Transcript
A (0:01)
We will begin the process of returning millions and millions of criminal aliens back.
B (0:07)
Donald Trump wants this chaos.
C (0:10)
And yes, he wants more violence on our streets.
A (0:12)
I have a message for ICE. Get the fuck out of Minneapolis. Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour un épisode où nous allons essayer de comprendre ce qu'est l'AIDS, communément appelée la police de l'immigration aux Etats-Unis, même si ses agents ne sont pas à proprement parler des policiers. L'AIDS, c'est cette agence à qui Donald Trump a confié la mission d'expulser plus d'un million de migrants par an désormais. et dont les interventions, qui de plus en plus souvent dérapent, sèment la peur aujourd'hui dans une partie de la population américaine, pas seulement au sein des communautés immigrées. Alors qu'est-ce que l'AIS Quels sont les pouvoirs de cette agence Pourquoi suscite-t-elle aujourd'hui la colère et la crainte chez des millions d'Américains On a 27 minutes pour tenter de comprendre.
C (0:58)
La première, les clés.
A (1:08)
Remontons d'abord au début du mois de décembre 2025 à Minneapolis, dans le Minnesota. Un état situé au milieu nord des États-Unis, à la frontière avec le Canada, et qui est marqué en cette saison par un hiver plutôt rude. C'est à ce moment-là, il y a quelques semaines donc, que commence l'opération Metro Search, lancée par l'agence ICE de contrôle de la migration. Elle a pour but affiché d'appréhender des milliers de migrants en situation irrégulière. Alors, quelques 2000 agents de l'ICE sont déployés à Minneapolis et dans la ville jumelle de Saint-Paul. Et les arrestations commencent. dans les quartiers où vivent certaines personnes en situation illégale, mais aussi sur des parkings, dans des centres commerciaux ou encore dans une bibliothèque municipale. Chaque fois, le même scénario se répète. Les agents de ICE arrivent, en général en pick-up banalisé, Ils descendent du véhicule, armés et munis de gilets pare-belles, et ils se saisissent des migrants ciblés dans un contexte très tendu où des citoyens essayent parfois de s'opposer, d'empêcher les arrestations et souvent filment les opérations pour documenter certaines violences ou exactions. C'est dans ce contexte que, le mercredi 7 janvier, va se dérouler un drame dans un quartier résidentiel de Minneapolis. Des agents d'ICE viennent mener une opération dans le quartier et l'on sent à leur arrivée que la tension est déjà plus que palpable. Au milieu de la route, un SUV obstrue en partie le passage des agents. La conductrice du véhicule s'appelle Renée Nicole Goode. C'est une citoyenne américaine de 37 ans qui vient de déposer son enfant à l'école. Et comme beaucoup d'autres citoyens en colère devant les méthodes des agents de l'ICE, elles semblent décider à compliquer leur action. Plusieurs agents armés s'approchent alors du véhicule. L'un passe même la main à travers la vitre ouverte pour tenter d'ouvrir la portière de l'intérieur. La conductrice, visiblement, prend peur, démarre en trombe, sans doute pour quitter les lieux. Mais c'est à ce moment-là qu'un autre agent tire alors un bout portant sur elle. Trois coups de feu en plein visage. Le véhicule continue sa course quelques mètres et va percuter une voiture blanche stationnée un peu plus loin. La suite de la scène est tout aussi choquante. Alors que des citoyens veulent s'approcher pour porter secours à la jeune femme, ils sont tenus à distance et personne parmi les agents de ICE ne semble se préoccuper vraiment de la victime qui gît dans son véhicule. L'agent qui a tiré s'en va d'ailleurs quelques instants plus tard à bord d'un autre véhicule. Très rapidement après ces faits, L'administration Trump ainsi que le président lui-même diront que l'agent de ICE a agi en situation de légitime défense. Mais l'analyse minutieuse des vidéos, faite notamment par le New York Times, démontre que la conductrice ne s'apprêtait pas à percuter l'agent, mais essayait plutôt de l'éviter pour fuir. Au moment où ont donc claqué les trois coups de feu qui lui ont ôté la vie. Voilà, et suite à cela, de nombreuses manifestations ont eu lieu à Minneapolis et ailleurs aux Etats-Unis. On va y venir dans un petit instant, évidemment. Mais avant toute chose, on va essayer de mieux comprendre dans cette émission ce qu'est l'AISE, donc acronyme de Immigration and Custom Enforcement, littéralement contrôle de l'immigration et des douanes. Et pour en parler avec nous, il y a Marco Martinello. Bonjour. Vous êtes un spécialiste de l'immigration, professeur à l'Université de Liège, au Centre d'études de l'ethnicité et des migrations. Et vous connaissez bien aussi les États-Unis, on va le préciser, pour y avoir enseigné pendant plusieurs années. Alors revenons peut-être aux sources tout d'abord avec vous. Cette agence fédérale, l'AISE, dont on parle le plus souvent maintenant par son acronyme, elle n'est pas née avec Trump en fait. Son existence remonte aujourd'hui à plus de 20 ans déjà aux États-Unis.
