
Pourquoi les Belges font-ils moins d'enfants qu'auparavant et qu'est-ce que ça dit de notre société ? Nous en discutons avec Alice Rees, démographe et doctorante à l'UCLouvain dont la thèse porte sur l'analyse des parcours de vie des personnes sans enfant et des pa...
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C'est le niveau le plus bas depuis la première guerre mondiale.
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La première, ça devient un enjeu véritablement
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prioritaire pour le gouvernement.
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Les clés.
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La baisse, elle est mondiale. J'ai besoin de repères. Ça, ça a des implications économiques majeures.
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Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans Les Clés. C'est un constat qui a secoué la France. Il y a quelques semaines, il y a désormais moins de naissances que de décès dans le pays. Et c'est la première fois depuis 1945. En Belgique, ce constat est d'actualité depuis 2022. La dénatalité est un phénomène que l'on observe un peu partout dans le monde, y compris chez les géants de la démographie comme l'Inde ou la Chine. Mais pourquoi fait-on moins d'enfants aujourd'hui? Est-ce la faute à l'état du monde? Aux politiques publiques pas assez soutenantes avec les jeunes parents? Est-ce la montée de l'individualisme? La baisse de la fertilité? Les facteurs sont nombreux et leurs interactions complexes. C'est ce qu'on va essayer de démêler dans cet épisode des clés. La première, les clés. Les naissances sont au plus bas depuis la Première Guerre mondiale. Ça change tout, c'est un défi majeur pour nos politiques publiques qui réclament de l'anticipation.
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En 15 ans, les naissances ont chuté d'un quart en France. C'est absolument massif. On faisait deux enfants par femme encore en 2010. En 2025, le taux de fécondité est tombé à 1,5, 1,56 précisément. C'est le niveau le plus bas depuis la Première Guerre mondiale. La baisse, elle est mondiale. C'est-à-dire que dans énormément de pays dans le monde, ça baisse aussi. Donc la France n'est pas un cas isolé.
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Est-ce la fin de l'exception française? La France qui faisait historiquement plus d'enfants que ses voisins européens, mais qui désormais suit la tendance mondiale? Le bilan démographique pour l'année 2025, publié par l'INSEE, l'Institut National Français de la Statistique, est sans appel. La chute des naissances se confirme. Elle n'a même jamais été aussi basse depuis la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Il y a de moins en moins
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de naissances en France et ça devient un enjeu véritablement prioritaire pour le gouvernement.
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Les sacrifices qu'on fait quand on a des enfants, ce sont les femmes qui le payent en premier sur le salaire, sur la carrière. Ça, ça a des implications économiques majeures. C'est moins de productivité, c'est moins d'idées nouvelles, c'est moins de croissance.
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Plus d'appels à l'immigration de travail.
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Plus d'appels à l'immigration aussi.
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On le voit en Italie.
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L'Italie est déjà en train de perdre de la population active. Donc elle a besoin de travailleurs étrangers juste pour avoir suffisamment de bras et de cerveaux pour faire tourner l'économie.
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Nous sommes mi-janvier, toute la presse s'empare du sujet. Il faut dire qu'il y a comme un frémissement existentiel derrière ce phénomène de dénatalité. Pourtant, il faudra sans doute faire avec, car si la décision de faire un enfant est liée à des éléments extérieurs, elle est aussi très personnelle. Or, les mentalités évoluent, les parcours aussi. Nous avons rencontré deux personnes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant. Emmanuelle a 48 ans, elle est en couple et sa décision remonte à très loin.
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J'ai eu une petite sœur quand j'avais 14 ans. J'ai une autre sœur aussi qui en a 3 ans de moins que moi mais bon j'étais l'aînée. Et donc ça m'a donné un premier aperçu de ce que ce serait la maternité. Et je me suis rendu compte assez vite que j'aimais les enfants mais que selon moi quand on fait des enfants, il faut leur apporter de l'amour, de la sécurité et du temps. Et j'étais d'accord pour les deux premiers mais pas le dernier.
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Le temps donc?
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Le temps. Je vais le vivre comme un sacrifice. Et moi souvent je répondais pourquoi tu veux pas d'enfants? Je dis mais pourquoi tu en veux?
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Et les gens vont répondre quoi?
