
Iran, de révolutions en répression : L'Iran des Pahlavi, portrait d'une dynastie
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Xavier Mauduit
France Culture.
Raphaël Lalloum
Le cours de l'histoire.
Oliver Bast
Xavier Mauduit.
Xavier Mauduit
L'Iran des palavis, portrait d'une dynastie, ce n'est pas rien tout de même un changement de dynastie. C'est le cas en Iran, dans les années 1920, les 4 jars sont remplacés par les palavis. Simple révolution de palais ou complète transformation du pays. Reza Shah Palavi, puis Mohammad Reza Shah Palavi, le père, le fils qui règne sur l'Iran de 1925 à 1979, quand les palavis sont renversés par la révolution islamique. Mais d'ailleurs, Comment est-elle née, cette dynastie, élément de réponse historique depuis Persépolis?
Oliver Bast
La vérité, c'est qu'il y a 50 ans, le père du chat, qui était alors officier, voulait renverser l'empereur Kadjar pour instaurer une république. Je moderniserai ce pays et je ferai une République! Mais les Anglais avaient eu vent du projet. Et un jour... Bonjour! Pourquoi tu veux faire une République alors que tu pourrais être Empereur?
Xavier Mauduit
Moi? Empereur?
Oliver Bast
Bien sûr! C'est mieux que Président! Tu auras tous les pouvoirs! Et que dois-je faire?
Mohamed Mossadegh
Rien!
Oliver Bast
Tu nous donnes le pétrole, nous nous occuperons du reste.
Raphaël Lalloum
Le cours de l'histoire, Xavier Mauduit.
Xavier Mauduit
Vous êtes docteur en langues, civilisations et sociétés orientales. Avec vous deux, nous allons saisir qui sont les palavis. L'extrait qui a été donné ici de Marjane Satrapi nous conduit tout de suite en Iran. Oliver Bast, nous parlons des palavis. Qu'y a-t-il avant les palavis? Ce sont les qajars, c'est bien cela?
Oliver Bast
Absolument, effectivement, ce sont les qajars.
Xavier Mauduit
Comment les Qadjars traversent-ils la Première Guerre mondiale? Parce qu'il y a ce moment aussi Première Guerre mondiale qui va nous permettre de saisir comment cette dynastie iranienne, les Qadjars, a pu être fragilisée.
Oliver Bast
Oui, la première guerre mondiale et tout ce qui s'est passé autour de cette guerre est absolument primordial pour comprendre l'avènement de la dynastie par la vie. Il faut comprendre cette première guerre mondiale qui se déroulait en Iran. Dans un Iran qui était officiellement resté neutre dans ce conflit. Donc son cours défendant, il faut le comprendre dans le contexte international d'un côté et dans le contexte national des développements en Iran qui ont commencé ce passé tout au long d'une transformation qui a eu lieu déjà durant le XIXe siècle et qui a suit son cours et qui a culminé dans une révolution, la révolution constitutionniste dont vous avez parlé dans l'émission précédente et qui se déroule aussi parallèlement dans un contexte des relations entre les grandes puissances qui ont des ambitions dans la région, notamment la Russie et la Grande-Bretagne. Et pour commencer vraiment comprendre le contexte historique, il faut remonter peut-être à 1907. C'est en 1907 que d'un côté l'Iran a donc connu cette révolution constitutionnaliste, est devenu une monarchie constitutionnelle et de l'autre côté Les deux grandes puissances voisines, la Russie et la Grande-Bretagne, qui étaient vraiment affrontées dans une rivalité acharnée pour des concessions en Iran, pour le contrôle du pays, ces deux grandes puissances s'entendent. Et donc, ça c'est fondamental parce que, jusque-là, les dirigeants iraniens, même s'ils n'étaient pas très forts, ils étaient capables, ils ont pu utiliser cette rivalité pour manœuvrer, pour jouer une puissance contre l'autre. Dans le cadre des développements qui ont aussi beaucoup à voir avec l'Europe, avec la constellation des pouvoirs liés à la politique étrangère de l'Allemagne. Ces deux grandes puissances décident de mettre à côté leurs différences et de s'entendre. Et pour ça, ils divisent, sans demander rien que ce soit aux Iraniens, le pays en deux zones d'influence. dans leur fameuse entente russo-anglaise de 1907. On a déjà vu tout au long du XIXe siècle la pénétration pacifique économique, commercial et politique de l'Iran par ses deux puissances, ce qui a donné lieu à une colonisation qui ne disait pas son nom, parce que nominalement l'Iran restait entreprenant. Et maintenant c'est formalisé, le pays est divisé en deux. De l'autre côté, et donc ça laisse vraiment croire que la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Iran est maintenant mise en cause. Même s'il y a des déclarations par rapport au maintien de de la dynastie de l'antiquité, etc. Si deux grandes puissances s'entendent sur un pays sans le consulter, voilà, c'est ça qui se donne. De l'autre côté, il y avait la révolution. La révolution, donc au moins une partie des révolutionnaires un projet, un projet de modernisation, un projet de vouloir vraiment maintenant embarquer sur un chemin qui va renforcer le pouvoir central, qui va construire des chemins de fer, des routes, une modernisation de l'armée. pour justement faire face à cette tendance de pénétration et de quasi-condonisation. Et donc il y a à partir de ce moment deux projets qui s'affrontent en Iran. Le projet des grandes puissances qui va vers le déchirement de l'Iran, potentiellement même la perte de souveraineté et de l'antécrité territoriale de l'Iran. et le programme des révolutionnaires, au moins de cette partie des révolutionnaires qu'on peut considérer comme nationalistes, avec un projet de modernisation. Et donc, durant la Première Guerre mondiale, ces deux projets sont vraiment collides. Ce côté nationaliste, volonté de réforme et de modernisation, a des espoirs, on les pense puissance centrale, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, un peu sur le principe l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Et il pense à un moment donné, au moins au début de la guerre, que le moment est venu pour utiliser ces conflits qui arrivent du côté des iraniens par le biais de l'entrée en guerre de leur pire ottoman aux côtés de ces puissances centrales, ce qui n'était pas attendu en Iran au début. Donc, de saisir ce conflit où les puissances centrales affrontent la Russie et la Grande-Bretagne, les deux puissances dangereuses, entre guillemets, pour, voilà, virer d'un autre côté, peut-être se libérer. Et de l'autre côté, bien sûr, ces deux grandes puissances veulent tout faire pour que l'Iran ne leur échappe pas. Et donc, il y a un accord entre les deux puissances en 1915 qui va encore renforcer cet élément de division et de partage de l'Iran. C'est dans le cas des fameux accords donc de Constantinople que la Grande-Bretagne et la Russie décident même de diviser l'Iran tout simplement en deux parties. Et cette guerre là va se dérouler et finalement ces espoirs des nationalistes modernisateurs, les révolutionnaires de l'époque ne vont pas se réaliser. Et nous nous retrouvons à la fin de la Première Guerre mondiale à une situation où les élites iraniens doivent faire face à la Grande-Bretagne. Et c'est dans ce cadre-là, on va peut-être en parler encore, se déroule finalement l'avènement de la dynastie pâle.
