
Archéologie, histoire, arts, quatre expositions de l'été
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Xavier Mauduit
Transculture, le cours de l'histoire. Xavier Mauduit.
Host/Interviewer
archéologie, histoire, art, quatre expositions pour l'été, la plage, aller randonner, les apéros entre amis, les lectures, les festivals aussi et bien sûr visites, découvertes, c'est ça les vacances, l'occasion de constater le foisonnement culturel. Partout en France, dans les villes, dans les villages, menés par les institutions mais aussi par les initiatives privées, c'est le grand plaisir, vous savez, d'acheter le journal du coin, de regarder, tiens, qu'est-ce qu'on pourrait aller voir et d'être surpris, charmé, enchanté quand les ministres de la culture, de leur côté, sont parfois un tantinet blanc. Comment allez-vous? Bonjour. Bonjour, monsieur le ministre. Bonjour, monsieur le ministre. Ça va? Bonjour.
Xavier Mauduit
Ça va, François?
Host/Interviewer
Je reviens à l'Avignon, je suis un peu...
Jean-Yves Baudouy
Je comprends pas, Sabine. C'est 350 photos de sexes différents?
Host/Interviewer
Ou c'est la même pine photographiée 350 fois?
Gilbert Bocanowski
C'est magnifique.
Clémy Mauduit
J'aime énormément celui-là.
Xavier Mauduit
Le tout petit?
Clémy Mauduit
J'en suis folle. Tu es bizarre, Sarah.
Host/Interviewer
Alors, je vous demande simplement de me
Laure Barthez
dire si c'était dans cette salle qu'étaient les Kandaskis.
Host/Interviewer
Vous me répondez franchement, on a été obligés de remplacer les Kandaskis pour exposer
Laure Barthez
une série de Braque-Mars et on n'en parle plus.
Xavier Mauduit
Pourquoi pas aller moi je rentre chez moi.
Narrator/Voice-over
Madame.
Jean-Yves Baudouy
D'autant que je ne vous en voudrais
Xavier Mauduit
pas parce que j'aime assez tous ces portraits.
Host/Interviewer
Ben sans faute, là on est... Loin devant.
Clémy Mauduit
Bonjour Clémy Mauduit.
Host/Interviewer
Vous êtes conservatrice générale du patrimoine, responsable scientifique des collections du néolithique et de l'âge de bronze au musée d'archéologie nationale, c'est à Saint-Germain-en-Laye. Ce plaisir que j'évoquais des expositions l'été, j'imagine que vous le connaissez aussi parce que c'est ça, c'est l'occasion de découvrir des choses que l'on n'allait pas vraiment chercher parfois.
Clémy Mauduit
Oui bien sûr, moi-même je visite des expositions, ça m'arrive souvent.
Host/Interviewer
Oui, c'est ce grand plaisir-là à Saint-Germain-en-Laye. Quelle est l'exposition proposée?
Clémy Mauduit
Alors nous proposons une grande exposition consacrée à une période assez méconnue de notre histoire malheureusement qui est donc l'âge du bronze. L'âge du bronze en France précisément.
Host/Interviewer
Et en plus j'aime bien parce que dans le titre même de l'exposition il y a les dates histoire que l'on situe bien 2300-800 ans avant Jésus-Christ. Là nous sommes à Saint-Germain-en-Laye pas très loin de Paris bien sûr mais aujourd'hui nous allons aller jusqu'à Carpentras. Jean-Yves Baudouy bonjour.
Jean-Yves Baudouy
Bonjour Monsieur Baudouy.
Host/Interviewer
Baudoui, maudoui. On va faire attention à la diction. Dites-nous, quel est le musée qui porte l'exposition?
Jean-Yves Baudouy
C'est la Bibliothèque Musée Ingain Mertin à Carpentras, donc qui est une institution un peu atypique, qui est à la fois bibliothèque et musée. Une bibliothèque avec des fonds patrimoniaux d'intérêt national. La bibliothèque est classée et la collection muséale est aussi d'intérêt national puisqu'elle a reçu l'appellation Musée de France.
Host/Interviewer
Et puis nous irons du côté de la Normandie aussi à Vilkier. Caroline Dorion-Perronnet, bonjour.
Laure Barthez
Bonjour.
Host/Interviewer
À Vilkier, nous allons croiser Victor Hugo, mais pas seulement lui.
Xavier Mauduit
Exactement, à Villequier, il y a la Maison Vacquerie, Musée Victor Hugo et on a une exposition sur Léopoldine.
Host/Interviewer
et avec aussi Toulouse qui sera évoqué, le musée Saint-Raymond. C'est l'histoire de traverser la France et je m'excuse auparavant auprès de toutes celles, tous ceux qui portent des expositions, sachant qu'il y en a plein. Mais l'objectif aujourd'hui, c'est vraiment de donner ce goût, cette envie d'exposer les expositions. Dites-nous, Rolande, Simon Millaud, toujours dans ce système d'expositions, il y a les collections permanentes qu'on peut aller voir et l'exposition en parallèle. Ça se construit souvent ainsi et les deux vont de pair d'ailleurs.
Clémy Mauduit
Mais bien sûr, nos salles de l'âge du bronze sont ouvertes, on peut les visiter en parallèle de la grande exposition sur l'âge du bronze, mais nos salles sur l'âge du fer également sont visibles. Malheureusement, actuellement au musée, la préhistoire et la période gallo-romaine sont fermées pour cause de travaux, car nous sommes en pleine rénovation.
Host/Interviewer
D'accord, donc le musée est en rénovation, mais on peut voir quand même des choses, des collections permanentes, et on peut voir cette exposition consacrée au maître du feu, c'est le titre, l'âge du bronze en France. Pourquoi je me suis intéressé à la poêle à frire? Parce que je m'intéresse à l'ethnographie culinaire. Et ce qui m'a frappé, c'est que cet ustensile de cuisine en apparence trivial apparaît comme ayant une importance culturelle en France et ailleurs.
Ethnologist/Chaudronnier
Je suis chaudronnier, tout au moins j'ai une carrière de chaudronnier et actuellement je fais des études d'ethnologie. pour rechercher l'histoire des techniques et la diffusion des techniques à travers les différentes civilisations. C'est pour ça que je m'intéresse particulièrement à la fabrication des poêles à frire et à l'histoire des poêles à frire et que j'en fabrique moi-même. Bien sûr, il faut attendre l'apparition du feu pour voir les premières fritures. Il faut attendre l'arrivée de la métallurgie et en particulier celle du cuivre pour voir les premiers chaudrons et les premiers instruments de cuivre. se dessiner dans différents horizons, c'est-à-dire dans le bassin du Caucase et dans le bassin de Mésopotamie.
Host/Interviewer
Nous sommes passés par une archive de France Culture en 1975 sur l'histoire de la poêle à frire. C'est peu probable, mais ça existe, avec au Musée de l'archéologie nationale, Musée d'archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, une exposition sur l'âge du bronze. D'ailleurs, qu'est-ce que l'âge du bronze? Moi, je vous posais deux questions, c'est qu'est-ce que l'âge du bronze et qu'est-ce que le bronze? Donc l'âge du bronze, c'est quoi? Ça succède à quoi?
Clémy Mauduit
Alors, l'âge du bronze, ça succéderait assez naturellement à l'âge du cuivre, sauf qu'en France, on n'a pas vraiment d'âge du cuivre. On a effectivement un début de métallurgie du cuivre à partir de la fin du quatrième millénaire, mais ce n'est pas suffisant pour qu'on puisse avoir l'appellation âge chalcolithique ou âge du cuivre, qui existe par ailleurs au Moyen-Orient.
Host/Interviewer
Et le bronze, qu'est-ce?
Clémy Mauduit
Le bronze, c'est un alliage d'étain et de cuivre. Il faut d'abord maîtriser la métallurgie du cuivre avant de passer à autre chose, à un espèce de sursaut technique qui est l'alliage. En l'occurrence, le bronze est un alliage d'étain et de cuivre.
Host/Interviewer
Qu'est-ce que ça a changé dans notre longue histoire humaine?