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C'est assez intéressant parce qu'il y en
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a qui ne se sont jamais posé
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la question de pourquoi ils en ont fait. C'est juste qu'il faut. C'est comme ça. Et donc, c'est aussi une chance que j'ai d'être née dans cette époque-là, c'est-à-dire
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que j'ai le choix.
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Olivier, lui, a 35 ans. Il est en couple également.
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C'est quelque chose que je ressens depuis toujours. J'ai jamais eu vraiment d'attrait pour le fait d'être parent ou pour les enfants. Ça s'est confirmé avec le temps. Déjà, j'ai eu la chance, entre guillemets, d'avoir rencontré ma compagne avec laquelle on est alignés sur cette question-là. Alors peut-être qu'il y a un petit peu d'égoïsme là-dedans, je ne sais pas, mais j'ai un rythme de vie assez chargé. Il m'arrive souvent de me dire que dans 24 heures, je n'ai pas assez de temps pour moi, pour mes loisirs, pour mon couple, mes voyages, etc. Et
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puis, un argument qu'Olivier met en avant, c'est son inquiétude par rapport au futur.
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Je suis un petit peu résigné et fataliste quant à l'état du monde et de l'écologie actuellement. Je suis plutôt d'avis de faire ma vie, de faire mon temps et de ne pas vouloir amener un enfant dans le monde tel qu'il est et surtout dans la manière dont il semble évoluer.
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Olivier me citait aussi l'évolution d'Internet, la violence en ligne, les réseaux sociaux. Emmanuelle, elle ne va pas sur ce terrain-là.
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Pour ma part, je trouve que c'est très culpabilisant, par exemple pour mes sœurs qui ont choisi, elles, de mettre des enfants au monde. Donc, je n'ai pas d'avis sur ce sujet-là et je ne me permettrais même pas d'en avoir un parce qu'en tout cas, ce n'est pas une des raisons pour lesquelles je n'ai pas fait d'enfant. Et je trouve que, quelque part, dire à des gens qu'on fait des enfants, moi, je ne veux pas. Tu as vu un peu l'état du monde. Je ne vois pas comment bien le prendre en face.
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Difficile de parler de ce sujet sans aborder la dimension genrée. Le fait d'être un homme ou une femme face à ce type de décision change aussi la manière dont est perçu son positionnement. Autant pour Olivier, cette décision n'a fait l'objet d'aucun commentaire, autant pour Emmanuelle, les injonctions ont été bien présentes. Elle nous donne un exemple.
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Moi je fais un mariage, il y a quelqu'un que je n'ai jamais vu de ma vie qui va me dire «Et vous, vous êtes mariés?» «Non.» «Et vous avez des enfants?» «Non.» «Mais il serait temps d'y penser.» Et en fait, je me dis toujours «En vertu de quoi tu te permets?» Donc j'avoue que parfois j'ai fait preuve de cynisme, c'est-à-dire «Ah, vous n'avez pas d'enfants? Ah mais il faudrait y penser.» Je dis «Mais oui, mais je suis stérile.» Et j'aime beaucoup mettre mal à l'aise mon interlocuteur parce que je trouve ça très grossier. En fait, c'est une décision qui n'appartient qu'à moi ou à mon compagnon, mais sûrement pas à des gens que je ne connaissais pas deux heures avant le mariage.
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Ce qu'ils mettent en tout cas tous les deux en avant, c'est que l'époque permet de repenser les modèles familiaux.
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Je pense qu'à l'heure actuelle, les schémas de familles traditionnelles sont pas mal en train d'évoluer. Les gens arrivent à dire aussi à voix haute qu'ils ne sont pas intéressés par ça et qu'ils aspirent à un autre style de vie ou autre type de schéma familial.
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On peut créer des familles de plein d'autres manières. Je pense qu'on peut aussi s'inscrire dans le parcours d'un enfant. Moi, j'ai un fiole, par exemple, et j'essaye de m'investir auprès de lui, pas comme une maman, mais peut-être comme une autre figure adulte de confiance. Et je pense qu'on peut transmettre à des enfants qui ne sont pas de votre sang. Finalement, c'est aussi ça, faire famille quelque part.
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Bonjour Alice Reyes.
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Bonjour Marie.
