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= 1200 px (affiche ou photo plateau), avec un alt descriptif. --> =1200 px) hébergée sur radioducinema.com --> Publié le 29 mars 2026 • Par la rédaction de La Radio du Cinéma • Entretien mené par Manuel Houssais Comment faire rire sans effacer le vertige d’un fait divers ? Au micro de Manuel Houssais, Gérard Jugnot résume sa boussole avec une formule qui sonne comme une devise de plateau : « On est des démineurs de malheur ». Dans « Mauvaise pioche », il joue et réalise l’histoire d’un homme ordinaire broyé par une confusion d’identité. « Mauvaise pioche » : quand un homme banal devient “l’homme le plus recherché de France” Dans « Mauvaise pioche », Gérard Jugnot incarne Serge Martin, un retraité arrêté par erreur et confondu avec « l’homme le plus recherché de France », avant de se retrouver au centre d’un emballement médiatique. « Le drame, il existe, il est dans les journaux. La comédie, c’est comment on peut déminer. » — Gérard Jugnot Le film ne s’installe pas durablement dans le registre de la traque : Gérard Jugnot insiste sur “l’après”, sur ce que l’erreur laisse derrière elle — les dégâts collatéraux, la honte publique, la mécanique administrative qui repart… sans se retourner. Et comme il aime que « le cinéma soit mieux que la vie », il revendique une forme de revanche narrative, une sortie de route qui ne condamne pas ses personnages à rester au sol. Le fait divers de 2019 en arrière-plan : l’affaire Guy Joao, “balancé sur la place publique” L’inspiration est libre, mais la réalité, elle, porte une date et un lieu. Le 11 octobre 2019, Guy Joao, retraité français d’origine portugaise, est arrêté à l’aéroport de Glasgow et confondu avec Xavier Dupont de Ligonnès. Il attend 26 heures avant d’être disculpé, après des tests ADN négatifs. Pour celles et ceux qui veulent relire les faits : TF1info (31 mai 2021). Au micro de Manuel Houssais, Gérard Jugnot raconte ce qui l’a accroché : un homme “pris” très vite dans un “maelström médiatique”, puis “jeté” dès que l’erreur est reconnue. Il évoque aussi, avec le recul, la facilité avec laquelle une rumeur s’accroche à un visage, puis se transmet. Repère utile L’affaire Xavier Dupont de Ligonnès renvoie à la découverte, le 21 avril 2011, des corps d’Agnès Dupont de Ligonnès et de leurs quatre enfants à Nantes. Le père de famille reste recherché. (Récit AFP : Making-of AFP, 3 avril 2013) Une comédie qui préfère la nuance au sarcasme Il y a, dans la manière dont Gérard Jugnot parle de ses personnages, une règle de politesse qui ressemble à une règle de cinéma : ne pas rire “contre”. Il le dit sans détour : il cherche “de l’empathie et de la nuance”, des personnages “riches, pleins”, et un rire qui accompagne. « Je n’aime pas le rire contre, j’aime bien le rire avec. » — Gérard Jugnot Ce principe irrigue son parcours de réalisateur, qu’il cite lui-même en exemples : Une époque formidable, Monsieur Batignole… des récits adossés à des sujets sérieux, traités sans cynisme. Ici, la question qui affleure n’est pas “qui est coupable ?”, mais “que devient-on quand le soupçon vous colle à la peau ?” — et comment une salle de cinéma peut, le temps d’1h32, remettre un peu d’air dans la pièce. Un casting XXL, façon “goûter” entre amis de plateau À l’entendre, le tournage a eu le goût d’une réunion de bande — pas un club fermé, plutôt une table ouverte. Il cite des compagnons de route, puis des comédiens venus “sortir de leur zone de confort”. « J’ai eu la chance d’être comme un petit garçon qui invite ses copains pour venir jouer un goûter. » — Gérard Jugnot Le casting réunit notamment Philippe Lacheau, Thierry Lhermitte, Michèle Laroque, Zabou Breitman, Reem Kherici, Jean-Pierre Darroussin, ainsi que François Morel, Philippe Duquesne, Charlotte Gabris et Claudia Bacos. Parmi les nouveaux compagnons de jeu, Jean-Pierre Darroussin a marqué Gérard Jugnot, qui le décrit comme un acteur “magnifique” et lui offre un rôle de policier obstiné, un “Javert de banlieue” — référence assumée à Les Misérables, pour dire l’acharnement, la certitude, le “Graal” qu’on croit tenir. La grande comédie italienne comme école du danger maîtrisé Quand Manuel Houssais évoque un parfum de comédie italienne, Gérard Jugnot acquiesce : il cite Dino Risi, Les Nouveaux Monstres, Parfum de femme. Ce qu’il aime dans cette tradition, c’est le frottement : le drame affleure, la comédie ne s’en détourne pas, elle le transforme, parfois au dernier moment. « Le drame, c’est le berceau de la comédie. Il n’y a pas de rire sans drame. » — Gérard Jugnot Dit autrement : la comédie n’est pas un rideau qui cache le monde, c’est un outil qui aide à le regarder sans se laisser écraser. Dans l’entretien, Gérard Jugnot va jusqu’à parler “d’intérêt public” quand il s’agit de faire rire aujourd’hui — non pas pour faire diversion, mais pour redonner de la respiration. Le test du public : l’avant-première comme boussole Il y a un moment très concret, presque artisanal, dans la discussion : Gérard Jugnot raconte pourquoi il tient aux avant-premières. Au théâtre, dit-il, “on est payé comptant” : la salle répond tout de suite. Au cinéma, on travaille “un peu en aveugle”. D’où cette habitude de venir écouter, guetter, apprendre encore. La phrase qui revient le plus, dans les salles, le rend heureux : “on s’est régalé”. Lui aussi, insiste-t-il — et c’est cohérent avec son cinéma : une comédie se fabrique en équipe, mais elle se termine vraiment dans le regard du public. « Capitaine d’équipe » : jouer, réaliser, tenir la barre À l’adolescent qu'il fut, Gérard Jugnot répond avec une tendresse lucide : oui, l’enfant est encore là, dans “le plaisir” et “l’émerveillement”. Il se décrit en “retraite très active”, incapable de rester immobile, plus heureux à fabriquer ...

