
Les médias de service public sont historiquement très présents en Europe. Comme les médias privés, ils sont confrontés à une série de mutations : de l’information, des dispositifs, des modes de consommation... Mais avec leur dimension publique, ils font face à une ...
Loading summary
Host (François-Henri)
Exercice épineux que celui de parler de l'audiovisuel public à la radio publique.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
La première...
Sarah Poussey (Journalist)
Les clés.
Host (François-Henri)
Médias... Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans les clés médias. On ausculte chaque semaine le secteur et aujourd'hui on va s'intéresser aux médias publics. Ils sont historiquement très présents en Europe et subissent, comme les médias privés, la mutation de l'information avec le numérique et les changements de mode de consommation de cette information. Mais avec leur dimension publique, ils font face à une série de défis supplémentaires. L'indépendance face au pouvoir, la bonne gouvernance, les économies sur leur subvention, la sauvegarde du pluralisme et de l'impartialité. On décode et on voyage dans cette émission puisque nous irons dans plusieurs pays grâce à nos correspondants, sans omettre la Belgique bien sûr, mais revenons pour commencer sur un cas particulièrement emblématique, celui de la BBC. Ce discours, c'est celui de Donald Trump, le 6 janvier 2021, jour de l'invasion du Capitol. Cet extrait est inséré dans un documentaire de la BBC, diffusé une semaine avant l'élection présidentielle américaine, en novembre 2024. Coupé.
Joyce Hazard (Journalist)
Pour un documentaire panoramique, maintenant trouvé.
Host (François-Henri)
Pour avoir mis en erreur les spectateurs. Fait pour sembler qu'il incitait explicitement la violence. L'affaire fait alors l'objet d'une enquête en interne à la BBC. Mais le Daily Télégraph, journal britannique conservateur, sort l'info en novembre 2025. Tempête. Tim Davie, le directeur général de la BBC, démissionne. Ainsi que Deborah Turness, la directrice de l'Information. C'est une breaking news sur la BBC.
Valérie Dupont (Correspondent)
C'est une nouvelle très importante qui vient d'arriver dans les dernières minutes. Les dirigeants de la BBC, Tim Davie et Deborah Turness, qui est la présidente de la nouvelle, ont résigné. Le président de la BBC, Samir Shah, a dit que c'était un jour triste pour la BBC.
Host (François-Henri)
Le Télégraphe mentionne aussi un point de vue partisan dans la couverture de la guerre à Gaza. Cette double démission inquiète Lord Patton, ancien président du conseil d'administration de la BBC.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Je suis vraiment désolé pour Tim Davies et sa collègue. C'est vraiment important pour nous aujourd'hui de protéger l'intégrité et l'indépendance du média public. On ne peut pas perdre ça sans perdre une contribution importante à notre démocratie.
Host (François-Henri)
Donald Trump, lui, porte plainte, notamment pour diffamation, mi-décembre 2025. Il réclame 10 milliards de dollars aux médias publics britanniques. Ces événements interviennent dans un contexte déjà tendu pour la BBC. Un budget diminué de 30% depuis 2010, la suppression de 1800 emplois, des économies imposées à plusieurs grands rendez-vous d'informations, dont Panorama, l'émission d'enquête qui a diffusé ce discours au montage trompeur. La BBC doit à présent se réinventer. Nouvelle direction, réflexion sur sa ligne éditoriale et les balises pour éviter les dérapages. Réflexion aussi sur son déploiement malgré les subventions en baisse. Vous êtes professeur en sociologie des médias et communication politique à l'ULB. On a commencé avec la BBC parce qu'il me semble que c'est un cas assez représentatif des défis auxquels font face les médias publics aujourd'hui. Respect du pluralisme, de l'impartialité, les économies qui impactent les rédactions, les attaques politiques aussi. Est-ce que pour vous la vénérable BBC, qui est quand même une référence dans le monde entier, elle est en danger aujourd'hui Pas particulièrement.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Elle reste la référence, elle reste l'étalon auquel on mesure à peu près tous les services publics audiovisuels du monde. Et je pense que l'ampleur de la crise et surtout de ses conséquences montre une chose en particulier qui doit nous rassurer, c'est que le niveau d'exigence d'une institution comme celle-là est maximal. Il est bien plus élevé que celui d'autres institutions comparables dans le secteur privé. Et je pense que c'est à ce titre que cette réaction n'est pas une surréaction pour ce qui ne relève que d'une erreur, même si elle est majeure, d'une équipe de journalistes. Et donc, simplement, ça montre qu'il y a une attente vis-à-vis du public d'avoir un travail qui est irréprochable. Ça n'a pas été le cas ici et ça a donné lieu aux démissions les plus importantes que l'on puisse imaginer. Donc je pense que ça doit nous rassurer, au contraire, sur le fait que si cette exigence existe encore, si la pression a été telle de la part du public et de la part de tous les milieux, ça prouve que la BBC reste une institution de référence et qu'elle ne tolère pas une erreur de cette nature qui, il faut le dire, serait tolérée dans certaines chaînes privées, en particulier celles qui produisent des contenus journalistiques largement biaisés, y compris au Royaume-Uni. Donc on compromet que les standards de qualité et les exigences sont au maximum et c'est pour ça que la BBC, en matière d'information, reste la référence.
