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Politologues, scientifiques, intellectuels et artistes : du lundi au vendredi à 8h15, David Abiker reçoit un invité pour une conversation exigeante sur les grands enjeux de notre époque. Un rendez-vous à retrouver en podcast et en vidéo sur la chaîne YouTube de Radio Classique. Pour ne rater aucun épisode de L’invité de la matinale, n'hésitez pas à vous abonner.
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Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense Nationale, apporte un éclairage expert sur le conflit ukrainien qui dure depuis plus de 4 ans. Alors que le front semble figé, il décrypte la stratégie ukrainienne qui frappe désormais la Russie sur son propre terrain, notamment en ciblant ses infrastructures pétrolières et logistiques. Cette guerre a en effet pris une tournure inattendue, évoluant d'un conflit militaire classique à une véritable guerre psychologique où les deux camps s'affrontent sur le plan économique et médiatique. Selon lui, la Russie peine à endiguer ces attaques ukrainiennes qui visent à saper son économie et à déstabiliser l'opinion publique. Malgré ses bombardements massifs sur les villes ukrainiennes, Moscou ne parvient pas à briser la détermination de Kiev, qui bénéficie d'une aide militaire occidentale croissante.Au-delà du conflit en Ukraine, l'invité alerte également sur les risques de déstabilisation que fait peser la Russie sur l'Europe, avec une stratégie de "guerre hybride" mêlant actions de désinformation, provocations militaires et tentatives d'ingérence dans les processus électoraux. Face à cette menace, il souligne la nécessité pour les services de renseignement européens de se réformer et de se doter de capacités offensives pour contrer ces manœuvres russes.Cet entretien offre une analyse géopolitique fine du conflit ukrainien et de ses implications pour la sécurité européenne. Le général Jérôme Pellistrandi livre un éclairage précieux sur les enjeux stratégiques de cette guerre complexe, qui semble loin d'être terminée.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Charles Bonnaire reçoit Patrice Geoffron, professeur des universités à Dauphine PSL et directeur du Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières. Ensemble, ils décryptent les enjeux économiques liés aux tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz. Alors que le passage essentiel de la production mondiale de pétrole est presque totalement fermé depuis fin février, l'invité analyse les conséquences de cette situation sur l'économie mondiale. Il explique comment les prix du baril ont grimpé, avec la perspective d'une baisse qui semble s'éloigner. Mais au-delà du court terme, il dresse un tableau nuancé des perspectives pour les prochains mois et années.Le spécialiste évoque notamment les défis auxquels font face les États-Unis avec la flambée des prix à la pompe, un enjeu crucial à quelques mois des élections de mi-mandat. Il alerte également sur les risques d'une potentielle fermeture du détroit de Bab-el-Mandeb, un autre passage maritime stratégique, qui pourrait entraîner une nouvelle hausse des cours du pétrole.Patrice Geoffron n'en oublie pas pour autant les perspectives à moyen et long terme. Il imagine ainsi un scénario où les prix du baril reviendraient à des niveaux plus bas, autour de 60-65 dollars, grâce notamment à une augmentation de la production des Émirats arabes unis et à une demande mondiale moins dynamique. Mais il souligne que la carte énergétique mondiale a été profondément bouleversée par ces chocs successifs.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode "L'invité de la matinale", Charles Bonnaire s'entretient avec Philippe Stée, le président de l'Observatoire de Paris PSL, pour une discussion approfondie sur les phénomènes astronomiques qui fascinent le grand public.Alors que la France s'apprête à vivre une éclipse partielle du soleil ce soir, l'invité partage ses précieux conseils pour observer ce spectacle céleste en toute sécurité. Il explique l'importance de se munir de lunettes spéciales, tout en mettant en garde contre les contrefaçons qui circulent. Il détaille également les différences entre cette éclipse et celle de 1999, soulignant que la France ne sera pas dans la bande de totalité comme l'Espagne, mais pourra tout de même admirer un soleil rougeoyant au coucher.Au-delà de l'éclipse, l'entretien aborde un autre phénomène astronomique majeur : le passage de l'astéroïde Apophis à proximité de la Terre en 2029. Philippe Stée rassure les auditeurs en expliquant que cet événement, bien que spectaculaire, ne présente aucun danger. Il révèle que les scientifiques suivent de près la trajectoire de cet astéroïde et préparent même une mission pour l'observer de près, offrant ainsi une opportunité unique d'en apprendre davantage sur ces objets célestes.Mais l'interview ne se limite pas aux phénomènes ponctuels. Il évoque également les défis auxquels l'astronomie est confrontée, notamment la pollution lumineuse qui rend de plus en plus difficile l'observation du ciel nocturne. Il dénonce avec fermeté les projets visant à éclairer artificiellement la nuit, considérant qu'il s'agit d'une atteinte au bien commun qu'est le ciel étoilé.Tout au long de la conversation, le président de l'Observatoire de Paris partage sa passion pour l'espace et son émerveillement face aux merveilles de l'univers. Il invite les auditeurs à lever les yeux vers le ciel, à observer les étoiles filantes et à prendre conscience de la beauté et de la fragilité de notre planète, ce « vaisseau spatial » qui nous porte à travers l'immensité cosmique.