
Du partage de la Palestine à la création de l’État d’Israël
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Narrator
Le cours de l'histoire.
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit.
Host/Interviewer
Du partage de la Palestine à la création de l'État d'Israël. En février 1947, la Palestine fait la une des journaux et les questions du départ des Anglais qui font de la Palestine un vaste camp retranché d'un projet d'un gouvernement tripartite arabe, juif, anglais et même d'un régime de tutelle sous l'égide des Nations Unies. Il est aussi question du problème palestinien de troubles, d'impasse, d'évacuation de mesures militaires. Le 29 novembre 1947, l'ONU vote le plan de partage de la Palestine, la résolution 181. Quelques mois plus tard, le 14 mai 1948, David Ben Gurion proclame l'état d'Israël.
Arab Representative
Il racontait au monde entier, c'est une
Xavier Mauduit
terre sans peuple pour un peuple sans terre. C'était le pire des mensonges.
Jewish/Israeli Perspective Speaker
Nous habitions Jérusalem quand Londres était encore un désert.
Arab Representative
À l'ONU, des peuples libres se sont prêtés à cette honte. qui est le partage de la Palestine.
Émile Najar
L'Organisation des Nations Unies vient de proclamer le droit des Juifs à un État. Cette décision est en soi un événement d'une portée historique et morale incalculable.
Alain Dikhoff
Et les gens partent.
J. Hansfer
En quelques jours, un pays disparaît.
Jewish/Israeli Perspective Speaker
Dans l'État d'Israël de 1953, Jérusalem, dont
Narrator
on va fêter au printemps prochain le
Jewish/Israeli Perspective Speaker
troisième millénaire, a gardé son prestige uni.
Host/Interviewer
Un mélange d'archives qui évoque ce moment très particulier de l'après Seconde Guerre Mondiale. Nous sommes dans ces années 1947-1948. Bonjour Alain Dicoff.
Alain Dikhoff
Bonjour.
Host/Interviewer
Année très particulière pour cette région du monde. On peut rappeler tout simplement en quelques mots, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, cette région, la Palestine. est dominée par qui? Qui s'occupe de ce territoire-là?
Alain Dikhoff
Les britanniques puisqu'ils ont obtenu le mandat en 1922 officiellement mais ils étaient en réalité déjà présents dès la fin de la première guerre mondiale en 1918 sous un régime militaire qui est ensuite devenu un régime civil. C'est un mandat que la Société des Nations, l'ancêtre de l'ONU, leur a conféré. Et dans ce mandat, il y a une clause évidemment très importante pour ceux dont nous parlons aujourd'hui, la clause qui prévoit que le gouvernement de sa majesté doit en fait faire tous les efforts pour permettre la création d'un foyer national juif. en Palestine. Donc c'est évidemment ça qui est très important. Il est précisé en même temps qu'il ne faut pas que la création de cet état porte atteinte aux droits civils des populations locales.
Host/Interviewer
Les populations arabes qui, déjà dans la formulation d'Alain Dikhoff, on sent bien que la tension est déjà présente. Création d'un état sans porter préjudice à des populations locales, compliqué.
Alain Dikhoff
Exactement. En fait, la contradiction est dans le germe du mandat, en fait. Et les britanniques vont, pendant tout l'entre-deux-guerres, tenter quelque chose d'impossible, à savoir de concilier ces positions et même, quelque part, ces obligations, en réalité, contradictoires.
Host/Interviewer
Juste à côté de la Palestine, il y a le Liban, et avec nous aujourd'hui, dans le cours de l'histoire depuis Beyrouth, J. Hansfer, bonjour.
Xavier Mauduit
Bonjour.
Host/Interviewer
Vous êtes historienne, professeure à l'Université libre de Bruxelles. On peut rappeler que les français sont aussi très proches dans ces mandats. Il y a le mandat britannique qui concerne la Palestine et bien d'autres territoires. Et les français sont juste à côté. En 1947, ils en sont où les français d'ailleurs?
Xavier Mauduit
Ils sont déjà partis. Le Liban a obtenu son indépendance en 1943. Il y a encore des troupes françaises jusqu'en 1946. Et en 1947, le Liban est fraîchement indépendant. C'est un pays qui est très fragile économiquement, politiquement. Et il est basé sur un système politique qui sévit encore, qui est la distribution des postes politiques administratifs selon l'affiliation confessionnelle.
Host/Interviewer
Et avec nous aujourd'hui dans le cours de l'histoire également, Yann Scholdo-Zucker, bonjour. Vous êtes historien chargé de recherche au CNRS et nous échangeons, vous êtes à Jérusalem, nous sommes au studio de Radio France à Paris. On peut aussi évoquer dans cette composante que nous essayons de dresser pour comprendre la situation en cette sortie de seconde guerre mondiale, la population juive en Palestine. est déjà présente. Il y a le résultat d'un long mouvement, le sionisme depuis le XIXe siècle. Il y a beaucoup de juifs présents en Palestine à ce moment-là?
Jewish/Israeli Perspective Speaker
La question, évidemment, est celle de l'immigration, c'est-à-dire que le futur État israélien va se constituer principalement autour de mouvements migratoires, d'abord jusqu'en 1948, principalement venus d'Europe, et donc la population va effectivement passer à un million de populations juives entre 1949 et 1950. et la population juive va devenir majoritaire après les guerres israélo-palestiniennes de 1948. Donc de quelques 300-400.000 personnes présentes avant la création de l'Etat, la redistribution de la population qui va se faire après 1948. va rendre la population juive majoritaire et va être construite principalement par les flux migratoires.
Host/Interviewer
Et comme toujours pour comprendre l'actualité de 1947, il faut faire un petit tour en arrière en 1917.
J. Hansfer
En 1906, un leader du sionisme anglais, Heinrich Weizmann, chimiste d'origine russe, alors chargé de cours à Manchester, mais qui sera un jour le premier président de l'État d'Israël, rencontre Arthur Balfour. Rencontre qui portera ses fruits. Balfour s'étonne que les sionistes aient refusé l'offre anglaise d'un territoire en Afrique du Sud.
Jewish/Israeli Perspective Speaker
L'Ouganda n'est pas Jérusalem. Et ne le sera jamais. Nous avons attendu 2000 ans. Attendons encore jusqu'à ce que Dieu tienne sa promesse envers nous. Seriez-vous d'accord, vous, Anglais, d'abandonner Londres?
Alain Dikhoff
Mais Londres est à nous.
Jewish/Israeli Perspective Speaker
Nous, nous habitions Jérusalem quand Londres était encore un désert.
Alain Dikhoff
Combien de sionistes comme vous comptent le peuple juif?
Jewish/Israeli Perspective Speaker
Dans ma ville de Pinsk, Vous pourriez paver toutes les rues avec des juifs comme moi.
Alain Dikhoff
Et bien s'il en est ainsi, vous triompherez un jour.
Host/Interviewer
Une fiction radiophonique autour de la déclaration Balfour, cette déclaration de 1917 d'Arthur Balfour, le secrétaire d'état britannique aux affaires étrangères, qui promet un foyer national juif. Alain Dikhoff, on a entendu parler de l'Ouganda ici. Mais oui, c'est ça, un foyer national juif, mais où?