Host (François-Henri)
On va, je le disais, voyager dans cette émission. On vous emmènera en Italie, en France. On va aussi aller jeter un oeil en Flandre. Mais avant cela, on va poser les bases avec vous, François-Henri. C'est quoi un média public Qu'est-ce qu'on entend par là, en fait En fait.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Je préfère qu'on continue à parler de médias de service public, parce que parler de service public, c'est rappeler qu'il s'agit de proposer au public, aux citoyens d'un pays ou d'un État, un service public au même titre que les autres services publics. celui de la sécurité à travers par exemple la police et l'armée, celui de la santé, des hôpitaux, tout cela, des infrastructures, des transports, tout cela relève de services qui sont organisés par l'Etat parce que nous estimons qu'ils sont importants voire fondamentaux pour le bien-être, la sécurité des citoyens et sur le fonctionnement du pays. Et je pense que c'est à ce niveau-là qu'il faut resituer le service public audiovisuel, ce n'est pas un luxe, ce n'est pas quelque chose d'accessoire, quelque chose dont on pourrait se passer, c'est quelque chose de fondamental parce qu'il fournit à toute une série de services dont, au fond, le pays et ses citoyens ont besoin.
Host (François-Henri)
Est-ce que c'est plutôt une tradition européenne avec en tout cas cette notion d'indépendance par rapport au pouvoir ou bien c'est juste qu'on connaît moins ce qui se passe ailleurs dans le monde Non, c'est.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Très nettement une institution qui a une place plus importante en Europe parce que l'état social est plus développé en Europe et c'est à ce titre qu'il relève encore une fois de la palette des services. On protège le citoyen de toute une série de de menaces et aussi on met à disposition toute une série de services pour l'aider. Les médias en font partie, tant pour l'information, qui est celle dont on parle peut-être le plus souvent, mais il ne faut pas oublier les autres missions des médias de services publics, qui dans les différents pays se ressemblent d'une façon ou d'une autre. La promotion de la culture, l'éducation permanente, par exemple la valorisation du patrimoine, sont toutes des fonctions qui sont également très importantes et qui sont assumées par les médias.
Host (François-Henri)
Autre caractéristique, c'est l'argent. L'argent public, élément central dans le business model de ces médias de services publics. Ça veut dire que les citoyens payent pour leurs médias publics. Alors ça ne fonctionne pas partout pareil. On a à la fois des systèmes de redevance, dans d'autres pays c'est un impôt. On peut peut-être détailler cela avec vous.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Je pense que finalement ce n'est pas totalement fondamental. La question est de savoir si on fait des médias publics une dépense comme les autres, qui donc constitue une ligne sur le budget de l'État, ou si on demande aux citoyens de payer spécifiquement une sorte de cotisation pour ces médias publics, qui ont dans certains cas et dans certains pays été associés à la possession des équipements correspondants. Donc s'il s'agissait de services publics de radio ou de télévision, les gens qui n'avaient pas de radio ni de télévision ne voyaient pas à quel titre ils devaient payer pour les médias publics. Et donc c'est comme ça qu'on a lié la possession des équipements au paiement d'une redevance. Et puis il est apparu dans beaucoup de contextes que c'était un petit peu absurde, d'une part parce que le poste de télévision ou de radio n'était certainement pas le seul moyen d'accéder au contenu des médias audiovisuels, mais surtout Je pense qu'on est arrivé à l'idée que c'est un service public dont tout le monde doit contribuer au financement, même si on ne s'en sert pas et même si on n'en a pas besoin. Au même titre que, par exemple, les citoyens belges qui n'ont pas d'enfants payent aussi des impôts qui servent à financer les écoles. Les citoyens belges en bonne santé financent aussi le système de santé et les hôpitaux. Donc je pense que, encore une fois, si on accepte que ça fait partie de la palette des services publics nécessaires, Il est normal qu'on le paye par l'impôt. Je pense que la plupart des citoyens ne sont pas très sensibles à ce genre de nuances. La question est de savoir s'ils trouvent légitime qu'on utilise l'argent public et donc leurs impôts pour financer ce genre d'institutions.
Host (François-Henri)
Un petit mot de l'Allemagne, François Hendrix, où les citoyens payent 18 euros par mois d'euros de vente. On a une habitante à Bas-de-Bavière qui a saisi la justice pour être dispensée de cette redevance parce qu'elle estimait que la couverture médiatique proposée par les médias de service public manquait d'impartialité et donc ne remplissait pas sa mission de service public. Et, important, la Cour administrative fédérale a jugé sa plainte recevable. C'est le symptôme de quoi ça C'est.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Le symptôme du fait qu'on est sur un registre extrêmement sensible qui est celui de l'objectivité, de la neutralité de l'information. On est là encore une fois plutôt sur le registre de l'information, encore que pas seulement, sur les contenus culturels aussi. On imagine que la logique qui a conduit aux Etats-Unis par exemple à essayer d'interdire certains livres parce qu'ils contenaient des éléments qui étaient susceptibles de d'influencer les comportements des jeunes ou de refléter une certaine idéologie. Enfin, en général, on est sur un débat plus sur l'information. Et d'une manière générale, les rédactions des médias publics sont souvent accusées d'être à gauche, d'être biaisées. Mais il faut bien dire qu'ils en sont souvent accusés par des politiciens de droite et le plus souvent par des politiciens d'extrême droite. Donc la question de savoir si on est...
