
A partir de janvier 2026 et l’entrée en vigueur de la réforme sur la limitation des allocations de chômage, les CPAS s’attendent à un afflux de demandes d’aide sociale. 180.000 personnes pourraient être exclues du chômage en un an et demi. Dans cet épisode, nous no...
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Pierre Verbeuren
Le chômage n'est pas un plan de carrière, il faut chercher du travail.
Sarah Poussey
La première ? La réforme du chômage entraînera de nombreuses demandes dans les CPS.
Pierre Verbeuren
Wallon. Les clés ? J'ai besoin.
Sarah Poussey
De repères. Le flux risque d'être.
Podcast Host
Très important.
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans les clés pour un épisode où l'on va s'intéresser au CPAS et à l'afflux considérable de travail qui les attend en plus à partir de janvier prochain au moment où les premières exclusions du chômage vont avoir lieu. Elles pourraient concerner jusqu'à 180 000 personnes en tout en un an et demi. Alors dans le cadre de notre opération Parlons Solutions, on va tenter de comprendre comment travaillent aujourd'hui les CPS, comment est accordé le revenu d'intégration sociale, comment ces personnes exclus du chômage vont pouvoir être accompagnées et on a 27 minutes pour y.
Sandrine Hofler
Voir clair. La première.
Podcast Host
Les clés.
Le compte à rebours est donc lancé.
Au 1er janvier 2026, quelques 25 000 personnes vont perdre leurs allocations de chômage ou d'insertion. Au 1er mars, ils seront 42 000 de plus. et puis encore 45 000 au 1er avril. En tout, ce sont donc près de 120 000 personnes qui vont perdre leurs allocations dans les 4 mois qui viennent, en raison de la limitation à 2 ans maximum de ce droit au chômage. C'est une des mesures emblématiques du gouvernement de Waver qui pourrait, à terme d'ici juillet 2027, selon les estimations de l'ONEM, conduire plus de 180 000 personnes à ainsi perdre leurs allocations. « Ça veut dire que.
Pierre Verbeuren
Des gens qui sont au chômage plus de deux ans vont être activés ou bien doivent se rendre au CPS où on est beaucoup mieux placé pour.
Podcast Host
Accompagner ces gens. » Alors, combien vont effectivement venir frapper aux portes du CPS pour être aidés, notamment via le revenu d'intégration sociale ? c'est extrêmement difficile à évaluer. Plusieurs responsables politiques citent souvent le chiffre d'un tiers, mais des acteurs de terrain estiment que ça pourrait être beaucoup plus. Quoi qu'il en soit, et même si ça ne devait être qu'un tiers au final, l'afflux de demandes et le surcroît de travail s'annoncent énormes pour certains CPS.
Au centre public d'action sociale de Saint-Gilles, où s'est rendu notre collègue Paul Lonsain, même avant les exclusions proprement dites.
Eleonore Kotman
Le travail a déjà commencé. Depuis l'envoi des premières lettres par le NEM, on a des personnes qui sont inquiètes, qui apprennent qu'elles vont être exclues au 1er janvier ou au 1er mars ou plus tard, et qui s'inquiètent des aides auxquelles elles auront droit. Et donc, ils viennent se renseigner chez nous, soit en nous appelant, soit en venant directement à l'accueil principal. Donc, ça fait déjà plusieurs semaines qu'on a un afflux de personnes et ça s'intensifie.
Podcast Host
Vraiment de semaine en semaine.
Et ce qu'explique ici Eleonore Kotman, directrice de l'Action sociale à Saint-Gilles, n'est sans doute encore qu'un avant-goût de ce qui va suivre. Car ce sont plus de 1000 personnes en plus qui pourraient demander dans les mois qui viennent à bénéficier de l'aide du CPAS, ce qui veut dire une charge de travail considérablement alourdie pour.
Eleonore Kotman
Les assistantes et assistants sociaux.
Actuellement, un assistant social, il a plus ou moins 90 dossiers à gérer. Et on considère que c'est vraiment le maximum pour pouvoir offrir un accompagnement de qualité. Et ici, avec un afflux de quasiment 1000 nouveaux bénéficiaires sur quelques mois l'année prochaine, clairement, on doit renforcer nos équipes pour ne pas arriver à 120, 130 dossiers par assistant social. Si on arrive à ça, c'est catastrophique. Il n'y aura plus d'accompagnement de qualité. On ne pourra plus respecter nos délais légaux de 30 jours pour répondre aux nouvelles demandes. Donc clairement, on a besoin de personnel. On a besoin de personnel aussi formé. La formation prend du temps. et donc l'idée c'est aussi de pouvoir recruter à temps.
Podcast Host
Pour former efficacement nos équipes.