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Vous êtes doctorante en démographie à l'UCLouvain. Vous travaillez sur les causes de la dénatalité en Belgique et vous avez réalisé toute une étude comparative avec la Finlande qui a des politiques publiques assez volontaristes. Pour soutenir les jeunes parents, on va y revenir. Une première réaction peut-être aux témoignages que l'on vient d'entendre. Est-ce que ça résonne avec vos résultats de recherche?
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Je pense que dans les deux interviews, une chose qui revient beaucoup sont les normes attachées à la parentalité. Il y a cette injonction non seulement d'être père ou mère, c'est le rôle des personnes qui vont être sur terre pour pouvoir générer d'autres générations et qu'il y ait le renouvellement de la population comme on parle en démographie. Mais il y a aussi tout ce qui est le fait d'être un père ou une mère parfaite. Donc il y a beaucoup d'exigences. On entend le temps qu'il faut, les sacrifices qu'il faut faire pour ses enfants, pour être une bonne mère. Et donc tout ça rejoint le fait que des personnes ne vont pas avoir envie de faire des enfants. Et il y a aussi, surtout dans le deuxième témoignage où c'était plutôt lié à l'écologie, donc il y a aussi tout un discours par rapport à ça. Et il y a aussi, on est dans un monde en crise et est-ce qu'on va vraiment mettre un enfant au monde qui va vivre tout ça? C'est pour ça que le fait de ne pas faire d'enfant est devenu multifacette. Parce qu'il y a vraiment énormément de causes différentes. C'est un choix individuel mais qui est influencé par des normes, qui est influencé par les médias, par les discours de nos propres familles. Et de plus en plus, la non-parentalité, comme on s'adresse à ça en démographie, la non-parentalité Elle fait face aussi à le fait qu'il y a d'autres façons, comme le dit la femme dans le premier témoignage, de faire famille. Par exemple, le fait d'avoir des neveux et des nièces, d'être parrain-marraine.
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C'est peut-être une autre façon d'approcher les enfants sans être pour autant investi comme un parent. On va peut-être commencer par se demander avec vous ce qu'on entend par personne sans enfant, parce qu'évidemment il y a celles et ceux pour qui c'est volontaire, comme nos deux témoins, mais il y a celles et ceux aussi pour qui c'est involontaire. Et ça c'est important de ne pas les oublier.
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Tout à fait. Donc je pense que c'est la première chose dont on doit faire attention, en tout cas quand on parle de non-parentalité, c'est le fait que ce soit volontaire ou involontaire, donc ne pas vouloir avoir d'enfant. C'est donc un choix délibéré et qu'on va appeler ça dans la littérature le «child-free ». Ça a émergé des débats pour la littérature plutôt féministe, dans le sens où le «child-less» utilisé en anglais, c'est référence plutôt à un manque de quelque chose, donc le manque d'un enfant. Donc maintenant on parle plutôt de «child-free» dans la
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littérature. Donc ce sont ceux et celles qui décident de ne pas avoir d'enfant, c'est
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volontaire. à un certain moment de leur vie. Mais ça ne veut pas dire que ces intentions de ne pas avoir d'enfant vont rester les mêmes. Peut-être qu'à un moment donné, elles vont rencontrer par exemple un partenaire qui a envie d'avoir un enfant, etc. Donc si on se dit «child free », peut-être qu'on va changer d'avis. Donc ce n'est pas quelque chose de figé dans le temps. Et donc à côté de ça, on a aussi la non-parentalité qui est dite involontaire. Ça peut être lié par exemple à des conséquences d'un problème de santé avec ou sans infertilité. Donc notamment il y a la ménopause précoce, l'endométriose, la maladie des ovaires polycystiques, etc. Et à côté de ça, et ça en fait c'est la majorité des cas de personnes qui ne deviennent pas parents, c'est que les personnes souhaitent avoir des enfants mais prennent à plusieurs reprises dans leur vie des décisions ou bien vont faire face à des contraintes qui vont conduire à un report continu de la parentalité. Et donc si on continue à reporter, on arrivera à un moment, surtout pour les femmes, où il ne sera plus possible, biologiquement parlant, de faire
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des enfants. Et quand vous dites conditions pour reporter, qu'est-ce que tu entends par là? C'est le fait d'avoir un métier stable, un logement qui peut accueillir une troisième personne? C'est des choses
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comme ça? Tout à fait. Donc je pense que la première chose qui est importante quand on a envie d'avoir des enfants, c'est de trouver un partenaire adéquat avec lequel on aura une relation stable et de longue durée. Il y a aussi la poursuite des études supérieures qui est de plus en plus fréquent. le fait que c'est plus difficile de trouver un contrat à durée indéterminée par exemple, l'instabilité sur le marché du travail et aussi le logement. Beaucoup d'individus, beaucoup de personnes vont vouloir d'abord s'installer et devenir propriétaire par exemple avant de faire
