
La ministre Jacqueline Galant souhaite réduire le nombre de médias de proximité en FWB, et réduire leurs budgets. Nous allons analyser la réforme prévue tout en s'intéressant à l'intérêt de médias implantés localement avec Bernard Cools, professeur invité à l'UCLou...
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Bernard Kools
Si on n'existe plus, c'est l'information qui va y perdre.
Host/Interviewer
Nous sommes là pour travailler ensemble, pour trouver des solutions. La première...
Bernard Kools
J'ai besoin de repères. On ne peut pas sacrifier la qualité de l'information.
Valentine Lissoir
Les clés.
Host/Interviewer
Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans les clés médias. Aujourd'hui, on s'intéresse de près à une réforme qui ne fait pas l'unanimité, la réforme des médias de proximité. En Belgique francophone, pour l'instant, on compte 12 médias de proximité, ceux-là même que l'on appelait il y a encore quelques temps les télévisions locales. On les cite tous ? Allez, on les cite tous ! Nos télés, Télé-MB, Antenne-Centre, Télé-Sambre, ça c'est pour le ENO, BX1 à Bruxelles, TVcom dans le Brabant-Wallon avec aussi CanalZoom à cheval sur la province de Namur où l'on compte Bouquet et Matélé. TV Lux en province de Luxembourg, Vedia et 4 à Liège. La ministre des médias en fédération Wallonie-Bruxelles Jacqueline Galland veut rationaliser le système. Il s'agit de fusionner certains médias, de raboter aussi les subventions. Mais avec quelles conséquences sur l'emploi, sur l'identité de ces médias, sur leur rôle aussi d'acteur local qui fait du lien ? Comment se passent les discussions, les évolutions en cours ? En somme, nous on va bien entendu en parler avec nos invités. Mais avant toute chose, on revient sur ce qu'il s'est passé ces derniers mois.
Valentine Lissoir
Les clés. Bienvenue sur TV Lux.
Host/Interviewer
Bonsoir à toutes et tous, bienvenue.
Bernard Kools
Mesdames, messieurs, bonsoir. Merci de nous rejoindre pour les titres de l'actualité de notre arrondissement pour ce vendredi 10 octobre. Bienvenue dans votre rendez-vous quotidien d'info locale. Voici quelques-uns des titres de ce soir. Il n'y a déjà plus beaucoup de presse écrite, les gens n'achètent déjà plus de journaux.
Host/Interviewer
Les médias locaux restent un petit peu.
Bernard Kools
Le seul moyen de communiquer pour chacun dans les territoires un peu éloignés ou dans les villages. dans des endroits où pas nécessairement les médias nationaux se déplacent et viennent rencontrer les gens. C'est vraiment la proximité avec les gens.
Host/Interviewer
Nous sommes le 24 juin 2025. Il y a pas mal d'agitation devant le cabinet de Jacqueline Galland, la ministre des médias en Fédération Wallonie-Bruxelles. Des journalistes, des techniciens, des cadreurs, des travailleurs, de tous ces médias de proximité manifestent. Ils veulent se faire entendre après l'annonce d'un plan de réforme pour les médias de proximité. Notre collègue Rudi Hermanns interroge les manifestants dont Daphné Bertrand, journaliste à Bouquet.
Valentine Lissoir
La formule est imbuvable, le plan est imbuvable, la manière aussi dont on est non considéré dans cette histoire est imbuvable, c'est-à-dire qu'on n'a pas voix au chapitre.
Host/Interviewer
Olivier Bohin est, lui, journaliste à Télécembre.
Valentine Lissoir
On est bien d'accord que le business.
Bernard Kools
Model ne marche plus, mais il y.
Valentine Lissoir
A moyen de faire ça autrement, pas de cette manière-là.
Host/Interviewer
Il y a des réalités de terrain.
Valentine Lissoir
Qu'Elle ne comprend pas.
Host/Interviewer
Ce que ressentent les manifestants ce jour-là, malgré le fait qu'une délégation ait été reçue par la ministre, c'est un manque d'écoute et de concertation. Céline Sérusio est la rédactrice en chef de Matélé.
Valentine Lissoir
J'espère que c'est effectivement un projet de réforme, que c'est effectivement une pièce à casser et qu'il y a encore une marge pour faire comprendre l'utilité qu'on a dans nos communes.
Bernard Kools
Vous en doutez.
Valentine Lissoir
Oui, clairement.
Host/Interviewer
Annicko Aux Oreilles fait partie du service culture de Notteley.
Valentine Lissoir
Écouter la voix, les inquiétudes, la colère aussi du personnel des médias de proximité, c'est indispensable.
Bernard Kools
Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Host/Interviewer
Alors de quoi parle-t-on exactement ? Il nous faut remonter en 2024. En décembre, Jacqueline Galland se rend dans l'ENO pour expliquer sa démarche chez Antenne Centre et Télésembre. Valérie Dumont, la directrice de Télésembre, après la visite de la ministre.
Valentine Lissoir
Ça fait peur, mais elle l'a répété.
Host/Interviewer
Ça ne se fera que sur base volontaire.
Valentine Lissoir
Elle ne sait pas encore comment. Elle veut d'ailleurs faire un groupe de travail par rapport à ces questions pour voir comment, de la façon la plus raisonnée, raisonnable et analysée, on peut réaliser ces fusions.
Host/Interviewer
Dans les mois qui suivent, le projet se précise. La ministre Jacqueline Gallon. Vous savez, les finances sont compliquées à tous les étages de l'État et en Fédération Wallonie-Bruxelles également.
Valentine Lissoir
Et donc, il faut rationaliser.
Host/Interviewer
Moi, je voulais vraiment rassurer aussi l'ensemble du personnel des médias de proximité. Nous sommes là pour travailler ensemble, pour trouver des solutions. Et je rappelle aussi que les médias.
