
Nous avons reçu une classe de sciences économiques de l'Institut Saint-Michel de Neufchâteau pour discuter d'orientation scolaire et du choix des études supérieures. Et pour répondre aux questions de tous ces jeunes, un peu stressés par ce qui les attend, nous avon...
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Teacher 1
Il y a tellement d'infos que je m'y perds.
Host / Narrator
Je trouve que c'est difficile d'y voir clair quand même.
Narrator / Commentator
Souvent je trouve que tout est trop superficiel.
Damien Canzitu
Je pense qu'il y a trop d'infos et... C'est très angoissant.
Narrator / Commentator
La première...
Host / Narrator
J'ai besoin de repères.
Student 1
Les clés. J'ai envie de comprendre.
Student 2 (Avocate aspirant)
Arnaud Roisson.
Host / Narrator
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Les Clés pour un nouvel épisode spécial jeunes. Vous le savez, une fois par mois, on invite une classe à nous rejoindre à la RTBF et on construit l'émission avec les élèves. Pour ce numéro, On accueillait des élèves de 5e et de réto venus de Neuchâtel, en province de Luxembourg. Des élèves qui avaient choisi, avec leurs enseignants, de s'intéresser à l'orientation à l'école. La façon dont, durant son parcours scolaire, on est orienté ou non vers son avenir professionnel. Alors c'est parti, on va creuser tout ça, en commençant par faire un peu mieux connaissance avec les élèves, grâce à Sarah Poussey.
Student 1
les clés.
Student 3 (Marketing aspirant)
Alors, on vient de l'Institut Saint-Michel à Neuchâtel.
Student 1
Et on est mélangé entre une classe de réto et de cinquième en sciences économiques.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
En sciences économiques, on a d'abord quatre heures de cours en général.
Student 1
Au début de l'année, on a vu la microéconomie. Ça concerne tout le monde parce que c'est l'éliminage.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
On va parler de tous les sujets qui nous entourent dans notre société, comme le droit, l'économie en tant que telle.
Narrator / Commentator
Lors de leur venue à la RTBF, ce groupe de Neuchâteau souhaitait qu'on mette un peu l'économie de côté pour parler ensemble d'orientation scolaire. Alors pour ces deux enregistrements, il n'y avait que deux rétaux et il faut dire que la plupart des élèves ici ont des idées de formation. Mais tous se posent quand même une question essentielle, comment bien choisir ses études?
Student 1
On ne peut changer d'option qu'une seule fois à l'université et du coup, on doit bien choisir, on doit y réfléchir, etc. pour avoir un bon métier ou ce qu'on veut faire en fait.
Damien Canzitu
Maintenant avec l'IA, il y a tout qui est un peu en train de changer. Est-ce que les cours se seront donnés de la même manière? Est-ce qu'on utilisera les mêmes outils pour étudier?
Narrator / Commentator
C'est vrai que le développement de l'IA pose pas mal de questions en termes de métiers d'avenir. On peut penser aussi aux métiers liés à la transition énergétique. Des postes que l'on n'imagine même pas encore vont sûrement se développer d'ici l'entrée de ces jeunes sur le marché du travail. Alors ça crée des incertitudes, des doutes quant à leurs projets d'avenir. Et c'est de tout cela dont on va parler dans cette émission. Mais d'abord, petit tour de table de leurs projets d'avenir.
Student 1
Je vais me lancer dans du droit pour faire avocate ou juge. Je ne sais pas encore. Je fais des études et après je me décide. Je n'ai pas encore d'idée. Peut-être faire des études en sciences éco, vu que c'est mon option. Après, je ne sais pas encore.
Damien Canzitu
Moi, j'aime bien la finance, donc ingénieur de gestion, sciences éco.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Pour moi, plus un truc dans l'économie, mais je ne sais pas exactement quoi.
Student 3 (Marketing aspirant)
Moi, je vais faire marketing l'année prochaine.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Moi, les sciences économiques ou l'informatique. Je suis encore un peu indécis.
Student 1
Moi, j'aimerais bien faire des études d'institutrice primaire.
Damien Canzitu
Moi, ça serait l'armée ou les pompiers en fonction.
Student 2 (Avocate aspirant)
Moi, j'aimerais bien faire du droit. Ce serait plutôt pour devenir avocate en droit pénal.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Bref.
