
Liège et Herstal ont entamé des discussions en vue d'une potentielle fusion des deux communes. Bastogne et Bertogne célèbrent elles la première année de leur fusion. Alors que de nombreuses grandes villes sont en déficit, la fusion peut présenter des avantages écon...
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A
La fusion des communes, un tabou à briser. Première question, pourquoi ? La première ?
B
Les villes aujourd'hui, soit on les refinance à hauteur par exemple ce que la Flandre fait pour ses villes, ou alors on doit aller nécessairement vers une fusion.
C
Des communes. Les clés.
D
? Arnaud Reussen. Bonjour à toutes, bonjour à tous, et bienvenue dans un épisode des Clés où l'on va explorer une question qui taraude de plus en plus de bourgmestres et d'élus communaux. Va-t-on aller vers de grandes fusions de communes dans les années qui viennent ? Dans un contexte où les finances communales sont de plus en plus sous pression, beaucoup de communes réfléchissent désormais à cette option. Ainsi récemment, on a appris que l'idée faisait son chemin du côté de Liège et d'Erstal par exemple. Alors quel serait l'intérêt de fusionner ? Est-ce une évolution naturelle d'aller vers des communes toujours plus grandes ? Quelles conséquences pour les citoyens ? On a 27 minutes pour y voir clair.
Si on regarde tout d'abord une carte récemment actualisée, on découvre qu'il y a en Belgique aujourd'hui 565 communes. Beaucoup moins qu'à l'origine de la Belgique, puisqu'en 1831, il y en avait, tenez-vous bien, 2739.
À l'époque, pratiquement chaque village était une commune. Au fil du temps, leur nombre s'est réduit peu à peu. Mais c'est surtout en 1977 qu'on a réalisé un grand plan de fusion. En une fois, on a divisé par 4 le nombre de communes pour aboutir au chiffre de 589 qui a prévalu jusqu'il y a peu. Et si le nombre s'est un peu réduit encore, passant ces dernières années de 589 à 565, c'est principalement à cause de fusions volontaires de communes au nord du pays. Volontaires, cela veut dire que ce sont des communes voisines qui, d'elles-mêmes, ont décidé de fusionner. Ça ne leur a pas été imposé par le pouvoir de tutelle, en l'occurrence, aujourd'hui, la région. En Wallonie, seules deux communes ont posé ce choix ces dernières années, Bastogne et Berthogne, en province du Luxembourg, qui, depuis un an, sont devenues une seule et même commune, avec un objectif clair martelé par Benoît.
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Ludgen, désormais bourgmestre de cette grande commune. « Rendre finalement un meilleur service à la population, c'est bien ça dont il s'agit. Plus de services.
D
À un prix moins élevé pour la population. ».
Aujourd'hui donc, on en est à 565 communes belges, dont 261 en Wallonie. Et parmi ces communes wallonnes, beaucoup sont de petite taille. La moitié, environ, compte moins de 8000 habitants. Or, on sait qu'aujourd'hui, les charges se multiplient pour les communes. L'Union des villes et communes de Wallonie alerte depuis plusieurs années.
F
Sur une situation qui ne cesse de se dégrader. Les communes disposaient jusqu'à encore il y a quelques années d'un bas de laine financier pour les aider à faire face aux différentes crises. On constate que ce bas de laine a tendance à diminuer, fortement diminuer, et que de nombreuses communes doivent.
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De plus en plus.
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Recourir à une créativité certaine pour équilibrer leur budget.
Et à cela s'ajoutent les effets de réformes récentes. Les exclusions du chômage décidées au niveau fédéral qui vont alourdir la charge des CPAS, en particulier dans les communes les plus pauvres. La réduction des dispositifs APE qui fournissent une partie de l'emploi dans les communes aujourd'hui. Sans parler des problèmes structurels liés au financement des zones de secours et des zones de police et de l'enjeu de la pension des fonctionnaires communaux.
Résultat, beaucoup de responsables dans les communes aujourd'hui cogitent sur de potentielles fusions. En général, il n'en parle pas ouvertement, mais l'idée fait progressivement son chemin. Récemment, le journal Le Soir révélait ainsi des tractations secrètes en cours entre Liège et Erstal. Motus et bouche cousue, à ce stade, côté politique, même si, durant la campagne électorale, le bourgmestre socialiste d'Erstal, Frédéric Dardenne.
B
En avait glissé un mot à nos collègues d'RTL.
Je.
D
Pense qu'on va vers une fusion de certaines communes. Et moi, je ne vais.
G
Pas dire que je rêve, mais je pense beaucoup.