Host (François-Henri)
Après, ça n'empêche pas non plus une remise en question, j'imagine, au sein des rédactions. Il faut pouvoir se poser cette question.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
De Tout à fait être attentif à cela et je dirais que de ce point de vue la Belgique francophone a toujours une stratégie qui me paraît être la meilleure, qui n'est pas celle de prétendre à une quelconque neutralité mais de s'assurer d'un certain pluralisme à différents niveaux. Ça ne veut pas dire qu'on doit toujours donner un point de vue et son compte. c'est-à-dire qu'on va s'assurer à différents niveaux qu'il y a une représentativité, généralement, et c'est l'esprit de ce qu'on appelle le pacte culturel, qui est relativement proportionnel à la distribution des sièges au Parlement de la Fédération Oloni Bruxelles, de manière à tenir, au fond, cette diversité au rythme de la diversité au sein des citoyens et au sein de la population. Et c'est le mieux que l'on puisse faire. Mais on ne pourra jamais démontrer ni la neutralité et encore moins le biais, sauf à le mesurer de façon répétée. Il y a des cas extrêmes qu'on voit actuellement, quand on étudie les contenus d'une télévision d'information comme CNews en France, on voit que là, objectivement, on sent bien qu'il y a un fort biais politique et idéologique, surtout sur certaines émissions, et que donc là, on pourrait certainement, et d'ailleurs l'autorité en France est régulièrement saisie en la matière. Quand on est sur le service public, que certains citoyens ne s'y retrouvent pas par rapport à d'autres, je pense que c'est une Ça doit nous rappeler qu'il faut rester attentif au fait que l'information doit rester plus réaliste et la plus neutre possible. Mais critiquer, par exemple, un programme ou des actions d'un politicien de droite ne vous transforme pas en journaliste biaisé à gauche. Parce que c'est un petit peu ça qu'on voit de façon extrême. Et les phénomènes extrêmes sont toujours très intéressants pour ce qu'ils révèlent. Aux États-Unis, actuellement, on voit très bien que c'est ce qui se passe. Dès que vous critiquez Trump ou sa politique, vous êtes anti-Trump, vous êtes méchant, vous êtes communiste, vous êtes terroriste. et on doit vous faire taire. Et ça fonctionne assez bien à force de répétition. Ça finit par créer une sorte d'auto-censure auprès des journalistes. Donc il ne faut pas tomber dans ce piège que quand un journaliste... Oui.
Host (François-Henri)
L'Info n'est pas forcément de gauche ou de droite.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Exactement. L'information, quand elle est objective et qu'objectivement elle entrave les idées ou les discours ou les programmes d'une certaine formation politique, ça ne vous rend pas biaisé contre cette formation politique.
Host (François-Henri)
En Suisse, la population a voté oui à un référendum en 2018 pour le maintien de la redevance pour financer la radio-télévision suisse, la RTS. Mais depuis, c'est un sujet qui n'en finit pas de revenir sur la table, sur le montant à payer surtout. Est-ce que cette question de la redevance, je reviens un instant là-dessus, est-ce qu'elle ne rend pas finalement très concret quelque part le montant annuel à débourser pour chacun pour ces médias publics Et est-ce que ce n'est pas ça qui en fait un sujet touchy, surtout dans un contexte où on sait qu'il y a des grandes économies, que au niveau financier pour la population. Ce n'est pas toujours évident, etc.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Je crois que cette année, ça fait partie d'une transparence qui a déjà été tentée à plusieurs niveaux, qui est d'expliquer davantage aux citoyens qui se plaignent toujours de payer trop de taxes et d'impôts, de lui expliquer la répartition de l'affectation de l'argent qu'ils payent. Ça, dans certains cas, ça aide, dans d'autres, ça n'aide pas. Et quand, par exemple, un citoyen voit qu'une partie énorme de ce qu'il paye comme impôt sert juste au remboursement des intérêts de la dette, de l'Etat, ça a quelque chose de totalement déprimant et de totalement démotivant. Mais de voir par contre, sur une base mensuelle, combien coûtent les médias publics, par exemple, me paraît un exercice très sain au niveau de la transparence et au niveau du réalisme de ce que ça peut représenter pour les citoyens et pour les institutions en question, étant entendu qu'en Belgique francophone, par exemple, on est dans un cas très particulier qui est...
