Les Couilles sur la table – Hors-série : Eux – Les boylesques
Podcast: Les Couilles sur la table
Hôte: Binge Audio
Date: 19 octobre 2018
Aperçu de l’épisode
Cet épisode hors-série propose une immersion dans l’univers du « boylesque » à travers les témoignages de quatre hommes de la troupe La Skep, la Société Communautaire des Effeuilleurs Parisiens. Ces performeurs revisitent la masculinité sur scène, déconstruisant avec humour, poésie et sensibilité les stéréotypes de genre, et partagent leur cheminement personnel face à la norme masculine, à la honte ou à la fierté d’être un homme, et à la quête d’une masculinité plus libre et inclusive.
Points clés de la discussion et moments forts
1. Origine et sens du boylesque (01:29 – 04:16)
- Présentation de La Skep : Une troupe d’hommes qui pratiquent le boylesque, version masculine du burlesque, un art d’effeuillage traditionnellement féministe.
- Questionnement sur la masculinité : Leur démarche consiste à “prendre le mal à la racine, de le mettre à nu, au propre comme au... au sale !” (B/Thomas, 02:23)
- Jointe au mouvement féministe : « Le burlesque est un espace qui donne aux femmes la liberté d’être qui elles souhaitent être, libérées des stéréotypes. On s’est dit que ce serait intéressant de faire le même travail du côté masculin. » (Thomas, 02:40)
- Stéréotypes partagés : Les hommes aussi sont affectés et parfois victimes de ces carcans, notamment lorsqu'ils dévient des normes hétérosexuelles ou de genre.
2. Enfance, intériorisation des normes et construction de soi (04:16 – 08:08)
- Parcours personnel : Thomas évoque son enfance en milieu éduqué et la pression d’entrer « dans le moule » d’une masculinité attendue (ingénieur, hétéro, sportif).
- Expériences de décalage : Attiré par la danse ainsi que par des activités “féminines”, il doit camoufler certains goûts ou attitudes face à la moquerie, aux insultes, ou au rejet.
- Citation notable : « Tout ce qui touchait mon côté féminin était traité de moquerie ou d’insulte... C’est quelque chose qu’on intériorise énormément. » (Thomas, 05:04)
3. Redéfinition de la masculinité et acceptation de soi (08:08 – 10:31)
- Masculinité plurielle : Les invités insistent sur l’importance de s’autoriser à explorer d’autres attitudes, comme la sensibilité, et de ne pas rejeter systématiquement tout son héritage masculin.
- Utilité des “bagages” masculins : Les compétences attribuées au masculin (pragmatisme, organisation) peuvent être utiles, mais il faut savoir les réinterpréter à sa façon.
- Citation notable : « On garde toutes les qualités des deux genres et on jette tous les défauts. » (Thomas, 07:04)
- La performance drag : Adrien (Azuka Eilhart) utilise le drag pour questionner ses perceptions et celles du public.
- Citation notable : « Le refus de toute sensibilité me paraît extrêmement toxique pour beaucoup d’hommes. Accepter qu’un homme peut être sensible… c’est le plus grand pas en avant. » (Adrien, 09:11)
4. La pression de la norme au collège et à l’école d’ingénieurs (10:31 – 14:09)
- Violence de la norme : Aurel (Venotine) raconte son exclusion et les violences subies pour sa différence au collège, soulignant l’intensité de la pression à la conformité.
- Engagement militant : La pratique du boylesque s’inscrit dans une démarche d’action (féminisme, LGBTQ+) contre le sexisme et l’homophobie ordinaires dans les milieux étudiants techniques.
- Stupidité de la virilité toxique : Aurel critique la glorification de la débauche et de la domination masculine, y compris dans les rituels virilistes ("Finis ton verre sinon t’es une fiotte !").
- Citation notable : « Tu dois boire beaucoup d’alcool… si tu tiens pas, c’est parce que t’es une merde. » (Aurel, 12:49)
- « Moi, il y a plein de fois où j’allais en soirée dans l’optique d’embrasser des filles, mais pas parce que j’en avais forcément envie… juste pour la reconnaissance de mes pairs. » (Aurel, 13:16)
5. Fierté et redéfinition de l’identité masculine (14:09 – 16:29)
- Redéfinir le masculin : Fred (Tragic Mike), homme cisgenre hétéro, explique que le boylesque l’a aidé à se trouver beau, à se sentir légitime en homme dans la sensibilité ou la brillance.
- Refus de l’uniformité masculine : Le boylesque comme conversation et ouverture au dialogue dans les milieux considérés comme machos ou homophobes.
- Citation notable : « On peut être fier d’être un homme, mais il faut l’être pour de bonnes raisons. On peut être fier d’être un homme sensible, qui porte des talons, qui met des paillettes… il faut juste la redéfinir dans les bonnes manières. » (Fred, 15:40)
Citations notables & moments mémorables
- Thomas / Vicomte Arbour :
« Si on ne s’occupe que du côté féminin du féminisme, finalement, la moitié du chemin est faite. » (03:42) - Adrien / Azuka Eilhart :
« Accepter le fait qu’un homme peut être sensible, a le droit de pleurer, a le droit de dire qu’il va mal, c’est déjà le plus grand pas en avant. » (09:12) - Aurel / Venotine :
« Le collège c’est terrible… si tu sors mais d’un cheveu de la norme, tu vas te faire taper sur ce cheveu. » (11:08) « Plus les choses avancent, plus je me demande au final : qu’est-ce que c’est, le genre ? » (12:16) - Fred / Tragic Mike :
« L’identité masculine en tant que telle, elle n’est pas forcément à jeter, elle est juste à redéfinir. » (15:52)
Timestamps des segments clés
- Présentation de La Skep & du boylesque : 01:29 – 04:16
- Parcours de Thomas : enfance, injonctions de genre : 04:16 – 08:08
- Adrien et les jeux de genre, la sensibilité masculine : 08:08 – 10:31
- Aurel : pressions au collège et à l’école d’ingé, vie militante : 10:31 – 14:09
- Fred : pride et héritage masculin réinventé : 14:09 – 16:29
Conclusion
Cet épisode met en lumière des parcours différents mais convergeants vers la même volonté : vivre une masculinité authentique, affranchie des stéréotypes et des injonctions normatives, capable d’intégrer la sensibilité et la créativité. L’art du boylesque devient une arme de déconstruction joyeuse et profonde, un outil de fierté renouvelée, et une invitation à interroger « ce que c’est qu’être un homme aujourd’hui ».