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des enfants. Et tout ça vient décaler du coup la décision de devenir parent. La question de la fertilité, j'y reviens parce que vous avez évoqué l'endométriose ou les ovaires polycystiques. Après on sait que chez les hommes aussi il y a une baisse de la qualité du sperme ces dernières années. Donc cette question de la fertilité elle a souvent été un point de débat quand on a parlé de la dénatalité en France il y a quelques semaines parce qu'au fond on présente souvent la dénatalité comme un phénomène de décision individuelle mais il y a peut-être plus de couples qu'avant qui doivent renoncer en fait à la parentalité parce que la fertilité générale est en baisse. Est-ce que pour vous ça c'est un angle mort du sujet de
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la dénatalité? Je pense que ça va quand même impacter la dénatalité dans le sens où justement si on continue à reporter, on sera plus longtemps exposé à d'autres facteurs de style de vie comme le tabagisme, l'alcool. Et donc au plus on va reporter, au moins on deviendra en tout cas fertile. Donc il y a des études en Finlande qui ont montré que, en tout cas pour la fertilité d'une femme, après 35 ans ça commence déjà à diminuer. Et donc en fait la fenêtre où la femme est fertile va diminuer au plus on reporte. Aussi, le fait d'avoir un premier enfant à un âge plus âgé va impacter le nombre d'enfants total qu'une femme va avoir parce que la fenêtre pour en avoir un deuxième ou un troisième etc. va aussi se réduire. Donc je pense que le problème de stérilité que vont rencontrer certains couples, alors je ne sais pas si on en entend plus parler maintenant parce que c'est devenu moins tabou, mais je pense que oui ça participe au phénomène de la non-parentalité en
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tout cas. Vous avez étudié, Alice Reys, les parcours de vie des personnes sans enfants, parcours socio-économiques, on va dire. Et un premier constat, peut-être, c'est le fait que ces parcours sont beaucoup plus variés, beaucoup plus
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hétérogènes qu'avant. Tout à fait. De plus en plus dans les dernières décennies, on voit une diversification des parcours de vie. Par exemple, avant c'était un cliché, mais le phénomène Tanguy, on en parlait avec ce film, où un homme de 30 ans vivait toujours chez ses parents. Une chose qui revient de plus en plus maintenant, c'est que les jeunes adultes vont rester plus longtemps chez leurs parents que dans le passé, vont mettre plus de temps à trouver un travail, à finir leurs études, etc. Et donc toutes ces facettes-là vont faire qu'il y aura des différences de timing des événements majeurs dans la vie des individus, ce qui va du coup provoquer une diversification des trajectoires de vie. On parle aussi de déstandardisation en démographie. Donc avant il y avait les transitions typiques comme je quitte chez mes parents parce que je vais me marier, j'achète une maison, j'ai un emploi et je fais des enfants. Maintenant c'est devenu déstandardisé dans le sens où l'ordre des événements n'est plus le même. Et donc ça, ça va aussi participer au fait que le phénomène de la non-parentalité
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est multifacette. Vous parliez d'enfant tanguy. Un autre terme que vous avez utilisé, c'est enfant boomerang. Alors ça, ce sont plutôt des enfants qui reviennent chez les parents après un événement de vie de type, je ne sais pas moi, une perte d'emploi ou peut-être la difficulté à trouver un nouveau logement parce que c'est trop cher. des choses comme ça. Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, vivre seul, se lancer seul dans la vie, c'est aussi plus compliqué qu'avant? Socio-économiquement parlant, je veux dire, puisque ce sont les aspects sur lesquels vous
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vous penchez. Oui, oui, tout à fait. Donc, il y a une augmentation, en effet, du nombre de personnes qui, après avoir quitté le nid familial une première fois, vont revenir vivre chez leurs parents pour une courte durée ou même s'établir, ça dépend de leur situation. Et ça peut être vraiment lié à différents facteurs. Ce qu'on observe la plupart du temps, c'est suite à une séparation. Donc ce que je vois dans les données, c'est que dans les pays nordiques, en tout cas en Finlande, le départ du nid parental est plus évident pour les personnes en Finlande qu'en Belgique. En Belgique, ils vont avoir tendance à vivre plus longtemps chez leurs parents parce qu'ils ont beaucoup moins d'aide de l'État. Et alors en Finlande, ils vont moins souvent retourner chez leurs parents, aussi parce qu'il y a des systèmes qui permettent plus facilement de se réinstaller quelque part avec des aides sociales, etc.