Host / Narrator
Beaucoup d'élèves savaient déjà assez bien vers quel avenir professionnel ils voulaient se diriger. Mais du coup, on avait envie de savoir comment s'était fait ce choix. Pour certains, c'était une évidence, comme pour cet élève qui sait déjà avec certitude qu'il veut devenir pompier. Pour d'autres, il y a moins ce choix du cœur, comme pour ce futur étudiant en marketing, qui nous explique comment il a procédé, lui, pour trouver sa voie.
Student 3 (Marketing aspirant)
de base par élimination, des trucs que je ne veux vraiment pas faire. Puis ensuite, avec mes proches qui ont fait ou qui font actuellement ça. Ils m'ont expliqué un peu à quoi ça ressemblait, tout ça.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Ça a l'air pas mal.
Host / Narrator
Parfois, c'est la fiction qui peut aussi mettre la puce à l'oreille. Ainsi, cette jeune fille qui se verrait bien demain juge ou avocate.
Student 1
Au départ, j'ai vu une série de Netflix, du coup, je me suis un peu basée sur ça. Et après, on me dit, bah oui, ça t'irait bien de défendre les gens, etc. T'as de bons arguments. Du coup, je me suis basée et je me suis intéressée sur le métier et les études.
Host / Narrator
Il y a aussi ceux qui voient les choses de manière plus pragmatique, comme cet élève de Reto qui oscille entre l'économie et l'informatique.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Moi, ce qui a fourni mon choix, c'est ce qui nous entoure dans notre société. Par exemple, je vois que l'argent, l'économie, c'est très important et je pense que tout le monde l'utilise. Et l'informatique, c'est un domaine qui a de l'avenir et de plus en plus de personnes utilisent les réseaux ou Internet en général, dans son travail. Et donc, je pense avoir des connaissances dans les deux, c'est quand même important dans notre société.
Host / Narrator
Et puis, il y a ceux et celles pour qui le choix est nourri par un idéal, un idéal fort, comme pour cette future avocate.
Student 2 (Avocate aspirant)
Pour moi, ce métier, ça signe un peu comme une évidence, parce que j'avais envie de protéger les droits des gens. Et par rapport au droit pénal, c'est parce qu'il y a beaucoup de soucis. J'ai envie de pouvoir aider les personnes qui sont victimes, mais aussi ceux qui sont coupables, parce que je pense que tout le monde a le droit d'être protégé. Mais ça ne veut pas forcément dire que je suis d'accord avec ce qu'ils pensent, donc j'ai mes valeurs. Mais je sais qu'il faut aussi des personnes qui protègent ceux qui ont fait des bêtises, en fait.
Host / Narrator
Bref, il y a quantité de chemins différents pour poser un choix. Et ça, ça n'étonnait pas du tout l'expert que l'on avait invité pour discuter avec les élèves, en l'occurrence Damien Canzitu, qui est chercheur en sciences de l'éducation à l'Université de Mons.
Damien Canzitu
L'orientation c'est un processus complexe parce que l'orientation c'est en fait véritablement un développement personnel et professionnel parce que notre société est construite sur la base de métiers, de professions, etc. Alors il y a évidemment tout ce qui concerne l'individu, le soi, qui je suis, qu'est-ce que j'aime bien, on a parlé de valeurs, quelles sont mes valeurs, comment je vois le monde qui m'entoure, comment j'interprète le monde, toutes les informations qu'on reçoit, ça nous construit aussi. On pourrait dire qu'on a différents cercles, on a ce cercle un peu externe de ce qui se passe dans le monde, et puis on a des cercles plus restreints, notamment la famille, qui a aussi un impact très fort sur les choix d'orientation. On voit qu'il y a de véritables héritages familiaux par moment qui vont conditionner en quelque sorte le développement des jeunes et puis des adultes en devenir. Et puis il y a tout un ensemble d'éléments qui sont finalement le quotidien. des impondérables qui peuvent apparaître. C'est le cours de la vie qui nous oblige à changer de direction. C'est quelquefois la réalité. Par exemple, souvent, on va parler de réorientation à cause d'un échec, notamment, je ne le souhaite à personne, notamment dans l'enseignement supérieur, dans un métier aussi, si on ne s'en sort pas sur certaines compétences ou actions, mais on va faire des transitions. Et