
Le complexe de la « petite bite » est probablement le plus répandu chez les hommes. Qu’ils aient un micropénis ou un sexe de taille moyenne, ils sont près d’un sur deux à vouloir plus gros sous leur caleçon. Construit historiquement comme un emblème de...
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A
Respect the cock.
B
45% des hommes voudraient que leur pénis soit plus grand. Cette stat, je la trouve hallucinante. Elle vient de la plus vaste enquête que j'ai trouvée sur le sujet, menée par l'Université de Californie sur plus de 52 000 personnes, et elle a été publiée en 2006. 20 ans plus tard, rien n'a changé. C'est sans doute pire même, vu le regain des normes virilistes et l'explosion des formations en ligne, des produits, des crèmes et des chirurgies. Incroyable! Cette découverte secrète sur la croissance va agrandir ton pénis de 3,81 centimètres par semaine. Ouais, on a vraiment trouvé cette phrase sur Internet. La taille de la bite, c'est vraiment le talon d'Achille des masculinités. L'un des complexes les plus partagés chez les hommes, et ça, quelle que soit la taille réelle de la verge ou l'orientation sexuelle. C'est peut-être votre cas, vous qui m'écoutez, ou le cas d'un de vos proches. Dans cet épisode, on va essayer de comprendre d'où ça vient. Quelles incidences ça a sur la confiance en soi, sur la vie sociale et sur la sexualité. Est-ce que la taille compte vraiment pour faire du bon sexe? Et surtout, comment faire pour éradiquer ce complexe de la bite soi-disant trop petite? Je m'appelle Naomi Titi et vous écoutez Les Couilles sur la Table. Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série d'été spéciale sur les complexes des hommes. Pour en parler, je reçois Octavie Delvaux. Salut Octavie!
A
Salut!
B
Alors toi, tu es autrice et éditrice de livres érotiques. Et en 2023, tu as écrit un petit essai très drôle et très documenté aux éditions La Misardine qui s'appelle «Éloge des petites bites» pour en finir avec la dictature viriliste. Bon, je te propose qu'on aille tout de suite droit dans le sujet. C'est quoi une petite bite? Est-ce qu'il y a des estimations scientifiques, des moyennes, des échelles?
A
En effet, il y a des moyennes. La moyenne de la longueur du pénis en France se situe entre 12,8 cm et 14,5 cm.
B
En érection?
A
En érection. C'est un chiffre qui peut étonner parce que je pense que pour la majorité ça semble assez petit déjà. Par ailleurs, quand on est plutôt en dessous, on n'a pas pour autant un micropénis. Le micropénis, tel qu'il est médicalement défini, c'est à partir de 7 cm en érection. Donc si on est entre 7 cm et 12,5 5 cm, cm, on va dire qu'on est plutôt dans une moyenne basse mais on n'est pas dans un micropénis.
B
Et ça, est-ce qu'on a des estimations de par exemple combien d'hommes ou combien de pourcents d'hommes sont dans la moyenne? Combien de pourcents d'hommes ont un micropénis?
A
Non, on n'a pas d'estimation sur combien d'hommes sont dans la moyenne. Pour le micropénis, c'est assez compliqué aussi parce que tous les hommes ne se manifestent pas. Genre, bonjour, j'ai un micropénis. Tous ne vont pas consulter. Donc c'est un peu compliqué mais d'après les personnes que j'ai interrogées, C'est tout de même plutôt rare, donc on dirait entre 1 ou 2%, mais c'est très difficile à estimer.
B
Oui parce que même dans les quelques études qui existent sur le sujet, souvent on dit qu'il y a un biais de déclaration.
A
Absolument.
B
Parce qu'on ne va pas aller mesurer le pénis des 52 000 personnes qui
A
se promènent pour faire l'étude.
B
Donc voilà, c'est un peu des estimations qui ne peuvent pas être exactes, mais c'est pour avoir une idée. mais ça veut dire quand même qu'il y a une différence entre les hommes qui ont effectivement un pénis plus petit que la moyenne, voire un micro pénis, et ceux qui sont complexés par la taille de leur pénis. J'ai l'impression que toi, les hommes que tu as interviewés pour ton livre, il y en a plein qui n'ont pas vraiment un petit pénis ou même un micro pénis, non?
A
Oui, absolument. Et tous les sexologues et andrologues que j'ai interrogés m'ont dit la même chose, à savoir que dans plus de 90% des cas, les hommes qui viennent avec comme problématique mon pénis est trop petit, s'avèrent avoir un pénis parfaitement normal autour de 15-16 cm. Ce qui prouve à quel point on a des idées absolument fausses sur ce qu'est la norme en matière de taille de sexe.
B
Chers auditeuristes, vous êtes en train d'écouter notre série d'été sur les complexes, et si vous faites partie des plus chanceux d'entre nous, vous êtes peut-être en plein pendant vos vacances, peut-être même en voyage à l'étranger. Alors avez-vous un bon sens de l'orientation? Et niveau langue étrangère, comment vous êtes? Moi, quand je voyage loin de chez moi, je suis très vite perdue. Quand je vais voir ma famille au Cameroun par exemple, je vais tout le temps me reposer sur ma sœur, pour trouver notre chemin ou passer des coups de fil parce que c'est la seule à avoir la déter de négocier avec les vendeurs locaux pour acheter une carte SIM sur place. Mais ça, ça va vite changer puisque j'ai découvert Sailee, notre sponsor. Sailee, c'est un service international de eSIM par les mêmes créateurs que NordVPN et c'est accessible dans plus de 200 destinations. Plus besoin de faire la queue pendant des heures en descendant de l'avion ou dans une boutique locale. Avec Sailee, vous évitez une bonne galère de voyage et c'est très facile à utiliser. Il suffit de télécharger l'application Sailee, de choisir votre destination, le type de forfait dont vous avez besoin, et ça y est, vous avez votre eSIM directement sur votre mobile. Ça s'écrit S-A-I-L-Y et la bonne nouvelle, c'est que grâce au code promo TABLE, vous recevrez 15% de réduction sur votre achat. On vous glisse le lien dans la description. Allez, retour à votre épisode. Et oui, parce que cette state que j'ai donnée au début de 45%, ça me paraît fou. C'est presque un homme sur deux qui est complexé par la taille de son pénis. Et derrière ce complexe, il y a en fait l'idée qu'avoir un gros pénis ou un grand pénis, c'est forcément un atout pour les hommes. Mais historiquement, ça n'a pas toujours été le cas. Tu le racontes dans ton livre. Comment l'importance qui est accordée à la taille de la bite, elle a évolué dans l'histoire?