Par la radio du cinéma, David Marmier • Publié le 26 mars 2026 Un salon, des chaises en cercle, des mots qui sortent sans fard. Au micro de La Radio du Cinéma, le réalisateur, scénariste et producteur Alexis Lloyd raconte la fabrication de Group: The Schopenhauer Effect, un huis clos new-yorkais construit sur l’improvisation et mené par un vrai psychanalyste. la règle du jeu des groupes, et la règle du jeu de ce film, c’est que l’on dit les choses qu’on ne dit pas, ni en famille, ni avec ses amis, explique Alexis Lloyd. Eight New Yorkers. One real psychoanalyst. Zero scripts. (groupthefilm.com). Pour Alexis Lloyd, cette formule n’est pas un slogan creux : c’est une méthode, un cadre, une contrainte qui libère. Une histoire de filiation, du cinéma à la psychanalyse Dans l’entretien, Alexis Lloyd revient d’abord sur un mouvement intime : longtemps, il dit avoir évité le sujet de la psychanalyse, pourtant familier, son père ayant exercé comme psychiatre et psychanalyste à Paris. Le déclic, lui, arrive par la littérature : The Schopenhauer Cure de Irvin D. Yalom, roman centré sur un groupe thérapeutique, existe en français sous le titre La méthode Schopenhauer . L’idée initiale vise la série. Mais une difficulté revient comme un leitmotiv : écrire des dialogues qui sonnent juste, avec la vitesse, les silences, les chocs et les retours d’une séance de groupe. D’où une décision qui change tout : faire l’expérience soi-même. Alexis Lloyd raconte avoir rencontré le psychanalyste Elliot Zeisel lors d’une conférence de psychothérapie de groupe à New York, puis avoir intégré un groupe hebdomadaire. Et, très vite, une évidence s’impose : devant la caméra, il ne veut pas d’un acteur qui “joue” l’analyste, il veut Elliot Zeisel lui-même. Improvisation au cordeau : intentions, timing et prises longues Le film ne repose pas sur des dialogues écrits à l’avance. Alexis Lloyd décrit une direction d’acteurs bâtie sur des “intentions” et une dramaturgie émotionnelle : chaque personnage doit, à un moment, faire entendre la tendresse, l’agacement, l’hostilité, l’ennui. Les comédiens choisissent leurs mots, mais aussi le moment où ils entrent dans la mêlée. La contrainte temporelle n’a rien d’un gadget : les sessions sont tournées sur de très longues durées, avec l’ambition de retrouver le souffle du “présent” propre aux groupes thérapeutiques. Sur la fiche du distributeur américain Abramorama, Group: The Schopenhauer Effect dure 119 minutes et sa sortie en salles aux États-Unis est indiquée au 13 mars 2026 dans l'attente d'un distributeur Français. Tourner dans un salon, chercher la vérité d’une lumière Autre choix décisif raconté à l’antenne : tourner “à la maison”. Alexis Lloyd transforme un appartement en décor, et revendique une lumière simple, franche, difficile à contester. Un huis clos, oui, mais pas un bocal aseptisé : un espace habité, traversé par le jour, où la parole s’accroche aux murs comme une réplique qu’on rumine. Le chef opérateur est Luke Geissbühler dont le nom parle aux cinéphiles du “faux documentaire” Borat (2006). Un clin d’œil cohérent pour un film qui flirte avec le réel sans s’y dissoudre. Monter “comme de la radio” : d’abord le son, ensuite l’image La partie la plus inattendue du récit d’atelier arrive au montage. Avec des heures de rush, des caméras parfois “au mauvais endroit”, Alexis Lloyd adopte une solution empruntée au documentaire : construire un premier montage uniquement à l’oreille. Il raconte s’être imposé plusieurs mois sans regarder l’image, pour bâtir une architecture sonore, avant d’aller chercher les visages, les réactions, les respirations qui collent à cette charpente. Ensuite, place aux “plans de coupe” et à l’art d’écouter. Alexis Lloyd cite Miloš Forman et l’idée que, dans une scène de groupe, la vérité ne se loge pas seulement dans celui qui parle, mais dans ceux qui reçoivent. Il évoque Amadeus (la scène du Requiem) et Vol au-dessus d’un nid de coucou comme des exemples de cinéma où la réaction devient narration. Une manière de rappeler qu’un groupe, à l’écran, ne se résume jamais à un “héros” qui absorbe toute la lumière. Schopenhauer, solitude, empathie : les clés de lecture revendiquées Quand David Marmier l’interroge sur ce que le film transmet, Alexis Lloyd insiste sur deux phénomènes contemporains qu’il juge majeurs : la solitude, et la difficulté à maintenir une parole authentique sans basculer dans la violence verbale. Il relie cela à une notion qu’il associe à Arthur Schopenhauer : la compassion, que l’époque nomme plus volontiers l’empathie. Dans son récit, le cadre répétitif du groupe (se retrouver, semaine après semaine) encourage la franchise, tout en imposant une responsabilité collective : dire, oui, mais sans détruire. Dans un groupe de thérapie à Manhattan, un nouveau venu, Alexis (l'auteur lui même), annonce qu’il veut écrire une série inspirée des séances, et l’équilibre du cercle vacille.. Les références d’Alexis Lloyd : Hitchcock, Cassavetes, Curtiz La tradition de La Radio du Cinéma se glisse en fin d’entretien : le cinéaste cite deux films qui l’accompagnent. Vertigo, pour son pouvoir hypnotique et son montage, puis Opening Night de John Cassavetes, qu’il associe à une forme de vérité fragile, parfois “inachevée” mais pleinement vivante. Côté musique, il mentionne Beethoven et Debussy (utilisés avec parcimonie, comme ponctuation), et revient à Amadeus pour la scène finale où la composition devient action. Enfin, pour la réplique, il choisit la dernière phrase de Casablanca : "Louis, I think this is the beginning of a beautiful friendship" un adieu qui ouvre sur “le début d’une grande amitié”. Autant de jalons qui éclairent Group: The Schopenhauer Effect comme un film de parole, de rythme, de regard — et de réconciliation, parfois, avec ce qui nous précède. Infos pratiques : où voir le film, où suivre le projet Titre : Group: The Schopenhauer Effect Durée : 119 minutes Sortie en salles (États-Unis, limitée) : 13 mars 2026 (Abramorama, Rotten Tomatoes) Projection à New York : programmation et séances au Quad Cinema, avec plusieurs Q&A indiquées fin mars 2026. Site officiel : groupthefilm.com Chaîne YouTube : @GROUP_TheSchopenhauerEffect Photographie: David Marmier Group: the Schopenhauer Effect, Alexis Lloyd, Elliot Zeisel, thérapie de groupe, psychanalyse, improvisation, prise longue, montage au son, huis clos, cinéma indépendant, New York, Irvin D. Yalom, La méthode Schopenhauer Sources <a href="https://www.groupthefilm.com/" target="_blan...

