
Augmentation des heures et de la charge de travail, modifications du tronc commun, désinvestissement, la ministre de l’Education, Valérie Glatigny, répond aux critiques émises par le monde enseignant. Merci pour votre écoute Retrouv...
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Valérie Glatini
La colère des enseignants ne faiblit pas. Mobilisation aussi du côté des étudiants.
Yannick
Au final, qui est-ce qu'on attaque?
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
C'est les élèves.
Valérie Glatini
Je suis pas d'accord. La première...
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
J'ai besoin de repères.
Mathieu
L'idée, c'est justement de pouvoir faire front avec les enseignants.
Valérie Glatini
Les clés... Non à la réforme de l'enseignement. Arnaud Reussen.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour le troisième épisode de notre triptyque consacré à l'enseignement. Ce numéro, il sera un peu différent des précédents puisque nous vous proposons ici, dans la longueur, une interview que nous avons réalisée avec Valérie Glattini, la ministre de l'enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles, issue des rangs du MR. C'est elle qui porte les réformes en cours. Alors, au départ, des interprétations des profs, des cas concrets qu'ils ont soulevés dans nos deux épisodes précédents. Nous lui avons posé toute une série de questions sur l'avenir de l'école et je vous propose de découvrir cet entretien.
Valérie Glatini
La première, les clés.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Bonjour Valérie Glattini.
Valérie Glatini
Bonjour monsieur Ressen.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Merci d'avoir accepté notre invitation dans les clés et de prendre le temps d'apporter vos réponses aux nombreuses préoccupations des profs qu'on a entendues dans nos deux épisodes précédents. Alors d'abord l'actualité avec vous, le mouvement de colère gagne du terrain, de plus en plus d'écoles sont touchées avec déjà des milliers de profs qui font grève, d'autres qui choisissent des moyens de protestation différents. mais quand même déjà beaucoup d'examens qui seront annulés à part les épreuves externes. Malgré tout ça, vous comptez aller jusqu'au bout avec votre partenaire, les engager et voter les textes coûte que coûte?
Valérie Glatini
Oui, parce que malheureusement la situation ne s'est pas améliorée entre-temps, donc je comprends bien l'émotion et la ministre présidente la comprend aussi. Simplement, on a une réalité budgétaire qui est extrêmement sérieuse, vous la connaissez, et ce qu'on ne veut pas c'est arriver à une situation où en 2029-2030, donc d'ici très peu de temps, nous ne sommes plus en capacité de payer les salaires des enseignants comme le reste des fonctionnaires de la Fédération Eleni Bruxelles par exemple. C'est évidemment une situation qui est extrêmement compliquée et je comprends bien que les économies ne fassent plaisir à personne. Au passage, elles oblitèrent évidemment les réinvestissements qui sont déjà proposés dans le décret programme. Mais ces réinvestissements, ils sont importants parce qu'ils sont la preuve que nous voulons avant tout maîtriser notre trajectoire budgétaire pour, à terme, réinvestir dans l'école. Et c'est ça qu'on veut faire. Si demain, on a une nouvelle crise comme le Covid, par exemple, nous ne sommes plus en capacité de réagir. Et donc, c'est ça qui est extrêmement inquiétant, c'est que toute la journée, moi, en tant que ministre de l'Éducation, on me demande des choses qui sont toutes légitimes. Par exemple, des éducateurs en primaire, comme il y en a dans le secondaire. Par exemple, davantage de puéricultrices pour aider nos institutrices maternelles. par exemple des secrétaires administratifs pour aider les directions d'école. Toutes ces demandes sont parfaitement légitimes, authentiquement, au bénéfice des élèves et nous ne sommes pas en capacité d'y répondre. C'est enrageant. Et pourquoi nous ne sommes pas en capacité d'y répondre? Parce que nous payons des centaines de millions d'euros en intérêt aux banques plutôt que pouvoir les investir pour l'école. Et ce qu'on veut faire, c'est vraiment casser cet emballement de la dette pour consacrer ses montants directement à des projets au bénéfice de l'école.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais donc vous assumez que la plupart des mesures qui sont prises aujourd'hui sont des mesures d'économie, pas des mesures parce que ça nous apporterait une meilleure école demain, mais des mesures d'abord et avant tout parce qu'on n'a plus assez d'argent pour payer l'école telle qu'elle est aujourd'hui. C'est ça votre message quand même aux
Valérie Glatini
enseignants aujourd'hui Il n'y a pas que des économies. Dans le décret programme qui va être voté, il y a des réinvestissements. Et par exemple,? le fait que les jeunes qui vont sortir formés en 4 ans à partir de la rentrée 2027, ils seront mieux rémunérés, 5% en plus. Par exemple, les directions d'école seront aussi mieux rémunérées avec une tension barémique de 25% entre le salaire d'un directeur et celui d'un enseignant. Par exemple aussi, à partir de la rentrée 27, il y a deux périodes en moins face classe pour les enseignants qui sont dans leur première année et pour les enseignants qui ont 60 ans et plus. Donc, grâce aux efforts qu'on fait maintenant, nous allons pouvoir réinvestir au bénéfice de la carrière des enseignants. Et on sait que, par exemple, ce qui est difficile, c'est le jeune enseignant qui est dans sa première année d'enseignement. S'il fait moins deux périodes face classe, il a plus de temps pour préparer ses cours. De la même façon, un enseignant de 60 ans et plus, on sait qu'il faut beaucoup d'énergie pour gérer le climat scolaire, par exemple, au sein d'une classe, eh bien les enseignants de 60 ans et plus, ils feront moins deux périodes face classe. Donc oui, il y a des réinvestissements qui sont prévus.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Des réinvestissements, des mesures d'économie de l'autre. Mais la balance penche quand même du côté des économies, puisque vous nous dites qu'un des endeux de jeu, c'est de faire face à l'endettement et donc de réduire les dépenses de l'enseignement. Ceci dit, il y a quand même beaucoup d'enseignants qui vous reprochent aujourd'hui. de ne pas avoir cherché d'autres solutions, notamment de frapper aux portes des régions en disant l'enseignement c'est vraiment un enjeu majeur pour notre société, pourquoi ne pas demander aux régions de mettre un peu plus d'argent sur la table? Ou de frapper à la porte du fédéral en disant revoyons la clé de financement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui lui est pour le moment défavorable par rapport à l'évolution du PIB. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas été chercher ces autres pistes de solutions, Valérie?