Valentine Lissoir
De proximité, ce sont des ASBL privés. Et donc, s'ils veulent trouver d'autres sources.
Host/Interviewer
De financement, d'autres collaborations, mais vraiment, la porte maintenant leur est ouverte. Jacqueline Galland veut faire passer le nombre de médias de proximité de 12 à 8 en se calquant sur le découpage des provinces. Certaines provinces pourraient garder deux médias de proximité en fonction de leur importance démographique. La ministre souhaite aussi geler les subventions de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont disposent ces médias et revoir l'enveloppe des aides pour la promotion de l'emploi, enveloppe délivrée par la région wallonne. Moins de médias, moins d'argent, rapidement les inquiétudes et les protestations se font entendre. Il y a bien entendu la question du financement, avec des subventions rabotées, la pérennité des médias de proximité est mise en cause. La fusion risque quant à elle d'impliquer des pertes d'emplois. Mais il y a un autre élément mis en avant par les opposants à la réforme, c'est l'importance de ce rôle de médias local qui pourrait être mis à mal. Laurent Constantiello est le directeur de Matélé. Quand on couvre un marché terroir, on est là vraiment pour faire du lien au quotidien et on alerte, on sensibilise.
Bernard Kools
En disant attention, là il y a.
Host/Interviewer
Un vrai danger que quelque part la.
Valentine Lissoir
Ruralité soit oubliée et quelque part, si on va plus loin, qu'on vienne des.
Bernard Kools
Cités dortoirs où tout se passe dans les grands centres.
Host/Interviewer
Jacqueline Galland de son côté tient à rassurer. Cette réforme ne mettra ni en péril l'ancrage local, ni en cause le pluralisme, ni en danger la démocratie locale. Bien au contraire, elle constitue une opportunité de créer de véritables pôles médiatiques locaux, solides, pertinents et objectivement financés. Si on poursuit notre chronologie, il y aura la manifestation du 24 juin et il y aura une autre début juillet car les syndicats protestent. Ils n'ont pas été invités à la concertation où seules les directions des médias se sont rendues. Le 18 juillet, après plusieurs rencontres et discussions, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles valide la réforme des médias de proximité. Le texte a été légèrement remanié mais l'essentiel reste. D'ici 2031, il n'y aura plus que 6 pôles médias géographiques avec un seul média de proximité reconnu par province, sauf pour le Hénau et Liège qui pourront garder deux médias. Il y aura un accompagnement financier pour soutenir cette transition. La note confirme aussi le gel dès l'an prochain des subsides à 10 millions d'euros par an. Bonjour Valentine Lissoir. Vous êtes la directrice de Bouquet et CanalZoom, une directrice pour deux antennes, on va voir comment ça évolue chez vous bien entendu. Mais un mot peut-être des débuts des télévisions locales à l'origine, c'est un peu la matérialisation disons du tissu associatif, de proximité, ça émane vraiment de la base. Vous vous dites c'était à l'origine un laboratoire presque des médias pirates, qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
Valentine Lissoir
En fait, ils ont commencé à émettre sur les ondes de façon... Enfin, c'était pas légal, etc. C'était vraiment des médias, des passionnés qui se sont regroupés ensemble pour faire connaître, au niveau socioculturel et éducation permanente, toute une série de revendications aussi. Et donc, il y avait vraiment une envie de faire de l'information de proximité, d'être au plus près du citoyen. Ces médias, en fait, ils se sont petit à petit professionnalisés.
Host/Interviewer
C'est ça et ils vont aussi rentrer petit à petit dans un cadre plus institutionnalisé, dans le cadre d'un décret. Petite parenthèse d'ailleurs, on ne dit plus télé locale aujourd'hui.
Valentine Lissoir
Depuis 2021, depuis le nouveau décret SMA, on a changé, on parle de médias de proximité. On ne diffuse plus seulement sur le linéaire, on est actif sur les réseaux sociaux et d'ailleurs je ne sais pas si vous y reviendrez plus tard dans l'émission mais le CSA a sorti un bilan sur les déploiements numériques des médias de proximité et donc on a multiplié les heures de production au niveau numérique Donc vraiment on montre qu'il y a un virage en tournant qui est pris sur le déploiement numérique des médias de proximité.
Host/Interviewer
Vous êtes avec nous à distance, vous êtes le directeur des études de l'agence Mediaspace, vous êtes aussi professeur invité à l'UCLouvain en socio-économie des médias. Donc on entend bien au début que c'est assez expérimental avant d'être cadré, institutionnalisé, mais pour bien comprendre quel est le statut juridique aujourd'hui de ces médias de proximité ?
Bernard Kools
Alors aujourd'hui et depuis un décret des années 80, il s'agit chaque fois d'ASBL. Donc nous avons pour le moment, autant que je sache, 12 ASBL différentes. On est totalement dans le non-profit. J'ajouterai juste une chose quant à l'histoire. Donc il y a eu le développement des télés locales. À peu près au même moment, vous aviez aussi l'éclosion des radios libres ou radios pirates, même, telles qu'on les appelait. Il faut rappeler, on est dans le contexte des années 70, avec l'audiovisuel qui est un monopole d'État, à ce moment-là. Vous avez une télé par pays, une radio par pays, et donc il y a, à ce moment-là, très peu de diversité. Du coup, il y a une tentative d'appropriation des médias audiovisuels justement par la société civile. C'était évidemment plus facile à faire, plus léger au niveau des radios, plus compliqué à faire au niveau des télés puisque l'infrastructure est évidemment plus lourde. Et alors il y avait le goulot d'étranglement des câblos. Donc dans une Belgique ultra câblée, Le fait d'avoir accès au canal de distribution était évidemment un grand enjeu et quelque chose de pas nécessairement évident vu le caractère, disons, pas toujours légal formellement de ces acteurs.