Xavier Mauduit
Parce que nous avons ici, dans ce début du XXe siècle, Oliver Bast et je l'entends bien, les 4 Jars confrontés à ce qui se passe à l'intérieur du pays, ces réformes constitutionnalistes, ces réformes économiques aussi, et les voisins qui sont en kikineur, alors voisins au sens de la Russie qui est proche, et puis au sens de la Grande-Bretagne par ses colonies qui est présente, Salomé Michel, la démarche adoptée par Oliver Bast ici, c'est celle que l'on doit adopter quand on réfléchit à l'histoire de l'Iran, que ce soit au début du XXe siècle et durant tout le XXe siècle et aujourd'hui encore. C'est ces tensions internes en prenant en compte ce qui se passe à l'international tellement l'Iran est un enjeu stratégique.
Salomé Michel
Oui tout à fait et puis on voit très bien que ces dynamiques domestiques, ces dynamiques à l'intérieur du pays sont toujours à penser en miroir de ce qui se passe à l'échelle internationale. Et voilà, on voit l'impact que la Première Guerre mondiale, que cette double occupation aussi du pays à un moment donné, va avoir sur la légitimité, simplement à l'échelle domestique, du pouvoir Qadjar. Et c'est aussi dans ce contexte-là qu'on peut comprendre l'accession au pouvoir de Reza Khan, qui est donc un officier de brigade Cossac. qu'on pourrait dire, dans une certaine mesure, rien ne destiné au premier abord à devenir plus tard, voilà, chat de Perse. Et donc cette ascension, elle est progressive, elle s'inscrit elle aussi en plein dans cette question de l'influence des britanniques en Iran. Et pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'on va avoir un souverain kadjar qui va être au sortir de la guerre. Et là on passe déjà la porte des années 1920. Au sortir de la guerre, on va avoir un accord qui va être conclu. L'accord anglo-persan de 1919 avec l'Iran kadjar. et qui va susciter une vague de désapprobation populaire et ne jamais être ratifiée par le Parlement. Et la mauvaise, disons, La mauvaise perception qui règne de cet accord va aussi participer à fragiliser le pouvoir central qadjar. En plus de ça, on peut mentionner aussi au même moment, à la fin de la décennie 1910, mais surtout début de la décennie 1920, des velléités séparatistes ou indépendantistes qui vont avoir lieu, qui vont prendre place dans plusieurs endroits du pays, notamment au nord, dans le Guélan et au Khuzestan. Donc ces volontés séparatistes, elles ont des origines un petit peu différentes, elles ont des natures un petit peu différentes. On en a une qui est plutôt une revendication d'autonomie sur une base de différenciation ethnique, linguistique, et aussi dans une certaine mesure religieuse. Et de l'autre on a vraiment, donc ça c'était pour le cas du Rousestein, et dans le cas du Guillain, on a un mouvement qui est bien davantage politique. C'est aussi une forme de remise en cause de l'autorité centrale, etc. Mais d'un type, voilà, un petit peu différent puisque beaucoup plus politique dans la mesure où on avait un modèle politique proposé qui prenait lui-même pour modèle la Russie et en particulier les bolcheviks. la Russie soviétique et les bolcheviks. Et donc on va avoir une entité politique autonome, la république socialiste soviétique du Guillaume, qui va s'établir pour un laps de temps extrêmement court, 1920-1921, et qui va avoir ses propres institutions, qui va avoir aussi ses forces armées. Et donc tout ça, ça participe aussi à la fois à ce jeu, si vous voulez, entre dynamique globale et internationale et dynamique à l'échelle domestique, et participe en ça aussi à fragiliser durablement le pouvoir Qadjar. Et donc c'est dans ce contexte-là que va avoir lieu l'ascension progressive, extrêmement progressive, puisqu'elle se déroule sur environ cinq ans, jusqu'à consolidation vraiment ferme du pouvoir Pahlavi, donc de ce jeune brigadier Cossac, Reza, qui deviendra le premier charbon de la dynastie Pahlavi.
Xavier Mauduit
Voilà, vous avez raison d'évoquer le processus Salomé-Michel parce qu'en 1921 c'est un coup d'État et la déposition du dernier Kadjar à Macha c'est 1925, donc il y a tout un temps. Oliver Bast, ce coup d'État de 1921 est conduit par qui? Parce que ce n'est pas une évidence et on entend bien ici qu'au sortir de la première guerre mondiale, les tensions sont nombreuses à l'intérieur de l'Iran.