Valérie Glatini
Mais rappelons d'abord qu'on l'a fait au niveau des régions, donc entre francophones il y a un accord pour coupler nos trajectoires budgétaires. Donc la fédération ne revient pas à l'équilibre en 2029, vous l'aurez noté, on ne fait que stabiliser notre déficit qui est actuellement d'1,6 milliard d'euros à 1,2 milliard d'euros. Pourquoi ne revenons-nous pas à l'équilibre? Parce que ce serait trop compliqué pour la fédération qui ne peut pas lever l'impôt et qui par ailleurs doit surtout payer des salaires.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et donc ce qu'on a convenu entre
Valérie Glatini
francophones, c'est que nous pouvons stabiliser simplement notre déficit parce que la région wallonne et la région bruxelloise, elles doivent revenir à zéro. Et donc on a tous convenu entre francophones que le bulletin que nous allions remettre au niveau de la maison belgique et puis à l'Europe, nous permettait de ne pas revenir à zéro parce que ce serait beaucoup trop compliqué pour la fédération. Et nous pouvons le faire parce que les régions, elles, vont le faire. Et en ce qui concerne le fédéral, effectivement, la ministre présidente a pu l'expliquer peut-être encore mieux que moi parce qu'elle est ministre du budget. Il y a en effet des demandes de revoir la loi spéciale de financement et plusieurs experts que nous avons consultés, en fait tous les experts que nous avons consultés, ont attiré notre attention sur le danger de faire ça parce que si nous devons revoir la loi spéciale de financement, d'abord bien sûr il faut une majorité de deux tiers. La solution ne sera évidemment pas immédiate, alors que notre problème pour payer les salaires, il est à vraiment moyen terme. Et par ailleurs, ça pourrait bien être une solution qui nous est défavorable, et donc une fausse solution parce que nous connaissons une dénatalité, que la Fédération est financée sur la base de la clé élève, donc c'est le nombre d'élèves scolarisés dans nos écoles, et ce nombre est en diminution parce que nous faisons moins d'enfants. Par rapport à la Flandre...
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Certains experts disent qu'on aurait pu ouvrir un vrai débat quand même sur est-ce que l'école est suffisamment financée dans notre pays, au nord comme au sud d'ailleurs.
Valérie Glatini
Prenons les chiffres OCDE par exemple, parce que ça évidemment c'est toujours intéressant d'avoir une comparaison avec les autres pays OCDE. Nous voyons que nous sommes financés dans le top 5 des pays de l'OCDE qui financent le mieux leur enseignement. Donc je ne suis pas certaine qu'il y ait... Alors on peut toujours investir davantage dans l'enseignement, mais je pense que ce qu'il se passe, et d'ailleurs ça a été confirmé par d'autres que moi, notamment Eurostat pointe que nous sommes tout en bas du classement, mais aussi les agences de notation signalent que nous avons une situation qui s'est fortement dégradée en post-Covid. Donc nous avons énormément dépensé pour soutenir nos secteurs et de façon parfaitement légitime, personne ne remet ça en question. Il y a eu également la crise énergétique en 2022, la hausse des prix de l'énergie qui a impacté nos écoles notamment, et puis les inondations etc. Et donc on est dans une situation qui s'est fortement dégradée. Moi j'étais ministre sous la précédente législature, ministre de l'enseignement supérieur, nous avons refinancé l'enseignement supérieur. Donc quand on est en capacité de le faire, bien sûr qu'on souhaite le faire. Personne n'aime faire des économies et on ne fait pas ça par une espèce de de plaisir sadique ou de masochisme, parce que ça ne rapporte évidemment pas de voix de faire ce qu'on fait. Donc ce serait évidemment beaucoup plus confortable pour moi, en tant que ministre de l'Éducation, de pouvoir annoncer, comme je l'ai fait lorsque j'étais ministre de l'Enseignement supérieur, un refinancement de mon secteur. Pour l'instant, nous ne sommes pas en capacité de le faire, mais progressivement, à partir de 2027-2028, et puis pour la suite, je pense que mon successeur, ma successeur, aura probablement une situation beaucoup plus agréable à vivre, Eh bien, ce que nous voulons, c'est dégager des marges pour réinvestir aux bénéfices de l'école.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Dernier élément, certains se demandent pourquoi on n'a pas ouvert alors un vrai débat sur, par exemple, la multiplicité des réseaux d'enseignement en Belgique francophone, plutôt que de prendre des mesures qui vont plus directement toucher les enseignants et donc les élèves? Est-ce qu'on n'aurait pas dû faire une grande réforme des structures qui pourrait être porteuse des questions?
Valérie Glatini
La réforme des structures est en cours. J'en prends un exemple, par exemple aussi au niveau de l'articulation avec les régions que vous mentionnez. Ça ne vous a pas échappé que nous avons des ministres double casquette, donc qui sont à la fois en Fédération Allemagne de Bruxelles et en Région Wallonne. Au passage, nous avons diminué le nombre de ministres francophones de 13 à 10. Nous travaillons main dans la main avec le ministre Géolet et avec le ministre de l'Investiture...
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais je parle des structures, des réseaux, des différents réseaux d'enseignement.
Valérie Glatini
Donc sur notamment le lien entre la formation et l'enseignement, on sait qu'en Flandre il y a une seule entité qui s'occupe à la fois de l'enseignement et de la formation professionnelle. Nous avons les réformes pour quelque part fusionner, et mieux articuler avec pour vision ultime, fusionner le monde de l'enseignement et le monde de la formation professionnelle. Et puis les réseaux, vous savez que je suis moins une chanteuse un centre de l'inter-réseau, on est en train d'essayer de mettre sur pied un statut unique de l'enseignant pour tous les réseaux. Par exemple, c'est une des causes de la pénurie, on le sait, le fait qu'il n'y ait pas de statut harmonisé, ce qui fait que quand vous travaillez dans une école du libre, vous n'avez peut-être pas vraiment d'incitant à aller chercher deux, trois heures, quatre heures dans une école de l'officiel parce que vous avez peur de perdre de l'ancienneté. Donc un statut unique pour tous les réseaux, ça c'est évidemment sur ma feuille de route.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Alors, venons-en à une mesure qui fâche particulièrement les enseignants en ce moment, c'est cette idée de leur faire prester deux périodes de plus face classe à partir de la rentrée prochaine. Et je vous propose d'écouter ce qu'en disait Aurélie, qui est professeure de français à Excel.
Valérie Glatini
C'est considéré déjà que les enseignants ne prestent pas à temps plein en fait. En augmentant la charge horaire comme ça, c'est considéré simplement que nous ne faisons pas en temps plein.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Voilà, ça je l'ai entendu chez beaucoup d'enseignants qui disent si on nous dit tout d'un coup qu'on pourrait comme ça prester deux heures de plus face classe, c'est qu'on considère qu'en fait on ne travaillait pas assez.
Valérie Glatini
Personne n'a jamais dit, personne n'a jamais dit que nos enseignants travaillaient trop peu. Personne. On est tous bien conscients qu'il y a cinq dimensions dans le métier d'enseignant, y compris le travail de préparation, le travail de correction, le travail collaboratif, le travail pour l'école. Donc personne n'a jamais nié ces aspects-là.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et j'en veux pour preuve que... Avant
Valérie Glatini
2019, avant l'introduction du travail collaboratif, il y avait deux périodes qu'on appelait deux plages et donc beaucoup d'enseignants faisaient déjà 22 périodes. Alors c'est une mesure qui ne fait plaisir à personne et à moi non plus. Je veux simplement rappeler que c'est une mesure qui est avant tout budgétaire et de lutte contre la pénurie. et qu'il faut aussi avoir conscience qu'il y a d'autres professionnels, notamment un prof de pratique professionnelle va faire 28 périodes, un prof, une institutrice maternelle va prester 26 périodes, un instituteur primaire en preste 24, et un enseignant dans le degré secondaire inférieur en preste 22, tout en sachant aussi que nos enseignants du secondaire supérieur sont masterisés et donc gagnent 25% de plus. Mais jamais personne n'a dit que nos enseignants du secondaire supérieur travaillaient trop peu.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais donc ça veut dire qu'ils vont devoir travailler plus sans être payés plus en fait.
