Transcript
A (0:03)
Produit par Binge Audio. Sommes-nous.
B (0:15)
Naturellement prédisposés à savoir comment s'occuper des bébés ? Spontanément, on peut être tenté de répondre que pour ce qui est des femmes, bah oui, biologiquement, on a été calibré pour ça depuis la nuit des temps. C'est le fameux instinct maternel. Bon, en réalité, cet instinct n'existe pas vraiment. C'est en grande partie une construction sociale tissée à travers les époques pour justifier que les hommes s'occupent moins des enfants que les femmes. Pourtant, s'ils s'impliquaient autant que les mères, eux aussi pourraient se voir transformés par la paternité et ce, dès les tout premiers jours de leur nouveau-nom. C'est prouvé scientifiquement. Tout ça, c'est le sujet de l'épisode du jour mené par Thalma Desta. Perso, tout ce que j'ai entendu dans cet échange a complètement bouleversé mon regard sur la parentalité et l'éducation, et je suis sûre que ça va vous faire pareil. Toutes vos idées reçues sur les pères et leurs bébés vont tomber à l'eau. Je m'appelle Naomi Titi et vous écoutez Les Couilles sur la Table, le podcast où on explore les masculinités créées par Victoire Tuaillon. Allez, je laisse le micro à Tal et je vous dis bonne.
A (1:24)
Écoute. C'est une connexion qui touche à autre chose. Lorsque ton bébé touche ton corps, il y a quelque chose de ton identité qui est bouleversée. Il n'y a pas de mots pour décrire ça. C'est dans ton corps, il n'y a pas de.
C (1:45)
Mots. Alors que les discours féministes sur la parentalité et la charge mentale se diffusent de plus en plus auprès du grand public, on entend beaucoup parler de ces nouveaux pères, ces papas plus investis que leurs propres pères, plus proches de leurs enfants et acquis aux revendications sur l'égalité au sein du foyer. Pourtant, et on en a déjà parlé dans ce podcast, les chiffres rappellent que la transformation est lente. L'adresse, la Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques, montre qu'entre 2002 et 2021, le temps passé par les pères auprès de leurs enfants de moins de 6 ans a bien augmenté, environ 2h30 de plus chaque semaine. Mais cette hausse, elle correspond surtout à des moments où la mère est également présente, Autrement dit, les pères ne passent pas plus de temps seuls avec leurs enfants. Autre exemple, en 2021, près d'un enfant sur deux de moins de 6 ans n'était jamais pris en charge uniquement par son père au cours d'une semaine ordinaire. La question de l'implication des pères, elle est souvent analysée sous le prisme sociétal, mais on parle beaucoup moins de ses ressorts biologiques. C'est très peu connu, mais les études en neurosciences, en endocrinologie et en psychologie évolutionniste montrent que devenir père modifie profondément le cerveau des hommes. Leur corps est bouleversé par d'importants changements hormonaux, neuronaux et cognitifs. Si les pères traversent eux aussi des changements biologiques, est-ce que ce ne serait pas la preuve qu'il existe un instinct paternel ? De quoi il serait fait ? Qu'est-ce que la naissance d'un enfant fait concrètement au corps des pères ? Par quoi cette connexion biologique est entravée ? Et qu'est-ce qu'il faudrait mettre en place pour permettre aux pères de s'investir pleinement dans leur parentalité ? C'est avec mon invité Alexandra Ternan qu'on va répondre à toutes ces questions. Alexandra, vous êtes réalisatrice et enquêtrice documentaire. Vous avez co-scénarisé avec Jacqueline Farmer le documentaire « Paternité, une métamorphose décryptée » pour Arte en 2025, dans lequel vous rencontrez des experts et des expertes pour parler de la manière dont la paternité est construite socialement, mais aussi de l'impact de la naissance sur le corps des pères. Vous vous basez notamment sur un grand livre absolument passionnant de l'anthropologue Sarah Blaffer Hurdy qui s'appelle « Le temps des pères, une histoire naturelle des hommes et des.
