
Art et archives, une histoire d'émotions : Préhistoire ou Verdun, quand le passé inspire l'art contemporain
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A
France Culture. Le cours de l'histoire. Xavier Mauduit.
B
Préhistoire ou Verdun, quand le passé inspire l'art contemporain, tout cela n'est qu'une histoire de traces, celles qu'ont laissées les humains du passé sur les parois d'une grotte, des lords qui étornaient ou celles laissées par les animaux dans les imaginaires. Avec un fabuleux bestiaire, ce sont les traces des obus avec leurs terribles cratères sur un monde sillonné de tranchées, les traces du passé et des artistes d'aujourd'hui, histoire d'émotion.
A
Sur la terre vide resteront ses mains sur la paroi de granit face au fracas de l'océan. Insoutenable. Personne n'entendra plus. Ne verra. Trente-huit ans, ses mains là, noires.
B
À la guerre, j'ai peur.
C
J'ai toujours peur.
D
Je tremble.
B
Je fais dans ma culotte.
E
Et la raison du fait que le désespéré possède une voix plus puissante, on peut la trouver, je crois, dans la bête qui, au monde, mais le plus de puissance abrère et possède la voix la plus laide et la plus effrayante, à savoir l'âne sauvage.
A
Le cours de l'histoire.
B
Des histoires de traces, des histoires d'artistes aujourd'hui dans le cours de l'histoire. Aurélien Mauplot, bonjour.
D
Bonjour.
B
Alors vous, vous nous conduisez dans une grotte.
D
C'est ça, au musée, précisément en Vallée de la Vézère, avec le musée national de préhistoire.
B
Et dans cette démarche que nous avons aujourd'hui de laisser la parole aux artistes dans le cours de l'histoire, pour regarder avec un autre œil ces traces du passé, Thibaut Lucas, bonjour.
C
Bonjour.
B
Vous nous conduisez où ? Je vous.
C
Conduis au mémorial de Verdun, qui se situe sur le champ de bataille de Verdun. et dont l'exposition court jusqu'au 4.
B
Janvier. Nous allons voir comment vous vous saisissez de cet espace et de ce site absolument remarquable. Transmission de la mémoire, transmission de l'histoire. Florentine Lamarche-Auvis.
F
Bonjour.
B
Bonjour. Et vous, vous nous conduisez où.
F
? au musée de la chasse qui se trouve à Paris dans.
B
Le Marais. Avec une exposition et.
F
Plein d'animaux. Oui.
B
C'Est vrai. Oui, parce que c'est le musée de la chasse et de la nature. Et c'est important de le rappeler. Aurélien Mauplot, j'évoquais les traces pour ouvrir cette émission parce qu'il est question de cela, ces traces du passé qui sont le support pour les historiennes, les historiens, afin d'écrire une histoire. Il y a les traces laissées par l'artiste. Sans vous, il n'y a rien à vous arriver et il y a quelque chose. Important ce regard, cet échange d'artiste à artiste, ceux d'il y a plusieurs millénaires et.
D
Ceux d'aujourd'hui. Oui, alors c'est le rapport à l'archive, et cette archive qui est impalpable et vivante, qui est en somme un réservoir de fiction potentielle. Et moi j'ai créé, j'ai tenté de créer une relation avec les collections du musée, auprès desquelles j'ai eu la chance de travailler, notamment avec les équipes. Et effectivement tous les lieux que j'ai pu visiter, les grottes du sud de la France, de la Dordogne jusqu'à dans les Hautes-Pyrénées, en Ariège, jusque dans les Asturies, Cantabrie, Pays.
B
Basque, Espagnol. Avec ici cette volonté de se saisir du passé pour créer quelque chose. C'est bien cela, le passé est inspirant. Il pousse à la création. Florentine Lamarche ovise. C'est bien cela aussi quand on est au musée de la chasse et de la nature. Ça se trouve à Paris. Il y a un côté foisonnant dans ce musée d'œuvres et de traces du passé. Dès lors, l'artiste doit se saisir de cela. Il faut réfléchir à une démarche. Qu'est-ce que vous vous dites.
F
En premier ici ? En fait, il faut saisir déjà des traces des autres artistes, c'est un peu ce que disait Aurélien. Et puis il faut pouvoir y répondre et se demander quelles démarches contemporaines on a au regard de ce que les autres ont déjà produit. Et surtout, c'est aussi ce que tu dis, ce que je trouve assez juste, c'est comment on comprend la sémantique du musée. et les alliages, pourquoi une œuvre est à côté d'une autre, et qu'est-ce que nous on apporte comme trace en plus à ces œuvres et quel regard contemporain on active, qui peut être aussi critique par.
B
Rapport aux collections. qu'il s'agisse de ces oeuvres créées au Musée National de la Préhistoire des Aysies, ça se trouve donc en Dordogne, ou qu'il s'agisse des oeuvres que vous avez créées dans le cadre du Musée de la Chasse et de la Nature, nous sommes dans un dialogue d'artistes à travers le temps, plus ou moins long. Quant à vous, Thibault-Lucas, pour les oeuvres que vous créez au Mémorial de Verdun, nous ne sommes pas ici en écho à des oeuvres d'artistes, quoique, parce que la Première Guerre mondiale a créé beaucoup de discours, littéraire.
C
Et d'œuvre également. Vous vous en êtes inspiré ? Justement, écoutez, mes comparses, je pense que moi, le début de la résidence s'est posé dans d'autres termes qu'artistique, au contraire même plutôt pas artistique. Je pense que déjà globalement dans mon travail, je crois que je cherche fondamentalement à essayer de questionner la place de l'art dans le monde, dans l'actualité et dans l'histoire. Que ce soit Quand je vais sous le périphérique et qu'il y a des détente de migrants, que ce soit à Verdun, alors qu'il y a des guerres au même moment, je me suis surtout posé la question de la légitimité de l'art face à tout ça. Et je pense que c'est l'origine de mon travail. Alors après, oui, je fais de l'art. Je vais, à un moment donné, je vais vous en parler certainement plus longuement après, je vais m'immerger dans un lieu et le lieu va commencer à résonner en moi, et voilà, par différents travails de collecte et de création. Mais c'est vrai qu'il y a avant tout eu une question de légitimité. Pourquoi je faisais.
B
De l'art à Verdun ? C'est de l'art pour le contemporain et de l'art pour la place de l'art dans le contemporain. Mais c'est la place aussi de l'art pour comprendre l'histoire dans le contemporain. C'est comprendre ces.
C
Traces du passé et aujourd'hui. Oui, mais peut-être que le mot « art » va me déranger. Je vais peut-être préférer le terme de sensibilité, de réalité, de ce qui affleure, de ce qui reste. On parlait de traces. Moi, je me suis concentré peut-être sur ce qui reste et sur la porosité qu'il y a entre ce qui disparaît.
B
Et ce qui reste, ce qui affleure. Avec une immersion, celle que vous évoquiez.
C
Thibault-Lucas, quelle est cette immersion ? Concrètement, on va aller directement au fond du trou d'obus puisque j'ai dormi pas mal de nuits, au moins une quinzaine, sur différentes parties du champ de bataille et notamment une nuit, enfin plusieurs nuits, mais en tout cas j'ai eu une nuit particulière dans un trou d'obus. sur le fort de Douaumont, parce que c'est un endroit où il n'y a pas de forêt, c'est un des rares endroits où il n'y a pas d'arbres. Et du coup, je me suis retrouvé dans cette situation, déjà à manger mon sandwich, très concrètement sur la butte qui est à côté. Alors, le fort de Douaumont, on a une belle vue tout autour de nous. Voilà, donc c'est sympathique. Bon, la nuit commence à tomber, il commence à faire froid. Je devais être en novembre et puis à un moment donné, je me dis maintenant il faut que tu y ailles mon gars, il faut que tu descendes au fond de ton trou de but. Et c'est vrai que ce n'est pas une sensation très sympathique finalement et je suis resté là-dedans 15 heures d'affilée. Du coup, ma première sensation concrète c'est dans un coup d'obus, on n'est pas allongé, on est levé, donc comme protégé dans des bras maternels, donc quelque chose de très rassurant. Et puis en même temps, on est complètement offert à ce qui arrive du ciel. Alors aujourd'hui, moi, ce qui m'est arrivé, c'est la grande ours en plein milieu de la nuit. Donc ça, c'est fabuleux. Je suis en temps de paix. J'ai pu comme ça m'émerveiller, faire de la poésie et penser artistiquement. Mais à l'époque, évidemment, On est à la merci de la mort à tout moment. Et du coup, je pense que ça m'a permis de comprendre que la relation à la mort d'un soldat en 14-18 n'a rien à.