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Charles Bonnaire reçoit Jérôme Vignon, conseiller migration à l'Institut Jacques Delors et spécialiste des questions européennes. Ensemble, ils reviennent en détail sur la crise migratoire survenue à Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc, où plus de 72 000 migrants sont arrivés en l'espace de deux jours fin juillet 2021.L'invité, qui a travaillé avec Jacques Delors à la Commission européenne, analyse les causes de cet afflux massif et exceptionnel. Il explique que derrière cet événement se cache un réservoir de jeunesse non employée au Maroc, ainsi qu'une organisation très efficace des réseaux de passeurs, profitant des routes migratoires de la Méditerranée occidentale. Il souligne les défis auxquels sont confrontés les pays européens pour lutter contre ces trafics, nécessitant une coopération internationale renforcée entre les polices et les services de renseignement. Il pointe également les limites du pacte migratoire européen, fragilisé par les tensions politiques et le manque d'autorité de la Commission européenne.Au-delà de la gestion de cette crise, Jérôme Vignon aborde la question plus large des accords de coopération gagnant-gagnant que l'Europe devrait nouer avec les pays d'origine et de transit des migrants. Il estime que la création de centres d'accueil dans des pays tiers, solution évoquée par certains pays, n'est pas la bonne réponse, manquant de garanties en matière de droits humains.Cet épisode offre un éclairage sur les enjeux migratoires en Europe, entre nécessité de contrôle des frontières et impératif de solidarité, dans un contexte politique tendu où l'extrême droite gagne du terrain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Charles Bonnaire reçoit Frédéric Charillon, professeur de sciences politiques à l'Université Paris Cité et directeur de l'Observatoire des stratégies d'influence à l'ESSEC Business School. Ensemble, ils abordent la question des ingérences étrangères dans le processus électoral, phénomène complexe et inquiétant.L'invité commence par souligner la difficulté de définir précisément ce qu'est une ingérence étrangère, entre influence, immixtion et tentatives de manipulation. Il explique que ces ingérences visent généralement à fausser le jeu politique national dans le sens des intérêts d'une puissance extérieure, en agissant sur l'opinion publique par la diffusion de fausses informations et de rumeurs.L'expert géopolitique revient ensuite sur les cas concrets des dernières semaines, où plusieurs candidats déclarés à l'élection présidentielle, comme Édouard Philippe, Gabriel Attal ou Raphaël Glucksmann, ont été la cible de telles tentatives d'ingérence, principalement attribuées à la Russie. Frédéric Charillon souligne que ces attaques, bien que grossières, peuvent s'avérer redoutables car elles s'appuient sur la tendance des citoyens à croire ce qui va dans le sens de leurs propres convictions, même face à des informations invraisemblables.Au-delà de la déstabilisation de certains candidats, le véritable enjeu de ces ingérences est de saper la confiance du public dans le processus démocratique lui-même. En inondant l'espace public d'une multitude d'informations fallacieuses, les puissances étrangères visent à créer un climat de défiance généralisée, où plus personne ne sait à qui ou à quoi se fier. C'est là une stratégie particulièrement pernicieuse, qui met gravement en danger les fondements de nos démocraties.Face à cette menace, il souligne la nécessité d'une réponse à la fois ferme et éducative. Il plaide pour le renforcement des dispositifs de vigilance et de riposte, tout en insistant sur l'importance cruciale d'une éducation des citoyens à l'esprit critique, seul rempart durable contre la désinformation. Un défi de taille à relever d'urgence, alors que l'élection présidentielle approche à grands pas.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet s'entretient avec Philippe Claudel, écrivain, réalisateur et président de l'Académie Goncourt. Ensemble, ils discutent de l'impact de l'intelligence artificielle sur le monde littéraire.Tout commence avec les révélations sur le projet Panama d'Anthropic, une entreprise américaine qui, dans le plus grand secret, a acheté, numérisé et détruit des millions de livres afin d'entraîner son IA appelée Claude à bien écrire. Une affaire qui a secoué le monde littéraire et conduit Anthropic à verser un milliard et demi de dollars aux auteurs et éditeurs lésés.Interrogé sur cette situation, Philippe Claudel, bien que choqué, ne s'en dit pas surpris. Il explique avoir lui-même reçu des courriers d'Anthropic concernant l'utilisation de certains de