Clémy Mauduit
Alors, ça change beaucoup de choses. Vous le savez bien, l'histoire c'est un petit peu de la géographie. C'est aussi une question des ressources. On n'a pas le même cours de l'histoire en fonction des ressources que l'on a sur notre territoire. Et l'âge du bronze nécessite d'avoir du cuivre et de l'étain. Or, ce sont deux métaux qui ne se trouvent pas au même endroit. Les gisements d'étain sont particulièrement rares. Or, l'étain, c'est indispensable pour faire du bon cuivre, pour faire du bon bronze, un métal qui est beaucoup plus dur, plus résistant et plus beau aussi que le cuivre tout seul. Il faut de l'étain. Or, l'étain, c'est rare. Et l'étain, on en trouve notamment dans ce qu'on appelait autrefois les îles Cassiterite, en Angleterre, en Bretagne. en Cournoye, dans des secteurs qui sont quand même très localisés et qui nécessitent de ménager des échanges très importants, maritimes, terrestres, qui font que tout ce métal circule pour faire ce beau matériau qui est le bronze.
Host/Interviewer
Qu'est-ce que vous avez à montrer sur cet âge du bronze? C'est toujours la grande difficulté aussi de montrer des choses et de les rendre compréhensibles. Qu'est-ce qu'il y a à montrer?
Clémy Mauduit
Alors, déjà, pourquoi faire cette exposition maintenant? Je pense que c'était important et avec qui? Cette exposition, on l'a fait avec l'INRAP, l'Institut National de Recherche Arcologique Préventive, et avec l'APRAP, l'Association pour la Promotion des Recherches sur l'âge du bronze en France. Et si on fait une exposition maintenant sur l'âge du bronze, c'est parce qu'on a des choses à montrer. C'est parce qu'on a trouvé des choses sur le territoire national qui sont très intéressantes et qui permettent d'éclairer peut-être un petit peu différemment une période que l'on connaît mal et que l'on connaissait jusqu'à présent quasiment exclusivement à partir des beaux objets, mais des beaux objets qui ne disaient pas grand-chose en fait.
Host/Interviewer
Oui, voilà, maintenant il faut faire dire des choses à ces objets trouvés ici et là. Et vous avez évoqué l'INRAP, l'Institut National de Recherche Acréologique Préventive. Ce sont ceux que l'on appelle, dès qu'il y a un chantier, pour dire, oh, regardons avant de creuser, de tout détruire s'il n'y a pas quelque chose ici. Et c'est un bien précieux. Et la France dispose de l'INRAP, ce que le monde entier, le monde scientifique, nous envie partout dans le monde. Non, mais ça a profondément enrichi notre connaissance de notre histoire. Et pas seulement notre histoire ancienne d'ailleurs, ça traverse les siècles.
Clémy Mauduit
Mais c'est particulièrement vrai pour ces périodes qui laissent peu de traces, comme le Néolithique ou l'Âge du Bronze, pour lesquelles les vestiges sont très difficiles à lire. On n'a pas de grands monuments, on n'a pas de temples, on n'a pas de grandes cités urbaines comme en Mésopotamie ou en Égypte. qui, à l'âge du bronze, ont donc connu ces grands phénomènes urbains. Nous, on a essentiellement des petits villages, des petites maisons, des espaces qui sont difficiles à lire autrement qu'à travers l'archéologie préventive. Pour nous, c'est extrêmement précieux. Et depuis 30 ans, ça a quand même révolutionné notre approche de cette grande période.
Host/Interviewer
Alors qu'est-ce que vous montrez?
Laure Barthez
Alors qu'est-ce qu'on montre?
Clémy Mauduit
Alors on montre des beaux objets, je
Host/Interviewer
vous rassure quand même!
Clémy Mauduit
On montre même des très très beaux objets, des pièces qui sont absolument époustouflantes et je pense qu'il est difficile de mesurer à quel point les bronziers de l'âge du bronze étaient doués, étaient talentueux, c'étaient de grands techniciens. Et nous avons donc eu notre journée de l'archéologie préventive au musée ce week-end et on avait fait venir des fondeurs de la fonderie Coubertin. qui sont donc des grands bronziers d'aujourd'hui, qui pratiquent le bronze d'excellence. Ils ont tous été époustouflés par les objets qu'on leur a présentés et on leur a lancé des défis. On a essayé de refaire des pièces telles qu'on pouvait les voir à l'âge du bronze dans nos salles aujourd'hui avec des méthodes qui devaient s'approcher des méthodes de l'époque. Et bien c'est très très compliqué en fait. Réaliser une cuirasse de l'âge du bronze avec les méthodes des bronziers de l'âge du bronze, c'est très très difficile. On va présenter par exemple un certain nombre d'épées. Réaliser une belle épée en bronze, c'est difficile. Parce que le bronze, c'est une matière qui va se fondre. et après que l'on va écrouillir pour la durcir. Mais la fonte même du bronze, il faut obtenir 1100 degrés pour fondre notre nôté peint bronze. Et puis il faut réussir à la couler sans avoir trop de bulles d'air, ce qui est très compliqué. Et puis après, il faut l'écrouillir de manière à ce qu'elle soit suffisamment dure pour être utilisable. Et ça aussi, c'est une autre difficulté.
Host/Interviewer
C'est un moment particulier d'ailleurs, celui d'une exposition où vous évoquez ici ce qui s'apparente à de l'archéologie expérimentale, c'est retrouver ces gestes du passé. Une exposition, ce n'est pas simplement la volonté de montrer des choses. Et pourquoi pas d'ajouter des éléments de transmission, parce que j'ai envie de dire que c'est la base même de votre travail. Mais c'est aussi réfléchir à ce sujet particulier, en l'occurrence ici c'est l'âge du bronze.
Clémy Mauduit
Et comme c'est une période qui est très peu connue, enfin si je vous interroge sur l'âge du Bronze, surtout en France, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup d'images qui vous viennent à l'esprit comme ça. On n'a pas d'Astaïx, on n'a pas de Rahan, on n'a pas de... C'est pas une période populaire. Donc il a fallu que pour transmettre cette idée-là, que l'on soit très pédagogue. Donc ça on a essayé avec mes commissaires Cyril Marcini, Rebecca Pic et Stéphane Wirth, de travailler sur cette pédagogie, de choisir des thématiques qui soient immédiatement compréhensibles par le public. C'était compliqué parce qu'il a fallu qu'on tranche quand même. Et puis on a essayé d'apporter des images. Donc on a travaillé avec un un grand dessinateur d'archéologie qui s'appelle Pierre-Yves Vidalier. Pierre-Yves Vidalier nous a donné des images de ces bronziers, de ces femmes de l'âge du bronze aussi, qui travaillaient, qui vivaient, pour réussir à incarner un peu cet âge du bronze qui, sinon, paraissait un peu conceptuel.
Host/Interviewer
Oui voilà, conceptuel. Et à l'inverse, si nous allons faire un petit tour à Vilquier avec Léopoldine et Victor Hugo, là nous avons des personnages très connus et justement la démarche c'est d'aller au-delà du cliché et simplement de cette image un peu figée que nous pouvons avoir de ce grand auteur et de sa fille.
