Transcript
Hugues Bersini (0:00)
On vit une révolution technologique et scientifique comme on en a peu connu. On a délégué à la machine le soin d'apprendre par elle-même.
Arnaud Reussen (0:06)
La première.
Hugues Bersini (0:07)
Est-ce que vous vous sentez plus intelligent parce que vous utilisez l'intelligence artificielle ?
Narrator / Host (0:11)
J'ai besoin de repères.
Hugues Bersini (0:11)
C'est un moment d'opportunité pour l'humanité.
Arnaud Reussen (0:14)
Les clés.
Hugues Bersini (0:15)
J'ai parfois peur qu'au fond ces machines nous privent de notre fragilité.
Arnaud Reussen (0:20)
Arnaud Reussen.
Narrator / Host (0:21)
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour la suite de notre série consacrée à l'intelligence artificielle. Dans notre épisode précédent, en compagnie d'Hugues Bersini, professeur à l'ULB, on avait surtout essayé de voir où en était aujourd'hui le développement de cette technologie, de comprendre jusqu'à quel point cette intelligence artificielle comprend les choses au sens d'une compréhension presque humaine et toutes les perspectives qu'elle ouvre. Dans ce numéro-ci, on va se pencher sur ce qu'on pourrait appeler le revers de la médaille, la face souvent plus cachée de l'IA, sa consommation énergétique, la crainte que son contrôle nous échappe, mais aussi, par exemple, tout ce qu'elle pourrait venir modifier dans le marché de l'emploi. On va donc reprendre notre conversation avec le professeur Hugues Bersini, spécialiste de l'intelligence artificielle à l'Université libre de Bruxelles.
Arnaud Reussen (1:15)
La première, les clés. Bonjour, comment puis-je vous aider ?
Narrator / Host (1:23)
On l'oublie peut-être parfois, mais derrière une requête que l'on formule à l'intelligence artificielle, il y a des machines, des serveurs, des milliards de données consultées et tout cela mobilise des ressources et de l'énergie, beaucoup d'énergie et même de plus en plus. Récemment, l'ingénieur français Jean-Marc Jancovici, initiateur du Shift Project, donnait quelques ordres de grandeur chez nos collègues d'RTL France et le constat qu'il fait est assez vertigineux.
Jean-Marc Jancovici (1:56)
Au Shift Project, nous venons de sortir très récemment un rapport pour regarder combien est-ce que les centres de données, les serveurs qui sont nécessaires pour que ce système fonctionne, consommaient d'électricité et émettaient de gaz à effet de serre puisque ces serveurs tournent partout dans le monde. Et partout dans le monde, l'électricité continue d'être faite majoritairement avec du charbon et du gaz. Les chiffres ne sont pas très sympathiques à regarder. La consommation actuelle des centres de données dans le monde, juste des centres de données, donc on ne parle pas des terminaux, on ne parle pas des réseaux, etc. C'est plus que la consommation d'électricité en France. Et la tendance nous emmènerait à un triplement de cette consommation en 10 ans. Ça augmente actuellement de 13% par an, beaucoup plus vite que l'économie mondiale. Et les émissions de gaz à effet de serre associées augmentent de 9% par an, beaucoup plus vite que l'économie mondiale aussi.