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Vous avez aussi étudié les revenus de ces personnes sans enfants et ça c'est vrai que ça peut être un facteur assez intéressant. Est-ce qu'on fait moins d'enfants parce qu'on n'a pas assez de revenus ou bien au contraire est-ce que ce sont des profils très favorisés, peut-être très investis dans leur travail, qui font moins d'enfants? Quels sont vos
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constats là-dessus? Alors ça c'était un aspect très intéressant donc je me posais exactement la même question avec les mêmes hypothèses. Je pensais avoir vraiment un continuum ou en tout cas des profils assez marqués au niveau des revenus. Mais ce que j'ai trouvé et qui est très très similaire en Finlande et en Belgique, c'est que les profils économiques liés aux revenus individuels des personnes sans enfants est extrêmement hétérogène. Ce que j'ai regardé ensuite, c'est les trajectoires de revenus. Donc j'ai suivi des personnes de leurs 18 ans jusqu'à leurs 45-50 ans et j'ai regardé s'il y avait des ruptures. Et parmi les personnes sans enfants, pas spécialement, plus que les personnes qui
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deviennent parents. Ce qu'Alice Reys nous explique ici, c'est que le revenu et l'évolution du revenu au cours de la vie n'ont pas d'incidence sur le fait d'avoir ou non des enfants. Ce n'est pas un facteur relevant. Elle a ensuite croisé ses parcours de revenu avec les parcours de logement, vivre chez ses parents, vivre seul ou en couple, ainsi qu'avec le parcours d'union, c'est-à-dire le fait d'être en cohabitation légale, mariée ou divorcée. Et finalement, en comparant tous ces éléments, le plus déterminant pour le fait d'avoir ou non un enfant, c'est bien celui
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de l'union. Il y a de nombreux pays européens qui sont questionnés sur le sujet et les unions sont vraiment le déterminant, le plus fort d'une première naissance, en tout cas pour les individus en Europe, dans les
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pays développés. On va revenir à présent sur nos deux témoignages de début d'émission. Olivier nous disait, si je ne veux pas d'enfant, c'est parce que j'ai une vie bien remplie et Emmanuel ajoutait je sais que pour se consacrer à un enfant il faut faire beaucoup de sacrifices. Les générations, les nouvelles générations seraient moins prêtes à cela, à l'investissement que demande un enfant. C'est un terme qu'on entend souvent, surtout dans la bouche des politiques d'ailleurs, qu'il y ait une forme d'individualisme des nouvelles générations. Est-ce que ça c'est quelque chose qu'on
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observe effectivement? Il y a une montée de l'individualisme. Les normes sont aussi mouvantes, quand on pense notamment à la place de la femme. Le fait que les femmes deviennent de plus en plus instruites fait qu'elles vont avoir beaucoup plus de choix potentiels par rapport à leur avenir. Elles vont être plus conscientes des choix qui s'offrent à elles, notamment au niveau des carrières, etc. Et puis, comme on l'a entendu dans le premier témoignage, On entend encore parfois quand on est un repas de famille. Et toi, c'est pour quand? Tu fais quand ton
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premier enfant? Il y a des injonctions qui sont toujours plus présentes d'ailleurs à l'égard des femmes que
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des hommes. Ça ne change pas. Exactement. Et ça devient de moins en moins tabou de dire en fait non, je ne veux
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pas d'enfant. Alors ça nous amène à une question assez incontournable, celle des politiques de soutien à la parentalité. Est-ce qu'elles sont suffisantes? Est-ce que c'est ça qui peut aider les jeunes adultes à se lancer dans le fait d'avoir des enfants? On l'a dit, vous avez comparé la Belgique et la Finlande. À ce niveau-là, qu'est-ce que