Oliver Bast
Oui, il faut peut-être remonter un peu en arrière quand même parce que voilà on a parlé de ces deux programmes qui s'affrontent dans la guerre. Il y a bien sûr, Salomé vient d'en parler, un grand événement quand même qui change beaucoup la donne. Donc c'est la défaite des puissances centrales d'un côté, mais il y a aussi les révolutions consécutives en Russie qui vont finalement se solder par la prise de pouvoir à Pétrograd des bolcheviks. Et donc un changement de régime en Russie qui, de la part du leadership bolchevique au début, semble tout à fait favorable à cette volonté de se débarrasser de l'engérence de ses deux grandes voisines. Des déclarations qui sont faites au peuple de l'Orient de la part des bolcheviques en 1918. Mais finalement, une situation donc à l'issue de cette guerre où la seule grande puissance qui pèse pour l'instant vis-à-vis la Perse, vis-à-vis l'Iran, ce sont les britanniques. Et il y a à Londres, voilà, une volonté notamment d'une personne qui est le ministre des affaires étrangères, ou qui le devient dans ces années-là, Lord Curzon, qui est l'architecte de la politique britannique vis-à-vis l'Iran. Et qui poursuit une politique qui veut renforcer l'Iran sous la tutelle britannique avec l'optique de créer une barrière contre toute tentative contre l'Inde, qui est quand même dans les préoccupations de Curzon, primordiale. Ils ajoutent un autre élément qui est pour l'intérêt des Britanniques maintenant, et ça c'est le pétrole, dont on n'a pas encore parlé. Les britanniques ou un entrepreneur britannique a obtenu une concession en 1901 par rapport à l'exploitation du pétrole, qui n'était pas encore trouvé à ce moment-là. Finalement, ça aboutit en 1908 à l'exploitation du pétrole, la création d'une société britannique d'exploitation des ressources de pétrole. Et au début, le pétrole à l'époque était utilisé pour les lampes. Du coup, d'ailleurs, le pétrole iranien n'est pas du tout utile pour ça. C'est trop lourd. Mais ce qui sauve la société, qui était sur le point de faillite à la veille de la Première Guerre mondiale, est la décision de la Grande-Bretagne. donc de changer le fuel de sa marine et il y a maintenant, en utilisant le pétrole au lieu de charbon, il y a maintenant intérêt stratégique aussi de la part du gouvernement britannique d'avoir accès à des ressources pétrolières à un prix abordable, pour ne pas devenir notamment la victime des surenchères de la part des sociétés américaines, qui dominent à l'époque le marché pétrolier. Et donc, le gouvernement iranien britannique prend contrôle financièrement de cette société privée et de toute façon, la situation aussi terrible, et on va en revenir là-dessus, que la grande partie des profits de cette exploitation reviennent aux actionnaires britanniques, donc en l'occurrence l'État. Tandis que l'Iran a à peu près droit à 16% seulement des profits. Il faut garder ça en tête aussi, si on parle de l'intérêt de la Grande-Bretagne, elle est issue de la Première Guerre mondiale vis-à-vis l'Iran, sauf qu'il ne faut pas non plus exagérer à ce moment-là l'aspect pétrolier. Curzon pense en tant qu'impérialiste. Il est même parfois un peu inquiété par les questions pétrolières. Pour lui, c'est la sécurité d'Inde. Et c'est pour ça qu'il se préoccupe de la Perse. Mais il y a quand même dans cette situation-là des possibilités pour les dirigeants iraniens de manœuvrer encore. Parce que notamment il y a sur la scène maintenant le discours wilsonien, l'importance accrue des Etats-Unis qui sont entrés tardivement en guerre en 1917. et l'espoir que justement ici à Paris, en 1919, va naître un nouvel ordre mondial, avec la conférence de paix que tout le monde croit vraiment à l'aune des discours wilsoniens, du droit de disposer eux-mêmes des peuples, la fin de la colonisation, la fin des accords secrets et tout ça. Et les iraniens en effet, le gouvernement iranien, essaie de gagner sa place à cette conférence de paix ici à Paris. Il envoie une délégation, mais finalement, ils ne sont pas entendus. Et c'est dans ces cas-là que ce fameux accord auquel Salomé a fait allusion, l'accord de 1919, entre le gouvernement iranien et le gouvernement britannique est conclu. Et l'idée de cet accord est dans un côté britannique, bien sûr, c'est ce programme de Curzon qui veut un protectorat, qui veut une classie de protection d'Inde. Et quand même l'idée des dirigeants iraniens de pouvoir finalement mettre en oeuvre ce programme de la révolution, ce programme de la modernisation, ce programme de la modernisation de l'armée, de créer des infrastructures de transport, de moderniser les commerces, etc. Mais comme Salomé l'a déjà bien mentionné, cet accord ne va pas aboutir. Il y avait aussi des espoirs d'ailleurs des Iraniens que finalement les Britanniques vont aider à accéder à la conférence de paix. Ça ne marche pas non plus. Et nous sommes donc maintenant à la veille de ce coup d'État sur lequel vous m'avez demandé, en 1920. Le gouvernement qui a conclu l'accord est finalement remplacé. Il y a ces défis séparatistes dont Salomé a parlé, notamment si les bolcheviks sont venus, ils ont occupé une partie du pays. Et maintenant, il y a toujours Curzon qui n'abandonne pas l'espoir de faire valoir cet accord. Mais il y a aussi du côté britannique, notamment du côté des militaires, une volonté de désengager de cette région. Parce que c'est clair, la Grande-Bretagne aussi, du côté du Premier ministre, trop des endroits où elle doit s'engager. En Europe, en Irlande, la crise irlandaise éclate aussi à ce moment-là. Il y a aussi le défi de la gauche, de la classe ouvrière en Grande-Bretagne sur l'île elle-même. Et donc il faut vraiment trouver un moyen de réduire Il y a une fatigue d'engagement de la part de la population, de la part des payeurs des impôts. Et il y a aussi des défis dans la région. Il y a la révolution lancée contre le mandat en Irak, de l'autre côté, et donc ils cherchent à se désengager. Et là naît l'idée de pouvoir, de la part des militaires, de mettre un gouvernement fort d'un militaire à Téhéran qui peut plus ou moins s'occuper lui-même de la sécurité, notamment contre les différentes menaces aussi des bolcheviks. pour que la Grande-Bretagne peut réduire sa présence. Et ça, si on écoute les explications, les idées reçues qui existent, même qui ont trouvé leur expression dans ce petit clip que l'on a écouté. Voilà. On a dit que les britanniques ont fait ça pour mettre la main sur l'Iran dans un certain sens. C'est le contraire. Le coup a été lancé, le futur Reza Shah a été trouvé comme l'officier qui va l'exécuter avec l'idée de pouvoir un peu réduire son engagement là-bas. De donner ça entre les mains de quelqu'un qui sera capable de gérer. Et il y a de toute façon aussi une autre notion reçue qui existe. On parle du coup de Reza Khan en 1921. Un coup d'état qui s'appuie sur la présence et le contrôle de Britannique. de la seule vraie force militaire qui existe dans le pays, la division des Cossacks, dont vous avez sans doute parlé aussi déjà dans l'autre émission, et qui est une formation militaire organisée selon les principes des Cossacks russes, où il y a aussi des officiers russes, mais les soldats iraniens. Et les britanniques ont beaucoup de problèmes parce qu'ils financent cette unité, mais c'est jusqu'à la fin de l'année 1920, contrôlée par un officier qui est hostile. Mais finalement, ils réalisent prendre le contrôle et ils trouvent aussi leur homme pour faire le coup d'État, qui n'est pas Reza Khan. C'est un personnage qui s'appelle Zeyed Ziauddin Tabataboi, qui est un homme politique, qui est quelqu'un qui publie un quotidien, Ra'at, qui était le confident du premier ministre Voskhodole, qui a traîné en Russie durant la guerre. pour être un peu les oreilles et les yeux du gouvernement qui a effectué des missions diplomatiques et qui a un programme, un programme radical et qui s'inspire un peu de ce qui se passe dans l'Empire Ottoman. Il est aussi clairement inspiré des idées islamistes qui sont plutôt qui vient plutôt de l'Egypte de l'époque, et c'est l'homme que les Anglais ont choisi pour être le visage de ce coup d'état. Notre résachant, notre futur résachant, à ce moment-là, n'est que l'officier qui a fait carrière dans cette unité des Cossacks jusqu'au niveau colonel, qui va effectuer, parce qu'il se trouve que son régiment se trouve proche de Téhéran à ce moment-là. Et donc le coup d'état, c'est pas tellement le coup d'état de Lézard-Camp, mais le coup d'état de Zeyed Zia.
