
Peut-on parler de culture européenne, d'identité européenne ? C'est la question posée par un groupe de rhéto du Collège Notre-Dame de Dinant. Nous en avons discuté avec Myriam Baele, journaliste spécialisée dans l'actualité européenne à la RTBF et coréalisatrice du...
Loading summary
Student A
Il y a tellement d'infos que je m'y perds.
Host/Interviewer
Je trouve que c'est difficile d'y voir clair quand même.
Student C
Souvent je trouve que tout est trop superficiel.
Arnaud Royssen
Je pense qu'il y a trop d'infos et...
Student A
C'est très angoissant.
Arnaud Royssen
La première...
Host/Interviewer
J'ai besoin de repères.
Narrator/Reporter
Les clés.
Student C
J'ai envie de comprendre.
Arnaud Royssen
Arnaud Royssen.
Host/Interviewer
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour un de nos épisodes spécial jeunes. Un numéro où nous allons parler d'Europe et plus précisément d'identité européenne. Jusqu'à quel point les jeunes se sentent-ils aujourd'hui européens ? Quel regard portent-ils sur l'Europe, sur ses institutions ? La voit-il comme une démocratie, comme un projet enthousiasmant ou comme un machin lointain et compliqué ? C'est la question que l'on va creuser en compagnie des élèves, en commençant par faire un peu mieux connaissance grâce à ce portrait de classe.
Arnaud Royssen
Signé Hélène Lejeune. La.
Student F
Première, les clés. On vient.
Student G
De Notre-Dame-de-Dinan, Bellevue. On est en réto, du coup.
Narrator/Reporter
Notre dernière année. 19 élèves nous ont rejoints à la RTBF en provenance du collège Notre-Dame-de-Dinan, tous issus de classes.
Student G
Et d'options différentes. Je suis en option sport.
Host/Interviewer
Et en irlandais.
Student F
Science éco grecque. Moi, je suis.
Student A
En maths sciences.
Student C
En latin grec. Immersion.
Student A
Anglais et espagnol.
Narrator/Reporter
Science sociale éducative. S'ils sont rassemblés aujourd'hui, c'est parce qu'ils ont un projet commun. Ils vont partir environ deux semaines dans un pays d'Europe au cours de.
Student C
Cette année scolaire. À partir de janvier, on va partir tous dans des destinations différentes. Je sais qu'en Espagne, il y en a qui vont en famille d'accueil. Moi, en Allemagne, on va dans un Airbnb. Il y a aussi des logements de l'école et ça dépend vraiment.
Student F
De la destination. Nous, c'est un système.
Student G
De famille d'accueil. Donc on a un correspondant, on va loger chez lui ou chez elle. Et ensuite, elle ou lui viendra en Belgique et.
Narrator/Reporter
On devra l'accueillir. Les destinations de ses élèves sont diverses et variées, tout.
Student C
Comme leur motivation. Moi, je pars à Vremes et j'espère que je vais rencontrer des gens et apprendre quelques mots.
Student G
En allemand aussi. Je pars à Sitges, en Espagne, et c'est pour découvrir un.
Student C
Nouveau système scolaire. Moi, je pars au.
Student A
Danemark, à Drone England, et je pars pour être plus autonome et.
Student G
Exercer mon anglais. Moi, je pars à Caceres, et je suis content parce qu'au moins on va pouvoir découvrir autrement la culture que comme on la connaît, et vraiment être immergé.
Student A
Dans le pays. Je pars à Caceres, en Espagne, et j'aimerais bien pouvoir apprendre à vivre en petit groupe, dans une colocation, puisqu'on part à plusieurs, pour gérer plus.
Narrator/Reporter
Tard le code. Ces voyages sont rendus possibles par le programme Erasmus+, de l'Union Européenne, qui a pour but de faire vivre l'Europe aux plus jeunes, dès l'école secondaire. Mais au fond, quelle est vraiment leur vision de l'Europe ? C'est ce qu'on va.
Host/Interviewer
Creuser maintenant, avec eux. Et avant de creuser cette question, on a commencé par un petit sondage, en demandant aux élèves comment ils définissent leur identité, leur citoyenneté. Se sentent-ils d'abord Belges, Wallons, Européens, Dinantais ou autres identités encore ? A main levée, tous disaient se définir d'abord comme belge. Alors forcément, on a voulu savoir ce que c'était pour eux d'être belge, comment ils.