Alors bien sûr, les CPS ne seront pas seuls à faire face. Le fédéral leur a promis une enveloppe d'aide et puis surtout il a promis que la première année, les revenus d'intégration sociale versés par le CPS aux chômeurs en fin de droit seraient compensés à 100%. Mais cela ne va pas couvrir l'ensemble des coûts qu'une telle mesure va faire peser sur certaines communes. Et dans les années qui suivent, cette compensation du revenu d'intégration sociale va baisser progressivement.
Alors comment vont faire les CPS ? Sont-ils réellement mieux armés, comme le disait le Premier ministre, pour accompagner ces personnes et tenter de les ramener vers l'emploi ? Quelles conséquences aussi pour les budgets des communes et donc les citoyens des communes concernées ? C'est à tout cela que l'on va tenter de répondre.
Et avec nous pour.
Pierre Verbeuren
Cela.
Podcast Host
Il y a notamment Pierre Werberon. Bonjour. Bonjour. Merci d'être là. Vous êtes le directeur général du CPS de Bruxelles. Est-ce que vous avez une idée, vous, dans une ville comme Bruxelles, du nombre de personnes potentiellement concernées qui pourraient, dans les semaines et mois qui viennent.
Pierre Verbeuren
Venir frapper à la porte de votre CPS ? Oui, les chiffres donnés par l'ONEM montrent que près de 8000 personnes qui habitent sur le territoire de simplement la ville de Bruxelles, donc une des 19 communes de la région bruxelloise, vont perdre leurs allocations de chômage ou leurs allocations d'insertion. et donc nous avons essayé de faire une estimation de ceux qui pourraient se reporter vers le CPS et frapper à d'autres portes et effectivement c'est difficile d'estimer mais on a essayé de paramétrer, si je peux m'exprimer comme ça, paramétrer notre réponse et on a.
Podcast Host
Organisé une réponse pour 3500 personnes sur les 8000. Donc vous imaginez que sur 8000 personnes qui vont arriver en fin de droit, il y en a 3500 qui auront besoin de votre aide, du CPS, du revenu d'intégration sociale. Les autres, on a une.
Pierre Verbeuren
Idée de ce que sera leur sort ? Alors une partie a priori, et c'est déjà le cas aujourd'hui, on sait que 17% des personnes qui ont plus de 6 mois d'allocations de chômage trouvent du travail dans les 6 mois qui suivent leurs allocations de chômage. Donc on peut estimer que déjà, le flux habituel les amènera à l'emploi, ce qui est la réalité de base. Et puis, on peut imaginer que le fait de perdre les allocations de chômage va obliger une série de personnes à prendre un emploi qu'ils n'auraient pas pris si la fin des allocations de chômage n'était pas décrétée. Et donc, on a estimé que 25 à 27% des gens seraient à l'emploi par après. Et puis on constate, et singulièrement dans les premières tranches, c'est-à-dire ceux qui ont plus de 20 ans d'allocation de chômage et ceux qui ont plus de 8 ans d'allocation de chômage, qu'une série de ces personnes sont en fait restées au chômage malgré le fait qu'elles sont malades en réalité. Et donc l'enjeu du transfert de ces personnes vers une indemnité obtenue de la mutuelle, va probablement jouer et puis malheureusement il y a une série de personnes qui, parce qu'elles sont cohabitantes d'un autre membre du ménage qui a des revenus suffisants, pourraient frapper à la porte du CPS mais trouveront une réponse négative du CPS parce qu'il y a suffisamment de ressources dans le.
Podcast Host
Ménage pour vivre de façon conforme à la dignité humaine. Et ça, ça renvoie aux conditions d'octroi du revenu d'intégration auxquelles on va venir dans un petit instant. Juste une question sur l'ambiance au sein d'un CPS comme Bruxelles face à cet afflux très conséquent. C'est déjà une charge de travail. Aujourd'hui, on l'a entendu à Saint-Gilles. J'imagine que c'est vrai chez vous. Est-ce qu'on est inquiet du côté des assistantes et assistants sociaux, des travailleurs du CPS par rapport à cet afflux qui va arriver sur peu.
Pierre Verbeuren
De temps, en fait, en quelques mois seulement ? L'inquiétude est vraiment à tous les états. Je pense que les présidents de CPS, le conseil de l'action sociale, les bourgmestres et les collèges, les assistants sociaux, les lignes hiérarchiques, etc. Tout le monde est inquiet parce que pour quand même, je disais, 3500, aujourd'hui nous avons 9000.
Podcast Host
Bénéficiaires du revenu d'intégration. Ça vous donne une idée du changement. C'est plus d'un.