Alain Dikhoff
Alors en effet, parce qu'au départ, le mouvement sioniste avait surtout un objectif qui était d'avoir un territoire pour les juifs. Herzl, qui est le grand, disons, leader du mouvement sioniste à la fin du XIXe siècle, dans son manifeste « L'état des Juifs », est d'ailleurs indécis. Il dit soit la Palestine, soit l'Argentine. Alors l'Argentine, parce que c'était un territoire où à l'époque il y avait une immigration assez forte de peuples venus d'un peu partout d'Europe, mais il y avait aussi des juifs qui étaient dans ces flux migratoires qui sont allés vers l'Argentine, d'où en effet la mention de l'Argentine. Mais en réalité... Tout de suite après sa mort, c'est-à-dire en 1905, il y a un congrès sioniste qui se tient et qui très clairement affirme qu'il y a une seule destination possible, c'est la Palestine. Et ce qui est intéressant, c'est que ceux qui soutiennent cette option, contrairement à ce qu'on peut penser, ce ne sont pas des religieux. Ce sont des laïcs, je dirais membres de l'intelligentsia, disons russo-polonaise, pour faire vite, qui sont en même temps très ancrés quand même dans une culture juive, pour lesquelles il est très clair qu'on ne peut pas imaginer la construction d'un état juif ailleurs que sur la terre, entre guillemets,
Host/Interviewer
des ancêtres. Il y a cette logique qui nous conduit vraiment du XIXe siècle jusqu'en ces années-là, mais c'est un long mouvement. Tout ne se crée pas en 1947-48 quand il faut créer un état juif, très très loin de là, avec quand même, j'ai hâte de se faire la situation de ces territoires-là. Alors qu'il s'agisse de la Palestine ou du Liban, où nous trouvons-nous? C'était l'Empire Ottoman, démantelé, confié en mandat aux Français côté Liban, aux Britanniques côté Palestine, mais nous sommes sur des territoires qui sont déjà extrêmement bouillonnants. En fait plusieurs histoires se mêlent, il y a une forme de colonisation aussi ici de la part
Xavier Mauduit
des Britanniques. Oui tout à fait. Alors ce qu'il faut retenir aussi c'est que 1917 c'est la déclaration de Balfour, 1916 ce sont les accords de Saïx-Picot. On est en train de redessiner le Moyen-Orient après l'éclatement de l'Empire Ottoman. Donc avant cela, on a des provinces ottomanes qui étaient peuplées par des arabes et qui circulaient plutôt librement. Après la défaite de l'empire ottoman aux côtés de l'Allemagne, le Moyen-Orient sera dépecé, le Liban et la Syrie seront sous mandat français et la Palestine sous mandat britannique. Et donc on a une réinvention des populations avec des recensements, des classements comme par exemple les britanniques qui vont classer la population palestinienne selon la race, l'ethnie et la religion. Donc on va avoir les arabes, les juifs, les musulmans, les chrétiens et les juifs. Et puis il y avait une autre catégorie qui était les autres où on a classé les druzes parce qu'on n'arrivait pas à les mettre sous la catégorie chrétien, arabe
Host/Interviewer
ou musulman. Yann Scoldiu-Zucher, ces identités qui se forment, c'est vraiment un phénomène lié au colonialisme, créer des identités très nettes, souvent pour dominer
Jewish/Israeli Perspective Speaker
plus facilement. C'est certain, l'administration britannique va aussi prendre en considération la présence juive qui devient importante par l'immigration. Ce qu'il faut ajouter, c'est que la période de l'entre-deux-guerres est celle de la création de la proto-administration israélienne. Les autorités britanniques vont laisser aux populations juives qui s'organisent le soin de s'organiser aussi en administration, notamment l'agence juive, qui n'est pas encore une agence d'immigration, mais qui est une instance de représentation, et qui laisse aux Juifs la possibilité de s'organiser pour discuter avec les autorités mandataires. Et donc cette période de l'entre-deux-guerres, c'est aussi celle où, finalement, toute la proto-administration israélienne commence à s'organiser, à être mise
Host/Interviewer
en place. Que se passe-t-il, Yann, pendant la seconde guerre mondiale? Les britanniques ont encore la main sur
Jewish/Israeli Perspective Speaker
ces territoires-là? Les Britanniques ont la main sur ces territoires-là, bien sûr, mais par contre, il va y avoir ce que l'on connaît tous sous le nom de livre blanc, une restriction de l'immigration des populations juives européennes, et même un ferme combat contre l'immigration juive depuis le milieu des années 30. Et donc la population juive est empêchée de pouvoir venir se réfugier dans les territoires mandataire britannique et cela va aussi peser très fortement sur les relations entre les populations juives et les populations britanniques au moment de la
Xavier Mauduit
guerre évidemment.— Oui. Alors justement, à propos du Livre blanc et suite à... Donc c'est un Livre blanc qui va être fait, proposé par l'administration britannique pour réduire l'immigration. Et donc on va avoir des manifestations. Mais en même temps, entre 1936 et 1939, on a ce qu'on appelle la Grande révolte arabe. où vous avez la population des campagnes comme des villes qui vont se soulever pour à la fois contrer l'émigration juive en Palestine et s'opposer à l'administration britannique. Et c'est à ce moment-là que le keffiyeh, qu'on connaît aujourd'hui comme étant le symbole de la lutte nationale palestinienne, va s'ériger et on va le porter à la ville comme à
Host/Interviewer
la campagne. Oui, la question palestinienne, Alain Indikoff, n'est pas une question qui naît là aussi en 1947-48, on l'entend bien, ses tensions sont antérieures. Tout ça c'est vraiment nécessaire pour comprendre en fait ce phénomène après la Seconde
Alain Dikhoff
Guerre mondiale. Oui, les tensions sont tout à fait antérieures à la guerre de 1947-1949. Elles apparaissent en particulier dans l'entre-deux-guerres, avec le monde impossible dont nous avons parlé, des britanniques. Et en fait, toute cette période est marquée... Alors il y a des périodes de calme quand même, il ne faut pas tout noircir, mais dès 1921, il y a des troubles. Il y a des troubles très importants en 1929. au cours desquels, en particulier dans ce qu'on appelle les villes saintes du judaïsme, en particulier à Hebron, il y a des violences et où des juifs sont massacrés par par la population locale, d'ailleurs des juifs orthodoxes qui étaient passionnistes, d'ailleurs, il convient de le souligner. Et ensuite, en effet, comme cela a été dit, une période très importante, 36-39. Donc la grande révolte arabe, qui est surtout, à mon avis, enfin qu'il faut surtout voir en effet, alors bien sûr, Au cours de cette révolte, les militants palestiniens s'en prennent aussi aux localités où se trouvent des juifs, qui riposent d'ailleurs, qui commencent à développer une stratégie offensive d'un point de vue militaire à cette période-là. mais également qui s'oppose beaucoup aux britanniques en fait. C'est essentiellement quand même une lutte contre les britanniques, mais qui va s'achever par leur défaite. Trois ans c'est long et ils arrivent en fait exsangues en 39, au moment précis où les britanniques, et c'est intéressant je crois de le marquer que c'est au même moment que ça se passe, adoptent le libre blanc de 39. qui est ce livre blanc, qui restera non seulement l'immigration, mais aussi la vente des terres aux juifs. Et 39, évidemment, ce n'est pas une date innocente. Ça veut dire que les Britanniques vont mettre en œuvre, en fait, une limitation de l'immigration au moment où elle aurait été le plus nécessaire. Cela dit, même dans la pratique, elle aurait été très vite impossible, étant donné l'éclatement de la guerre
