Podcast Summary: Les Clés – Israël-Palestine, aux sources du conflit (2/3) : le plan de partage et la colère
Podcast: Les Clés
Host: Arnaud Ruyssen (RTBF)
Guest: Vincent Lemire, Professeur d’Histoire, Université Gustave Eiffel
Date: October 7, 2025
Episode Theme:
This second episode in a three-part series traces the roots of the Israeli-Palestinian conflict, focusing on the 1947 UN partition plan, the cycles of anger it set in motion, and the subsequent evolutions within the conflict—culminating in the rise of the PLO and Hamas.
Main Theme Overview
Arnaud Ruyssen and historian Vincent Lemire dive deep into the key historic moment that crystallized the Israeli-Palestinian conflict: the 1947 UN plan to partition Palestine. They examine the geopolitical context, competing national aspirations, and the consequences for generations of Palestinians and Israelis. Particular attention is paid to how key choices, wars, and political movements shaped the trajectory of the conflict for decades.
Key Discussion Points & Insights
1. Contexte du Plan de Partage de 1947
[00:58 – 02:39]
- Révélation du génocide juif lors de la Seconde Guerre mondiale change la donne internationale pour l’idée d’un État juif.
- Les Britanniques abandonnent le mandat palestinien : incapables de gérer la situation, ils annoncent qu’ils quitteront la région le 15 mai 1948.
- À l’ONU, deux solutions sont envisagées :
- Un plan de partition (deux États)
- Un plan fédéral, binational—proposé notamment par l’Inde, mais rapidement écarté.
- Motivation respective des parties :
- Les sionistes préfèrent un petit État indépendant.
- Les Palestiniens refusent un plan qui leur paraît inéquitable.
« Ils sont 30%, ils ont 15% des terres, et s'ils signent un papier, ils auront 55% du territoire. Ils sont très largement gagnants. »
— Vincent Lemire [04:50]
2. Adoption du Plan et ses conséquences
[04:50 – 08:02]
- Le plan accorde 55% du territoire à l’État juif, 45% à l’État arabe, alors que les Palestiniens représentent 70% de la population et possèdent 85% des terres.
- Insurrection immédiate : la décision entraîne une guerre civile entre communautés, puis la première guerre israélo-arabe après le départ des Britanniques.
- Découpage territorial :
- Trois zones pour les Palestiniens (Gaza, nord frontalier du Liban, Cisjordanie), avec une continuité théorique entre elles.
- Implique des déplacements massifs de population.
« À peine le plan est voté, on a une forme de guerre civile… entre une future armée israélienne (…) et des factions arabes, palestiniennes et venues des pays voisins. »
— Vincent Lemire [08:02]
3. La Guerre de 1948 et ses suites
[09:20 – 12:28]
- Proclamation de l'État d'Israël par David Ben-Gourion, suivie par une intervention militaire conjointe de plusieurs États arabes.
- Conséquence humaine majeure : expulsion de 700 000 à 750 000 Palestiniens (Naqba), création d’une vaste diaspora éduquée, intégrée dans les administrations des pays arabes voisins.
- Instrumentalisation de la cause palestinienne par les régimes arabes comme grande cause idéologique, mais aussi méfiance envers les Palestiniens, perçus comme potentiellement subversifs.
4. L’émergence et l’émancipation politique palestinienne
[12:28 – 17:56]
- Jusqu’aux années 1960, les Palestiniens sont à la fois spectateurs et acteurs indirects, leur cause étant « prise en charge » par les États arabes.
- Situation territoriale :
- Gaza administrée par l’Égypte jusqu’en 1967
- Cisjordanie annexée par la Jordanie, qui se méfie des Palestiniens (majorité de la population d’Amman).
- Assassinat du roi de Jordanie, soulignant la tension entre solidarité et méfiance des régimes arabes envers la diaspora palestinienne.
« En juillet 1951, le roi de Jordanie est assassiné par un nationaliste palestinien à Jérusalem-Est… »
— Vincent Lemire [15:19]
5. Structuration d’un mouvement national palestinien
[17:56 – 23:41]
- Création de l’OLP en 1964 à Jérusalem
- 1967 : Guerre des Six Jours
- Israël multiplie par trois son territoire, occupation de la Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza, Golan et Sinaï.