A
Alors j'ai essayé dans mon livre de commencer vraiment par la préhistoire. Ça me semblait assez intéressant parce qu'on a quelques représentations de pénis sur des peintures rupestres. C'est assez rare, il faut le préciser tout de même.
B
Rupestre c'est-à-dire sur les murs dans les grottes?
A
Exactement, c'est ça. C'est assez rare. On a beaucoup plus représenté les animaux que les êtres humains déjà. et a fortiori les pénis c'est encore plus rare. Mais quand c'est le cas, je pense notamment à la grotte de Lascaux, il est de taille tout à fait classique et moyenne. Pendant la préhistoire, il n'est jamais représenté de manière massive. Ça, c'est important. Et j'ai constaté qu'on commence à avoir des représentations de sexe gros, voire trop gros par rapport à ce qu'a réellement un être humain, à partir du néolithique bien installé, c'est-à-dire quand on a des sociétés qui ne sont plus nomades. Et c'est tout de même très lié à l'évolution du patriarcat.
B
C'est-à-dire?
A
C'est-à-dire que plus les sociétés se forment et mettent l'homme et le père en haut de l'échelle sociale, plus, comme par hasard j'ai envie de dire, on commence à avoir des représentations de pénis totalement gigantesques. Donc plus on met l'accent sur la virilité égale la taille du sexe égale la puissance. En gros c'est ça. La seule exception c'est la Grèce et la Rome antique.
B
Oui parce que je pense aux statues par exemple qu'on voit beaucoup dans les musées, ils n'ont pas des sexes démesurés, souvent les hommes qui sont représentés.
A
Absolument. Et il y a une explication à cela, c'est une explication philosophique, parce que la philosophie était passée par là et on sait que Platon, par exemple, nous invite à modérer nos passions, à faire passer la raison devant les appétits charnels. et par conséquent, représenter le pénis petit, ça voulait dire qu'on était maître de ses passions, qu'on n'était pas dirigé par sa sexualité. En gros, à Rome ou à Athènes, c'était mal vu d'être un gros cutard. Il fallait avoir une certaine tempérance et cette tempérance, on la représentait par un sexe de taille modérée. Et à l'inverse, quand on voulait représenter des esclaves, des sauvages, des étrangers, enfin tout ce qui était un peu mal vu, eux, on leur faisait des grossesses. D'accord. Parce que eux, c'était à moitié des bêtes. En gros, ils étaient pas civilisés. Ils étaient animalisés. Exactement.
B
Et pourquoi après la Rome antique, donc ça c'est à peu près au troisième, deuxième siècle avant notre ère, à partir de quand c'est revenu, enfin on a recommencé à associer un gros pénis à la puissance masculine?
A
Eh bien, ça revient plutôt à la Renaissance. Le Moyen-Âge est assez frileux en matière de représentation de pénis, même si on en a. Mais c'est vraiment à la Renaissance qu'il commence à y avoir une glorification du gros pénis. Je pense aux braguettes des hommes au XVIe siècle, qui sont des espèces de coques exagérément grosses, qui en plus étaient décorées. de rubans, de perles, de rubis. Il y a une image ou deux, je crois, dans mon livre. C'était porté plutôt par les aristocrates. Ma théorie, c'était qu'à cette époque, il y a eu un glissement dans les occupations des nobles. Au Moyen-Âge, le chevalier, il était là pour servir son seigneur et pour guéroyer. À la Renaissance, il devient un courtisan. En gros, il n'a plus rien à faire que de traîner dans les salons, compter fleurettes à ses dames et parfois, occasionnellement, il va à la guerre, mais c'est plutôt rare. Donc, comment exprimer sa virilité? Grande question. C'est quand même la question principale pour un homme. Et c'est là qu'on commence à enjoliver la braguette.
B
Il y avait des bijoux sur sa braguette.
A
Voilà, exactement. Et arrive aussi à cette période, plutôt du XVIIe siècle, la littérature grivoise. On peut dire que dès le début de la littérature grivoise, les sexes sont gros, sont démesurés, des fleurs des vierges. Il y a d'emblée dans la littérature grivoise, même de cette époque, l'idée de la grosse verge qui est là pour maltraiter le féminin, toujours. Maltraité, violé, violenté. Oui en fait c'est ça qu'il faut bien avoir en tête, c'est que souvent
B
dans ce culte des grosses bites, on peut le dire comme ça clairement, il y a en miroir la puissance contre les femmes pour les relations hétéro dans ce cas-ci et à l'inverse du coup les petits pénis sont représentés comme étant un manque de virilité Ce qui a le plus enterriné ça dans notre époque plus proche de nous, c'est bien sûr la pornographie. Moi, j'étais amusée récemment puisque j'ai découvert le film Boogie Nights de Paul Thomas Anderson. Est-ce que tu connais ce film-là?
A
Non.