Xavier Mauduit
Zeyed Zia, qui est un journaliste, qui est anglophile, et on sait bien que dans un coup d'état, il y a toujours besoin d'un sabre. Et ce sabre-là, c'est celui du futur Reza, Reza Chat, avec Salomé Michel, la place de ce personnage dans cette histoire-là. Votre thèse s'intitule « Le chat, le parti et les médias, une étude de l'idéologie, pas la vie ». Vous vous intéressez surtout à la dernière période, dans les années 1970. Salomé Michel, une thèse réalisée sous la direction de... D'Oliver Bast. Oliver Bast qui est présent avec nous. Quelle place Reza Shah occupe dans cette histoire? Parce que 1921, le coup d'état. Le sabre, c'est lui. 1925, il devient le Shah. Que se passe-t-il dans cette période? Comment devient ton Shah tout simplement? Est-ce reprendre simplement ce qu'il y a par le passé, ce que proposaient les 4 Jars ou est-ce inventer quelque chose de nouveau? Oliver Bass nous a dit que le modèle c'était Atatürk qui a fait de l'Empire Ottoman, la Turquie.
Salomé Michel
Une république. Oui bien sûr, alors effectivement on aurait tendance à répondre les deux. Il s'agit à la fois de se poser comme le prolongement de certaines traditions et notamment évidemment de la tradition monarchique en l'occurrence. même si ça ne s'est pas fait sans heure et sans hésitation, on va y revenir dans un instant, et se placer aussi en rupture avec cette tradition et d'inventer aussi tout simplement une nouvelle tradition. Effectivement Reza Khan a été Le sabre de ce coup d'état, son talent a aussi été sa capacité à voir plus loin que la pointe de son épée, en quelque sorte, et à véritablement mettre stratégiquement de côté son partenaire, en quelque sorte, Seyyed Ziauddin Tabatabai, dans une prise de pouvoir qui s'est avérée vraiment graduelle et qui a commencé effectivement par ce coup d'État, cette marche de Kasvin vers Téhéran dans la nuit du 20 au 21 février 1921. Mais à l'issue de ce coup, Reza n'a pas la position gouvernementale qu'il aurait espéré avoir, n'a pas la position de force qu'il aurait espéré avoir, puisque c'est effectivement Tabata Boy qui va être nommé Premier ministre. Reza Khan, pardon, aurait souhaité au moins le poste de ministre de la guerre et en réalité il sera nommé seulement Sardare Seppor, donc le chef des armées en quelque sorte, et il va seulement un petit peu plus tard être nommé ensuite ministre de la guerre. et dans cette période effectivement on voit déjà le développement d'un début d'affirmation d'un projet politique et certains pourraient dire aussi idéologique dans la mesure où il va mettre à profit ce temps qui va passer à la tête des armées et en tant que ministre de la guerre afin de véritablement moderniser l'appareil militaire de l'état iranien. Et donc effectivement il y a cette désinspiration qui lui vient de la Turquie. Il faut vraiment insister sur le fait que que Mustafa Kemal Atatürk était vraiment une figure qui a inspiré Reza Khan puis Reza Shah. Et donc cette modernisation commence avant même que le futur souverain ait affirmé un pouvoir politique vraiment fort. ou du moins une place de premier plan et sans concurrent au sein des hautes instances de l'État qadjar. Et donc il va falloir cette mise à l'écart progressive de Tabata Bori qui va devenir Nous sommes toutes assez vite dans la mesure où, en 1923, on a déjà ce remplacement, étant donné que Tabo Taboy va tomber vraiment en disgrâce, et l'était déjà plus ou moins depuis le coup, dans le sens où il n'a jamais eu des excellentes relations avec Ahmad Shah. Et on a donc cette ascension qui va vraiment se consolider à ce moment-là, dans le sens où Reza Khan va devenir Premier ministre. Et tout ceci, je le rappelle, vis-à-vis de la toile de fond que constitue un affaiblissement chaque jour plus important du pouvoir kadjar. du pouvoir impérial Kadjar. Et donc c'est dans ce contexte là qu'on va avoir Reza Khan qui va être propulsé comme modèle, comme leader si vous voulez, chef charismatique un petit peu unique. Oui, en quelque sorte solution, meilleure solution, unique solution pour assurer justement la stabilité et aussi la réforme du pays tant appelée par les intellectuels. Et donc ces intellectuels, ils vont vraiment soutenir dans une certaine mesure ils soutenaient ce projet de réforme et vont avoir l'espoir en tout cas de voir Reza Khan puis Reza Shah Pahlavi à partir de 1925, incarner ce tournant modernisateur, ce tournant de renforcement, d'affirmation d'un État-nation moderne.
Xavier Mauduit
En Iran. Avec en 1925 Reza Shah qui donc renverse les quatre jarres et qui instaure une nouvelle dynastie. Il n'est pas à la vie mais quel genre de.
Raphaël Lalloum
Souverain est-il? Sa Majesté Reza Shah, soutenu par toute l'opinion publique persane, désire avant tout l'indépendance absolue du pays et pour cela tient résolument à ne pas prendre parti dans la politique extérieure de l'un ou de l'autre de ses voisins immédiats. La Perse veut également rendre plus vivaces les liens qui l'unissent à ses amis plus lointains. Au premier rang de ceci, elle place la France. Il y a là, de la part de mon pays, un véritable désir de paix, non seulement par amour de la paix, mais aussi par intérêt national. En effet, sa majesté résachappe à la vie, après avoir lutté pendant plusieurs années pour l'organisation d'un pouvoir centralisé, d'une armée bien organisée et animée d'un esprit national, pour la réalisation de finances saines et d'un budget équilibré, tient à faire avancer le pays sur la voie du développement économique, pour lequel la paix et l'aide des puissances étrangères lui sont nécessaires. France Culture, le cours de l'histoire.
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit. Raphaël Lalloum qui nous lisait ici. Le journal Le Temps du 23 novembre 1926 dans lequel un ministre de la cour de Reza Shah Pahlavi s'exprime à propos de son souverain. Oliver Bach, je pense que ce ministre vous avait écouté puisque dans ce que nous venons d'entendre, dans ce qu'il dit, il y a ces deux aspects. L'indépendance absolue, les liens avec les voisins. l'importance de la politique extérieure et puis pour l'intérieur, le pouvoir centralisé, les finances saines et le développement économique. Pas la vie d'ailleurs, pourquoi pas la vie cette dynastie? Parce que c'est pas rien d'instaurer une dynastie, il faut se trouver un nom et un héritage. Pas la vie, ça a.