on remarque que ces transitions sont de plus en plus nombreuses et touchent de plus en plus de personnes, quelle qu'elle soit et quel que soit le type de profession. Alors qu'avant on avait une société où je vais caricaturer un peu, on restait toute sa vie dans le même métier. Aujourd'hui, ce n'est plus tout à fait le cas et on est amené, parce qu'on développe, notamment à l'école, des compétences plutôt transversales, à pouvoir mettre à disposition ou utiliser ces compétences transversales dans beaucoup de professions différentes. Donc souvent, on entend, et c'est à juste titre, parce que le système scolaire et le système du travail fonctionnent un peu comme ça, qu'à la fin de l'arrêto, on doit choisir. soit on va sur le marché du travail, on a peut-être déjà été avant d'ailleurs, ou on choisit des études supérieures. Mais je pense qu'un des messages, c'est que c'est pas du tout la fin de quelque chose. C'est plutôt le début d'une construction professionnelle qui va être complexe, mais qui sera multiple. Déjà,
Host / Narrator
pas mal de choses, donc, à noter ici. L'orientation, elle peut être influencée par quantité de facteurs très différents. Par l'environnement familial, par la représentation, que l'on se fait de soi, que l'on se fait du monde et du rôle que l'on veut ou que l'on pense pouvoir y jouer. Elle est influencée aussi par des impondérables de la vie, par une situation socio-économique. Et dans tout cela, si l'on veut s'assurer que les jeunes puissent poser de vrais choix pour eux-mêmes et en connaissance de cause, eh bien l'école a un vrai rôle à prendre, nous dit encore Damien Canzito.
Damien Canzitu
L'école, elle a sa part jouée dans cette gestion du stress que les élèves peuvent avoir et de façon tout à fait logique, notamment en fin de secondaire. En fait, l'idée des approches actuelles d'accompagnement à l'orientation à l'école, qui sont notamment dans le pacte pour un enseignement d'excellence et puis à d'autres niveaux du secondaire supérieur, c'est l'idée que si l'école arrive à accompagner davantage à faire réfléchir le plus tôt possible, de façon progressive et développementale, les élèves sur qui ils sont, qu'est-ce qui les influence, pourquoi à un moment donné on fait un choix d'options ou un autre, et qu'on les accompagne véritablement à réfléchir sur eux, à la société, etc. C'est aussi pour réduire le stress et qu'on ne se retrouve pas, comme moi je l'ai été, en fin de sixième à se dire qu'est-ce que je fais dans quelques mois. Alors,
Host / Narrator
justement, j'avais envie de savoir quel rôle l'école avait joué dans les choix d'orientation des élèves qui étaient avec nous pour cette émission.
Student 2 (Avocate aspirant)
En réalité, j'ai plutôt choisi par moi-même et mes parents ont dit que c'est effectivement ce qui me représentait le plus. Mais par rapport à l'école, c'est pas vraiment par rapport à ça que j'ai pu trouver ce que je voulais faire plus tard. On n'a pas vraiment mis de choses en place. Mais je pense que le plus important, c'est par rapport à la famille qui va plus nous guider parce qu'ils savent ce qu'on aime et nos hobbies et ils vont pouvoir plus nous orienter, je pense.
Host / Narrator
Ceux qui sont en réto, il y a des choses qui sont mises en place pour vous aider un peu à vous y retrouver, à savoir vers où aller?
Student 3 (Marketing aspirant)
Pas vraiment, on a eu une activité il y a quelques semaines pour essayer de nous aider, nous orienter et tout ça, mais pas convaincu.
Host / Narrator
Et en amont, t'as pas eu l'impression qu'à un moment donné, on t'aidait à peut-être y voir clair dans quelle vie, dans quel métier futur je me projette?
Student 3 (Marketing aspirant)
En parlant avec des professeurs ou mes amis, oui, mais c'est pas vraiment... C'est nous, on doit faire la démarche quand même.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Moi, je pense que... Dans nos relations avec les professeurs, on peut avoir des discussions comme ça, mais dans le cours en tant que tel, on va plus nous donner des connaissances pour pouvoir faire un choix et voir ce qui nous intéresse. Mais directement, on ne va pas avoir une discussion si on ne l'engage pas sur notre parcours personnel et sur ce qu'on veut faire.