Student G
Qualifieraient cette identité, cette belgitude. C'est être un bon vivant, fêter avec les copains, les.
Student C
Frites, la bière, tout ça. Tu ne.
Student G
Veux pas boire de bière? C'est ce qui nous représente et c'est nos cultures. On.
Student C
En est fiers, je trouve. Moi, je trouve qu'il y a une grosse différence entre la Flandre et la Wallonie, mais que ce qui fait un peu l'identité belge, c'est le fait qu'on puisse quand même, sous certaines conditions, collaborer et quand même créer des choses, même malgré les grosses différences.
Student F
Donc peut-être la tolérance aussi. C'est qu'il y a quelques siècles, on n'existait pas, qu'on est apparu comme ça un peu grâce aux guerres, qu'on est un des seuls pays à avoir les trois communautés et qu'on arrive.
Student A
À vivre ensemble, c'est incroyable. Je trouve ça quand même intéressant de rajouter que la Belgique, c'est aussi beaucoup d'accueil. Quand je parle avec des gens des pays frontaliers ou même un peu plus loin qui ont déjà eu l'occasion de venir en Belgique, ils disent souvent qu'ils sont frappés par l'accueil et la bienveillance. Ça, c'est une fierté qu'on peut.
Host/Interviewer
Avoir en tant que Belges. Il va de soi évidemment, mais ça vaut quand même la peine de le rappeler, que ces jeunes ne constituent pas un échantillon représentatif de toute la jeunesse belge. Mais voilà en tout cas comment eux, Reto Adinant, voient la Belgique et pourquoi, très majoritairement, ils se disent fiers d'être belges. Et sur l'identité européenne alors ? Ce serait quoi pour elles et pour eux d'être un européen, une européenne ? Eh bien là, vous allez l'entendre.
Student C
C'Est tout de suite beaucoup plus fou. Moi, je trouve que ça nous parle moins parce qu'il n'y a pas vraiment de culture européenne. Il n'y a pas quelque chose qu'on a vraiment en commun. Je trouve que c'est plus un assemblage plein de cultures et de peuples différents. Et donc, il n'y.
Student F
A pas vraiment d'identité européenne, je trouve. Quand on parle d'Europe, on va plus parler de politique, économique et tout, des trucs.
Student C
Plus global, pas vraiment faits pour nous. c'est plus une institution un peu au-dessus de nous politique. Moi, j'aurais quand même dit qu'il y a une certaine identité européenne, même si c'est totalement des différentes cultures, mais c'est quand même plus différent par rapport à différents continents. Si on compare par exemple avec l'Afrique, l'Amérique, ça n'a quand même encore plus rien à voir, même si en Europe, il.
Student A
Y a déjà beaucoup de cultures différentes. Moi, j'irais jusqu'à dire qu'on nous a d'abord appris à se sentir belges avant de se sentir européens. On a vraiment appris plus tard l'importance de l'Europe, à l'école.
Host/Interviewer
Surtout, mais on s'est d'abord sentis belges. Il y a plusieurs éléments intéressants, ici, il me semble. Ce paradoxe, d'abord. Si, pour la Belgique, l'assemblage dans un même pays de cultures différentes qui parviennent à cohabiter et collaborer est vu comme une valeur positive, comme un ingrédient d'une identité nationale particulière, visiblement, les élèves ne transposent pas cette même lecture pour l'Europe, où ils voient davantage les divergences que les convergences. Il y a aussi l'idée que l'Europe est vue comme une institution surtout politique et économique à laquelle dès lors il est un peu compliqué de s'identifier. Et puis vient aussi la question intéressante de l'école et de la façon dont elle contribue ou non à façonner une citoyenneté européenne. Tout cela, tous ces mots, ils étaient minutieusement écoutés et notés dans un petit carnet par notre collègue Myriam Bal, spécialiste des questions européennes à la RTBF, qu'on avait.