D
À une fusion entre Liège, Erstal et Sera. Rien.
D'Encore concret et officiel donc à ce stade, mais ce genre d'idée avance tant dans des petites communes que dans certaines grandes villes. Alors, quels sont les éléments qui plaident pour ce genre de fusion ? Qu'est-ce que ça changerait concrètement, en particulier pour les habitants ? Quels sont les freins aussi à de tels projets ? Eh bien, c'est tout cela que.
G
Nous.
D
Allons maintenant explorer. Et avec nous pour cela, on accueille Jean-Hendrix. Bonjour. Bonjour, vous êtes professeur d'économie à l'UCLouvain et vous avez, pour le Think Tank itinéra, réalisé une étude sur cette question de la fusion des communes. C'était en 2022 et vous vous posiez cette question dans cette étude. 202 communes sur 262 en Wallonie sont-elles trop petites ? Entre temps, il n'y en a plus que 261 d'ailleurs avec la fusion Bastogne-Berthogne, mais j'imagine que la question reste posée, ça veut dire que d'un point de vue budgétaire, Jean-Hendrix, ça irait mieux pour beaucoup de communes si.
G
Elles étaient plus grandes que ce qu'elles ne le sont aujourd'hui en Wallonie. Mais donc l'étude visait à comparer, si vous voulez, les dépenses de personnel et de fonctionnement de chaque commune ramenées au nombre d'habitants. Et ce qu'elle a révélé, c'est qu'il y a un niveau de population autour de 15 000 à 20 000 qui permet de minimiser, en fait, ce coût de personnel et de fonctionnement par habitant. Et donc on constatait que 80% des communes wallonnes étaient sous ce seuil de 15 à 20 000 habitants. Et comme vous l'avez mentionné, on a même la moitié des communes qui sont en dessous de 8 000 habitants. Et donc si toutes les communes pouvaient passer à ce seuil critique minimum de.
D
15 à 20 000, nous pourrions économiser de l'ordre de 140 millions d'euros. Donc, il y aurait une sorte de taille idéale d'un point de vue budgétaire, Jean-Henri, si on regarde ce que ça coûte par habitant. Parce qu'après, quand on part dans les plus grandes villes, alors là, les coûts ont tendance à réaugmenter par habitant. Mais si on regarde bien les données d'un point de vue économique, c'est entre 15 000.
G
Et 20 000 habitants que ce serait le plus économique, en quelque sorte. Oui, donc sur le thème de dépenses de personnel et de fonctionnement par habitant, alors évidemment les grandes villes ont dépassé ce seuil, mais elles offrent des services que n'offrent pas les petites communes. Donc ça, c'est une des caractéristiques des grandes villes, c'est d'offrir une série d'infrastructures de services publics qui ne sont pas disponibles dans les plus petites communes. Donc ça montre aussi qu'au-delà d'un certain seuil critique, on peut commencer à offrir des services qu'on est incapable d'offrir. en dessous de ce seuil. Si vous pensez à une commune comme d'Averdis dans le Luxembourg avec 1450 habitants, vous comprenez que beaucoup de services publics ne peuvent.
D
Plus être offerts dans ce genre de communes parce qu'elle est trop petite. Donc, pour vous, il y a pas mal de communes qui auraient intérêt à fusionner, en particulier des plus petites communes, pour tendre à cette taille qui serait la plus intéressante économiquement d'autour.
G
De 15 000, 20 000 habitants. C'est ça que vous nous dites, Jean-Hendrix. Oui c'est ça, donc pour que chaque commune puisse quelque part avec une taille suffisante assurer notamment des infrastructures sportives, culturelles, des piscines, des halls de sport, des pistes cyclables en bon état et sécurisées, tout ça demande une taille critique minimum en fait aujourd'hui. Les petites communes doivent batailler. Quand on a des inondations, elles sont seules quelque part. Et une coordination entre elles, ce sont tous les gains de coordination, le partage de la flotte et des véhicules.
D
De travaux communaux, tout ça permet d'engranger des économies assez importantes en fait. Donc ce serait intéressant d'un point de vue financier. Vous pointez aussi le fait que d'un point de vue de recrutement aussi parfois ça pourrait être intéressant parce que des toutes petites communes ont parfois du mal à aller chercher les profils nécessaires pour des.