B
Voir avec celle que je peux avoir aujourd'hui. Deux terres, voyage d'un artiste au cœur du champ de bataille. Thibault-Lucas, l'immersion, vous l'évoquez. Vous dites aussi qu'il n'y a pas d'arbres et pourtant les.
C
Feuilles mortes sont bien présentes dans votre travail. Alors je disais qu'il n'y avait pas d'arbres, c'est-à-dire que paradoxalement je suis allé chercher l'endroit où il n'y avait pas d'arbres pour essayer de me replonger dans un paysage qui pouvait ressembler à l'époque. Puisque à l'époque, il faut imaginer que c'est un paysage lunaire avec aucun point de repère. Alors moi à l'inverse, j'ai eu aucun point de repère parce que les arbres empêchent justement ces points de repère. Et les arbres, effectivement, sont devenus mon motif principal dans cette résidence. J'ai compris qu'en fait c'était les descendants des 80 000 morts qui sont encore sur le champ de bataille. Et par extension de l'arbre, la feuille morte qui vient résumer à elle seule le cycle de la vie. Et si ma résidence a commencé par être une résidence que je pensais être sur la guerre, elle est devenue une résidence sur la mort. Et grâce à mon immersion dans la forêt, et grâce à la forêt, je pense que cette résidence est devenue une résidence sur la vie, et notamment la vie biologique après la mort. et ce cycle perpétuel d'arbres, de.
B
Racines, de terres, d'humus et en perpétuelle évolution. Florentine Lamarche-Ovise, vous dans votre démarche avec la licorne, l'étoile et la lune au musée de la chasse et de la nature, nous retrouvons aussi ces arbres. Les vôtres, ils ont des pieds. Ils.
F
Ont des pattes ou ils ont des jambes. Oui, c'est vrai que la pièce dont vous parlez, c'est les pieds de la forêt. On voit des pieds d'animaux qui se cachent derrière les arbres. C'est vrai que c'est aussi notre relation aux animaux qu'on a cherché à savoir qu'est-ce qu'on entretenait avec la question de l'histoire du vestiaire médiéval de l'amour, de Fournival. Mais aussi aujourd'hui, cette histoire, quand tu parles de sentiments, de sensations, qu'est-ce qu'un animal, on lui prête souvent la parole, mais on n'a pas cette parole entre nous, et que finalement, c'est par des bruits, des petits gestes ou des petites traces qu'on entretient une relation avec la question dite du sauvage. Voilà, du coup, c'était un peu aussi un jeu. Aujourd'hui, en fait, on peut être aussi un paysage... En fait, moi, je me considère pas forcément comme un humain, mais plutôt comme un paysage à microcellules, et je trouve que du coup le monde paraît plus juste si on n'a.
B
Plus ces spécismes qui gênent pour vivre ensemble. avec dans le musée de la chasse et de la nature à Paris tant et tant d'animaux sous beaucoup de formes. Parce qu'il y a les animaux empaillés, tous ces trophées de chasse, bien sûr. Alors un bestiaire absolument incroyable. Ces animaux représentés en tableau, vous vous arrivez avec quels animaux ici ? Ils sont en écho à ceux que je viens d'évoquer, ceux qui sont empaillés.
F
Ceux qui sont représentés en tableau ? Alors, on les traverse parce qu'on a une histoire commune, comme pourrait le dire De Narraway. C'est vrai qu'on a l'histoire en commun, mais les animaux qu'on a plutôt visités, c'est plutôt des animaux avec qui on a une relation forte, soit de la légende, soit des mythes, soit des contes. Du coup, ça peut être le loup, le renard, la chouette, le hibou, le chien, mais plutôt dans sa forme, on va dire, lupine du loup. C'est vraiment des animaux qui aujourd'hui est frais, qui sont très distants de nous, mais aussi qui ont construit une relation assez forte avec nous à un temps donné. Par exemple l'ours. C'est vrai que les ours ont été décimés parce qu'ils ont été utilisés par les dresseurs pour pouvoir manger en temps de famine. Ils les utilisaient pour pouvoir gagner leur vie, pour faire du spectacle. Et du coup l'ours il a disparu. pas pour la chasse à l'ours, mais pour récupérer les petits. Donc voilà, c'est toutes ces histoires-là que j'espère qu'on.
B
Raconte au musée de la chasse et de la nature. Avec le bestiaire d'amour que vous venez d'évoquer, quel est ce.
F
Document ? Quelle est cette œuvre ? Ça nous conduit au Moyen-Âge. Oui, alors c'est une drôle d'œuvre auquel on voulait s'intéresser parce que c'est vrai que la question du musée de la chasse, ça nous posait un peu un souci. On préférait peut-être la domination de la notion de nature. Et du coup, en fait, le bestiaire, C'est un bestiaire courtois, c'est aussi parce qu'il n'y a pas beaucoup de femmes dans le musée de la chasse et de la nature, donc c'est aussi un livre qui s'adresse aux femmes. Et en fait c'est un livre assez obscur parce qu'on n'arrive pas forcément, même si on s'est beaucoup intéressé aux traductions, C'est comme si c'était un langage qui était perdu et c'est comme un fossile qu'on retrouverait et qu'on ne pourrait pas... L'association, ça fait des haïkus assez étranges, ce livre. Et du coup, on les a traduits en dessin à la gouache et à l'encre de chine, comme si on ne pouvait pas les traduire ou les raconter. C'est un.
B
Peu les bêtes sauvages de notre exposition, cette référence à ce livre. Et ce vestiaire d'amour, ce.
E
Livre de Richard de Fournival, nous conduit au milieu du XIIIe siècle. Le crépuscule du soir et de l'aube, qui participent à la fois de la nature du jour et de celle de la nuit mêlées ensemble, symbolisent un amour dans lequel on ne possède pas un espoir parfait et où l'on n'est pas non plus totalement désespéré. Et le milieu de la nuit symbolise l'amour sans le moindre espoir. Et donc, puisque je n'ai désormais plus la moindre espérance au monde de gagner vos bonnes grâces, il en est pour moi tout ainsi que s'il était minuit. Et lorsqu'existaient encore en moi quelques espérances, je me trouvais tout comme à la tombée de la nuit. Je chantais alors plus souvent, et il m'est maintenant nécessaire de chanter avec plus de force. Et la raison du fait que le désespéré possède une voix plus puissante, on peut la trouver, je crois, dans la bête qui, au monde, met le plus de puissance à braire et possède la voix la plus laide et la plus effrayante, à savoir l'âne sauvage. Car sa nature est telle qu'il ne braie jamais, à moins d'y être poussé par une faim extrême et lorsqu'en aucune façon il ne peut trouver quoi que ce soit pour se rassasier. Mais à ce moment-là, Il fait de.
B
Si grands efforts pour Brère qu'il en fait éclater tous ses organes. Ici, c'était l'âne du bestiaire d'amour. Alors, quant à vous, Florentine, la marche ovis pour cette exposition avec la volonté d'être en écho aux animaux du passé. Il y a des ours, des grenouilles, il y.
F
A plein d'animaux. Il y a un âne ? Je l'ai peut-être loupé. Oui, il y a un portrait d'Anne au début, puisque c'est vrai que l'Anne a mauvaise presse. On dit qu'il est fainéant, qu'il n'en fait qu'à sa tête. Et du coup, il y en a un au début de l'exposition dans la salle principale. C'est un pastel gras avec un encadrement de céramique. Et il est fait du coup vraiment en touche rapide. Et c'est des portraits, c'était vraiment l'idée aussi de ne pas faire que des narrations, mais aussi juste la question du regard de l'animal quand on.