Host (François-Henri)
Il n'y a plus de redevances chez nous.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Alors voilà, mais je veux dire que quand on sait ce que coûte, ou si le citoyen savait ce que coûte, si on le divisait par les citoyens, la RTBF par exemple, je n'ai jamais fait le calcul, ils se rendraient compte à quel point c'était un miracle de pouvoir produire des radios, des télévisions, un site web avec un budget et des moyens qui sont très limités et qui sont dus au fait qu'on est sur un marché tellement restreint. La fédération Anonyme Bruxelles, c'est Entre 4 et 5 millions d'individus, à l'échelle mondiale, c'est une ville de moyenne importance. Et pour nous, les médias qui couvrent la Fédération Allemagne de Bruxelles sont des médias dits nationaux, qui doivent couvrir aussi l'actualité internationale, locale, nationale, etc. Donc, tout ce qui se passe en Belgique au niveau médiatique est un petit miracle. Et je pense qu'il y aurait, et ça devrait faire partie de l'éducation en médias, il y aurait, je vois, une vraie vertu à mieux expliquer aux citoyens ce que ça coûte, d'où vient cet argent et quelle utilisation très, finalement, très parcimonieuse il en est fait au niveau de son service public.
Host (François-Henri)
Petite fouille dans les archives de notre site web, un certain Arne Reussen, que vous connaissez bien, avait fait le calcul il y a quelques années. Alors ça a sans doute un poil bougé depuis, mais en 2021, il avait donc calculé que la RTBF coûtait environ 134 euros par an par ménage, soit 11 euros par mois. Vous pouvez consulter l'article complet sur RTBF info. C'est le moment d'aller jeter un oeil en Flandre. On a eu vent des nombreuses grèves qui ont secoué la VRT suite à des coupes budgétaires. Où en sommes-nous aujourd'hui Réponse avec Sarah Poussey et Joyce Hazard.
Sarah Poussey (Journalist)
Cet été, la VRT a négocié son nouveau contrat de gestion avec le gouvernement flamand. Le média public devait économiser 16 millions d'euros par an pendant toute la législature. 600 millions d'euros se sont ajoutés en ce début janvier au grand dam des syndicats. Mais globalement, on peut quand même dire que le climat social est un peu plus apaisé car la VRT revient de loin. En 2019, le gouvernement de Yann Jambon lui impose 25 millions d'économies par an et surtout un grand plan de transformation avec pour la première fois dans l'histoire du média public une cinquantaine de licenciements secs. La journaliste Joyce Hazard lit directement cette décision à la composition du gouvernement flamand de l'époque.
Joyce Hazard (Journalist)
L'ANVA, depuis longtemps, trouve qu'on donne trop d'argent à la VRT et que la VRT fait aussi de la concurrence un peu déloyale, on va dire, aux médias privés. Depuis longtemps, elle voulait, entre guillemets, vider un petit peu les caisses, peut-être pas vider, mais en tout cas donner moins de moyens, et c'est ce qu'elle a fait. C'était clairement un choix politique.
Sarah Poussey (Journalist)
Cette influence du parti nationaliste a aussi eu un impact sur les missions du service public.
Joyce Hazard (Journalist)
J'ai travaillé 20 ans à la VRT donc j'ai quand même aussi pu constater une certaine évolution personnellement on va dire. Mais dans le contrat de gestion, il est clairement indiqué à plusieurs reprises que l'une des missions principales de la VRT et de renforcer la culture flamande, de renforcer l'identité flamande.
Sarah Poussey (Journalist)
C'est surtout dans la programmation des émissions du Média Public que Joyce Hazard a constaté de grands changements.
Joyce Hazard (Journalist)
L'AVRT, par exemple, a développé Tverhal van Vlaanderen, qui est l'histoire de la Flandre. Il faut savoir que c'est une série documentaire en plusieurs épisodes qui a coûté extrêmement cher, et ce, en plus, en pleine période d'économie de l'AVRT. que le gouvernement flamand a lui-même déboursé jusqu'à presque 2 millions d'euros venant en fait de ces différents portefeuilles ministériels pour pouvoir en fait absolument mettre en oeuvre cette émission. Et il y a eu d'autres sortes de programmes similaires comme par exemple le Knappkoppen. Cette émission-là a aussi été considérée comme une commande du gouvernement flamand et ce qui a fait couler beaucoup d'encre en fait dans les médias.
Sarah Poussey (Journalist)
Comme d'autres médias, la VRT est aussi ciblée dans le débat public. Les attaques viennent principalement du monde politique, de Théo Francken par exemple à la N-VA, mais aussi et surtout du parti d'extrême droite, le Vlaams Belang.
Joyce Hazard (Journalist)
J'ai l'impression que malgré tout, il reste une grande fidélité des Flamands envers leurs médias de service public. que ce soit des chaînes radio ou télé, j'ai l'impression qu'elles ont encore le dima qu'il faut et l'audience qu'il faut. Donc, je n'ai pas l'impression qu'au niveau du public, on peut constater autant d'attaques. En revanche, au niveau politique, si. Là, on peut dire qu'il y a quand même des attaques assez récurrentes.