B
On est tous doués pour quelque chose.
A
On reçoit tous un petit don à la naissance.
B
Il faut que tu saches que je vais devenir une star. Une super grande star. Eddie Adams de Torrance. Oui. Jack Horner, réalisateur. Je fais des films exotiques pour adultes. C'est un film assez génial qui raconte l'histoire d'une star du porno dans les années 80. À la fin des années 70, début des années 80, le personnage principal, c'est un jeune homme qui est repéré par un producteur de films porno. C'était un peu l'époque un peu plus chic du porno. C'était avant l'arrivée du numérique. Donc on filmait en pellicule. C'est une ambition de faire des films qui sont du vrai cinéma. C'est un peu moqué comme ça dans le film. et donc l'acteur principal qui se retrouve englobé dans ce milieu-là, il est adulé parce qu'il a une grosse bite. Et vraiment, il y a des scènes hyper drôles où quand les gens découvrent la taille de son sexe, ils sont comme obnubilés, mais même pas seulement les actrices, mais aussi les chefs opérateurs, enfin voilà, tous les gens qui croisent et qui le voient nu ont des étoiles dans les yeux. Comment ça s'est imposé cette norme et cette glorification des gros pénis dans cette industrie?
A
Au départ, les réalisateurs disaient que c'était principalement un atout visuel puisqu'on allait filmer du sexe. autant bien voir et autant qu'il y ait du matériel.
B
D'accord, donc c'est purement technique.
A
Voilà, donc c'est assez technique. Et effectivement, vu que dans ce type de contenu, on a plein de positions alambiquées, c'est plus simple d'avoir une verge longue qui peut passer partout. Je ne vais pas faire un dessin. Donc il y a cet aspect-là, l'aspect purement technique. Mais d'emblée, il y a tout de même aussi l'idée de l'opposition féminin-masculin, masculin-puissant, qui va défoncer le petit féminin.
B
Il y a vraiment cette hiérarchie.
A
Il y a vraiment cette idée-là. Plus ce sera gros et plus ça... ça mettra en difficulté les orifices, plus ça intéresse le public visé.
B
Et à l'inverse, du coup, comment les petits pénis sont représentés? Parce que tu y dédies quelques pages. Est-ce qu'il y a une place, en fait, s'il y a des représentations des petites bites dans le porno?
A
Il y a des petites bites dans le porno, mais leur représentation est assez pathétique. En fait, généralement, ce sont des vidéos où les hommes à petits pénis sont moqués, humiliés par des femmes. qui rigolent de leurs attributs, leur donnent des noms d'oiseaux, etc. Je précise quand même que ces films sont à destination d'hommes, qui peut-être ont des petits pénis, donc c'est un fantasme d'être manqué pour scientifique.
B
Oui, c'est un nom d'ailleurs. C'est le quoi?
A
Le small dick shaming, je crois, un truc comme ça. Et le plus triste, c'est qu'en fait, dans ces films, le petit pénis ne passe jamais à l'acte. Au mieux, il aura une petite branlette à deux doigts par la femme moqueuse. Mais il est considéré comme inapte à s'accoupler.
B
Inapte à la pénétration pénienne.
A
Exactement, il est inapte. Donc soit s'il n'y a que deux personnes et bien ça se finira par une masturbation commandée ou une masturbation par la femme. Soit on fera entrer un homme qui lui est bien membré et on lui dira ah bah tu vois lui il va me baiser etc. Donc ça participerait de l'humiliation.
B
Tu parles de cette scène de ce qu'on appelle les coqs.
A
Le coq holding.
B
Tu peux expliquer ce que c'est?
A
Le coq holding, c'est regarder sa femme ou sa partenaire se faire prendre par un autre homme. C'est le fantasme de beaucoup d'hommes. Parfois ils sont au courant, parfois ils ne sont pas au courant. Il y a toutes sortes de... Plein de scénarios différents. C'est la radio possible. Et dans ce cas-là, généralement, l'homme avec qui la femme trompe le mari a un plus gros sexe, peut être amené même à découvrir le mari et lui dire «Haha, t'as vu, moi mon engin, moi je suis digne de la baiser et toi non». ça va quand même assez loin. Mais il y a des hommes en recherche de ce type de contenu.
B
Oui, c'est ça en fait qui est assez intéressant à regarder quand on regarde ce complexe des petits pénis, c'est que, comme souvent en fait dans la pornographie, ce qui est au départ ressenti comme étant honteux par des hommes peut finalement devenir un fantasme et devenir l'expiation de ce complexe-là.
A
Absolument.
B
Bon, après, en dehors du porno, il y a d'autres cadres dans lesquels on voit que les hommes sont complexés par leur pénis, parce que le porno à l'échelle qu'on le connaît aujourd'hui, ça n'a pas toujours existé comme tel. Mais par contre, la comparaison des hommes entre eux, comparer sa taille de pénis, c'est, j'imagine, un peu millénaire. Et notamment, on appelle ça aujourd'hui le syndrome du vestiaire. Est-ce que tu peux expliquer ce que c'est et quelles conséquences ça a psychologiquement?
A
Oui, le syndrome du vestiaire, c'est... le fait de très tôt, entre hommes, et j'insiste vraiment sur ce point-là, entre hommes, se comparer aux autres, et comparer la taille de son sexe aux autres, dans les lieux où c'est possible. Comme souvent c'est au vestiaire qu'on a accès à la vue du sexe de l'autre, on l'a appelé le complexe du vestiaire, mais ça peut aussi se produire dans les familles, dans les fratries, entre cousins, pendant des soirées pyjama, des soirées entre potes, etc. Dans toutes les situations où on peut être soit nu, soit en maillot de bain, ça apparaît assez tôt. Je me souviens que mon dentiste m'avait dit que ses fils se chamaillaient beaucoup à propos de leur taille de pénis, parce qu'il y en avait un qui en avait une beaucoup plus grosse que les deux autres, et il humiliait constamment ceux qui en avaient une plus petite.