Student 1
Après, dans l'école, il y a le centre PMS qui peut nous conseiller, mais on doit y aller par nous-mêmes. Les profs, ils nous ont déjà dit qu'eux nous préparaient à l'université, mais pas vraiment pour un métier, nous aider à choisir, etc.
Host / Narrator
tous avaient donc plutôt l'impression que, dans leur cas en tout cas, l'école avait joué un rôle limité dans leur réflexion d'orientation. Ils n'identifiaient pas nécessairement des moments ou des lieux qui avaient explicitement servi à cet enjeu de leur orientation professionnelle. Mais tout cela pourrait bien changer dans les années qui viennent. Parce que, dans le cadre du pacte d'excellence, cette notion de l'orientation, elle a été pensée, intégrée dans les programmes. Et donc, à l'avenir, nous dit Damien Canzito, les écoles, les enseignants vont devoir davantage intégrer cet enjeu.
Damien Canzitu
C'est nouveau parce que c'est écrit et c'est donc une obligation aujourd'hui pour les enseignants qui enseignent dans le tronc commun de mettre en place ce qu'on appelle dans les textes l'approche éducative de l'orientation, c'est-à-dire travailler au sein de chaque discipline, mais aussi de façon transverselle avec les collègues de toute discipline, des activités qui permettent aux jeunes, et quand je parle aux jeunes, c'est des plus petits, donc de troisième maternel, première primaire aux plus âgés, de pouvoir réfléchir, comme je l'avais dit tout à l'heure, donc sur soi, qui on est, nos valeurs, nos intérêts, etc., de façon progressive, et puis mieux avoir des informations utiles sur le monde qui nous entoure, sur les études, sur les professions, sur l'évolution des professions, On projette qu'il y a pas mal de métiers qui n'existent pas encore aujourd'hui et que peut-être nos élèves vont pratiquer. Et puis, il y a toute la dimension aussi de ce qu'on appelle le dialogue et la projection, c'est-à-dire amener progressivement l'élève à dialoguer avec lui-même, c'est-à-dire, en gros, lui permettre, lui donner, en quelque sorte, des espaces de parole et de réflexion à travers, non pas nécessairement des tables de conversation, mais à travers des activités pédagogiques, réfléchie, pensée, construite pour favoriser l'émergence de capacités ou de compétences, de développement de soi et de réflexivité. Donc l'idée c'est vraiment d'accompagner le plus tôt possible pour éviter de mettre les élèves dans des situations qu'on a tous vécu jusqu'ici pour l'instant, de devoir faire un choix sans à la fois avoir les informations, C'est comme si vous allez au restaurant et que vous n'avez pas le menu et on vous dit qu'est-ce que vous voulez manger. Si je ne sais pas quel est le menu, c'est un peu compliqué. Mais aussi réfléchir à soi en termes, comme je l'ai dit tout à l'heure, de valeurs, etc. Si je reprends le restaurant, si j'ai un menu végétarien, un menu avec de la viande, du poisson, qu'est-ce que je choisis parce que j'ai certaines valeurs? C'est un peu l'idée de donner les outils qui permettent à chacun d'avoir un espace pour réfléchir sur son devenir.
Host / Narrator
On comprend que l'approche sera double. A la fois, faire connaître aux élèves les différentes voies possibles, les différentes filières, le catalogue des possibilités. mais aussi les aider à réfléchir à cela et à développer de manière plus générale une approche réflexive, c'est-à-dire être capable de prendre du recul sur ses propres actions, interroger ses choix, comprendre ce qui nous influence aussi, afin de pouvoir choisir dans le menu en connaissance de cause, en connaissance de soi. L'école, les enseignants vont devoir accompagner les élèves dans tout ça. Le hic, c'est que pour l'heure, ils n'ont pas encore été vraiment formés à ces nouvelles attentes.