Xavier Mauduit
Oui, effectivement. Cet été, on monte une exposition qui s'appelle « Aime celui qui t'aime » autour de Léopoldine Hugo puisque Léopoldine Hugo est née en 2024, le 28 août 2024, de 1884. Donc ça fait 200 ans. qu'elle est née. Et donc l'idée c'était vraiment de valoriser ce personnage-là, puisque c'est un personnage qui est extrêmement lié à la Maison Vacry et au musée Victor Hugo. Et l'idée c'est qu'on a fait intervenir un scénographe qui s'appelle Jean Haute, qui est un scénographe, architecte d'intérieur, décorateur, puisque bon, on est dans une maison bourgeoise du XIXe siècle, en bord de Seine, une des plus belles boucles de la Seine, magnifique. Et l'idée de cette intervention, c'était justement d'essayer de faire revivre cette maison en apportant le regard d'un décorateur, d'un scénographe qui voulait faire revivre cette maison, entre guillemets, et les gens qui ont habité cette maison, Léopoldine, la famille Vacry, qui est moins connue que la famille Hugo, L'idée c'était vraiment de faire une exposition qui soit sensible, aussi immersive. On a des très beaux objets patrimoniaux avec un fort pouvoir émotionnel. Par exemple, on a bénéficié des prêts exceptionnels de la Maison Victor Hugo à Paris, ils nous ont prêté notamment sa couronne de mariée et également la robe dans laquelle Léopoldine s'est noyée. Donc c'est des éléments patrimoniaux qui ont un pouvoir émotionnel extrêmement fort. Et l'idée c'était vraiment d'essayer de valoriser cette émotion-là et de faire ressentir la vie dans cette maison et aussi le deuil, puisqu'il y a aussi
Host/Interviewer
cette période-là. avec toujours, au moment d'évoquer Léopoldine, c'est vrai qu'il y a une émotion obligatoire et
Christian Gonon
un poème. Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres, et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux, maintenant que je suis sous les branches des arbres et que je puis songer à la beauté des cieux, Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure, je sors, pâle et vainqueur, et que je sens la paix de la grande nature qui m'entre dans le cœur. Maintenant que je puis, assis au bord des ondes, ému par ce superbe et tranquille horizon, examiner en moi les vérités profondes et regarder les fleurs qui sont dans le gazon, maintenant, Ô mon Dieu, que j'aie ce calme sombre De pouvoir désormais voir de mes yeux la pierre Où je sais que dans l'ombre elle dort pour jamais! Maintenant qu'attendrie par ces divins spectacles, Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuves argentés, Voyant ma petitesse et voyant vos miracles, Je reprends ma raison devant l'immensité Je viens à vous, Seigneur, Père auquel il faut croire. Je vous porte apaiser les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire que vous
Host/Interviewer
avez brisé. Christian Gonon qui nous lisait Abiltier de Victor Hugo. Dans cette histoire-là, il y a Victor Hugo, on ne va pas le présenter, sa fille Léopoldine qui a épousé Charles Vacry. Donc d'où cette histoire et cette deuxième famille. Caroline Dorion Perronet, vous êtes conservatrice en chef du patrimoine, chargée de mission scientifique pour les musées de la Seine-Maritime et commissaire de L'exposition aime celui qui t'aime, Léopold Inugo-Avidier. Il y a de l'émotion, je le dis, et demain dès l'aube, à l'heure où blanchir la campagne, je partirai, où es-tu? Je sais que tu m'attends. C'est sûr que ça fait partie des incontournables de notre littérature. C'est aussi mettre des personnages, des gens qui ont existé dans
Xavier Mauduit
cette histoire-là. Oui, effectivement, l'idée c'est d'incarner tout ce poème-là en particulier qu'on connaît très bien et d'autres poèmes de Victor Hugo. Là, on a entendu Avilquier, c'est aussi un très beau poème, donc ça fait partie des ensembles publiés dans les Contemplations de Victor Hugo, donc publiés en 1856. La mort de Léopoldine, Avilquier, le 4 septembre 1843 a vraiment marqué une scission dans l'œuvre de Victor Hugo. Il a arrêté d'écrire. Il s'est plutôt mis à gribouiller, c'est-à-dire à faire ses dessins. Il ne s'est remis à écrire qu'en 46 et il n'est revenu à Wilkier qu'en 46, donc trois ans après le décès de sa fille. Il a été extrêmement productif dans la deuxième partie de l'année 1846, justement, d'un ensemble de poèmes qui sera réuni et publié dans les Contemplations. en 1956. C'est ce recueil de poèmes qui a été édité, comme souvent avec Victor Hugo, en français pour la France et pour l'Europe à Bruxelles. Les 3000 exemplaires sont partis en 24 heures. Victor Hugo a toujours eu un succès d'édition. Et ce recueil-là est extrêmement fort dans l'œuvre de
Host/Interviewer
Victor Hugo. Oui, avec ce drame de 1843, c'est un naufrage. Ils sont sur leur petit bateau sur la Seine et le bateau
Xavier Mauduit
se renverse. C'est ça. En fait, l'historiographie a dit que c'était ce qu'on appelle le mascaret, qui est une grande vague qui remontait la Seine au moment des marées, qui avait renversé le bateau. Alors, c'est très beau. C'est très romantique, on va dire, mais en vérité c'est juste un coup de vent qui a déstabilisé le canot qui était mal lesté. C'était un canot neuf qui avait été mal lesté et c'est plus une erreur, on va dire, un accident, qu'un geste monumental de la nature avec ce mascaré qui remonte la scène. Et donc dans ce drame, on perd Léopoldine Hugo, son mari Charles Vacry. Et deux parents de la famille Vacry, Pierre Vacry qui était l'oncle de Charles Hugo et son fils de 11 ans, Artus, également mort pendant
Host/Interviewer
ce drame. Et là, nous sommes dans une maison parce qu'il y a plein de lectures différentes dans les expositions. Il y a les objets exposés et il y a le lieu. Ça, ça vaut pour tout le monde. Ça vaut pour les musées que l'on va évoquer aujourd'hui, que ce soit à Carpentras, que ce soit à Saint-Germain-en-Laye. Le lieu lui-même mérite la visite. Donc là, on va avoir l'exposition consacrée à Léopoldine Hugo, mais dans le lieu lui-même qui mérite
Xavier Mauduit
d'être visité. Ce qui est exceptionnel dans l'exposition qu'on montre cette année, c'est que l'exposition temporaire va prendre la totalité des espaces. C'est une grande maison bourgeoise, mais un petit musée, puisqu'il y a 300 m² d'exposition. L'exposition temporaire autour de Léopoldine va vraiment se développer dans la totalité des salles d'exposition permanentes du musée. Ce que vous voyez normalement dans la maison, c'est-à-dire ce qu'il raconte L'histoire de la famille Vacri, Victor Hugo, Léopoldine et Charles, la rencontre de Léopoldine et de Charles, tout ça est remis en scène dans cette exposition autour de Léopoldine. On a dû d'ailleurs fermer le musée 15 jours pour pouvoir réaménager la totalité des espaces
Host/Interviewer
du musée. Et puis qu'est-ce qu'on y voit aussi? Vous l'avez dit, il y a j'imagine ces dessins de Victor Hugo, quelques éléments liés à Léopoldine, cette couronne de mariage,
Xavier Mauduit
la robe. On va avoir des manuscrits aussi, le titre de l'exposition « Aime celui qui t'aime », c'est un texte écrit par Victor Hugo le jour du mariage de Léopoldine, donc c'est extrêmement important, surtout quand on sait les... difficulté qu'a eu Victor Hugo pour accepter le mariage de sa fille chérie avec un bourgeois de province, même pas lettré. Autant le frère de Charles Vacry était lettré, autant Charles était plus un sportif, un homme de terrain, on va dire. Et donc on a cette correspondance de négociation pour le mariage de Léopoldine avec Charles Vacry. Et c'est vrai que Cette difficulté-là de Victor Hugo a accepté. Le mariage s'est fait le 15 février à Paris. Et pendant le mariage, il écrit ce poème « Aime celui qui t'aime, sois heureuse en lui ». Et c'est important de valoriser ce poème parce que c'est vraiment le moment heureux de la vie de Léopoldine et de Charles. Six mois après, c'est le drame et ils sont noyés en scène. Et donc, c'était important pour nous de marquer aussi ce moment-là heureux. Et le fait que ce poème-là, que Victor Hugo a écrit pour sa fille pendant la cérémonie, c'est un poème de consentement et c'est un très beau poème écrit à sa fille. Et il se trouve qu'on a un manuscrit de ce poème. Donc, il a été publié dans les Contemplations. Les manuscrits des Contemplations sont à la BNF, mais au musée Victor Hugo, on a Une lettre de Victor Hugo qu'il écrit à sa fille le 16 février où il y a ce poème « Aime celui qui t'aime ». C'est écrit à Léopoldine Hugo Vacry qui résidait au Havre à ce moment-là. Et il y a une petite variante dans notre manuscrit, c'est qu'au lieu de dire « sa fille bénie », il parle de « sa fille chérie ». Donc il s'adresse vraiment à sa fille dans ce poème-là et on avait aussi envie de