B
En fait c'est ça qui est intéressant, c'est qu'on voit que très vite finalement c'est vraiment ce truc entre hommes qui se joue, et c'est pas uniquement avec cette présomption d'être moins bon dans la sexualité, on y reviendra à ça, mais c'est finalement en fait juste un truc de sociabilité masculine.
A
Exactement, et en plus quand je parle de ces petits garçons, c'est des petits garçons qui devaient avoir entre 6 et 8 ans, je ne suis même pas certaine qu'il savait pourquoi il fallait avoir un gros pénis, à quoi ça servait précisément et en quoi consistait cet atout.
B
En fait, on apprend très très jeune que quand on est un garçon, il
A
faut avoir une grosse bite. Mais est-ce qu'il savait exactement à quoi ça servait? Je n'en suis même pas certaine.
B
J'aimerais revenir à cette question du vestiaire parce que moi je trouve ça assez fascinant. Moi je me rappelle le seul amoureux que j'ai eu quand j'étais encore hétéro me racontait que lui il fait du foot américain et il me racontait que dans les vestiaires il avait déjà reçu un compliment sur la taille de son pénis et je me dis mais c'est incroyable! Donc forcément si on en complimente certains Si on en humilie d'autres dans ce genre de cadre, forcément ça peut créer un mal-être. A tel point que j'ai lu un papier dans, je crois, le média SoFoot d'un homme. Il me semble que c'est l'auteur Sikouni Akate qui raconte qu'il a dû abandonner sa potentielle carrière dans le foot. parce qu'il était trop complexé par la taille de son pénis et qu'il pouvait pas en fait continuer à être dans les vestiaires et à tout le temps être vu par les autres coéquipiers. Et donc c'est à cause de ça.
A
Non mais ça m'étonne pas du tout parce qu'il y a beaucoup d'hommes, ça m'a été rapporté par les sexologues qui en reçoivent, qui abandonnent des carrières à cause de ça. Pas forcément sportifs, ça peut être l'exemple d'un homme qui était manager ou quelque chose comme ça. Et pendant l'entretien d'embauche, il a demandé à aller aux toilettes, il s'est rendu compte qu'il n'y avait que des pissotières pour les hommes, et il a dit non. Alors que c'était en plus un avancement, etc. Mais il ne voulait pas que ses collègues puissent voir son petit sexe.
B
Ah ouais, donc ça a vraiment un impact social, même quand ça n'a rien à voir avec la sexualité.
A
Et je reviens aussi sur ce que tu disais sur le compliment de ton chéri. Je ne sais pas si tu te souviens, mais pendant les Jeux Olympiques de 2024, il y a eu une image d'un athlète qui faisait du saut en hauteur, qui, on s'en est aperçu à cette occasion-là, était bien pourvu par la nature. Et il a fait tomber la barre. avec son sexe. En gros, il a mal fait son coup, il a raté son saut et notamment son sexe a accroché la barre. Donc soyons clairs, ce mec est un athlète qui s'entraîne depuis des années pour gagner les Jeux Olympiques. Donc pour lui c'est un cuisant. échec Néanmoins, tous les commentaires étaient dithyrambiques et disaient, oh là là, trop chance, merveilleux, incroyable. Mais je me souviens être intervenue moi-même en disant, mais dans quel monde, c'est incroyable, ce type a perdu. Il n'a aucune raison de se réjouir. Mais pour vous, avoir un gros sexe, c'est mieux que gagner les Jeux Olympiques.
B
J'aimerais qu'on revienne à ceux qui souffrent du coup de l'inverse quand ils sont moqués pour la taille de leur petit pénis. Et c'est notamment beaucoup le cas par une communauté spécifique qui est la communauté des hommes asiatiques, où c'est le cliché un peu millénaire. que les hommes asiatiques auraient un petit pénis. Bon ça, ça vient pas de nulle part, ça vient d'un préjugé raciste qui a été véhiculé par des colons français pendant la colonisation en Indochine, donc plutôt en Asie de l'Est et du Sud-Est, à partir déjà de la seconde moitié du XIXe siècle. et donc ça servait en fait à désexualiser les hommes asiatiques des pays qui étaient colonisés pour légitimer le rapport de domination entre les colons et les colonisés. Toi, dans d'autres plus proches de nous, qu'est-ce que tu as entendu comme souffrance vraiment de la part d'hommes qui étaient complexés par leur petit pénis? En fait, qu'est-ce qu'ils te racontaient? Tu parlais de cet exemple incroyable de celui qui a dû renoncer à un taf. Est-ce que tu as reçu d'autres histoires?
A
Oui, j'en ai plein. En fait, ce qu'on constate, c'est que c'est un boulet au pied pour tous ceux qui ont un petit pénis. Il n'y a pas d'exception. Il n'y en a pas qui ne le remarquent pas et qui se disent tout va bien. Donc c'est un complexe pour absolument tous ceux qui considèrent qu'ils ont un petit pénis. Je le précise parce que, par exemple, on sait que certaines femmes qui ont une petite poitrine l'acceptent très bien d'emblée, d'autres vont souffrir. Là, en général, il n'y en a aucun pour dire non mais moi tout va bien, j'ai jamais eu de problème. Donc c'est un problème pour tout le monde. Et face à ce problème, ils vont développer des stratégies qui vont être différentes selon leur personnalité et leurs choix de vie. Pour certains, et pour ceux qui sont, je pense, les plus inhibés, ça va être l'évitement au point d'éviter toute sexualité, c'est-à-dire qu'ils peuvent se priver toute leur vie de sexualité. Mais l'homme dont je parlais, qui avait refusé un job, c'était son cas. Non seulement il avait refusé un job, il avait aussi développé d'autres stratégies. Il avait choisi un boulot où il voyageait beaucoup pour ne pas avoir à justifier, de ne pas être marié, de ne pas avoir d'enfant, etc. Donc il avait toute une construction, une légende, il avait quasiment construit une légende.
