en observant justement l'assemblage de tâches, tels qu'on les appelle, qui sont présentes à la surface du Soleil. Donc si on observe le Soleil, et Galilée le faisait déjà dans les années 1600, on voit que le Soleil, même en lumière blanche, n'est pas une zone homogène. mais qu'il y apparaît de temps en temps des zones beaucoup plus sombres qui correspondent en fait à des zones où la température est un peu plus basse et où le champ magnétique est un peu plus intense. Ce sont ces zones qui sont les plus propices à l'émergence d'éruptions. Et on sait maintenant qu'en fonction de la configuration de ces zones, elles auront peu ou plus de chances de produire une éruption, une éruption intense ou non. Donc ça, c'est un petit peu ce qu'on surveille pour essayer de déterminer si le soleil est très actif ou s'il ne l'est pas. Maintenant, dire dans telle zone, il va y avoir une éruption de cette ampleur-là à tel moment, ça, on n'y arrive pas encore. Par contre, ce qu'on fait, c'est qu'on a quand même en permanence des satellites qui observent le Soleil et qui eux vont pouvoir observer ces éruptions lorsqu'elles se produisent. Et donc par la suite, ce qu'on essaye de faire, c'est que quand on a une éruption qui se produit, on essaye d'estimer si les particules ont été éjectées, si elles ont été en direction de la Terre, à quelle vitesse elles se propagent et si elles vont nous atteindre. Et donc là aussi, on a des modèles mathématiques qui essayent de prédire ce genre de choses. Il y a toujours une marge d'erreur évidemment qui est possible, mais donc on essaye de pouvoir estimer le moment où les aurores vont pouvoir arriver par la suite.
C
Plus on observe, plus on emmagasine des données, plus on modélise, plus sans doute on peut prédire de manière fine ce qui va pouvoir se passer. Il y a aussi, si je ne m'abuse, un cycle d'activité du Soleil. Il y a des moments où il est plus actif que d'autres.
D
Le soleil, c'est un cycle d'activité de plus ou moins 11 ans. C'est un peu variable, parfois c'est 9, parfois c'est 13. Et au cours de ce cycle, il passe par une phase où il est très actif, où il produit beaucoup d'éruptions et plutôt des éruptions de grande ampleur. Et puis par une phase où il en produit très peu. Et quand elles se produisent, elles sont généralement relativement faibles. Et donc là, à l'heure actuelle, on vient de passer le maximum solaire. On estime qu'il s'est produit en octobre 2024. C'est pas bruyant qu'on a déjà eu une activité aurorale en 2024 d'ailleurs. Donc, quelque part, on est déjà dans la phase descendante. Sur un cycle de 11 ans, la phase descendante, elle ne va pas être limitée à quelques mois, elle s'étend sur quelques années. Et on a déjà vu apparaître de très, très grosses éruptions en phase descendante.
C
Donc là on est dans la phase où normalement ça descend mais on reste quand même encore très haut et ça peut être propice quand même à des éruptions qui sont importantes. Alors justement on va s'intéresser aux conséquences que peuvent avoir ces éruptions, pas seulement en termes esthétiques avec ces aurores boréales où là c'est superbe évidemment, mais parfois il peut y avoir d'autres conséquences de ces perturbations électromagnétiques qui peuvent être très importantes. Et ça, on va s'en rendre compte au travers d'une séquence qu'a signée pour nous Sarah Poussey, qui sert plonger à la toute fin des années 80 en Amérique du Nord.
B
2H44, le 13 mars 1989. La plupart des Québécois dorment encore et ne se rendent compte de rien. Pourtant, la région vient d'être totalement plongée dans le noir. Le réseau électrique subit une panne généralisée qui va durer de longues heures et surprendre plus de 6 millions de personnes au réveil.
F
Les Montréalais ce matin se sont réveillés comme dans un mauvais rêve. Pendant la nuit, la ville avait été débranchée. Pas de courant à la maison, donc pas de déjeuner. Il a fallu à bien des gens se rendre le ventre vide jusqu'aux portes closes du métro.