Host/Interviewer
en Europe. Et cette histoire d'immigration des juifs qui quittent l'Europe, et pas seulement l'Europe d'ailleurs, pour trouver un refuge, ce foyer national juif en Palestine, prend une toute autre mesure après la Seconde
Narrator
Guerre mondiale. Fort debout. C'est là que, depuis plus d'une semaine, les émigrants de l'Exodus attendent. Depuis plus d'une semaine, dans leurs trois rafios, ces malheureux, recoulés d'une terre promise qu'ils tentaient d'atteindre, attendent qu'une décision leur permette de reprendre, vers quels rivages, leur triste aventure. Seuls, les malades, les fous et quelques enfants ont été autorisés à débarquer par les dirigeants sionistes du bord. Ceux-ci en effet se refusent à tout compromis et exigent de leurs compagnons une ténacité qui, pensent-ils, finira par avoir raison des règlements, des prescriptions et des quotas. 80 seulement des 4500 exilés en quarantaine volontaire ont donc été débarqués. Les compagnies républicaines de sécurité montent la garde autour de ce drame humain. Une garde brutale et sans nuance, dont les excès s'adressent particulièrement aux journalistes. Sur l'eau, les 4500 volontaires de la terre promise, les 4500 quêteurs de patrie, patientent et espèrent dans leur cage flottante. Quel sol les accueillera? Où s'arrêtera leur voyage? Et l'on parlait dans les légendes du
Host/Interviewer
juif errant. Les actualités françaises en août 1947 qui évoquent un navire qui arrive à Port-de-Bouc, c'est dans les Bouches-du-Rhône, pas très loin d'Istre. Yann Scolios-Uquer, c'est quoi cette histoire
Jewish/Israeli Perspective Speaker
de l'exodus? L'histoire de l'exodus, c'est l'histoire de bateaux migrants qui vont être affrétés pour forcer le blocus britannique qui empêche le débarquement, principalement dans les deux ports de l'époque, qui est le port de Tel Aviv et surtout le port de Raïfa, d'empêcher le débarquement de tous les réfugiés, tous les survivants de la Shoah. Et donc, l'exodus va être un grand symbole qui va remuer le monde entier parce qu'il est principalement composé de survivants de la Shoah et il est interdit d'entrer dans les eaux palestiniennes, les eaux mandataires, et il est renvoyé à son port d'origine. Mais derrière l'image de l'exodus, ce sont les centaines de bateaux qui sont arraisonnés, arrêtés, en mer, conduits jusqu'à Raïfa, et dont la population migrante, clandestine, qui n'est pas autorisée à débarquer, est renvoyée dans les camps, notamment à Chypre. Et donc l'exodus sert simplement de symbole pour forcer les autorités mandataires à changer de politique, puisque nous avons en Europe un nombre extrêmement important de populations survivantes, de populations déplacées, et qui souhaitent aussi appliquer les origines du sionisme, c'est-à-dire d'avoir une terre refuge pour la population juive, et principalement la population juive survivante après les massacres de la seconde guerre mondiale. L'exodus est un symbole terrible, terrifiant, mais qui a eu un peu tendance à cacher toute cette immigration clandestine et les populations arrêtées et renvoyées dans des camps à Chypre. Si bien que toute la politique migratoire du jeune Etat israélien, entre 1948 et 1950, va être de faire rentrer d'abord les populations arrêtées dans les camps à Chypre et qui ont été transportées sur ce que l'on a appelé les bateaux-cages, c'est-à-dire
Host/Interviewer
des bateaux-prisons. Et J. Hansfer, ce qu'on peut dire ici, c'est que vraiment, on le sent bien, en 1947, plusieurs histoires se mêlent. Il y a la présence britannique, le mandat, mais qui s'inscrit dans une grande histoire de ce qu'est le colonialisme. Dans un cas très particulier, celui de la Palestine, où on l'entend, c'est déjà compliqué avec Cette promesse d'un foyer national, le mandat, et s'ajoute à ça la Shoah et tous ces survivants qui cherchent un refuge. Ce sont plusieurs histoires qui s'écrivent ici. C'est un concentré de tensions du monde de l'après-seconde
Xavier Mauduit
guerre mondiale. Oui, alors tout à fait. Et surtout pour la Shoah, les populations arabes sont loin de l'Europe. Ils ne sont pas dans la Seconde Guerre mondiale. Ils ne sont pas entraînés dans cette Seconde Guerre mondiale dans la même dimension que l'Europe y est. Et l'arrivée des populations juives en Palestine ne fera qu'exacerber les tensions entre les populations locales et les populations immigrées. Je voudrais souligner ici qu'on a un drame qui se passe en Europe et qui va fonder un État, qui va participer en tout cas à la fondation de l'État israélien. On va revenir peut-être plus tard dans cette émission sur un autre traumatisme qui va marquer le peuple palestinien ou le peuple arabe de Palestine qui deviendra le peuple palestinien en exil et qui est la Nakba ou la catastrophe de 1948. Donc on a deux traumatismes de nature différente mais qui impliquent également des déplacements massifs de population et l'occupation
Host/Interviewer
de territoire. Les britanniques quittent la Palestine à
Xavier Mauduit
quel moment? En 1948. Lorsque Ben Gurion va déclarer la naissance de l'État israélien, les Britanniques vont partir. C'est une décolonisation volontaire, c'est-à-dire qu'ils vont quitter. D'un côté, peut-être les Israéliens, enfin sûrement les Israéliens vont fonder le récit national également sur une guerre contre l'occupant britannique. Ils vont appeler ça une guerre d'indépendance. Mais en effet, les britanniques vont partir parce qu'ils sont convaincus qu'ils n'ont plus de rôle véritable à jouer dans ce conflit qui reste jusqu'à
Host/Interviewer
aujourd'hui présent. Il existe, après la Seconde Guerre mondiale, une organisation internationale chargée de régler les conflits. C'est l'ONU, l'Organisation des Nations Unies. Le 29 novembre 1947, on vote
Arab Representative
à l'ONU. Soviet Union? Yes. United Kingdom? Abstention. France? Oui? La résolution du comité d'adoptation pour le Palestine a été adoptée par 33 voix, 13 contre
Host/Interviewer
10 abstentions. à l'Assemblée Générale de l'ONU, le 29 novembre 1947, et voté la résolution 181. C'est le partage du mandat britannique en deux états, un juif et un arabe. Alain Dicotte, vous êtes directeur du CIRI, le Centre de Recherche Internationale de Sciences Po, directeur de recherche au CNRS. Cette résolution, ce partage, on le voit, la carte souvent présentée est très simple. Il y a deux couleurs et donc deux états sur ce territoire qu'on appelle
Alain Dikhoff