B
C'est le bureau des légendes.
A
Sur lui, pour qu'on n'aille pas se demander pourquoi il n'avait pas de relation avec des femmes. Donc là, c'est l'évitement total. C'est évidemment, je pense, une tragédie pour eux. Et pour certains, la stratégie d'évitement, ce sera par la compensation.
B
En étant surviriel.
A
Voilà, c'est ça. Donc, faire beaucoup de musculation, pratiquer des sports de combat ou encore avoir un métier dit viril comme, je sais pas, pompier, militaire, des trucs comme ça. Policier. Voilà, policier, il y en a beaucoup dans cette catégorie de micro-pénis.
B
Comment tu sais ça?
A
C'est le sexologue qui m'a dit que j'ai interrogé. Je l'avais un petit peu constaté par moi-même, je dois dire, et ça m'a été confirmé.
B
Oui, oui, absolument. Et je pense aussi aux hommes qui ont une énorme voiture.
A
Alors là, ça n'a pas été confirmé par les sexologues parce qu'ils n'ont peut-être pas vu leur voiture, mais c'est possible. J'ai continue de dire que la voiture c'est un peu le prolongement du pénis de certains hommes.
B
Et qu'ils le considèrent comme vraiment en faisant partie d'eux-mêmes.
A
Absolument.
B
Tout ce que tu décris là, ça me rappelle une expression qui est la small dick energy. Donc l'énergie de petite bite. Donc l'idée qu'en effet, parce qu'un homme est complexé par son petit pénis, il surcompense par d'autres moyens. Et un exemple qui m'a beaucoup amusée dans ton livre, c'est celui de Napoléon. Alors Napoléon avait une petite bite, c'est ça?
A
Exactement. 3,8 centimètres. Et ça a été mesuré par son médecin attitré lors de son décès. Pour la petite histoire, cette petite bite existe encore.
B
C'est une relique.
A
C'est une relique, tout à fait. C'est incroyable, en fait. Elle a été passée en main, vendue. Et aujourd'hui, elle est entre les mains d'une Américaine qui la conserve sous son lit, je crois, dans un petit coffret et qui refuse de la montrer au public. Mais elle dit qu'elle est à peu près de la taille d'un petit doigt de bébé.
B
Oui en fait ce serait bizarre d'avoir, je pense qu'on fait pas ça avec tous les empereurs, de couper juste le pénis pour en faire une relique, mais c'est parce que le médecin qui a constaté sa mort et qui a été son médecin toute sa vie, il a choisi de retirer son pénis du reste de son cadavre pour qu'il ne soit pas humilié par la postérité c'est ça?
A
C'est possible! On n'a pas la certitude parce qu'il a aussi découpé d'autres petits morceaux. Mais ce n'est pas du tout impossible. Par ailleurs, on sait qu'elle a été exposée, je crois que c'était en 1923, dans un musée à New York. C'était une exposition temporaire. C'était pas d'un très grand intérêt.
B
Mais du coup là c'est vraiment l'exemple où on parlait de la surcompensation.
A
Alors je n'irai pas jusqu'à affirmer que s'il a eu ses ambitions, gagné autant de batailles et eu autant de conquêtes féminines, parce que quand même c'était aussi un gros cut-out, c'est parce qu'il avait un petit pénis. Je vais pas faire ce raccourci mais On peut se poser la question. En plus il était petit de taille, donc ça faisait quand même deux petites choses et deux complexes à compenser. C'est drôle. C'était surtout drôle qu'il ait eu autant de conquêtes.
B
C'est une autre manière de se compenser.
A
Voilà, c'est le niveau au-dessus. En fait, c'est le donjument. Ça aussi, c'est assez fréquent. Il y a beaucoup de donjons, c'est-à-dire d'hommes qui vont cumuler les conquêtes, souvent d'un soir, qui ont des micropénis.
B
Bon, aussi savoureuse et drôle cette anecdote soit-elle, je dois vous préciser que toute cette histoire sur l'épopée des restes génitaux de Napoléon n'a pas valeur de vérité historique. Ce sont des hypothèses, les chercheurs ne sont pas tous d'accord entre eux et on ne sait pas vraiment si ce fameux bout de chair était en effet la bite à l'empereur ou si c'était une autre partie de son corps. Surtout que Napoléon avait beaucoup d'ennemis, donc il est possible que tout ça ait été inventé de toutes pièces pour anéantir son aura virile. Ce qui prouverait combien l'imaginaire autour de la taille de la bite pèse lourd dans l'histoire depuis des siècles. Il y a une des femmes qui témoigne dans ton livre qui raconte ça, tu peux nous raconter cette histoire? Comment était cet homme là avec elle?
A
Il y en a deux je crois, donc ce qui prouve à quel point c'est fréquent. Alors dans un cas c'était un mec hyper à l'aise en société, très beau, qui était toujours au bras d'une fille différente, etc. Et le jour où elle a enfin réussi à le séduire, parce qu'elle était folle de lui, le rapport sexuel a déjà mis très longtemps à s'installer, et ça a duré une minute, elle ne savait pas ce qui se passait, elle s'est demandé si c'était un doigt ou autre chose, et le lendemain, il était parti.
B
Et après plus de nouvelles.