G
Questions administratives, législatives qui parfois se complexifient ces dernières années pour les communes. Oui, exactement. Regardez la cybersécurité. La cybersécurité, ça concerne autant les petites communes que les grandes communes. C'est une vraie menace de sécuriser le système informatique, de la digitalisation, ne serait-ce que le fonctionnement des CPS aussi, qui sont associés aux communes. Tout ça demande une digitalisation, mais donc demande aussi des protections et une sécurisation contre toute attaque cyber. Et des petites communes n'ont pas la capacité de faire ça, en fait. Et donc, à nouveau, il faut du personnel qualifié et compétent. Et c'est difficile pour une petite commune de recruter, mais aussi de retenir son personnel, notamment plus jeune, qui a tendance à vite aller dans des communes plus larges ou dans des grandes villes, où elle trouve en quelque sorte une matière à travailler plus enrichissante. Pour introduire des dossiers pour les marchés publics, c'est la même chose. Pour des dossiers de financement, c'est de plus en plus technique. et les petites communes ont des avantages concurrentiels par rapport aux plus grosses et ont moins accès à ces financements publics, que ce soit.
D
Au niveau régional, au niveau provincial, au niveau national et au niveau européen. Donc pour vous, il n'y a pas photo si on regarde les données d'un point de vue économique et d'un point de vue de recrutement. la vie de toute une série de petites communes pourrait s'améliorer nettement si on allait vers des fusions. Ceci dit, on sait aussi qu'il y a beaucoup de freins. Et d'ailleurs, on voit qu'en Wallonie, on n'avance pas vraiment dans cette direction de la fusion des communes. Et on va essayer de voir avec vous, Marc Cirlereau, journaliste ici à la RTBF, quels sont ces principaux freins identifiés à la fusion des communes. Et en général, un des.
B
Premiers freins que l'on identifie, Marc, c'est que la population est plutôt frideuse. — C'est sûr que le citoyen, il est très attaché à sa commune, surtout dans les petites communes. Donc dans une petite commune qu'on parle de fusion, ça fait peur, parce qu'ils pensent que leur bourgmestre sera moins disponible et atteignable. Et il se dit aussi que l'administration communale qui est proche de chez lui, elle sera nécessairement plus loin en cas de fusion avec d'autres communes. Et ça, la population, de manière générale, elle n'en veut pas. Alors ça peut être paradoxal, parce que quand vous parlez d'intercommunal aux citoyens, vous dites, ah non, ça manque de transparence, on n'aime pas ça. Mais il faut quand même savoir que si des petites communes parviennent aujourd'hui à subsister, des communes qui ont 5 000, 10 000 ou moins de 15 000 habitants, c'est parce qu'il y a des intercommunals qui existent. Et on peut penser notamment à la collecte des déchets. Quand je parle de frilosité ou de crainte par rapport à des fusions, on peut quand même rappeler qu'en 1976, lors de la fusion des communes en Belgique, une fusion qui a touché tout le pays, il y a eu beaucoup.
D
De résistance un peu partout des citoyens qui ne voulaient pas de ces fusions. Donc ça c'est pour la frilosité du côté des citoyens, Marc. Autre frein, c'est la question des mandataires en place, parce qu'il n'y a pas un nombre équivalent de places quand on fusionne. Et donc pour ceux.
B
Qui sont bourgmestres, pour ceux qui sont échevins, c'est pas forcément évident à envisager. Je dirais que ça fait partie de la nature humaine. Celui qui est bourgmestre ou celui qui espère le devenir, il ne voit pas toujours d'un bon oeil une fusion parce que ça pourrait impliquer qu'il ne le soit plus ou qu'il ne puisse jamais devenir bourgmestre. Ça, c'est vraiment un frein qui est important. Et puis un autre frein ou fusion, c'est qu'il faut quand même bien dire que si vous avez deux communes voisines qui pourraient fusionner, si ce n'est pas la même coalition en place, ça pose des problèmes. Bon, ça s'est bien passé entre... Bastogne et Berthogne, c'était du commune où le parti dominant s'était désengagé. Et malgré tout, il y a eu des réticences, surtout à Berthogne, la plus petite commune, il y a quand même eu des réticences. Donc si vous avez des coalitions différentes, c'est difficile de faire passer un projet de fusion. Alors prenons un bon exemple, Erstal et Liège. À Erstal, le PS y est très fort. À Liège, le PS reste la première force politique. de la ville. Donc ça veut dire que s'il y a un projet de fusion, ça pourrait s'arranger parce que l'EPS est dominant dans les deux cas. Si ce n'était pas le.
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Cas, si la coalition était différente, je pense que ça poserait de gros problèmes. Et puis il y a la question aussi du profil des communes qui pourraient décider de fusionner entre elles. J'imagine Marc que c'est plus intéressant pour une commune de fusionner.