Valérie Glatini
Tout à fait, mais c'est une mesure budgétaire, je le rappelle, et de lutte contre la pénurie. Et nous travaillons en parallèle, vous le savez, sur le travail collaboratif, puisque avant 2019, il n'y avait pas ce travail collaboratif. Quand on l'a introduit, on a supprimé ces deux périodes. Et donc on est bien conscient qu'il y a un point d'attention sur la charge en particulier, par exemple les profs de français qui ont beaucoup de dissertations, sur une diminution du travail collaboratif pour rendre la charge plus soutenable pour nos enseignants du secondaire supérieur. Mais je le répète, personne n'a jamais dit qu'ils travaillaient trop peu. C'est une mesure qui n'est pas une mesure de dévalorisation de leur travail, c'est une mesure qui est budgétaire, de lutte contre la pénurie, et on a bien entendu le fait qu'il y avait certainement la possibilité, qui a été exprimée par plusieurs syndicats, de travailler sur une simplification administrative et aussi une diminution du travail collaboratif qui avait été introduit avec le pacte.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais cela va avoir des effets très concrets et je vous propose d'écouter ce que Johan, qui est professeur de français aussi, mais un vervier, nous expliquait sur les conséquences dans son cas, dans son école.
Johan
Personnellement, j'assurais le suivi des délégués de classe de réto et la mise en place de tous leurs projets, ainsi que chapeauter l'organisation des TFE, donc travaux de fin d'études. Et donc, moi, je ne vais plus être là, je ne vais plus pouvoir le faire. Mes collègues qui vont travailler 10 de plus ne vont pas pouvoir le faire non plus. Et la réponse, c'est s'il n'y a plus de TFE, ce n'est pas grave. Mais préparer des élèves aux études supérieures, ça passe notamment par l'élaboration d'un travail de fin d'études.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Double problème pour Johanne qui à la fois va perdre des heures parce que d'autres vont prendre ces heures-là puisqu'ils vont monter à 22 périodes et en plus elle nous dit ça va mettre en danger ou en question le fait de pouvoir encore organiser des travaux de fin d'études. Vous assumez qu'on va avoir ces conséquences-là, qu'il y aura des choses qu'on ne pourra plus faire avec les élèves du fait de ces écoles?
Valérie Glatini
Je veux rappeler qu'avant 2019, la mesure existait, était d'application pour beaucoup d'enseignants. On a bien entendu la demande de simplification administrative, donc on sera à l'écoute de tout ce qu'on peut faire pour simplifier la charge des enseignants. On entend souvent parler de la lourdeur des plans de pilotage. Nous allons prochainement amener au Parlement le projet de simplification des plans de pilotage. Je pense qu'il y a moyen de rendre du temps pour nos enseignants pour qu'ils puissent se consacrer au cœur de
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
leur Mais là, il voit arriver une mesure, les 22 périodes, et il ne voit pas encore arriver, Valérie Glaty, les mesures compensatoires. Donc, dans un premier temps, en tout cas, c'est une charge en plus.
Valérie Glatini
Il est clair que nous sommes en train de travailler sur la simplification administrative, mais aussi sur la simplification des plans de pilotage.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
On ne devrait pas faire l'inverse, travailler d'abord là-dessus et puis venir, alors peut-être, avec les 22 périodes si c'était possible.
Valérie Glatini
Moi, si vous me demandez si je serais heureuse de ne pas faire des économies, oui, je serais ravie de ne pas faire des économies. J'en serais ravie. Simplement, je pense qu'il faut bien avoir en tête que un salaire d'enseignant sur cinq est payé avec de l'emprunt, comme un salaire sur cinq pour toutes les personnes qui travaillent en fédération à l'Uni Bruxelles. Et donc, effectivement, je pense qu'on ne peut plus se mettre la tête dans le sable ou cacher la poussière sous le tapis en espérant que le suivant prenne la relève. Et en ce qui concerne les pertes de charges, moi j'entends l'inquiétude des personnes qui sont temporaires, elles ont peur de perdre des charges horaires. On a bien prévu ça, il y a une mesure qui est déjà dans le texte qui prévoit un gel des réaffectations, donc pour que si un temporaire perdait complètement sa charge parce qu'une personne nommée a deux périodes supplémentaires, et bien qu'on puisse geler la situation de façon à ne pas perdre nos temporaires. Donc ça c'est déjà inclus dans le texte du décret programme.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et je vous propose justement à ce sujet d'écouter le témoignage de Sylvain qui lui est professeur d'histoire-géo en région bruxelloise et qui lui va voir des conséquences très très concrètes de la mesure.
Sylvain
Moi je suis tout en dessous dans la liste des personnes qui donnent les mêmes cours que moi. Toutes ces personnes qui donnent les mêmes cours que moi vont tous devoir travailler deux heures en plus face classe. Ils sont au moins dix voire un peu plus et donc toutes mes heures vont être redistribuées entre toutes ces personnes. Et donc moi je n'ai plus d'heures.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Face à cette situation, Valéry Glatini reconnaît qu'il va y avoir une tension à la rentrée prochaine. Certains qui ont déjà des contrats temporaires conclus pour la rentrée seront protégés par la mesure du gel des réaffectations, mais ce ne sera pas le cas de Sylvain par exemple qui est sur un remplacement maladie et dont le contrat actuel se termine au 30 juin. Néanmoins, la ministre de l'Enseignement estime que pour Sylvain comme pour d'autres, il y aura des opportunités, des places disponibles à la rentrée.
Valérie Glatini
La plupart des enseignants vont retrouver des heures dans le degré secondaire supérieur. Si ce n'était pas le cas, il y a énormément de charges qui s'ouvrent dans le degré secondaire inférieur. Pourquoi?
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Au salaire alors de l'inférieur?
Valérie Glatini
Non, avec leur propre salaire, ils devront peut-être faire un titre pédagogique.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Sauf qu'ils n'auront peut-être pas le titre requis, donc ils n'auront pas le salaire du titre.
Valérie Glatini
Ça c'est déjà le cas actuellement. Je rappelle que l'année prochaine, à la rentrée prochaine, personne ne sort de la formation, à part les doubleurs bien sûr, puisqu'on a allongé la durée de la formation de 3 à 4 ans. Donc il y a énormément d'heures qui ne seront pas pourvues à la rentrée prochaine dans le degré secondaire inférieur. Et puis si vraiment au terme de la réaffectation ce n'était pas possible, peut-être faudra-t-il aller trouver des heures dans un autre établissement. Et on n'a pas caché non plus
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
qu'il y aurait un point de tension
Valérie Glatini
à la rentrée prochaine et c'est déjà intégré dans le texte.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais quand même, moi je me pose une question quand je vous entends là-dessus et pour terminer sur ce chapitre, où est l'économie? Alors Valérie Gnatini, si vous dites à tous les enseignants aujourd'hui qu'en fait ils vont garder un poste, bon peut-être ce sera dans différents établissements, peut-être ils vont devoir aller au degré inférieur, etc. Mais si tout le monde va garder son poste... Où est-ce que vous gagnez de l'argent?
Valérie Glatini
Ce sont des nouveaux temporaires que nous n'allons pas engager. Là est l'économie, parce qu'à partir du moment où une personne fait 22 périodes et pas 20, d'abord on lutte contre la pénurie et ensuite ce sont des futurs postes que nous ne devrons pas ouvrir. C'est surtout là que réside l'économie.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Donc c'est pour les enseignants qui sortent de l'école que ça va devenir beaucoup plus compliqué.