la Palestine. Alors, peut-être deux choses. La résolution et l'aboutissement d'un processus qui a traversé toute l'année 1947. Parce que les britanniques, dans l'immédiat après-guerre, en fait, ne savent plus quoi faire avec cette Palestine. Et après quelques hésitations, ils vont finir par dire « Eh bien si c'est comme ça, on va remettre le mandat à l'ONU, qui est le successeur de la SDN, et à eux de trouver une solution. Donc en février 1947, ils remettent la question palestinienne à l'ONU, et dans la foulée va se constituer une commission d'enquête de l'ONU qu'on appelle l'UNSCOP, avec son sigle anglais. qui va à la fois aller en Europe pour voir les camps de personnes déplacées, là on revoit encore une fois en effet l'importance de la situation aussi en Europe qui compte beaucoup, pour voir qu'est-ce qu'on fait de ces personnes déplacées qui ne peuvent plus revenir dans leur pays d'origine parce que tout y a été détruit, leurs familles exterminées, et qui va aussi enquêter en Palestine. Et elle revient finalement avec une double proposition, soit c'est la proposition minoritaire transformer la Palestine mandataire en un état fédéral, ou alors séparer, constituer deux États, et c'est cette vision qui va l'emporter et qui va donner lieu au partage. Alors le partage, en fait, il est tripartite, parce qu'il y a un État juif, il y a un État arabe, mais il y a aussi la zone de Jérusalem qui est une zone internationalisée. Donc ça c'est très important aussi, c'est-à-dire que Jérusalem, du fait de sa dimension en particulier symbolique sur le plan religieux, et extrait en quelque sorte du partage avec
Host/Interviewer
un statut spécial. Et pour bien comprendre l'actualité, il faut rappeler que cette résolution 181 des Nations Unies en 1947, j'y ai hâte de se faire, elle est toujours d'actualité. C'est-à-dire que ce partage de la Palestine en deux États, c'est ce qui draine la lecture de tout ce
Xavier Mauduit
que nous vivons. Oui, tout à fait. Cependant, il y avait aussi cette proposition d'un État binational, un État binational qui était également promu par Edouard Saïd à l'époque, où on aurait un seul État ou un État fédéral, avec les deux populations qui vivraient dans un seul État, avec des administrations pour chacune. Et je pense que ça aurait été la solution la plus idéale, parce que même avec le plan de partage, Quand on va avoir un état arabe, un état juif et Jérusalem, capitale, gérée par des instances internationales, ce n'est pas du tout une solution viable puisque la Galilée est séparée de la Cisjordanie et séparée de Gaza et les états juifs également sont séparés les uns des autres. Donc, c'était prévisible que cette solution soit rejetée par les Palestiniens qui ne pouvaient pas imaginer un État morcelé et vivre dans un État
Host/Interviewer
partagé comme cela. Justement, on va écouter des réactions. Réaction du côté arabe, réaction du côté juif. Nous sommes en 1947. Émile Najar, le représentant de l'agence juive à Paris, s'exprime à
Émile Najar
propos du partage. L'Organisation des Nations Unies vient de proclamer le droit des juifs à un État. Cette décision est en soi un événement d'une portée historique et morale incalculable. La décision de l'ONU reconnaît à l'État juif de Palestine un territoire modeste. En établissant les frontières de l'État juif, L'ONU n'a fait aucune largesse au profit des juifs, ni au détriment de qui que ce soit. En vérité, la décision de l'ONU marque, au point de vue territorial, il faut le préciser, un recul juif par rapport à la déclaration Balfour et au mandat international. Elle ne représente ni une victoire, ni une conquête sur personne. Il faut que le monde sache que les sionistes ont commencé leur oeuvre nationale en Palestine depuis plus de 60 ans. Cette oeuvre a été entreprise dans ce qui était alors un pays désertique ravagé par les fièvres, une province négligée de l'Empire Ottoman, habitée par une population rare et mélangée. Aujourd'hui, 700 000 Juifs vivent en Palestine. Ils ont leurs langues, leurs cultures, leurs fermes, leurs industries, leurs universités, et ce qu'ils ont dans ce pays a été construit et fécondé par du travail juif. de l'idéal juif et des vies juives. Rien n'a été
Host/Interviewer
enlevé à personne. Rien n'a été enlevé à personne. Yann Scoldio-Zucher, ici c'est la vie, l'analyse d'un représentant juif à propos du partage avec des arguments très forts de dire mais nous la déclaration Balfour nous donnait l'ensemble du territoire, nous n'en avons qu'une partie et surtout il y a déjà une implantation juive, solide, constituée avec des industries en Palestine qui était une province vraiment reculée et pas du tout intéressante de l'ancien empire ottoman. C'est en fait une lecture qui se tient, mais qui ne peut pas convenir pour les autres,
Jewish/Israeli Perspective Speaker
c'est-à-dire les Arabes. Bien sûr, c'est une lecture qui se tient, comme vous le dites, qui convient finalement à personne aussi, parce qu'il y a ce récit qui est tout à fait vrai de terres achetées. Les Juifs se sont dotés d'organisations pour pouvoir récolter des fonds, pour pouvoir acheter des terres et pour pouvoir organiser des développements. et notamment en Galilée. On connaît tous l'histoire du premier kibbutz qui a été fondé à Dgania en 1909 de mémoire. Et donc s'opposent ici des discours mais entre finalement à qui appartient les fruits du travail, à la population qui a fondé un développement capitaliste de la Palestine ou pas. Mais ce qui est intéressant c'est que ce discours aussi pas ce sous-silence. Qui travaille pour qui, les coopérations qui ont été créées, et peut-être notamment dans les grands centres de développement industriel tels qu'ils se font, c'est-à-dire la capacité des gens aussi à travailler ensemble. Et donc c'est un discours qui, pour le coup, rappelle qu'Israël va être au départ organisé autour de l'achat de terre et non pas de la prise de terre. Et ce discours-là s'affronte encore aujourd'hui énormément évidemment dans les imaginaires, dans les luttes, etc. Mais nous sommes avant, de toute façon, les guerres de 48 qui vont redessiner les cartes. La chose sur laquelle je voudrais revenir aussi, c'est que l'agence juive, à cette époque-là, est encore une agence de représentation, un organisme, un organe politique qui parle avec les autorités mandataires, voire les autorités du monde, au nom des juifs. Ce n'est pas l'agence d'immigration que l'on connaît aujourd'hui. C'est important, me semble-t-il,
Xavier Mauduit
de le préciser. Oui, alors au même moment où il y a le partage de la Palestine en deux États, les Palestiniens sont en train de regarder autour d'eux et de voir que le Liban a obtenu son indépendance, la Syrie a obtenu son indépendance, l'Égypte va être indépendante en fait. Il y a le protectorat, certes britannique, mais il y a un mouvement nationaliste qui est en train de naître et qu'eux sont quelque part lésés par les promesses d'un État indépendant plus tard. Et donc il y a cette frustration qui va être accompagnée par un sentiment nationaliste très fort d'injustice parce qu'ils se considèrent comme étant les habitants de cette terre depuis des générations et qu'ils ont le droit à cette terre autant que les migrants qui viennent habiter le territoire qui sera le