B
Avec la commune voisine si celle-ci est riche que si celle-là est plutôt pauvre. — Alors la fusion, normalement, le but, c'est qu'avec... En mettant plusieurs communes ensemble, elles soient plus riches, elles se portent mieux. Donc ça implique que si vous mettez deux communes pauvres entre elles, je ne suis pas sûr que ça soit positif pour la commune fusionnée. Et on peut penser au cas de Charleroi avec Thomas Dermine, quand Thomas Dermine explique qu'il envisage des fusions notamment avec des communes de la banlieue plus riche et plus chic de Charleroi, au sud de Charleroi, Nallines-Hamsureur ou alors Montigny-Tilleul, il se dit, c'est des communes plus riches, si elles viennent dans le grand Charleroi, ça pourrait nous rapporter de l'argent. Évidemment, si vous voyez ça de l'autre côté, du côté des habitants de Nalines ou du côté des habitants de Montigny-le-Tiel, où là c'est le MR qui est dominant, sûrement que ça ne les enchante pas de voir peut-être un jour fusionner avec Charleroi. Et je me pose toujours la même question. Je pense que ce qui s'est passé en 1976, où on a imposé des fusions de communes, Aujourd'hui, ce serait quand même très compliqué. D'ailleurs, chaque fois qu'on parle de fusion de communes ici, on le dit bien, c'est sur base volontaire. Ça a plutôt bien marché du côté flamand, mais du.
D
Côté wallon, jusqu'à présent, il y a eu un seul cas, c'est Bastogne avec Berthogne. Et on va aller du côté de Bastogne et Berthogne dans quelques instants pour aller voir un an après quel est le bilan que l'on fait là-bas. Mais d'abord revenir avec vous, Jean-Henric, sur ces différents freins identifiés par Marc Cyrilleraud. Peut-être le premier, celui de la population qui se dit, si la commune fusionne avec une ou deux ou trois autres communes voisines, est-ce que ça ne va pas devenir plus compliqué pour moi d'atteindre des services publics ? Est-ce que je ne vais pas perdre cette proximité qu'on peut avoir aujourd'hui avec les élus.
G
Avec les décideurs que l'on a au niveau de la politique locale ? Si vous me permettez de faire une analogie, regardons les regroupements d'hôpitaux. Qu'est-ce qui s'est passé ? On a fusionné les hôpitaux, mais c'est pas pour ça qu'on a éloigné les hôpitaux de la population. On a créé des polycliniques et des antennes locales. Et donc c'est un peu ça la logique des fusions telles qu'elles se sont opérées en Flandre. C'est qu'on a rassemblé tout ce qui pouvait être rassemblé pour faire des économies d'échelle. et on a maintenu notamment les maisons communales ou les bureaux d'accès au CPS aux maisons communales à proximité, donc dans les communes existantes. Donc on peut fusionner sans supprimer les maisons communales, vous comprenez ? Donc il n'y a aucune raison pour laquelle on devrait le faire, elles existent. De la même manière, quand on a fusionné les communes, vous savez, moi j'habite une commune où il y a 7 villages, il y a 7 églises, il y a 7 fabriques d'églises, on n'a pas supprimé les églises, donc tout ça reste, les villages restent, ont leur nom, ont leurs activités culturelles, leurs clubs sportifs, Donc je ne vois pas en quoi fusionner les communes implique d'effacer tout ça.
D
Et on doit garder effectivement cette dimension de proximité, c'est ce qui fait la valeur ajoutée des communes, littéralement. Donc pour vous, ça c'est quand même un enjeu important. Si on fusionne, il faut quand même réfléchir à ces services de proximité et que ça ne veuille pas dire qu'on doit valer dans l'ex-commune voisine pour aller chercher des services qu'on avait avant dans sa commune. Il faut garder des antennes dans chaque commune, si je vous comprends bien. L'autre enjeu qu'on a entendu, C'est cette frilosité politique qui fait sans doute que ça freine pas mal d'évolutions, tant que c'est sur base volontaire, comme c'est le cas aujourd'hui pour les fusions de communes. Ce sont des bourgmesses qui se disent « là je suis bourgmesse de ma commune, si je fusionne avec la commune voisine, je ne suis pas.