Valérie Glatini
Mais non, on est dans une situation... Allez, enfin, regardons la réalité en face. Nous sommes dans une situation de pénurie. Ça n'a rien à voir avec la situation dans laquelle on était dans les années 90, par exemple, où il y avait une situation de chômage. Ici, nous sommes dans une situation de forte pénurie d'enseignants. Il y a trop peu d'enseignants. Je rappelle que nous avons 2170 équivalents en plein qui quittent chaque année dans l'enseignement secondaire supérieur. La mesure coûterait 1300 équivalents en plein. Si vous mettez les deux en parallèle, vous voyez immédiatement que même avec les plus de périodes, nous aurons encore besoin de davantage d'enseignants. Ça, c'est au niveau macro. Au niveau micro, je ne cache pas qu'il y a effectivement des réaffectations qui seront un petit peu plus tendues à la rentrée prochaine, raison pour laquelle nous avons cette mesure de gel des réaffectations. Mais il faut rappeler quand même quelque chose que tout le monde connaît, à savoir que nous sommes dans une situation de pénurie et que la pénurie est particulièrement sensible dans le degré secondaire supérieur et l'année prochaine en particulier dans le degré secondaire inférieur parce qu'aucun nouveau diplômé n'arrive en raison du fait que la formation passe de trois années à quatre années. Et donc on sait qu'à la rentrée prochaine, il n'y a pratiquement aucun nouveau diplômé à part les bisseurs qui arrivent sur le marché. Et donc effectivement, dans nos écoles, nous aurons un point de tension trop peu d'enseignants dans le degré secondaire inférieur. Et donc là, il y aura beaucoup d'heures à pourvoir.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Alors, ce qui ressort aussi beaucoup des discussions avec les enseignants, au départ de cette mesure, mais aussi d'autres mesures qui sont en train d'être mises en œuvre, c'est qu'ils estiment qu'on va augmenter la pénibilité de leur travail, alors que le travail est devenu déjà de plus en plus difficile ces dernières années, pour des raisons parfois tout à fait externes aux réformes qui sont prises dans le monde de l'enseignement. Écoutez Mathieu, il est professeur en sciences économiques à Anderlecht, et lui, il raconte ceci à propos de ses classes.
Mathieu
Moi, en travaillant d'EURLEC, mes classes, elles sont super, mais j'ai des élèves qui sont issus de milieux plus défavorisés, donc ils ont besoin de beaucoup d'accompagnement. Ce dont on aurait besoin, c'est par exemple une réduction de la taille des classes, moins de charges administratives. On doit encadrer des élèves à besoins spécifiques, donc c'est super des classes, l'inclusivité, mais on n'a pas les moyens derrière. Si dans une classe on a deux dyslexiques, deux dysphasiques, quelqu'un avec un trouble autistique, on aimerait bien en tout cas, mais on n'a pas les moyens.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
On aimerait bien, mais on n'a pas les moyens. Vous comprenez ce que...
Valérie Glatini
Mais oui, et dans les réinvestissements dont on a parlé tout à l'heure et dont personne ne parle dans le décret programme, il est prévu 25 millions supplémentaires pour de l'accompagnement personnalisé. Par exemple, pour avoir deux enseignants dans une classe, faire du co-enseignement et prendre en charge les élèves avec des besoins spécifiques.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
C'est pas grand chose à l'échelle de notre enseignement, donc ce sera quelques cas dans quelques écoles.
Valérie Glatini
Non ce ne sont pas quelques cas, ce sont 25 millions d'euros, ce n'est pas rien du tout quand on connaît l'ampleur de notre déficit. Et par ailleurs, ce monsieur a tout à fait raison et on sent la... Je suis touchée par son témoignage parce qu'on l'extrême motivation de cet enseignant au bénéfice de ses élèves. Ce qu'il me demande de réduire la taille des classes, je l'entends toute la journée, sent... les demandes d'aller encore plus loin dans l'accompagnement personnalisé, vous avez raison, si on pouvait mettre 50 millions d'euros je serais ravie de le faire, 100, 200. Le problème c'est que nous ne sommes pas en capacité d'investir à la hauteur des moyens. Et pourquoi? Parce que nous payons 350 millions d'euros sur notre dette. et 350 millions d'euros, c'est l'équivalent de 6000 enseignants. Donc ce monsieur qui me dit, je voudrais, et il a raison, mieux prendre en charge les élèves avec des troubles d'apprentissage, eh bien 6000 enseignants qu'on pourrait mettre dans les classes pour faire du co-enseignement. C'est ça la solution évidemment à cette pression. Il faut pouvoir répondre à cette demande, mais nous ne sommes pas en capacité de répondre pour l'instant parce que nous avons un problème qui est avant tout un problème budgétaire et qui n'est pas neuf.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais donc le message c'est qu'il faut faire le gros dos quelques années, et après si on fait les efforts, c'est ça que vous dites, on va pouvoir retrouver des marges d'investissement?
Valérie Glatini
Ce n'est pas le gros dos quelques années, à partir de 2027 déjà, il y a des mesures positives qui arrivent pour l'attractivité du métier, et à partir de cette rentrée déjà, déjà pour la première secondaire, nous mettons 7,4 millions supplémentaires pour de l'accompagnement personnalisé. Donc non, on ne dit pas à cet enseignant, faites le gros dos quelques années et débrouillez-vous. Ce n'est pas du tout le message du gouvernement, Dans le décret programme qui est soumis au vote très prochainement, il y a déjà des moyens complémentaires pour l'accompagnement personnalisé et on a renforcé les moyens en primaire. Donc vous le savez, on a créé le test clé au début de la quatrième primaire pour mettre l'accent sur les compétences de base. En lien avec ce test laid, il y a de l'accompagnement personnalisé supplémentaire en troisième et quatrième primaire. On l'a renforcé aussi en sixième primaire. Au total, c'est à peu près 500 équivalents en temps plein. Et il arrive en première secondaire, pas dans dix ans, à la rentrée prochaine. Et donc on a 7,4 millions pour de l'accompagnement personnalisé. Donc le seul endroit où on est vraiment en capacité de réinvestir dès cette année, c'est pour l'accompagnement des élèves. et on n'a pris aucune mesure dans toutes les mesures qui étaient proposées par les experts qui visent à réduire la qualité de l'encadrement des élèves. Au contraire, là, on réinvestit.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais en parallèle, vous décidez de supprimer la première différenciée, ce que beaucoup d'acteurs...