Host/Interviewer
futur territoire israélien. Réaction arabe sur le partage de l'ONU en 1947, le
Arab Representative
docteur El Khoury. Ainsi, ces choses faites, à l'ONU, des peuples libres se sont prêtés à cette honte qui est le partage de la Palestine. Chacune des nations qui a voté le partage de la Palestine va à l'encontre du droit le plus absolu des peuples à disposer d'eux-mêmes et à l'encontre des principes de la charte, et ceci pour une cause perdue à l'avance, car aucune force au monde ne pourra imposer un état juif en Palestine. L'ONU n'est en effet nullement qualifiée pour intervenir à une telle matière. Les Arabes ne reconnaissent pas une semblable décision et n'admettront jamais d'être l'objet d'une sérenchère entre des peuples. Les nations qui appuient le sionisme ont déclaré la guerre aux pays arabes. Les pays arabes lutteront jusqu'au dernier homme. Ainsi vient de s'allumer un incendie qui risque d'entraîner le monde dans le plus
Host/Interviewer
sanglant des conflits. Nous étions en décembre 1947, c'est-à-dire que l'État d'Israël n'existe pas encore. Alain Dikhoff, quand on entend ces arguments de part et d'autre, on se dit mais il est là le problème, il est intrinsèque à la simple verbalisation du partage de la Palestine
Alain Dikhoff
entre deux États.— Oui, tout à fait. D'ailleurs, je voudrais relever dans l'intervention du délégué de l'agence juive que vous aviez passée auparavant une chose qui est fausse. C'est-à-dire qu'il parle d'une population rare. Il faut quand même dire qu'en 1947, le rapport de force était le suivant. Il y avait 600 000 Juifs. et 1 200 000 arabes. Donc il y avait le double, très clairement. Donc c'est quand même important d'avoir ça, je crois, en tête. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles, finalement, la partie arabe a rejeté le partage. Parce qu'elle l'a considéré... dans son principe injuste et dans
Arab Representative
son
Alain Dikhoff
application injuste. Voilà. Et c'est la position qui est présentée par M. Ronghi à l'instant. Donc il annonce aussi finalement ce qui va se passer, c'est-à-dire que, bah oui, les États qui appartiennent désormais à la Ligue arabe, ne vont pas reconnaître le partage et ça va évidemment ouvrir la voie à la
Host/Interviewer
guerre assez rapidement. Oui, dès le début. J. Hanser, vous êtes l'autrice de l'exil palestinien au Liban, le temps des origines 1947-1952. Dès 1947, il y a des affrontements et il y a des déplacements de population, il y
Xavier Mauduit
a de l'exil.— Oui. Alors il y a plusieurs vagues de réfugiés, plusieurs vagues de réfugiés palestiniens qui vont arriver. Et les premières vagues, c'est effectivement en 1947. Et on pourrait voir que cette première vague composait des familles bourgeoises qui ont des liens avec les familles libanaises qui venaient passer l'été dans Abhamdoun à Saoufad, qui connaissent bien le Liban parce qu'il y a l'université américaine, ils ont leurs enfants qui vont à l'université américaine, il y a les maisons d'édition qui sont naissantes et qui produisent beaucoup de publications autour du mouvement nationaliste arabe. Et donc cette première vague, c'est celle des intellectuels, celle des bourgeois qui vont venir s'installer en pensant retourner, en gardant leurs maisons ouvertes en Palestine. Et puis la deuxième vague, c'est celle qui va suivre les premières confrontations avec le déclenchement de la guerre de 1948-1949. Et on va voir donc là arriver les habitants de Haïfa, dont mes grands-parents d'ailleurs. les habitants de Jaffa, et on a une autre vague, une dernière vague, 48-49, début 49, avec le déclenchement du plan Dalet et le nettoyage de la Galilée, avec la destruction des villages palestiniens en Galilée, Rappelons que la Galilée, dans le plan de partage de Palestine et la résolution 181, était donnée pour un État arabe. Et après la signature de l'armistice en 1949, la Galilée fera partie
Host/Interviewer
de l'État israélien. Le 29 novembre 1947, l'ONU vote le plan de partage de la Palestine et c'est
Narrator
aussitôt la guerre. En Palestine, la situation s'est brusquement dramatisée. La population arabe s'est violemment témue de la décision de l'ONU tendant à partager la Palestine entre juifs et arabes. Aussitôt, des troubles ont éclaté et des incendies ont ravagé les quartiers juifs de Jérusalem. À Jérusalem, la tension judéo-arabe s'accentue
Arab Representative
tous les jours. L'hôtel Semiramis, quartier général des forces arabes, a été dynamité par les éléments du groupe terroriste juif Haganah. L'insécurité règne. Dans les secteurs dévolus aux Juifs, chaque centre s'efforce d'assurer sa
Narrator
propre défense, et chaque village, voire chaque
Arab Representative
ferme, transforme ses habitants, hommes ou femmes, en possibles combattants. Arabes et Juifs ont enrôlé la terreur
Host/Interviewer
et la haine. Les actualités françaises en décembre 1947. Johann Skuldo Zucker. 1947, arabe, juif. Ah bah c'est lisible! Mais en réalité, si l'on regarde à l'intérieur même du mot juif, il y a plusieurs réalités différentes. Peut-être souligner ça aussi par rapport à l'histoire des individus qui arrivent, qui étaient là depuis longtemps, d'autres qui sont
Jewish/Israeli Perspective Speaker
arrivés plus récemment. C'est-à-dire qu'on connaît tous cette question-là, c'est-à-dire qu'il est absolument difficile, sinon impossible, de donner une définition à qu'est-ce que c'est qu'un juif. C'est la grande question qui traverse toute l'histoire des mondes juifs, j'insiste sur le pluriel. Donc, il y a des catégorisations qui ont été ainsi créées, des catégorisations administratives, des catégorisations politiques. mais qui gomme, pour le coup, la multiplicité des populations juives, entre les populations juives arabes, les populations juives européennes, les populations juives du monde entier, qui ont toutes des multiples cultures, de multiples langues et de multiples pensées politiques. La grande difficulté qui va être celle de l'état d'Israël naissant, ça va être de transformer la multiplicité juive en une population israélienne. D'où la naissance aussi du fort étatisme qui va s'en suivre, c'est-à-dire la construction nationaliste d'un état et d'un récit national qui va effectivement assurer que la Palestine était un territoire vide et que les Juifs se sont installés légalement en achetant, comme je vous l'ai dit, notamment par l'achat de terres, etc. Mais qui va gommer indirectement la population qui y résidait, notamment la population palestinienne. Et ce que disait ma collègue est tout à fait vrai, c'est-à-dire que dans les villages de Galilée, notamment, il va y avoir une destruction massive des villages arabes. Ça se voit aujourd'hui encore lorsque vous êtes dans la vallée du Jourdain. D'un côté, du côté israélien, vous avez simplement des petites prairies et des montagnes puisque tous les villages ont été détruits. Et vous voyez de l'autre côté une beaucoup plus grande, importante densité de population puisque la frontière n'est symbolisée que par un grillage. Et donc vous voyez très bien les transferts de population qui se sont faits au profit des populations juives qui sont en cours