Pierre Verbeuren
Tiers d'un coup qui pourrait arriver dans les mois qui viennent. C'est surtout, en fait, 2 à 3 à 4 fois le nombre de nouvelles demandes à traiter. puisqu'on peut parler de « stocks » de 9000 plus 3500, mais en réalité c'est 400 nouvelles demandes tous les mois qui arrivent au CPS de la ville de Bruxelles. Et ici, on pourra passer en mars et en avril, on a vu avec les chiffres que vous avez donnés, on arriverait à trois fois le nombre de nouvelles demandes. Donc il y a d'une part l'augmentation générale de la charge mais il y a aussi la rapidité avec laquelle cette charge augmente qui fait que les assistants sociaux vont devoir gérer trois fois plus de nouvelles demandes. Donc l'inquiétude elle est partagée. Alors évidemment la question qui se pose c'est est-ce qu'on est tétanisé par ça ? Et ça, je pense que ceux qui sont le plus tétanisés sont les grands responsables des CPS parce que la charge financière et l'avenir est très compliqué. Par contre, au niveau des opérateurs de terrain, des assistants sociaux et des lignes hiérarchiques, on est obligé de se préparer de façon extrêmement opérationnelle pour faire en sorte que ça tienne. Et donc, ce que je constate, moi, dans les différents CPS, c'est un travail énorme, mais vraiment colossal. Et je pense que c'est vraiment important C'est un travail colossal pour être en capacité d'absorber ces demandes et ces personnes qui vont arriver avec une perte de revenu importante et avec une non-connaissance du système. Donc ça va être un travail important. Mais il y a aujourd'hui un travail de préparation qui est vraiment à souligner. Ça.
Podcast Host
Ne veut pas dire que tout va bien, ça veut dire que ça bosse. Oui, ça bosse et on l'a compris, il y a déjà du travail maintenant et puis on prépare surtout ce surcroît de travail qui va arriver dans les.
Sandrine Hofler
Semaines.
Podcast Host
Et mois qui viennent. Avec nous il y a aussi Sandrine Hofler, bonjour. Bonjour. Merci d'être là, vous êtes vous conseillère à la Fédération des CPAS de Wallonie. J'imagine que ce que vient de nous décrire là Pierre Vorberon, c'est quelque chose.
Sandrine Hofler
Que vous entendez remonter d'énormément de CPAS aussi un peu partout en Wallonie aujourd'hui. Oui tout à fait, la situation est exactement la même. Les chiffres sont évidemment différents puisque nous on parle de 90 000 exclus en Wallonie dont 30 000 pourraient arriver dans les CPS et encore c'est une estimation prudente. Mais donc tous les parallèles peuvent être faits et le sentiment est le même. Donc vraiment une grosse inquiétude quant au financement et des équipes qui se préparent en mettant en place des logiciels pour les prises de rendez-vous, en faisant de la mobilité interne pour essayer de renforcer les équipes de première ligne. en faisant de l'information, enfin tout ce qui peut être fait pour essayer que ça tienne parce qu'effectivement on s'attend à un afflux qui va être.
Podcast Host
Difficilement gérable, mais en tout cas tout est mis en oeuvre pour se préparer. Pour faire face. Ce qu'il faut rappeler aussi, et c'est important, c'est que toutes les communes ne sont pas logées à la même enseigne. Quand on regarde les communes qui vont être les plus touchées, C'est en général les communes les plus pauvres. Je regardais pour Bruxelles, on va avoir Bruxelles, Saint-Jos, Anderlecht par exemple, Molenbeek bien sûr. Du côté de la Wallonie, on regarde dans les anciens bassins industriels, du côté de Charleroi ou du côté de Liège, des communes qui sont déjà parfois en difficulté parce qu'elles ont une population précarisée, vont être beaucoup plus lourdement touchées que d'autres certaines.
Sandrine Hofler
Communes plus favorisées du Brabant-Wallon par exemple, par une mesure comme celle-là, Sandrine Hoffler. Oui tout à fait, donc en fait il y a vraiment une concentration dans les communes les plus pauvres qui vont subir une charge beaucoup plus importante alors qu'elles ont moins les moyens d'y faire face et donc on est vraiment sur une difficulté avec en plus des difficultés de trésorerie déjà pour se préparer aujourd'hui. Et donc ces communes sont mises à mal de façon très importante pour anticiper et à l'avenir pour faire face. Puisque même s'il est dit que cette réforme du chômage est compensée, en réalité elle ne l'est pas intégralement. Il y a effectivement des compensations mais qui ne couvriront absolument pas la charge. Donc cela veut dire que les communes qui seront le plus touchées et qui sont.