ses livres pour l'entraînement de leur IA. Une situation qui illustre les défis auxquels sont confrontés les auteurs face à l'essor de ces nouvelles technologies.Mais au-delà des aspects juridiques, c'est la question éthique qui préoccupe l'Académie Goncourt. Il évoque ainsi une demande rejetée visant à créer un « prix Goncourt de l'intelligence artificielle », soulignant que la littérature ne peut se résumer à une simple production mécanique de textes.Toutefois, il reconnaît que l'IA pourrait être capable de générer des « romans de gare » ou des « romans d'aéroport », des textes sans qualité littéraire. Une crainte qui pousse l'Académie Goncourt à rester vigilante, sans pour autant s'inquiéter de la concurrence de l'IA dans le domaine de la grande littérature.Récemment, Philippe Claudel a d'ailleurs signé une tribune, cosignée par plusieurs lauréats du prix Goncourt, appelant au boycott des intelligences artificielles génératives. Une initiative qui soulève des questions essentielles sur l'impact écologique et éthique de ces technologies, ainsi que sur la nécessité de protéger l'esprit humain face à cette vague d'innovations.Alors que la rentrée littéraire approche, l'Académie Goncourt ne prévoit pas de dispositifs de contrôle particuliers, faisant confiance aux éditeurs pour ne pas recourir à l'IA dans la production de leurs textes. Mais il n'exclut pas que cette situation évolue, ouvrant la voie à de nouvelles réflexions sur la certification des œuvres « bio », sans intervention de l'intelligence artificielle.Cet épisode offre un éclairage unique sur les enjeux qui se jouent entre le monde de la littérature et celui de l'intelligence artificielle, invitant les auditeurs à s'interroger sur les défis éthiques, écologiques et artistiques de cette révolution technologique.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Gaëtan Bruel, le président du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée (CNC). Ensemble, ils abordent les enjeux du cinéma français, de son financement et de sa fréquentation.L'invité commence par rappeler le rôle et les missions du CNC, cet établissement public chargé de faire de la France un grand pays de cinéma et de création visuelle. Financé non pas par l'argent des contribuables mais par le secteur lui-même, le CNC joue un rôle essentiel pour soutenir la diversité de la production cinématographique française.Il revient ensuite sur les excellents chiffres de fréquentation des salles de cinéma cet été, avec près de 17,5 millions d'entrées en juillet. Un résultat qui s'explique selon lui par le goût des Français pour le 7e art, favorisé par une offre diversifiée et une densité de salles de cinéma unique au monde. Il souligne également l'importance du programme 'Ma classe au cinéma', qui permet à 2 millions d'élèves chaque année de découvrir le cinéma dès le plus jeune âge.Interrogé sur le financement du cinéma français, le président du CNC se félicite de l'accord historique conclu avec Canal+, qui restera le premier financeur privé du secteur avec près d'un milliard d'euros investis sur 5 ans. Une annonce qui a mis fin à une période de tensions, Gaëtan Bruel appelant à la fois à entendre les inquiétudes légitimes sur la concentration du secteur tout en rappelant le rôle essentiel joué par Canal+ dans la diversité de la production.Enfin, il évoque le Sommet des Lumières que le CNC organise le 7 septembre prochain à Saint-Paul-de-Vence. L'objectif de cette rencontre internationale est de réunir les principales figures du cinéma, des séries et du jeu vidéo pour réfléchir ensemble aux enjeux de ces industries face à la concurrence de modèles 'low-cost' et à l'évolution des usages, notamment chez les jeunes générations.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Nicolas Galand, le secrétaire général de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers. Ils abordent la situation inédite à laquelle font face les pompiers français face à la recrudescence des incendies, notamment en Gironde et dans le Var. L'invité dresse un bilan alarmant de cette saison des feux, avec déjà plus de 110 000 hectares brûlés sur l'ensemble du territoire. Il craint que cette situation ne s'aggrave encore, les conditions météorologiques ne s'annonçant pas favorables dans les prochaines semaines. La mobilisation des pompiers, dont 80% sont des volontaires, est donc sans précédent. Il revient sur les défis opérationnels auxquels sont confrontés les soldats du feu, entre la violence des phénomènes, la rapidité de propagation des incendies et la nécessité d'une coordination étroite avec les services météorologiques. Il souligne également le travail d'enquête mené par les équipes spécialisées pour déterminer les causes, parfois criminelles, de ces sinistres.Au-delà de la lutte contre les flammes, Nicolas Galand évoque les autres missions assurées par les pompiers, notamment le secours à la personne, qui représentent la majorité de leurs interventions. Il dénonce un « dévoiement » de leur rôle, les pompiers étant trop souvent sollicités pour des missions qui ne relèvent pas de l'urgence. Ce constat l'amène à évoquer les réflexions en cours sur la modernisation de la sécurité civile, avec un projet de loi attendu prochainement. Il souligne la nécessité de revaloriser le statut des sapeurs-pompiers, tant professionnels que volontaires, pour en préserver l'attractivité face aux défis actuels.