Host/Interviewer
Évidemment c'est toujours bien de se remettre aussi un peu en tête les débuts puis l'ambiance aussi qu'on peut imaginer d'émulation dans ce genre de projet. Donc on en revient à aujourd'hui, Bernard Coles, on est donc sur un statut d'ASBL et malgré tout une identité un peu hybride puisque ces médias de proximité ils reçoivent des financements publics. Est-ce qu'on peut expliquer avec vous lesquels ?
Bernard Kools
Alors il y a un financement de l'ordre de 17 millions d'euros venus de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Alors ce financement se répartit en frais de fonctionnement pour une dizaine de millions et alors toute une série d'autres postes et notamment un poste assez significatif sur les aides à l'emploi. Il y a également, on l'a évoqué, une aide pour la digitalisation, pour le passage au numérique, qui est de l'ordre de 1,1 million sur l'année 2024. D'autre part, il y a évidemment les ressources propres, notamment la publicité. Mais j'avoue que sur le plan des revenus publicitaires, je ne trouve pas qu'il y a beaucoup de transparence. En tout cas, je ne sais pas à quel niveau ça peut se monter.
Host/Interviewer
On va y revenir. Mais Valentine Lissoir, avant ça, en échange de ces subventions, de ces montants qui viennent du public, il y a un contrat de gestion.
Valentine Lissoir
C'est ça.
Host/Interviewer
C'est comme pour la RTBF ? De quoi s'agit-il rapidement ?
Valentine Lissoir
En réalité, on a des minutes qu'on doit produire chaque année. On doit rendre un rapport à destination du CSA. Ces minutes sont réparties en quatre missions principales qui sont tout ce qui est information, tout ce qui correspond à la culture, l'animation et tout ce qui est éducation permanente. Dans l'éducation permanente, on reprend l'éducation en médias. Donc en fonction de la taille du média, il y a un nombre de minutes qui est défini et chaque année on rend un bulletin au CSA, on complète tout un document et le CSA nous revient si on a atteint les objectifs qui sont fixés ou pas.
Host/Interviewer
Pour bouquets CanalZoom, dont vous êtes la directrice on le rappelle, les subventions, les APE, ça représente une grosse part de votre bouquet ?
Valentine Lissoir
Il faut vraiment différencier deux choses. Il y a le subsite de fonctionnement qui vient de la Fédération Wallonie-Bruxelles et les APE qui sont au niveau de la région Wallone. Le subsite de fonctionnement, c'est l'enveloppe de 10 millions. Dans ce subsite de fonctionnement, il y a deux branches. Il y a le subsite de fonctionnement qu'on appelle classique et le subsite de fonctionnement numérique. Et ce montant qui est plafonné à 10 millions, c'est ce subsite de fonctionnement dont on parle. Pour Bouquet, le subside de fonctionnement est de 768 000 euros cette année. Comment est-ce qu'il est calculé en fait ce subside de fonctionnement ? C'est vraiment toujours une base, donc peu importe la taille du média, peu importe le nombre de populations, c'est une base qui est commune à l'ensemble des médias de proximité. Et puis après sur cette base, il y a trois critères qui sont la production, le volume la productivité et le troisième la population. Et donc en fait ces critères mis ensemble permettent de définir un montant qui est le subside de fonctionnement. Voilà. Et ça c'est la base et donc c'est réparti entre chaque média de proximité. Ce qui fait que si on regarde purement le critère population, aujourd'hui ce subside de fonctionnement il peut paraître un peu parfois disproportionné pour des médias plus petits versus des médias un peu plus grands.
Host/Interviewer
On parlait de la publicité il y a un instant. Quels sont les autres revenus de votre média ?
Valentine Lissoir
Et donc ça, c'est dans les conventions qui sont signées avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les médias de proximité ont l'autorisation de faire des productions audiovisuelles, de capter tout ce qui est événements, de produire, je pense qu'il y a aussi des formations à tout ce qui est médias, etc. Donc il y a toute une série de missions qui peuvent être réalisées par le média de proximité pour diversifier ses revenus.
Host/Interviewer
Bernard Cole, ce qui est intéressant ici, c'est qu'effectivement un média de proximité n'est pas l'autre. Vous qui les étudiez, est-ce qu'il y a, selon vous, un manque de transparence générale sur les revenus des médias ? Vous parliez de manque de transparence tout à l'heure. Ou en tout cas une difficulté à établir une sorte de profil type, on va dire, du média de proximité, du point de vue socio-économique ?
Bernard Kools
Il y a en tout cas beaucoup de difficultés à établir une espèce de cohérence entre tout le monde. On a évoqué la production numérique, elle est extrêmement variable d'un média à l'autre. De même d'ailleurs les résultats financiers, pour ce qu'on peut en savoir, il y a des médias qui sont structurellement déficitaires, il y en a d'autres dont le bulletin de gestion est plutôt exemplaire. Donc, si vous voulez, au niveau de ce qui se passe dans le fonctionnement, c'est, à mon sens, extrêmement hétérogène. Par contre, au niveau des publics, ça a l'air d'être relativement consistant de l'un à l'autre.
Host/Interviewer
On va parler des publics, bien entendu, dans la suite de l'émission. En attendant, cette proximité implique des ancrages locaux dans les contenus, c'est bien normal. On va d'ailleurs s'y plonger, dans ces contenus, avec Sarah Poussey.
Valentine Lissoir
Les 12 chaînes de télé locale, ce sont d'abord 12 grandes messes de journaux télévisées chaque soir.
Bernard Kools
Différents.