- Les Palestiniens prennent conscience de la nécessité de s’organiser eux-mêmes.
- Première intifada (1987) : soulèvement populaire et prise de conscience politique — l’occupation a un coût humain et moral.
- 1988 : Arafat proclame l’État palestinien et reconnait les frontières d’Israël de 1949, marquant un renoncement aux revendications sur l’ensemble de la Palestine mandataire.
« La population de Gaza a toujours été la plus difficile à conquérir depuis Alexandre… C’était pareil pour Allenby en 1917 et ce sera pareil pour les Israéliens en 1967. »
— Vincent Lemire [18:45]
6. L’émergence du Hamas et le basculement stratégique
[23:41 – 27:50]
- Naissance du Hamas à Gaza en 1987-1988 :
- Mouvement issu des Frères musulmans, initialement perçu comme religieux et social.
- Il se saisit du flambeau du refus de l’existence d’Israël, face à l’OLP, désormais engagée dans la voie du compromis.
- Processus d’Oslo (1993) :
- Reconnaissance fortement asymétrique : Arafat reconnaît Israël formellement ; Rabin reconnaît l’OLP comme interlocuteur et non la Palestine comme État.
- Stratégies israéliennes :
- À droite, favoriser le Hamas pour affaiblir l’OLP, divisant la cause palestinienne.
- Utilisation d’une alliance paradoxale : « L’ennemi de mon ennemi est mon ami. »
« Le problème, c’est que, ce faisant, on a donné des armes aux ennemis de la paix, et notamment au Hamas… cette alliance stratégique entre la droite israélienne… et le Hamas contre l’autorité palestinienne. »
— Vincent Lemire [27:10]
Notable Quotes & Memorable Moments (with Timestamps)
-
Sur la logique des parties en 1947 :
« Les nationalistes palestiniens, ils représentent 70% de la population, 85% des terres, et on leur demande de signer un papier où ils auront 45% du territoire. Ils ne peuvent pas l'accepter. À l'inverse, l'accord sioniste est parfaitement logique… » [04:25] -
Sur le passage de la guerre civile à la guerre interétatique :
« Le jour même où les derniers soldats britanniques s'en vont, David Ben-Gurion proclame de manière unilatérale l'indépendance de l'État d'Israël… » [09:20] -
Sur la dynamique de la diaspora palestinienne :
« Dans ce contexte ottoman, tout le monde avait des cousins à Beyrouth, tout le monde avait des cousins à Jéricho... Donc il y a une guerre, on va chez ses cousins. » [10:12] -
Sur la création du Hamas :
« Il faut que les gens comprennent que c'est tout à fait logique que le Hamas se crée au même moment que Yasser Arafat accepte finalement l'existence de l'État d'Israël… le Hamas remplace d'une certaine manière l'OLP dans cette lutte radicale. » [22:40] -
Sur la reconnaissance asymétrique des Accords d’Oslo :
« Quand on regarde de près, ce n’est pas une reconnaissance mutuelle… D’un côté on reconnaît un État dans ses frontières, Israël, et de l’autre côté on reconnaît l’OLP comme interlocuteur… » [25:34]
Important Timeline of Segments
- Intro & contexte historique – [00:00–02:39]
- Elaboration & vote du plan de partage – [02:39–06:07]
- Cartographie et conséquences immédiates – [06:07–08:02]
- Guerre de 1948 & naissance de la diaspora – [08:02–12:28]
- Place de la cause palestinienne dans le monde arabe – [12:28–16:12]
- Émergence de l’OLP, guerre de 1967 & structuration politique – [17:56–23:41]
- Première intifada, proclamation d’un État palestinien, naissance du Hamas – [20:27–23:41]
- Accords d’Oslo et stratégies israéliennes – [24:41–27:50]
- Conclusion & transition vers épisode suivant – [27:50–fin]
Conclusion
This episode clearly lays out how the seeds of the Israeli-Palestinian conflict were sown during a few pivotal years, highlighting the unintended consequences of the 1947 partition: perpetual cycles of violence, the emergence of a politicized, educated diaspora, and the rise of new political forces like the PLO and Hamas. Lemire and Ruyssen underline how historical choices continue to reverberate through today’s geopolitics, priming listeners for the final instalment of this in-depth historical triptych.