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans ce nouvel épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l'iReMMO, directeur de la Revue Confluence Méditerranée et auteur avec Pierre Blanc de l’ « Atlas du Moyen-Orient » aux éditions Autrement. Alors que des pourparlers se tiennent cette semaine à Rome entre Israël et le Liban sous l'égide des États-Unis, l'invité apporte un éclairage sans concession sur cette situation complexe. Spécialiste reconnu du Moyen-Orient, il décrypte les enjeux géopolitiques qui sous-tendent ces négociations, marquées par une profonde asymétrie entre les deux parties.Il ne cache pas son scepticisme quant aux chances de succès de ces pourparlers. Selon lui, le Liban se trouve dans une position de grande faiblesse face à Israël, qui occupe toujours une partie de son territoire et dicte ses conditions. L'expert explique que l'accord-cadre signé en juin entre les deux pays est « complètement asymétrique », imposant de lourdes obligations au Liban en échange d'engagements flous d'Israël. De plus, la destruction de nombreuses villes et villages du sud Liban par l'armée israélienne a profondément déséquilibré les rapports de force.Au-delà de cet aspect, Jean-Paul Chagnollaud souligne que la question du Hezbollah, milice chiite liée à l'Iran, est au cœur du conflit. Selon lui, il est illusoire de penser pouvoir régler la situation libanaise sans s'attaquer au différend irano-américain, qui alimente les tensions depuis des décennies. Il rappelle ainsi que le Hezbollah a été créé en 1982-1983 par l'Iran pour combattre l'occupation israélienne du Liban. Aujourd'hui encore, le groupe armé libanais agit sous l'influence de Téhéran, rendant toute résolution durable du conflit impossible sans un règlement préalable de la question iranienne.Il estime également que la question palestinienne, source historique de déstabilisation au Liban, doit être prise en compte pour espérer une véritable pacification de la région. Selon lui, tant qu'un règlement équitable du conflit israélo-palestinien ne sera pas trouvé, les foyers de tensions perdureront.Enfin, l'universitaire souligne que les enjeux électoraux de court terme, avec les élections législatives israéliennes fin octobre et les élections de mi-mandat américaines en novembre, risquent de pousser les dirigeants à durcir encore leur position, au détriment d'une recherche de compromis.Malgré ce tableau pessimiste, Jean-Paul Chagnollaud n'en appelle pas moins à la recherche de solutions politiques durables, seules à même de mettre fin à un conflit qui dure depuis des décennies et de permettre une véritable stabilisation de la région.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Pauline Vilain-Carlotti, géographe spécialiste des incendies de forêt et auteure de l'ouvrage "L'épreuve du feu, habiter autrement la terre". Ensemble, ils explorent les enjeux liés à la gestion des feux de forêt en France et les pistes pour mieux y faire face.L'invitée commence par revenir sur le débat autour du terme "mégafeu", souvent utilisé pour qualifier les incendies de grande ampleur comme celui qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde cette année. Elle explique que ce terme n'est pas vraiment adapté au contexte français, où les feux dépassant 10 000 hectares sont rares. En revanche, elle souligne que l'incendie girondin illustre bien la problématique des "feux convectifs", qui s'autonomisent et deviennent ingérables pour les pompiers.La spécialiste insiste ensuite sur la nécessité de changer de regard sur le feu, en le considérant non plus uniquement comme un fléau, mais aussi comme un outil potentiellement bénéfique pour la gestion des espaces naturels. Elle évoque notamment les pratiques de "brûlage dirigé" développées aux États-Unis et dans certaines régions d'Europe méditerranéenne, qui permettent d'entretenir la végétation et de limiter la propagation des grands incendies.Pauline Vilain-Carlotti pointe également les limites des dispositifs réglementaires actuels, comme l'Obligation Légale de Débroussaillement (OLD), qu'elle juge "intéressante mais inopérante". Selon elle, ces outils restent trop individuels et ne prennent pas suffisamment en compte les dynamiques collectives et territoriales. Elle plaide pour une meilleure intégration de la prévention des incendies dans l'aménagement du territoire, à travers notamment les Plans de prévention des risques d'incendie de forêt (PPRIF).Au-delà des aspects techniques, elle insiste sur la nécessité d'un changement de paradigme dans notre rapport au feu. "Nous ne sommes ni dans la gestion ni dans l'anticipation mais dans la réaction", regrette-t-elle, soulignant que nos territoires restent trop vulnérables face à ce risque. Selon elle, il faudra apprendre à "vivre avec le feu" en réduisant cette vulnérabilité, par exemple en limitant l'urbanisation en zone forestière.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.