Host (François-Henri)
Deux choses intéressantes ici, François Hendrix. La première, ce sont ces commandes réalisées par le gouvernement flamand. Des commandes qui coûtent cher, on l'entend, dans un budget déjà serré pour la VRT. Est-ce que ce serait une forme, selon.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Vous, d'ingérence éditoriale L'inshérence éditoriale est concevable jusqu'à un certain point. L'indépendance des médias publics est quelque chose qui se négocie d'époque en époque et je pense qu'en Belgique, y compris en Flandre, on est encore tout à fait en sécurité par rapport à ce que l'on a pu voir ailleurs. On voit que quand des régimes autoritaires se mettent en place, c'est une des premières réformes qui est généralement entreprise, c'est la reprise en main des médias publics et ensuite tenter d'étouffer les médias privés. comme on reprend en main la justice et on a tous vu ce qui s'est passé en Hongrie et également à un certain moment en Pologne. Ici le fait de passer une commande relève d'une injonction qui n'est gênante que dans la mesure où ce qui est commandé serait, comment vous dire, éventuellement biaisé ou serait susceptible d'être manipulateur ou se fasse au détriment d'autre chose. Si on donnait l'injonction à la VRT, faites ceci dont on a besoin et alors vous supprimez cela dont on pense qu'on a un voisin. Là on est dans une ingérence qui qui remet en cause l'indépendance des médias. Mais une des caractéristiques fondamentales du média de service public, c'est précisément d'établir un périmètre d'indépendance tant au niveau politique qu'au niveau économique. Et de ce point de vue, malheureusement, la plupart des services publics ont dû laisser la place à la publicité. C'est le cas chez nous, côté francophone tout particulièrement. Ce n'est pas le cas à la BBC, en tout cas pas à l'antenne, mais néanmoins, quand on est amené à laisser la publicité sur l'antenne, on perd un petit peu de cette indépendance-là qu'on doit de nouveau gérer en mettant en place des dispositifs de sécurité. Une commande comme celle-là relève d'un cas un petit peu limite et il faut voir quel résultat ça va donner évidemment. Est-ce qu'il y a également une ingérence qui se fait sur les éléments qui seront mis en avant dans cette série documentaire Je n'en connais pas les détails. Est-ce que sur la forme éventuellement, voire sur le casting, là on serait certainement en quelque chose qui relève d'une ingérence qui ne doit pas être acceptée dans la mesure où, même si c'est de l'argent qui provient du gouvernement, ça ne leur donne pas le droit de prendre le contrôle de l'antenne comme on a pu le connaître à une certaine époque. On vient d'une époque où le service public était souvent sous l'autorité directe d'un ministère, par exemple.
Host (François-Henri)
Deuxième élément que j'ai trouvé intéressant dans cette séquence, c'est le soutien du public. Ça c'est quelque chose que vous nous dites, François Hendrix, que ce soit ici en Belgique ou ailleurs, en Europe, il y a un véritable attachement et une confiance aussi du public dans ces médias.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
C'est remarquable, tant dans l'attachement et donc dans la légitimité perçue de dépenser de l'argent public pour ces médias publics, mais le plus important, me semble-t-il, à l'époque de perte de confiance dans les institutions que nous connaissons, c'est qu'effectivement, même les derniers sondages qui sont faits à travers toute l'Europe par la Commission européenne, montre par exemple que quand on demande aux gens quels sont les médias dans lesquels vous avez le plus confiance, les médias publics sont premiers dans tous les pays d'Europe sauf la Hongrie et la Pologne et ça c'est remarquable.
Host (François-Henri)
On va se rendre chez nos voisins où Rachida Dati, ministre de la Culture du parti UDR, Union des Droites pour la République, pousse une réforme de l'audiovisuel public, réforme voulue par l'exécutif depuis au moins 2015 en réalité, mais jamais votée à l'Inpercept.
Adeline Percept (Correspondent)
Mais où est donc passée la BBC à la française La proposition de loi créant une holding regroupant France Télévisions, Radio France et l'Institut National de l'Audiovisuel a tout simplement disparu de l'agenda parlementaire. Le projet qui devait être le grand chantier de la ministre de la Culture, Rachida Dati, est au point mort. Pourtant, une proposition de loi a bien démarré son chemin parlementaire par une première lecture au Sénat en 2023. Puis, c'est la dissolution et l'instabilité qui s'ensuit. Le texte arrive quand même en première lecture à l'Assemblée nationale en juin dernier. Mais à ce stade, il est rejeté. Car comme les syndicats, la gauche est contre le projet. Elle craint un grand plan social et des pressions politiques trop fortes sur une future direction, bien seule, en tête du grand paquebot. Le Rassemblement national, lui aussi, est contre pour d'autres raisons. L'extrême droite française estime qu'il faudrait privatiser le service public. Le projet est donc à l'arrêt, mais pas complètement enterré. Pour ces promoteurs, il faut impérativement armer l'audiovisuel public d'une structure plus efficace. Notons que des synergies sont déjà en place entre les télévisions locales de France 3 et la radio ICI. Le dernier budget a aussi enterriné des économies de 80 millions d'euros pour les antennes publiques. En interne, tout le monde en fait retient son souffle avant la présidentielle de 2027 qui va probablement remettre ce sujet brûlant au cœur des débats.