Valentine Lissoir
Formats sont proposés pour informer la population. Des reportages sur le territoire, mais aussi des débats ou de longues interviews.
Bernard Kools
Bonjour ou bonsoir, nous évoquons ce soir les enjeux électoraux à nivelle dans le débat du jour. Le Namurois devra débourser un peu plus pour une série de taxes et de redevances. Par contre, bonne nouvelle, la ville ne touche pas à l'IPP et aux décimes additionnelles.
Valentine Lissoir
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Les Experts. Cette semaine, on va encore parler budget, argent et négociations bruxelloises. La grande force des médias locaux, c'est aussi la couverture du sport avec des divisions ou des disciplines moins médiatisées. Au programme de challenge, chapitre jeu de balle avec nos invités, les Ivoiriens Devane.
Bernard Kools
Et William Kassar, champions de Belgique. Une victoire qui tombe à pic et qui va lancer réellement la saison des jambes loutoises dans l'antichambre de la Superdivision La Nationale. Les fumigènes et les célébrations n'ont pas.
Valentine Lissoir
Dû attendre la fin du match de barrage-retour entre Miavois et Avrennes dimanche. Et puis en dehors des informations, on retrouve un tas d'émissions différentes qui varient en fonction des chaînes. Des émissions culturelles, historiques, culinaires, le tout pour mettre en valeur le patrimoine local. Deux invités dans Culturel aujourd'hui, deux guitaristes, Jacques Stotzem et Sébastien Hoge, qui chacun.
Host/Interviewer
Sortent un nouvel album.
Valentine Lissoir
Anne-Françoise s'est lancée dans une aventure pour.
Bernard Kools
Obtenir l'appellation d'origine protégée du fromage de herbe. Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro de C'est Notre Histoire consacré au patois.
Valentine Lissoir
Salut à tous, c'est Charlotte.
Host/Interviewer
Aujourd'hui, on prend le train direction Saint-Guylain où on rejoint Marcel au musée du rail. C'est parti pour un nouvel épisode de Suivez le Guide.
Valentine Lissoir
Enfin, les télés locales proposent aussi des contenus éducatifs à destination des enfants ou des adultes. Et puis, certains formats sont développés en fonction de l'actualité, par exemple avec l'arrivée du tram à Liège ou le nettoyage des berges après les inondations dans la vallée de la Vestre. Bonjour à terre tous, j'espère que vous.
Bernard Kools
Aurez faim bas et que vous êtes faim content de nous. Bienvenue dans Tram en commun. Depuis le 28 avril, le tram circule, les parkings sont accessibles.
Valentine Lissoir
Il travaille sans relâche depuis deux ans pour consolider, réparer et améliorer les berges de la Baisse et l'adapter aux risques climatiques. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Curieux de Nature. Saviez-vous que certaines espèces exotiques, qu'elles soient animales ou végétales, peuvent représenter une vraie menace pour notre biodiversité locale ?
Host/Interviewer
Chaque télé locale propose donc une variété.
Valentine Lissoir
De contenus adaptés à la diversité de son propre territoire.
Host/Interviewer
Voilà pour cette immersion dans les contenus des médias de proximité. Valentine Lissoir, on parlait il y a un instant du volet financier. Il faut savoir aussi en matière d'hétérogénéité de ces médias de proximité que toutes n'ont pas non plus les mêmes financements. Par exemple, vous avez, vous, une convention communale.
Valentine Lissoir
Oui, c'est ça. En fait, tous les médias de proximité sont soutenus à échelle locale, mais à géométrie variable. En fonction de l'historique du média, certains médias ont 4 euros par exemple par commune et d'autres en ont peut-être 1. Certaines provinces soutiennent leurs médias de proximité, d'autres provinces ne soutiennent pas les médias de proximité. On parlait tout à l'heure des conventions et des objectifs qui sont fixés au niveau du CSA. à aucun moment donné il n'est tenu compte de la somme des aides qui sont reçues pour fixer ces minutes. Donc ça veut dire qu'avec des enveloppes parfois plus réduites, certains doivent produire plus.
Host/Interviewer
Oui c'est ça. D'où l'importance peut-être un jour d'établir une forme de cadastre de ce côté-là.
Valentine Lissoir
Ou surtout peut-être de rendre moins fragiles certains médias de proximité. Parce qu'en fait une fois qu'on a une relation directe de subvention ou de partenariat avec une commune, comme on raconte aussi les histoires politiques locales, parfois ça peut jouer en notre défaveur et on peut perdre une subvention communale d'un coup. Mais directement c'est un impact.
Host/Interviewer
C'est déjà arrivé ça ?
Valentine Lissoir
Oui, l'année passée c'est arrivé.
Host/Interviewer
Alors, on a entendu tous ces extraits, Bernard Kohls, au niveau des médias de proximité. Est-ce qu'on sait quelles sont les audiences de ces médias de proximité ?
Bernard Kools
Alors, il y a une étude qui a été faite au niveau de l'ensemble des 11 téléwallons, donc faite en 2023, qui donne grosso modo une pénétration sur le jour moyen de 15%. Maintenant, ça varie un peu d'une zone géographique à l'autre. Mais grosso modo, ça tourne autour de ça. BX1, ils ont fait une étude par le même prestataire qui leur donnait 15%. Aujourd'hui, ils ont utilisé un autre prestataire qui leur a donné moins. Mais malheureusement, l'étude date de 2023. Depuis, autant que je sache, personne, en tout cas du côté des TV Wallon, n'a refait quelque chose. Et ça me paraît un peu étrange au sens où dans les conventions qu'ont les métas de proximité avec la Fédération de l'Union de Bruxelles, il y a au chapitre 6 une obligation donc d'exprimer des objectifs en termes de notoriété et d'audience avec des mesures d'audience qui sont disons sporadiques. je ne vois pas comment ils peuvent, je ne sais pas ce qu'ils peuvent raconter justement à la Fédération Bologne-Bruxelles sur ce plan.