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ça donne? Alors ce qu'on voit en tout cas dans les pays nordiques, en Finlande et en Norvège également, c'est que les politiques familiales vont avoir un impact surtout une fois le premier enfant arrivé. Parce que les parents vont avoir l'expérience des congés parentaux, des allocations dont ils bénéficient et ils vont avoir cette première expérience pour décider est-ce qu'on en fait un deuxième ou pas. Mais le passage de ne pas avoir d'enfant à en avoir un premier est moins impacté par les politiques familiales. Parce que c'est vrai que quand on réfléchit, quand on parle avec des gens de nos envies d'avoir d'enfants, ce n'est pas quelque chose avec lequel on va penser tout de suite. Est-ce que j'aurai un bon projet de maternité? Ce sera plutôt est-ce que j'ai envie d'avoir des enfants? Mais une fois que la mère et le père auront vécu leur parentalité, et bénéficier des politiques familiales, là ils pourront se dire est-ce que ça vaut le coup d'en faire encore un autre, est-ce que c'était difficile, est-ce qu'on se sent soutenu par les
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politiques, etc. En Belgique, la Ligue des Familles dénonce régulièrement le manque de places en crèche, de places d'accueil, la demande des congés parentaux plus conséquents, elle demande aussi un congé paternel plus long. Est-ce qu'il faut comprendre, au regard de ce que vous nous dites là, que ce sont des mesures qui ne vont pas spécialement soutenir les projets d'enfants, en tout cas pour des couples qui ne sont pas encore Ils ne se sont pas encore lancés dans
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la parentalité. Je pense que faciliter quand même les choses pour les personnes qui veulent devenir parent, ça aura un impact sur ceux qui hésitent à devenir parent, qui veulent devenir parent et peut-être que le passage sera plus facile. Mais ça résonne beaucoup ce que vous dites par rapport au congé de paternité parce que c'est quand même un gros problème en Belgique et également en France. Quand on regarde dans les pays nordiques, en fait, il y a 160 jours qui vont être donnés à chaque parent, dont 65 jours qu'on peut transférer. Donc ça veut dire qu'il y a un quota qui est réservé au père. Et il peut, s'il veut donner le restant à la mère, ou même, maintenant, ça se fait aussi à un grand-père, une grand-mère, une tante, un oncle, etc. Et donc le fait d'avoir des congés parentaux beaucoup plus généreux, surtout pour les pères, ça va influencer aussi la position de la mère par rapport
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à ça. Ce qui permet peut-être aussi de redéfinir un peu les rôles au sein du couple et de lisser les différences hommes-femmes dans
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la parentalité. Tout à fait, et les femmes ont plus de facilité à retourner sur le marché du travail qu'en Belgique
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par exemple. Un autre sujet soulevé par de nombreuses personnes qui ne veulent pas d'enfants, c'est l'état du monde, la peur du futur, changement climatique, montée de l'extrême droite, etc. Est-ce que chaque période de grand bouleversement va impliquer ça aussi? Quand on a moins confiance dans le futur, on fait
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moins d'enfants. Il y a des recherches qui ont été menées à l'UCLouvain, qui sont très intéressantes, sur les inquiétudes environnementales. Par rapport au climat, l'avenir de la planète, etc. qui font baisser l'envie d'avoir des enfants. Ils ont observé deux types d'inquiétudes. On a la vision écologique. La crise écologique va menacer l'avenir de l'humanité. et on a l'éco-anxiété dont on parle plus en plus. Donc ça c'est la facette plutôt émotionnelle, le stress et l'anxiété qui vont perturber le quotidien quand on pense au climat et qui est en montée surtout parmi les jeunes générations. Et donc en faisant passer un questionnaire, les chercheuses en psychologie ont découvert que les personnes qui ont une vision écologique forte et ou de l'éco-anxiété vont avoir tendance à dire qu'ils veulent moins d'enfants. mais ils ont quand même vu que les faits étaient faibles à modérer parce que quand ils ont ajouté les facteurs dits plus classiques, donc les motivations positives liées au fait de devenir parent, les coûts et les contraintes, le fait d'avoir une relation stable, etc. Les facteurs liés à l'environnement ne vont plus prédire l'envie d'avoir des enfants. Donc l'environnement va compter dans les décisions, dans les envies d'avoir un enfant ou pas, mais d'autres choses vont peser plus dans la balance par rapport à la décision d'avoir un enfant
