
Hosted by Audio Pictura · FRENCH
Découvrez « Gueules cassées, le podcast », la série documentaire sonore officielle de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT). À travers des entretiens intimistes et poignants, nous donnons la parole à ceux qui ont fait le sacrifice de leur intégrité pour servir la France.
Un pont entre toutes les générations du feu.
Depuis plus d'un siècle, l'association des Gueules Cassées accompagne les blessés de guerre. Ce podcast est le témoin de cette lignée ininterrompue de courage. De la Seconde Guerre mondiale aux rizières d'Indochine, des djebels d'Algérie aux rues de Beyrouth, jusqu'aux théâtres d'opérations les plus contemporains en Afrique (Mali, RCA), en Afghanistan ou en Irak, chaque épisode croise les regards de différentes générations de combattants.
La blessure dans toutes ses dimensions : physique et psychologique.
Parce que le combat ne s'arrête pas au cessez-le-feu, ce podcast explore la réalité de la blessure sous toutes ses formes : les blessures physiques de la face et de la tête, la reconstruction physique et le travail de la chirurgie maxillo-faciale. Mais ce sont aussi les blessures invisibles et la nécessité de libérer la parole sur le stress post-traumatique (PTSD) et les séquelles sensorielles.
Chaque témoin de ce podcast a trouvé auprès de l’UBFT bien plus qu’un soutien financier : une famille, une écoute et un accompagnement vers la résilience. En écoutant ces parcours de vie, vous découvrirez comment ces hommes et ces femmes, issus de l'armée de Terre, de la Marine, de l'armée de l'Air, mais aussi de la Gendarmerie, de la Police et des Pompiers, ont appris à « sourire quand même ».

Romain, CRS blessé à la tête par un pavé à Noisiel en 2011, raconte sa reconstruction par le sport et son engagement au sein des Gueules Cassées.Engagé dans la police nationale à 23 ans en 2000, dans la tradition familiale — son père et ses deux oncles étaient policiers — Romain intègre la compagnie 61 de Vélizy puis la CRS 39 de Jarville. Le 2 mars 2011, en mission de sécurisation près de la gare de Noisiel, il est victime d’un guet-apens : un pavé de 2,6 kg, lancé du toit d’un immeuble, le frappe à la tête. Coma de deux semaines, hémiplégie gauche, volet de décompression crânienne porté pendant un an.La reconstruction passe par le sport. Cycliste puis coureur de haut niveau avant l’accident, il réapprend à marcher à l’IRR de Nancy, puis à courir, jusqu’à repasser sous la barre des trois heures au marathon. En 2014, le procès aux assises voit la condamnation de ses agresseurs.Aujourd’hui rattaché à la Fédération sportive de la police nationale, il porte depuis 2018 la mission d’accompagnement des blessés de la police et partage son expérience avec d’autres agents blessés en service. Il a rejoint les Gueules Cassées après un temps d’hésitation sur sa légitimité, vite dissipé par l’accueil de ses pairs.

Marc, 52 ans, a servi 25 ans dans l’armée de Terre — du 9e RCP au 92e RI, en passant par le 1er RI et le 35e RI. Un parcours jalonné d’opérations extérieures : Somalie, Gabon, Tchad, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Kosovo (deux fois), Afghanistan et enfin le Mali avec l’opération Serval.C’est au Kosovo, en 2008, lors des émeutes autour du tribunal de Mitrovica, qu’il est blessé une première fois, puis touché à deux autres reprises en cinq heures par des éclats de grenades. Pourtant il refuse de quitter ses hommes. Il se fait panser et à chaque fois remonte au contact. Ce jour-là, un policier ukrainien meurt à côté de lui et plusieurs autres soldats de la KFOR sont grièvement blessés.Mais la blessure la plus longue à nommer, c’est celle qu’on ne voit pas. Marc développe un syndrome de stress post-traumatique sévère. Il apprend à le camoufler, à mentir, d’abord à lui-même. L’institution militaire ne le détecte pas vraiment. Excellent chef de groupe et militaire expérimenté, Marc continue de partir en opération, notamment en Afghanistan puis au Mali en 2013.Mais la maladie le rattrape. Marc est contraint de quitter l’institution. Une sortie soudaine et brutale. Une reconversion mal préparée, une famille qui explose : Marc tombe dans les addictions et se retrouve seul.Mais un jour, un ancien frère d’armes le reconnaît et l’oriente vers la CABAT, la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre. Une main tendue. Marc était prêt à la saisir.Depuis, Marc a remonté la pente grâce à plusieurs dispositifs mis en place, comme le programme Oméga, qui lui a permis d’être embauché chez Nexter. Il a aussi découvert Les Gueules Cassées, un espace rare selon lui : de la bienveillance, un accompagnement et une écoute constante.L’UBFT est aussi, pour Marc, un lieu où il peut se ressourcer. Un endroit où l’on n’a pas besoin d’expliquer pourquoi on est là, ni de mettre des mots sur ses maux.Son message est simple, et il y tient : « Si j’y suis arrivé, tout le monde peut y arriver. »