B
Le croise. C'est peut-être là où on a le plus d'intimité avec lui. Dans votre démarche, vous travaillez en duo avec Alexandre Lamarche-Ovise, j'imagine qu'il y a un lien, dans La licorne, l'étoile et la lune, vous êtes au musée de la chasse et de la nature, un endroit absolument Exceptionnel ce musée parisien qui ressemble à la fois à un cabinet de curiosité et à un regard complètement contemporain. Vous travaillez comment ? Vous entrez dans le musée, vous vous imbimez de toutes ces œuvres, de ces chiens de Louis.
F
XIV représentés en série. Louis XIV faisait représenter ses chiens sur des grands tableaux. Alors moi c'est vrai que j'ai eu beaucoup pour habitude d'aller dessiner là-bas parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de formes et puis c'est toute notre histoire aussi avec du 16e, 17e, 18e, 19e donc ça traverse aussi notre histoire et du coup en fait on était assez intrigués par la salle du cerf et du loup et on est parti d'une tapisserie d'Aubusson de Robert Fourre qu'on nous a proposé de restaurer qui est une chasse au cerf et donc on est parti de cette pièce là pour dérouler une narration du rez-de-chaussée jusqu'au dernier étage à travers un dialogue avec les pièces de déporte qui a beaucoup peint les chiens de Louis XIV. Et en fait on aimait beaucoup ces chiens aussi de Louis XIV parce qu'ils représentent vraiment un basculement entre l'animal de meute qu'on utilise pour la chasse avec l'animal qui va devenir domestique et aussi le meilleur ami de l'homme, parce que Louis XIV était très seul. Et en fait, ses chiens, c'était un peu les gens sur lesquels il avait confiance, parce qu'il était quand même très méfiant à cause de l'affronte. Donc ça, ça a été quelque chose d'important. Et puis aussi, cette salle des chiens, elle est importante parce qu'elle traduit des portes, il cite quelques notions d'exotisme avec des plantes, avec une sorte d'herbier caché, sur aussi qu'à ce moment-là, on prélève des richesses dans d'autres pays et du coup déportent le site très peu parce qu'il fait semblant d'être qu'en France mais on sait aussi que par quelques citations d'herbiers dans les paysages soi-disant français où les chiens sont représentés, on est aussi face à une exportation massive de richesses des autres continents. de l'Amérique du Sud et centrale. Surtout là, donc dans cette salle, on a fait une grande cartographie contemporaine des chiens, enfin d'images cachées de chiens avec par exemple un Rottweiler pour Trump, Elon Musk c'est un bull terrier. Enfin voilà, du coup on s'est aussi amusé de se dire aujourd'hui qu'est-ce que serait la cartographie du 17ème qui avait des prises maritimes assez violentes. Aujourd'hui, c'est quoi les prises ? Enfin voilà, donc c'est un peu aussi On s'est aussi placé.
B
Là comme une galerie de portraits contemporaine des grandes figures.
F
On va dire, politiques, autoritaires. Il y a.
B
Scooby-Doo aussi. C'est vrai, il le faut. Oui, on met un peu d'humour des fois. François Desportes, c'est ce peintre animalier qui, sous Louis XIV, représentait les chiens de Louis XIV. Mais nous le savons bien. Tout comme ceci n'est pas une pipe de Magritte, ceci n'est pas un chien, ceci est le.
A
Portrait d'un chien. Tout comme cette main n'est pas une main, c'est l'empreinte d'une main. Devant l'océan, sous la falaise, sur la paroi de granit, ses mains ouvertes, bleues et noires, du bleu de l'eau, du noir de la nuit, l'homme est venu seul dans la grotte, face à l'océan. Toutes les mains ont la même taille, il était seul. L'homme seul dans la grotte a regardé, dans le bruit, dans le bruit de la mer, l'immensité des choses. Et il a crié. Toi qui es nommé, toi qui es doué d'identité, je t'aime. Ses mains, du bleu de l'eau, du noir du ciel, plates, posées, écartelées sur le granit gris pour que quelqu'un les ait vues, je suis celui qui appelle.
B
Je suis celui qui appelait, qui criait il y a trente mille ans, je t'aime. Les mains négatives, c'est le court métrage de Marguerite Duras en 1979. Aurélien Mauplot, vous vous doutez bien qu'avec ces mains négatives, nous allions avec vous explorer une grotte, non des grottes, parce que vous l'avez bien dit, c'est dans votre démarche artistique, un voyage à travers les différentes grottes ornées. Alors, tout à l'heure, Thibault Lucas, au moment de réfléchir à Verbin, a expliqué qu'il.
D
Avait dormi une nuit dans un trou d'obus. Est-ce que vous, vous avez eu une immersion profonde avec ces grottes ? L'immersion est inhérente à la grotte ou à la Préhistoire. Le champ de la Préhistoire est si vaste qu'on ne peut que plonger. Il faut faire attention à ne pas s'y noyer, à retrouver la sortie dans l'obscurité de la caverne. J'ai été immergé pendant trois ans. C'était une résidence que j'ai initiée en 2021, qui a commencé au Musée national de Préhistoire en 2022, mais qui a réuni une douzaine de partenaires. C'était un projet itinérant où j'ai tracé la route entre la vallée de la Vézère, la côte basque à Hendaye, à Nécatonéa, les Hauts-de-Pyrénées, avec le Centre d'Art du Bel-Ordinaire, puis effectivement d'aller à la recherche de toutes les grottes possibles. Alors j'allais vers les grottes que je pouvais visiter ou pas, parce que j'avais un projet notamment qui s'appelle La classe des abîmes qui consiste à prendre une photographie de l'entrée de la caverne mais du paysage que j'avais et qui est d'une certaine manière le même paysage que le paléolithique qui était là 20 000 ans auparavant. Effectivement, vous parliez des mains négatives pour introduire le sujet. On parlait de l'immersion et des mains, je vais y venir juste après, mais l'immersion pour poursuivre, c'était une immersion aussi à l'intérieur du musée avec les équipes, comme je le disais au tout début. Et effectivement, pour finir, j'ai passé une nuit dans le musée le 3 décembre 2022, me semble-t-il. et pendant laquelle j'ai eu certaines conversations avec quelques silex Megaceros et où on a expérimenté un certain... Je dis on parce que j'étais avec Anaïs Marion, artiste également, et on a expérimenté différents protocoles d'oeuvres à venir et qui ont, pour finir, donné la création de l'oeuvre que j'ai intitulée Gargas, qui est une projection vidéo, qui est la vidéo d'une performance filmée, je vais dire, qui consistait à projeter les diapositives du fond photographique du musée qui a été donné par André Leroy-Gourand, un célèbre préhistorien. Et donc c'était les photographies, les diapositives de la grotte de Gargas. La grotte de Gargas se situe dans les Hauts-de-Pyrénées et elle est particulièrement connue pour abriter plusieurs centaines de mains négatives pochées sur les parois de la grotte, tout à la fin de la grotte. Et donc moi j'ai projeté ces diapositives en format hyper grand. et je venais m'immiscer à l'intérieur, donc je filmais ça, et je me venais m'immiscer à l'intérieur et déposais la main dans l'empreinte, donc qui était beaucoup plus grande que moi, donc il y avait un jeu de disproportion quoi, et cette notion du palimpsest, qui est propre initialement, on est sur une émission d'histoire donc tout le monde sait ce que c'est que le palimpsest a priori, Et là, on utilise le palimpseste en préhistoire comme une superposition des différentes images, qu'elles soient peintes ou qu'elles soient gravées. Et moi, dans cette œuvre de Gargas, en fait, je venais comme ça me mettre dans les mains, déposer ma main, comme créer une.