Oliver Bast
Une signification? Déjà, installer une dynastie, justement. Parlons de cet aspect-là. Donc, comme on a vu, Zézéan n'a que resté vraiment 100 jours. Il y a après un espèce de mini coup d'État encore, contre lui, parce que lui, il est trop radical. Il a mis en prison tout de suite, avec aussi ses ministres, qui sont tous des jeunes, qui partagent ses vues, toutes les élites Rogers. Et c'est là où Reza Khan finalement trouve un angle d'attaque. Il fait un pacte avec ses anciennes élites, dans un premier temps, qui ont vraiment pris peur parce qu'il y a cet homme très radical à la tête qui veut tout changer d'un seul coup. Et Reza a compris que voilà, ça ne marche pas comme ça. Donc, il arrive dans cette alliance de se débarrasser de Seedzia et comme Salomé vient de l'expliquer, au fur et à mesure, d'abord il exécute une campagne pour renforcer le pouvoir central et ensuite il devient premier ministre. Il y a cet expériment en 1924 avec l'idée peut-être de créer une république mais qui n'est probablement pas le vrai désir de Reza Khan. C'est plutôt un ballon d'essai qui est finalement aussi censé voir où sont les éléments radicaux dans le Parlement. Et finalement, il y a aussi notamment l'uléma. Et là on va revenir à l'ulama qui finalement nous a donné la république islamique. Donc les clercs chiites qui se prononcent contre toute idée républicaine. Pour eux c'est anathème. Le principe monarchique est aussi un principe religieux pour eux. Et donc cette idée laissée tomber et finalement c'est le parlement quand même que le premier ministre Reza Khan a pu remplir des forces plutôt favorables à lui. Et ce sont beaucoup de ces gens-là qui ont toujours ce projet de modernisation qu'on connaît déjà de la révolution. Mais qui sont maintenant prêts à accepter que ça va se faire dans un cadre avec un homme fort. Et ils votent au Parlement le changement des dynasties. Ce n'est pas qu'il y avait encore un coup ou quelque chose. Il n'y a aussi pas beaucoup d'envie de la part du jeune monarque Qajar à continuer nécessairement dans ces contextes-là. Et donc le Parlement vote en changement à la fin de l'année 1925. Il n'y a que 5 votes, je crois, contre au Parlement. Le changement des dynasties. Parmi ces personnes qui ont voté contre, il y a une personne qu'on va rencontrer très bientôt encore, un certain M. Mossadegh. Et donc, ce changement de dynastie est quand même un changement de dynastie qui se construit dans un cadre constitutionnel et qui se fait aussi dans un contexte international qui est intéressant parce que d'un côté, bien sûr, il y a Une partie de l'establishment britannique qui est derrière cette ascension, c'est pas forcément Curzon qui est très déçu que son accord n'a pas pu marcher, mais ces autres forces qui ont voulu réduire la présence, ils sont aussi envoyés pour exécuter le coup d'état un général, monsieur Ironside, qui était connu pour les retraites organisées et bien exécutées par un homme d'attaque. Et de l'autre côté, quand même, c'est important, aussi avec l'Union soviétique, ou la Russie soviétique, qui devient l'Union soviétique en 1922, on a des relations cordiales, qui ne sont pas contre Reza Shah, pas du tout, ou Reza Khan qui devient Reza Shah. Il y a un accord, qui est le fruit des efforts diplomatiques des gouvernements Rogers, qui rentre en vigueur, qui est signé, disons au moins, au même moment où il y a les coups d'État. mais qui n'est pas le fruit de l'achat. Donc, changement des dynasties par vote parlementaire. Et maintenant, bien sûr, finalement, ce qui se fait est que sous ce règne de ce monarque, qui est au début dans un cadre assez constitutionnel, donc, on commence à s'attaquer à ce programme. Ce programme de la révolution constitutionnelle, de modernisation, de construire des infrastructures dans le pays, de moderniser l'armée.
Xavier Mauduit
Bien.
Oliver Bast
Entendu, et en se résachant, finalement, s'attaque même à la question du pétrole, en 1933. Voilà. Donc, c'est un programme de modernisation Là, ce qu'il y a aussi, et ça c'est déjà dans le clip que vous avez joué visible, c'est de plus en plus à l'aune d'un règne d'un homme qui.
Xavier Mauduit
Est autoritaire. Parce que c'est ça aussi, ce pouvoir pas la vie, un pouvoir autoritaire. Moi, quand je regarde la chronologie, je vois qu'il abdique en 1941. Le portrait que vous me présentez, Oliver Bast, ne me laisse pas penser que Reza Shah est le type d'homme à abdiquer. Pouvoir autoritaire qui contrôle tout. Comment expliquer cette abdication? Qu'est-ce qui se passe.
Oliver Bast
En 1941? Donc ce programme de modernisation autoritaire se continue et dans les années 30, on vire presque vers la dictature. Reza Shah aussi se débarrasse un peu de ses camarades de chemin. Beaucoup d'hommes qui ont joué un rôle extrêmement important dans l'exécution de ce programme de modernisation trouvent la mort ou se suicident des ministres importants. Et ce programme-là qui a été exécuté, qui concernait la judicative aussi, l'éducation, Parce que c'est étatisme, l'État s'occupe des choses dont il ne s'est pas occupé auparavant. C'est la modernisation, c'est la modernité. Et une fois de plus, c'est le cadre international qui va jouer. Et à la fin des années 30, il y a aussi une croissance, une fois de plus, de l'influence de l'Allemagne. L'Allemagne devient le partenaire commercial numéro 1 d'Iran vers la fin des années 30, au début des années 40. Et c'est dans le cadre de la deuxième guerre mondiale, qui est maintenant en pacte une fois de plus sur l'Iran, et c'est dans le cadre de cette deuxième guerre mondiale que Reza Shah va être finalement forcé à l'abdiquer, à l'abdication, parce que l'Iran se trouve à une alliance, une fois de plus, entre les Russes, dans la forme de l'Union Soviétique, et les Britanniques, qui mènent une invasion de l'Iran en T 1941. Et dans le cadre de cette opération, l'armée iranienne n'est pas capable vraiment à résister. Et comme Brezhachov a été pourtraité comme étant le problème, soi-disant vraiment ayant ouvert la porte à l'influence allemande, tandis que c'est pas si facile que ça, et c'est plutôt un prétexte, il y a des raisons stratégiques de la part des soviétiques et des britanniques d'exécuter cette invasion, Et il n'est pas question qu'il reste. Et les puissances occupantes, donc d'occupation, décident qu'il faut se débarrasser de lui. Mais il accepte que son fils, Mohamed Reza, va accéder, très jeune à ce moment-là, au.
Xavier Mauduit
Trône. Voilà. Avec ici, en 1941, l'abdication de Reza Shah et l'arrivée de son fils. C'est vrai que jeune homme, il a la vingtaine. Mohamed Reza Shah, un nouveau.