Host/Interviewer
Valentine Lissoir, comment ça se fait qu'on n'ait pas ces chiffres ? Je veux dire 2023 c'est vrai que c'est quand même un peu vieux. Est-ce que ce n'est pas embêtant pour vous pour travailler sur vos contenus, adapter votre offre, en dehors même des obligations de rapporter ces chiffres ?
Valentine Lissoir
Il y a deux choses. Pourquoi on n'a pas les chiffres au quotidien ? Parce qu'on n'est pas cimés. Parce qu'il y a des zones... Vous.
Host/Interviewer
Dites cimés et vous parlez du cime.
Valentine Lissoir
Du cime, oui. Il y a des zones qui sont vraiment très petites et donc ce ne serait pas qualitatif d'avoir ce chiffre parce qu'il ne serait pas représentatif. C'est ça le mot que je cherchais. Il ne serait pas représentatif de la réalité de l'audience. Donc c'est pour ça qu'on n'est pas cimés. Alors il y a cette étude d'audience qui est réalisée tous les trois ans par le réseau des médias de proximité, donc ça c'était l'historique et comment on l'a fait. Elle a été faite en novembre 2023. Sur cette étude d'audience, chaque média met l'enveloppe qu'il veut pour réaliser son étude d'audience, c'est-à-dire que le panel qui est sélectionné sur chaque zone et le chiffre qui est donné, par exemple sur la zone de bouquet, on a pris un panel très petit, 2000 personnes, et donc il y a d'autres médias qui ont mis un panel plus grand, qui ont rajouté des questions.
Host/Interviewer
Les chiffres sont difficilement comparables.
Valentine Lissoir
En fait, ils sont difficilement comparables même si certaines questions sont quand même similaires. Le tronc global de l'enquête est similaire. Donc il y a des diversités aussi dans l'enveloppe qu'on a mis chacun dans cette étude d'audience.
Host/Interviewer
Un mot de la réforme en cours. Bernard Kohls, on parle d'un découpage en province qui a été établi par la ministre Jacqueline Galland. Donc six pôles médiatiques sauf dans l'ENO et en province de Liège où il y en aura deux. Est-ce que ce découpage, il a du sens pour vous ?
Bernard Kools
Franchement je n'en sais rien, mais je trouve que c'est quelque chose qui devrait justement être étudié en profondeur. Est-ce que l'antithème administratif province est vraiment le découpage cohérent par rapport à des bassins de vie ? Quand on voit justement CanalZoom qui est à cheval sur deux provinces, on se dit peut-être qu'effectivement il y a des découpages des répartitions qui sont plus homogènes et certainement plus représentatives de réalités sociologiques. Je me permets de revenir juste sur le CIM. Je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit sur l'absence de validité des chiffres CIM de l'étude TV classique. Elle n'est absolument pas faite pour être représentative sur les médias de proximité. Par contre, je trouve personnellement qu'une étude tous les trois ans, c'est beaucoup trop peu.
Host/Interviewer
Le message est passé.
Valentine Lissoir
Mais c'est toujours l'argent, le problème, le.
Host/Interviewer
Nerf de la guerre. Et d'ailleurs parlons d'argent, Valentine Lissoir, parce que sur cette idée dans la réforme de restructurer, de rationaliser, on se dit bon évidemment produire des contenus médias ça coûte cher, il y a beaucoup de frais fixes avec le matériel, sachant aussi que plusieurs médias ont leur compte visiblement dans le rouge, en tout cas ce sont les échos qu'on a du côté du cabinet galant. Ça a du sens de réfléchir en termes d'économie d'échelle, de rapprochement ?
Valentine Lissoir
Je ne peux pas aller à 100% contre cette logique, parce que je pense qu'il y a du sens à voir comment on peut travailler ensemble, surtout si faire ces économies techniques nous permet de préserver l'humain et notre relation de proximité. Ça veut dire que si ça se fait pour préserver de l'emploi, alors on a tout gagné. Moi je préfère faire les économies sur le technique et voir comment on peut travailler différemment, notamment avec la RTBF, parce qu'il y a des réflexions qui peuvent aller dans ce sens-là, plutôt que de dire on se sépare de deux ou trois personnes et on perd notre proximité qui est en fait notre valeur clé. Donc dès qu'on va commencer à détricoter ça, on va perdre en fait notre raison d'être.
Host/Interviewer
La ministre a aussi évoqué la possibilité pour les ministères de proximité de faire appel à des financements privés. Vous pensez quoi de cette idée ?
Valentine Lissoir
En soi, c'est déjà ce qu'on fait. On est déjà tous à la recherche de marchés privés. On est des acteurs qui diversifient via des cellules de production interne, des départements internes. Ce n'est pas simple. C'est un marché qui est saturé et on le voit aussi dans le secteur privé. Ce n'est pas si simple pour eux non plus. Pour des médias publics, aussi aller chercher ces financements privés, on est dans le même marché qui est saturé. Et avec le déclin au niveau publicitaire, avec tous les canaux de diffusion qui nous échappent, parce que sur nos sites internet, Google maintenant, l'intelligence artificielle résume en empavé. Donc les gens ne cliquent plus sur nos sites, mis à part via Meta. Mais pour être sur Meta, il faut un bon algorithme et donc il faut être bien référencé. Et ce n'est pas toujours les contenus avec de l'information qui vont se retrouver les premiers sur Meta. Et puis finalement, on se pose la question du linéaire par la suite.
Host/Interviewer
Valentine Lissoir, vous êtes la directrice de CanalZoom et Bouquet. Est-ce que ça veut dire que les rapprochements ont commencé dans la province de Namur, même si on sait bien que CanalZoom recouvre aussi un petit peu la province du Brabant-Hallon ?