A
Et là c'est on va dire l'évitement le plus lâche si j'ai envie de dire. Ils s'assurent quand même la conquête donc ça va les rassurer dans leur virilité. Après ils n'assument pas la taille du sexe, ils font pas de travail dessus et donc ils fuient. Mais il y a d'autres cas aussi dont je parle, d'un garçon tout aussi à l'aise en société, très très beau, très beau parleur qui enchaîne les conquêtes avec toutes les filles qui bavent devant lui. Là on était plus sur le profil du garçon qui avait travaillé sur lui, qui avait en quelque sorte fait le travail que font les sexologues avec les hommes qui viennent les voir pour ce problème. il avait vraiment travaillé ses habiletés sexuelles. Et autant au départ, mon amie, puisque c'est une très très bonne amie, s'était dit, ah bon, ça va être petit, donc on va faire avec. Et au fur et à mesure du rapport, elle s'est aperçue que les sensations étaient dingues, qu'il était hyper habile, hyper endurant, qu'il avait une manière d'exprimer son désir etc qui était ultra excitante et elle a été folle de lui notamment parce que c'était un super bon coup.
B
Oui donc en fait ça ronde cette légende urbaine selon laquelle pour être un bon coup, pour avoir du bon sexe, il faut avoir une grosse bite.
A
Et en fait c'est pas vrai. C'est pas vrai Dans ce cas-là, c'était totalement faux, parce que je pense qu'il avait du talent, tout simplement. Alors, elle me l'a dit. Bien sûr, il était très doué dans les préliminaires, mais pas que. Ça, c'est important de le préciser, parce qu'on s'imagine souvent que les hommes aux petits pénis vont surcompenser avec des préliminaires de grande qualité, et comme beaucoup de femmes sont très clitoridiennes, enfin, ça se dit plus tellement, mais en gros, voilà... Eh bien, elles seront contentes quand même. Mais dans le cas de ce garçon, et même dans des cas que j'ai connus, il était aussi très habile avec son sexe et il était capable d'apporter des sensations réelles et puissantes.
B
Ça me rappelle aussi que beaucoup de femmes que t'as interviewées racontent qu'à l'inverse des grands clichés de ce qu'on voit dans la pornographie ou même de ce que beaucoup d'hommes se construisent dans leur esprit, c'est pas plus la bite est grosse et plus ça fait du bien et au contraire parfois ça peut même faire mal.
A
J'ai eu des témoignages aussi de femmes qui avaient rencontré des garçons avec des sexes surdimensionnés et qui ont souffert ou carrément pas eu de pénétration. Je me souviens d'un témoignage d'une femme qui avait rencontré vraiment un garçon qui avait une trompe d'éléphant à la place du sexe. Eh bien, elle a été très étonnée. En fait, le rapport a consisté à deux, trois frottements, éjaculation de monsieur et c'était fini. Comme si... En fait, il essayait même plus de pénétrer. Il avait dû avoir trop de refus ou de... Oui donc en fait ça
B
montre ce qu'il y a derrière toutes ces histoires quand on revient à la réalité finalement et en plus toi tu dis que c'est un éloge des petites bites, c'est ton livre, pourquoi tu l'expliques comme ça? Pourquoi il faut remettre les pénis qui sont en dessous de la moyenne dans une gloire plus éclatante on va dire?
A
Eh bien, comme je dis dans mon livre, il y a plein de qualités à la petite bite. Elle est plus civilisée, comme auraient dit les Grecs et les Romains. Elle peut être plus audacieuse. Elle peut se permettre plus de choses. Et quand on est un homme imaginatif, ça peut donner de grandes sensations.
B
Et surtout tu dis que ça permet peut-être d'être un peu moins centré sur le pénis.
A
Absolument, oui, il y a ça aussi.
B
Parce que c'est ça en fait, ce dont on parle depuis tout à l'heure, ça montre une obsession pour le sexe phallocentré alors qu'il y a d'autres choses qui existent.
A
Oui, oui, oui. Toutes les femmes que j'ai interrogées qui ont eu des expériences positives avec des hommes au petit pénis m'ont dit que les préliminaires étaient de grande qualité. de bien plus grande qualité qu'avec certains hommes mieux pourvus, de grande qualité et aussi très imaginatif, avec par exemple des stimulations de zones inhabituelles. Il y a une recherche de plaisir sur le corps entier.
B
Oui, en fait on sort de ce qu'on appelle les scripts sexuels.
A
Absolument.
B
on sort de ce qu'on voit tout le temps dans la pornographie mainstream, vite fait, ce qu'on appelle une préliminaire, ensuite pénétration, le mec éjacule et c'est fini quoi. En fait ça devient autre chose.
A
Exactement, ça devient vraiment une expérience sensuelle à deux, une exploration du corps de l'autre, de ses points sensibles, et c'est tellement plus intéressant que ce qu'on nous sert, préliminaire, pénétration, éjaculation, bye bye.
B
Mais du coup, ça montre que finalement, ce qui compte, c'est pas la taille, c'est la connexion à l'autre et le fait d'être juste attentif, en fait. Et peut-être que ça, ça peut aider les hommes qui nous écoutent à moins focus sur ça. Est-ce que toi tu as d'autres conseils pour ceux qui nous écoutent qui peut-être sont complexés par leur pénis? Des choses à dire, à travailler que tu as pu rencontrer auprès des personnes que tu as interviewées pour ton livre pour qu'ils se sentent mieux en fait avec leur propre pénis dans leur sexualité, dans leur vie de tous les jours?