G
Certain d'être encore bourgmesse demain ». Pareil pour les échevins. Ça c'est un vrai frein, on a l'impression aussi, Jean-Henri Drix. — Oui, mais là, c'est une contrainte plus politique. Excusez-moi, mais je veux dire, les intérêts politiques des mandataires locaux ne sont pas nécessairement alignés sur les intérêts des citoyens. Ici, les mandataires, effectivement, tiennent à leur poste. Mais il faut savoir que quand vous fusionnez, et notamment en prenant Bastogne-Berthogne, le bourgmaistre est mieux rémunéré. son salaire augmente parce que sa population de sa commune a augmenté. On a aussi plus d'échevins, en quelque sorte, sur un territoire plus grand. Mais effectivement, comme on a rassemblé deux communes, au total, il y a une perte d'un certain nombre de postes d'échevins. Mais ce n'est pas dramatique. Mais chacun est mieux rémunéré. Et quand ces gens sont mieux rémunérés, vous pouvez aussi attirer des talents et des compétences dont vous avez besoin. On revient toujours à ce seuil critique en deçà duquel vous n'arrivez pas à garantir une qualité de service public minimale que le citoyen demande, en contrepartie des impôts qu'il paie. Il paie de 8 à 10 % d'impôts supplémentaires sur son total d'impôts pour financer les communes. Les budgets des communes, c'est par habitant de l'ordre de 1.
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300 à 1 500 euros par habitant. C'est pour avoir des services publics de qualité. Dans certaines communes, on ne les a plus. Et puis ce que j'imagine vous vous dites aussi c'est que si on a des communes plus grandes avec du coup des bourgmestres et des échevins qui sont mieux rémunérés, on a davantage de personnes qui vont faire le choix de se consacrer exclusivement à la commune là où aujourd'hui dans les petites communes en général on fait ça à côté d'un autre boulot en prenant un temps partiel voire même pas parfois en continuant à côté d'un.
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Temps plein. Pour vous on serait en droit alors d'exiger d'avoir des mandataires qui consacrent plus de temps et d'énergie à leur commune si elles sont plus grandes ? Absolument, donc on professionnalise littéralement le métier, c'est un métier essentiel, vraiment essentiel, on l'a vu durant la crise Covid, c'est vraiment un métier essentiel, les communes organisent aussi un enseignement communal, il faut savoir, et donc le fonctionnement, le personnel communal dans l'enseignement est important avec les réformes de l'enseignement qui ont lieu, et donc il y a besoin d'un suivi, d'une professionnalisation, d'instruire les dossiers, tout ça est très compliqué en fait. Donc on doit maintenant, aujourd'hui.
D
Professionnaliser, notamment dans toutes les petites communes, et je ne vois pas très bien comment on pourrait faire ça sans augmenter la taille critique. Un dernier mot sur les critiques émises par Marc Sirlero et les questions qui se posent. Cette question des communes plus pauvres qui n'auraient pas tellement intérêt à fusionner entre elles, mais plutôt d'essayer d'aller fusionner avec une commune riche, voisine, mais qui, elle, n'en aura.
G
Pas forcément envie. Est-ce que ça, ce n'est pas une vraie difficulté si on reste sur cette logique volontaire, Jean-Hendrix ? Oui, tout à fait. Ce qu'on sait, en général, c'est que les communes limitrophes ont généralement un profil socio-économique assez comparable. L'exception, c'est celle que vous mentionnez. C'est par exemple Charleroi ou Liège. Et donc, la couronne, la périphérie de Charleroi et de Liège est caractérisée par, finalement, des communes plus riches parce que les gens qui travaillent ont quitté les centres-villes pour aller s'installer à la périphérie. Et donc, c'est là, finalement, qu'il y a les rentrées financières. Et donc, en élargissant le périmètre des villes parce que c'est là qui est l'enjeu pour les grandes villes, effectivement, on peut obtenir du refinancement. Mais si, hormis l'exception des grandes villes, je regarde le reste, des communes de taille de 10 à 15 000 habitants peuvent trouver juste à côté d'elles une autre commune avec un profil socio-économique très comparable en termes de taux d'emploi, taux de pauvreté, et donc trouver un intérêt important à fusionner. Et c'est ce qui s'est passé exactement en Flandre. Ce ne sont pas les communes les plus pauvres qui ont fusionné, ce sont les communes relativement aisé sans gros problèmes financiers. Donc la motivation de la fusion n'a pas été l'enjeu budgétaire. Il a été principalement le besoin d'avoir une taille critique pour recruter, retenir des talents et pour offrir des services additionnels. Et j'ajouterai en plus de ça qu'on peut avoir des reprises de dettes. Donc le problème des communes aujourd'hui c'est qu'elles doivent désinvestir parce qu'elles ne peuvent plus emprunter. Et donc s'il y a une reprise de dette grâce à une fusion de l'ordre de 500 euros par habitant pour Bastogne-Berthon, c'est 10 millions d'euros qui ont été récupérés pour refinancer des.