Host (François-Henri)
Qui est encore aujourd'hui, déjà en ce moment d'ailleurs, dans les débats puisque depuis octobre on a la mise en place au Sénat français d'une commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, initiée par l'UDR aussi. François-Henri, c'est le signe que la pression en France est encore un cran au-dessus.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Ici Oui, le paysage médiatique est vraiment bousculé pour l'instant en France, alors qu'il était assez inerte. Par exemple, l'ascension de cette chaîne CNews, qui a un gros succès et qui est vraiment un petit peu le modèle Fox News en France, est vraiment préoccupant. Cette vieille idée que j'ai entendue ici, qu'on entend régulièrement de privatiser le service public, elle revient de façon récurrente.
Host (François-Henri)
C'est la disparition du service public.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Oui, parce que l'idée qu'on puisse être plus efficace et faire ça mieux avec les outils du privé ne résiste pas à l'analyse quand on regarde un petit peu plus près comment ça se passe. Donc je pense que cette idée, elle passera. Mais ça laisse toujours des traces et ça peut donner lieu à des réductions des financements. Rappelez-vous comment on a interdit aux services publics de faire de la publicité après 20 heures par exemple pour essayer là aussi de favoriser la concurrence du privé. Donc je pense qu'on est dans une nouvelle phase qui est critique pour le service public en France. Mais je pense qu'une fois de plus il en sortira. Rappelez-vous que France Inter est la radio de loin la plus écoutée en France actuellement. Ça montre que le service public se porte très bien.
Host (François-Henri)
Alors, on peut parler de cas plus extrêmes aussi. Il y a la Hongrie où les médias de services publics sont quasiment devenus des outils de propagande. Autre pays, même genre de pression du pouvoir, on va aller en Italie où la radio et télévision de services publics, la RAI, autrefois appelée Mama RAI, a été rebaptisée Télé Mélanie depuis l'arrivée au pouvoir en 2022 du gouvernement de coalition de droite et extrême droite. Alors est-elle devenue, elle aussi, cette RAI et Télé Mélanie, un outil de propagande politique On voit cela avec notre correspondante Valérie Dupont.
Valérie Dupont (Correspondent)
Depuis près de 80 ans, ce générique est celui du Tiggi Uno, le journal télévisé le plus suivi de la télévision publique italienne. Samedi dernier, la présentatrice a lu ce communiqué du syndicat des journalistes.
Sarah Poussey (Journalist)
La RAI ne peut pas se passer de la commission de vigilance parlementaire bloquée.
Host (François-Henri)
Depuis plus d'un an.
Sarah Poussey (Journalist)
La RAI d'aujourd'hui ne répond pas correctement.
Host (François-Henri)
À son rôle de service public.
Valérie Dupont (Correspondent)
Les journalistes accusent la majorité politique de droite et d'extrême droite de bloquer les travaux de la commission parlementaire qui surveille le média de services publics et estime que la neutralité de l'information est en danger. Clairement, la politisation de la rail ne date pas d'hier. Elle est déjà dénoncée en 1968. On parle alors de lotisation, c'est-à-dire la répartition des trois chaînes publiques entre les différents partis politiques. Georgia Meloni n'a pas fait différemment, confirme le syndicaliste Daniele Makeda.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Ce gouvernement a fait ce que font tous les gouvernements, mais un peu plus fort.
Valérie Dupont (Correspondent)
Giorgia Meloni et les siens ont repris en main la raille. Le parti de Frères d'Italie a placé ses hommes dans la hiérarchie et à l'antenne, peu importe les audiences. Les programmes d'enquête, jugés trop critiques, ont été déplacés, arrêtés ou redimensionnés. Le gouvernement italien fait le moins possible pour respecter le Media Freedom Act et assurer plus d'autonomie aux médias publics. Sans commission de vigilance parlementaire, personne ne peut certifier chiffre à l'appui que Giorgia Meloni utilise la raille comme outil de propagande. Mais en apparence, cela y ressemble furieusement.
Host (François-Henri)
Donc François Hinderix, Valérie Dupont mentionnait il y a un instant le European Media Freedom Act. Est-ce qu'on peut peut-être expliquer avec vous.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
De quoi il s'agit Alors il s'agit d'un de ces textes qui, au niveau de l'Europe, présente un certain nombre de principes qu'on juge fondamentaux et que l'on va s'employer à s'assurer qu'ils sont respectés par les États membres mais qui finalement relèvent plutôt de déclarations de principes puisqu'en fait il est très difficile d'entreprendre des actions contre les États qui ne les respecteraient pas. Alors ils font l'objet parfois de sarcasme ou d'ironie de certains en disant que ce sont des textes qui ne servent à rien puisque si vous faites une loi qu'aucun juge ne peut utiliser, cette loi ne sert à rien. Et je ne suis pas d'accord dans la mesure où il s'agit avant tout d'un socle de principes qui sont associés à des choses aussi fondamentales que la démocratie libérale, par exemple, et que tout ce qui y est associé, donc quand on est en matière d'information, C'est quelque chose qui est menacé pour l'instant et qui doit donc certainement être consolidé dans des textes comme ceux-là. Il y a une portée symbolique quelque part.