Valentine Lissoir
Oui. En fait, ça fait des années que CanalZoom et Bouquet s'alignent et essayent de se rapprocher. Et finalement, on a marqué le coup avec les deux organes d'administration l'année passée en se disant on va vers cette direction commune, on va vers ce rapprochement entre nos deux médias. Alors, c'est corrélé avec la réforme, mais c'était aussi antérieur à la réforme. Donc on avait commencé le travail avant le début de la réforme, mais cette réforme nous a donné encore l'idée qu'on allait dans la bonne direction.
Host/Interviewer
Sur la question de l'emploi, il y a évidemment des inquiétudes si on rationalise, pour utiliser les termes de la ministre Galland. Est-ce que vous, vous avez déjà fait des projections de ce côté-là ?
Valentine Lissoir
En fait, alors, comme on n'a pas encore les chiffres sur les APE, c'est très compliqué. Par contre, ce que je peux dire aujourd'hui, c'est que l'emploi, ça représente 80% de notre budget. 80% de notre budget et en sachant que les subventions ne sont pas indexées, dès que j'ai mes salaires qui vont être indexés, d'ici 3 ou 4 ans maximum, ça va commencer à devenir compliqué.
Host/Interviewer
Et ça veut dire quoi alors à ce moment-là ? Des pertes d'emploi, d'office ?
Valentine Lissoir
Ça veut dire qu'en fait, c'est ça la problématique actuelle, c'est que comme on n'a pas de... et c'est ça le problème de la réforme, on n'a pas de cadre financier clair. Donc finalement qu'il y ait un média de proximité, cinq médias de proximité, dix médias, en fait, on s'en fout. On trouvera toujours une façon de fonctionner correctement ensemble. Ce qu'il nous faut aujourd'hui c'est comment vont évoluer les financements et donc cette répartition des 10 millions notamment et cet impact sur les APE pour qu'on puisse faire des projections financières et tenter de préserver au maximum l'emploi. C'est ça l'enjeu.
Host/Interviewer
Comment se passent les discussions sur la mise en place de ces réformes parce qu'on se dit que même si les subsides sont gelés pour tout le monde, il y a quand même des quelque part des gagnants et des perdants, dans le sens où il y en a qui doivent fusionner et puis il y en a d'autres qui vont garder leurs médias intacts. Comment on gère cet aspect-là au sein du réseau des médias de proximité ? Parce qu'on doit fonctionner aussi ensemble.
Valentine Lissoir
Oui, et c'est particulièrement complexe pour le moment, à savoir que quand on a le même gâteau et qu'on sait que le gâteau ne grandira plus, Je pense qu'on va avoir une situation qui va être très complexe pour nous sur comment on va se répartir ce financement. Il faudra voir par rapport au nombre, etc. Mais oui, il y a vraiment pour l'instant deux positions au sein du réseau. Et pourtant, je suis fondamentalement convaincue que 99% de la réforme, on a aligné et on pourrait entendre qu'on doit se réformer, qu'il y a des bonnes pratiques à prendre à gauche, à droite. Tous les gens qui sont à la tête des médias de proximité, ils ont de l'expérience, c'est des gens qui connaissent leurs médias et donc il y aurait moyen de faire quelque chose de pertinent ensemble. Mais aujourd'hui, en fait, on se divise sur ces questions de financement.
Host/Interviewer
D'ailleurs, ce réseau des médias de proximité, cette structure-là, c'est un peu ça l'idée en fait, c'est de travailler ensemble un maximum.
Valentine Lissoir
Oui, alors c'est toujours compliqué de travailler ensemble parce qu'il y a douze visions, douze envies d'avancer différentes. Par contre, il y a deux façons de voir le réseau des médias de proximité. Soit le renforcer et lui donner un rôle stratégique, soit l'affaiblir. Et si on n'est pas d'accord sur la vision même qu'on donne au réseau des médias de proximité, alors ça va être particulièrement compliqué pour écrire la suite de l'histoire.
Host/Interviewer
Et cette vision-là, aujourd'hui, elle n'est pas claire ?
Valentine Lissoir
Non.
Host/Interviewer
Une dernière question peut-être. On entend dire qu'on va appauvrir la couverture locale de l'information avec ces fusions. Du côté de la ministre, on dit non. Au contraire, on va renforcer des pôles médiatiques plus solides, plus sains économiquement et donc permettre à cette info locale de perdurer dans le temps. Vous vous en pensez quoi ?
Valentine Lissoir
Je ne peux pas être contre à 100%. De nouveau, ça va dépendre du financement et comment il va être réparti entre nous. On peut envisager de travailler différemment et c'est ce qu'on essaye de mettre sur pied avec CanalZoom et Mouquet, en travaillant avec cette idée de rédaction décentralisée. Il y a déjà une rédaction décentralisée qui existe à Philippeville, mais l'idée c'est de renforcer encore et d'ouvrir des nouvelles rédactions encore plus proches du territoire. pour couvrir de façon différente toute notre zone.
Host/Interviewer
Quand vous dites rédaction décentralisée, c'est quoi ? C'est un petit bureau avec une, deux personnes qui couvrent vraiment ce qui se passe autour d'elles.
Valentine Lissoir
C'est ça. Donc deux personnes qui ont des kit mojo. Alors souvent elles habitent la région, donc elles partent directement avec leur kit mojo.
Host/Interviewer
Kit mojo, on peut peut-être expliquer.