Host/Interviewer
mettre ce manuscrit-là en valeur qui fait partie des collections du musée. C'est ce qu'on évoquait il y a quelques minutes. Une exposition, c'est aussi l'occasion de faire un travail scientifique autour de tous ces documents, de les ressortir, de montrer ce qui était caché aussi, ce qui reste dans les réserves. C'est bien parce que nous, en tant que visiteurs, on
Narrator/Voice-over
aime bien découvrir les choses aussi. On va en parler. Direction Toulouse. Toulouse, ville espagnole avec la sévérité de ses palais. Toulouse, ville italienne avec ses toits de tuiles calcinées. Toulouse, ville orientale, avec ses clochers qui se dressent dans le ciel comme des minarets. Toulouse, berceau de l'art roman. C'est dans cette région, en effet, que sont nées les premières apsides et les premiers tympans, les portails et les triforiums dans toute la perfection de leur forme circulaire. De toutes ces églises, voici la plus vénérable, Saint-Cernain, qui, malgré les transformations qu'elle a subies, conserve son mystère et sa majesté, dans l'obscurité du sanctuaire brille toujours l'or des lampes. Et l'ins, que reste-t-il de tous ces édifices religieux qui faisaient, il y a deux siècles, la gloire de Toulouse? L'église des Carmes a été rasée pour céder la place à un marché, et voici l'église des Cordelvilles. Transformé en parc à fourrage à la Révolution, le bâtiment prit feu en 1872. Hasard ou malveillance, nul ne le sait. Une chose est sûre, même un sandier, cette église aurait pu être
Host/Interviewer
conservée. On préféra la battre comme à Paris, le palais
Laure Barthez
des
Host/Interviewer
Tuileries. Toulouse, chef-d'oeuvre en péril, l'émission de 1968. Laure Barthez, bonjour. Bonjour. Vous êtes directrice du musée Saint-Raymond à Toulouse et commissaire de l'exposition Sortie de boîte, trésor de réserve qui se tient justement au musée archéologique. Et on peut le souligner, en tout cas je tiens à le faire, ce travail remarquable du musée Saint-Raymond à Toulouse pour communiquer avec tellement d'humour. Sortie de boîte, j'aime
Laure Barthez
beaucoup par exemple. Ça veut dire quoi sortie de boîte chez vous? Vous avez raison, cela fait quelques années qu'avec mes collègues nous essayons de développer une ligne un petit peu humoristique. Comme l'expliquait Roland-Simon Millaud à propos de l'âge du bronze, bien modestement on essaie également de rendre l'archéologie qui peut paraître parfois un peu âpre plus accessible et nous avons pris le biais de l'humour et donc sortie de boîte tout simplement. C'est un voyage dans nos collections qui sont immenses en réalité par rapport à la taille du bâtiment qui est petit, qui ne permet pas de tout exposer. Et donc on vous entraîne de l'âge du bronze à l'époque moderne en passant par Toulouse bien
Host/Interviewer
sûr, mais aussi l'Italie pré-romaine, l'Egypte antique et même le Caucase
Laure Barthez
russe. Avec des objets, des œuvres venues des réserves, c'est bien cela? C'était vraiment le but de cette exposition. Tous les deux ans, nous produisons des expositions avec une problématique scientifique assez ambitieuse. Et donc avec des prêts externes, français et même étrangers, nous sortons d'une grande exposition qui s'est intitulée Qatar entre guillemets Toulouse dans la croisade. Et donc, en préparant une prochaine grande exposition, on s'est dit qu'il était temps de donner à voir à nouveau quand même les richesses internes du musée Saint-Raymond, puisque c'est un musée qui s'est constitué, assez classiquement d'ailleurs, avec deux catégories de collections, deux fonds, des collections d'archéologie ancienne, issues d'anciens antiquaires, archéologues, collectionneurs, qui ont vendu ou légué leurs biens à la ville de Toulouse. Et puis, ça c'est très important, c'est le cœur battant du musée Saint-Raymond aujourd'hui, les collections issues de l'archéologie récente, issues à la fois des sous-sols toulousains, pensées au chantier du métro par exemple, mais aussi de la région au cas par cas. Et donc on essaye de montrer avec cette exposition ces deux jambes finalement, ces deux piliers
Host/Interviewer
sur lesquels s'appuie le musée d'archéologie de Toulouse qu'est le musée Saint-Raymond. Oui, parce que nous avons cité l'INRAP, l'Institut National de Recherche Archéologique Préventive, mais il y a aussi d'autres institutions qui portent la archéologie. Dans les municipalités, par exemple, il y a partout des archéologues et c'est tant mieux. Lord Barthez, faites-nous
Laure Barthez
rêver. Qu'est-ce que l'on peut voir dans cette exposition sortie de boîte? On a vraiment joué l'éclectisme, donc il faut un petit peu s'accrocher parce que c'est un grand écart, et même aussi pour nos médiateurs et nous conservateurs, il ne faut pas passer d'Hatshepsut, par exemple, dont on présente un portrait en granit, revenir chez les Mésapiens, c'est-à-dire dans le sud de l'Italie, avant l'extension de la République, puis de l'Empire romain, et puis petit clin d'œil, même gros clin d'œil à l'âge du bronze dans nos régions, en lien évidemment avec la programmation du musée d'archéologie nationale à ce titre. On a deux roues de chars processionnelles ou funéraires et donc une roue a été prêtée au musée d'archéologie nationale et on présente la seconde et ce sont des objets absolument extraordinaires. Et puis pour Toulouse, ce sont vraiment des objets qui moi me touchent énormément, qui témoignent de la vie dans notre cité. Alors là on a fait un focus sur la période médiévale, mais on vous présente des objets de parure, on vous présente des fragments de l'ancien château des Comtes de Toulouse, dont l'emplacement est longtemps resté mystérieux pour les Toulousains jusqu'à sa découverte au début des années 2000. Et puis on a aussi des collections du tout début du Moyen-Âge, cette période extraordinaire pour Toulouse où le règne d'Ego est fauché en plein vol par la conquête de
Host/Interviewer
Clovis. Donc vraiment c'est un voyage dans le temps et dans l'espace. Avec ici un voyage scientifique entre les différentes institutions. Rolande Simon-Millaud, le dialogue est constant toute l'année. Au moment d'imaginer une exposition pour vous au Musée d'archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye, c'est l'âge du bronze, vous êtes... On l'a dit, c'est un travail scientifique en relation
Clémy Mauduit
avec toutes les autres institutions, par exemple le musée Saint-Raymond à Toulouse. Bien sûr, je remercie ici Laure Barthez une fois de plus pour le magnifique prêt qu'elle nous a fait de cette très belle roue de fin qui est effectivement une roue en bronze, une roue à rayons qui permet d'exprimer de tous ces échanges terrestres et le travail qui est réalisé à l'âge du bronze pour permettre l'usage du cheval qui va tirer ses chars. Ce sont des roues qui sont extraordinaires et qui sont des chefs-d'œuvre de Fondry. Nous avons évidemment construit cette exposition avec d'autres institutions qui nous ont fait l'honneur et la grande joie de nous prêter leurs plus beaux ensembles, de façon à
Host/Interviewer
illustrer de la plus belle manière possible l'âge du bronze en France. Avec ici toujours cette difficulté de la médiation, Lord Barthez, à Toulouse, vous nous l'avez dit dans cette exposition sortie de boîte, il y a ce que l'on pourrait qualifier d'éclectisme. Il y a beaucoup de choses et nous traversons l'Égypte ancienne, nous traversons les périodes beaucoup plus proches de nous avec tant et tant d'objets qu'il faut relier les uns aux autres. Et c'est difficile de passer d'une momie de l'Égypte ancienne à des éléments,
Laure Barthez
je ne sais pas moi, mérovingiens. Comment ça s'imagine une telle exposition? Alors, vous avez entièrement raison. Une des difficultés que nous percevons, c'est que l'histoire au collège, au lycée, est souvent enseignée en blocs, c'est-à-dire, vous voyez, les Égyptiens, les Grecs, les Romains. Et donc finalement, on a l'impression de civilisations comme ça qui naissent et s'effondrent sans dialogue, sans superposition, sans chevauchement, alors qu'évidemment, l'archéologie montre bien que à certains moments de leur histoire, toutes ces civilisations non seulement échangent entre elles, commercent, évidemment parfois se font la guerre, et donc on a des influences artistiques, politiques, économiques, en permanence. Et vous parliez de la momie que nous présentons, Inimens Nebut, qui n'était pas n'importe qui, c'était la fille du portier d'amont, donc sur le temple qui était sur la rive droite du Nil à Thèbes, et bien cette momie est à peu près contemporaine des roues du char de Pha dont parlait Roland Simon Millot. L'âge du bronze, évidemment, n'a pas touché que l'Europe occidentale. On a l'âge du bronze, évidemment, en Égypte antique aussi. Donc, ce lien, il est fait par des outils assez classiques de la cartographie, un peu de chronologie, et puis par la maestria de nos médiateurs qui vont essayer précisément de donner ces clés d'entrée à nos visiteurs pour qu'eux-mêmes fassent le lien entre des notions qu'ils ont, qu'ils connaissent,