Certaines rencontres rallument la curiosité comme on découvre un film oublié dans un grenier. Au micro de David Marmier, la professeure de cinéma Eugénie Zvonkine raconte son nouvel essai Le réel comme excès (Presses universitaires du Septentrion) et pose une question simple, vertigineuse : « Comment écrit-on sur les films sans les tuer ? » Dans cet entretien, il n’est jamais question de distribuer des bons points. On parle plutôt d’une manière de regarder : celle qui accepte l’inconfort, l’excès, la sensation physique, et qui en fait une clé pour comprendre l’Histoire telle qu’elle traverse les images. Une autre Russie : un festival, des salles, une carte de cinéma en Île-de-France Le festival du film russe « Une autre Russie » connait sa 12e édition du 19 mars au 1er avril 2026, à Paris et en Île-de-France. Pour préparer vos séances Site officiel du festival : uneautrerussie-festival.com Page événement Région Île-de-France : iledefrance.fr Guide pratique (La Radio du Cinéma) : radioducinema.com Un livre de 474 pages pour mettre des mots sur le réel comme excès Publié le 28 février 2026, Le réel comme excès compte 474 pages et se présente comme une traversée du cinéma soviétique et post-soviétique, de 1970 à aujourd’hui, avec des cinéastes tels qu’Andreï Tarkovski, Alexeï Guerman, Elem Klimov et Ilya Khrzhanovsky. L’éditeur annonce un travail centré sur les méthodes, les influences, et la manière dont l’hyper-détail et l’authenticité fabriquent des œuvres perçues comme des « cauchemars éveillés ». « Ma préoccupation est toujours de dire comment écrit-on sur les films sans les tuer, pour au contraire les convoquer, les rendre vivants. » — Eugénie Zvonkine, dans l’entretien Le mot « excès » n’a rien d’un slogan : Eugénie Zvonkine l’emploie pour décrire un cinéma qui insiste, qui sature l’œil et l’oreille, et qui finit par vous laisser, non pas avec une thèse, mais avec une expérience. Kira Mouratova : la dissonance, l’archive, la traduction L’échange revient longuement sur Kira Mouratova, cinéaste dont Eugénie Zvonkine rappelle le manque de reconnaissance durable, malgré des reprises et un travail de diffusion. La Cinémathèque française lui a consacré un cycle en 2019 au Reflet Médicis, avec des films comme Les Longs Adieux (1971) et Le Syndrome asthénique (1989). Eugénie Zvonkine insiste sur un point précieux : la censure a pu viser l’idéologie, mais aussi la forme. Autrement dit, une interdiction peut s’abattre parce qu’un film se permet un montage, un jeu, un rythme, une violence de texture qui contredit la norme. « On lui disait : il ne faut pas faire des films comme ça. » — Eugénie Zvonkine, à propos de Kira Mouratova, dans l’entretien Cette idée de « traduction » revient souvent : traduire une langue, bien sûr, mais aussi transmettre une émotion, des documents, une histoire de fabrication. Cela passe aussi par le retour des œuvres en vidéo. Potemkine Films propose un coffret Kira Muratova avec cinq films. Des cinéastes en lignée : quand le détail rend l’Histoire irrespirable Dans le livre comme dans l’entretien, la cinéaste et chercheuse suit des influences explicites, parfois cachées, et des solidarités de méthode. Exemple raconté au micro : alors que Andreï Roublev est inaccessible au grand public, Alexeï Guerman obtient l’accès aux essais de tournage, et ces images de travail deviennent une leçon de cinéma. Andreï Roublev (1966) est d’ailleurs le film que choisit Eugénie Zvonkine si elle devait partir sur une île déserte avec un seul titre, « parce qu’il contient tellement de monde », dit-elle à David Marmier. L’entretien convoque aussi Alexandre Sokourov, avec Taureau (2001), et le film fleuve Director’s Diary (2025), présenté hors compétition à la Mostra de Venise. Enfin, le projet DAU d’Ilya Khrzhanovsky sert de repère contemporain : une « expérience-monde » montrée à Paris en 2019, au Théâtre du Châtelet et au Théâtre de la Ville (avec le Centre Pompidou). Écrire sur les films sans les figer : une méthode, pas une vitrine Il y a, dans la conversation, une idée qui parle à tous ceux qui aiment le cinéma au présent : on peut analyser sans dessécher. Eugénie Zvonkine décrit une écriture qui cherche « la chair des images », qui accepte les sensations, parfois désagréables, comme un matériau de compréhension. Le titre du livre indique la direction : le réel, ici, ne se limite pas à « faire vrai ». Il déborde, il encombre, il met le spectateur à l’épreuve. Ce n’est pas une invitation à admirer. C’est un appel à regarder avec attention ce que le film vous fait, et pourquoi il vous le fait. La cinéaste : Souvenir de vague et Le Sentier des absents Parce que le micro de David Marmier s’adresse aussi à une réalisatrice, l’entretien s’ouvre vers deux films signés Eugénie Zvonkine. Souvenir de vague, documentaire (2017) consacré aux cinéastes de la Nouvelle Vague kazakhe. Le deuxième film, Le Sentier des absents, un court-métrage documentaire consacré au deuil périnatal. Le DVD a reçu le prix du meilleur DVD de film récent (pour l’année 2025) décerné par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma. « On avance avec la mémoire de ces bébés disparus. » — Eugénie Zvonkine, dans l’entretien L’édition DVD est référencée chez Potemkine. Dans l’entretien, Eugénie Zvonkine évoque aussi une disponibilité en VOD via la plateforme Sooner (UniversCiné). L’île déserte : un film, une musique, une réplique Pour finir, David Marmier lance son trio de...

```html = 1200px --> --> --> Entretien mené par David Marmier (La Radio du Cinéma) lors des Rencontres 7e Art Lausanne (édition organisée du 7 au 16 mars 2025). Un décor de carte postale, une mécanique de soupçons, et une héroïne qui se retrouve sans filet : dans Hell in Paradise, Leïla Sy suit Nina, jeune Française partie travailler aux Maldives, rattrapée par un engrenage judiciaire. Au micro, Karine Silla résume l’étincelle qui l’a poussée à écrire : « Le diable est dans le fait divers ». Une phrase qui sert de boussole à ce film français, porté par Nora Arnezeder, sorti en salles le 26 novembre 2025. = 1200px (affiche ou photo de plateau) --> Hell in Paradise (2025), avec Nora Arnezeder. Crédit visuel : à renseigner. --> Le pitch, lui, tient en quelques lignes et ne lâche plus le lecteur : Nina quitte Marseille « dans l’espoir d’une vie meilleure », décroche un poste de réceptionniste dans un hôtel aux Maldives, puis bascule quand « une tragédie frappe l’hôtel ». Accusée à tort, elle risque la prison à vie et cherche la sortie du labyrinthe. Unifrance, EuropaCorp.) Le fait divers comme miroir À l’origine du scénario, Karine Silla parle d’« obsessions » et d’une fascination ancienne pour la manière dont la société se raconte au travers d’un dossier judiciaire. Dans l’entretien, Karine Silla décrit ce réflexe collectif : fabriquer une narration, désigner un coupable, se rassurer en pointant « le diable » quelque part, pour éviter de le reconnaître en soi. Cette idée de « miroir » donne une clé de lecture utile : Hell in Paradise ne se contente pas d’une histoire d’innocence à prouver. Le film s’intéresse aussi à la rumeur, à l’emballement, à ce que l’on projette sur une femme isolée loin de chez elle, dans un endroit où le luxe peut devenir une prison. Quand la justice s’écrit au féminin, le verdict se complique Dans la conversation, Karine Silla relie directement son écriture à une expérience de terrain : elle dit être allée pendant 20 ans en prison pour animer des ateliers de parole. Des éléments biographiques publics évoquent aussi ce travail d’ateliers en milieu carcéral (par exemple : RTS). Sur un point, Karine Silla avance au micro des chiffres marquants : « seulement 3 % de la population mondiale carcérale » serait composée de femmes, et « 80 % » de ces situations seraient « liées à un homme ». Ce qui reste, au-delà des pourcentages, c’est le cœur du propos de Karine Silla : la place des femmes face au système judiciaire, notamment quand il est question de « complicité » et de responsabilité attribuée. Karine Silla parle d’un héritage symbolique, d’un imaginaire de la « faute originelle » qui, selon elle, continue d’influencer la manière de juger. Coller à Nina, jusqu’au vertige Quand David Marmier évoque un « escalier émotionnel », Leïla Sy acquiesce : la mise en scène cherche une progression, marche après marche, vers une sensation de plus en plus resserrée. Leïla Sy raconte avoir reçu le scénario par Virginie Silla et l’avoir lu d’une traite, happée par une écriture « nerveuse » et « ciselée ». L’idée formelle est limpide : rester au plus près du personnage. Leïla Sy explique que certaines scènes sans Nina ont été écartées au montage, comme si le film refusait de quitter son point de vue. Nina, interprétée par Nora Arnezeder, est ainsi de presque tous les plans. Côté références, Leïla Sy cite sans détour Alfred Hitchcock : un goût pour les apparences, pour la tension qui s’infiltre dans la beauté des images, et pour cette élégance qui ne protège de rien. Leïla Sy salue aussi son directeur de la photographie, Benjamin Ramalho. Au micro, David Marmier glisse même une comparaison avec Midnight Express (Alan Parker, 1978), pour décrire cette sensation d’impasse et de choc émotionnel que peut produire un récit de prison et d’injustice. Sans dévoiler les pivots du scénario, la conversation insiste sur l’enjeu principal : Nina trouvera-t-elle le « coup de talon », dit Leïla Sy, qui permet de se remettre debout ? Produire, ce n’est pas seulement financer : c’est protéger l’essence Avec Virginie Silla, la discussion prend un virage très concret : comment un film se fabrique-t-il, au quotidien, quand le public ne voit que le résultat final ? Virginie Silla tient à recadrer une idée reçue : oui, il faut un producteur, mais le métier ne se réduit pas au financement. Le point de départ, dit-elle, reste un coup de cœur de lecture. Elle raconte avoir « dévoré » Hell in Paradise en une heure, puis avoir évalué le public, les débouchés et la faisabilité avant de fixer une enveloppe de production. Ensuite, selon Virginie Silla, l’essentiel se joue ailleurs : accompagner la vision de la réalisatrice, traverser la préparation, le tournage, la postproduction, puis la sortie, tout en veillant à ce que « l’essence du film » reste intacte. Pour l’expliquer, Virginie Silla imagine un mur construit brique après brique, par toute l’équipe. Et David Marmier complète : il faut que « le ciment » tienne. Virginie Silla sourit : le producteur apporte aussi les briques, le ciment, et s’assure que chacun trouve sa place. Deux sœurs, un même réflexe : raconter pour tenir le monde Le moment le plus intime arrive quand Karine Silla revient sur son lien avec Virginie Silla. Elle raconte que sa sœur est née quand elle avait...

Publié le 18 mars 2026 À l’occasion du vernissage presse de l’exposition Le chantier invisible (Fondation Jérôme Seydoux-Pathé 73 avenue des Gobelins, Paris 13e) Jean-Jacques Annaud s’est confié au micro de David Marmier de la radio du cinéma, Yves Alion, Tancrède Delvolvé et Frédéric Vignale. Une conversation de « faiseur » au sens noble: un cinéaste qui revendique le travail, la préparation, la troupe. « Sans émotion, pas de film », résume Jean-Jacques Annaud, comme une boussole plantée au beau milieu d'un plateau. On connaît Jean-Jacques Annaud pour ses tournages à grande échelle et sa précision d’horloger. L’exposition Le chantier invisible vient justement mettre des lampes de chantier sur ce que le spectateur ne voit jamais: les archives, les dessins, les plans, les objets, les essais, les chemins de traverse qui mènent à un plan réussi. Elle se tient à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, au 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris. Quand les archives racontent la fabrique d’un film Jean-Jacques Annaud le dit avec satisfaction: il a tout gardé. Des boîtes, des dossiers, des traces d’école, puis les storyboards, les repérages, les documents de fabrication. Dans la logique Pathé, cette mémoire n’est pas un grenier poussiéreux: elle devient une matière vivante, offerte au public sous forme d’exposition. La Fondation annonce un parcours nourri de storyboards, costumes, éléments de décor, maquettes, dessins, photos, scénarios et extraits. Un geste de transmission, au sens concret: on montre le « comment », pas seulement le « résultat ». Storyboards, maquettes, sécurité: « concevoir le film » avant de le tourner Dans l’interview, Jean-Jacques Annaud revient sur une pratique souvent mal comprise: le storyboard. Il rappelle qu’il ne s’agit pas de tout figer, surtout quand la scène demande de l’air et de la confiance — il cite lui-même les scènes d’amour, où la mécanique peut vite sonner faux si l’on verrouille trop. En revanche, dès que l’enjeu devient risqué ou coûteux, la préparation s’impose. Sur Notre-Dame brûle (2022), Jean-Jacques Annaud raconte avoir anticipé l’emplacement des caméras, leur protection, les contraintes de chaleur, les questions d’assurance et de sécurité. L’exposition consacre d’ailleurs une place importante au film, avec des éléments de décor et des maquettes de préparation (dont « le Beffroi en feu », « la forêt », ou la nef avec l’effondrement de l’oculus). Ce goût du concret, il le revendique sous un mot qui sent la colle, la peinture et les mains noircies: « je suis un bricoleur ». Et il rattache ce réflexe aux origines du cinéma, celles de Georges Méliès, où l’illusion naît d’un atelier. Dante Ferretti, Federico Fellini: le décor comme récit à part entière La conversation glisse aussi vers une collaboration marquante: Dante Ferretti, chef décorateur, lié à Le Nom de la rose (1986). Les intervieweurs évoquent un souvenir de cinéma pur: Federico Fellini , et cette idée que le plateau, parfois, devient aussi spectaculaire que ce que l’on cadre. L'exposition montre une réplique de manuscrit enluminé du XIVe siècle et une maquette de l’abbaye associée au décor conçu par Dante Ferretti pour Le Nom de la rose (1986). Autrement dit: la matière médiévale, la charpente du mystère, mais aussi la preuve physique d’un monde construit. Pour prolonger la (re)découverte du film: fiche IMDb. Le plateau, sa maison Jean-Jacques Annaud parle du plateau comme d’un lieu familier, presque organique. Il décrit l’odeur de peinture, les câbles, l’agitation, l’orchestre en place. Il insiste sur un point: l’équipe. « J’admire mes techniciens », dit-il, et il ajoute qu’il a besoin d’aimer et de respecter ses acteurs pour que le tournage garde sa cohérence. Dans ce cadre, une scène le préoccupe plus que les autres: la scène d’amour. Il explique pourquoi la première prise compte, pourquoi la pudeur est une ligne de crête, et pourquoi l’intime des acteurs (leurs couples, leur vie) peut être fragilisé si la scène "paraît vraie » pour de mauvaises raisons. Le propos, sans voyeurisme, dit quelque chose d’essentiel: la mise en scène touche à la personne, pas seulement à la technique. Des animaux aux stars: l’émotion comme règle d’or La filmographie de Jean-Jacques Annaud implique humains et animaux, débutants et stars, paysages grandioses et studios. Il a tourné dans « plus de 40 pays » et son œuvre réunit acteurs non professionnels, vedettes internationales.. et animaux. Dans l’interview, Jean-Jacques Annaud raconte un apprentissage par le vivant: comprendre l’instinct, travailler l’identification, chercher le sentiment « mammifère ». Il cite L’Ours (1988) comme une expérience d’identification particulière: si le public peut se reconnaître dans un ourson, alors le cinéma a gagné un territoire inattendu. Pour prolonger la (re)découverte: fiche SensCritique de L’Ours, fiche SensCritique de Deux Frères, fiche SensCritique de Notre-Dame brûle. Intelligence artificielle: l’outil, la main, la question de l’émotion Le mot « intelligence artificielle » arrive dans l’échange sans panique, ni posture. Jean-Jacques Annaud explique qu’il a déjà utilisé, depuis longtemps, des procédés qui relèvent de l’assistance numérique: fond bleu, retouches, ajustements, et même — anecdote savoureuse — un travail de « sound like » pour compléter une postsynchronisation, après avoir samplé la voix de Brad Pitt ! Son inquiétude n’est pas la technologie en soi, mais la responsabilité de l’émotion: si l’outil permet de fabriquer des expressions, qui tient alors le gouvernail du jeu? Il pose l’idée d’un « manipulateur » dont la sensibilité, la culture, la vie, peuvent infléchir la justesse d’une scène — surtout quand il s’agit d’intime, de corps, d’amour. L&ag...