Valentine Lissoir
C'est des moyens légers, c'est un iPhone avec un espèce de stabilisateur, un petit micro et ça permet de partir seule en tournage et d'envoyer toutes les images à un centre de production qui serait ici situé à Namur et qui permet de compiler toutes les productions. et d'en faire un JT ou de les publier sur les réseaux sociaux. En fait, on a des moyens maintenant techniques. Avant, ça n'existait pas. Donc ça veut dire qu'ils devaient faire une cassette et puis il y a quelqu'un qui était mandaté au sein des médias de proximité pour conduire la cassette d'un média de proximité à l'autre. Aujourd'hui, on a tout ce qui est digitalisation qui nous permet d'être beaucoup plus fluide là-dessus.
Host/Interviewer
Et cette agilité, quelque part, elle peut permettre de s'inscrire encore plus profondément, on va dire, au niveau local, un peu partout, tout en ayant ces pôles centralisés.
Valentine Lissoir
Et donc ça, ça pourrait marcher si on conserve un financement qui nous permet de garantir l'emploi et la proximité, donc le nombre de journalistes présents sur le terrain. et de cadreur et autres, mais vraiment tous les métiers, pour être certain qu'on puisse continuer à faire de l'information de qualité. C'est ça l'enjeu. C'est le financement pour conserver l'emploi et qu'on puisse continuer à fournir de l'information. Après, c'est de l'organisation, c'est de la popote interne.
Host/Interviewer
L'horizon pour cette réforme, c'est donc 2031. Cinq ans pour avoir des réponses claires sur l'impact financier de la réforme, organiser des rapprochements, mais aussi définir une vision commune au sein du réseau des médias de proximité. On l'entendait avec Valentine Lissoir, les avancées technologiques pourraient aider à avoir à la fois des pôles médiatiques solides et réduits, tout en conservant une vraie présence de terrain très ancré localement. Car l'enjeu il est là, garder le contact entre le public et le tissu local, associatif, sportif, scolaire. Tout ce qui fait la richesse des médias de proximité et sa nécessité démocratique aussi. Merci à nos invités Bernard Kools, directeur des études de l'agence Mediaspace et professeur invité à l'UCLouvain en socio-économie des médias. Et Valentine Lissoir, directrice de Bouquet et CanalZoom. A la réalisation de cette émission, Valentine Gourdange. A la préparation, Sarah Pousset et Marie Van Kutsem. Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un nouvel épisode des Clés Médias.
Date: 16 octobre 2025
Host: Arnaud Ruyssen (RTBF)
Guests: Bernard Kools (Directeur des études, Mediaspace & professeur UCLouvain), Valentine Lissoir (Directrice de Bouquet et CanalZoom)
Cet épisode se penche sur l’avenir des médias de proximité en Belgique francophone, à la lumière de la réforme initiée par la ministre Jacqueline Galland. L’émission analyse les raisons et les conséquences d’une rationalisation du secteur : fusions, baisses de subventions, menaces sur l’emploi, identité locale, et rôle démocratique de ces médias. À travers des analyses, témoignages et échanges entre acteurs du secteur, l’émission tente de démêler la complexité des enjeux pour ces médias uniques et indispensables au lien social local.
Panorama des médias de proximité francophones
Il existe actuellement 12 médias de proximité (ex-télés locales) en Fédération Wallonie-Bruxelles, chacun ancré dans son territoire.
"Nos télés, Télé-MB, Antenne-Centre, Télé-Sambre [...] BX1 à Bruxelles, TVcom dans le Brabant-Wallon avec aussi CanalZoom [...] Bouquet et Matélé, TV Lux, Vedia et 4 à Liège." (Host, 00:19)
Réforme initiée par la ministre Jacqueline Galland
Objectif : fusionner certains médias et diminuer les subventions, en calquant la répartition sur les provinces (6 pôles à l’horizon 2031, parfois 2 selon la démographie).
"La ministre des médias [...] veut rationaliser le système. Il s'agit de fusionner certains médias, de raboter aussi les subventions." (Host, 00:29)
Inquiétudes des professionnels du secteur
Les manifestations professionnelles dénoncent une absence de concertation, des risques pour l’emploi, la qualité de l’information locale, et le tissu démocratique.
"La formule est imbuvable, le plan est imbuvable [...] on n’a pas voix au chapitre." (Daphné Bertrand, 02:37)
L’importance du lien local
Ces médias sont souvent le seul moyen d’informer les populations rurales ou excentrées, rendus vulnérables avec la disparition de la presse écrite nationale et régionale.
"C'est vraiment la proximité avec les gens." (Bernard Kools, 01:52)
Origines associatives et évolution
Nés dans les années 70-80 de la volonté de la société civile, ces médias ont d’abord fonctionné comme médias « pirates » et sont devenus progressivement plus professionnels.
"C'était vraiment des passionnés qui se sont regroupés pour faire connaître [...] il y avait vraiment une envie d’être au plus près du citoyen." (Valentine Lissoir, 07:20)
Rôle pluraliste et démocratique
Ces médias participent à la vitalité démocratique, couvrant les enjeux locaux, culturels, sportifs et éducatifs qui n’intéressent pas les grands médias nationaux.
"On est là vraiment pour faire du lien au quotidien et on alerte, on sensibilise." (Laurent Constantioello, 05:39)
Statut associatif (ASBL non-profit)
"On est totalement dans le non-profit." (Bernard Kools, 08:45)
Financement mixte
"Pour Bouquet, le subside de fonctionnement est de 768 000 euros cette année." (Valentine Lissoir, 12:11)
Difficultés de transparence et d’homogénéité
"On peut perdre une subvention communale d’un coup. Mais directement c’est un impact." (Valentine Lissoir, 19:07)
Gestion & obligations
Chaque média a des quotas de production et remet un rapport annuel au CSA sur différents volets : information, culture, animation, éducation permanente.