Host/Interviewer
mais qu'ils ne replacent pas forcément les unes par rapport aux autres. Roland Simon Millau, c'était un défi. Ce défi, il est gigantesque. Au moment d'aller visiter, éventuellement de demander à des plus jeunes, tu viens, tu vas voir, c'est formidable. La momie, ici, au musée de Toulouse, elle va être efficace. Ça, nous le savons bien. Comment rendre sensationnelle une roue de l'âge de bronze? Parce que vous, scientifique que vous êtes, évidemment, vous la voyez exceptionnelle. Mais l'idée, c'est justement
Clémy Mauduit
cette médiation, c'est de montrer à tout le monde qu'elle l'est vraiment. C'est une vraie difficulté. C'est là où l'incarnation, c'est là où le dessin, par exemple, peut être utile dans une exposition, montrer, montrer à voir. C'est là aussi où, je pense, la façon dont on va construire le parcours. On prend le visiteur par la main, c'est une promenade en fait, une exposition. On l'amène, on le fait suivre un discours et j'espère qu'à l'issue de l'exposition, le visiteur aura compris un peu ce qu'on a voulu lui montrer, lui expliquer. Et la roue de face, c'est un des éléments marquants de cette exposition, mais ce n'est pas le seul. Vous parliez tout à l'heure aussi de l'usage du lieu, la beauté du lieu, la façon dont l'exposition a été dessinée. C'est aussi très important pour nous. On fait partager un rêve aussi dans une exposition. Donc, il faut que le discours, le message, l'image se marient pour pour finalement donner à
Host/Interviewer
voir, donner à comprendre quelque chose qui fera sens auprès du public. Et le défi c'est aussi ne pas se laisser submerger par l'émotion. Ou en tout cas, ne pas faire un spectacle où derrière il n'y a pas de fond. Caroline Dorion-Péronnet pour l'exposition consacrée à Léopoldine Hugo. Donc c'est à Villequier. Qu'est-ce que l'on fait pour conserver l'émotion
Xavier Mauduit
mais sans faire une exposition spectacle où il y aurait trop d'émotions? On a des techniques de conservateurs, je dirais, donc on met des objets patrimoniaux vraiment en valeur, qui scénographiquement sont vraiment mis en valeur par rapport à d'autres objets qu'on va qualifier de décors, de façon à L'idée, c'est que quand les visiteurs rentreront dans une pièce, il y aura une émotion générale, une perception. Par exemple, on va rentrer dans le Grand Salon, c'est la salle à manger. Et là, il y a une table qui est dressée pour cinq personnes. Et donc, on va raconter cette histoire-là de pourquoi il y avait cinq personnes. Parce que, oui, tout le monde connaît le drame de Léopoldine, de Main des Laubes. Mais les gens oublient que, déjà c'est pas le mascaret qui a renversé la barque, mais qu'ils étaient quand même quatre dans ce canot et qu'il y a Léopoldine et Charles qui sont morts, mais il y a aussi des membres de la famille Vacré qui sont morts. Et l'idée c'est de réussir à lier à la fois cet effet scénographique et émotionnel avec des éléments de discours et d'histoire et
Host/Interviewer
de compréhension pour incarner justement ces personnages et l'humanité de ces personnages-là. Avec l'incarnation, c'est toujours très important parce qu'il n'y a pas d'histoire qui n'est pas incarnée. Et même que ce soit l'histoire des idées, il y a toujours des hommes, des femmes derrière cette idée-là, ces œuvres-là. Il y a toujours quelqu'un qui a construit ou qui a regardé. Et le voyage du cours de
Jean-Yves Baudouy
l'histoire aujourd'hui à travers ces expositions pour l'été nous conduit à Carpentras. Quand on arrive à Carpentras, on ne peut pas ne pas le voir. Qui ça, mais Monseigneur d'Engembert, un statut qui montre sa bibliothèque. J'ai dit bibliothèque, sa bibliothèque est le musée. Fonds musicals anciens, correspondance de l'humaniste païresque avec tout ce que la Renaissance comptait d'érudit en Europe et en Orient, évangéliaire grecque, bible vaudoise, objet de culte juif, Du
Host/Interviewer
rare et du bizarre, on trouve tout à Alain Gambertine de Carpentras. On trouve tout. Nous étions dans une présentation en 1990 de ce musée, cette bibliothèque musée. Jean-Yves Baudouy, vous êtes directeur de la bibliothèque
Jean-Yves Baudouy
musée Alain Gambertine à l'Hôtel Dieu de Carpentras. Déjà, présentez-nous le lieu. C'est quoi ce lieu Alors? déjà la bibliothèque à l'époque, enfin a évolué depuis cet enregistrement puisqu'elle a déménagé récemment à l'Hôtel Dieu, qui est une autre fondation de dengain vert, qui était un vaste palais pour les pauvres malades de Carpentras. L'hôpital a été en usage jusqu'à, il est du 18ème siècle, un très très beau palais classique. Classé dès 1862, c'est montré la qualité, à l'époque on ne s'intéresse pas trop à l'art classique et à l'architecture classique. Et donc voilà, on a transféré ce bibliothèque-musée dans ce palais, voilà. Comme l'a dit ce reportage, c'est une bibliothèque encyclopédique qui, au-delà de tous ces documents historiques, ajoute aussi des œuvres de l'art, des œuvres archéologiques, des objets ethnographiques, tout ce qui
Host/Interviewer
concourt. à l'éducation de l'onatome, comme on le concevait au XVIIIe siècle. Avec une bibliothèque, c'est vrai que le mot est très beau, bibliothèque, ça fait tout de suite rêver, on pense à des livres. Et puis après, vous arrivez avec votre catalogue de bibliothèques et vous
Jean-Yves Baudouy
calmez tout le monde. Qu'est-ce qu'on trouve comme ouvrage dans votre bibliothèque? Alors, on ne trouve pas tout, mais on trouve de tout, effectivement. Et le reportage le résume assez bien, effectivement. Donc, il y a un peu plus de 300 manuscrits médiévaux illuminés. C'est une collection assez conséquente. C'est l'équivalent de ce que conserve la ville de Marseille. Une petite ville comme Carpentras, c'est assez conséquent. des incunables. Et on a effectivement ce fonds Peresque, Nicolas-Claude Fabri de Peresque, qui est le dernier grand humaniste au dixième siècle, grand humaniste européen. Voilà, qui s'intéressait, c'était le samouraï universel et qui s'intéressait à tous les sujets, notamment archéologique. C'était un des ancêtres de l'égyptologie et de l'archéologie en général. et D'Agnanbert avait acheté les registres, ce qu'on appelle les registres Péresse, qui sont 120 registres. La moitié sont constitués des sujets d'études de Péresse, sur l'astronomie, la botanique, l'archéologie, etc. Et l'autre moitié, ce sont les minutes de sa correspondance, puisqu'il était en lien avec tout le monde éclairé occidental, mais aussi autour de la Méditerranée. Et donc c'est un fond en tout
Host/Interviewer
cas qui fait le point sur le savoir dans ce 1er-10e siècle. Ingembert, c'est cet
Jean-Yves Baudouy
évêque du XVIIIe siècle dont la statue est présente devant l'hôtel Dieu. Voilà, et d'Ingembert avait fait l'essentiel de sa carrière en Italie, dans l'entourage notamment d'un pape, Ecclément XII, le cardinal Lorenzo Corsini. Il est doté d'importantes charges honorifiques et rémunératrices. Il est fait abbé commandataire de Sito, de Montmajor, archevêque et une partie bouse de Théodosie. Et il a, au-delà de ses charges honorifiques, d'importants revenus. Et lorsqu'il est nommé au siège épiscopal de sa ville natale, à Carpentras, en 1735, il décide d'être évêque résident. Et il va venir, il va garder cette fortune, ses revenus, et il va souhaiter les mettre à disposition de ses concitoyens, en fondant à la fois cette bibliothèque, en l'ouvrant au public dès 1745. Il renforce ce caractère public puisqu'il lègue l'institution à sa mort en 1757. Il l'écrit dans son testament. Je lègue à mes concitoyens, diocésains et étrangers de quelques pays qu'ils puissent être, ma bibliothèque. Il va la décrire, voilà. Donc elle a
Host/Interviewer
un statut public dès 1757 et elle deviendra municipale après la Révolution. Lord Barthez, vous, c'est le musée Saint-Raymond à Toulouse. Les histoires de musée, on les oublie souvent, mais on a dit que Lors de la visite, il y a l'exposition temporaire, les collections permanentes, le lieu lui-même et le lieu lui-même à son histoire.