Arnaud Royssen
Invité à venir dialoguer avec les élèves. Donc moi je suis journaliste ici à l'RTBF, à la cellule Europe et Internationale, donc c'est à ce titre là que je suis là, mais aussi parce que j'ai travaillé deux ans à écouter des jeunes de votre génération un peu partout en Belgique mais aussi dans d'autres états européens pour un podcast qui s'appelle Zoomer, la génération Z au micro. Donc l'idée c'était d'écouter sans a priori sur toute une série de sujets dont le rapport à la politique. Et en fait, ce que vous venez d'évoquer m'intéresse vraiment parce que ce qui me frappe, c'est que même si vous dites moi, je ne me sens pas forcément d'identité européenne de prime abord ou je me sens d'abord belge. En fait, j'ai l'impression que dans le premier tour où on vous a entendu parler de votre échange Erasmus avenir, Ce qui transparaît, c'est que vous avez d'une certaine façon intégré quand même cette identité européenne. Parce que vous identifiez tous un autre Etat de l'Union Européenne comme étant un lieu accueillant, un lieu où vous allez pouvoir apprendre à vivre de façon autonome, enfin des essentiels de la vie. à gérer la vie seule, apprendre des langues, apprendre à entrer en interaction avec d'autres. Donc vous identifiez ça d'une certaine façon comme une extension de territoire où vous allez pouvoir grandir, apprendre sans tracas, sans changer de monnaie, sans être arrêté à la frontière, en étant en sécurité. Et ça, en fait, ça ne va pas de soi. Ce sont des acquis européens que vous avez intégrés naturellement et peut-être que vous n'identifiez plus, alors qu'en fait c'est aussi être européen, le fait de réfléchir comme ça et de penser que c'est possible et que c'est pour vous et que ça ne pose aucun problème. Donc c'est comme si ça avait percolé et que ça faisait quand même partie d'une certaine façon de votre identité aujourd'hui, c'est ce qui.
Host/Interviewer
Transparaît en tout cas à vous écouter. Et sur l'aspect d'une Europe qu'on voit plus, on a entendu ça dans plusieurs réponses, comme une institution, une construction politique, mais pas forcément quelque chose qui nous rassemblerait dans une forme d'identité culturelle commune, quitte à ce que ce soit une identité qui s'ajoute à nos identités nationales. Comment vous expliquez, comment vous interprétez ce sentiment qu'on associe l'Europe quand même à.
Arnaud Royssen
Un machin politique, parfois, voire souvent ? Un grand bidule qui fonctionne de façon complexe, c'est aussi lié à la manière dont on parle d'Europe, peut-être en tout cas dans les médias. On parle des sommets européens, on parle de l'accouchement très très difficile de certaines décisions, justement avec des divergences nationales. C'est qu'une petite partie en fait de la réalité européenne, ça c'est vraiment les mécanismes politiques, Mais en fait l'Europe, ce qui est décidé dans ces institutions là, ce sont des choses qui sont vraiment parfois très concrètes dans votre vie quotidienne et c'est assez difficile de faire le lien et de percevoir de quelle façon les décisions prises de façon laborieuse comme ça ont un impact dans la réalité de notre quotidien. Donc aujourd'hui c'est vrai que l'Europe est complexe, que les prises de décisions ne sont pas simples et que ça aboutit aussi à une difficulté de se vendre. L'Europe a du mal à se vendre aujourd'hui, à faire comprendre ce qu'elle fait, à faire comprendre à quel point elle laisse son empreinte sur toute une série de choses quotidiennes. Par exemple, vous avez évoqué les différences de culture, vous avez évoqué cette grande machine, ces institutions politiques. Mais en fait, quand je vous regarde, On est tous habillés ici et on a tous pris un petit déjeuner, on a tous un GSM en poche. En fait, sur tous ces différents objets du quotidien, l'Europe a quand même une empreinte parce qu'il y a des prises de décisions qui font que dans nos vêtements, il n'y a pas toute une série de substances chimiques qui pourraient être dommageables pour la santé. Dans notre petit déjeuner aussi, il y a des règles qui disent que tel et tel additif ne sont pas autorisés. Nos GSM aussi, pour le chargement par exemple, il va y avoir des chargeurs universels. Enfin, toute une série de choses qui sont décidées au niveau européen, d'homogénéisation et de protection aussi de notre santé, donc des choses au niveau de notre consommation personnelle. Il y a énormément de détails de notre vie quotidienne qui sont dus.