B
Pour comprendre ce blackout généralisé, il faut revenir deux jours en arrière. Le 10 mars, une éruption solaire envoie des tonnes de particules énergétiques en direction de notre planète. On parle quand même de jets de matière grand comme 36 fois la Terre, propulsés à 1,6 million de kilomètres par heure. Habituellement, cette matière envoyée par le soleil peut être absorbée par le champ magnétique terrestre, mais ici, la force de l'éruption est trop importante. Après deux jours de trajet, toutes ces particules chargées vont donc atteindre la Terre et déclencher une tempête géomagnétique. Le réseau électrique québécois est touché parce qu'il est particulièrement vulnérable. Il est situé très au nord, proche des pôles d'abord, et puis il possède de longs conducteurs pour distribuer l'électricité. Or, la tempête va justement induire des courants électriques inattendus dans le réseau. Et il n'aura fallu que 90 secondes pour déstabiliser l'ensemble et provoquer la panne générale. C'est vers 9h qu'on a commencé à rétablir le système. Certains ont dû attendre jusqu'à 11h30, d'autres attendent encore. La cause de cette panne, il va falloir attendre quelques jours, plusieurs jours peut-être même, avant de la connaître précisément. Dans les premières heures, les responsables du réseau électrique québécois n'identifient pas la source du problème, en témoigne cet archive du vice-président d'Hydro-Québec.
F
Il y a eu des perturbations atmosphériques, sauf qu'on ne peut pas mettre le doigt et se dire que c'est ça la cause.
B
Au-delà des Canadiens qui seront plongés neuf heures dans le noir, certains endroits des États-Unis subiront aussi des pannes. Les contacts de la NASA avec certains de ses satellites seront perturbés, tout comme certaines communications radio ou encore le réseau automatisé de chemin de fer russe. Et puis surtout, le monde contemplera des aurores boréales exceptionnelles pendant deux jours, puisqu'on pourra même en apercevoir à des latitudes bien plus basses que d'habitude, comme au Texas.
C
Voilà pour cet épisode marquant pour les Québécois en particulier. Emmanuel Jeun, ça peut donc avoir des conséquences assez problématiques quand on a ces éruptions solaires en matière de tempêtes électromagnétiques.
A
Oui, surtout qu'aujourd'hui, tout est basé sur l'électricité et aussi les data centers. Il ne faut pas oublier qu'on déconseille toujours de passer avec un aimant près de son disque dur. Imaginez là pour une tempête géomagnétique qui pourrait être tout à fait exceptionnelle. On a la chance que notre Soleil est une étoile relativement calme. Elle a quelques bouffées de chaleur, il a quelques bouffées de chaleur tous les 11 ans au moment du maximum. Et en fait on a enregistré au niveau archéologique, par exemple dans des carottes polaires ou dans les troncs d'arbres, des éruptions vraiment très très puissantes. Là on parle plutôt de milliers d'années. Mais on a également historiquement l'événement Carrington comme on l'appelle en 1859 où des aurores boréales ont été vues jusqu'à l'équateur pendant plusieurs jours et qui ont eu beaucoup d'effets déjà même à l'époque. C'est pour ça qu'aujourd'hui il existe ce qu'on appelle la météo spatiale et notamment à l'Observatoire Royal de Bruxelles et à l'Institut d'Aéronomie. Ils font beaucoup d'expériences, ils sont responsables d'ailleurs d'un centre de météo spatiale pour prévenir notamment tous les satellites qui sont en orbite et extrêmement sensibles parce que certains ne sont pas nécessairement bien protégés. On peut imaginer le chaos qui pourrait arriver sur une face de la Terre. avec une énorme éruption qui pourrait arriver. On peut se poser la question si aujourd'hui on est bien protégé contre une éruption. Ça va dépendre évidemment de sa puissance, mais on peut imaginer par exemple que toutes nos belles photos qui sont sur nos disques durs aujourd'hui et qu'on n'imprime plus, on pourrait les perdre si ces serveurs sont... Alors aujourd'hui, on est beaucoup mieux protégé que dans les années 80. On a bien compris les problèmes, etc. Et d'ailleurs, avec les grosses tempêtes géomagnétiques qu'on a eues récemment, il n'y a pas eu énormément de problèmes qui ont été rapportés.