Podcast Host
Déjà les plus pauvres vont avoir une charge bien plus importante que les autres. Et on va venir dans le détail là-dessus, mais ce que vous nous dites là déjà est important, c'est que même si le fédéral dit on va aider les communes, on va compenser certains des revenus d'intégration qui vont être donnés à 100% pour ceux qui perdent leurs allocations de chômage dans un premier temps et puis de manière dégressive ensuite, vous nous dites que déjà, là maintenant, il n'y aura pas assez pour faire face aux enjeux financiers et certainement pas aussi pour engager le personnel en suffisant. J'aimerais bien qu'on explique maintenant justement comment ça va se passer. Imaginons une personne qui a reçu une lettre de l'ONEM, qui constate au 1er janvier par exemple Pierre Werberon qu'elle a perdu ses allocations de chômage. Qu'est-ce qu'elle peut faire ? Qu'est-ce qui.
Pierre Verbeuren
Va se passer pour elle si elle vient frapper à la porte du CPS ? Très concrètement, d'abord, il faut qu'elle frappe le plus rapidement possible à la porte du CPS parce que dès qu'une personne perd des revenus, ce sont ses crédits qui ne sont pas remboursés, donc c'est son emprunt hypothécaire, éventuellement sa voiture, les différents crédits qu'elle a. Et donc une perte de revenu, je crois que c'est quand même important de l'anticiper le plus possible. Et je crois que dans un premier temps, on a vu que les CPS disaient qu'il faut d'abord faire fonctionner les autres mécanismes. Autant maintenant, on voit que dans le CPS de la ville de Bruxelles, mais aussi dans les autres CPS, on ouvre de plus en plus les portes en disant venez anticipativement au mois de décembre ou au mois de janvier faire un check de votre situation. Ça, je crois que c'est quand même important d'être le plus en anticipation parce que ceux qui vont arriver au mois de mars alors qu'ils ont perdu des revenus en janvier, ça va être compliqué à gérer. Mais ce que les personnes doivent bien comprendre, c'est qu'à l'inverse du chômage où quand on perd son revenu, on a droit aux allocations de chômage et personne ne regarde la situation du ménage, dans les CPS, la situation est totalement différente puisque En fait, la question qui se pose pour un CPS n'est pas de savoir s'il y a une perte de revenu. La question qui se pose, c'est est-ce que le ménage sait vivre de façon conforme à la dignité ? Et donc, on va examiner les revenus disponibles. Par exemple, est-ce que la personne dispose d'une maison ou d'un appartement ? Est-ce qu'elle est propriétaire ? Et donc, on devra tenir compte du prix compte immobilier. Est-ce que dans le ménage, dans les cohabitants du ménage, il y a des revenus suffisants ? Et donc on va demander de savoir quels sont les revenus des autres membres du ménage et donc on va faire la balance entre tout ça pour voir si la personne est en état de besoin réellement ou si les autres.
Podcast Host
Membres du ménage peuvent compenser la perte de revenus. Pas nécessairement compenser, mais en tout cas garantir un socle minimal. Donc ce n'est pas un revenu un peu inconditionnel auquel on a droit parce qu'on aurait travaillé. Là c'est quelque chose, une sorte de filet de sécurité où on va vérifier que vous n'avez vraiment pas.
Pierre Verbeuren
D'Autres ressources et alors venir compenser pour que vous soyez au seuil minimal qu'on juge acceptable. C'est ça en gros. C'est ça. Donc il y a six conditions pour obtenir le revenu d'intégration et une de ces conditions, les autres sont assez techniques si je peux dire, être de nationalité belge ou équivalente etc. Mais il y a une condition qui est d'être en état de besoin. Et donc on va examiner l'état de besoin de la personne et de son environnement dans lequel elle navigue, donc de ses cohabitants. Et donc ça va être quand même intrusif. Il y a une loi, donc il y a quand même un socle. Ce n'est pas à la tête du client du tout, du tout. Donc il y a vraiment une base légale qui est extrêmement forte. Mais cette base légale prévoit qu'on regarde les revenus du ménage, les capacités et ses dépenses. Donc c'est quand même beaucoup plus intrusif. Là où le chômage n'est pas du tout intrusif puisque c'est un système assurantiel, il vous arrive un accident, vous perdez votre travail, vous avez une assurance et donc l'assurance prend le relais. Ici c'est pas du tout la même chose, on va commencer à regarder les revenus. Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas prêtes à ce qu'on regarde et les pratiques des CPS en la matière sont très balisées mais chaque CPS s'organise quand même à sa.
Podcast Host
Manière et donc il va y avoir des différences de traitement entre les différents Belges qui seront dans cette situation. Et ça veut dire, à vous entendre, qu'il y a des personnes qui avaient droit à une allocation de chômage, qui vont arriver ici en fin de droit et qui vont découvrir que parce qu'elles sont dans telle situation financière, parce qu'elles sont cohabitantes, en fait.