Host/Interviewer
À l'Europe et qu'on n'identifie pas comme tels. Alors, justement, suite à ce que nous disait Myriam Baal, j'ai demandé aux jeunes présents s'ils parvenaient à identifier ce que l'Europe.
Student F
Apporte déjà ou change aujourd'hui dans leur quotidien. Pour moi, elle apporte la paix. Je me dis que s'il n'y aurait pas l'Europe, les guerres auraient continué.
Host/Interviewer
Et c'est grâce à ça que l'Europe.
Student F
Tient. Déjà, il n'y a pas eu de guerre depuis plus de 70 ans, même plus. Mais après, on a aussi eu plein de mesures qui sont prises pour avoir vraiment une qualité de vie qui est quand même supérieure à la Chine, par exemple, qui ne sont pas vraiment des exemples ou autre part. Ça.
Student G
Ça fait quand même la différence, je trouve. On a beaucoup d'aides, on a les mutuelles qui remboursent les lunettes, on ne doit pas les payer. Les soins médicaux, ce qu'il n'y a pas en Amérique par exemple, ils doivent tout payer tout seuls. On est.
Host/Interviewer
Fort assuré, il y a peu de pauvreté. Et ça tu penses que c'est lié à l'Union Européenne ou bien plutôt.
Student G
Aux institutions belges mais effectivement qu'on retrouve dans pas mal de pays d'Europe ? C'est belge en même temps, dans l'Union Européenne il y en a un peu partout aussi ces choses-là. Il n'y a pas qu'en Belgique, même si en Belgique on est très bien, il y a beaucoup d'autres pays dans l'Union Européenne où.
Student C
Ils sont bien aussi comparé sur les autres continents. Moi je pense aux tournois sportifs, aux championnats d'Europe dans.
Host/Interviewer
Plein de parties, aussi aux championnats sportifs en fait. Ça, ça crée une forme d'identité européenne, tu dirais, le fait qu'on ait des compétitions, qu'on regarde tous ensemble, tous.
Student C
Les mêmes matchs de nos équipes nationales qui s'affrontent. Oui, il y a une appartenance. Par exemple, si on prend le Commonwealth, ils ont la même chose, même s'ils sont étendus sur le monde entier. Ça crée quand même des liens et le fait.
Student A
D'Avoir des compétitions sportives d'office, ça rapproche, ça lie. Pas besoin d'aller chercher très, très loin pour trouver l'Europe. Dans notre école, on a récemment eu une nouvelle cour aménagée et c'est grâce à des subsides qui nous ont été donnés par l'Europe. Donc rien que notre cours et les belles chaises.
Host/Interviewer
Sur lesquelles on s'assoit tous les jours, c'est l'Europe. On voit donc qu'à bien y réfléchir, l'Europe, l'Union européenne, est présente dans notre quotidien. On va revenir sur toutes ces réponses avec Myriam Bal, en commençant d'abord sur le premier mot qui a jailli spontanément, l'idée d'une Europe qui a.