C
Mais donc ce risque existe, notamment pour les data centers, vous le dites. Il y a beaucoup de choses qui passent aujourd'hui par des satellites bien plus qu'hier. Il y a de plus en plus de satellites en orbite autour de la Terre. Le GPS en dépend. Tout ça est potentiellement fragile en cas de déruption solaire très importante.
A
Oui tout à fait, le GPS c'est bien connu par les aviateurs notamment. Et donc il faut être attentif à ça. Au niveau de la santé humaine, on peut en parler aussi parce que c'est vrai que quand je me trouvais en dessous de ce flot de particules, je me suis dit tiens, ma compagne m'a dit c'est pas dangereux. Non mais c'est vrai parce que c'est tellement impressionnant, il y a des particules qui rentrent dans l'atmosphère. C'est encore à 100 km, elles sont arrêtées, freinées. Mais les avions, par exemple, qui passent et qui traversent le cercle polaire, clairement, ils prennent beaucoup plus de radiation. D'ailleurs, les hôtesses de l'air ont un certain quota qu'elles peuvent faire. Donc c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte. Et les astronautes, évidemment, à bord de la Station Spatiale Internationale, ils vont se réfugier dans un coin de la station avec une grosse épaisseur de plomb quand il y a ce genre d'événements. parce que c'est vraiment très dangereux. C'est d'ailleurs un des plus gros risques pour les astronautes qui vont aller sur Mars puisque là ils vont quitter la protection du champ magnétique terrestre et pendant six mois sous le flot des particules solaires qu'on ne sait pas prédire à ces distances-là. Donc pour eux il y a réellement un danger d'attraper un cancer par exemple.
C
Donc il y a des vraies conséquences aussi pour la santé humaine. Ça nous rappelle ce que vous nous disiez dès le début de l'émission. Si on n'avait pas ce champ magnétique pour nous protéger de ces particules, on ne pourrait tout simplement pas vivre sur Terre. Marie-Dominique, on comprend à travers ça tout l'intérêt de pouvoir mieux comprendre, pour pouvoir prédire. Il y a même un enjeu de fonctionnement de toute une série de services sur Terre à pouvoir demain anticiper tel ou tel problème qui se passerait au niveau du Soleil.
D
Oui, tout à fait. Et donc, il y a un effort de modélisation et de recherche qui est permanent, qui est en cours, mais qui, comme je le disais, à l'heure actuelle, ne permet pas encore des prédictions qui sont assez fines pour pouvoir vraiment déterminer à l'heure près, par exemple, l'arrivée d'une tempête géomagnétique.
C
Et est-ce qu'on peut prendre des dispositions en disant, alerter, qu'il va se passer quelque chose? Est-ce qu'on a un peu de prévisibilité en se disant, là on voit qu'il y a une éruption, ça va arriver dans quelques heures, ça on sait faire?
D
On essaye, mais par exemple dans le cas de l'éruption qui a causé les aurores de lundi, on a quand même été surpris. Les prédictions d'une part qu'on avait pour la Belgique anticipaient une tempête géomagnétique, mais de niveau, alors là je vais rentrer dans les détails, mais on a des mesures des indices magnétiques sur Terre, on avait prédit quelque chose de l'ordre de 7, ce qui déjà pouvait provoquer des aurores boréales, mais peut-être pas des aurores boréales vues à l'œil lu, alors que là on a atteint 9 et c'est arrivé plus tôt que prévu en fait.
C
Donc on comprend que ce n'est pas si simple que ça aujourd'hui encore de tout prévoir. Dernier élément alors Emmanuel Jehan, est-ce que ceux qui veulent pouvoir apercevoir des aurores boréales, qui peut-être les ont manqué cette fois-ci, ils ont quand même des outils, des éléments pour pouvoir être plus attentifs certains soirs que d'autres?