A
Déjà, il faut qu'ils se réconcilient eux-mêmes avec leur petit pénis. Parce qu'on constate que ce type de garçons ont développé une sorte de haine de leur pénis. Au point de ne pas aimer le regarder, de ne pas trop le toucher quand ils sont tout seuls. Ça peut aller très loin. Donc les sexologues et les sexothérapeutes conseillent d'apprendre à aimer son sexe, à le toucher, à le caresser, à le mettre en valeur. Aussi, essayer de choisir des compagnes ou des compagnons, oui, un peu compréhensifs. Alors je sais que c'est difficile à deviner, mais pas tant que ça.
B
De deviner si l'autre va être compréhensif.
A
Je pense que ça se sent dans le caractère d'une personne quand il ou elle sera obtu sur certains aspects physiques.
B
Peut-être c'est dans la manière justement d'approcher l'interaction, si c'était quelque chose de très figé, de très stéréotypé. Par exemple, on n'a pas encore parlé mais J'ai lu quelques articles sur l'appréhension des petits pénis dans la communauté gay, par exemple, où souvent le cliché qui leur est associé, c'est que les hommes qui auraient un pénis plus petit que la moyenne, ils sont forcément assignés à la posture du passif, contrairement à celle de l'actif. Donc, pour rappel, le passif, c'est celui qui reçoit la pénétration. Je dis dans les grandes lignes, c'est un peu plus complexe que ça, mais voilà. Et l'actif, c'est celui qui donnerait la pénétration. Et donc, que ce soit dans les relations hétéros ou homosexuelles, on repère vite, tu penses, les gens qui sont un peu en dehors des idées reçues?
A
Oui, je pense que ça se sent dans les conversations, dans les centres d'intérêt. Si d'emblée, une personne reste dans des propos ultra superficiels, on se doute que cette personne sera peut-être moins ouverte sur les imperfections de l'autre.
B
et même en fait sur l'appréhension des rôles de genre parce que là tout ce qu'on a dit c'est à quel point la taille du pénis est associée à une certaine masculinité, une certaine performance de la masculinité et du coup peut-être que des personnes qui sont moins attachées à cette performance de genre là sont plus ouvertes.
A
Si on passe par des applications de rencontres comme c'est quand même assez souvent le cas de nos jours éviter les profils de femmes qui disent, cherchent mecs virils, même si on peut être très viril avec un petit pénis, mais je pense que dans leur tête ça s'associe
B
à un gros pénis.
A
Viril, sportif, qui, je sais pas vraiment, qui a une grosse voiture. un homme digne de ce nom. Voilà, il y a comme ça des codes qui peuvent nous indiquer dans leurs recherches qu'elles seront plus ou moins ouvertes à des différences.
B
Et donc éviter de vouloir essayer de changer la taille de son pénis?
A
Ah bah ça c'est impossible Ah oui, on n'en a pas parlé mais c'est important d'en parler.! Il y a des mythes autour de la possibilité de changer de taille de pénis. Alors je ne vous cacherai pas, je pense que tout le monde le sait, que les pilules et les pommades ça ne fonctionne pas du tout. En revanche, moi j'avais toujours entendu dire qu'il existait une chirurgie. pénoplastie qui permettait d'allonger le sexe. Donc je me suis penchée sur la question. Et c'est bien plus complexe que ce qu'on imagine. Déjà, il n'y a pas pléthore de techniques. C'est pas comme si on coupait au milieu, on mettait une prothèse et tout à coup ça fait 20 centimètres. Ça n'a rien à voir avec ça. Soit on peut l'élargir un peu, mais l'élargir par injection d'acides hyaluroniques, de produits de comblement. Et là, ça n'agira que sur la largeur du sexe, mais chez certains patients, c'est déjà ça. Ils estiment que c'est satisfaisant. Et ce qu'on appellera l'opération d'allongement, ce n'est pas un allongement véritable, en fait on va couper un tendon qui permettra au sexe d'être plus sortant, de pendre davantage. Mais il y a des complications, si j'ose dire, sur l'inclinaison de la verge après. En gros, il y a un gros risque de bander vers le bas, ce qui est déjà inesthétique et en plus pas hyper pratique. Par ailleurs, il y a aussi des risques tout simplement liés à l'opération. Et ça, c'est une des raisons pour lesquelles l'andrologue Pierre Devaux, à qui j'ai longuement parlé de cette question, m'a dit qu'il avait pu lui arriver dans des cas vraiment rares de grande détresse psychologique d'orienter des hommes vers la pénoplastie. Mais il l'a déconseillé dans la majorité des cas parce qu'il a vu des ratés incroyables, des nécroses du sexe.
B
C'est très risqué quoi.
A
Voilà, des infections, quoi d'autre... Des baisses de libido. Ouais, baisses de libido, plus d'érection, enfin...
B
Oui, en fait, l'opposé de ce qu'on recherche. Et en fait, finalement, c'est comme souvent pour les complexes, ça sert aussi à vendre des choses. Parce que tout ça, ça coûte énormément d'argent. J'ai vu sur Internet, il y a tout un pan des sphères masculinistes avec des coachs qui vendent des formations et des étirements et des je sais pas quoi. En fait, tout ça, ça sert à vendre des trucs pour ne pas marcher dans la plupart du temps ou pour être extrêmement chronophage, où j'ai vu des trucs où il faut faire tels étirements pendant une demi-heure tous les jours, toute
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sa vie, plusieurs mois.
B
En fait, finalement, ce qui ferait du bien à tout le monde, c'est qu'on essaye de désassocier la taille de la bite avec la sensation d'être bien en tant qu'homme. Et peut-être que c'est ça en fait
A
vers lequel il faudrait tendre. Voilà, l'être humain est pluriel. Le plaisir est dans la découverte de cette pluralité. Je sais que quand j'abordais des partenaires avec des formats de sexe différents, je ne me disais pas «ah mince, c'est comme ça». C'était plutôt une curiosité. «Ah ben, quelles seront les sensations?» Et souvent, j'étais heureusement surprise parce que Effectivement il y a des sensations qui peuvent être différentes mais pas pour autant inintéressantes loin de là.