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Nouveaux investissements. Et c'est exactement ce qui s'est passé en Flandre. Ces communes qui ont fusionné ont réinvesti. Et ça c'est quand même assez fondamental. Oui, puisqu'il y a des incitants au niveau des dotations, au niveau régional aussi, pour justement motiver ces communes à fusionner entre elles. Alors justement, vous venez de l'évoquer, Berthogne et Bastogne ont fait ce choix, notamment pour ces raisons budgétaires. Ça fait un an maintenant pratiquement tout juste que.
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C'Est le cas et Sarah Poussin s'est demandé pourquoi on avait choisi de fusionner et puis surtout quel était le bilan un an plus tard.
Cela fait déjà un an que les deux communes ont.
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Fusionné. Au départ, l'initiative vient de Berthogne, un territoire d'un peu plus de 3000 habitants, comme l'explique notre journaliste en province de Luxembourg, Philippe Hermand. La petite commune de Berthogne travaillait déjà avec d'autres communes voisines, Tenneville et Saint-Aude, et là, le fait est.
C
Qu'À trois communes, même si elles avaient voulu fusionner, On n'arrivait pas à ce seuil critique que décrit la région Wallonne de 15 000 habitants. C'est donc finalement Bastogne qui a été choisie. La nouvelle a fait des remous dans la population bertognarde, notamment du côté de l'opposition qui n'avait pas été concertée. Mais après deux ans de travail, aux dernières élections communales, les bertonniards ont donc vu apparaître des bastoniards.
A
Dans la liste des élus potentiels. C'est en effet au niveau de la représentation politique que se marque le plus gros changement depuis la fusion. On avait 9 élus d'un côté à Berthogne, 25 élus à Bastogne et maintenant il y en a 27 pour les deux communes. Mais paradoxalement, aux premières élections communes en octobre de l'année dernière, il y a eu dix habitants de Berthogne et dix conseillers communaux de Berthogne qui ont été élus sur.
C
Les 27. Donc c'est quand même beaucoup plus important en termes de représentation que ce que ça représente effectivement sur la population de toute l'entité. Pour le reste, la maison communale, la poste, la police ou.
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Le CPS de Berthogne sont restés ouverts.
D
Les habitants n'observent donc pas vraiment de.
A
Changement depuis ce mariage.
G
Comme ils l'ont expliqué à Philippe Hermand. Ce qui est bien, c'est de garder quand même quelque chose ici à Berthogne. D'avoir.
C
La maison communale. Oui, c'est important.
D
Pour tout, je crois. Il y a.
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Toujours tous les services, il y a.
D
Toujours tout ce.
C
Qu'Il faut. Rien de mal en tout cas. Ça fait un peu bouger la.
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Commune. Ça a changé dans le bon sens. Oui, voilà, exactement. Le bourgmestre de Bastogne, Benoît Ludgen, pointe même quelques avantages supplémentaires pour les bertonniards. C'est notamment l'accès à la maison de repos prioritaire, ce qui n'était pas le cas avant, l'accès au centre sportif de façon prioritaire également, il y a des tarifs avantageux. Pour les bastoniards, il y a.
C
Aussi des avantages qui sont importants puisqu'on a repris, notamment en termes de règlements, de primes hautes, des éléments qui étaient plus positifs à Bertogne. Xavier Krer, qui est journaliste pour l'Avenir en province de Luxembourg, admet quand même avoir rencontré quelques bertonniards mécontents. Ils se sentent englobés dans une grande entité, ou des associations aussi, un peu perdus, puisqu'il ne suffit plus d'appeler la personne que l'on connaît dans le village, il faut désormais passer par des procédures plus formelles liées au fait que Bastogne est une ville. Mais dans l'ensemble, le journaliste souligne l'apaisement des tensions et dresse un bilan.
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Positif. D'autres communes de la province ont d'ailleurs relancé des discussions sur des projets de fusion. C'est le cas par exemple de Bertry et Palisseul.
Alors Jean-Hendrix, on entend plutôt un bilan favorable un an après cette fusion qui au départ ne convainquait pas tout le monde, on l'imagine. Est-ce que pour vous on est dans une évolution naturelle.