Laure Barthez
Et ça, c'est systématique. Et c'est aussi intéressant de transmettre cette histoire-là. Complètement, d'autant que pour un musée d'archéologie, ça fait sens de relier le bâtiment-écrin avec l'histoire même de la ville qui est exprimée par les objets que vous allez retrouver dans le parcours permanent. Le musée Saint-Raymond, en plus, il est très bien placé. Son emplacement est splendide. Vous êtes vraiment à deux pas de la basilique Saint-Cernain. On vous encourage à aller d'ailleurs admirer sa nouvelle rosace que l'on doit à l'artiste contemporain Otoniel. Vous avez le petit jardin du musée Saint-Raymond aussi qui vous permet de profiter d'un niveau de fraîcheur en ce moment c'est utile, donc dans l'hyper-centre de Toulouse. Et donc ce bâtiment en Saint-Raymond, ce qui est assez génial, c'est que c'est à la fois un musée de France au sens réglementaire, c'est un monument historique, mais c'est aussi un site archéologique. puisque dans notre sous-sol, vous pourrez voir des sarcophages, les vestiges d'un four à chaud qui date de la période visigothique notamment, mais qui illustre aussi le premier ou second grand chantier pour l'édification de la première ou seconde basilique Saint-Cernain, l'établissement pré-roman, si vous voulez. Et donc le lieu lui-même, en fait, est un morceau de l'histoire de Toulouse. Seul inconvénient, bien sûr, c'est que ce n'est pas un bâtiment qui a été conçu pour devenir un musée. Il a ouvert à la fin du XIXe siècle. Et bien sûr, les collections depuis se sont considérablement enrichies. Les usages se sont transformés.
Host/Interviewer
Et donc, c'est vrai qu'on est un peu à l'étroit malgré tout. Tous les quatre aujourd'hui, c'est pareil. Le musée d'archéologie nationale Saint-Germain-en-Laye, c'est le château de
Clémy Mauduit
Saint-Germain-en-Laye, ce n'était pas destiné à être un musée. On se débrouille. Exactement. En fait, ce musée qui a été voulu par Napoléon III en 1862 occupe un château royal. Le château quand même, où Louis XIV est né, ce n'est pas peu dire tout de même. C'est un très beau bâtiment qui a été très rénové, mais qui n'est absolument pas adapté à la conception d'un musée, même si depuis sa rénovation, il a quand même fait ses preuves. Maintenant,
Host/Interviewer
il est un tout petit peu à l'étroite. Lui-même est un peu... Très bien. C'est toujours un plaisir. C'est pareil avec Kier, vous nous l'avez dit. C'est une maison bourgeoise qui n'est pas destinée à devenir
Xavier Mauduit
un lieu d'exposition, un musée. Mais si, on le fait quand même. C'est ça, il y a des contraintes, les deux étages à monter, c'est compliqué de monter une exposition dont les réserves sont au deuxième et l'exposition au premier, ça demande beaucoup de manipulation et d'organisation, plus que dans un musée moderne où les passages sont construits pour pouvoir laisser passer des oeuvres monumentales. Moi, quand j'ai... Bon, alors, les fonds de la maison Victor Hugo, c'est beaucoup de fonds manuscrits, mais je peux avoir des grands formats. Et pour passer une porte qui fait entre 70 et 80 cm de large, ça peut être un peu compliqué. Et il y a trois marches par-ci, trois marches par-là, parce qu'il y a différentes ailes, donc des étages différents. C'est assez sportif, mais ça donne un charme, vraiment. Et le sujet de la maison étant Victor Hugo, la famille Vacri, la rencontre entre Charles et Léopoldine et le drame de Vilquier,
Host/Interviewer
cette maison donne aussi son charme à la présentation permanente du musée. Oui, ça convient bien, c'est vrai, à ce qui est exposé, avec dans la
Jean-Yves Baudouy
bibliothèque musée Ingrid Mertin à Carpentras, là aussi autant de défis, j'imagine. Ce sont aussi des atouts, il faut préciser, l'Hôtel-Dieu était un bâtiment public, mais c'est aussi un atout, ce sont des contraintes comme vous le dites, mais c'est aussi un atout
Host/Interviewer
dans l'expérience du public aussi, de découvrir un monument historique de qualité. Oui, voilà, parce que c'est vraiment ce plaisir-là. Et quand on est en vacances et qu'on passe devant, d'un seul coup, d'entrer et de voir ce qu'il y a. Et qu'est-ce
Jean-Yves Baudouy
qu'il y a? Une exposition. Elle est consacrée à qui, Jean-Yves Baudouin? Elle est consacrée à Joseph Siffret du Plessis, qui est un enfant de Carpentras, qui est né en 1725, donc en fait le 300e anniversaire de sa naissance. Et Joseph Siffret du Plessis a eu un destin artistique assez exceptionnel. Il a été le peintre de la cour de Louis XVI. C'est lui, il a peint en fait toutes les plus grandes de cour. et les acteurs de ce deuxième, on va dire, 18ème siècle. Et donc il a peint notamment le portrait officiel de Louis XVI, le portrait de Benjamin Franklin, par exemple, lors de son long séjour à Paris pour plaider le soutien de la France dans la guerre d'indépendance américaine. Et donc il a produit deux portraits de Benjamin Franklin qui sont depuis 1929, par exemple, reproduits sur les biais de 100 dollars. C'est un artiste, en tout cas un portraitiste, qui a inscrit un certain nombre de portraits dans l'imaginaire collectif et dont on ignore peut-être le nom aujourd'hui puisqu'il s'est effacé avec le temps. On a souhaité cette année valoriser cette figure. On a sollicité un commissaire scientifique, Xavier Salmon, qui a fait aussi tout un travail de mise à jour sur la connaissance de l'œuvre de ce peintre. Il a produit à la
Host/Interviewer
fois une monographie et il a été le commissaire de cette exposition. Oui, parce qu'il faut la construire cette exposition. C'est pas parce que Duplessis est né à Carpentras qu'on peut faire facilement une exposition à Carpentras
Jean-Yves Baudouy
pour faire venir les œuvres. Comment ça se passe à ce moment-là? À ce moment-là, il faut convaincre... Enfin, il faut déjà... Le travail scientifique avec Xavier Salomon avait dressé un propos, on va dire, d'exposition. une sélection d'oeuvres et après on sollicite les prêteurs, qui plus est, donc là c'était des prêteurs sur le territoire national mais au-delà, puisque l'oeuvre du Plessis rayonne, notamment aux Etats-Unis, au Canada et en Autriche par exemple, et bien on essaie de convaincre, voilà, on sollicite les prêts. On est une institution jeune, enfin jeune dans sa rénovation, peu connue, et donc il a fallu convaincre un certain nombre de prêteurs qu'on avait la capacité à recevoir ces oeuvres, à les présenter, Et voilà, après tout s'est fait relativement facilement, je dirais. On a obtenu tous les prêts que l'on a sollicité sauf
Host/Interviewer
un. Et tout, après, suit son cours, comme mes collègues le savent. Oui, c'est une aventure à chaque fois une exposition, vous le
Clémy Mauduit
confirmez. Ça se prévoit combien de temps à l'avance Roland Simon Millot? Alors, c'est une aventure collective. Ça, c'est le moins qu'on puisse dire, qui nécessite beaucoup d'énergie. Et pour notre part, nous, ça fait
Host/Interviewer
quand même trois ans qu'on y réfléchit et qu'on y travaille sérieusement.