Damien Canzitu
Actuellement, il y a très peu de formation pour ces enseignants. Donc c'est tout à fait logique qu'un enseignant se pose des questions sur qu'est-ce qu'il doit faire, un prof de français, de maths, d'histoire, d'éducation physique. quel est son rôle et quels sont ses objectifs dans l'orientation. Et donc tout ça est en train de se construire à travers les derniers travaux qui sont menés en Fédération Uni Bruxelles, mais c'est encore toute une réflexion qu'on a à avoir finalement, comment on forme, comment on outille aussi les enseignants et tous les acteurs scolaires, on a parlé des centres psychomédicaux sociaux aussi, comment on peut travailler conjointement avec les psychologues, les assistants sociaux, pour créer finalement une dynamique d'activité, d'orientation qui permette au moins de développer l'orientation des jeunes. Donc en gros, ce qui n'existe pas vraiment aujourd'hui, c'est la dynamique. Les enseignants font des choses, de façon souvent plus ponctuelle, chacun un peu de son côté. On fait des visites de salons de métier, etc. Mais ce qui manque encore, c'est vraiment le squelette sur lequel articuler tout ça et permettre aux jeunes de pouvoir se mouvoir dans ce monde compliqué.
Host / Narrator
Et on a profité d'avoir avec nous deux enseignants, deux profs de sciences économiques qui enseignent à l'Institut Saint-Michel de Neuchâtel pour voir ce qu'elles mettent précisément déjà en place aujourd'hui en matière d'orientation.
Teacher 2
Mais en tout cas, dans le cours de sciences éco, j'essaye de leur montrer un maximum de métiers. On visite des entreprises, on est allé au tribunal, on essaye de faire un maximum de choses et leur montrer aussi les métiers qui vont avec. Je suis aussi professeure en technique de qualification en comptabilité. Et là, il y a des heures qui sont prévues. J'ai deux heures d'insertion professionnelle. Et donc là, avec les élèves, je les accompagne vraiment en plus. On fait un peu de la connaissance de soi, on fait un CV, on fait une lettre de motivation, on va voir les sites des écoles aussi, par exemple les grilles horaires des hautes écoles. Là, j'ai des heures qui sont dédiées à ça aussi, bien que je ne sois pas psychologue et dans les limites de ce que je peux enseigner aussi.
Teacher 1
Je pense qu'il n'y a pas d'activité qui s'appelle vraiment orientation, mais qu'on le fait au quotidien, ils ne s'en rendent peut-être pas compte. Mais c'est vrai que quand on organise par exemple une journée à la découverte de l'entrepreneuriat, ils rencontrent différents entrepreneurs, ils leur font découvrir des métiers. Quand on va visiter des entreprises, ils se rendent compte du concret, du quotidien de certains travailleurs. nos élèves de qualification qui sont en stage, ils découvrent au total trois entreprises sur leur scolarité, donc ils découvrent trois réalités du monde du travail différent. Et c'est vrai que parfois ils reviennent en disant «j'aimais pas du tout» et on leur dit «mais c'est très bien parce que ça te construit aussi et par ce fait-là tu vas pouvoir poser un choix positif ou négatif pour ton expérience suivante ou pour tes études».
Host / Narrator
Ces retours d'expérience nous amènent alors à une question. Est-ce que l'on ne prépare pas mieux à l'orientation, à la transition vers un métier, dans l'enseignement qualifiant, voire dans l'enseignement de transition orientée technique, que dans l'enseignement de transition orientation générale? Réponse de Damien Canzito.
Damien Canzitu
Disons que je pense qu'on est tous dans le même bateau. En tout cas, tous les élèves sont dans le même bateau. C'est-à-dire que ce qu'on remarque, c'est que les élèves, de façon générale, ont peu de connaissances sur le monde professionnel. C'est pas qu'ils n'en ont pas, mais elles peuvent quelquefois être tronquées ou stéréotypées. Qu'on soit dans du qualifiant ou dans de la transition, ça c'est à peu près la même chose. Par contre, effectivement, les élèves qui sont dans du qualifiant vont être confrontés à un métier ou en tout cas à des pratiques professionnelles beaucoup plus tôt que les élèves qui sont dans l'enseignement de transition. Mais alors il y a toute la question de comment le système a amené les élèves du qualifiant vers ce type d'études.