Jean Legay a 18 ans en 1942 lorsqu'il s'engage à Montpellier — quelques provocations contre l'occupant italien à Valence ont suffi à convaincre un officier qu'il ferait un bon soldat. Quelques mois plus tard, il obtient à Fès son brevet parachutiste numéro 1284, parmi les tout premiers brevetés français. Il saute en Sicile aux côtés de la 82e Airborne américaine, traverse l'Italie, et rejoint les Vosges à l'automne 1944. Là, à vingt ans, il commande un groupe de 8 à 12 hommes dans un froid sibérien, face aux Waffen-SS et à leurs chars Panther. Il est grièvement blessé au col du Ménil — éclats de mortier dans la mâchoire et le dos — et restera seul sur la pente, sous la pluie, du matin au soir, avant d'être évacué.Rétabli, il repart. En Indochine, deux séjours. Opération Léa, Bac Kan, puis Diên Biên Phu : c'est depuis les airs, en tant qu'observateur aérien au 23e GAOA, qu'il voit la piste d'aviation devenir inutilisable et les points d'appui s'éteindre un à un, la mort dans l'âme. Deuxième blessure lors d'une embuscade : camion renversé, côtes fracturées, gorge enfoncée. En Algérie ensuite, dans les airs cette fois, comme mécanicien et observateur. Il prend sa retraite en 1972, commandant, après trente ans de service et trois guerres.Dans cet épisode, Jean Legay raconte sans emphase. Ce qu'il a traversé, comment il a tenu, et pourquoi il a toujours dit oui. Et ce que les Gueules Cassées représentent pour lui : sa maison.

Anthony a servi pendant 19 ans au 1er RPIMA, l'un des régiments d'élite des forces spéciales françaises. Afghanistan, Tchad, Mali, contre-terrorisme, libération d'otages. Une carrière construite dans l'action, la cohésion, et la confiance aveugle envers ses coéquipiers.Mais derrière les opérations, il y a l'après. Les nuits qui changent. Les visages qu'on ne peut pas oublier. Yann, premier soldat français tué en Afghanistan. Et tous les autres.Dans cet épisode, Anthony parle sans filtre du stress post-traumatique — pas comme une faiblesse, mais comme une blessure à part entière. Celle qui ne se voit pas, mais qui s'accumule silencieusement au fil des missions, des pertes, des retours.Aujourd'hui, il s'engage autrement : porte-drapeau et délégué adjoint de l'UBFT dans les Landes, il accompagne les blessés dans leur reconstruction — administrative, physique, humaine.Un témoignage rare, lucide et sans pathos. Sur ce que ça coûte vraiment de servir. Et sur la force, parfois, de poser le genou à terre avant de se relever.

Raymond Lindemann a 18 ans lorsqu’il s’engage dans les troupes aéroportées. Quelques mois plus tard, il saute à Diên Biên Phu. Blessé, il combat jusqu’aux ultimes heures avant d’être fait prisonnier par le Viêt-Minh.Dans cet épisode inaugural, il raconte sans détour la guerre d’Indochine, les combats d’Éliane, la chute du camp retranché, la marche de 44 jours vers les camps, la captivité, la faim, la maladie… et la survie.Il évoque également son engagement en Algérie au sein du 3e RCP, une autre guerre, un autre terrain, une autre violence. Après avoir été longtemps « le gibier » en Indochine, il décrit la différence profonde ressentie sur le sol algérien, où le combat prend une autre forme et laisse d’autres traces.Son témoignage éclaire une réalité rarement racontée : la guerre ne s’arrête pas avec la fin des combats. Elle marque durablement les corps, les visages et les mémoires.Ancien prisonnier, blessé de guerre, Raymond Lindemann évoque aussi la reconstruction et le rôle essentiel de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT), cette fraternité discrète qui accompagne les blessés au-delà du temps militaire.