Valérie Glatini
Non, c'est une décision du pacte, qui
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
date de 2015, et qui, c'est une
Valérie Glatini
mesure, je le rappelle, du pacte, qui faisait l'objet d'un consensus de tous les corps intermédiaires. Et effectivement, le constat qui avait été posé à l'époque, c'est que malgré des moyens significatifs, il y a à peu près 25 millions d'euros qui sont mis pour ces classes séparés, les résultats n'étaient, et malgré la grande expertise des personnes que je ne remets pas du tout en question, n'étaient pas à la hauteur. C'est-à-dire que ces élèves qui évoluaient dans des classes séparées parce qu'ils n'avaient pas réussi le CEB ou une partie du CEB, ne décrochaient pas davantage le CEB. Et donc cette décision qui, je le rappelle et j'insiste, date de 2016 et qui était prévue par les acteurs du pacte, Nous l'avons en effet mis en œuvre, mais avec le maintien intégral de tous les moyens. C'est-à-dire que ces 25 millions dont je parle pour accompagner les élèves qui ont une difficulté à une ou deux ou trois ou quatre épreuves du CEB, et bien ils vont avoir un sac à dos de moyens qui les accompagnent quand ils arrivent en première secondaire. Donc quand ils sont en sixième primaire, on a maintenu les jurys d'école pour faire une analyse fine des difficultés de l'élève. Si l'élève a une difficulté, il a 0,5 période professeur qui vont être stockés dans son sac à dos et qui vont l'accompagner en première secondaire. Et donc aucun élève qui est en difficulté ne sera laissé sans soutien. il n'y aura pas d'abandon des élèves en difficulté. Au contraire, on a prévu un mécanisme, et c'était d'ailleurs compliqué à mettre en œuvre, pour être certain qu'un élève en difficulté puisse être accompagné en première secondaire.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et qu'est-ce que vous dites alors à ces enseignants qui aujourd'hui disent notre métier il devient plus difficile, on a de plus en plus d'élèves quand même avec des réalités particulières dont il faut tenir compte, on a la concurrence des réseaux sociaux qui fait qu'aujourd'hui en classe c'est plus difficile parfois de maintenir l'attention de nos élèves, qui remarquent aussi que Aujourd'hui, il y a 30% d'inscriptions en moins dans les filières pédagogiques. Donc que leur métier attire de moins en moins. Que le regard de la société aussi sur le métier d'enseignant a bien changé. Et là, ils vous accusent, vous politiquement, et pas seulement vous, Valéry Glatini, de dresser une image des enseignants qui seraient des fainéants, alors qu'eux nous disent que leur métier est devenu de plus en plus compliqué et qu'il est de plus en plus difficile aujourd'hui.
Valérie Glatini
Personne n'a jamais dit que nos enseignants étaient fainéants. Personne, personne. Simplement, on sait bien qu'il y a une charge particulière sur le métier d'enseignant. Vous avez évoqué les réseaux sociaux. Une des premières mesures que j'ai prises quand je suis arrivée, c'est l'interdiction de l'usage récréatif des smartphones dans les écoles. Et puis effectivement, on voit bien qu'il y a un déplacement de certaines tâches éducatives. Parfois, oui, des parents sur les enseignants. Et il y a toute une série de nouvelles tâches qu'on leur demande de remplir. On leur demande aussi de devenir, en quelque sorte, parfois des assistants sociaux. On leur demande aussi de devenir des éducateurs. On leur demande d'assumer toute une série de nouvelles tâches. Il y a aussi une forme parfois de pression des parents avec une judiciarisation parfois aussi de la relation entre les familles et l'école. Et ça, je le dis clairement, ça ne va pas. Et c'est la raison pour laquelle on a par exemple renforcé le code pénal pour protéger nos enseignants quand il y a des violences verbales ou physiques à leur encontre. On souhaite aussi lutter contre l'autocensure. C'est ces pressions qui s'exercent sur nos enseignants quand ils doivent enseigner un programme, un point de programme ou un élément du référentiel. Il y a toute une série de pressions sociétales qui pèsent sur les enseignants. Ça, c'est tout à fait correct, y compris la charge administrative. On a parlé tout à l'heure de la simplification des plans de pilotage. Il faut aussi simplifier le dossier d'accompagnement de l'élève. On voit bien qu'il y a là énormément de pressions administratives. et on demande, c'est vrai, à nos enseignants d'assumer de plus en plus des fonctions d'éducation. Un exemple très concret, on me demande sans cesse par exemple de mettre davantage de puricultrice en maternelle parce que parfois les enfants n'ont pas fait l'initiation à la propreté. Ça, ça ne va pas, il faut rappeler les droits et les devoirs et les tâches de chacun. Et donc il faut qu'un parent, par exemple, ait initié l'apprentissage de la propreté avant d'envoyer son enfant à l'école. Donc il faut, je pense, bien pouvoir rappeler les droits et devoirs de chacun et à reconnaître, ça c'est vrai, que c'est un métier qui est difficile. Et donc je pense qu'il faut aussi rappeler que nos enseignants doivent être protégés, rappeler que ce sont des professionnels de l'éducation et des professionnels de l'évaluation.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais donc, ce que vous dites, franchement, quand je vous écoute, Valérie Clatini, c'est en fait que vous êtes consciente que c'est un métier qui devient plus difficile. Vous êtes consciente aussi que vous allez le rendement des plus, notamment à ses profs du secondaire supérieur. Mais qu'aujourd'hui, vous n'avez pas les moyens, en fait, de rencontrer pleinement ce qu'ils nous disent sur l'évolution de leur métier.
Valérie Glatini
Non, ce n'est pas ce que je vous dis, je suis en train de dire que conformément à ce que cet enseignant que vous avez interrogé demande, nous sommes en train de renforcer l'accompagnement personnalisé. Et conformément aussi à la multiplicité des nouvelles demandes par rapport au métier d'enseignant, nous avons fait passer la formation de 3 à 4 années pour avoir une meilleure préparation, pour mieux réussir l'entrée dans le métier. Et conformément à ce que beaucoup de personnes nous demandent, nous allons revaloriser les jeunes enseignants qui sont formés de 3 à 4 ans, nous allons revaloriser les directions. et nous allons prévoir un aménagement de la deuxième partie de la carrière avec les moins deux périodes face classe. Nous allons aussi mieux préparer l'entrée dans le métier avec les moins deux périodes pour les enseignants qui sont dans leur première année. Et je ne vous renvoie pas au calendre grec, c'est pour la rentrée 27, donc pas cette rentrée-ci, mais la rentrée prochaine. Donc je ne peux pas laisser dire que nous n'avons pas pris en compte la difficulté du métier simplement parce que, et effectivement c'est une mesure difficile, je l'entends, il y a plus de périodes pour les enseignants du secondaire supérieur. C'est une mesure qui fera l'objet d'une évaluation et qui sera accompagnée d'une diminution du travail collaboratif et d'une simplification administrative pour les enseignants. Nous venons de prendre la première décision que j'ai prise quand je suis devenue ministre après l'interdiction de l'usage récréatif du smartphone, c'est une limitation du nombre du circulaire un maximum 100 par an. Parce qu'on voit bien qu'il y a une forme de... C'est vécu comme une forme d'infantilisation de l'enseignant, d'hyper contrôle. Je pense que ce qu'il faut faire, c'est rendre de l'autonomie à nos enseignants. Et donc ça, c'est bien pris en compte. Et à nouveau, je ne vous renvoie pas au calende grecque, c'est une mesure qui est déjà d'application. Alors on peut toujours mieux faire dans nos relations avec les enseignants, c'est une évidence. Il y a certainement des maladresses, ça c'est une évidence. Par exemple, l'envoi des circulaires peut être mieux planifié, par exemple que ce soit fait bien en amont de la rentrée scolaire. Toutes les mesures qui sont de nature à laisser davantage de liberté pédagogique seront a priori soutenues par mon cabinet et donc on va continuer ce travail qui a été entamé.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Alors il y a un grand malaise qu'on a entendu dans les rencontres qu'on a pu avoir avec les enseignants, c'est le malaise des enseignants du qualifiant. Déjà parce que certains risquent de perdre leur travail vu la réforme du qualifiant, mais aussi sur une forme de changement de philosophie dans ce qui les concerne. Et je vous propose d'entendre un petit résumé de leur revendication fait par Sarah Poussey.