Arnaud Royssen
Apporté, garanti et protégé la paix entre ses membres. Ça, c'était fondamental au moment de la création d'Europe. Donc, on sortait de la Deuxième Guerre mondiale. Ça avait été terrible. Et l'idée, vraiment, était de se dire comment on fait pour ne pas retourner là-dedans un jour. Et donc, cette réflexion a initié le petit bourgeon d'Union européenne qui est né dans les années qui ont suivi. Donc en 1951, ça s'appelait la CK. Et donc ça, c'était encore loin de notre Union européenne de maintenant. Ça s'appelait la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Et l'idée à ce moment-là, ça a commencé petit, ça a commencé dans une mise en commun de nos productions du charbon et de l'acier, qui étaient des industries très marquées, très associées à la guerre, et dont ils ont voulu faire des industries instruments de paix. Donc vraiment, dans cette mise en commun, l'idée était de se dire, si on met en commun nos ressources, Non seulement ce sera impensable, mais aussi presque impossible, quand on a ces ressources, cette production commune, cette organisation commune, de se taper dessus encore. Donc ça c'était vraiment l'idée, c'était de commencer par là. Mais l'idée des fondateurs de l'Europe au début, c'était de se dire on commence par une mise en commun économique, mais dans l'idée, petit à petit, de créer une solidarité et d'ajouter d'autres compétences, qu'on délègue à l'Europe d'autres choses. Pas seulement du commercial, parce que là, on a parlé des vêtements, des GSM, etc. Mais l'idée vraiment des fondateurs de l'Europe, c'était d'en faire une sorte d'entité supranationale, donc de décider les choses au-dessus des États. un maximum de choses de l'Union Européenne. Et ce qui m'a frappé dans ce que vous avez dit, c'est que vous avez cité des compétences qui sont des compétences d'Union Européenne et d'autres compétences qui sont des compétences en fait nationales. Parce qu'il y a une série de choses qui sont montées au niveau européen, effectivement, qui ont été intégrées dans l'Union Européenne, comme l'agriculture en particulier, le fait de pouvoir faire des Erasmus, enfin une série de compétences qui ont été effectivement confiées à l'Union. Mais il y en a d'autres qui ne le sont pas. Vous avez évoqué notamment le sport, la santé. Ça reste vraiment une compétence nationale. La culture aussi reste une compétence nationale. Le chômage, on parlait de travail. Il y a certaines décisions sur le travail qui sont prises au niveau européen. Mais fondamentalement, ça reste national. Et ce n'est vraiment pas facile aujourd'hui de s'y retrouver, de savoir ce qui est décidé au niveau européen et ce qui est décidé au niveau national. Et ça, savoir qu'est-ce qu'on confie à l'Europe et qu'est-ce qu'on décide au niveau des États, Eh bien, ça dépend de ce que, dans chaque État, on accepte de confier à l'Europe. Et il y a des débats permanents, parce qu'il y a des États qui voudraient aller plus loin, confier plus de choses à l'Europe, donc aller vers plus d'intégration européenne, comme on dit, et d'autres États qui veulent plutôt freiner le schmilblick. Et ça, il y en a plutôt, pour le moment, de plus en plus, qui voudraient une Europe des nations, comme ils disent, une Europe des États, où chacun décide chez soi.
Host/Interviewer
Et on est plutôt dans une collaboration entre pays. Dans la suite de notre échange, on s'est aussi posé la question de la lisibilité des institutions européennes. Environ un tiers des élèves présents avaient déjà 16 ans aux dernières élections et avaient donc fait usage de leurs droits de vote spécifiques pour les européennes. Mais voyaient-ils clair pour autant sur le fonctionnement de la démocratie européenne ? Qui dirait ici qu'il voit bien clair sur comment ça fonctionne, les institutions européennes ? Non, personne. Personne n'oserait dire ça. Qui oserait dire qu'il voit bien clair sur la façon dont fonctionne la démocratie belge ? Ah, il y en a quand même quelques-uns. Bon, Myriam. Cette impression quand même que l'Europe, c'est une institution un peu compliquée, qu'on ne voit pas toujours très bien. Alors on sait qu'on a pu voter pour elle, mais on ne sait pas exactement ça. Est-ce qu'il n'y a pas un vrai déficit aujourd'hui de compréhension et de lisibilité sur la.
Arnaud Royssen
Façon dont fonctionne l'Europe pour les citoyens Oui, vous posez la question à des adultes qui sont, je pense, pour beaucoup aussi perplexes. ? C'est toute la difficulté d'intégrer les cours de politique en général et de l'Europe en particulier dans la scolarité. En fait, il faut reconnaître qu'il y a beaucoup de profs qui se sont bougés en sachant que les Belges de 16 ans allaient pouvoir aller voter, qui ont essayé assez vite d'organiser quelque chose ou de faire venir des extérieurs. Donc, ça a été un vrai mouvement. Mais tout dépend, la capacité de voter, le fait de se sentir prêt ou pas, tout dépend de la manière dont on est accompagné à 16 ans. Donc il y a des études dans des États qui sont passés à 16 ans avant la Belgique, l'Autriche par exemple, qui montrent qu'on vote de façon tout à fait pertinente, qu'on va voter, que l'abstention n'est pas supérieure à celle de la moyenne nationale si on est accompagné. Et donc la difficulté de l'accompagnement en milieu scolaire, elle est vraie, elle est grande et donc il y a toute une réflexion à avoir sur comment faire cette éducation politique et comment éduquer à des institutions européennes qui sont vraiment complexes et qui parfois peinent à faire comprendre ce qu'elles font dans des langages politiques assez compliqués. Et.