Host / Narrator
Et ça? Ça nous ramène à un constat scientifiquement étayé que l'on a déjà souvent pointé dans notre émission. Le fait qu'aujourd'hui, une partie des élèves qui se retrouvent dans l'enseignement qualifiant n'y sont pas tant parce qu'ils avaient très jeune, dès 14-15 ans, une idée claire de leur voie professionnelle, mais plutôt parce que, d'échec en échec, par un mécanisme de relégation, ils se sont retrouvés dans cette voie sans l'avoir vraiment choisie. C'est d'ailleurs une des raisons principales qui avait conduit à l'idée d'allonger le tronc commun, retarder le moment du choix pour s'assurer que les élèves puissent vraiment choisir une orientation plutôt que de la subir. Ce qui transparaissait aussi dans les échanges avec les élèves, c'était le stress que constitue ce moment du choix. Dans un monde instabilisé par des conflits, qui se prépare à des chocs liés au réchauffement climatique, avec toute la révolution de l'intelligence artificielle qui vient tout bouleverser aujourd'hui, comment choisir une voie? Certains regardaient ça avec pas mal d'angoisse, d'autres avec davantage de philosophie.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
Je pense qu'on est une génération qui va devoir s'adapter et que de toute façon l'humain va toujours devoir gagner de l'argent, travailler d'une certaine manière et tout ça. Et je pense que l'adaptation est la clé, il faut vraiment que toute notre génération puisse se dire, ok mon métier, je vais le faire pendant un certain temps, il va peut-être changer, il va peut-être évoluer, mais toujours être optimiste vis-à-vis de ça.
Student 2 (Avocate aspirant)
Il y a certains métiers, je suis persuadée, qui vont beaucoup changer à cause de l'IA. Mais je sais aussi qu'il y en a certains, comme par exemple pour le droit, ça va être compliqué que l'IA remplace ces personnes parce qu'il faut un esprit critique. Et donc ça va être compliqué parce que c'est pas vraiment humain. Et dans les métiers en général, il faut une sorte de base humaine pour que ça aille, en fait.
Student 1
J'arrive pas à me projeter, moi, personnellement, de peur d'être déçue. Si j'y arrive pas, par exemple, pour les études de droit, je sais qu'il y a d'autres trucs que j'apprécie et que je pourrais faire. Par exemple, là, dans les jobs étudiants, je travaille, par exemple, dans l'horeca, dans la vente, etc. Je teste un peu tout pour voir si le droit, c'est vraiment ma voie ou si j'ai pas un autre truc ou quoi à faire.
Host / Narrator
C'est un peu angoissant, en ce moment-ci, de se dire, tiens, ça va quand même être quelque chose qui va conditionner beaucoup la suite de ma vie ou vous le voyez pas forcément comme ça?
Student 1
Bah en fait le truc c'est choisir un métier et des études ça va un peu tracer toute notre vie après donc c'est... ça fait quand même un peu peur, on sait pas trop de quoi demain sera fait non plus.
Student 3 (Marketing aspirant)
Je pense qu'il faudrait que tout le monde ait un plan B histoire qu'on se mette moins de pression, que ce soit moins grave si on aime pas ce qu'on fait.
Host / Narrator
Et face à ce stress, pour certains, ce sentiment d'être un peu perdu pour d'autres, notre échange s'est terminé sur une question très concrète, adressée par un élève à Damien Canzito.