Rencontres 7e Art Lausanne 2026 • salle, production, transmission À Lausanne, pendant les Rencontres 7e Art Lausanne 2026 l’invité d’honneur Marin Karmitz remet une phrase sur la table, comme on repose un disque qu’on veut faire entendre à tout le monde: « À quoi ça sert un film ? » Au micro de David Marmier pour La Radio du Cinéma, le fondateur de mk2 détaille une idée simple et tenace: une salle peut devenir un lieu d’idées. Par La rédaction de La Radio du Cinéma • Publié le 14 mars 2026 • Enquête et citations: entretien réalisé pendant les Rencontres 7e Art Lausanne 2026 Le décor n’est pas anodin: Lausanne déroule HOPE, sa thématique 2026, avec des projections de patrimoine et des rencontres publiques. La Radio du Cinéma le rappelle dans son agenda: le festival remet trois Trophées Chaplin (Wes Anderson, Laurence Fishburne et Marin Karmitz) (sources et dates) La Bastille, 1er mai 1974: ouvrir une salle, ouvrir une brèche Pour comprendre « MK », il faut revenir à un geste fondateur: l’ouverture du cinéma 14-Juillet-Bastille dans un quartier qui n’a pas encore la réputation d’aujourd’hui, avec l’ambition d’accueillir des œuvres que les circuits dominants ignorent. (histoire mk2) Une archive du MoMA précise même le calendrier: le 1er mai 1974, Marin Karmitz ouvre son premier cinéma à la Bastille, conçu comme un lieu à plusieurs fonctions. (MoMA, dossier de presse, 1989) « Je n’ai pas essayé de faire des salles de cinéma, mais un point de ce qu’on appelait à l’époque de contre-culture… un lieu d’agitation intellectuelle, d’agitation militante. » Marin Karmitz, au micro de David Marmier (La Radio du Cinéma), Rencontres 7e Art Lausanne 2026 Dans l’entretien, Marin Karmitz insiste sur un détail qui dit tout: la salle ne devait pas seulement « projeter ». Il raconte une programmation artisanale au départ, des séances en version originale sous-titrée là où Paris en proposait très peu en dehors d’un périmètre déjà identifié. Il décrit aussi un public qui ne vient pas uniquement « consommer », mais discuter, contester, prolonger la projection. Le cinéma dans la cité: débats, société, responsabilité Ce qui traverse ses réponses, c’est une conviction: la salle est un outil civique. Marin Karmitz parle de thèmes de société abordés « en permanence » dans ses espaces, et d’une envie de faire sortir le spectateur avec des questions en tête. Il résume sa boussole avec une formule qui sonne comme un synopsis de l’idée mk2: le cinéma « dans la société », « dans la cité ». « Dans mes salles, ce que j’ai souhaité faire, c’est faire des salles où on puisse aussi réfléchir… sortir en ayant des combats à mener, assumer certaines responsabilités. » Marin Karmitz, La Radio du Cinéma, Rencontres 7e Art Lausanne 2026 Cette ligne se lit aussi dans la trajectoire du cinéaste. La filmographie de Marin Karmitz comme réalisateur passe par des films tournés après Mai 68, dont Coup pour coup (1972). Cannes, en 2018, revient sur ce film comme un moment clé de son parcours. Produire ce que les autres laissent tomber: catalogue, fidélités, transmission Quand la conversation glisse vers la production, Marin Karmitz résume une méthode: chercher « les films que personne ne veut produire ». En quarante ans, Marin Karmitz a produit 108 films et en a distribué en salles plus de 350. (bio mk2pro) Au-delà des totaux, la liste des compagnonnages raconte l’essentiel: Krzysztof Kieślowski, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Alain Resnais, Louis Malle, Abbas Kiarostami, Wim Wenders. (mk2pro) À Lausanne, le festival rappelle la même idée: une carrière de passeur, tournée vers la création et la transmission. (Rencontres 7e Art Lausanne) Exemple concret, facile à saisir pour qui aime relier les films aux conditions qui les rendent possibles: Au revoir les enfants (sortie France: 7 octobre 1987) porte, dans sa production, la mention MK2 Productions – Marin Karmitz. Chaplin, 2001: un pacte de confiance sur un patrimoine mondial À Lausanne, Marin Karmitz relie son émotion au nom de Chaplin. Il parle d’un compagnonnage long, et l’alignement des dates est documenté: mk2 indique qu’en 2001, la famille Chaplin confie à mk2 la représentation de ses titres. (mk2pro, “Notre histoire”) Aujourd’hui, mk2 présente une collection Chaplin accessible sur son site, qui rappelle l’ampleur de ce catalogue. (mk2 films, collection Chaplin) Le film comme boussole: “Pickpocket” En fin d’entretien, Marin Karmitz cite un titre comme repère personnel: Pickpocket de Robert Bresson. Il explique avoir mis de longues années à en obtenir les droits, et le décrit comme une œuvre majeure. Envie d’aller plus loin ? Le programme et les rencontres: Rencontres 7e Art Lausanne (5–15 mars 2026). Le récapitulatif pratique (lieux, tarifs, temps forts): notre page agenda. Pour situer le parcours dans une lecture au long cours: extraits et références autour du livre d’Antoine de Baecque (Flammarion, 25 septembre 2024). Infos pratiques et sources Rencontres 7e Art Lausanne 2026: du 5 au 15 mars 2026 (Lausanne). Détails, trophées Chaplin, horaires et billetterie via La Radio du Cinéma et le site officiel rencontres7art.ch. mk2 (repères historiques): création des salles mk2 à partir de 1974, contexte et développement: mk2pro (“Notre histoire”), MoMA (PDF, 1989). Entretien La Radio du Cinéma: citations issues d’un échange enregistré pendant les Rencontres 7e Art Lausanne 2026, au micro de David Marmier. Photographie: David Marmier <source src="https://radioducinema.radio-website.com/u...