Host/Interviewer
Pour les clés de compréhension de l'Europe, l'école peut vraiment faire la différence. Ce que confirmaient d'ailleurs les jeunes présents, pour beaucoup, c'est le fait de pouvoir voter qui les a poussés à s'intéresser un peu plus aux institutions, à la politique européenne, et c'est en particulier l'école.
Student C
Qui leur a fourni les outils pour s'y retrouver et faire leur choix. Par exemple, avant les élections, il y a eu un.
Host/Interviewer
Débat qui a été organisé par l'école avec des représentants de plusieurs parties. T'as l'impression du coup d'être plus intéressé à l'Europe, au fonctionnement de la démocratie européenne.
Student C
Que si il n'y avait pas eu cette opportunité de voter ? Je pense que oui, ça nous a amené à nous intéresser. Mais à la politique en général, par exemple, j'ai fait un peu plus des recherches sur le fonctionnement et sur comment ça se passait. Et puis à l'école aussi, on nous en a pas mal parlé avec nos profs de géo qui ont fait certaines apartées pendant les cours pour nous.
Host/Interviewer
Expliquer le fonctionnement et pourquoi c'était important et pourquoi il fallait qu'on le fasse. Aujourd'hui, quand vous regardez le monde tel qu'il fonctionne, on voit ce qui se passe avec les Etats-Unis, où ça devient des relations de plus en plus compliquées entre l'Europe et les Etats-Unis, où on voit toute une série de défis. On pourrait citer le réchauffement climatique, on pourrait citer l'intelligence artificielle, etc. Est-ce que vous, jeune citoyen, déjà pour certains ayant voté pour l'Europe et qui vont voter dans les années qui viennent au niveau national, est-ce que vous vous dites, même si moi je me sens d'abord belge, c'était tout ce que vous nous avez dit, que ça aurait peut-être du sens, est-ce qu'on donne plus de pouvoir à l'Europe ? Ce qui veut dire peut-être un petit peu moins de pouvoir tout seul pour la Belgique dans son coin, mais peut-être aussi plus de force parce qu'on est tous ensemble au niveau européen. C'est une question plus politique mais qui je pense nous regarde tous comme citoyens et même comme très jeunes citoyens européens que vous êtes. Est-ce que vous trouvez qu'on devrait avoir peut-être demain plus d'Europe ou que ce n'est pas une bonne idée ou qu'au contraire on devrait avoir moins d'Europe voire plus d'Europe du tout ? C'est.
Student F
Quoi un peu votre vision par rapport.
Arnaud Royssen
À ce qu'on vit aujourd'hui dans notre.
Student F
Monde ? Moi, je me dis qu'en Europe, on serait plus, donc.
Arnaud Royssen
Il y aurait une plus grande force.
Host/Interviewer
Donc on serait plus influent après dans le monde entier. On aurait une plus grande force européenne et une plus grande force mondiale. Ensemble pour être plus fort, donc. Néanmoins, certaines autres élèves, elles, pointaient des risques aussi à transférer comme.
Student C
Cela une partie de notre pouvoir national vers l'Europe, en prenant notamment le cas des accords commerciaux. Par exemple, je pensais à.
Host/Interviewer
La loi avec les pays d'Amérique du.
Student C
Sud pour... je sais plus le nom exact, mais pour... L'accord sur le Mercosur, c'est ça ? C'est ça, qui permet des échanges plus faciles. Après, si on veut revenir à quelque chose qui favorise peut-être plus nos agriculteurs et tout ça, ce sera difficile parce que ça a été pris.
Host/Interviewer
À un niveau de pouvoir... qui est plus haut, enfin pas plus haut, mais qui est plus vaste. Tu veux dire que t'as peur qu'à un moment donné on soit noyé dans... qu'il y ait des choses qui soient décidées au niveau.