Host/Interviewer
de devenir israéliennes. 1947 se partage. Quelle réaction Alain Dikhoff pour les pays arabes autour? Je pense
Alain Dikhoff
à l'Egypte notamment. Évidemment, comme ça a été tout à fait clair à travers le vote à l'ONU, les États arabes, qui sont devenus indépendants à ce moment-là, sont opposés, bien évidemment, à ce partage, et donc, je dirais, liés quelque part, soutiennent évidemment le combat des Palestiniens. le soutenir comment? Je dirais qu'il faut bien voir que dans le conflit qui va s'ouvrir à partir de la résolution de fin novembre 47, il y a deux phases dans la guerre. Il y a une phase qui est très importante mais qui concerne en fait vraiment l'espace israélo-palestinien strito-sensu. C'est-à-dire c'est la phase de l'affrontement entre les troupes juives, en particulier la Hagana, et de l'autre côté différents groupes palestiniens. Donc la lutte, elle est vraiment entre ces deux groupes. C'est la phase, disons, de l'affrontement intercommunautaire. Mais elle est très importante en réalité. Elle est très importante parce qu'il y aura différentes opérations militaires. Dans une première phase, les Juifs sont sur la défensive, c'est-à-dire que les Palestiniens marquent des points, en particulier dans ce qu'on appelle la guerre des routes. Ils parviennent à interrompre les communications entre les villages juifs, etc. qui dure jusqu'au mois de mars, à peu près. Donc tout ça c'est avant la création de l'État d'Israël. Ensuite les choses s'inversent, en particulier au cours du mois d'avril, parce que les forces juives obtiennent en particulier du matériel qui vient de Tchécoslovaquie, des armes en fait. Des armes qui leur sont livrées, qui viennent de Tchécoslovaquie, et qui vont leur permettre... Alors pourquoi la Tchécoslovaquie? Bah la Tchécoslovaquie était déjà à l'époque proche de l'Union soviétique. Et c'est parce que l'Union Soviétique avait fait un choix stratégique important de soutenir la création de l'État d'Israël en 1947. Sinon il n'y aurait pas eu de plan de partage, très clairement. Et ils les soutiennent aussi militairement. Dans une vision qui voit finalement dans les pays arabes avoisinants de l'époque finalement des structures féodales et quelque part dans la communauté juive de Palestine une sorte de communauté progressiste finalement assez proche. pas communiste, mais quand même partageant une certaine vision progressiste de l'histoire. Et donc, ça explique la décision soviétique de soutenir le plan de partage et de les aider militairement. Ça, il faut bien le dire, ils ont aidé militairement. À l'époque, c'est pas du tout les États-Unis qui les aident, c'est le bloc soviétique et surtout, via la Tchécoslovaquie. Donc ça leur permet d'inverser un peu la tendance et ça leur permet, en particulier, à ces troupes juives de d'avoir une stratégie beaucoup plus offensive, stratégie offensive qui ira de pair avec le début de l'expulsion de Palestiniens de certaines localités. Et tout ça, ça se passe, et c'est très important de le dire, avant la proclamation officielle de l'État. Autrement dit, et je terminerai sur ça, lorsque l'État est proclamé officiellement par Ben Gurion le 14 mai 1948, les Palestiniens ont déjà perdu leur guerre, en fait. Après, les États arabes viendront dans la danse, mais les Palestiniens eux-mêmes, ils ont déjà
Arab Representative
perdu
Jewish/Israeli Perspective Speaker
leur guerre. Nous, membres du Conseil national, représentant le peuple juif de Palestine et le mouvement sioniste mondial, Proclamons l'état
Alain Dikhoff
juif de Palestine sous
Host/Interviewer
le nom d'Israël. Le 14 mai 1948, David Ben-Gurion proclame l'état d'Israël. Jeanne Sfeir, pour les Palestiniens, commence la Nakba.
Xavier Mauduit
De quoi s'agit-il? Oui, c'est le début du problème des réfugiés. Comme je l'ai mentionné tout à l'heure, on va avoir plusieurs vagues de réfugiés. Les Palestiniens vont partir de chez eux, chassés. par la nouvelle armée israélienne, par les combats qui seront perdus, par une armée unie arabe mais qui n'est pas préparée, par également, et je vous renvoie à l'ouvrage d'Avishlaïm, Collusion Across the Jordan, King Abdullah, the Zionist Movement and the Partition of Palestine, des traités qui vont être signés entre Ben Gurion et le roi Abdallah Jordanien, pour se partager, pour donner la Cisjordanie qui va faire partie du royaume transjordanien et pour que le royaume ne s'engage pas véritablement dans cette guerre. Donc on a des armées d'États indépendants qui sont fragiles, qui ne s'engagent pas véritablement, un problème d'expulsion massif, des palestiniens qui vont partir, qui vont s'installer dans les pays voisins, donc qui vont chercher la proximité d'abord, et qui vont avoir une destinée dans les moukhayamè, dans les camps de réfugiés, qui sera différente dans chaque pays. Et là, je voudrais souligner une chose importante, c'est qu'en Israël, on croit, parce que les palestiniens sont arabes, ils vont être dissous, dans les pays hautes, on va les absorber, on va leur donner la nationalité, ce qui va se passer bien sûr en Jordanie, mais qui ne sera pas le cas au Liban, en Syrie, en Égypte
Host/Interviewer
ou en Irak.— Et c'est
Xavier Mauduit
une vraie différence. Oui, tout à fait. On est véritablement à la naissance des pays, des identités nationales qui s'affirment au Liban sur un système confessionnel qui va refuser l'arrivée massive des Palestiniens parce qu'il ne peut pas les absorber. Et on a également, de l'autre côté, une perte de dignité, une perte d'un territoire, une société qui s'est éclatée et qui va se reformer dans l'exil, dans des conditions de pauvreté extrême, dans des camps de fortune au début qui vont se consolider au
Host/Interviewer
fil des années. Oui, la Nakba, c'est ça, le désastre, c'est la catastrophe et c'est cette identité palestinienne. Ce n'est pas juste déplacer une population, elle va devenir égyptienne ou jordanienne ou n'importe quoi. On reste palestinien. Yann Schioldo-Zucker à propos de la proclamation
Jewish/Israeli Perspective Speaker