Pierre Verbeuren
Ne vont pas avoir un revenu d'intégration sociale qui va venir en quelque sorte se substituer à l'allocation de chômage. Je pense qu'il faut revenir à des questions statistiques en disant que justement une statistique c'est une norme générale mais chaque situation doit être examinée au cas par cas. Mais statistiquement parlant, les CPS ont considéré qu'entre 80 et 90% des gens qui sont cohabitants, donc des gens qui cohabitent avec quelqu'un qui a des revenus, ne bénéficieront pas d'allocation du revenu d'intégration. Donc 80 à 90%, donc c'est énorme. Alors peut-être que individuellement, chaque personne ne doit pas se dire je suis cohabitant.
Podcast Host
Donc c'est foutu pour moi. Il faut faire le check, il faut regarder, mais les statistiques sont quand même terribles. Alors Sandrino Flair, une fois qu'on a fait cette étude-là, qu'on décide d'octroyer ce revenu d'intégration sociale, Il y a aussi tout un plan d'accompagnement qu'on appelle un projet individualisé d'intégration sociale qui est mis sur pied. Ça veut dire que c'est pas juste dire du côté des CPS, bon ben voilà maintenant vous avez votre revenu, vous pouvez rentrer.
Sandrine Hofler
Chez vous et vous débrouiller avec ça. Il y a aussi tout un suivi après qui se met en place. Tout à fait, mais donc comme Pierre le disait, il y a six conditions pour obtenir le revenu d'intégration et la sixième condition c'est la disposition au travail. Donc il faut que la personne fasse la preuve qu'elle est disposée à se mettre en mouvement, à chercher du travail ou à suivre une formation ou à suivre une activité en tous les cas qui la met en mouvement. Et donc pour formaliser un peu cette mise en mouvement, le CPS a l'obligation de signer avec tous les nouveaux bénéficiaires du revenu d'intégration un contrat. un contrat qui s'appelle le PIS, le projet individualisé d'intégration sociale, dans lequel on va formaliser ce qui est conclu entre le CPS et la personne. Et donc ça c'est aussi une spécificité CPS, puisqu'au niveau du FOREM et d'ACTIRIS, il y a un plan d'action uniquement pour les moins de 25 ans. Au CPS, ce n'est pas limité aux plus de.
Podcast Host
25 ans, c'est pour tout le monde. et il y a vraiment ce contrat qui doit être passé et respecté. Quand on entendait Bardo-Weaver dire dans l'introduction en fait les CPS sont mieux armés, mieux placés du coup pour aider ces personnes, y compris dans une trajectoire de retour à une vie professionnelle, vous êtes d'accord.
Sandrine Hofler
Avec lui ? Les CPS ont les ressources, les moyens, les compétences aussi pour mieux accompagner ces personnes ? En tout cas, les CPS ont de grandes compétences en termes d'accompagnement social et en.
Podcast Host
Termes d'insertion socioprofessionnelle. Les CPS ne vont.
Sandrine Hofler
Pas commencer à faire de l'insertion professionnelle parce qu'il y a la réforme du chômage. Ça fait bien longtemps et depuis quelques jours que ça existe et que ça a fait ses preuves. On a des leviers, les contrats qu'on appelle contrat article 60 ou article 61. Ce sont des choses qui sont largement utilisées par les CPS et avec de très bons résultats en termes d'insertion socioprofessionnelle. Donc oui, les CPS le font, le font bien et vont continuer à le faire, mais avec des moyens qui sont atteints. Là, tous les.
Podcast Host
Moyens vont être mis sur l'accueil des personnes et les services à insertion socioprofessionnelle risquent d'en pâtir parce qu'ils vont être déforcés. Oui, quand on entend évidemment qu'il va y avoir beaucoup plus de dossiers par assistant social ou assistante sociale, ça veut dire qu'on ne va plus pouvoir faire le même suivi. En tout cas, dans.
Sandrine Hofler
Un premier temps, quand il va falloir digérer ici la réforme, ça va être compliqué justement de travailler à cette insertion notamment. En tous.
Podcast Host
Les cas, dans les compensations financières qui ont été prévues par le fédéral, rien n'a été prévu pour l'insertion à l'emploi. Rien.
Sandrine Hofler
C'est particulier quand même, puisqu'on nous dit quand même que c'est le but de la réforme de mettre des personnes à l'emploi. Tout à fait. Et au contraire, on a un déforcement puisqu'il y a des subventions qui tombent et les services d'insertion socioprofessionnelle sont déforcés pour aller faire l'accueil, pour essayer.