Student C
Européen mais que, en tant que Belge, nous on n'aurait pas choisi quoi, en gros c'est ça ? Oui, parce que si, par exemple, tous les Belges votent pour un certain parti qui n'est pas élu parce que tous les autres Européens ont voté pour un autre parti, au final, notre avis est moins représenté. Mais après, c'est un compromis à faire en se disant que dans l'Europe, on bénéficie de certaines.
Student A
Choses. Mais en contrepartie, notre avis n'est peut-être pas représenté à un niveau auquel on voudrait qu'il soit représenté. mettre tout sur une très grande échelle, ça complique de donner un avis sur quelque chose de plus petit et de faire des retours en arrière, ça je suis d'accord. Donc je trouve qu'il faut avoir plus d'Europe sur certains plans et plus quelque chose de national sur d'autres plans, mais dans les sujets qui sont pour le monde entier, par exemple je pense au climat, je pense au droit de l'homme et tout ça, là je trouve que l'Europe est importante parce que si tout le monde, si un bloc de 27 pays dit nous on pense ça et on pense tous pareil, la devise de notre pays c'est l'union fait la force et ça veut bien dire ce que ça veut dire, plus on est, plus notre voix a de l'impact et donc sur des gros sujets comme ça qui doivent être un exemple, oui c'est important. Après c'est vrai qu'au niveau de décisions qui sont plus précises.
Host/Interviewer
Et spécifiques à chaque pays, c'est compliqué d'avoir des décisions européennes parce que chaque pays a ses propres problèmes. Des réactions, des avis qui symbolisent bien l'étiraillement politique actuel au sein d'une Union européenne qui, de plus.
Arnaud Royssen
En plus, doute d'elle-même et qui certainement, nous dit Myriam Bahl, est à un point crucial de son existence. Oui, c'est vraiment un moment charnière où ce tiraillement est très fort parce qu'il y a des enjeux globaux très importants auxquels il faut répondre. Donc les voix pro-européennes qui disent attention, il faut gérer ça à un niveau européen sont de plus en plus fortes. Et à côté de ça, il y a une réelle avancée des voix plus eurosceptiques et plus nationalistes qui disent mais l'Europe ne représente plus nos populations. on veut pouvoir gérer au niveau national et donc ces voies-là sont plus fortes et sont plus fortes au Parlement européen et sont plus fortes au Conseil, c'est-à-dire les Etats européens. Il y a de plus en plus de gouvernements qui réfléchissent comme ça et qui amènent ça sur le tapis. Le dernier en date, c'est le nouveau gouvernement tchèque. avec deux parties sur trois qui sont eurosceptiques au sein du gouvernement. On peut aussi citer la Slovaquie, la Hongrie. Et donc ces voix-là aussi, elles poussent pour plutôt moins d'Europe. Donc on est à ce moment charnière là. Et tout ça dans un contexte où il y a plus d'États encore qui viennent frapper au portillon en disant nous on voudrait être candidats à entrer dans l'Union européenne. Et donc ces difficultés d'entente, ces tiraillements-là, ils vont plutôt s'accentuer si on ouvre encore la porte. Et donc il y a toute une réflexion européenne pour le moment pour se demander comment est-ce.
Host/Interviewer
Qu'On pourrait élargir, mais tout en réformant pour qu'on parvienne encore à tirer des décisions européennes de ce processus-là. Une conclusion qui nous ramène, en somme, à notre question de départ sur l'identité, sur la citoyenneté européenne, forcément plus difficile à construire quand l'institution elle-même est fissurée par les doutes. On espère, en tout cas, que cette émission vous aura fourni des points de départ, de réflexion, de discussion, de débat, notamment pour prolonger, pourquoi pas, ce débat en classe. Merci aux élèves du Collège Notre-Dame de Dinan pour leur participation. Merci à leurs professeurs aussi. A la réalisation sonore de cet épisode, il y avait Valentin Gourdange. A la préparation, Hélène Lejeune, Sarah Poussey et Arnaud Royssen. Et si vous souhaitez recevoir la liste complète de nos émissions spéciales jeunes.
Arnaud Royssen
Déjà réalisées jusqu'ici, n'hésitez pas.
