Transcript
Leïla Mignano (0:03)
Produit par Binge Audio.
Mathilde Darley (0:06)
La double singularité française, c'est le maintien de ces contrôles d'identité comme un outil de police, mais aussi le déni des discriminations qui les accompagnent, au motif qu'on aurait supposé universalisme républicain français. Donc l'argument parade du côté policier, c'est que la police est nécessairement non raciste puisqu'elle est républicaine.
Naomi Titi (0:30)
Depuis dix ans, la délinquance policière est en hausse. C'est pas moi qui le dis, c'est Flagrant Déni, une ONG française d'investigation et de défense des victimes de violences policières. Le mardi 18 novembre 2025, cette ONG a fait paraître une étude critique de la police des polices, dont fait partie l'IGPN, l'Inspection Générale de la Police Nationale. Cette étude met au jour l'impunité des institutions qui sont censées nous protéger, pour pousser le ministère de l'Intérieur à rendre des comptes. Je m'appelle Naomi Titi, je suis une femme noire, j'ai grandi et je vis encore aujourd'hui en banlieue populaire. J'ai très vite compris que les gens comme moi, et surtout les hommes de ma famille, de mon entourage, nous sommes des cibles privilégiées de cette brutalité policière. Et on est loin d'être les seuls. C'est ce qu'on va aborder dans la suite de cet épisode sur la police et les masculinités. Toujours animé par le journaliste Tal Madesta. Bienvenue dans Les Couilles sur la Table, un podcast créé par Victoire Chahyon.
Thalma Desta (1:45)
Chers auditeuristes, on se retrouve pour la deuxième partie de notre grand entretien sur l'institution policière. Je suis toujours accompagné de la journaliste d'investigation Leila Mignano et de la sociologue Mathilde Arlet, qui nous ont expliqué dans le premier épisode comment les liens dans un commissariat sont structurés autour de valeurs fortement misogynes, comment certaines brigades et unités concentrent ces dynamiques genrées. et ce que la présence policière féminine, qui augmente d'année en année, change ou pas cette entre-soi virile. Pour ce deuxième épisode, on va revenir plus en détail sur la question des violences policières envers les personnes minorisées et notamment envers les personnes racisées. qui sont de plus en plus largement documentés dans la presse, notamment par des médias indépendants comme Street Press, Le Bondy Blog, Mediapart et évidemment Disclose. Leïla, vous consacrez justement un volet de votre enquête pour Disclose, dont on a déjà beaucoup parlé dans le premier épisode, à un angle mort des violences commises par la police, les agressions sexuelles et les viols qui sont commis dans le cadre de contrôles et de palpations. Il y a un cas en particulier qui a été très médiatisé sur ce thème, c'est celui de Théo Louhaka qui a accusé trois policiers d'un viol subi en 2017 pendant un contrôle et qui a laissé le jeune homme de 22 ans à l'époque handicapé à vie. Ce fait de viol, il faut savoir qu'il n'a pas été retenu par la justice. La justice a reconnu les policiers auteurs de violences volontaires et les a condamnés à plusieurs mois de prison avec sursis, simplement. Laila, de votre côté, vous avez retrouvé 45 victimes de ce type de violence. Est-ce que, comme Théo, il s'agit en majorité de jeunes hommes racisés ?