Host (François-Henri)
L'Union Européenne dit voilà ça ce sont nos valeurs et il ne faut pas sortir du cadre.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Tout à fait symbolique mais il faut néanmoins que ça ne soit pas juste lettre morte. Si c'est juste quelque chose comme certains pensent que la déclaration des droits humains trop souvent et si ceux qui les entravent le font sans conséquence alors ça ne sert plus à rien. Je ne suis pas d'accord non plus, je pense que le fait que cette déclaration existe, qu'elle soit encore évoquée et même invoquée est absolument fondamentale, ne serait-ce que pour constater que ces articles sont de plus en plus violés dans le monde. C'est un indicateur et c'est un compas moral pratiquement par rapport à tout ça. Il en va de même pour des dispositifs qui sont peut-être un peu plus pointus sur tout ce qui a été mis en place par la Commission au niveau du numérique par exemple. et c'est un dispositif qui est complexe en trois volets, qui n'est pas ultra-puissant puisqu'on voit bien que ça n'empêche pas Meta et d'autres de faire à peu près ce qu'ils veulent, mais néanmoins, symboliquement, c'est le seul ensemble de cette taille qui met en place des dispositifs comme ceux-là, qui remettent en visibilité et en surplomb des principes fondamentaux qui sont liés à notre approche culturelle et politique européenne, qu'on a longtemps cru être à vocation universaliste. Et on se rend compte maintenant, notamment avec le retour de Baton aux Etats-Unis, que c'est peut-être un tropisme plus européen, mais à plus forte raison. Il faut pouvoir le verbaliser et le visibiliser.
Host (François-Henri)
Alors un mot de la fin avec vous, François Hendrix, comment on repense ces médias des services publics pour leur avenir Vous nous dites qu'il faut peut-être sortir aussi des cadres qu'on a l'habitude d'avoir en tête.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Oui, je pense qu'on est arrivé au bout de cette tranchée dans laquelle on est engagé. Il faut se rendre compte, on va bientôt fêter les 100 ans de l'INR. L'INR en 1930 quand elle a été créée...
Host (François-Henri)
L'Institut National de Radiodiffusion.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
Là, on était parmi les pays pionniers. Et en fait, c'est parce qu'il y avait eu une concertation internationale sur la distribution des fréquences radio, puisque la diffusion radiophonique était une nouvelle technologie. La Belgique avait reçu trois fréquences et devait décider ce qu'elle allait en faire. Elle a décidé d'utiliser deux de ses fréquences pour un service de radiodiffusion en langue néerlandaise et un autre en français. Donc, il était bien naturel que ce soit l'État qui l'organise et donc l'État avait le monopole de la radiodiffusion à l'époque. Il faut dire que c'est une époque aussi, entre deux guerres, où on était encore très inquiet des effets que pouvaient produire les médias. L'idée qu'on puisse diffuser en temps réel des messages sonores à travers tout le pays, ça semblait être potentiellement une arme de propagande trop puissante. Donc voilà, l'État voulait absolument avoir le contrôle et la maîtrise. Il l'a gardé jusque dans les années 50 où la télévision est apparue. Et là, de la même façon et pour les mêmes raisons, c'est l'État qui a organisé l'utilisation des fréquences et l'État a conforté son monopole cette fois-ci sur la radio-télévision. Et au fond, on est ici pratiquement un siècle plus tard dans le prolongement de cette histoire qui est une histoire de monopole pour des raisons techniques et de sécurité. Et certes la situation a évolué, certes le paysage a été dérégulé, la concurrence est arrivée, certes le numérique est arrivé, mais au fond on est néanmoins dans cette trajectoire de monopole de radio puis de radio-télévision. Et donc je pense que c'est quelque chose qui bride le service public. Alors on se rend bien compte évidemment que ça n'est pas faute d'avoir essayé. Les autres acteurs médiatiques ne voient pas du tout d'un bon oeil que le service public vienne marcher sur leur plate-banque.
Host (François-Henri)
Parce que j'allais dire, des déploiements sur le web, sur les réseaux sociaux, il y en a, les médias de services publics. beaucoup de tensions.
François Hendrix (Professor in Sociology of Media and Political Communication)
On n'a jamais eu de presse quotidienne ou hebdomadaire de service public. Mais si vous y réfléchissez, ça aurait tout son sens. Au fond, peut-être qu'il y a des gens qui voudraient s'abonner à un journal quotidien qui serait rédigé et préparé par une instance de service public. Ça ne s'est jamais fait. Donc, je pense que ce cloisonnement entre la presse quotidienne, la presse hebdomadaire, la radio, la télévision et puis le web qui coupe un peu à travers tout ça. Ce cloisonnement est totalement dépassé aujourd'hui. Le numérique nous amène sur un rapport plutôt aux marques. plutôt aux ensembles médiatiques et donc les services publics doivent pouvoir se redéployer dans cette logique-là et pas juste tenter une excroissance dans cette direction-là et de sortir de ce carcan radio-télévisuel. Je pense qu'il faut que quelqu'un ait le courage un jour de reprendre une feuille blanche et de dire au fond, s'il fallait aujourd'hui organiser une institution qui produise des contenus de services publics à travers tout l'arsenal médiatique existant, à quoi ça ressemblerait Et un jour quelqu'un le fera.