de l'Estat d'Israël. Je voulais revenir sur le discours que l'on a entendu, l'extrait par Ben-Gurion, où il dit un mot finalement qui va être, du point de vue israélien, source de tous les malentendus et tous les conflits. C'est-à-dire qu'il parle en hébreu du « Medinat Yehoudit al Eretz Yisrael », c'est-à-dire l'État juif sur la terre d'Israël. Et ces termes qui sont éminemment symboliques dans sa bouche, Ben-Gurion n'est pas un homme religieux. rappelle finalement le grand malentendu de la création de l'Etat d'Israël, qui est souligné par tous les juristes, il n'y a rien de nouveau dans ce que je vais dire, qui est celui qu'est-ce que l'Etat juif? Est-ce que c'est un Etat pour les juifs ou est-ce que c'est un Etat juif au sens de la loi religieuse? Et Ben Gurion se garde bien, même s'il a déjà donné des gages à la population orthodoxe, juive, religieuse, comme quoi l'Etat serait à minima organisée selon les prescriptions religieuses juives. Mais cette incompréhension sur ce qu'est l'état d'Israël en train de naître vient jusqu'à aujourd'hui. C'est-à-dire que l'état d'Israël finalement est un état qui va avoir une identité nationale très peu partagée. tout le monde dit qu'effectivement c'est un état pour les juifs, c'est un état qui est né de la nécessité de protéger les populations juives du monde, dont on sait qu'elles n'ont pas été protégées, en Europe notamment. Mais sur le devenir de l'état, sur l'organisation de l'état, c'est un état religieux ou un état qui ne l'est pas? Eh bien, le flou est volontairement laissé. Et ce que je voulais dire aussi, sur ce que disait ma collègue, sur Effectivement, les pays qui entourent Israël ne vont pas organiser l'accueil des réfugiés au sens de leur insertion dans la société politique pour toutes les raisons que ma collègue a évoquées. Et Israël, lui, fait l'inverse. C'est-à-dire qu'il prend toutes les populations réfugiées du monde pour les assimiler, pour les intégrer dans l'État naissant, évidemment. Et là aussi, on est au cœur d'une très grande incompréhension entre l'État d'Israël et les pays voisins. C'est-à-dire que l'État d'Israël dit « moi, j'ai assimilé mes réfugiés ». Et donc là, une fois encore, on est dans des formes d'incompréhension que seules l'histoire ou les processus historiques
Xavier Mauduit
nous permettent de mieux comprendre, bien sûr. Alors les réfugiés qui viennent en Israël, ils viennent volontairement, avec un projet politique. Alors que les réfugiés palestiniens qui sont expulsés, ils le sont malgré eux. Et je voudrais souligner qu'entre 1948-1949, avant la signature de l'armistice, Ben Gurion va accepter d'absorber 100 000 réfugiés palestiniens. Donc ce sont les 100 000 palestiniens qui vont rester en Palestine et qui vont obtenir plus tard la citoyenneté israélienne, mais qui ne seront pas considérés comme étant des citoyens de première catégorie, comme les citoyens juifs israéliens aujourd'hui. et qui vont former donc les Arabes d'Israël ou les Palestiniens d'Israël. Alors ce qui est important aussi c'est que la Nakba va commencer une nouvelle lutte, va poser
Host/Interviewer
les jalons de la lutte nationale palestinienne. C'est vraiment ça, c'est cette lutte-là que dans cette série d'émissions que nous consacrons aux conflits israélo-palestiniens, il s'agit d'évoquer aujourd'hui. Nous nous intéressons à comprendre cette chronologie très fine de ces années 1947-1948. Novembre 1947, c'est le partage de la Palestine votée par l'ONU avec déjà des conflits, une guerre. 1948, au mois de mai, est proclamé
Narrator
l'état d'Israël et là aussi, une guerre. En même temps qu'elle alertait la tension mondiale, la bataille de Palestine a déchaîné les passions arabes. Traversant Amman, la capitale transjordanienne, les armées irakiennes se sont mises en marche pour porter secours à leurs frères de race aux prises avec les Juifs. En grande solennité, le roi de Transjordanie, Abdallah, a donné le signal de l'invasion en allant prier à la mosquée pour le succès de ses armes. Et à travers les déserts de pierrailles, semées de telles, ces buttes qui recouvrent les ruines de cités disparues, l'armée transjordanienne a franchi le Jourdain et a vu un jour se découper sur l'horizon les murailles de Jérusalem. L'attaque de la ville commençait aussitôt. Et dans la cité sainte où le bombardement allumait ses incendies, les premiers soldats transjordaniens
Host/Interviewer
commençaient à s'infiltrer dans la vieille ville. Nous étions en juin 1948 dans les actualités françaises. Alain Dikhoff, après la proclamation de l'état d'Israël, il y a cette guerre avec les voisins qui interviennent. Quelles
Alain Dikhoff
sont les motivations? Simplement défendre les Palestiniens? Non, officiellement défendre les Palestiniens qui, comme je le disais, ont déjà perdu leur guerre. Il faut bien voir que cette défense, elle se fait apparemment avec une sorte de front arabe qui paraît impressionnant. L'Egypte, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l'Irak, on vient de l'entendre. Mais en réalité, c'est un front qui est fissuré. Il n'y a pas de véritable coordination entre les uns et les autres. Et surtout, comme Jeanne Sfer l'a dit, un des acteurs importants, la Transjordanie, avec le roi Abdallah, est rentrée dans la guerre avec un but de guerre précis pour elle, qui est en réalité de récupérer une partie de la Palestine historique, qu'on va appeler plus tard la Cisjordanie. Et elle va en fait y parvenir. Alors ça veut pas dire qu'ils ne se sont pas engagés dans la guerre, parce que la Légion arabe qui à l'époque était dirigée d'ailleurs par un officier britannique, Globe Pasha, a été assez active dans les combats. Mais des combats qu'elle a volontairement restreint de certaines zones. Voilà. Il n'y a pas eu de volonté, par exemple, d'intervenir sur la plaine côtière, etc. Donc, ça montre évidemment que derrière l'apparente unité, il y avait une assez grande fragilité. Et là aussi, il faut faire attention, parce que si on regarde les chiffres, on se dit « Ouh là là, les troupes arabes, c'est beaucoup beaucoup plus que les juifs de l'autre côté ». Et les Druzes, qui étaient aussi pour la plupart du côté de ce qui va devenir Israël. Ça c'est vrai, mais quand vous regardez dans le détail, ils sont d'abord beaucoup moins motivés généralement, et leur armement est de moindre qualité en fait. Donc c'est pas tout à fait David contre Goliath en réalité, c'est surtout l'histoire... les découvertes historiques qu'on a pu faire, je pense en particulier aux travaux que Benny Morris a pu faire dans les années 1980, au début des années 1990, y compris des archives israéliennes, montrent bien qu'en réalité, le Yichouf, dans la communauté juive de Palestine, n'était pas aussi faible qu'on l'a longtemps présenté en réalité. Donc c'était beaucoup plus équilibré, donc quelque part, je ne dis pas que la victoire israélienne était certaine, mais
Host/Interviewer
elle était moins improbable qu'on ne l'a longtemps pensé. Oui et puis surtout il y a cette surprise offerte au monde sur ce pays qui vient de naître en mai 1948 et qui réussit à vaincre
Alain Dikhoff
une coalition arabe, ça aussi ça marque les esprits. Alors ça marque les esprits et puis il y a aussi ce que je disais auparavant sur un assez grand je dirais, une vision assez positive d'Israël à l'époque, qui est partagée, alors évidemment pas par les Etats arabes, bien évidemment, mais une vision positive qu'on retrouve en Occident, aux Etats-Unis et en Europe occidentale, mais qu'on retrouve aussi dans le côté du bloc de l'Est. Ça, c'est intéressant, c'est-à-dire le basculement, il va se faire beaucoup plus tard, en réalité. Donc, il y a une assez grande unanimité, ce qui explique aussi, en réalité, que le plan de partage a été adopté en 1947, au deux tiers, comme c'était requis, donc il fallait une majorité qualifiée. Et cette majorité qu'elle est fiée, elle a été obtenue