À l’occasion de la neuvième édition des Rencontres du 7e art Lausanne, Vincent Perez se confie au micro de La Radio du Cinéma : « On est chez moi », glisse-t-il. Du 5 au 15 mars 2026, la ville déroule le tapis rouge au cinéma du patrimoine, aux masterclass et à une thématique qui sonne comme un mot de passe : HOPE. Publié le 13 mars 2026 Un festival né d’un retour aux origines Face à David Marmier, Vincent Perez rembobine : Lausanne, le canton de Vaud, « le pays de mon enfance ». Il raconte une passion née ici, nourrie par la photographie, les salles obscures et l’envie de « vivre des aventures ». Né à Lausanne, l’acteur et réalisateur rappelle qu’il a grandi dans le canton avant de partir découvrir le monde. Vincent Perez : « C’est ici qu’a éclos ma passion pour le cinéma… et cette nécessité de vivre des aventures et des histoires importantes. » Cette énergie irrigue les Rencontres : un festival pensé comme une grande séance partagée, sans esprit de concours. Vincent Perez cite volontiers la filiation avec le Festival Lumière de Lyon et l’inspiration d’un événement qui « célèbre le cinéma » en redonnant leur place aux classiques sur grand écran. Le Capitole et la Cinémathèque suisse, un décor à la hauteur des films Parmi les partenaires, le Cinéma Capitole est un personnage à part entière : inauguré en 1928, restauré, devenu la « Maison du cinéma » pilotée par la Cinémathèque suisse. Le lien est intime pour Vincent Perez, qui raconte avoir grandi non loin de Penthaz, où se trouvent les archives de la Cinémathèque suisse. Il évoque les films conservés, les affiches, les photographies, ce travail patient qui maintient la mémoire à température de projection. Et c’est aussi cela, l’esprit des Rencontres : transmettre, faire circuler, remettre les œuvres en mouvement. HOPE, une neuvième édition guidée par l’élan Cette année, la programmation se lit au fil d’un thème : HOPE. La Cinémathèque suisse décrit cette édition comme une invitation à revisiter des œuvres où l’espoir devient moteur narratif, au sein de onze jours rythmés par projections, discussions et masterclass. Notre article sur les rencontres 7e art de Lausanne avec l'interview de la directrice générale Alexandrine Kol Irène Jacob, Antonioni, et l’art de devenir « le corps » d’un cinéaste Dans l’entretien, Vincent Perez annonce aussi un moment de scène avec Irène Jacob autour de Michelangelo Antonioni, cinéaste avec lequel ils ont travaillé. Il raconte un tournage où le metteur en scène, diminué physiquement, continuait à diriger avec une précision sidérante : Vincent Perez dit avoir pris la décision de devenir « sa voix », « son corps », « son mouvement ». En marge du festival, une lecture en hommage à Antonioni réunit Irène Jacob et Vincent Perez, suivie d’un extrait de Beyond the Clouds (Par-delà les nuages) et d’un échange avec Enrica Antonioni. Ateliers, médiation, inclusivité : le cinéma se partage aussi hors de l’écran Les Rencontres ne se limitent pas aux projections : ateliers, transmissions de métiers, rendez-vous publics. Exemple concret : un atelier de doublage accessible dès dix ans, proposé comme une expérience ludique pour comprendre bruitage, bande rythmo et jeu à la voix. Le festival met aussi en avant un axe « inclusivité », avec des séances Relax et une rencontre autour du documentaire Invincible été, en présence d’Olivier Goy, atteint de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot). Et Vincent Perez, acteur et réalisateur, dans tout ça Vincent Perez le dit sans détour : ce festival lui sert « d’école », un lieu où l’on réapprend en regardant les parcours des invité·es, en écoutant leurs visions, en revenant aux œuvres. Il parle de sa curiosité intacte et de son désir de rester ouvert au débat, au travail, à la marge plutôt qu’au confort. Côté actualité, il évoque son travail d’acteur, notamment la série B.R.I. (Canal+), et annonce préparer un prochain film en tant que réalisateur, avec un tournage envisagé en septembre (information donnée dans l’entretien). Infos pratiques Dates : du 5 au 15 mars 2026 Thématique : HOPE Lieu phare : Cinéma Capitole – Cinémathèque suisse, Avenue du Théâtre 6, 1005 Lausanne Programme & billetterie : rencontres7art.ch Pour revoir des masterclass : la chaîne YouTube des Rencontres (playlist et archives vidéo) Notre page agenda « Rencontres 7e Art Lausanne 2026 » sur radioducinema.com Article rédigé à partir d’un entretien de Vincent Perez mené par David Marmier pour La Radio du Cinéma, et des informations publiques de programmation. Photographie: David Marmier

= 1200 px de large) pour Google Discover. --> Festival • Lausanne • coulisses David Marmier (La Radio du Cinéma) tend le micro à Alexandrine Kol, directrice générale des Rencontres 7e Art Lausanne. Sa phrase résume tout un métier : « Je passe derrière les affiches sans les décoller », glisse-t-elle, sourire en coin. Derrière cette formule, une conviction : la magie d’un festival se fabrique souvent hors champ. Mis en ligne le 10 mars 2026 • Entretien réalisé le 8 mars 2026 au Beau-Rivage Palace (Lausanne) • Propos recueillis par David Marmier Les Rencontres 7e Art Lausanne se tiennent du 5 au 15 mars 2026, sous la thématique HOPE, dans plusieurs lieux de la ville, avec un cœur battant au Capitole – Cinémathèque suisse. Tout est là : des projections sur grand écran, des conversations publiques, des hommages, et l’envie assumée de faire du cinéma un langage commun. « Je déteste la lumière » : l’éloge du travail invisible Dans ce festival où les artistes croisent le public, Alexandrine Kol revendique l’arrière-scène. Elle le dit sans détour : Alexandrine Kol : « Je déteste la lumière… j’aime surtout être dans l’ombre pour faire qu’un événement puisse être mis en lumière. » Cette posture n’a rien d’une coquetterie : c’est une méthode. Celle d’une femme qui s’est construite dans l’art concret de la logistique, là où un détail oublié peut faire dérailler tout un calendrier. Et qui préfère, de loin, la précision d’une feuille de route au vertige des projecteurs. De la régie au festival : une trajectoire née en 1993 Alexandrine Kol raconte un départ inattendu : « très étrangement », dit-elle, elle n’était pas cinéphile « . Son entrée dans le cinéma tient à une occasion saisie au bon moment, puis à une évidence : organiser, anticiper, tenir le rythme. Alexandrine Kol : « Ma vie n’est faite que de rencontres et d’opportunités que j’ai su prendre au vol. » Elle débute en 1993 comme stagiaire à la régie, puis gravit les échelons jusqu’en 2005, de régisseuse adjointe à régisseuse générale. « Les petites mains », dit-elle, celles sans qui « on ne peut rien faire ». Un apprentissage où l’on apprend à faire circuler les équipes, les idées, les solutions, sans bruit inutile. La rencontre avec Vincent Perez, bien avant Lausanne Le festival est fondé par Vincent Perez . La page “Festival” des Rencontres situe clairement le cadre : une manifestation « loin d’un festival à compétition », axée sur les œuvres des invité·es et les chefs-d’œuvre du patrimoine. Dans l’entretien, Alexandrine Kol remonte plus loin : elle dit avoir rencontré Vincent Perez sur le tournage de son premier long métrage, Peau d’ange. Plus tard, lorsque Vincent Perez lance la première édition des rencontres en 2018, Alexandrine Kol arrive « en assistante », d’abord pour gérer l’agenda. En 2019, elle prend l’opérationnel et la logistique. Puis vient 2020, et ce baptême que beaucoup auraient préféré éviter : Alexandrine Kol : « J’ai pris la direction générale en 2020, l’année du COVID… pour une première expérience, c’était un joli baptême. » HOPE : Lausanne comme décor, Chaplin comme boussole Dans la bouche de David Marmier, une image revient : la ville affichée, scénographiée, habitée par la thématique HOPE. Le festival revendique d’ailleurs ce fil rouge : la Cinémathèque suisse présente l’édition 2026 comme une invitation à revisiter des œuvres où l’espoir devient moteur narratif. (Source Cinémathèque suisse) Chaplin’s World, musée dédié à Charlie Chaplin, se situe à Corsier-sur-Vevey, sur l’axe Lausanne–Montreux . Accès Chaplin’s World. Et