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ou pas. Encore un élément abordé par nos témoins, c'est qu'aujourd'hui on peut faire famille autrement. Alors ça c'est vrai, les modèles sont bien moins figés qu'avant, plus de familles recomposées par exemple. Et on se dit, faire un enfant c'est plus l'unique manière d'être un adulte de confiance pour un enfant quelque part. Ça aussi c'est quelque chose que vous avez
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pu observer? Oui, tout à fait. Donc ça fait référence au témoignage d'Emmanuel qui disait qu'elle avait du coup un rôle de marraine. Et donc on peut penser que ça donne le bon côté d'avoir un enfant parce qu'il y a moins de contraintes, justement elle en parle également, liées à avoir un enfant. On a les côtés positifs de partager du temps avec l'enfant, etc. Et en fait, c'est un phénomène qui reçoit un peu plus de lumière dans la littérature, surtout dû à la diversification des trajectoires de vie, des recompositions familiales qui sont en effet de plus en plus fréquentes. Et donc, il y a un terme qui reçoit de l'attention pour le moment, c'est le social parenting. Donc, si on traduit en français, ça donne les parents sociaux. Ça fait référence aussi au beau-père, belle-mère. Il y a un chercheur en Norvège, Axel Kristensen, qui a regardé si le fait pour un homme d'entrer dans une union avec une femme qui a déjà un enfant va influencer sa probabilité de rester sans enfant. Il a trouvé qu'être en couple réduit généralement les chances de rester sans enfant, mais la nature de la relation va beaucoup compter. Le moment de la vie où l'homme devient père social va changer la probabilité qu'il reste sans enfant biologique. Donc qu'est-ce que ça veut dire? Ce n'est pas juste le fait d'avoir un enfant via une autre union, donc d'être social father, qui va impacter la non-parentalité, mais c'est la combinaison entre le fait d'être social father et la trajectoire conjugale dans laquelle il s'inscrit. Donc la priorité de ne pas avoir d'enfants pour les social fathers, les pères sociaux, c'est les pères sociaux qui vont l'être à un âge plus jeune, où il y aura plus d'unions courtes, multiples et instables, donc beaucoup de ruptures, moins d'occasions pour avoir un enfant biologique. Et parfois, les unions vont se faire avec des partenaires qui ne veulent plus d'enfants après en avoir déjà eu. Donc c'est un phénomène un peu complexe. Il y a beaucoup de facettes également. En démographie, rien n'est facile. Mais le social parenting prend de l'ampleur en tout cas dans les discours sur la non-parentalité. Est-ce que ça ne devient pas une forme de parentalité en
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elle-même également? Je voudrais quand même aussi aborder avec vous la moralité qui n'est jamais très loin quand on parle des questions de faire ou non des enfants. Parce que c'est vrai, quand on a vu l'abondance des titres de presse il y a quelques semaines en France, suite à ces chiffres, on voit tout de suite qu'il faut redonner envie aux jeunes de faire des enfants. On pointe l'individualisme des nouvelles générations. Pourquoi il semble toujours y avoir une sorte de pression à faire des enfants, d'injonction? Est-ce qu'il y a là une forme d'angoisse, là derrière, peut-être quelque chose d'un
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peu existentiel? Peut-être que par rapport aux anciennes générations, le fait que les choses changent, ça peut faire peur. Déjà, les normes se modifient au cours du temps. C'est quelque chose de plutôt nouveau, qui est moins tabou. Ça peut être quelque chose. Il y a notamment des angoisses par rapport à la question des retraites. Il faudrait poser la question à un économiste qui aura certainement de très très bonnes réponses. Mais en démographie, on parle parfois du seuil de remplacement d'une génération, qui est de 2,1 enfants par femme. Et donc c'est le seuil, c'est le nombre d'enfants qu'il faudrait que toutes les femmes aient pour qu'une génération se régénère en gros. On est bien en dessous de ce seuil aujourd'hui. La moyenne européenne est de 1,59. Donc on n'est pas non plus hyper loin de la moyenne en Europe et la majorité des pays européens sont en dessous de ce seuil. Et il y a d'autres pays dont la situation est beaucoup plus critique, si on pense à la Corée du Sud, qui ont le taux de fécondité le plus bas