Podcast Host
Que cet accueil se passe au mieux. Donc on a un déforcement plutôt qu'un renforcement. Donc ça nous met vraiment en difficulté. Et pour vous, Pierre Verbeuren, je le rappelle, un directeur général du CPS de Bruxelles, Vous estimez que les CPS.
Pierre Verbeuren
Vont être effectivement mieux armés, mieux placés pour accompagner ces personnes, notamment dans une trajectoire d'un retour à une vie professionnelle ? Mais c'est sûr que quand on est dans une démarche individuelle, il y a quelque chose de très particulier, puisqu'il y a un lien entre le travailleur social et la personne. Mais par contre, il faut quand même savoir qu'aujourd'hui, 70% des personnes qui sont accompagnées par le CPS ne sont pas accompagnées vers l'emploi, puisque la moitié d'entre eux sont aux études et donc notre accompagnement vise à rendre leurs études possibles. Et l'autre moitié des 70% sont des personnes qui sont, qu'on appelle, dispensées de dispositions au travail pour des raisons de santé ou d'équité. Par exemple, une femme enceinte, ou une femme qui vient d'accoucher, ou quelqu'un qui est malade, etc. Donc, en fait, la partie que nous accompagnons vers l'emploi, elle est assez congrue. Or, aujourd'hui, elle va devenir massive. En tout cas, le projet du gouvernement, c'est d'en faire une action massive. Et donc, les CPS, bien sûr, ont le métier, mais le métier n'est pas du tout calibré de façon suffisamment forte pour qu'on puisse absorber l'ensemble de ce public. Et donc, le premier défi, ça va être de recevoir ces personnes. Et le deuxième défi, ça va être de muscler nos capacités d'articulation avec Actiris, avec le Forum et avec tous les.
Podcast Host
Dispositifs d'insertion socioprofessionnelle, les fonds sectoriels. qui sont quand même des métiers qu'on pratique à la marge aujourd'hui, qui vont devoir devenir centraux. Et tout cela pose évidemment la question des moyens. Or, les CPS nous disent déjà que ce qu'ils vont recevoir en compensation du fédéral, face à cette mesure d'exclusion du chômage, sera largement insuffisant. Et en plus, il faut le rappeler, les finances des CPS sont reliées.
Sarah Poussey
À celles des communes, qui sont elles-mêmes fortement sous pression aujourd'hui. Et ça, on va le voir tout de suite avec Sarah Poussey.
Chaque année, la banque Belfius évalue l'état des finances des communes. Et pour 2025, l'étude analyse aussi les effets futurs des différentes réformes régionales et fédérales. Et elle pointe plusieurs grands défis. Défi numéro 1, les charges des pensions du personnel statutaire continuent de peser toujours plus sur le budget des communes. Le fédéral a promis un allègement de ces charges, mais sans détail pour l'instant. A savoir qu'à partir de 2026, Belfius indique que la part du budget des communes consacrées aux pensions des statutaires dépassera même la totalité du montant consacré à la masse salariale actuelle. Conclusion de Belfius, un financement externe est indispensable. Deuxième défi, l'augmentation de la demande d'aide sociale. En moyenne, les communes dépensent 212 euros par habitant pour leur CPS. Mais parfois, ce montant augmente quand les communes doivent compenser le déficit du CPS, puisque rappelons-le, CPS et communes doivent afficher un budget à l'équilibre. Belfius estime que l'impact sur les communes wallonnes de la réforme des allocations de chômage s'élèvera à 190 millions d'euros par an, Or, le fédéral a prévu des aides à hauteur d'environ 300 millions d'euros, mais pour les trois régions. Pas sûr donc que tous les coûts de personnel ou d'aménagement supplémentaire seront couverts. À moins d'un mois de la fin de l'année, les CPA s'attendent d'ailleurs toujours le fonds de 26 millions d'euros qui leur était promis en 2025 pour s'adapter à ces changements. Troisième défi souligné par Belfius, avec la réforme fiscale du fédéral, les communes vont perdre des recettes sur l'impôt des personnes physiques, ce qui représente quand même 20% de leur rentrée. Il n'est donc pas exclu que certaines augmentent les taxes additionnelles. Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi.
Thomas Dermine
Pointe lui l'impact d'une autre réforme, la baisse des subsides régionaux pour les emplois dits APE. Il est au micro de Thomas Gadisseux. Ces APE, c'est un peu un terme barboire, mais c'est des gens dans les crèches, c'est des accueillantes pour les enfants, c'est des travailleurs qui s'occupent des espaces verts, etc. Et donc là aussi, sans aucune visibilité, on doit compenser. Donc.
Sarah Poussey
C'Est l'exemple typique d'une mesure que la région prend. On réduit les APE. Et puis derrière, c'est vraiment des services publics de proximité.