A
Oui, alors c'est vrai qu'on aimerait bien encore en voir et pour ça il y a des petits outils quand même qui sont bien utiles. On peut installer sur son smartphone des applications comme Space Weather Live ou Aurora qui donnent toute une série d'indicateurs, trois principalement. Le KP quand il est vers 9, on peut en avoir en Belgique. Le BZ quand il est vers moins 50 et qui indique l'intensité du champ magnétique terrestre. est aussi une bonne indication. Et puis, ce qu'on appelle l'ovale aurorale, on peut voir l'image vraiment où se déroulent les aurores au-dessus de la planète. Et si elle est au-dessus de l'Europe, c'est vraiment très bon signe. On peut encore espérer en voir jusqu'à l'été, avant que les nuits ne deviennent très courtes. Et puis, l'activité du solaire va de plus en plus diminuer. On pourrait encore en voir l'année prochaine. Et puis après, il faudra attendre probablement 10 ans pour en voir de nouveau. Vous pouvez aussi, bien sûr, aller les voir en Norvège, en Laponie, bien sûr aussi.
C
A condition évidemment de pouvoir s'offrir le voyage. Mais on va retenir donc qu'il n'est pas exclu qu'on puisse encore revoir dans l'année ou les deux années qui viennent des aurores boréales en Belgique. Même si on a bien compris qu'ici il y avait eu une configuration tout à fait particulière dont on a pu bénéficier sous nos latitudes. Merci à Emmanuel Jeun et à Marie-Dominique d'avoir joué le jeu de la vulgarisation pour nous permettre de mieux comprendre les enjeux. Merci à Laurent Nélissen pour la réalisation sonore de cet épisode. A la préparation, il y avait Sarah Poussey et Arnaud Reussen. Et n'hésitez pas, si ce contenu vous a intéressé, à le faire connaître et à le partager autour de vous.
Podcast Host: Arnaud Ruyssen (RTBF)
Date: 21 janvier 2026
Invités principaux :
– Emmanuel Jehin, astrophysicien (FNRS, Université de Liège)
– Marie Dominique, chercheuse à l’Observatoire Royal de Belgique
Dans cet épisode, Arnaud Ruyssen s’accorde une pause poétique dans le tumulte de l’actualité pour explorer le phénomène fascinant des aurores boréales. La surprise a été d’autant plus grande qu’elles ont récemment été visibles jusqu’en Belgique, un événement rare. À travers les témoignages et les explications d’experts, le podcast répond à plusieurs questions : qu’est-ce qu’une aurore boréale, pourquoi a-t-on pu en observer en Belgique, que nous disent-elles du Soleil, et ces spectacles célestes pourraient-ils se reproduire ? L’épisode s’attarde aussi sur les enjeux scientifiques, les risques pour la technologie et la santé, et les moyens de prévoir — ou non — ces phénomènes.
(00:00–04:43)
Contexte de la nuit magique du 19 au 20 janvier 2026 :
– Des aurores boréales visibles à travers toute la Belgique, mais aussi au nord de la France, aux Pays-Bas, et jusqu’en Grande-Bretagne.
– Un phénomène non prévu à cette ampleur, s’offrant à tous ceux qui ont eu la curiosité de regarder le ciel.
Témoignages de citoyens émerveillés :
« J’ai 48 ans bientôt et en 48 ans, c’est la première fois que je vois ça. » (00:12)
« C’est simplement magique, j’étais comme un enfant qui reçoit son cadeau d’anniversaire. » (01:08)
« J’ai vu des aurores boréales vertes… en Belgique très très rare. En Laponie… jamais vu des rouges. » – Robin (02:57)
Enjeux soulevés :
– Un spectacle « onirique », une pause bienvenue dans l’actualité lourde, mais aussi une envie de comprendre l’origine du phénomène.
Avec Emmanuel Jehin, astrophysicien
(04:44–07:36)
« Je dois dire que c’est les plus belles que j’ai vues de toute ma vie. De par la dynamique, de par les couleurs. » – Emmanuel Jehin (06:02)
Avec Marie Dominique, Observatoire Royal de Belgique
(07:39–10:56)
Qu’est-ce que le Soleil ?
– Une boule de gaz (hydrogène, hélium) avec un cœur brûlant, mais aussi une « couronne » (son atmosphère) exceptionnellement chaude et constituée d’un plasma (noyaux et électrons séparés).
