Transcript
A (0:04)
Un podcast mine l'audio.
B (0:07)
À
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l'approche de la mort, toutes les injustices qui traversent nos vies éclatent au grand jour. C'est quelque chose qu'on conscientise assez peu collectivement. Peut-être parce que ça nous fait trop peur, trop mal. Peut-être que ça demande des changements politiques vertigineux. Dans l'épisode précédent, les sociologues Nathalie Bajos, Aurélien Sintra et Marine Boisson m'ont expliqué ce qui se cache derrière les écarts d'espérance de vie entre hommes et femmes, entre les plus pauvres et les plus riches, entre les personnes blanches et les personnes racisées. Si vous ne l'avez pas écouté, surtout, allez-y, moi j'ai appris plein de trucs. C'est en découvrant leur passionnante recherche que j'ai compris à quel point nous sommes peu habitués à aborder la mort depuis ce point de vue-là dans le débat public. Pourtant, nous ne sommes pas frileux autour de la mort en France. J'en veux pour preuve les débats parlementaires sur la fin de vie qui se sont accélérés ces derniers mois, plus précisément autour des propositions de loi sur les soins palliatifs et l'aide à mourir. La fin de vie, c'est un sujet très délicat, très intime, mais c'est aussi très lié aux structures de pouvoir public et à la place qui nous est donnée à chacun, chacune dans notre société. Après notre enregistrement en public à Genève, j'avais envie d'aller plus loin sur cette question avec celle qui en est la spécialiste Marine Boisson. C'est cette conversation que je vous propose d'écouter maintenant, une sorte d'épisode bonus pour aller au bout de nos morts. pour voir s'il serait possible de mieux vivre nos derniers instants et d'essayer ce que ça raconte en creux de comment on perçoit nos vies. Je m'appelle Naomi Titi. Vous écoutez Les Couilles sur la table, le podcast où on explore les masculinités créée par Victoire Tueillon. Bonjour Marine Boisson.
B (1:55)
Bonjour.
A (1:56)
Vous êtes sociologue, je le rappelle, chercheuse postdoctorale à la Chaire Santé de Sciences Po Paris. En 2020, vous avez soutenu une thèse de sociologie sur la médicalisation de la fin de vie et de la mort à l'école des hautes études en sciences sociales, le HESS. Et lors de notre discussion à Genève, on a rappelé que la fin de vie était l'issue de tout un processus social et structurel qui crée des inégalités de santé et donc des inégalités de mortalité. On ne meurt pas tous de la même façon, selon notre genre, selon le métier qu'on a exercé, là où on a habité, le milieu dans lequel on a grandi, etc. Cette fois-ci, j'aimerais qu'on aborde un peu plus spécifiquement le rôle de la construction des masculinités dans ce moment très spécifique de la fin de vie et les conséquences que ça peut avoir ou non sur la mort de ces hommes. Alors pour commencer, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'on entend par la fin de vie? Qu'est-ce que ça désigne exactement?