Xavier Mauduit
les trois ans à peu près, dans le cas de Léopoldine Hugo? En fait, l'exposition qui va s'ouvrir là ce soir est le point d'orgue de cette célébration pour le bicentenaire de Léopoldine, donc c'est la suite. Le bicentenaire, on l'a imaginé dès 2022-2023 parce que Léopoldine est importante pour le site et on a mis en place différents événements pour justement rendre hommage à Léopoldine et aux collections du musée. Nous, on a commencé
Host/Interviewer
cet hommage-là depuis juin 2024 et ça se prolongera jusqu'en avril 2025. Ah oui voilà, donc c'est un processus plutôt, ça s'inscrit dans une série de manifestations. Lord Barthez à Toulouse au musée Saint-Raymond, au moment de réfléchir à construire une exposition. Parce qu'il y a tellement de sujets, il y a tellement de choses à voir. L'idée de
Laure Barthez
sortie de boîte, les trésors de réserve, comment naît une telle idée? En fait, je pense que dans nos métiers actuellement, on essaye tous, et là je pense que mes collègues ne me démentiront pas, on essaye d'être malin, c'est-à-dire quand on produit quelque chose, que ça puisse servir plusieurs fois. Par exemple, sortie de boîte, ça appuie aussi sur l'exposition précédente. On a tenté quelque chose, c'est-à-dire que la scénographie que nos auditeurs vont découvrir est un remploi complet d'une partie de l'exposition précédente, Qatar-Toulouse dans la croisade. Là, l'exercice intellectuel était compliqué. D'habitude, comme un storyboard de film, en fait, on a une démonstration scientifique à faire et des outils de médiation à poser et on bâtit la scénographie, donc le mobilier, le parcours autour. Là, c'était l'inverse, c'est-à-dire qu'on avait une boîte et il fallait rentrer dans la boîte, tout en ayant, bien sûr, un parcours cohérent. Donc, c'est une autre gymnastique intellectuelle. Donc, c'était intéressant sur le plan d'exercice développement durable, mais aussi parce qu'on gagnait un peu de temps de production. Evidemment, cette expérience n'est pas reproductible à tous les sujets. Nos prochaines expositions, on repart sur de la méthodologie classique. Mais voilà ce qu'on voulait faire pour sortie de boîte. Et il y avait aussi un appui, puisque par rapport à notre travail de fond, les restaurations que nous avons menées pour sortie de boîte ont été menées en priorité sur des objets qui vont ensuite être réinjectés dans le parcours permanent. Donc voilà, on n'est pas des équipes pléthoriques et on essaye à chaque fois
Host/Interviewer
d'être assez stratèges dans la façon dont on bâtit nos sujets d'exposition. Jean-Yves Baudoui à Carpentras, en écho à ce qui vient d'être dit, une exposition c'est aussi l'occasion de faire l'état
Jean-Yves Baudouy
des œuvres et pourquoi pas de les restaurer s'il y a besoin? Tout à fait, puisque toutes les œuvres exposées ont fait l'objet d'un traitement minimum, au moins de remise en état
Host/Interviewer
de présentation et c'est l'occasion de valoriser l'artiste via ses restaurations aussi. Avec toujours cette idée-là, le moment de réfléchir à construire une exposition, c'est l'idée et peut-être parfois une forme de hasard. Avec Duplessis, ce peintre de la cour de Louis XVI exposé à Carpentras, nous avons une galerie de portraits. Excellent portraitiste! On a plein de personnages. certains que l'on connaît et j'ai envie de dire que l'œuvre elle-même est connue. Vous avez cité Benjamin Franklin, ce tableau, nous le connaissons tous, c'est le billet qu'on voit dans les films. Et puis, il y a tant de personnes là, c'est quoi la démarche? C'est de dire, nous mettons en avant l'aspect historique pour présenter qui sont ces gens de la cour de Louis XVI ou alors
Jean-Yves Baudouy
l'aspect esthétique L'histoire de l'art, regardez la qualité esthétique de ses portraits. Le propos est initialement de valoriser l'œuvre de Duplessis, mais dans les cartels on est obligé, je pense, pour respecter le public, de lui expliquer qui est représenté. Mais le propos est d'abord de présenter la diversité de l'activité de Duplessis, à la fois peintre de cours, peintre aussi du monde scientifique, littéraire et artistique. Et aussi sa clientèle de province, il avait une clientèle de province. Et ce sont souvent dans ses petits portraits de la clientèle de province où il exprime mieux son talent à rendre compte des caractères en fait. Voilà, c'était une des qualités qui lui était reconnue, que Diderot souligne dans ses critiques du salon. et on voit de beaux portraits d'apparat, où on voit tout son talent à rendre compte des tissus, des étoffes, mais c'est souvent dans ces petits portraits
Host/Interviewer
d'amitié, parfois, qu'il rend compte véritablement de son talent de peintre psychologique. Duplessis, c'est le peintre officiel, le portraitiste officiel du roi Louis XVI. Écoutez cet archive, c'est rigolo, c'est Sacha Guitry qui explique au moment de réaliser son film, on est en 1953, si Versailles m'était conté, comment il a choisi son acteur pour jouer Louis XVI. Parce que ce n'était pas du tout gagné. Il y avait Serge Bocanowski qui était
Gilbert Bocanowski
là, l'administrateur général qui gérait les petites affaires. Et puis, et puis... Il y avait auprès de lui, donc auprès de moi, Gilbert Bocanowski. Courtois, certes, il l'était resté, affable aussi, mais il était devenu peut-être un peu distant. Et s'il continuait d'être un homme actif, du moins, n'en avait-il plus l'apparence. Que s'était-il donc passé le 11 juillet? Eh bien, une soudaine élévation de sa position sociale. Je lui avais dit tout à coup, décidément, vous lui ressemblez à tel point que je vous distribue le rôle de Louis XVI. J'étais frappé de cette ressemblance depuis déjà quelques jours. Sans doute lui-même y pensait-il de son côté, mais, réellement, nous ne nous en étions pas soufflés, moi encore. Cependant, quand il m'arrivait de dire, ah, il faut tout de même penser à Louis XVI, eh bien, il se tenait soudain plus droit, mettait ses mains derrière son dos, devenait distant, tendait un peu le cou déjà, et se voyait si bien avec la perruque blanche du pauvre Capet, si bien que, ma foi, je finissais par le voir ainsi. Je savais qu'il avait fait le conservatoire et j'étais
Host/Interviewer
sûr qu'il tiendrait excellemment ce rôle, mais je ne m'étais pas trompé. Gilbert Bocanowski, donc Boca, le producteur du film, qui a joué trois fois Louis XVI pour sa chaguiterie. Il est devenu ce Louis XVI. Là, il y a ici un moment de vie exceptionnel pour cet homme-là et pour les gens qui viennent visiter les expositions, un moment de vie exceptionnel. À Carpentras, c'est ça aussi. Il y a l'exposition, on l'a dit, il y a les collections permanentes, il y a le lieu. Et puis, il y a le à côté. Il y a là où on peut boire un verre. Dire que visiter une exposition, ce n'est pas uniquement être devant des œuvres dans des
Jean-Yves Baudouy
salles très belles. Il n'y a pas que ça, c'est un ensemble. Voilà, c'est une expérience, un moment à apprécier et à partager,
Host/Interviewer
je crois, et qui se prolonge souvent
Jean-Yves Baudouy
aussi avec de la lecture. Oui, le catalogue
Host/Interviewer
de l'exposition, la monographie. qui vient prolonger cette expérience le bon moment. Lord Barthez à Toulouse pour le musée Saint-Raymond, vous nous l'avez dit tout de suite, il y a un petit espace de fraîcheur
Laure Barthez
grâce à un jardin. Ça fait partie de l'exposition, du moment exposition. complètement l'à côté. Puis vous savez aujourd'hui quand même les visiteurs ils sont à la recherche d'une expérience, on ne peut pas juste, pardonnez-moi d'être aussi trivial, leur vendre le billet du musée. Et puis le travail s'arrête là. Bien souvent les visiteurs vont regarder mes collègues en salle et leur disent bon voilà on vient de finir qu'est-ce que vous nous conseillez ou est-ce qu'on peut aller boire un verre, manger et donc C'est vrai que mes collègues doivent être en position de pouvoir les renseigner encore une fois d'autant plus dans un musée d'archéologie où on parle de sites en fait à Toulouse même et on peut évidemment inviter les visiteurs à poursuivre l'aventure de l'exposition en allant eux-mêmes se rendre sur place pour comprendre dans la topographie
Host/Interviewer
même de la ville des éléments qu'ils auront découvert dans notre exposition. et puis vivre l'expérience à Villequier. Dans le cas de l'exposition consacrée à Léopoldine Hugo, c'est une évidence. Ce lieu là où ils étaient, cette table dressée où ils auraient pu manger s'il n'y avait pas eu le naufrage. Tout ça, ça fait partie de l'expérience. Je vous le dis autrement, c'est que on pourrait avoir cette exposition ailleurs. Ce serait faisable de mettre les oeuvres ailleurs, mais elles n'auraient pas le même sens
Xavier Mauduit
que d'aller dans la Maison Vacry, le musée Victor Hugo à Villequier. En vérité, cette exposition-là a aussi du sens parce qu'on est à Villequier, parce que c'est là que Charles et Léopoldine se sont rencontrés la première fois en 1839 lors de vacances organisées par Auguste Vacry, le frère à Villequier. alors qu'ils étaient en villégiature à Villequier aussi, que cet accident est arrivé. Et là, le lieu a vraiment du sens par rapport à l'histoire qu'on va raconter et qu'on veut raconter dans cette exposition-là. En sachant que l'idée, c'était aussi de sortir du musée, puisque c'est pas que la Maison Vacquerie qui est rentrée dans l'histoire littéraire avec les contemplations, c'est aussi Villequier. Parce qu'à Villequier, il y a une église qui est classée monument historique. Et dans le cimetière de cette église, on a la famille Vacry qui est inhumée, Charles et Léopoldine dans le même cercueil, mais on a aussi les deux Adèle, la mère de Léopoldine, la femme de Victor Hugo, et sa sœur Adèle, deux qui sont aussi inhumées à Villequier. Donc l'idée c'était aussi, dans les pas de Victor Hugo, dans les vers de Victor Hugo, essayer de faire aussi découvrir le village de Villequier, puisque c'est un village de 600 habitants, qui est réuni avec deux autres communes qui sont Saint-Vendrille et Côte-Becqueren. et Côte-Bec-en-Côte qui devient maintenant Rive-en-Seine, mais Villiers est un petit village de 600 habitants et l'idée c'était aussi, et vraiment en bord de Seine avec un jardin, la fraîcheur, les vallons, la forêt, c'est un environnement extrêmement agréable et on avait envie aussi de faire sortir les gens pour aller découvrir cette église qui est classée monument historique
Host/Interviewer
et ces sépultures de la famille Hugo et de la famille Vacquerie. Et puis c'est pareil à Saint-Germain-en-Laye, au musée d'archéologie nationale, c'est visiter le lieu, l'expo, etc.