– Rôle clé du champ magnétique solaire :
– Très dynamique, il permet à certains endroits l’évasion de particules (vent solaire), dont les vitesses varient de 300 à 800 km/s.
– Parfois, des « éruptions solaires » expulsent d’énormes quantités de matière (éjections de masse coronale) directement vers la Terre.
Pourquoi observe-t-on généralement les aurores vers les pôles ?
– Les particules du vent solaire sont presque toujours présentes, mais le champ magnétique terrestre les canalise d’habitude vers les pôles où elles peuvent provoquer des aurores.
– Pour voir le phénomène à des latitudes plus basses, il faut une éruption solaire très puissante et orientée vers la Terre.
(10:56–15:39)
« On avait quasi deux aurores différentes, une aux zéniths, à basse altitude, très vert intense, et une vers le nord, plus rouge. » – Emmanuel Jehin (14:15)
(15:39–18:03)
Surveillance, modèles et prédictibilité (ou son absence) : – Les taches solaires sont surveillées, et leur configuration donne un indice sur l’activité à venir, mais il reste très difficile de prédire précisément le moment, la puissance et la direction d’une éruption majeure. – Les satellites solaires et les modèles mathématiques améliorent la prévision, mais il subsiste une marge d’erreur importante.
« Dire dans telle zone, il va y avoir une éruption de cette ampleur-là à tel moment, ça, on n’y arrive pas encore. » – Marie Dominique (16:08)
Cycles solaires : – Le Soleil connaît un cycle d’activité d’environ 11 ans (en fait variable entre 9 et 13 ans), alternant entre maximum et minimum d'activité. – Le maximum solaire (octobre 2024) a justement précédé l’événement belge.
(18:03–25:08)
Conséquences potentiellement graves sur Terre :
– Exemple fameux : le blackout du Québec, mars 1989
– Une tempête géomagnétique coupe le courant à 6 millions de personnes pendant plusieurs heures.
– Les réseaux électriques situés près des pôles, avec de longues lignes de transmission, sont particulièrement vulnérables.
– Effets secondaires : pertes de contact radio, perturbations satellites, impacts sur les infrastructures critiques.
> « Il n’aura fallu que 90 secondes pour déstabiliser l’ensemble et provoquer la panne générale. » (19:44)
Risques modernes accrus :
– Aujourd’hui, l’économie, le stockage des données, la navigation GPS et la communication reposent sur des systèmes vulnérables aux tempêtes solaires.
– Les satellites et data centers sont scrutés et protégés, mais l’intensité d’une éruption majeure de type Carrington (1859) pourrait avoir des conséquences massives, jusque sur les serveurs de nos photos et nos réseaux.
« On peut imaginer le chaos qui pourrait arriver […] Si une énorme éruption arrive, on peut se demander si aujourd’hui on est bien protégé. » – Emmanuel Jehin (22:29)
Santé et aéronautique : – Les particules arrêtées par l’atmosphère ne menacent pas les humains au sol, mais les pilotes de ligne et les équipages polaires reçoivent plus de radiations. – Les astronautes, hors du champ magnétique terrestre, sont à risque lors de telles tempêtes (y compris pour des missions vers Mars).
« Les astronautes, à bord de la Station Spatiale Internationale, se réfugient dans un coin avec une grosse épaisseur de plomb quand il y a ce genre d’événement. » – Emmanuel Jehin (23:56)
(25:08–26:50)
« Il n’est pas exclu qu’on puisse encore revoir dans l’année ou les deux années qui viennent des aurores boréales en Belgique. » – Arnaud Ruyssen (26:50)
Cet épisode éclaire le phénomène rare des aurores boréales sous nos latitudes, mêlant émerveillement scientifique, précisions techniques, enjeux technologiques et conseils pratiques pour les futurs observateurs. Les experts rappellent que, même si la prédiction parfaite reste illusoire, l’essor de la « météo spatiale » permet aujourd’hui d’anticiper (un peu) et de protéger nos sociétés — tout en continuant à s’émerveiller devant ce lien invisible entre le Soleil et notre ciel.