Host/Interviewer
parce qu'il y a eu ce moment historique particulier. C'était très important de faire avec vous trois un focus sur ces années 1947-1948. Merci vivement à tous les trois, Alain Dikhoff, J. Hansfer et Yann Skuldo-Zucker de nous avoir éclairés sur ces années-là. On s'entend qu'il y a l'amorce pour l'analyse de ce qui se passe après et qui nous conduit jusqu'à l'actualité. Merci beaucoup à tous les trois. Il est temps dans le cours de l'histoire
Alain Dikhoff
de
J. Hansfer
retrouver Gérard Noiriel. C'est le pourquoi du comment. Pourquoi dit-on que Philippe le Bel fut un faux moneyeur? Philippe le Bel, qui fut roi de France de 1285 à 1314, a laissé dans l'histoire la réputation d'avoir été un faux moneyeur. Cette rumeur a été propagée dès son vivant par Bernard Cécé, évêque de Pablier, l'un de ses pires ennemis. A l'époque, cette accusation rencontra un réel écho en raison des difficultés économiques que traversait le royaume de France. Le retournement de conjonctures sensibles dès les années 1280 avait provoqué la crise du système monétaire élaboré sous le règne de Louis IX. Philippe le Bel tenta d'y remédier en multipliant les émissions de nouvelles monnaies. Cette instabilité monétaire provoqua un vif mécontentement dans le royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fut confronté à des émeutes populaires, mais aussi aux revendications des ligues nobilières qui exigeaient le retour à la stabilité monétaire qui avait caractérisé le règne de Saint-Louis. Pour comprendre les enjeux sociaux et politiques de cette crise, il faut rappeler qu'à cette époque, les seigneurs avaient le droit de battre monnaie. Soucieux de renforcer le pouvoir de l'État face au prince du royaume, Philippe le Bel chercha à imposer la supériorité de la monnaie royale sur celle de ses barons. Il fut le premier souverain à se faire représenter en majesté sur des pièces d'or, associant ainsi son image au métal noble, tandis que les pièces d'argent permettaient de rappeler les grands symboles de la monarchie. Largement diffusés dans le royaume et au-delà, cautionnés par la puissance du souverain et la richesse du pays, les pièces de Philippe le Bel furent imités par les grands et les petits seigneurs, ce qui explique la multiplication des mesures interdisant de copier les espèces royales. L'autre innovation majeure que l'on doit à Philippe le Bel, dans le domaine monétaire, c'est le modèle que les spécialistes appellent le brassage seigneuriage. Le brassage correspondait aux bénéfices que tiraient ceux qui étaient chargés par le roi de la fabrication des monnaies en échange d'une taxe de saigneriage prélevée par le roi. Dans les baux monétaires datant de cette époque, la négociation porte toujours sur la quantité de pièces à frapper, mais aussi sur le prélèvement minimal garanti aux fabricants pour couvrir ses frais et pour se rémunérer. Comme le roi fixait le cours légal des pièces, le tarif légal d'achat du métal, en même temps que les conditions d'émission et de circulation des pièces, il disposait de tous les leviers pour optimiser et maximiser ses bénéfices, par exemple en réduisant le titre ou le poids des monnaies. Les archives montrent que les conseillers de Philippe Lebel, dans le domaine monétaire, avaient déjà conscience des effets financiers et sociaux que pouvaient entraîner la production et la diffusion de la monnaie. Plutôt que de présenter Philippe Lebel comme un faux monnaieur, il est donc plus juste de constater qu'il a inventé un mode de gestion du monnaiage dont nous avons gardé la trace jusqu'aujourd'hui, puisque la Banque de France utilise toujours le mot « seigneuriage » pour désigner les revenus tirés de
Host/Interviewer
la fabrication et de la vente des pièces et des billets. Merci
Podcast: Le Cours de l'histoire, France Culture
Host: Xavier Mauduit
Guests: Alain Dikhoff (Directeur de recherche CNRS), J. Hansfer (Historienne, Université libre de Bruxelles), Yann Scholdo-Zucker (Chercheur au CNRS, Jérusalem)
Date: 17 octobre 2023
Series: Histoire du conflit israélo-palestinien, épisode 2/4
Cet épisode retrace la période décisive allant du plan de partage de la Palestine par l’ONU (1947) à la proclamation de l'État d'Israël (1948). Il analyse la complexité géopolitique du mandat britannique, les dynamiques internes et externes ayant conduit à la naissance de l’État israélien, le point de vue arabe et juif sur cette transition, ainsi que l’exode palestinien, ou Nakba, qui en résulte. Au fil du dialogue, les intervenants mettent l’accent sur la collision de traumatismes, la politique internationale, la formation des identités nationales et l’origine des défis persistants dans la région.
Palestine sous mandat britannique
Retrait progressif des forces coloniales
Origine du mouvement sioniste
Structuration de l’administration juive
Révolte arabe de 1936–1939
Les livres blancs britanniques
Genèse de la résolution
Réactions divergentes
Chiffres clés
Exode palestinien (Nakba)
Montée de la violence
Départ britannique et guerre d’indépendance
Résultats de la guerre
« Terre sans peuple pour un peuple sans terre. C’était le pire des mensonges. »
– Xavier Mauduit ([00:52])
« Les Britanniques vont tenter l’impossible, concilier ces positions contradictoires. »
– Alain Dikhoff ([02:55])
« L’Exodus a été un grand symbole… composé de survivants de la Shoah… »
– Yann Scholdo-Zucker ([17:01])
« Rien n’a été enlevé à personne. »
– Émile Najar ([25:45])
« Les nations qui appuient le sionisme ont déclaré la guerre aux pays arabes. Les pays arabes lutteront jusqu’au dernier homme. »
– Dr El Khoury, représentant arabe ([30:22])
« Il faut quand même dire qu’en 1947, le rapport de force était le suivant : 600,000 Juifs et 1,200,000 Arabes. »
– Alain Dikhoff ([31:48])
« Dès 1947, il y a des affrontements et des déplacements de population, il y a de l’exil. »
– J. Hansfer ([33:23])
« Les Palestiniens ont déjà perdu leur guerre. »
– Alain Dikhoff ([41:53])
« Klal Israël… l’État juif sur la terre d’Israël. Ce flou sur la nature de l’État se poursuit jusqu’à aujourd’hui. »
– Yann Scholdo-Zucker ([45:43])
« 100 000 Palestiniens… vont rester en Palestine et obtenir plus tard la citoyenneté israélienne, mais… de seconde catégorie. »
– Xavier Mauduit ([48:10])
Cet épisode s’avère fondamental pour appréhender la profondeur historique, géopolitique et humaine du conflit israélo-palestinien. Il propose une analyse plurielle du processus de décolonisation du Proche-Orient, illustrant comment le choc des légitimités, les mémoires antagonistes et les politiques internationales se cristallisent dans la question du partage de la Palestine et de la naissance d’Israël.
Les intervenants insistent sur la multiplicité des récits, des traumatismes collectifs (Shoah/Nakba), et sur l’importance de comprendre l’histoire fine de cette période pour saisir la complexité des réalités contemporaines de la région.