G
Qui fait que le nombre de communes va se réduire dans le futur pour la Wallonie, pour la Belgique de manière générale ? Oui, regardez la société comme ça se complexifie. Vous voyez les problèmes climatiques, les inondations, les pandémies avec le Covid, la cybersécurité. Vous voyez plusieurs chaînes hospitalières qui ont été prises à partie et qui ont dû faire appel à Microsoft pour venir débloquer tout. Donc il y a vraiment une vulnérabilité, une incertitude croissante dans le monde dans lequel on fonctionne aujourd'hui qui exige en quelque sorte la transition énergétique. qui exigent en quelque sorte d'avoir finalement une base critique minimale pour pouvoir répondre efficacement et équitablement aussi à ces enjeux-là. Donc j'entendais dans l'interview notamment l'accès aux maisons de repos, ça me paraît quand même quelque chose d'assez essentiel. Et si fusionner permet de faire ça mieux, tant mieux. Pensons aux éoliennes. La localisation des éoliennes aujourd'hui, c'est un petit peu une course à l'échalote. Chaque petite commune essaie d'avoir son éolienne sur son territoire ou plutôt sur celle du voisin, ça dépend de leurs intérêts. Mais vous savez, quand vous mettez une éolienne juste à la frontière de votre commune, à la limite vous recevez les dividendes, mais c'est la commune voisine qui a les nuisances. Et donc tout ça paraît assez paradoxal et pas très logique. On voudrait avoir une localisation des éoliennes qui soit la plus efficace possible, au meilleur endroit, sans être contraint par les périphéries ou les limites territoriales des petites communes. Et donc élargir des communes permet d'optimiser, idem pour les bassins d'orage quand vous avez des inonations. Pourquoi faire des bassins d'orage dans chaque petite commune ? Ça coûte extrêmement cher. Optimisons la localisation des bassins d'orage. Je ne crois pas aux intercommunales. On a fonctionné avec des intercommunales pendant des décennies. Elles sont une boîte noire sur laquelle il n'y a aucun contrôle démocratique. Les gens nommés ne sont pas élus par les citoyens. Une fusion de communes, c'est différent. Les citoyens gardent le contrôle sur le fonctionnement et demandent à la commune de rendre des comptes. En termes démocratiques, c'est différent. On a eu assez de problèmes pour s'en rendre compte. de mutualiser un maximum de services comme le traitement des déchets, mais alors pourquoi.
D
Avoir besoin d'autant d'intercommunales sur tout le territoire wallon ? On pourrait quasiment avoir une seule intercommunale sur toute la Wallonie qui s'occupe de la gestion des déchets. En 20 secondes alors, parce qu'on est.
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Au bout, Jean-Hendrix, est-ce que la région, du coup Wallonne, devrait imposer qu'on aille vers ces fusions de communes et dépasser ce stade des fusions volontaires dans lequel on est aujourd'hui ? Pas nécessairement, je pense qu'on a surtout besoin dans un débat démocratique d'informer l'opinion là-dessus, et notamment sur le retour d'expérience en Flandre. Ce qu'on a vu en Flandre, ce que confirment maintenant Bertone et Bastogne, c'est l'idée que les retours d'efficacité ne sont pas immédiats, ça prend du temps à absorber la fusion. Mais progressivement, on retourne à l'investissement. Les communes aujourd'hui wallonnes ne savent plus investir, elles sont étranglées financièrement. Et ça ne va pas aller en s'en arrangeant. Vous avez mentionné la réduction des points APE qui sont essentiels, donc les aides à l'emploi, et qui permettent de faire fonctionner une partie du personnel communal. Les communes vont devoir trouver des réponses à ça. Et croyez-moi.
D
Elles ne viendront pas de la région wallonne qui est elle-même en déficit. La dette de la Wallonie, c'est plus de 200% de ses recettes. C'est une dette colossale.
Pour Jean-Hendrix, donc, le constat de la fusion nécessaire risque de s'imposer de plus en plus aux communes de petite taille. Sans doute plus un choix de raison qu'un choix de cœur, mais un choix qui pourrait rouvrir des possibilités d'investissement à des communes qui, dans la configuration actuelle, ont de plus en plus de mal à équilibrer leurs comptes simplement pour les dépenses courantes. D'ailleurs, en passant quelques coups de fil pour préparer cette émission, j'ai pu me rendre compte que beaucoup de bourgmestres aujourd'hui avaient commencé à réfléchir très sérieusement à cette option.
Voilà, pour cette émission surtout consacrée aux communes Wallonne, vous l'aurez compris, mais je précise qu'on s'était posé la même question pour les 19 communes bruxelloises en février dernier et que cette émission est toujours disponible sur Ovio.
Merci à Guillaume de Smet pour la réalisation sonore de ce numéro. A la préparation, il y avait Sarah Poussey et Arnaud Roysen. Et si vous souhaitez nous écrire, n'hésitez pas à le faire. Je vous rappelle notre adresse lesclésenunmot.com.