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au monde. T'en es à
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combien là? On est à 0,89. Donc c'est moins d'un enfant par femme. Mais je pense qu'il faut aussi retenir que la situation et leur culture est extrêmement différente de la nôtre. dans le sens où par exemple en Corée du Sud, faire un enfant hors mariage c'est très très mal vu et donc il y a vraiment un pourcentage, je pense que c'est 2 ou 3% de naissances hors mariage. Et donc les deux contextes étant totalement différents, il faut qu'on se souvienne de ceci et cette injonction, surtout aux femmes, de faire des enfants. Ce n'est pas aussi limiter un peu la liberté personnelle des femmes de faire des choix dans leur vie. Le fait de rejeter ça montre aussi une liberté que les femmes peuvent choisir maintenant. Ce n'est pas les politiques qui vont dicter
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nos vies. Mais c'est vrai que c'est souvent récupéré par les partis plutôt conservateurs. Il faut faire des enfants, il faut pousser le réarmement démographique. C'était les mots d'Emmanuel Macron. Ça nous ramène à quoi? Est-ce qu'il y a aussi peut-être une peur du mythe du
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grand remplacement? Je pense que oui. En tout cas, le fait que les politiques l'utilisent, ça s'éclairait net. Je me souviens de quelque chose qui m'avait extrêmement choquée. C'est quand Elon Musk avait dit que toutes les femmes sans enfants étaient
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des égoïstes. N'en déplaise à Elon Musk, les temps ont changé. Les couples font moins d'enfants. On a aujourd'hui mieux cerné les causes de ce phénomène. Maintenant, que fait-on avec cela? Dans l'immédiat d'abord. Moins d'enfants, ce sont moins de crèches, d'élèves, sans doute des écoles, qui devront fermer. Moins d'allocations familiales à payer aussi pour les autorités. Mais la question se pose aussi à moyen et long terme. Car tout le fonctionnement de nos pays fonctionne sur le principe qu'il y a plus d'actifs que d'inactifs. Pensez au système des retraites ou à celui de la sécurité sociale. Comment va-t-on réinventer la solidarité? En Italie, le discours d'extrême droite de Giorgia Melloni a dû se renouveler au sujet de l'immigration. Le pays, très touché par la baisse de natalité, a ouvert d'importants quotas de main-d'œuvre émigrés. 450 000 entrées entre 2023 et 2025, 500 000 de plus d'ici 2028. Quelque chose me dit que le sujet fera l'objet d'une prochaine émission, avec cette fois un économiste pour compléter notre réflexion. Merci à notre invitée Alice Reyes, doctorante en démographie à l'UCLouvain. Merci à nos témoins Emmanuel et Olivier pour le partage de leurs expériences, à la réalisation de cette émission Laurent Nellysen, à la préparation Sarah Poussey, Marie Van Kutsem. Merci pour votre écoute et à très bientôt. N'hésitez pas à nous écrire à
Podcast Summary: Les Clés – "Pourquoi les Belges font-ils moins d'enfants ?" (March 3, 2026)
Host: RTBF | Guest: Alice Reyes, doctorante en démographie à l'UCLouvain
Overview of the Episode
This episode of "Les Clés" explores the phenomenon of declining birth rates in Belgium and across the globe, placing recent demographic shocks in France and Belgium in context. Through firsthand testimony and expert analysis, the discussion dissects the causes—personal, social, economic, ecological—behind smaller family sizes, the shifting meaning of "family," and the impact this trend could have on society and public policy.
Key Discussion Points & Insights
Notable Quotes & Moments (with Timestamps)
Timestamps for Important Segments
Key Takeaways
Resources & Acknowledgements
For listeners or readers seeking to understand not only the figures behind Belgium's declining birth rate but the human, social, and political realities beneath the trend, this episode provides an insightful and nuanced exploration—balancing lived experience with demographic analysis.