"On doit rendre un bulletin au CSA, on complète tout un document et le CSA nous revient." (Valentine Lissoir, 11:35)
Richesse éditoriale
Journaux quotidiens locaux, débats, reportages, sport local, émission culturelle et historique, formats éducatifs — adaptés à chaque territoire.
"La grande force des médias locaux, c’est aussi la couverture du sport avec des divisions ou des disciplines moins médiatisées." (Valentine Lissoir, 15:38) "Des émissions culturelles, historiques, culinaires, le tout pour mettre en valeur le patrimoine local." (Valentine Lissoir, 16:12)
Audience
Études ponctuelles (dernière en 2023), difficulté de mesurer l'audience sur des territoires restreints, chiffres peu représentatifs et difficilement comparables.
"Une étude tous les trois ans, c’est beaucoup trop peu." (Bernard Kools, 23:18) "On n’est pas cimés... ce ne serait pas qualitatif [...] il ne serait pas représentatif de la réalité de l’audience." (Valentine Lissoir, 21:07)
Hétérogénéité des ressources et des publics
Disparités de financement, mais un public fidèle, même si les méthodes de mesure mériteraient d’être modernisées.
Découpage par province discuté
Certaines frontières administratives ne correspondent pas à la réalité des bassins de vie ou des zones de couverture. Des structures chevauchent plusieurs provinces.
"Est-ce que l’antithème administratif province est vraiment le découpage cohérent par rapport à des bassins de vie ?" (Bernard Kools, 22:25)
Rationalisation, économies, mutualisations
Les rapprochements sont envisagés sous l’angle technique/d’infrastructure, à condition que cela épargne l’humain et la proximité éditoriale.
"Si faire ces économies techniques nous permet de préserver l’humain et notre relation de proximité, alors on a tout gagné." (Valentine Lissoir, 23:45)
Recherche de financement privé
Déjà pratiquée via productions et diversifications, mais le marché est saturé et la pression des grandes plateformes limite la visibilité et les revenus publicitaires.
"Ce n’est pas simple. C’est un marché qui est saturé... Et avec le déclin au niveau publicitaire..." (Valentine Lissoir, 24:25) "Sur nos sites internet, Google maintenant, l’intelligence artificielle résume... Les gens ne cliquent plus sur nos sites." (Valentine Lissoir, 24:53)
Emploi menacé par la stagnation des subventions
L'emploi représente 80% du budget, et les subventions ne sont pas indexées, ce qui va mécaniquement éroder l'effectif.
"L’emploi, ça représente 80% de notre budget. [...] Dès que j’ai mes salaires qui vont être indexés, d’ici 3 ou 4 ans, ça va commencer à devenir compliqué." (Valentine Lissoir, 26:04)
Nécessité de collaboration mais résistances internes
L’avenir du réseau dépend de la construction d’une vision commune ; mais à cause de la compétition pour des ressources limitées et des intérêts divergents, la réforme risque de jeter une division entre les antennes.
"Il y a vraiment pour l’instant deux positions au sein du réseau." (Valentine Lissoir, 27:19) "Si on n’est pas d’accord sur la vision même qu’on donne au réseau des médias de proximité, alors ça va être particulièrement compliqué pour écrire la suite de l’histoire." (Valentine Lissoir, 28:10)
Réponse à la réforme : vers la rédaction décentralisée
Expérimentation de nouveaux modèles : petites unités mobiles (kit mojo), décentralisation, agilité et adaptation technologique afin de maintenir la couverture locale malgré moins de moyens centraux.
"Deux personnes qui ont des kit mojo [...] elles partent directement avec leur kit mojo." (Valentine Lissoir, 29:25) "On a des moyens maintenant techniques. Avant, ça n’existait pas." (Valentine Lissoir, 29:33)
Sur l’importance de l’information locale :
"Si on n’existe plus, c’est l’information qui va y perdre." (Bernard Kools, 00:01)
Sur le malaise face à la réforme :
"La formule est imbuvable, le plan est imbuvable, la manière aussi dont on est non considéré dans cette histoire est imbuvable." (Daphné Bertrand, 02:37)
Sur le financement et la fragilité :
"Une fois qu’on a une relation directe de subvention ou de partenariat avec une commune, comme on raconte aussi les histoires politiques locales, parfois ça peut jouer en notre défaveur." (Valentine Lissoir, 19:07)
Sur la nécessité d’une vision partagée :
"Travailler ensemble parce qu’il y a douze visions, douze envies d’avancer différentes… Si on n’est pas d’accord sur la vision même qu’on donne au réseau des médias de proximité, alors ça va être particulièrement compliqué pour écrire la suite de l’histoire." (Valentine Lissoir, 28:10)
Calendrier & prochaines étapes
La réforme s’étale jusqu’à 2031, avec cinq ans pour organiser les fusions, clarifier le financement et stabiliser un nouveau modèle collectif.
"L’horizon pour cette réforme, c’est donc 2031. Cinq ans pour avoir des réponses claires sur l’impact financier de la réforme, organiser des rapprochements, mais aussi définir une vision commune au sein du réseau des médias de proximité." (Host, 30:52)
Synthèse de l’enjeu démocratique
Maintenir la qualité, le lien social, l’ancrage local et la vitalité démocratique grâce à ces acteurs, qui restent un pilier indispensable face à l’effacement progressif d’autres formes de presse et au bouleversement numérique.
L’épisode éclaire la situation incertaine des médias de proximité, tiraillés entre une volonté de modernisation, des impératifs budgétaires et la nécessité de maintenir un lien démocratique et de qualité avec les citoyens. Malgré les difficultés, les intervenants témoignent d’une détermination à réinventer leur modèle, tout en soulignant que la clé de l’avenir – et de la survie de l’information locale – sera une question de vision commune, d’adaptation technologique… et de financements.