B
Relation presque physique avec un individu, femme ou homme, peu importe. qui avait 20 000 ans. Et le Palimpsest, vu que beaucoup d'étudiants nous écoutent, le cours de l'histoire est devenu révélant. Je le sais, le Palimpsest, ce sont ces parchemins qui ont été grattés mais sur lesquels il est possible de lire encore l'écriture d'avant. Donc si bien que deux textes se superposent ici, vous parlez de disproportion. Thibaut, Lucas, au moment de vous plonger, vous A Verdun, la disproportion est évidente entre ce qu'il est possible de réaliser en tant qu'artiste et puis l'intensité du vécu des gens qui se trouvaient là. Cette émotion, c'est impossible qu'il faut essayer de relever comme une main tendue pour.
C
Les personnes qui vont venir voir les œuvres. Mais parce que la disproportion, elle est gigantesque. Oui, la disproportion est gigantesque. J'ai écouté pas mal d'archives, notamment d'anciens combattants de l'époque, qui parlaient même d'irreprésentabilité de ce qu'ils ont vécu. En fait, même eux n'arrivaient pas à parler, ils ne se sentaient pas compris. Donc en fait, très vite, je me suis dit, je ne vais pas... C'était même pas la peine d'essayer de chercher à... ou de simplement penser que je pourrais comprendre. Je me suis dit que je ne pouvais pas, donc je me suis chargé de beaucoup de témoignages. J'ai fait beaucoup de visites avec l'historien du musée Nicolas Xubach. J'ai regardé beaucoup de films. J'ai essayé de me charger de tout ce poids-là. Ma résidence a vraiment commencé au moment où je me suis retrouvé seul dans la forêt. Encore une fois, chargé de tout ce que j'avais lu, j'avais peut-être cette légitimité pour essayer de... d'être accepté par cette forêt et que cette forêt commence à m'habiter et que je commence à voir des choses qui ont l'air de rien et qui moi me parlaient. Mais effectivement, il y a un poids qui est beaucoup trop lourd et je pense que le début de ma résidence a été très compliqué parce que on se pose la question de qu'est-ce que l'art par rapport à la guerre. En plus, il y a des guerres en ce moment à quelques centaines de kilomètres en Ukraine, les bombardements en Gaza qui avaient quasiment la même intensité qu'à Verdun. Et du coup, voilà, il y a un poids où j'ai cru au début que je n'allais pas être assez libre. Et j'ai dû finalement avoir cette liberté au fur et à mesure en me recentrant peut-être tout simplement de façon très humble et à ma personne et à mes sensations, à mon ressenti. Et je vais vous dire un truc que j'ai appris plutôt vers la fin de l'exposition, enfin vers la fin de la résidence, où moi je me suis concentré, j'en reparlerai certainement après, mais je me suis concentré sur le trou d'obus, un peu comme celui dans lequel j'ai dormi. Du coup, ça fait quoi ? Ça fait 3 mètres de diamètre, 4 mètres de diamètre. Et je me suis dit, voilà, je ne peux pas appréhender l'ensemble de la forêt, l'ensemble du champ de bataille. En plus, je n'ai pas un très bon sens de l'orientation. Et du coup, je me suis concentré sur ce que je pouvais ressentir et voir à l'endroit où j'étais. Et ce qui est amusant, c'est qu'en en parlant avec l'historien du musée, Nicolas Xubach, il m'a dit, moi, c'est marrant, je suis connu comme l'historien du mètre carré. Du coup.
B
Peut-Être que voilà, on peut dire que j'étais, en tout.
G
Cas, là-bas, j'étais l'artiste du mètre carré. L'artiste du mètre carré, l'artiste de ce trou de but. Et devant nous la plaine entière engourdie d'ombre semble gémir de toutes ses plaies, qui saignent et ne sont point pensées. Des voix douces lasent d'avoir tant crié. Qu'est-ce que j'ai fait, moi, pour qu'on me fasse tuer.
E
À la.
G
Guerre ? Maman ! Oh, maman ! Jeanne, ma petite Jeanne. Oh, dis que tu m'entends, ma Jeanne. J'ai soif. J'ai soif. J'ai soif. J'ai soif. Devoir révolter, qui soufflette et brûle. Je ne veux pourtant pas crever là, bon Dieu. Les brancardiers, les brancardiers, les brancardiers ! Ah, salaud ! Il n'y a pas donc de pitié pour ceux qui clament. Un Allemand, qui ne doit pas être à plus de 20 mètres, clame le même appel interminablement. Kamerade Franzose ! Kamerade ! Kamerade Franzose ! Et puis plus bas, suppliant. Hilf ! Hilf ! sa voix fléchie, se brise dans un chevrotement d'enfant qui pleure, puis ses dents crissent, atrocement. Puis il pousse à la nuit une plainte bestiale et longue, pareil à la voix désespérée d'un chien qui hurle.
B
Vers la lune. Affreuse cette nuit. À chaque instant, nous sautons sur pied, Porchon et moi, des coups de feu tout le temps. Et ce sacré froid, Thomas Beau qui lisait un extrait de Saute 14 de Maurice Genevoix, Thomas qui a préparé cette émission réalisée par Sam Backyast avec à la technique Alex Dang. Dites-nous, Thibaut Lucas, vous nous avez dit que le champ de bataille étant trop vaste et presque incompréhensible de la part d'un humain, et on sait combien plongé au cœur du combat, il est difficile de saisir ce combat. Vous avez étudié ce trou d'obus un peu comme dans.
C
Une démarche d'historien ou d'historienne qui suit le destin d'un individu, le retour à l'individu, comme presque une micro-histoire. Votre micro-histoire artistique, vous, c'est un trou d'obus. Oui, c'est ça. Peut-être que je devrais rappeler d'où vient cet intérêt pour le trou d'obus. J'ai eu l'occasion, en fait, en 2016, d'aller commémorer un ancêtre dans ma famille, enfin même dans ma belle famille. Il s'agissait d'un capitaine qui est mort à Bouchavennes. Donc je vous ai déjà donné le spoiler, il est mort. Il s'appelait Benoît Duquesne et il est mort, enfin il a attendu l'ébrancardier pendant huit heures dans son trou d'obus, après avoir eu une première blessure légère, puis une deuxième beaucoup plus lourde. Et du coup je pense que ce trou d'obus est venu cristalliser tout mon travail sur place, à la fois le fait de dormir, du coup déjà il y a l'atmosphère de la nuit qui est aussi particulière, pour refaire le lien avec ce que j'ai entendu juste avant, Les cris quasi préhistoriques des sangliers. Il y a vraiment une atmosphère très particulière qu'ils ont dû vivre aussi à l'époque. Et du coup, ce trou d'obus est devenu vraiment un motif C'est vrai que dans l'art, on a souvent besoin d'un motif pour pouvoir dire beaucoup de choses. Finalement, le motif le plus simple permet de dire le plus. Et ce trou d'obus, qui parle évidemment de la mort, a été fondamental et inspiré par cette commémoration que j'ai pu vivre en famille en 2016. Et c'est suite à ça que j'ai commencé à travailler sur les cicatrices et les plaies, les traces sur les champs de bataille. de 14-18 et que j'ai commencé une série.
B
D'Encre, dont je reparlerai peut-être, d'encre bleue.
C
Du coup, et qui a été à l'origine de cette résidence et de cet intérêt du mémorial pour mon travail. C'est quoi cette série d'encre ? Alors cette série d'encre bleue, alors elle est bleue, quand vous la voyez elle est bleue, mais en fait elle est rouge. Je travaille dans un premier temps à l'encre rouge, alors c'est de l'encre sur papier. Ce que j'aime bien avec l'encre sur papier, c'est que je suis pas dans la maîtrise totale de ce que je fais, et je laisse une part à l'accident, à l'inconnu, et c'est ça qui me plaît. Alors, pour le coup, mon premier trait, mon premier dessin à l'encre rouge, je me fabrique moi-même mes feutres, donc je fais des feutres assez gros, à la taille que je veux, avec de la feutrine, et je fais un dessin, voilà, figuratif, de ce que je veux faire, des herbes, des trous d'obus, etc. Et puis ensuite, je vais recouvrir au contraire avec, donc c'est un trait plutôt sec, avec peu d'encre et puis ensuite je vais recouvrir tout mon dessin et je vais venir le bouger avec beaucoup d'encre bleue qui vont venir voiler mon dessin, le faire bouger et c'est ça que j'aime avec le papier, il se passe autre chose avec la trame du papier. Et comme vous parliez de Genevois à l'instant, quand il disait « et devant nous la pleine engourdie d'ombre semble gémir de toutes ses plaies », on est sur une sensation comme ça face à mon travail, puisqu'il y a une vibration du fait de l'encre, des deux couleurs qui s'unissent, et on ne voit plus du tout le rouge, ou en tout cas à de rares endroits, mais on a une sensation, il n'y a pas de détail. Comme si j'avais fait une contre-plongée, un mouvement de caméra qui s'enfonçait dans les trous d'obus. Trous d'obus qui sont par ailleurs très compliqués à prendre en photo, voire quasiment impossibles. Et j'étais en vrai assez content, un peu dégoûté au début de.