Podcast : Les Clés — RTBF
Date : 16 décembre 2025
Animateur : Arnaud Ruyssen
Invitée principale : Myriam Bahl (journaliste spécialisée Europe/RTBF)
Avec la participation d’élèves du Collège Notre-Dame de Dinant
Cet épisode explore de façon interactive la question de l’identité européenne, en donnant la parole à de jeunes élèves. Ressentent-ils une appartenance à l’Europe ? Quelle est leur vision des institutions européennes, et voient-ils une vraie citoyenneté européenne émerger chez eux ? À travers témoignages et échanges, le podcast s’interroge sur les ressorts — et les limites — du sentiment d’être européen.
Notable Quote
“On va tous partir dans des destinations différentes… ça dépend vraiment de la destination. Nous, c’est un système de famille d’accueil. Et ensuite, elle ou lui viendra en Belgique et on devra l’accueillir.”
— Student G [01:41]
Timestamps : 03:17 – 04:16
Notable Quotes
“C’est être un bon vivant, fêter avec les copains, les frites, la bière, tout ça… On en est fiers.”
— Student G & Student C [03:26]
“Je trouve qu’il y a une grosse différence entre la Flandre et la Wallonie, mais ce qui fait un peu l’identité belge, c’est le fait qu’on puisse quand même… collaborer et créer des choses, même malgré les grosses différences.”
— Student C [03:33]
Timestamps : 04:53 – 05:40
Notable Quotes
“Je trouve que ça nous parle moins parce qu’il n’y a pas vraiment de culture européenne. Il n’y a pas quelque chose qu’on a vraiment en commun.”
— Student C [04:53]
“On nous a d’abord appris à se sentir belges avant de se sentir européens.”
— Student A [05:40]
Timestamps : 06:55 – 09:06
“Vous identifiez tous un autre État de l’Union Européenne comme un lieu accueillant… apprendre sans tracas (…) Ce sont des acquis européens que vous avez intégrés naturellement.”
— Myriam Bahl [07:49]
Timestamps : 09:06 – 11:07 / 16:38 – 19:28
Notable Quotes
“L’Europe, ce qui est décidé dans ces institutions là, ce sont des choses qui sont vraiment parfois très concrètes dans votre vie quotidienne…”
— Myriam Bahl [09:58]
“Qui dirait ici qu’il voit bien clair sur comment ça fonctionne, les institutions européennes ? Non, personne.”
— Host/Interviewer [16:55]
Timestamps : 11:26 – 13:17
Notable Quotes
“Pour moi, elle apporte la paix. Je me dis que s’il n’y aurait pas l’Europe… les guerres auraient continué.”
— Student F [11:26]
Timestamps : 13:39 – 16:38
Timestamps : 20:11 – 25:12
Notable Quotes
“Je trouve qu’il faut avoir plus d’Europe sur certains plans… mais dans les sujets qui sont pour le monde entier… là je trouve que l’Europe est importante (…) plus on est, plus notre voix a de l’impact…”
— Student A [22:40]
“Ces voix-là aussi, elles poussent pour plutôt moins d’Europe. Donc on est à ce moment charnière là.”
— Myriam Bahl [24:43]
Timestamps : 23:52 – 25:12
Notable Quotes
“C’est vraiment un moment charnière… il y a de plus en plus de gouvernements qui réfléchissent comme ça… ces tiraillements-là, ils vont plutôt s’accentuer si on ouvre encore la porte.”
— Myriam Bahl [24:54]
L’épisode est vivant, parfois drôle (autodérision sur “la belgitude”), mais honnête sur la complexité des débats européens. Les jeunes expriment leurs doutes sans détours, le journaliste et l’invitée valorisent leurs opinions tout en proposant des pistes d’analyse. Le ton reste bienveillant et didactique, fidèle à la vocation pédagogique du podcast.
“Une conclusion qui nous ramène, en somme, à notre question de départ sur l’identité, sur la citoyenneté européenne, forcément plus difficile à construire quand l’institution elle-même est fissurée par les doutes.”
— Host/Interviewer [25:12]
Pour aller plus loin : débat et prolongements en classe, réflexion sur ce que l’Europe change (ou non) dans notre quotidien, et sur la frontière entre attachement national et engagement européen.