Salomé Michel
Shah.
Poet/Performer
Pour les Tu disais que sans toi je n'aurai rien, que tu restes avec moi toujours. Si tu n'existes pas, je meurs. Un fleur ne devient pas une fleur. Quelle erreur j'ai fait, j'ai confié tes mots. J'ai ouvert mes yeux, j'ai connu ta voix Un jour, le soleil s'est tombé, tu as brûlé tes cheveux Comme une mariée de fleurs, tu as assis dans la chambre des fleurs L'automne revient et ils t'emmènent encore. Comme des fleurs, ils m'emmènent dans la chambre des fleurs. Encore, tu me dis de rester avec moi. Tu me dis que je meurs sans toi. Je ne peux pas vivre sans toi. Quelle erreur il fait, il.
Oliver Bast
Croit à ses.
Xavier Mauduit
Propres mots Golébi Goldoum, je le prononce sans doute mal, un gou-gauche. En 1971, dans le cours de l'Histoire sur France Culture, une émission réalisée par Thomas Abbot, à la technique Élise Le, l'Iran des Palavis, portrait d'une dynastie, Salomé Michel. Quand en 1941, ce jeune Mohamed Reza Chapalavis prend la succession de son père, s'inscrit-il justement dans les pas de son père, sachant que l'homme, le premier des Palavis.
Salomé Michel
Était contesté. Alors, il le souhaite en tout cas, déjà pour reprendre à son compte le bilan de modernisation et de renforcement de l'état-nation, si vous voulez, qui a été entrepris durant le règne de son père. C'est un héritage que va revendiquer cette capacité à affirmer l'état, à affirmer l'état central et à moderniser dans tous les domaines, du technique, si vous voulez, jusqu'au culturel, le pays. ça c'est un héritage que va revendiquer Moa Madreza Pahlavi et notamment en développant aussi une historiographie finalement de l'arrivée au pouvoir de son père, du règne de son père comme étant en quelque sorte l'intervention, le fruit de l'intervention d'un sauveur qui va jusqu'à hisser son père au niveau de véritablement d'un sauveur de l'Iran qui justement se pose en contraste avec le chaos qui aurait été celui de la fin de la période Qadjar, de la première guerre mondiale, etc. Donc dans cette mesure-là, effectivement, il y a une volonté de se revendiquer de l'héritage de son père. Dans un premier temps, cependant, le jeune monarque n'a pas nécessairement les moyens. Il accède au statut d'empereur par la vie dans un contexte assez troublé, qui est celui d'une occupation étrangère de son pays. et qui est aussi celui d'une agitation politique, puisqu'en réalité cette période, la première partie de son règne, de 1941 à 1946, va être une période d'ébullition en quelque sorte politique, puisqu'on va avoir une certaine détente justement par rapport à l'autoritarisme de son père dans les dernières années. La censure va s'adoucir, etc. Et on va avoir des partis politiques qui vont se former, etc. Et on va avoir aussi à l'échelle institutionnelle une période de très très grosse instabilité dans la mesure où entre 41 et 46, pour vous donner une idée, on va avoir dix mandats de premiers ministres, donc huit premiers ministres différents mais pour dix mandats distincts. Donc c'est quand même, vous voyez aussi le degré d'agitation qui peut régner. Et puis voilà, on a aussi un autre événement qui va venir fragiliser l'image du souverain qui est la crise d'Azerbaïdjan en 1946 qui va être vraiment une mise à mal de la souveraineté iranienne. Dans les premières années, on a une volonté de se réclamer du règne du père, de résachat, mais pas vraiment les moyens de le faire. Par la suite, par contre, et notamment à partir justement du renversement de Mossadegh, donc on pourra revenir sur la question de.
Xavier Mauduit
L'Épisode Mossadegh. Déjà, avant de le renverser, faisons-le parler. Auditeurs de la radio-diffusion française, le président Mossadegh.
Mohamed Mossadegh
Vous parle. Chers auditeurs, je suis heureux de recevoir aujourd'hui l'représentante de la radiodiffusion française et de transmettre à ses auditeurs le salut du peuple iranien. Unis par de longues relations, nos deux nations ont au moins un point commun. Chacune d'elles est un foyer intellectuel qui rayonne bien au-delà de ses frontières et de même que la civilisation française, la culture iranienne a contribué au progrès de l'humanité. Il y a quelques années, le mouvement national iranien a entrepris la lutte pour mettre fin définitivement aux empresses apportées depuis plus d'un demi-siècle à notre indépendance et à notre prospérité par l'ancienne Anglo-Iranian Oil Company. Nous avons commencé les réformes indispensables au relèvement économique du pays que nous poursuivrons jusqu'au but fixé. Et je suis certain que l'opinion française, toujours champion des causes justes, nous donnera son.
Oliver Bast
Appui unanime. Je vous remercie.
Xavier Mauduit
Infiniment, Excellence. en septembre 1953, Mohamed Mossadegh, aux actualités françaises. Salomé Michel, il est premier ministre à ce moment-là du Shah d'Iran. Qu'apporte-t-il durant le temps où il est premier ministre, 1951-1953? Parce que je sens bien ici qu'avec ce personnage, il se joue.
Salomé Michel
Quelque chose. Oui, tout à fait. C'est vraiment un personnage central, non seulement du règne de Mohammad Reza Shah Pahlavi, mais aussi plus généralement du XXe siècle iranien. L'épisode Mossader, ça va être vraiment... une personne, une figure qui va rallier autour d'elle énormément de partisans venus de bords quand même assez divers dans le cadre de ce qui va s'appeler le Front National. ce personnage de Mossadère va quand même réussir à réunir un soutien assez fort et notamment aussi le soutien d'une partie de la population. Alors avec la pratique du pouvoir, entre guillemets, ce soutien va s'éroder en quelque sorte un petit peu, notamment à partir du moment où la nationalisation du pétrole va apporter avec elle tout un lot de complications qui n'étaient pas prévues nécessairement ou du moins qui avaient peut-être été un petit peu sous-estimés et donc créer des difficultés économiques qui vont venir ternir en quelque sorte et affaiblir ce soutien de la population au point que voilà à la veille de son remboursement en août 1953 on a quand même toute une partie des anciens alliés de Mossadère, de ses anciens soutiens qui va se désolidariser de lui et Et donc on a aussi un Mossadère qui est relativement affaibli au moment où il.
Xavier Mauduit
Sera renversé. Et puis la CIA aussi qui intervient en coulisse bien sûr, parce que c'est ce que nous lisons régulièrement, justement pour éviter tout gouvernement qui pourrait, dans le contexte de la guerre froide, enquiquiner les intérêts des Etats-Unis. Est-ce que.