Host (François-Henri)
Fin de l'émission, moment de la conclusion. Est-ce que les médias de service public vont bien Côté réception, pas trop mal. Bon niveau de confiance, le meilleur en Europe dans le paysage médiatique général, et attachement du public. Pour autant, il ne faut pas se leurrer les attaques incessantes de certains partis, de droite principalement, mais pas seulement. Songez à la France et aux relations conflictuelles de Jean-Luc Mélenchon avec les journalistes. Tout cela, en tout cas, pèse et fragilise les médias publics, tout comme les coupes budgétaires, les ingérences éditoriales, les pressions. Mais qu'ils soient au centre de tant d'attentions et d'attaques politiques veut sans doute dire aussi l'importance de ces médias aujourd'hui. Merci à Joyce Hazard, Adeline Percept et Valérie Dupont, nos correspondantes. A la réalisation de cet épisode, il y avait Guillaume De Smet, à la préparation Sarah Poussey et Marie Van Kutsem. Merci pour votre précieuse écoute et votre soutien aux services publics. Et à très vite pour de nouvelles clés médias.
Host: François-Henri (RTBF)
Episode: #médias : Quel avenir pour les médias de service public ?
Date: January 15, 2026
This episode of "Les Clés" dives into the current state and the uncertain future of public service media. Host François-Henri and guests—including Professor François Hendrix (ULB), journalists Sarah Poussey, Joyce Hazard, and correspondents from France and Italy—debate the unique challenges media of public service face: funding cuts, political pressure, questions of impartiality, and evolving societal expectations. Through case studies from the UK (BBC), Belgium (RTBF & VRT), France, Italy, and other European countries, the podcast assesses how public broadcasters must adapt to survive and continue playing their democratic role in a digital, polarized world.
“Le niveau d'exigence d'une institution comme celle-là est maximal… Ça prouve que la BBC reste une institution de référence et qu'elle ne tolère pas une erreur de cette nature, qui serait tolérée dans certaines chaînes privées.”
— François Hendrix (04:15)
“Ce n’est pas un luxe, ce n’est pas quelque chose d’accessoire. C’est fondamental, parce qu’il fournit des services dont le pays et ses citoyens ont besoin.”
— François Hendrix (05:40)
“On est dans un cas très particulier… tout ce qui se passe en Belgique au niveau médiatique est un petit miracle.”
— François Hendrix (13:32)
“Mais critiquer, par exemple, un programme ou des actions d’un politicien de droite ne vous transforme pas en journaliste biaisé à gauche.”
— François Hendrix (10:14)
“Dans le contrat de gestion, il est clairement indiqué… renforcer la culture flamande, l’identité flamande.”
— Joyce Hazard (16:15)
“Les médias publics doivent établir un périmètre d’indépendance tant au niveau politique qu’au niveau économique.”
— François Hendrix (18:22)
“Les médias publics sont premiers dans tous les pays d’Europe sauf la Hongrie et la Pologne.”
— François Hendrix (20:45)
“La disparition du service public… cette idée ne résiste pas à l’analyse.”
— François Hendrix (23:32)
“Giorgia Meloni et les siens ont repris en main la RAI… programmes jugés trop critiques ont été déplacés, arrêtés ou redimensionnés.”
— Valérie Dupont (25:37)
“Il faut que quelqu’un ait le courage un jour de reprendre une feuille blanche et de dire au fond, s’il fallait aujourd’hui organiser une institution qui produise des contenus de services publics à travers tout l’arsenal médiatique… à quoi ça ressemblerait ?”
— François Hendrix (30:27)
On the Role of Public Media:
“Ce n’est pas un luxe… c’est fondamental.”
— François Hendrix (05:40)
On Standards:
“Ça prouve que la BBC reste une institution de référence…”
— François Hendrix (04:15)
On Political Attacks:
“Critiquer… un politicien de droite ne vous transforme pas en journaliste biaisé à gauche.”
— François Hendrix (10:14)
On Future Directions:
“Il faut que quelqu’un ait le courage un jour de reprendre une feuille blanche…”
— François Hendrix (30:27)
On Trust:
“Les médias publics sont premiers dans tous les pays d’Europe sauf la Hongrie et la Pologne.”
— François Hendrix (20:45)
Public service media across Europe face unprecedented pressures—financial, political, and technological. Despite fierce attacks, dwindling resources, and the persistent push for reform or even privatization, they remain the most trusted source of information for most citizens. The path forward demands both vigilance against political interference and the courage to radically rethink what public service media can be in a digital, multi-platform world.
“Qu’ils soient au centre de tant d’attentions et d’attaques politiques veut sans doute dire aussi l’importance de ces médias aujourd’hui.”
— François-Henri (Conclusion, 31:30)
For listeners and readers alike, this episode is an essential guide to understanding the stakes and urgency around the future of public service media in Europe.