Thomas Dermine
Le bourgmestre socialiste a l'impression que les autres niveaux de pouvoir se défoulent sur les communes et il y voit un risque principal. Toutes les communes, et pas que les grandes villes, même les petites communes, elles sont en train de mettre leur plan d'investissement à zéro. C'est-à-dire.
Podcast Host
Qu'On va plus rénover de voiries, on va plus rénover d'écoles, on va arrêter de rénover énergétiquement des bâtiments, d'investir dans l'espace public. Voilà Thomas Dermine, bourgmestre socialiste de Charleroi, le parti socialiste qui est dans l'opposition, on va le rappeler quand même au fédéral et à la région, mais qui est aussi bourgmestre d'une commune qui va être particulièrement touchée par cette réforme des allocations de chômage. Sandrine Offler, un petit mot justement sur vos estimations à vous. Vous estimez qu'on va avoir quel impact financier pour les communes belges et les CPS en particulier de cette réforme des allocations de chômage ? Puisque vous nous avez dit il y a des choses qui.
Sandrine Hofler
Vont être compensées par le fédéral, mais vous voyez déjà qu'il y a des choses qui ne seront pas compensées à hauteur des surcoûts. Déjà dire que la dotation communale, donc ce processus de compensation des communes pour combler le déficit des CPS, aujourd'hui c'est 27% du budget des CPS et donc cette dotation communale elle va augmenter clairement. Pourquoi ? Parce que le coût à charge des CPS va être important. Il va être important parce qu'il y a effectivement le revenu d'intégration qui est financé plus ou moins à 65% par l'état fédéral mais le reste reste à charge des CPS. Il y a toutes les aides sociales complémentaires, donc tout ce qui vient en plus du revenu d'intégration pour des personnes qui sont bénéficiaires du revenu d'intégration ou pour des personnes qui ne le sont pas d'ailleurs mais qui ont du mal à payer une facture, etc. On estime ça à 357 millions d'euros pour la législature et il y a tous les besoins en personnel et en locaux. ces trois coûts cumulés et qu'on soustrait les compensations prévues par le fédéral, on est toujours à un niveau de 1 milliard d'euros estimés de coûts pour les CPS belges sur l'ensemble de la législature. Et donc, inévitablement, ça va avoir un impact sur les dotations communales puisque ce milliard, les CPS.
Podcast Host
N'Ont pas les ressources nécessaires que pour le couvrir et donc c'est bien la dotation communale qui va devoir être augmentée pour pouvoir faire face. la dotation communale qui vient éponger en quelque sorte les difficultés des CPS. Et on va redire ce qu'on a dit tout à l'heure, évidemment dans ces situations-là, il y a des communes qui vont pouvoir éponger plus facilement en prenant peut-être un tout petit peu plus d'impôts parce qu'en plus elles ont des hauts revenus, et puis des communes qui vont avoir des beaucoup plus lourdes charges et qui ne vont pas pouvoir aller chercher auprès de leur population les ressources fiscales nécessaires pour pouvoir justement éponger tout cela. Un tout dernier mot, il nous reste une minute Pierre Verbeuren, sur la crainte aussi du côté des CPS, j'ai pu le lire, d'être aussi le réceptacle d'un désespoir, d'une colère aussi parfois, de ces personnes qui.
Pierre Verbeuren
Vont vivre les conséquences de ces réformes et dont les interlocuteurs, ce seront justement les travailleurs sociaux, les assistantes et assistants sociaux dans les CPS. Oui, je pense que le CPS symbolise le système. Et donc, puisqu'on est le dernier filet de sécurité, d'une certaine manière, l'incompréhension et voire le mécontentement des citoyens à l'égard du système s'adresse évidemment sur le dernier filet de sécurité. Et donc, nos assistants sociaux, nos accueillants, etc. constatent qu'il y a une très grande incompréhension. Il y a un sentiment d'être abandonné. Donc ça, c'est ce qu'on voit dans les séances d'information. et parfois une certaine colère par rapport à l'ensemble de ce qui représente le système. Mais je veux être clair, dans le système, il y.
Podcast Host
A les syndicats, les mutuelles, les CPS, l'ONEM, le forum Actiris, etc. Mais c'est le CPS qui, quelque part, est le dernier dépositaire du problème.
Et certains d'ailleurs nourrissent de vraies craintes pour la santé même de ces travailleurs des CPS qui vont connaître un alourdissement de leur charge de travail tout en n'étant pas en nombre suffisant et en étant les réceptacles d'émotions, de détresse ou de colère pouvant être parfois exprimées de manière très vive. Tout cela nous rappelle que derrière ces mesures que l'on regarde souvent en termes de déclarations politiques, en termes de pourcentages ou de tableaux de chiffres, il y a des humains. Et on se promet, en tant que médias de service public, de continuer à suivre concrètement sur le terrain les conséquences de cette mesure quand elle sera pleinement d'application.