B
Ne pas réussir à les prendre en photo. Et puis en fait, comme je suis plus multidisciplinaire, je me suis dit tant mieux justement, la peinture a tout son rôle. Vous venez de dire quelque chose d'important, c'est la sensation que l'on ressent et l'impossibilité de ressentir cela par une reproduction, aussi belle soit-elle. C'est pourquoi le mémorial de Verdun est un site qu'il faut visiter. Mais comme tous ces musées, c'est très bien d'avoir sur internet beaucoup d'images. Parfois des reproductions des oeuvres des collections et d'oeuvres-oeuvres, sauf que l'émotion n'est pas la même que quand on se trouve sur place. Florentine Lamarche, Ovis, la licorne, l'étoile et la lune au musée de la chasse et de la nature à Paris. Là aussi, dans votre démarche, il y a l'exposition, qui est une construction complète dans laquelle vous proposez une plongée. Et puis, il y a les œuvres.
F
Qui sont ici et là, un peu comme les pierres du petit pousset dans les collections permanentes. Ce n'est pas la même démarche quand on travaille avec ces deux approches. Oui, c'est vrai que dans notre travail, c'est très important le rapport physique à l'œuvre, c'est-à-dire à la déambulation. On a vraiment pris le musée de la chasse comme un livre, un roman graphique qu'on déroulerait. Donc la première espace, c'était l'idée de Rémi Provendier-Cohen, le commissaire, de nous proposer d'habiter l'espace. Donc on a vraiment construit une paroi en bois qui est comme un habitat mais aussi une forêt où on se cacherait avec des œuvres à gauche qui rappellent une éclaircie dans la forêt où on croiserait un bestiaire d'animaux dont on a parlé tout à l'heure. Et à droite, c'est le crépuscule où c'est levé du soleil. C'est un dessin agrandi d'un carnet, de ce que je travaille beaucoup d'après carnet. J'ai toute une phase de recherche de carnets qui après sont agrandis en XXL où en fait on rentre en immersion, comme vous le dites, dans le trait du dessin et du crayon de couleur. Et après on monte dans les étages où là il y a vraiment une narration et un dialogue. Qu'est-ce que ça veut dire d'être au musée ? Qu'est-ce que ça veut dire d'être et d'habiter avec ces œuvres autour de nous parce que chaque salle est déployée dans des thématiques. ? On parlait par exemple de la tapisserie, après il y a l'antichambre des sorcières, parce que là c'était une salle où il n'y a que des chasse-à-cours. L'antichambre c'est aussi la pièce qui va vers le club de la Fondation Sommer. Du coup on trouvait que redire qu'il y a des femmes qui ont existé au siècle où ces œuvres toutes masculines existent. C'était aussi des savoirs. Les femmes, elles étaient souvent sage-femmes, elles étaient herboristes et au XVIIe, on leur a arraché la question des savoirs pour la rétribuer aux hommes. Ça, ça nous semblait assez drôle de les convoquer avec les procès d'animaux aussi qui ont lieu, qui sont assez Enfin, si on les lit, ils sont absolument atroces, mais en même temps c'est quand même assez drôle de prêter des intentions à des cochons, à des chèvres. Enfin voilà, le cochon a beaucoup pris, on va dire. Donc voilà, c'était aussi dialoguer avec tout ce qu'on avait autour de nous, qui nous paraissait important. Comme s'il y avait eu des manques ou des trous, on pouvait nous aussi glisser un autre regard en dialogue. La chasse à sa cour, c'est quand même très codé et ça s'attribue à une certaine classe sociale. Et finalement, de remettre des noms notables et plutôt des femmes du village qu'on excluait ou qu'on mettait de côté, pour diverses raisons, ou dans le pays, par exemple, dans le Pays Basque, en fait, les femmes, elles ont été mal interprétées par Pierre Delancroix, parce qu'en fait, elles ne parlaient pas la même langue, elles dansaient, parce qu'elles étaient seules, sans les hommes, une longue période de l'année. Du coup, elles ont été mésestimées à cause de ça, et jugées. Donc je trouvais ça assez important de voir qu'à un moment donné, On va dire que les animaux ont été au même degré que les femmes ou les hommes parce qu'il y avait aussi des sorciers. Et.
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Du coup, ça, ça me semblait important. Le musée, ça nous a permis aussi des disgressions, de rajouter des choses qui nous semblaient importantes dans la collection qui manquait, on va dire. Pierre Delancre, c'est ce juriste du XVIIe siècle qui se fait remarquer pour ce qu'on a pu appeler la chasse aux sorcières, car il faut le dire et le redire, la période où tant et tant de femmes ont été persécutées, c'est pas le Moyen-Âge, c'est vraiment le XVIIe siècle, le siècle de Louis XIV, quand Louis XIV faisait représenter ses chiens. avec de grands tableaux. On aurait bien aimé avoir d'autres gens qui l'entouraient, lui qui était si seul, plutôt que ses chats qui sont sublimes. Ce sont des tableaux très très beaux, mais il y a quelque chose ici. Nous le disions, ce n'est pas le chien, c'est la représentation du chien. Il y a quelque chose de figé, il n'y a pas de mouvement. Or, vous Aurélien Mauplot, dans le regard que l'on peut avoir sur les parois ornées dans les grottes, Il y a du mouvement. C'est impressionnant. Il y a quelque chose ici par les jeux de lumière, par ce relief même de la roche et puis par la décomposition de ce qui est représenté comme un mouvement continuel. C'est pourquoi ici, ce saisir de.
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Tout cela permet de raconter quelque chose. Ça porte un récit. Il y a l'émotion, elle est évidente, mais il n'y a pas que l'émotion. Il y a quelque chose à dire. Oui, l'émotion se situe à différents endroits, que ce soit face à ces peintures, à ces gravures que l'on trouve dans les grottes ornées, on peut même les retrouver clairement lorsque l'on est dans une réplique. J'étais, pas plus tard que le week-end dernier, à Lascaux 4 et j'étais tout seul. On était tout seul, voilà, entre midi et deux, sachez-le. On peut faire des visites sans guide, juste avec un audio guide et seul, un 14 décembre, c'est parfait. Et donc là, se crée clairement une émotion assez conséquente. Après, c'est compliqué de se dire, est-ce que ça raconte une histoire ? Est-ce que les peintures, est-ce que ces chevaux nous racontent une histoire précise ? Un cheval, on sait que c'est un cheval parce que c'est un cheval, parce que le cheval nous est parvenu. Si on n'avait jamais découvert de cheval ou de mammouth, ni d'éléphant, on ne saurait pas que c'est un mammouth. Parce qu'en fait, on aurait dit peut-être que c'est un animal fantasmagorique, comme une licorne, avec la trompe, deux défenses, ça pourrait faire trois nez. Donc en fait, ça c'est des histoires qu'on peut se raconter. Mais les grottes, ça ne raconte pas forcément toutes les histoires. Ça ne raconte pas forcément une histoire. En revanche, il y a aussi l'histoire de la préhistoire qui est un plongeon qui peut être tout aussi passionnant. Et en réunissant toutes les recherches que j'ai pu faire sur l'après-histoire, dans mon immersion au sein du musée, la découverte de l'histoire de l'après-histoire, effectivement j'ai été amené à créer des récits originaux, des récits qui sont présentés actuellement dans l'exposition. Et tout à l'heure je parlais de palimpsest, et en fait je crois que l'après-histoire est un domaine où tout se mélange, où beaucoup de choses se mélangent. Et donc moi j'ai fait une grande installation qui s'appelle Cheminement, comme une marche d'approche dans la préhistoire, où plusieurs récits convergent. Des récits de l'abbé Breuil, des récits de Léon Palle, qui est un paléontologue des années 70. Donc ça c'est des récits réels et des récits fictifs où j'ai inventé des personnages, que ce soit un groupe de femmes qui marchent dans le désert du Namibie il y a cent mille ans, ou que ce soit Mathilde et Giuseppe, un couple italien dont la femme est partie.