Salomé Michel
C'Est réel? Tout à fait, alors Mossadegh c'était aussi quelqu'un qui portait un nationalisme que le Shah lui-même plus tard qualifiera notamment de négatif dans le sens où c'était une volonté de désigner, de porter l'orgueil blessé aussi de la nation iranienne vis-à-vis des occupations étrangères successives, etc. Et donc le fait que, et ça, si vous voulez, les archives ont été déclassifiées en quelque sorte il n'y a pas si longtemps, donc c'est l'intervention des services secrets britanniques et américains dans son renversement à quelque chose qui n'a pas été véritablement discuté, si vous voulez, en tout cas pas sous le règne de Mohamed Reza Shah, puisqu'on va avoir ensuite des commémorations de ce renversement de Mossadère comme étant un soulèvement national, un point c'est tout. Mais effectivement, les pouvoirs britanniques et américains, et en particulier à ce moment-là américains, vont jouer un rôle très important. Aussi, il faut le rappeler, parce qu'on est quand même au début de la guerre froide, dont la crise d'Azerbaïdjan avait peut-être été un des premiers une des premières manifestations vraiment palpables. Et donc effectivement l'Iran continue de constituer un enjeu géopolitique majeur, notamment aussi pour.
Xavier Mauduit
Les États-Unis. Oliver Bass, est-ce qu'on peut imaginer résumer le pouvoir de Mohamed Reza Shah en disant que, un peu comme son père d'ailleurs, et comme beaucoup de dictateurs, il évolue vers des formes d'autoritarisme. C'est-à-dire que dans les premiers temps, il y a des volontés de réforme, de poursuivre les réformes, et puis que peu à peu, ça devient un pouvoir de plus en.
Oliver Bast
Plus autoritaire. Oui, laissez-moi d'abord nuancer un tout petit peu cette affaire Mossadegh. Il est clair, cette question de pétrole est centrale pour tout projet de modernisation parce que je vous ai dit que Ça qui était réservé aux Iraniens au début était minime. Ça a été amélioré sous le règne de Reza Shah en 1933. Le projet qui a été mené était justement ce ministre de la Cour dont on a écouté. Au début, puis finalement c'est Reza lui-même qui s'en occupait avec des résultats mitigés, mais quand même c'était amélioré et ça a donné des ressources stables pour mener à bien ce programme de modernisation. Par exemple, la construction du chemin de fer transiranien. Il y a un bilan de réachat qui est quand même considérable en ce qui concerne l'établissement d'un État-Nation. Mais ce problème de pétrole a été réglé seulement à moitié. Et c'est là où cet homme d'État, qui est Mohamed Mouazadegh, arrive et fait sa cause. Quelqu'un qui a fait un doctorat en Suisse, qui parle parfaitement français, qui est vraiment, maintenant, dans la vie, il faut qu'on améliore encore les deals. Et ça s'est soldé par les résultats dont on a parlé. Mais, oui, influence des Britanniques et des Américains, mais aussi des Iraniens. Il y a un problème dans l'histographie de cette période, ou de toute façon de la période par la vie, on a tendance à exagérer la main et l'influence des forces étrangères. Il faut vraiment s'intéresser à l'agenceur. C'est ma traduction du mot anglais agency. des iraniens. Il y avait aussi des iraniens qui ont participé dans les mesures contre Mossadegh. Il y a des élites iraniens qui sont d'accord avec son renversement et qui ont joué un rôle. Et donc c'est une confluence d'intérêts qui aboutit à son renversement. Mais parlons du règne de Muhammad Reza Pahlavi. En effet, c'est Difficile à les qualifier comme une dictature, mais c'est un régime autoritaire qui reste dans les structures de la Constitution et du Parlement, tout ça reste en place. Mais il y a des éléments où ce n'est plus constitutionnel, dont l'exécution. On pourrait dire que son père est viré vers la dictature, vers la fin de son règne. Muhammad Reza Shah Pahlavi, c'est un régime du règne de Muhammad vers la fin notamment, et Salomé connaît ça encore beaucoup mieux que moi, c'est une période d'un régime autoritaire, mais où il y a du progrès fait et fait, dans ce programme de modernisation. Notamment aussi en ce qui concerne, par exemple, l'emancipation des femmes. Là, il y a beaucoup de progrès qui.
Xavier Mauduit
Est fait. Oui, parce que, Salomé Michel, c'est la difficulté de définir un régime. Le régime de Mohamed Chahapalavi, ce n'est pas une dictature au sens où il y a tous les moyens juridiques d'avoir une démocratie, sauf qu'il n'y a pas la démocratie, mais il y a des éléments des.
Salomé Michel
Amorces démocratiques. Oui, tout à fait. Alors, on a quand même une vie partisane relativement agitée, bien que contenue et contrôlée. Et puis, on a aussi effectivement une volonté de démocratiser progressivement, et notamment parce que le Shah, à un moment donné, va être soucieux de l'état du pays qu'il laissera à son fils, le prince héritier Reza, au moment de la succession. Et donc il y a des aménagements qui vont être prévus, et notamment un aménagement politique qui peut paraître surprenant, qui est la création du parti d'Asterix, donc un parti unique en 1975, dont tout le monde pense en réalité qu'il a été vraiment une catastrophe annoncée, une coquille vide, et qu'il est le parachèvement du caractère dictatorial du régime. alors qu'en réalité, l'intention qui présidait à sa création était aussi d'organiser d'autres canaux de dialogue avec la population, etc. au-delà du bipartisme qui était considéré comme étant en quelque sorte sclérosé. Donc effectivement, il y a une volonté, disons extrêmement maladroite sur la fin, mais quand même qu'on pourrait analyser aussi plus en détail, voilà.
Xavier Mauduit
De démocratiser. C'est ce que vous nous permettez de faire Oliver Bast, Salomé Michel. Merci beaucoup parce que grâce à vous nous avons tous les éléments pour saisir ce qui se passe en Iran dans les années 1970. Merci vivement. C'est le prochain épisode du Cours de l'Histoire, les années 1970 et particulièrement l'année 1979 avec une.
Sébastien Baer
Révolution confisquée. En Iran, des milliers de personnes sont allées se recueillir sur les tombes des victimes des massacres de la semaine dernière, une journée de deuil décidée par les religieux chiites opposés au régime et qui s'est déroulée sans incident. Pendant ce temps, l'épuration continue parmi les personnalités politiques. Deux anciens ministres du Shah ont été arrêtés aujourd'hui. On comprend dans ces conditions que certains cherchent à se réfugier.