Voilà, c'était Les Clés, un podcast de La Première avec, à la réalisation sonore de cet épisode, Valentine Gourdange, à la prépa, Sarah Pousset et Arnaud Royssen. Si vous souhaitez nous écrire, je vous rappelle notre adresse, lesclés.artbf.be.
Podcast : Les Clés (RTBF)
Date : 2 décembre 2025
Durée : ~27 min
Participants principaux : Arnaud Ruyssen (hôte), Pierre Verbeuren (Directeur général du CPAS de Bruxelles), Sandrine Hofler (Conseillère à la Fédération des CPAS de Wallonie), Sarah Poussey (journaliste), Eleonore Kotman (Directrice de l’Action sociale à Saint-Gilles), Thomas Dermine (bourgmestre de Charleroi)
L’épisode explore les conséquences sociales et institutionnelles majeures attendues suite à la limitation à deux ans du droit aux allocations de chômage en Belgique. L’attention est centrée sur l’afflux massif pressenti vers les CPAS (Centres Publics d’Action Sociale) et leur capacité – humaine, financière et opérationnelle – à accompagner les dizaines de milliers de personnes qui perdront leur revenu de remplacement à partir de janvier 2026.
« Le compte à rebours est lancé : au 1er janvier 2026, quelques 25 000 personnes vont perdre leurs allocations de chômage. [...] Ce sont donc près de 120 000 personnes qui vont perdre leurs allocations dans les 4 mois qui viennent. » – Podcast Host (01:07)
« Depuis l'envoi des premières lettres par l’ONEM, on a des personnes qui sont inquiètes [...]. Ça fait déjà plusieurs semaines qu'on a un afflux de personnes et ça s'intensifie vraiment de semaine en semaine. »
— Eleonore Kotman (02:58)
« Si on arrive à 120, 130 dossiers par assistant social, c’est catastrophique. Il n'y aura plus d'accompagnement de qualité. [...] On a besoin de personnel aussi formé. La formation prend du temps. »
— Eleonore Kotman (03:51)
« Les communes les plus pauvres vont subir une charge beaucoup plus importante, alors qu’elles ont moins les moyens d’y faire face. »
— Sandrine Hofler (11:56)
« La question qui se pose pour un CPAS, ce n'est pas de savoir s'il y a une perte de revenu. La question qui se pose, c'est : est-ce que le ménage sait vivre de façon conforme à la dignité ? »
— Pierre Verbeuren (14:54)
« Entre 80 et 90% des gens qui sont cohabitants [...] ne bénéficieront pas du revenu d'intégration. Donc 80 à 90%, c'est énorme. »
— Pierre Verbeuren (16:48)
« Le CPS a l'obligation de signer avec tous les nouveaux bénéficiaires du revenu d'intégration un contrat [...], le projet individualisé d'intégration sociale. »
— Sandrine Hofler (17:48)
« Le premier défi, c’est de recevoir ces personnes. Le deuxième défi, c’est de muscler nos capacités d’articulation avec Actiris, le Forem [...], qui sont des métiers que l’on pratique à la marge aujourd’hui, et qui vont devoir devenir centraux. »
— Pierre Verbeuren (21:44)
« Toutes les communes, et pas que les grandes villes, même les petites […] elles sont en train de mettre leur plan d’investissement à zéro. »
— Thomas Dermine (24:40)
« Le CPAS symbolise le système. Et donc, puisqu’on est le dernier filet de sécurité… l’incompréhension et le mécontentement des citoyens s’adressent évidemment sur le dernier filet de sécurité. Nos assistants sociaux constatent qu’il y a un sentiment d’être abandonné, et parfois une certaine colère. »
— Pierre Verbeuren (27:15)
La réforme des allocations de chômage va provoquer une onde de choc dans les CPAS, principalement dans les villes et régions déjà précarisées, mettant à l’épreuve leur capacité d’accueil, d’accompagnement, de respect des droits et des délais, tout en creusant le déficit structurel des finances communales. Si la mission d’inclusion est au cœur de leur action, elle s’annonce doublement difficile : par manque de moyens, et parce que l’exclusion systémique entraînera frustrations, incompréhensions, voire colère des citoyens.
« Derrière ces mesures que l'on regarde souvent en termes de tableaux de chiffres, il y a des humains. »
— Podcast Host (28:18)
Épisode recommandé à toute personne qui veut comprendre concrètement les conséquences sociales et financières d’une réforme du chômage en Belgique et la réalité du travail social sur le terrain face à la précarité grandissante.