le Beau-Rivage Palace rappelle que Charlie Chaplin et Oona Chaplin y ont passé leur première nuit en Suisse en 1952. Pour donner un visage à HOPE, les Rencontres ont aussi communiqué sur un choix d’affiche lié à Les Temps modernes de Chaplin, image devenue symbole d’une marche en avant malgré l’époque. Rencontres 7e Art Lausanne (LinkedIn). Clin d’œil assumé : Chaplin a laissé une chanson comme un mantra, cinq mots qui tiennent dans une poche de manteau — « Smile, though your heart is aching » — et qui collent assez bien à l’esprit HOPE. Un festival sans compétition, pour transmettre et relier C’est l’un des points les plus clairs de l’interview, et il est cohérent avec le positionnement officiel : les Rencontres se présentent comme un rendez-vous sans compétition, tourné vers la passion, l’émotion et l’échange, ouvert à toutes et tous. Présentation officielle du festival. Alexandrine Kol insiste sur la dynamique humaine : des invité·es qui viennent non pas chercher un palmarès, mais un public ; des équipes qui travaillent sur l’année ; et, parfois, des collaborations qui naissent à Lausanne parce que des artistes se rencontrent enfin, au bon endroit, au bon moment. Elle cite aussi celles qui font le lien, concrètement, avec les artistes : Olivia Weemaes et Alexandra De Jongh. Équipe des Rencontres. Invité·es 2026 : Wes Anderson, Laurence Fishburne, Marin Karmitz… et une semaine pleine de rencontres Côté hommages, Wes Anderson et Laurence Fishburne reçoivent le Trophée Chaplin lors de cette neuvième édition. Pour les filmographies : IMDb Wes Anderson • IMDb Laurence Fishburne. Le festival met également à l’honneur Marin Karmitz (producteur, distributeur, fondateur de MK2) : invité d’honneur et Prix d’Honneur. Page programme : Marin Karmitz, invité d’honneur • IMDb Marin Karmitz. Pour explorer l’ensemble des horaires, lieux et événements : Programme complet des Rencontres 2026. Et parce que le cinéma passe aussi par la musique, Bruno Coulais figure au programme des rencontres professionnelles. Le compositeur aux trois César . <a href="https://ww...

Par la rédaction La Radio du Cinéma · Entretien mené par Patrice Caillet · Publié le 7 mars 2026 Après la sortie de Dites-lui que je l’aime, Romane Bohringer est venue parler, sans fard, de la fabrique du film au micro de Patrice Caillet. Dès les premières minutes, elle résume le choc de l’après : « Je suis à peine remise. » Derrière cette phrase, une histoire intime assumée, une adaptation délicate, et une question qui dépasse largement l’écran : que fait-on des blessures de l’enfance quand on devient adulte, parent, artiste ? Dites-lui que je l’aime (sorti en salles en France le 3 décembre 2025) suit Romane, réalisatrice, qui décide d’adapter le livre de Clémentine Autain consacré à sa mère, l’actrice Dominique Laffin. Ce projet la renvoie à sa propre histoire familiale, marquée par l’absence d’une mère. Le film (durée : 1h32) associe documentaire, fiction et matière autobiographique. Une histoire intime qui vise l’universel Dans l’entretien, Romane Bohringer raconte un point de départ presque paradoxal : prendre « une histoire infiniment personnelle », et croire, qu’elle peut toucher « l’enfance de chacun ». Elle ne décrit pas une certitude tranquille, plutôt une conviction travaillée au corps, remise sur l’établi pendant l’écriture et au montage. « J’ai eu très peur… à m’en faire mal, à me dire : où est-ce que je vais exactement ? » — Romane Bohringer Le mot qui revient, c’est la transmission. Pas celle qu’on encadre au cordeau, celle qui arrive avec ce qu’on a reçu, ce qui manque, et ce qu’on essaie de réparer. Le film devient alors une manière de regarder en face la filiation, l’héritage, et la façon dont on se construit « avec ce qu’on nous a donné ». Le livre de Clémentine Autain comme boussole de tournage Adapter un récit autobiographique suppose une responsabilité particulière, insiste Romane Bohringer. Elle dit avoir été portée par la confiance de Clémentine Autain, tout en se sentant tenue par une exigence de loyauté : ne pas trahir, ne pas enjoliver, ne pas appuyer. « Je me suis servie du livre de Clémentine… comme un éclaireur dans la nuit. » — Romane Bohringer La formule raconte une méthode : avancer derrière les questions de l’autrice, s’appuyer sur ses souvenirs pour interroger les siens, bâtir un film en miroir. Le résultat assume une forme hybride, où le processus de création devient une partie de l’histoire. Repère utile : le livre Dites-lui que je l’aime de Clémentine Autain est paru le 6 mars 2019 (Éditions Grasset). Le récit y évoque sa mère, l’actrice Dominique Laffin (3 juin 1952 – 12 juin 1985). Un visage pour la mère : Eva Yelmani, la rencontre qui change le film Un moment de cinéma pur, raconté comme un fait de vie : la rencontre avec Eva Yelmani, qui incarne Dominique Laffin à l’écran. Romane Bohringer explique l’avoir croisée dans la rue, « envoyée comme un miracle ». Et ce hasard vient déplacer la mise en scène : l’actrice ressemble fortement à la mère de la réalisatrice, alors même que celle-ci ne projetait pas de la faire apparaître frontalement. Beaucoup de spectateurs ont ressenti comme nous un effet de superposition : deux mères qui finissent par n’en former qu’une dans la perception. Ce n’était pas une intention théorique au départ, plutôt une conséquence organique du casting et du tournage. Dans ce genre de film, insiste-t-elle, tout ne se décide pas sur le papier : certaines évidences s’imposent. La scène du bar : diriger une enfant, protéger un plateau L’entretien s’arrête longuement sur une séquence que Romane Bohringer qualifie de centrale : « la scène du bar ». Elle y concentre le rapport d’un enfant à l’alcool d’un parent, avec ce que cela implique de honte, d’insécurité, de peur. La difficulté, raconte-t-elle, tient aussi au fait qu’elle dirige, pour la première fois, une enfant sur une scène chargée. Elle insiste sur la préparation, la concertation, le souci d’une sécurité affective sur le plateau, pour que le cinéma ne devienne jamais un dommage collatéral. « On était bien préparés… pour avoir ce dont on avait besoin sans que personne ne souffre. » — Romane Bohringer Être mère, être fille, être réalisatrice : un puzzle qui se referme Interrogée par Patrice Caillet sur l’idée d’enquête et de puzzle dans le film, Romane Bohringer répond par une nuance importante : le film procure un sentiment d’accomplissement « sur ce sujet-là », sans effacer les fragilités. Elle parle d’un « objet de filiation » laissé à ses enfants, une trace qui raconte d’où ils viennent. Elle évoque aussi la joie de « l’emmener partout » : faire exister sa mère dans un geste de cinéma, donner une place à un appétit de création repéré dans des cahiers, et rappeler que la littérature et le cinéma possèdent cette puissance rare : rendre visibles des vies que l’histoire a tendance à réduire. Et maintenant : quitter l’autofiction, oser la fiction La fin de l’échange ouvre une porte sur la suite. Après L’Amour flou (2018) et Dites-lui que je l’aime, deux films nourris par l’expérience personnelle, Romane Bohringer dit vouloir se confronter à la fiction. Pas par rejet de l’intime, mais par désir d’élargir son terrain de jeu et d’accepter une légitimité : raconter une histoire qu’elle n’a pas vécue. « Il faut que j’apprenne… que j’ai le droit de raconter l’histoire de quelqu’un d’autre. » — Romane Bohringer Infos pratiques Titre : Dites-lui que je l’aime Sortie en salles (France) : 3 décembre 2025 Durée : 1h32 (92 minutes) Réalisation : Romane Bohringer Distribution France : ARP Sélection Production : Escazal Films Source littéraire : Dites-lui que je l’aime, Clémentine Autain, Éditions Grasset, 6 mars 2019 Pour aller plus loin Le titre Dites-lui que je l’aime résonne aussi avec un autre film, celui de Claude Miller (1977) avec.. Dominique Laffin , adaptation du roman Ce mal étrange de Patricia Highsmith. Sources Fiche film (distributeur) — ARP Sélection Fiche officielle — Festival de Cannes (Séances spéciales) <a href="https://www.unifrance.org/film/59361/dites-lui-que-je-l-aime" rel="noopener noreferrer" ta...