B
Faire des fouilles en Namibie en 1952. Et donc plusieurs récits vont converger comme ça. Un star de la préhistoire où plusieurs récits convergent autour d'un silex ou autour d'un mammouth gravé à Roufignac. Aurélien Mauplot, vous avez utilisé le mot caverne tout à.
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L'Heure pour parler de ces grottes. Et bien sûr, parmi les récits associés au mot caverne, il y a Platon. D'ailleurs, vous avez vous-même travaillé sur Platon. Donc tout est lié dans cette histoire-là. Oui, oui. D'ailleurs, Caverne, c'est une des premières pièces que je réalise dans les années 2010, au tout début des années 2010. Et je me souviens bien, je l'ai faite même à Paris. Et l'oeuvre consistait à effacer le bloc de texte pour ne laisser apparaître que le mot caverne. Parce qu'à l'époque, on me disait que la philosophie était extrêmement difficile d'accès, que le texte de l'allégorie de la caverne était incompréhensible pour le commun des mortels. Et moi, je lisais ça dans le métro et on me disait « Oh non, c'est pas bien de dire ça dans le métro ». Bref. Et en fait, je lis ça et je me dis mais... La première chose de la caverne de Platon, c'est la question de la perception. Le propos politique, on peut y venir, mais ça viendra pour moi plus tard. D'abord, c'est ce que je perçois. La caverne, on a tous une image de la caverne en soi. Tu te trouves au fin fond de la Terre de Feu, au fin fond de la Chine, au fin fond de la Provence. On a tous une image fantasmée ou vécue de la caverne. Et qu'est-ce que c'est que la perception dans une caverne ? Qu'est-ce que c'est que de voir l'extérieur depuis l'intérieur de la caverne ? Et puis, à l'intérieur de la caverne, la perception est telle que tout notre corps se transforme. Et j'ai une petite phrase que j'aime bien, que j'avais écrite dans un de mes.
B
Textes, qui dit que entrer dans une grotte, c'est accepter d'être aveugle. où l'œil devient un sens presque inutile et qui va favoriser le toucher, l'ouïe, et reconnaître tout ce qui peut émerger dans l'obscurité de.
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La grotte. Vous Thibault-Lucas, au fond du trou d'obus, c'est aussi une histoire de perception parce que l'on ne voit pas du tout la même chose. C'est un peu votre caverne au cœur de la Première Guerre mondiale. Oui, je pensais exactement à ça. Une caverne à ciel ouvert, donc a priori tout l'inverse, mais en fait exactement la même chose. Et c'est vrai que de rester 15 heures, je m'étais vraiment fixé la règle de ne pas sortir la tête de mon trou d'obus. Aujourd'hui, bien sûr, c'est un protocole artistique, mais à l'époque, c'est une question de survie. Et du coup, oui, on est complètement, on se retrouve seul face à soi-même. Alors à l'époque, je pense qu'ils étaient souvent par deux, par trois dans les trous d'obus, donc les choses peuvent être différentes. On peut aussi être accompagné comme dans... Comme à l'Ouest, rien de nouveau de quelqu'un qu'on a tué avant. Donc c'est encore une autre histoire. Donc tout ça, moi je ne peux pas m'imaginer ça. Mais par contre, être seul dans ma caverne, c'est exactement ce qui m'est arrivé. Et je pense que la nuit m'a aidé à ça. Quand tu parles d'être aveugle, je pense que c'est ça. Je pense que j'ai dû avoir besoin de devenir aveugle. J'ai eu besoin de la nuit comme un voile, un peu à l'image des encres bleues dont je vous parlais tout à l'heure. pour mieux révéler. Et je pense qu'il y a vraiment une histoire de voilée dans mon travail, notamment une salle avec une vidéo et aussi un son que j'ai créé avec Jean-Marc Forax, avec de la musique drone. Et du coup, dans cet univers de vidéo, je me rends compte que toutes mes vidéos avaient en fait un filtre naturel. Ça pouvait être la pluie, ça pouvait être la vitre très abîmée d'un car où j'étais parti avec des historiens. Et du coup, le principe du voile, je me suis aussi beaucoup intéressé au motif de la tente. Puisque la tente, pour vous donner une petite anecdote concrète sur un des nombreux éléments qu'on peut trouver aussi dans le musée. Le musée qui est très dense en objets et en histoire. La tente, bien sûr, c'est un objet qui est fait pour se protéger de la pluie, notamment. Bon, alors la pluie, vous imaginez bien que la pluie face aux obus est un petit sujet. Mais ce qui est intéressant avec cette toile de tente, c'est qu'en fait tous les soldats avaient cette toile de tente sur eux. Du coup, c'est aussi ce qui va leur servir de linceul quand ils seront morts, puisqu'on trouve systématiquement une toile de tente sur un cadavre. Et je trouvais que ce rapport à la fois de l'enveloppe qui vient cacher, c'est un peu ce que j'ai ressenti peut-être avec ces feuilles mortes qui viennent recouvrir de façon très pudique ce champ de bataille. Je n'ai pas cherché, on n'a pas le droit de creuser sur la terre sacrée qui est là-bas, on n'a pas le droit de creuser la terre. Et du coup, il y a une oeuvre notamment qui s'appelle Reposer où j'ai simplement posé mon... alors ça s'appelle un sac à viande. Vous voyez ce que c'est, du coup c'est le sac qu'on met dans le sac de couchage. Alors je dormais pas qu'avec ça, je dormais aussi avec mon sac de couchage, mais pour le coup je trouvais que c'était intéressant de laisser le sac à viande tel quel, qui a quasiment la même couleur que le blanc crème, comme une toile de tente d'époque. Et du coup j'ai simplement posé mon sac à viande sur un lit de feuilles mortes. Et je pense qu'il y a ce rapport, je vous parlais de ce qui affleure, de ce qui reste, mais en fait c'est aussi ce qui voile. J'aime bien l'idée de pudeur. C'est tellement énorme, c'était tellement un enfer que je ne peux pas me permettre de vous dire, je vais vous raconter l'enfer, moi je ne peux que vous parler presque du paradis qu'est aujourd'hui la forêt domaniale de Verdun. Et en fait, ce qui est intéressant, et je pense que c'est là où il y a art, c'est justement quand il y a tension entre deux choses irréconciliables ou impossibles à entendre. C'est presque l'inverse de la politique qui essaie de simplifier.
B
En disant voilà c'est une chose et pas l'autre. Et bien là non, c'est tout l'inverse, c'est à la fois l'enfer et à la fois le paradis, et démerdez-vous avec ça. aujourd'hui quand on se balade à Verdun. Et on comprend pourquoi les musées ont besoin des artistes, parce que le musée fige l'objet, la besace d'un militaire, c'est une besace de militaire. Les éléments de chasse que l'on voit au musée de la chasse et de la nature, C'est un fusil. Sauf que tout cela recontextualisé, pareil, dans les grottes, ce sont des odeurs qu'il est difficile de mettre en place, des perceptions. Et parmi tout ce que vous.