Sarah Poussey
L'une des principales craintes des enseignants qui travaillent dans le qualifiant, c'est que certains élèves soient lâchés dans la nature, sans véritable formation. Dans leur quotidien, ces profs sont confrontés à des publics souvent plus précarisés, des élèves qui peuvent plus facilement choisir d'arrêter l'école. Or, France, qui enseigne près de Charleroi, voit les réformes de l'enseignement qualifiant comme un encouragement en ce sens plutôt qu'une tentative de résorber les inégalités sociales, comme le voulait le pacte d'excellence.
France
Il y a quand même cet objectif de faire sortir du système scolaire obligatoire toute une série de jeunes qui ne rencontreraient pas les objectifs Globalement,
Sarah Poussey
les professeurs dénoncent une société dominée par les dynamiques marchandes, Penser uniquement l'enseignement comme un tremplin vers une carrière et un salaire, c'est passer à côté de toutes les compétences inculquées à l'école, comme l'esprit critique ou l'exercice d'une langue. Depuis l'augmentation des heures autorisées pour les jobs étudiants, l'école est d'ailleurs directement en concurrence avec le monde du travail.
France
nos élèves peuvent travailler beaucoup plus d'heures qu'avant et donc en fait ils saisissent cette opportunité et en fait ils s'engagent envers leur entreprise et donc finalement le travail scolaire passe après le travail rémunéré.
Sarah Poussey
De tous côtés, les jeunes sont en effet encouragés à travailler le plus tôt possible, à gagner leur propre argent et ainsi à consommer ce dont ils ont envie. Une philosophie que dénoncent ces enseignants, tout comme la mise en place de journées en entreprise dès la première secondaire, ce qui pourrait accentuer encore ces dynamiques. D'autant plus que sur le plan pratique, ils ne voient pas vraiment comment concrétiser cette nouveauté, alors que trouver un stage pour les plus âgés est déjà très compliqué.
France
Comment les professeurs vont pouvoir aider les élèves à trouver un stage en entreprise alors que ces élèves ont 13 ans pour une durée de trois jours, une semaine, alors que nous, dans le secondaire, cinquième, sixième, on galère énormément à aider nos élèves à trouver un stage?
Mathieu
On se dit vraiment, ben là, les politiques sont complètement déconnectées parce que quoi, on va aller mettre des élèves, des élèves de 12 ans dans des entreprises sans qu'ils puissent avoir un accompagnement?
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Alors Valéry Glatini, beaucoup de choses là-dedans, mais un sentiment parfois chez les enseignants du qualifiant, c'est qu'on considère qu'ils doivent plutôt former des bons travailleurs qui vont pouvoir aller dans des entreprises et qu'on laisse de côté la possibilité de former des citoyens responsables, pour certains aussi de permettre quand même à des élèves parfois issus de milieux plus précarisés d'accéder quand même finalement à l'enseignement supérieur, que les réformes que vous menez vont dans cette direction-là.
Valérie Glatini
Je veux d'abord rappeler, parce qu'on a évoqué la réforme des septièmes, ce que c'est. On évoque des pertes d'emploi. Les septièmes, qu'est-ce qu'on a décidé? Les septièmes TQ, c'est-à-dire les jeunes qui ont déjà un CESS, ils sont donc adultes, ils sont majeurs et qui ont un certificat de qualification. plutôt que, je prends l'exemple d'une esthéticienne, donc elle a terminé sa formation, elle est majeure, elle peut devenir esthéticienne. Elle veut faire gestion par exemple, elle veut, avant d'ouvrir son institut de beauté, très belle idée, très bonne idée, sauf que pourquoi devrait-elle aller refaire gestion à nouveau dans son école secondaire alors qu'existe dans l'enseignement pour adultes il y a 150 établissements sur toute la fédération de Bruxelles, un diplôme en gestion. Et donc ce qu'on dit à cette jeune fille-là, c'est pas qu'elle ne peut plus compléter sa formation et qu'elle va vite vite aller faire son métier d'esthéticienne, pas du tout. On lui dit c'est très bien si tu veux faire gestion, simplement gestion. Ça existe à la fois dans l'enseignement secondaire et dans l'enseignement pour adultes. Tu veux aller dans l'enseignement pour adultes parce que tu es majeur et que moi je ne vois pas d'obstacle majeur à ça. Je suis aussi ministre de l'enseignement pour adultes. Dans l'enseignement pour adultes, vous avez des formations à l'esprit critique. Moi je ne veux pas qu'on dévalorise cette forme d'enseignement. Et donc ces jeunes-là ne sont pas jetés dans la nature. On leur conseille, et on avait fait un suivi très fin de ces jeunes-là avec un cadastre, on leur suggère des formations qui existent dans l'enseignement pour adultes. Et dans l'enseignement pour adultes, vous avez des cours de français, vous avez des cours d'éducation média, vous avez toute une série de formations qui existent. Donc ces jeunes ne sont pas lâchés dans la nature, ce n'est pas correct de dire ça, et je ne confirme pas du tout les pertes d'emploi. Et par rapport à cette idée de travailler le plus tôt possible, ce n'est pas du tout l'objectif. On sait très bien qu'on est dans une société de la connaissance, qu'il est impératif C'est une société du papier, il faut avoir un diplôme et toutes les réformes qu'on mène, que ce soit sous cette législature ou la précédente, visent à augmenter le taux de diplomation, voire même de plusieurs diplômes. Je parlais de cette esthéticienne qui veut faire gestion, ou de ce boulanger pâtissier qui veut faire une formation complémentaire, par exemple en chocolaterie. Simplement, ce qu'on essaie d'éliminer, c'est les doublons de formation, parce que c'est effectivement coûteux. Et donc, s'il a son diplôme, son CESS, il peut aller faire son complément de formation dans l'enseignement pour adultes, parce que chocolaterie, ça existe, par exemple, dans l'enseignement pour adultes. Donc non, nous ne souhaitons pas mettre plus rapidement un jeune à l'emploi, même si, effectivement, on veut augmenter l'employabilité des jeunes. Mais si ça passe par un deuxième diplôme, nous ne décourageons pas ça, évidemment. Mais ce qu'on vise avec les activités orientantes, et nous assumons complètement qu'à partir de la première secondaire, il y aura, durant les jours blancs, 14 périodes, donc c'est pas très élevé, mais c'est vraiment l'idée d'avoir un contact métier pour travailler l'éducation au choix parce qu'on veut, ce qu'on veut, c'est avant tout un choix positif. On veut que le jeune réfléchisse à ce qu'il aime faire, ses forces, ses faiblesses. Par exemple, alors on me dit, on
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
parle de stage... première secondaire pour aller déjà...