« C’est quasiment une comédie romantique », résume le réalisateur Anthony Marciano au micro de Patrice Caillet sur La Radio du Cinéma, en parlant du film Le rêve américain, au cinéma le 18 février 2026. Il met en scène Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi dans la peau de Jérémy Medjana et Bouna Ndiaye, deux amis partis de rien, devenus des agents sportifs français au premier plan du basket tricolore: retour sur une interview qui raconte, à sa façon, comment on fabrique un rêve… sans tricher avec l’histoire. « Personne n’y croyait » : le scénario comme jeu de piste Dans l’interview, Anthony Marciano décrit une fabrication “par paliers” : écrire sans accès direct aux personnes réelles, convaincre des acteurs, puis seulement réussir à rencontrer les intéressés. Le cinéaste parle d’un parcours étape par étape, où le scénario circule, se transmet, se défend. Sur le papier, l’histoire a tout d’un récit à obstacles : deux Français partent de très loin, apprennent les codes, essuient des refus, et finissent par se faire une place dans un univers réputé imprenable. La presse sportive rappelle d’ailleurs le caractère hors-norme de cette ascension, devenue matière à cinéma via un article de la FFBB (11 février 2026) et un grand récit de L’Équipe (12 février 2026). Quand le film refuse le manuel du buddy movie Le passage le plus révélateur de l’échange tient en une décision d’écriture : Anthony Marciano explique avoir refusé d’ajouter une scène de dispute, pourtant fréquente dans les “buddy movies”. Motif : elle ne correspondait ni à ce qu’il percevait dans les archives vidéo, ni à ce que lui ont confirmé les vrais Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana lors de leur rencontre. Il évoque même, dans l’interview, des trahisons et des sommes dues de 1.000.000 de dollars sans poursuites, comme signe d’un état d’esprit tourné vers “le suivant”, jamais vers le règlement de comptes. À l’écouter, le cœur du film tient dans la fidélité à l’élan commun — “tout est vrai” dit-il au micro de La Radio du Cinéma. Amour, famille, entourage : une réussite qui se construit à plusieurs Interrogé par Patrice Caillet sur la place des proches, Raphaël Quenard insiste sur une dimension chorale : les compagnes, les enfants, les mères. Il parle d’un “soutien inconditionnel” et d’une énergie qui circule, se partage, se relaye, quand l’un doute et que l’autre tient la barre. C’est aussi une façon d’offrir une clé de lecture simple : Le rêve américain raconte la persévérance, oui, mais pas en solitaire. Le film rappelle que les trajectoires spectaculaires ont souvent des coulisses : des coups de fil, des concessions, des soirs de désespoir… et des gens qui continuent d’y croire même quand la journée, le mois, les années ont été rudes. Le basket, l’étincelle : filmer une rencontre comme une naissance Dans l’interview, Raphaël Quenard revient sur une idée de mise en scène : reproduire à l’écran la rencontre sur un terrain de basket à Menton, telle qu’elle est racontée. Il insiste sur la nécessité de créer “cinématographiquement une alchimie”, une sensation de première fois, comme si le film captait l’instant où une amitié prend forme. Le défi, raconte Anthony Marciano, se concentre sur cette scène de rencontre, car Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi partagent déjà une complicité visible. Ensuite, le film bascule dans une fraternité installée depuis le film Coupez! de Michel Hazanavicius en 2022. Un réalisateur précis, des acteurs “sur la retenue” Quand l’équipe évoque le tournage, Raphaël Quenard décrit Anthony Marciano comme très pointilleux, avec une précision d’horloger, et une méthode qui canalise les envies d’improvisation. Le réalisateur répond en revendiquant une priorité : l’histoire, travaillée, lue, retouchée, répétée. Résultat annoncé : des interprétations moins démonstratives, plus contenues, “au service du personnage”. Anthony Marciano dit vouloir éviter que les comédiens “sortent du personnage”, tout en gardant la porte ouverte aux trouvailles utiles, intégrées au texte quand elles renforcent le récit. La morale du film : rêver ne suffit pas Dans les dernières minutes, l’échange bascule vers le “après la séance”. Raphaël Quenard souhaite un déclic : s’autoriser à rêver, malgré les voix qui réduisent, découragent, ou déforment les désirs. Il insiste sur la sincérité : elle finit par dépasser la maladresse. Anthony Marciano complète avec une idée très concrète : “avoir un plan et travailler”. Il cite une routine de travail montrée dans le film : se lever à 05h00 pendant 10 ans pour “gagner 2 h” sur les autres. Et pour le cinéma, son conseil se résume à une injonction simple : écrire des histoires, ne pas attendre qu’elles arrivent “d’ailleurs”. Infos pratiques : date de sortie, durée, sources Titre : Le rêve américain Réalisation / scénario : Anthony Marciano (fiche Gaumont) Avec : Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi (fiche Gaumont ;IMDb) Sortie en France : 18 février 2026 Durée : 122 minutes Contexte : film inspiré de l’histoire de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, racontée aussi par la presse sportive (FFBB, L’Équipe) Photographies: Amandine Bacconnier Anthony Marciano , Raphaël Quenard , Patrice Caillet Le rêve américain, Anthony Marciano, Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi, Bouna Ndiaye, Jérémy Medjana, comédie biographique, basket, NBA, agents sportifs, Gaumont, Quad Films