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Avez pu évoquer, Thibault-Lucas, avec cette tente sur le soldat, il y a la question des vêtements. Ce n'est pas la même chose un uniforme représenté dans la vitrine d'un musée et un uniforme porté par un poilu. Il est évident que dès le début, et il faut bien se mettre cela dans la tête et dans la mémoire, surtout alors ceux qui n'ont pas vécu ces moments-là, nous étions partis en juillet dans des uniformes, dans notre tenue de campagne. Et cette tenue de campagne, pratiquement, pour la plupart d'entre nous, nous n'en sommes sortis, je ne dis pas nous l'avons changé, nous l'avons quitté, mais nous n'en sommes littéralement sortis qu'au printemps de 1915. Cela suppose beaucoup de jours et beaucoup de nuits dans la même voiture. Nous vivions par ailleurs, à peu près constamment, dans la boue. dans le fumier. Et je vous laisse à penser ce que, à travers des, par exemple, des traversées de bois épineux, à travers des nuits passées sur le gravier, à repousser, je me rappelle très bien, certaines nuits au début dans les tranchées de la Meuse.
B
Où nous luttions, nous nous battions littéralement contre des plaques de schiste que nos piques n'arrivaient pas à détacher, Alors, je vous laisse à penser dans quel état, après quelques mois de ce régime, pouvaient être nos vêtements. Maurice Genevoix qui témoignait en 1965 sur ce vêtement porté si longtemps, non enlevé, non lavé, couvert, debout. Avec ici, Florentine Lamarche-Ovis, tout ce qu'on évoque. Parce que parler de l'animal, c'est la même chose. Un animal empaillé, c'est un animal figé, propre, qui ne sent rien. Un animal représenté, c'est un animal qui pose. Comment approcher ici cette diversité ? Moi, je trouve que la démarche que vous avez adoptée, c'est aussi explorer les imaginaires. C'est comment.
F
À travers les fables, à travers l'illustration, on peut avoir tant et tant d'images d'animaux qui nous viennent en tête, avec des couleurs qui sont éclatantes, avec un foisonnement et avec, vous l'avez dit aussi, des sourires de l'humour. L'idée, c'est vrai que moi j'avais travaillé au muséum d'histoire naturelle de Bourges avec les conservateurs sur la question de la taxidermie et c'est vrai que ça m'avait un peu, s'il y avait eu des moments très difficiles, sur la question des collections, parce que du coup il y avait tous les animaux, tous les oiseaux empaillés en fait qui revenaient des prises, voilà, des expéditions, on va dire, dans les pays dits exotiques. Et puis, il y avait aussi... Des fois, ils ouvraient des grands congélateurs avec des animaux que les gens leur avaient rapportés, en fait, qui avaient été... qui avaient choqué une voiture. Et puis, du coup, ils m'ont expliqué qu'ils ont gardé tous ces animaux parce que l'animal, en fait, il... Il s'adapte beaucoup plus vite que nous à la progression du monde. Par exemple, un pigeon n'a rien à voir avec... Le pigeon du XIXe n'est pas le pigeon du XXIe siècle. Il est fuselé comme un concorde pour pouvoir être dans des gratte-ciels. Et toute cette histoire-là, moi, ça m'avait fascinée. Je me suis dit que dans l'exposition, j'avais aussi envie qu'on voit tout ce qu'on peut imaginer d'un animal, donc de son mythe à l'imaginaire qu'on a de lui, à sa rencontre avec un regard muet, comme un portrait qu'on pourrait faire d'un humain. Et les odeurs, franchement, au Muséum d'Histoire Naturelle de Bourges, c'était quelque chose d'incroyable. La naphtaline, les anti-mythes, tout ça, c'est en même temps complètement anti-naturel de conserver cette forme mutique qui serait un nichoir un micro-organisme. Et c'est vrai qu'au musée, moi ce qui m'aime beaucoup aussi, parce qu'on a vécu aussi la nuit au musée pour le montage, il y a plein de caches à anti-mythes et tout ça. Et donc je trouve que c'est toujours repousser la nature, c'est le musée de la nature, mais il faut la repousser parce qu'elle a toujours envie de venir se nicher dans tous ces poils magnifiques qui sont poudrés.
B
D'Anti-Mythes, d'anti-puce. Il y a tout ça dans ce musée. Ce qui se trouve assez génial, c'est la rencontre de la représentation de l'animal et en même temps, repousser l'animal pour pas qu'il vienne nicher dans des habitats incroyables. Ce musée, c'est le musée de la chasse et de la nature à Paris, Florentine Lamarche Obis. Un cabinet de.
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Curiosité absolument fou, ce musée, parce que le musée accueille l'exposition et puis l'ensemble de la démarche artistique, la licorne, l'étoile et la lune. Mais il y a les collections permanentes et c'est toujours incroyable de visiter ces lieux-là. Oui, c'est vrai que c'est un musée. Ce que j'ai adoré aussi... Si on a demandé d'être une habitante du musée... Avant, j'étais visiteuse. Maintenant, je suis habitante de ce musée. J'adore découvrir les gens qui viennent le visiter. Il y a ceux qui le découvrent pour la première fois et qui sont assez surpris parce que ça repousse comme ça attire. Il y a vraiment un vrai travail de la collection et de ce qu'elle raconte dans le monde contemporain. Et il y a aussi les habitués qui viennent et qui redécouvrent à chaque fois un détail, un appât, les apôts pour appeler les animaux, enfin voilà en fait à quel point l'animal en fait est proche aussi, en fait comment l'homme va en fait faire semblant, ou l'humain, va faire semblant d'être un animal pour l'approcher, l'appâter, dialoguer ou pas, ou le tuer, enfin il y a tout ce rapport, enfin il y a aussi beaucoup de, c'est un.
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Peu je t'imagine comme au muséum d'après-histoire, En fait, il y a tous ces outils qui sont faits pour être des leurres, pour devenir des animaux ou redevenir. Donc ça, je trouve ça incroyable. Oui, c'est un musée génial. Aurélien Mauplot, le musée national de la préhistoire des Zézis, donc ça se trouve en Dordogne. Le site est exceptionnel là aussi. Alors, quand on est hors du musée.
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Déjà, c'est exceptionnel. Mais alors, quand on rentre dans le musée, c'est une plongée dans le passé avec suffisamment de médiations, d'explications. C'est ça qui est important, c'est faire comprendre. Et l'artiste arrive ici pour donner une explication supplémentaire. Oui, alors là, on aborde presque la place de l'artiste dans l'institution. Et nous, on a vraiment abordé ça, questionné ça, parce que la résidence devait y durer initialement trois mois et elle en a duré trois ans. Et donc, l'idée, c'était comment on fait, comment on intègre un artiste dans un musée comme ça ? Quelle est sa place ? Quel est son rôle ? Effectivement, j'ai dû vraiment m'immerger et travailler en corrélation avec les équipes jusqu'à fabriquer un projet fédérateur. C'était vraiment l'idée dès le départ d'avoir un projet de collaboration avec une partie de l'équipe en tout cas. Et au bout de trois ans de difficultés à trouver la bonne idée, en somme, on est arrivé à force de discussions avec des agents d'accueil et de surveillance et avec l'équipe de conservation à aboutir à l'idée de se servir d'un dispositif muséographique qui a été mis en place dès 2022 à l'arrivée de la prise de direction de la nouvelle directrice Nathalie Fourment. et qui est intitulé « Le musée sort de sa réserve », qui est un projet qui consiste à extraire des éléments de la collection qui ne sont jamais montrés au public. Et donc là, on a proposé à l'ensemble du personnel du musée d'aller sélectionner, avec tout un protocole de sélection, de sélectionner un élément de la collection de leur choix. Ce qui fait qu'on a eu 100% de participation, évidemment. Enfin évidemment, c'était pas gagné quand même. Et donc on a une petite exposition dans l'exposition des mondes invisibles, donc une exposition au musée, qui réunit près d'une.