B
Merci beaucoup Octavie Delboux.
A
Merci à toi Naomi.
B
C'est la fin de cet épisode des Couilles sur la table avec l'autrice Octavie Delvaux. Si cette conversation a piqué votre curiosité, surtout foncez vous procurer son essai «Éloge des petites bites» pour en finir avec la dictature viriliste. C'est sorti aux éditions La Musardine en 2023 et c'est un livre très drôle, je dois dire, très truculent et super agréable à lire. Si cet épisode vous a plu, partagez-le autour de vous, à vos mecs ou vos potes complexés ou un peu trop fanfarons. Relayez-le sur les réseaux sociaux aussi. Laissez-nous 5 étoiles sur votre appli si elle le permet et dites-nous en commentaire ce qui vous a le plus surpris dans mon échange avec Octavie. Et pour nous écrire directement, vous pouvez nous laisser un mail à l'adresse lescouillessurlatable.com Cette série d'été sur les complexes des hommes, ça fait longtemps qu'on la mijote avec Thalma Desta, le co-animateur de l'émission. Plus vous faites circuler ces épisodes, plus on arrive à toucher un public large et plus on pourra continuer cette émission. Merci beaucoup pour votre soutien. Les couilles sur la table, c'est le podcast qui explore les masculinités, produit par Binge, une marque urbana. Je m'appelle Naomi Titi, je co-anime ce podcast avec Thalma Desta et j'en ai repris la supervision éditoriale à la suite de Victoire Tuaillon, sa créatrice. C'est moi qui ai préparé, mené et monté cet épisode grâce au travail de toute une équipe. Martin Degory à la prise de son, Octave Bottier à la réalisation et au mixage, Aude Michael qui est notre assistante de production, elle s'occupe de l'édition et
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la mise en ligne.
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C'est à elle que j'ai chargé la mission glorieuse de dégoter les phrases bien réelles de pub pour agrandir sa bite, merci à elle. Lilou Delclitte s'occupe de la communication, Charlotte Becks c'est la responsable des productions éditoriales, Alban Philly c'est notre directrice de production, Thomas Rozek le rédacteur en chef et Sophie Marchand la directrice de contenu chez Urbania Binge. Merci infiniment à toute cette équipe et merci à vous pour votre écoute. Je vous donne rendez-vous dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode de notre série d'été sur les complexes des hommes. Salut!
Episode Title: Petite b*te, gros complexe
Host: Naomi Titi (Binge Audio)
Guest: Octavie Delvaux (autrice, éditrice, essayiste)
Date: July 30, 2026
This episode delves deeply and humorously into the psychological, cultural, and historical roots of the penis size complex among men. With guest Octavie Delvaux—author of "Éloge des petites bites : Pour en finir avec la dictature viriliste"—Naomi Titi explores the origins and consequences of anxieties around penis size, busts popular myths, investigates representations in art, culture, and porn, and discusses possible paths to acceptance and deconstruction of the complex. The conversation is candid, educational, and peppered with memorable stories and expert insights.
"La taille de la bite, c'est vraiment le talon d'Achille des masculinités." (B/Naomi Titi, 00:45)
"Dans plus de 90% des cas, les hommes qui viennent avec comme problématique 'mon pénis est trop petit' s'avèrent avoir un pénis parfaitement normal." (A/Octavie Delvaux, 04:07)
"À Rome ou à Athènes, c'était mal vu d'être un gros cutard. Il fallait avoir une certaine tempérance et cette tempérance, on la représentait par un sexe de taille modérée." (A/Octavie Delvaux, 08:29)
"La littérature grivoise... les sexes sont gros, sont démesurés... l’idée de la grosse verge qui est là pour maltraiter le féminin." (A/Octavie Delvaux, 11:06)
"Le small dick shaming... dans ces films, le petit pénis ne passe jamais à l'acte... Il est considéré comme inapte à s'accoupler." (A/Octavie Delvaux, 15:23)
"Le syndrome du vestiaire, c’est... comparer la taille de son sexe aux autres, dans les lieux où c’est possible… ça apparaît assez tôt." (A/Octavie Delvaux, 17:53)
"Napoléon avait une petite bite... Cette petite bite existe encore. C’est une relique, tout à fait." (A/Octavie Delvaux, 26:21)
"Ça r(c)onde cette légende urbaine selon laquelle pour avoir du bon sexe, il faut avoir une grosse bite." (B/Naomi Titi, 31:32)
"En fait c'est pas vrai." (A/Octavie Delvaux, 31:41)
"Elle est plus civilisée, comme auraient dit les Grecs et les Romains. Elle peut être plus audacieuse. Elle peut se permettre plus de choses." (A/Octavie Delvaux, 33:47)
"On constate que ce type de garçons ont développé une sorte de haine de leur pénis..." (A/Octavie Delvaux, 36:19)
"Les pilules et les pommades, ça ne fonctionne pas du tout." (A/Octavie Delvaux, 39:30)
"L’opération d’allongement… il y a un gros risque de bander vers le bas, ce qui est déjà inesthétique et en plus pas hyper pratique." (A/Octavie Delvaux, 40:18)
"Le plaisir est dans la découverte de cette pluralité." (A/Octavie Delvaux, 42:41)
This episode presents a refreshing, honest, and educational look at a subject loaded with shame, myth, and social anxiety. By historicizing the penis-size complex, confronting pornographic and social pressures, and foregrounding both scientific data and lived experience, Naomi Titi and Octavie Delvaux offer listeners practical advice and hope for a less phallocentric, more accepting sexual culture.