Student 4 (Indecisive, economics/informatics)
«Si vous aviez un conseil pour nous orienter au mieux, même si c'est une démarche personnelle, je comprends que c'est compliqué de répondre, mais si vous devez en
Damien Canzitu
donner un, Alors un conseil, c'est compliqué, donner 2-3 pistes. Alors moi, je pense que la première chose, c'est d'en parler. C'est d'en parler avec la famille, certainement, d'en parler à l'école. Je pense qu'il ne faut pas avoir peur ou une forme de réticence. Se dire, pourquoi est-ce que j'irais parler de ça au prof de maths, au prof de physique, au prof de français? Je pense qu'ils peuvent avoir un moment d'écoute et peuvent certainement, eux aussi, te renvoyer vers des professionnels qui pourront t'accompagner. Ça, c'est une chose, c'est en parler. Une deuxième chose, c'est d'essayer de s'intéresser le plus possible, si c'est un choix d'études supérieures, aux études. S'intéresser, c'est aller chercher de l'information. Participe à des salons de métier, aux journées portes ouvertes, etc. Et puis, un troisième type de conseil, c'est qu'on considère souvent que l'orientation est individuelle. Alors évidemment c'est un choix qu'on fait seul à un moment donné. Mais de plus en plus on voit que l'orientation en fait a une dimension collective. Je vais m'expliquer. Le métier que vous allez faire plus tard, ou les métiers que vous allez faire plus tard, les choix que vous posez maintenant, en fait, ils ont un impact sur des collectifs. Donc des collectifs, c'est soit un impact sur des collègues, des parents, etc., des petits, mais aussi sur un collectif qui est plus large, qui est en gros la société. Donc mon conseil qui est un peu plus méta, ça serait peut-être de réfléchir finalement quel monde je voudrais pour demain. On a parlé d'IA, on a parlé de réchauffement climatique, on a parlé de tout ça. C'est de se poser la question, qu'est-ce que je voudrais comme monde pour demain? Quelles sont mes valeurs finalement? Ma philosophie? Et est-ce que les études et puis les métiers que j'envisage, est-ce que ça répond en partie ou pas à ces valeurs, à la vision de la société que j'ai. C'est quoi demain? Je ne sais pas ce que ce sera demain, mais je peux réfléchir à ce que je voudrais que ce soit et se dire quand je fais mes études et mon métier, comment j'arrive à orienter mes pratiques pour toucher un petit peu le monde que je voudrais pour demain. Donc, essaye de te projeter en te disant mes études, à quoi ça sert et est-ce que ça rend compte qui je suis, mes valeurs, etc.
Host / Narrator
avec l'idée derrière ça que l'école ne serait pas là simplement pour nous aider à trouver notre place dans le monde tel qu'il est, mais pour nous ouvrir la possibilité aussi de modifier, de transformer ce monde en fonction de nos valeurs. C'était Les Clés, spécial jeunes. Merci à Damien Canzitu, chercheur à l'Université de Mons et spécialiste de cette question de l'orientation. Merci aux élèves de l'Institut Saint-Michel de Neuchâtel ainsi qu'à leurs professeurs de nous avoir rejoints pour cette émission. Merci à Antoine Duhart pour la réalisation sonore. A la préparation, il y avait Sarah Poussey et Arnaud Reussen. Je vous rappelle que si vous souhaitez réagir, nous écrire, vous pouvez toujours le faire à l'adresse lesclés.artbf.be
Damien Canzitu
Sous-titres réalisés communauté para d'Amara.org la
Podcast Summary: Les Clés – « École : comment choisir son futur métier ? (Spéciale jeunes) »
Host: RTBF (Arnaud Ruyssen) | Guest: Damien Canzitu, chercheur en sciences de l’éducation (Université de Mons)
Participants: Élèves et enseignants de l’Institut Saint-Michel à Neufchâteau
Date: March 11, 2026
Cet épisode spécial de Les Clés s’attarde sur l’orientation scolaire : comment les jeunes choisissent-ils leur futur métier, dans un monde où tout change rapidement (intelligence artificielle, transition énergétique, mutations sociales) ? Avec la participation active d’élèves, d’enseignants et de Damien Canzitu (chercheur en sciences de l’éducation), l’émission dissèque le poids de la famille, de l’école, des valeurs et du contexte social dans ce choix décisif – tout en mettant en lumière les défis, outils et pistes d'avenir pour mieux accompagner les jeunes.
(00:17 – 02:39)
(02:39 – 06:13)
(06:13 – 09:43 ; 13:29 – 16:24)
« L’orientation, c’est véritablement un développement personnel ET professionnel… » (06:32)
(09:43 – 12:46 ; 13:29 – 16:24)
(17:48 – 19:22)
(19:22 – 21:52)
(21:52 – 23:47)
« L’adaptation est la clé… il faut toute notre génération puisse se dire : mon métier va peut-être changer. » (21:52, Student 4)
(24:09 – 26:33)
« Réfléchir : quel monde je voudrais pour demain… et est-ce que mon choix d’études, de métier me permet de toucher un peu ce monde-là ? » (25:21, D. Canzitu)
Cet épisode offre un panorama honnête et nuancé de la complexité de l’orientation scolaire aujourd’hui. Il met en avant la part croissante de l’incertitude, la nécessité d’une meilleure structuration de l’accompagnement scolaire, l’importance du dialogue et de la connaissance de soi – tout en posant la question du sens : choisir un métier, c’est aussi choisir le monde que l’on souhaite contribuer à faire advenir.