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Centaine d'éléments aussi variés qu'un moulage d'un mammouth, d'un petit éléphanteau trouvé dans le permafrost. que d'une feuille de laurier, donc un silex taillé d'une précision inouïe, comme les clés qui ouvrent le château d'Aparah, qui était l'ancien musée des Aïzis, ouvert en 1923. Voilà, il y a vraiment ces approches, parce qu'on ne le dira jamais assez, mais c'est par la pluralité des démarches que l'on permet de saisir à un moment de l'histoire une histoire, et puis donner aussi le goût de l'histoire, l'envie d'aller plus loin. Dans le cas, Thibault-Lucas, du mémorial de Verdun, de terre. Voyage d'un artiste au cœur du champ de bataille. Nous le savons, dans les musées, il y a l'aspect muséal. Ce qui se visite, il y a toute la médiation et elle est exceptionnelle parce que sans ça.
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On ne comprend rien à tous ces guides conférenciers. Et puis aussi, les aspects pédagogiques et la démarche artistique, elle l'accompagne l'ensemble. Elle apporte quelque chose d'autre parce que, vous l'avez dit, C'est tellement intense, ici, cette histoire sur laquelle s'appuie cette démarche artistique. Oui, à vous entendre, et tous les trois, j'avais envie aussi de revenir sur l'aspect cabinet de curiosité qu'il y a dans un musée d'histoire. Un côté aussi sacralisé, on sacralise les objets, c'est des objets a priori qui n'auraient pas eu l'intérêt s'il n'y avait pas eu la guerre, donc ils sont chargés, très bien. Dans un musée d'art, Pareil, finalement, on vient sacraliser une œuvre d'art en la mettant sur un socle, en l'encadrant, etc. Et c'est vrai que j'ai voulu jouer un peu de ces codes. Par exemple, vous entrez dans l'exposition et ça commence par... J'ai essayé de représenter un cratère à partir des anciens soclages et cimaises d'exposition qui allaient partir à la Benne. et j'ai récupéré tout ça, alors il s'avère que c'est du médium, alors le médium éclaté au Merlin, à la masse, ça ressemble, il y a un côté, en tout cas c'est à la couleur de la terre, et j'ai fait plusieurs installations comme ça avec le soclage, j'ai joué aussi de ces codes en faisant avec les équipes du musée un cabinet de curiosité, à proprement parler, avec différents objets, alors mes objets, pour le coup, ne sont pas d'un.
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Point de vue historique intéressant, Mais vous.
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Allez très vite comprendre, quand je vous parle d'un petit reste de rotofils, de câbles de rotofils sur le fort de Douaumont où ils coupent l'herbe, ben voilà, moi j'ai exposé des choses comme ça, j'ai exposé... Le rotofil, c'est l'engin qu'on utilise pour couper l'herbe ? Exactement, pour couper l'herbe. Ah oui, mais d'aujourd'hui ? D'aujourd'hui, voilà. Bon ben forcément, moi j'y vois autre chose. Quand on sait le nombre de vies qui ont été fauchées, de jeunes vies qui ont été fauchées, C'est vrai que l'herbe, je me suis identifié aussi, ou j'ai identifié les soldats en tout cas à l'herbe, aux arbres, aux feuilles mortes, mais notamment aux herbes. Il y a notamment un poème de Karl Sandburg qui a été écrit en 1918, qui s'appelle Grass, et qui dit, je suis l'herbe, je couvre tout. Et puis il gueule comme ça, laissez-moi travailler, je suis l'herbe, laissez-moi travailler. Et j'aime bien cette idée de l'herbe qui vient recouvrir, faire son travail peut-être d'historien à la fois révélé et en même temps se nourrir de ce qui s'est passé et puis en même temps pour recouvrir pour passer à autre chose. Et j'ai un vrai travail de collecte. qui avait un écho avec ce travail de collecte des historiens et des collections du musée, où j'ai un petit peu joué avec pour essayer de montrer qu'en fait, ce qui est intéressant en histoire, enfin ce qui.
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Est intéressant, c'est de changer l'œil du visiteur plutôt que de lui dire ce qu'il faut regarder. Donc du coup, en lui montrant des feuilles mortes, Mon exposition est une porte ouverte vers le champ de bataille pour voir les feuilles mortes et la forêt autrement. Mais toutes vos expositions et les démarches artistiques, ça nous donne un autre regard sur les œuvres des collections permanentes. Quand ces œuvres sont dans les collections permanentes ou une exposition à côté, quand ça nous accueille, c'est un moyen ici de se plonger dans l'histoire. La licorne, l'étoile et la lune au musée de la chasse et de la nature. Merci beaucoup Florentine Lamarche-Ovise avec Alexandre Lamarche-Ovise. Thibaut Lucas, ça c'est au mémorial de.
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Verdun. De terre voyage d'un artiste au cœur du champ de bataille. Merci Aurélien.
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Mauplot. Les mondes.
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Invisibles au musée national.
B
De la préhistoire des Aisées. Prochain épisode dans le cours de l'histoire, musique médiévale. Et oui, nous partons à la recherche du son des troubadours. Vida verra l'uc se merces Vus facas el pedunquecus usces Sic el pesat se oblide falir.
Episode: Art et archives, une histoire d'émotions : Préhistoire ou Verdun, quand le passé inspire l'art contemporain
Date: December 22, 2025
Host: Xavier Mauduit
Guests:
This episode explores the profound relationship between the traces left by the past—whether prehistoric cave paintings or the scars of Verdun—and how these continue to inspire and inform contemporary art. Through conversations with artists whose work is rooted in direct engagement with archives, memorials, and museums, the episode examines how the act of “collecting traces” becomes a creative, emotional, and interpretive gesture, meditating on memory, sensibility, and our ongoing dialogue with history.
"Je venais comme ça me mettre dans les mains, déposer ma main, comme créer une relation presque physique avec un individu... qui avait 20 000 ans." (22:44)
"Je me suis surtout posé la question de la légitimité de l'art face à tout ça." (04:40)
"J'ai compris qu'en fait [les arbres] étaient les descendants des 80 000 morts qui sont encore sur le champ de bataille." (07:44)
"En fait, moi, je me considère pas forcément comme un humain, mais plutôt comme un paysage à microcellules..." (09:00)
"Les femmes, elles étaient souvent sage-femmes, elles étaient herboristes…il y a aussi des sorciers...les animaux ont été au même degré que les femmes ou les hommes." (35:40)
"La disproportion, elle est gigantesque ... même eux [anciens combattants] n’arrivaient pas à parler, ils ne se sentaient pas compris." — Thibaut Lucas (23:27)
On the bestiary of love:
"C'est comme un fossile qu’on retrouverait et qu’on ne pourrait pas... L'association, ça fait des haïkus assez étranges, ce livre. Et du coup, on les a traduits en dessin à la gouache et à l’encre de chine..." — Florentine Lamarche-Ovise (12:27)
On the poetic failure to "represent":
"J’ai écouté pas mal d’archives...qui parlaient même d’irreprésentabilité de ce qu’ils ont vécu." — Thibaut Lucas (23:27)
On perception in the cave:
"Entrer dans une grotte, c’est accepter d’être aveugle, où l’œil devient un sens presque inutile..." — Aurélien Mauplot (41:05)
On history’s plurality:
"...c’est par la pluralité des démarches que l’on permet de saisir à un moment de l’histoire une histoire, et puis donner aussi le goût de l’histoire, l’envie d’aller plus loin." — Xavier Mauduit (53:39)
On the cover of grass:
"Il y a notamment un poème de Karl Sandburg qui a été écrit en 1918, qui s'appelle Grass, et qui dit : je suis l’herbe, je couvre tout. Et puis il gueule comme ça, laissez-moi travailler, je suis l’herbe, laissez-moi travailler." — Thibaut Lucas (56:02)
This evocative episode is a journey through spaces where history, memory, and contemporary sensibility meet: war craters become cradles and graves; ancient handprints reach out to present hands; animal forms flicker between fable, trophy, and companion. Art here is not a solution but a gesture—often humble—towards understanding, connection, and remembrance.
Further Listening:
If you're intrigued by these discussions, visit the Musée national de Préhistoire (Dordogne), Mémorial de Verdun, or Musée de la Chasse et de la Nature (Paris). Each institution—through its curators, collections, and invited artists—acts as a living conduit for history’s enduring traces.
Next episode: The history of medieval music and troubadours.