Transcript
A (0:05)
Aussi grand et fort que tu sois.
B (0:23)
La vie te mettra à genoux et te laissera comme ça. Chers auditeuristes, est-ce que vous aimez la boxe?
A (0:37)
Et de mon côté, j'essaierai d'oublier que t'es une fille.
B (0:40)
Moi, pas trop. J'ai des vagues souvenirs de cours d'EPS au collège, mais c'est tout. Et c'est pas très étonnant. Comme l'a écrit l'autrice étatsunienne Joyce Carol Oates en 1987 dans son essai sur le sujet, la boxe est pour les hommes, à propos des hommes. La boxe, c'est les hommes. Plus fort!
A (0:59)
Vas-y! Vas-y!
B (1:00)
Vas-y!
A (1:01)
Vas-y!
B (1:01)
Vas-y! Vas-y En France, jusqu'en 1999, ils étaient les seuls autorisés à boxer en compétition.! En même temps, on pourrait se dire, quoi de mieux que la boxe pour incarner des corps virils? Dans la pop culture, par exemple, elle est partout. C'est le sport le plus représenté au cinéma, au point d'être devenu un genre à part entière. De la saga des Rocky, prolongée par Creed, en passant par Raging Bull, la boxe est lourde, d'une symbolique masculine très forte. très marqué dans nos imaginaires. Et pourtant, son histoire est assez mal connue. C'est pour ça que j'ai eu envie d'en faire le sujet de ce nouvel épisode. De mon côté, même si, à titre personnel, ça ne m'a jamais trop intéressée, c'est un sport qui a fait partie de mon enfance. Je viens de Jeannevilliers, une ville de banlieue populaire du 92, au nord-ouest de Paris, et que ce soit mon frère qui affichait fièrement son poster de Mohamed Ali dans sa chambre d'ado, le gardien du gymnase où j'avais mes entraînements de GRS, le frère de ma meilleure pote du lycée qui partait à l'autre bout du monde pour des tournois, j'ai grandi entourée d'hommes et de quelques femmes aussi, qui, à un moment donné, ont fait de la boxe avec grande dévotion. Et en lisant le travail de Selim Derkawi, mon invité, j'ai compris que ça n'avait rien d'anodin. Car la boxe, c'est pas qu'un truc de bonhomme, c'est un sport très politique qui cristallise les fractures de notre société.
A (2:45)
En tant qu'homme, déjà, de classe populaire et racisé, le mot qui revenait le plus souvent, c'est le mot de dignité. Donc c'était vraiment retrouver cette dignité-là, perdue, ou alors pas forcément perdue, mais en tout cas, qu'on essaye d'enlever au quotidien.
B (2:58)
Alors, qui sont les hommes qui boxent? Pourquoi est-ce qu'on associe tellement ce sport à la virilité et à la violence? Quel rôle joue la boxe dans la fabrique des masculinités racisées et dans les luttes sociales d'hier et d'aujourd'hui? C'est de tout ça dont on va parler aujourd'hui. Alors j'espère que vous vous êtes bien échauffé et que vous avez enfilé vos meilleurs gants. Je m'appelle Naomi Titi. Bienvenue dans Les Couilles sur la Table, le podcast où on explore les masculinités créées par Victoire Tuyon. Bonjour, c'est Lune D'Arcaoui.