Clémy Mauduit
Et puis après se balader, cette promenade-là, cette terrasse, est juste sensationnelle! Absolument, Xavier Maudry, absolument. On y a même réfléchi d'emblée parce que cette idée d'expérience totale, cette idée aussi, comme le disait Lord Barthez tout à l'heure, que l'archéologie c'est d'abord le terrain, on y a pensé dès le début. Nous avons réoccupé une petite partie de ces très beaux jardins, le nôtre, qui accompagne le beau château de Saint-Germain-en-Laye, et nous y avons créé notamment un petit espace consacré aux plantations de l'âge du bronze, qui permettent aux visiteurs, une fois qu'ils peuvent sortir de l'exposition, d'aller toucher des blés anciens, d'aller voir à quoi ressemble le lin, par exemple, parce qu'on en parle beaucoup dans l'exposition. On a même prolongé cette exposition par une exposition de panneaux réalisés par l'INRAP qui permettent de voir ces sites dont on parle dans l'exposition et qui permettent de compléter un peu les beaux objets par le terrain.
Host/Interviewer
Ça nous paraissait absolument essentiel parce qu'effectivement, l'archéologie, c'est d'abord le site. Et oui, c'est le site, c'est ça. Et puis, le lieu de l'exposition, ça veut dire déplacement, ça veut dire un effort, ça veut dire de l'argent aussi. On paye un ticket d'entrée. Alors, vous regardez, il peut y avoir des tarifs réduits, il peut y avoir des entrées gratuites. Lord Barthez, c'est ce défi aujourd'hui. Il est le même que par le passé, sans doute, de faire venir les gens aux expositions tout simplement pour dire mais allez-y, poussez la porte, n'ayez pas peur. Alors oui, ça coûte peut-être un peu d'argent, mais c'est tout ce travail des enseignants, des enseignantes qui ouvrent à la culture. Et voilà, de dire venez, vous allez vivre un moment d'exception peut-être, en tout cas un bon moment. vous allez comprendre des choses et vous en sortirez sans doute un peu grandi. C'est vraiment
Laure Barthez
sans doute ça qu'il faut mettre en avant. C'est pas facile, hein? Non, mais absolument, vous avez tout dit. C'est-à-dire que rentrer dans un musée, ça peut faire peur pour plein de raisons. Vous n'avez pas été habitué petit. Il y a aussi des éléments sociaux qui font que ça ne fait pas partie de votre culture au quotidien. Donc l'école joue un rôle essentiel. Et à Saint-Raymond, comme dans d'autres musées, nous travaillons évidemment avec beaucoup d'enseignants qui nous aident à casser cette barrière. Et puis vous l'avez dit, nous, on a choisi l'entrée par l'humour. Bon là je vais prêcher pour ma paroisse, mais l'archéologie c'est compliqué quand même. Entre une exposition sur les Visigoths comme nous l'avons fait ou sur le dieu Romain Mitra et Picasso, bon, ça parle pas de la même manière. L'archéologie c'est très scientifique, donc on a, je vais oser le dire, souvent un petit peu plus de travail, de médiation, de détricotage à faire que de grands sujets d'art qui parlent peut-être plus naturellement au grand public. Donc c'est un défi de tous les
Host/Interviewer
jours et en plus, bien entendu, dans un contexte de crise économique. Et pour l'exposition Visigo, Roi de Toulouse, au musée Saint-Raymond à Toulouse, on pouvait, avec un petit QR code, accéder à la documentation, etc. Le titre, c'était You've Got. l'ego, the power. You've got the power. Voilà, c'était ça. Donc, c'est l'ambiance du musée Saint-Raymond. Merci vivement à tous les quatre d'être venus aujourd'hui dans le cours de l'histoire pour nous présenter des expositions de l'été, sachant qu'il y en a plein d'autres. Moi, je conseille toujours d'acheter la presse locale. Quand on arrive quelque part, on regarde ce qui se fait et parfois, on va tomber émerveillé par une exposition d'art, d'histoire, d'archéologie. Il ne faut pas oublier qu'il y en a plein d'ouvertes, de gratuites et des initiatives aussi individuelles ou municipales. Et c'est exceptionnel, le musée d'archéologie nationale. C'est à Saint-Germain-en-Laye, les maîtres du feu, l'âge de bronze en France. Au musée de Saint-Rémon à Toulouse, sortie de boîte, trésor de réserve. À la bibliothèque musée à Gambertine, c'est à Carpentras du Plessis, l'art de peindre la vie. On croise Benjamin Franklin. et à Louis XVI et à Viquier, enfin la Maison Vacry-Musée
Xavier Mauduit
Victor Hugo. À Viquier, c'est Léopoldine. Merci
Laure Barthez
vivant à
Jean-Yves Baudouy
tous les quatre. Pas la seule, ils
Clémy Mauduit
en avaient
Jean-Yves Baudouy
plein. Des femmes? Ah oui, c'était des très
Xavier Mauduit
gros baiseurs. Des
Host/Interviewer
impressionnistes? Ah
Laure Barthez
oui, ils bourraient tout ce qui bougeait.
Host/Interviewer
Et leurs enfants? Des cons. Les enfants des impressionnistes, c'était des cons? Ouais. Ce qui paraît musée au musée, bah le film de Jean-Michel Rippe. C'était le cours de l'histoire sur France Culture, une émission réalisée par Laurence Millet avec à la technique Jean-Guylain Mej. Émission préparée par Maïwengis, Youjeanne Delecroix, Jeanne Copère, Raphaël Lalou, Maël Vincent Randonnier. Merci à Lina, j'allais dire Linrap, quel beau lapsus, l'Institut National de l'Audiovisuel. Et à Linrap aussi, le cours de
Podcast: Le Cours de l’histoire (France Culture)
Episode: Archéologie, histoire, arts, quatre expositions de l'été
Host: Xavier Mauduit
Date: 20 juin 2025
This episode is a sweeping conversation on four major French exhibitions for the summer, spanning archaeology, history, and art. The host, Xavier Mauduit, brings together curators and museum directors from across France to highlight the richness and diversity of the country's cultural events during the holiday season. Museums featured include the Musée d’Archéologie Nationale (Saint-Germain-en-Laye), Maison Vacquerie-Musée Victor Hugo (Villequier), Musée Saint-Raymond (Toulouse), and Bibliothèque Musée Inguimbertine (Carpentras).
The focus is on how these exhibitions offer not just objects but experiences: connections to place, people, and the very act of transmission—making history and art relevant and accessible to all.
Guest: Clémy Mauduit, conservatrice générale du patrimoine
Guests: Xavier Mauduit (curator), Caroline Dorion-Péronnet
Guest: Laure Barthez, directrice
Guest: Jean-Yves Baudouy, directeur
This episode is rich in behind-the-scenes insight and personal passion. The curators’ voices animate not just their exhibitions, but the art of making history and heritage feel urgent, inclusive, and vibrant. Each institution—be it a grand château, a reconfigured hospital, or a riverside village house—becomes itself a character in the storytelling.
Above all, the episode argues that visiting exhibitions is about more than objects: it is about places, people, memory, and the lived experience of history and art made tangible. Museums work as gateways—if you dare to push the door, you're rewarded not just with knowledge, but with moments of connection, emotion, and discovery.
“Achetez la presse locale. Quand on arrive quelque part… parfois, on va tomber émerveillé par une exposition d’art, d’histoire, d’archéologie.” – Host (56:54)
This summary captures the episode’s major themes, key discussions, and unforgettable moments for anyone eager to explore the French summer via its museums and exhibitions.