Valérie Glatini
Les écoles le font déjà. Moi je vais très fréquemment dans des écoles où ils ont un projet, les jeunes entreprises, des jeunes qui ont par exemple, qui passent à la cité des métiers. L'idée c'est de casser des déterminismes et pouvoir découvrir en soi quelque chose qu'on aime. Ce n'est évidemment pas du tri de la sélection, c'est un simple contact pour commencer, ça peut être une journée découverte dans la pharmacie à côté de chez soi, mais essayer de sortir de chez ma prédéfinie. Et je rappelle que ce qui est prévu dans notre plan, c'est bien de mettre en oeuvre la plupart des orientations du pacte, y compris le tronc commun. Moi je viens de faire arriver le tronc commun en première secondaire comme je l'ai fait pour la sixième primaire et la cinquième primaire. Et puis ensuite, en deuxième secondaire, on continue les activités orientantes pour avoir une orientation au choix. Et puis en troisième secondaire, il y a le retour de deux fois quatre périodes d'activités orientantes qui ne sont pas du tout destinées à filtrer ou à sélectionner parce qu'au terme de la troisième, on peut toujours choisir complètement son orientation. Donc on veut juste avoir, plutôt que ce qu'on connaît actuellement un jeune qui est en échec et puis on lui dit à la fin de la deuxième secondaire, écoute, comme tu es en échec, tu vas devoir passer dans le qualifiant. On veut plutôt éveiller des curiosités pour que l'élève qui se tourne vers le qualifiant, ce ne soit pas un élève qui est en échec, mais un élève qui fait un choix positif par rapport à des choses qu'il ne connaissait pas encore actuellement. L'enseignement qualifiant doit être tout sauf une filière de relégation, ça doit être une filière qui est authentiquement choisie.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et ça on sait que c'était un des enjeux importants du pacte. Éviter ou essayer de sortir de cette logique de relégation qui fait que parfois on choisit d'aller dans le qualifiant pas parce qu'on l'a vraiment choisi mais parce qu'on se fait un peu mettre de côté de l'enseignement général. L'idée du coup de travailler à plus d'égalité dans notre enseignement puisqu'on sait que c'est un des énormes problèmes de notre enseignement.
Valérie Glatini
Oui mais c'est un objectif que nous partageons.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et vous partagez, vous nous le dites cet objectif et pourtant certains profs, et notamment Yannick qui lui est prof de sciences à Namur, nous dit qu'on est en train de détricoter la philosophie du Pâques. Je vous propose de l'entendre.
Yannick
Alors, je pense que l'idée du pacte était excellente. Déjà, le statu quo n'était pas une option. On voit bien que dans l'enseignement, il y avait plein de choses à améliorer. Donc, l'idée de regrouper tout le monde autour de la table, les syndicats, les parents, différents acteurs politiques, les différents réseaux, je pense que ça faisait l'unanimité. Ils ont essayé de trouver des compromis en se disant, le but, c'est quoi? Le premier but du pacte, c'était de diminuer les inégalités, puisqu'on a un des enseignements les plus inégalitaires de toute l'OCDE. Et donc je pense que les intentions du pacte étaient excellentes, par exemple de proposer un tronc commun, on voit bien que ça marche dans d'autres pays, mais je pense que la mise en œuvre de ce pacte, par contre, fait complètement défaut, et qu'il est en train d'être complètement détricoté, et donc on ne va pas du tout vers une diminution des inégalités dans l'enseignement, ce qui m'effraye et me révolte, en fait.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Alors Valéry Glatini, on vous rapproche de détricoter un des éléments de l'esprit du pacte justement avec ces fameuses options orientantes dont vous parliez il y a quelques instants en disant c'est plus tout à fait un tronc commun si on doit déjà choisir de s'orienter. Le but du tronc commun c'était d'avoir un florilège de regard sur les différentes possibilités jusqu'à 15 ans et puis de faire son orientation. Là quelque part on l'entame déjà plutôt dans le parcours.
Valérie Glatini
Mais dans notre grande audace, nous avons osé proposer au gouvernement qu'il y ait sur une grille horaire de 32 périodes, 8 périodes d'activité orientante en troisième secondaire. Pour le reste, l'essentiel des orientations du pacte sont mises en oeuvre. Vous me reprochiez tout à l'heure la fin du premier degré différencié via une intervention. C'est une mesure du pacte que nous mettons en œuvre alors que nous avions nous-mêmes des doutes sur le sujet. Donc je suis en train de réaliser la plupart des orientations du pacte, mais tolérons que nous ayons quelques inflexions puisque effectivement il y a une nouvelle majorité, il y a une déclaration de politique communautaire.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais il y avait quand même un accord de tous les acteurs de l'enseignement qui s'étaient mis autour de la table. et qui vous reprochent aujourd'hui de faire ça un peu dans votre coin sans écouter justement les acteurs.
Valérie Glatini
Si on estime que tout a été décidé en 2015 et que rien ne doit être changé jusqu'en 2030 alors que par ailleurs il y a des nouvelles majorités, ça ne va pas. Donc la déclaration de politique communautaire qui est ma feuille de route gouvernementale n'est pas, c'est vrai, un copier-coller du pacte et il y a quelques légères inflexions y compris les activités orientantes et y compris le retour de deux fois quatre périodes d'activité orientante en troisième secondaire. Mais le point essentiel, et la philosophie n'est pas modifiée puisque ce que nous voulons tous authentiquement ici, c'est éviter que des élèves se retrouvent enfermés dans une voie d'apprentissage sans pouvoir en sortir, alors qu'ils ne l'ont pas choisi. Et vous aurez remarqué que notre modèle prévoit qu'en quatrième secondaire, on puisse changer de voie. Donc cette idée de tout faire pour que ce ne soit pas l'enseignement qualifiant, ne soit pas un enseignement de relégation, évidemment que nous le partageons. Mais je pense qu'il y a aussi quelque chose qui est important, c'est que une ministre de l'éducation, un ministre de l'éducation n'est pas un eunuque politique qui doit se priver de tout ce qui fait partie de priorités politiques, par exemple de sa famille politique ou de la coalition en place. Donc c'est un gouvernement MR engagé avec effectivement une feuille de route gouvernementale qui intègre les principales orientations du pacte. Personne ne met le pacte à la poubelle, ce n'est pas du tout crédible de dire ça. Mais effectivement, nous assumons qu'il y ait des inflexions. Et par exemple, le fait de mettre deux périodes de numérique à la rentrée prochaine, ce n'était pas prévu. Nous le faisons parce qu'entre 2016 et maintenant, il y a dix ans qui sont passés, il y a eu la transition numérique, l'arrivée de l'intelligence artificielle. Et donc, il faut être de bon compte, ce sont des nouvelles réalités qu'il faut pouvoir prendre en compte. Le pacte, ça n'a pas été conçu comme une Bible. Nous rencontrons les principaux objectifs du pacte. Moi, j'ai toujours trouvé que L'intention initiale était extrêmement féconde. C'était dire, voilà, on va regarder la réalité en face, à savoir, nous avons un enseignement qui est quand même plutôt bien financé, mais les résultats de nos élèves au test PISA ne sont pas bons du tout. Qu'est-ce qu'on va faire pour y remédier? Et donc, il y a une feuille de route qui a été prévue. Il faut pouvoir, de temps en temps, réévaluer la feuille de route. Donc, si on n'avait pas prévu le numérique, il faut pouvoir assurer qu'il y en a bien, par exemple, en première secondaire. Et ça s'en fait.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Mais justement, pour terminer là-dessus, vous parlez de ce bloc de trois heures normalement prévu pour les formations manuelles techniques, technologiques et numériques, si je ne me trompe pas, le FMTTN, avec l'idée que sur ces trois heures, il y en ait deux qui soient consacrées au numérique. Là-dessus, certains profs nous disent, bon, déjà, alors on se prive d'une ouverture à d'autres métiers techniques et technologiques, on prend beaucoup pour le numérique, et puis, beaucoup de profs craignent de ne pas être formés et de devoir construire comme ça des apprentissages du numérique un peu sur un coin de table. Et ça renvoie à un reproche qui est beaucoup fait par les profs qu'on a pu entendre, c'est que oui, le pacte, il y a des belles intentions et on veut bien s'inscrire dans les intentions, mais on n'a pas le temps toujours de tout mettre en œuvre et on n'est pas suffisamment formé pour le faire. Est-ce que ça ne va pas être particulièrement vrai sur le numérique? C'est un enjeu important, mais est-ce qu'on ne risque pas de se retrouver avec des élèves qui parfois connaissaient en fait déjà mieux les enjeux du numérique que les professeurs qui vont devoir construire ces cours?