Dans cet épisode, Arnaud Ruyssen s’attarde sur la question de la fusion des communes en Belgique, un sujet qui prend de l’ampleur en raison de la pression financière croissante sur les pouvoirs locaux. L’émission analyse les arguments économiques, politiques et sociaux autour d’éventuelles grandes fusions, s’appuyant sur l’expérience récente de Bastogne et Berthogne, l’exemple flamand, et l’expertise de Jean-Hendrix (professeur d’économie à l’UCLouvain), ainsi que l’analyse journalistique de Marc Sirlerauld. L’épisode pose la question : allier communes pour survivre, est-ce une fatalité ou un pari risqué pour la démocratie locale et la qualité des services publics ?
Bas de laine communal en chute : les réserves fondent, les crises récentes pèsent lourd, et la créativité budgétaire devient la règle.
Réformes impactantes : exclusions du chômage, réduction des dispositifs APE, pensions des fonctionnaires, financement des zones de secours/police.
Quote: « Les communes disposaient jusqu'à encore il y a quelques années d'un bas de laine financier... On constate que ce bas de laine a tendance à diminuer, fortement diminuer, et que de nombreuses communes doivent recourir à une créativité certaine pour équilibrer leur budget. » — RTBF (Voix off/analyste)
Taille critique idéale : 15 000 à 20 000 habitants permet de minimiser les coûts de fonctionnement et personnel par habitant ; 80% des communes wallonnes sous ce seuil.
Services publics renforcés : piscines, halls sportifs, pistes cyclables, infrastructures culturelles ; partage de moyens (flotte, véhicules), gains de coordination, capacité d’agir lors de sinistres/urgences.
Recrutement facilité : petites entités ont du mal à attirer les profils techniques spécialisées (cybersécurité, marchés publics, financement européen).
Exemple de cybersécurité : mêmes besoins partout, mais capacités disproportionnées.
Attachement citoyen : la proximité de l'administration et l’accessibilité du bourgmestre sont des valeurs jugées essentielles, générant méfiance et opposition à la fusion.
Intérêts et peur de perte de mandats pour les élus locaux : fusion = moins de postes de bourgmestres/échevins, donc résistance politique.
Diversité politique et résistance : différences de coalitions politiques entre communes rendent la fusion complexe, sauf si partis dominants sont identiques (ex : PS à Liège & Erstal).
Disparité des richesses : communes pauvres souvent sans intérêt à fusionner entre elles, stratégie pour annexer des communes riches (exemple Charleroi et sa banlieue).
Initiative : Berthogne (petite commune, 3000 habitants) ne peut atteindre la taille critique sans Bastogne, malgré sa coopération avec d’autres voisines.
Changements :
Conseil communal : de 9 (Berthogne) + 25 (Bastogne) à 27 élus pour la nouvelle entité — représentation des habitants de Berthogne supérieure à leur poids démographique (dix élus sur 27).
Services restés en place : maison communale, poste, police, CPAS locaux.
Citoyens globalement satisfaits, surtout de la conservation des services sur place.
Avantages pour Berthogne : accès prioritaire à la maison de repos, tarifs sportifs avantageux.
Certains regrets : sentiment d’être absorbé, démarches un peu plus formelles, liens associatifs moins spontanés.
Quote: « Ce qui est bien, c'est de garder quand même quelque chose ici à Berthogne. D'avoir la maison communale. Oui, c'est important. » — Habitante (22:39)
Quote: « Pour les bastoniards, il y a aussi des avantages... on a repris, notamment en termes de règlements, de primes hautes, des éléments qui étaient plus positifs à Berthogne. » — Benoît Ludgen, bourgmestre (23:03)
Quote: « Ils se sentent englobés dans une grande entité, ou des associations aussi, un peu perdus... il ne suffit plus d'appeler la personne que l'on connaît dans le village. » — Xavier Krer, journaliste (23:19)
Vers une nouvelle dynamique naturelle selon Jean-Hendrix :
Doit-on imposer ou inciter ?
L’épisode offre une analyse nuancée des fusions de communes, mettant en lumière la nécessité économique croissante de s’unir, les résistances humaines et culturelles guère négligeables, mais aussi le potentiel démocratique restauré d’entités publiques plus robustes. La fusion de Bastogne-Berthogne illustre un processus long mais pas nécessairement douloureux, et la question de passer du volontariat à l’obligation reste en suspens. Le débat est ouvert, mais la tendance semble inévitable selon les intervenants — et l’histoire des finances communales risque bien, à terme, d’imposer la décision.