Xavier Mauduit
À l'étranger. C'était le cours de l'histoire sur France Culture. Merci à Sébastien Baer, correspondant Radio France à Berlin qui nous a permis cette duplex. Et merci aussi à Jeanne de Lecroy-Raphael, Lalou Mojan-Copé. Merci à Sidonie Lebeau et Maïwenn Giziou. Le cours de l'histoire est à écouter à podcaster sur franceculture.fr et l'appli.
France Culture, 10 février 2026
Host: Xavier Mauduit
Guests: Oliver Bast (historien), Salomé Michel (historienne)
Cet épisode explore la montée, l’exercice et la chute de la dynastie Pahlavi en Iran (1925-1979), mettant en lumière la transition du pouvoir après les Qajars, les enjeux nationaux et internationaux de l’époque, le projet de modernisation mené par Reza Shah et son fils Mohammad Reza Shah, ainsi que les contradictions et tensions qui mènent à l’avènement de la révolution islamique en 1979.
(00:09 - 09:09)
Grande transition dynastique : Reza Shah fonde la dynastie Pahlavi après avoir évincé les Qajars - « Ce n'est pas rien tout de même un changement de dynastie. » (Xavier Mauduit, 00:09)
Situation de l’Iran au début du XXe siècle : L’Iran traverse une période critique durant la Première Guerre mondiale ; officiellement neutre, il subit pourtant l’influence, voire la domination, des puissances européennes (surtout Russie et Royaume-Uni).
« C'est en 1907 que d'un côté l'Iran...est devenu une monarchie constitutionnelle et de l'autre côté...La Russie et la Grande-Bretagne...divisent, sans demander rien que ce soit aux Iraniens, le pays en deux zones d'influence. » (Oliver Bast, 02:11)
Projet nationaliste vs. intérêts étrangers : S’opposent au sein du pays le projet modernisateur et centralisateur des révolutionnaires et le risque de dépeçage par les grandes puissances.
« Deux projets qui s'affrontent en Iran...les grandes puissances qui va vers le déchirement de l'Iran...et le programme des révolutionnaires...de modernisation. » (Oliver Bast, 04:42)
(09:09 - 33:10)
Conséquences de la Première Guerre mondiale :
Les tensions internes et les ingérences étrangères affaiblissent les Qajars, sur fond de crises économiques, velléités séparatistes et influence bolchévique (Guélan, Khuzestan).
« La mauvaise perception qui règne de cet accord [anglo-persan] va aussi participer à fragiliser le pouvoir central qadjar. » (Salomé Michel, 09:54)
Le coup d’État de 1921 :
Organisé par le journaliste anglophile Zeyed Ziauddin Tabatabaï, avec la force militaire de Reza Khan (officier de brigade cosaque), qui devient ensuite ministre, puis Premier ministre.
« Ce n'est pas tellement le coup d'état de Reza Khan, mais le coup d'état de Zeyed Zia. » (Oliver Bast, 24:30)
Ascension progressive de Reza Khan :
Reza Khan se place progressivement au centre du pouvoir, évincant d’abord Zia, puis prenant le poste de Premier ministre avant d’être couronné Shah.
« Son talent a aussi été sa capacité à voir plus loin que la pointe de son épée, en quelque sorte, et à véritablement mettre stratégiquement de côté son partenaire. » (Salomé Michel, 26:24)
Fondation de la dynastie Pahlavi :
« Il y a aussi notamment l'uléma...qui finalement nous a donné la république islamique. Les clercs chiites qui se prononcent contre toute idée républicaine. » (Oliver Bast, 34:00)
(33:10 - 38:44)
Programme de réformes :
Développement d’un État-nation centralisé, création d’une armée moderne, infrastructures, modernisation judiciaire et éducative.
« Un programme de modernisation...on commence à s'attaquer à ce programme...celui de la révolution constitutionnelle, de modernisation, de construire des infrastructures. » (Oliver Bast, 36:20)
Nature du régime :
Le régime glisse vers un autoritarisme de plus en plus prononcé dans les années 1930, parfois qualifié de dictature.
« Dans les années 30, on vire presque vers la dictature...Beaucoup d'hommes qui ont joué un rôle extrêmement important...trouvent la mort ou se suicident. » (Oliver Bast, 38:44)
Fin du règne :
Abdication forcée en 1941 sous la pression de l’occupation britannique et soviétique durant la Seconde Guerre mondiale, accusé d’alignement pro-allemand.
« Reza Shah aussi se débarrasse un peu de ses camarades de chemin...Et une fois de plus, c'est le cadre international qui va jouer. » (Oliver Bast, 38:44)
(41:41 - 57:48)
Le règne débute sous tension :
À 22 ans, Mohammad Reza Shah hérite d'un pays sous occupation, traversant une période d’ébullition politique, de censure relâchée, mais aussi d’instabilité institutionnelle (huit premiers ministres entre 1941 et 1946).
« Entre 41 et 46...huit premiers ministres différents pour dix mandats distincts. » (Salomé Michel, 44:31)
Nationalisme, pétrole et crise Mossadegh :
« Nous avons commencé les réformes indispensables au relèvement économique du pays... » (Mohamed Mossadegh, 47:45) « Les puissances britanniques et américaines...vont jouer un rôle très important...au début de la guerre froide. » (Salomé Michel, 51:17)
Retour du Shah et virage autoritaire :
« C'est un régime autoritaire qui reste dans les structures de la Constitution et du Parlement...où ce n'est plus constitutionnel... » (Oliver Bast, 53:07)
Paradoxe politique :
« Il y a des aménagements...création du parti d'Asterix, un parti unique en 1975...en réalité il voulait organiser d'autres canaux de dialogue... » (Salomé Michel, 56:29)
Sur la nature du changement de dynastie :
« Installer une dynastie, justement. C'est pas rien. Il faut se trouver un nom et un héritage. » (Xavier Mauduit, 33:10)
Sur l’importance des acteurs iraniens dans l’histoire :
« On a tendance à exagérer la main et l'influence des forces étrangères. Il faut vraiment s'intéresser à l'agenceur...des iraniens. » (Oliver Bast, 53:30)
Sur les contradictions du régime Pahlavi :
« Le régime de Mohamed Chahapalavi, ce n'est pas une dictature au sens où il y a tous les moyens juridiques d'avoir une démocratie, sauf qu'il n'y a pas la démocratie. » (Xavier Mauduit, 56:16)
L’épisode pose les jalons de la révolution de 1979 en décryptant les racines structurelles et politiques du régime Pahlavi, son ambiguïté entre modernité et autoritarisme, ses relais avec l’Occident et son incapacité croissante à répondre aux attentes sociales et nationales.
« Merci beaucoup parce que grâce à vous nous avons tous les éléments pour saisir ce qui se passe en Iran dans les années 1970. »
(Xavier Mauduit, 57:48)
Prochain épisode : Les années 1970 et la révolution islamique : « révolution confisquée »