Valérie Glatini
Vous avez raison de pointer l'objectif principal, c'est la formation de nos enseignants. Donc il y a une formation qui est prévue, il y a un référentiel qui existe déjà pour le numérique et il y a une annexe pour mettre à jour le référentiel. Et puis il y a des formations qui sont prévues avec un petit nombre de crédits. Mais effectivement, il faut pouvoir travailler sur la formation. Mais ça ne veut pas dire que les enseignants ne peuvent pas déjà commencer à enseigner le numérique. Donc ils peuvent commencer à l'enseigner. Mais en effet, ils vont devoir se former. Je pense que ça, c'est un enjeu capital. Mais vraiment, j'insiste sur le fait que nous ne mettons pas à la poubelle la formation manuelle, technique et technologique. Simplement, on immunise bien deux périodes parmi les trois périodes qui étaient prévues pour le numérique parce qu'on se rend compte... Mais c'est beaucoup!
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Ça veut dire qu'il n'en reste plus qu'une pour faire tout le reste.
Valérie Glatini
Oui, donc il y avait trois périodes et il y en aura deux consacrées intégralement au numérique, mais je veux rappeler qu'il n'y avait rien avant, donc il y a quand même une évolution positive par rapport à cela. Je pense qu'il faut pouvoir prendre en compte le fait que nous ne sommes plus dans le même monde qu'auparavant, il faut apprendre à utiliser les nouveaux outils technologiques. Il y a aussi apprendre un usage raisonné des réseaux sociaux. L'éducation aux médias est tout à fait centrale. Ça, ce sont des nouvelles compétences qui doivent faire partie intégralement du tronc commun. Je pense que c'est vraiment capital.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Et bien merci Valérie Glatini d'avoir pris le temps dans la longueur de répondre aux nombreux sujets de préoccupation des enseignants que l'on a pu entendre ces dernières semaines et qui vont très certainement continuer à s'exprimer. Voilà donc pour cette interview réalisée ce mercredi 3 juin avec la ministre de l'enseignement obligatoire, Valérie Glatini. On a voulu vous la proposer dans la longueur, tout comme on a pris le temps pendant deux épisodes d'une demi-heure chacun d'écouter la voix des enseignants, des profs de terrain, de manière à ce que vous puissiez, au terme de ce triptyque, vous faire chacun, chacune, votre opinion dans ce débat important pour l'avenir de l'école. Merci à Xavier Michel et à Valentine Gourdanche pour la réalisation sonore de cet épisode en mode interview, à la préparation Sarah Poussey et Arnaud Ruyssen, et si vous souhaitez nous écrire, je vous rappelle l'adresse lesclés.rtbf.be.
Valérie Glatini
Old school, new school.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Change is on the way. You're gonna move up and do your stuff till graduation day.
Valérie Glatini
Old school, new school.
Interviewer (possibly Arnaud Ruyssen)
Take it back to the top.
Valérie Glatini
Old school, new school.
Date : 2 juin 2026
Durée utile : environ 00:00-47:28
Invitée principale : Valérie Glatigny (ministre de l’enseignement obligatoire, Fédération Wallonie-Bruxelles, MR)
Host/intervieweur : Arnaud Ruyssen (RTBF)
Cet épisode est le troisième d’un triptyque consacré à la crise actuelle dans l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Après avoir donné la parole aux enseignants dans les deux précédents volets, le micro est ici accordé à Valérie Glatigny, la ministre de l’enseignement obligatoire, qui répond longuement et en détail aux critiques et inquiétudes du terrain. L’entretien aborde de front les mesures d’économie, la réforme de la profession, la pénurie de professeurs, les réformes structurelles et la philosophie générale du Pacte d’excellence.
[01:14-03:35]
« Ce qu’on ne veut pas c’est arriver à une situation où en 2029-2030, donc d’ici très peu de temps, nous ne sommes plus en capacité de payer les salaires des enseignants [...] »
— Valérie Glatigny [01:52]
[03:35-05:34]
« Oui, il y a des réinvestissements qui sont prévus. »
— Valérie Glatigny [04:53]
[05:34-07:23]
« Nous payons des centaines de millions d’euros en intérêt aux banques plutôt que pouvoir les investir pour l’école. »
— Valérie Glatigny [02:56]
[09:00-10:40]
[10:40-13:36]
« Personne n’a jamais dit que nos enseignants travaillaient trop peu. Personne. »
— Valérie Glatigny [11:21]
[13:36-18:42]
« Ce sont des nouveaux temporaires que nous n’allons pas engager. Là est l’économie. »
— Valérie Glatigny [18:28]
[20:18-22:50]
« 350 millions d’euros, c’est l’équivalent de 6000 enseignants. »
— Valérie Glatigny [21:57]
[31:33-39:19]
[39:19-41:50]
« Personne ne met le pacte à la poubelle, ce n’est pas du tout crédible de dire ça. Mais effectivement, nous assumons qu’il y ait des inflexions. »
— Valérie Glatigny [41:45]
[44:07-46:16]
« Il y a une formation qui est prévue, il y a un référentiel qui existe déjà pour le numérique […]. Il faut apprendre à utiliser les nouveaux outils. »
— Valérie Glatigny [45:01]
« Personne n’aime faire des économies et on ne fait pas ça par une espèce de plaisir sadique ou de masochisme, parce que ça ne rapporte évidemment pas de voix de faire ce qu’on fait. »
— Valérie Glatigny [07:55]
« Nous sommes dans une situation de pénurie. Il n’y a pratiquement aucun nouveau diplômé à part les bisseurs qui arrivent sur le marché. »
— Valérie Glatigny [19:10]
« Il y a aussi une forme parfois de pression des parents, avec une judiciarisation parfois aussi de la relation entre les familles et l’école. Et ça, je le dis clairement, ça ne va pas. »
— Valérie Glatigny [27:20]
« L’enseignement qualifiant doit être tout sauf une filière de relégation, ça doit être une filière qui est authentiquement choisie. »
— Valérie Glatigny [39:14]
« Le pacte, ça n’a pas été conçu comme une Bible. Nous rencontrons les principaux objectifs du pacte. »
— Valérie Glatigny [43:30]
Cet épisode éclaire les tensions extrêmes autour de la réforme de l’enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles, donnant la parole à la ministre pour répondre aux critiques, mais aussi faire acte de lucidité sur les contraintes budgétaires majeures. Valérie Glatigny assume la plupart des mesures controversées (hausse de la charge, réorganisations horaires, accent sur le numérique…), en insistant sur la nécessité de garantir la viabilité budgétaire mais aussi sur la recherche d’un meilleur accompagnement des enseignants et élèves lorsque des marges réapparaîtront. Elle refuse l’accusation de dévaloriser le métier et se dit fidèle à l’esprit, sinon à la lettre intégrale, du Pacte d’excellence. L’épisode conclut sur l’idée d’une réforme difficile, mais considérée comme « nécessaire et transitoire » pour préserver le service public d’enseignement.