
Les États-Unis et leurs voisins, de l’impérialisme en Amérique : États-Unis/Mexique, une frontière dans tous ses États
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Xavier Mauduit
France Culture.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Le cours de l'histoire. Xavier Mauduit.
Xavier Mauduit
Etats-Unis, Mexique, une frontière dans tous les états, Californie, Arizona, Nouveau-Mexique, Texas et pourquoi pas à Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride. Comment la frontière sud des Etats-Unis s'est-elle peu à peu formée? Comment le Mexique en est-il arrivé à perdre la moitié de son territoire? Et quelle place pour les populations autochtones dans cette histoire où nous croisons David Crockett, Napoléon, Géronimo, le président Monroe et John Wayne.
Narrator/France Culture Announcer
Au départ, au XVIIe siècle, l'Ouest, c'est les Appalaches.
Augustin Abram
Napoléon, premier empereur des Français, a vendu à la jeune république américaine tout l'immense territoire de la Louisiane.
Croquette (fictional character)
Croquette! Posez récupération philosophique. Votre sagesse d'homme des bois ne m'intéresse pas le moins du monde.
Narrator/Commentator
Vraiment, à partir de 1820, là, les choses commencent à devenir sérieuses, à s'accélérer très très rapidement.
Augustin Abram
On a fait quelque chose de ce territoire! Avant nous, il n'y avait rien ici! Et il n'y aurait jamais rien eu si on vous l'avait laissé!
Croquette (fictional character)
Cette terre n'est pas pour les tiens.
Xavier Mauduit
Si tu ne t'en vas pas, je reviendrai te tuer.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Une histoire...
Xavier Mauduit
Qui mobilise tant et tant de représentations issues du cinéma des westerns. Bonjour Augustin Abram.
Augustin Abram
Bonjour.
Xavier Mauduit
Vous êtes maître de conférence en histoire et civilisation des Etats-Unis à l'université d'Orléans. Quand nous parlons des Etats-Unis, du Mexique, avec l'évocation d'une frontière, il faut sans doute définir ce que signifie ce mot frontière, parce que le sens que nous lui donnons un trait fin sur une carte n'est sans doute pas le sens que l'on peut appliquer dans l'histoire par le passé. C'est autre chose la frontière aux Etats-Unis.
Augustin Abram
Oui, exactement. C'est autre chose dans le sens où il y a une dimension idéologique fondamentale qui se construit au 19e siècle. La frontière, en réalité, en anglais, il y a deux termes, c'est-à-dire qu'il y a borda, qui est vraiment la frontière technique, on veut dire, entre deux Etats. Et la notion de frontière, frontier, qui apparaît très vite au 19e siècle, c'est cet espace, finalement, à la fois géographique mais aussi idéologique en réalité, l'espace où se rencontrent la civilisation, entre guillemets, et la sauvagerie, des autochtones en particulier. C'est l'espace finalement que va conquérir l'espace colonial des Etats-Unis jusqu'au Pacifique, en réalité jusqu'à la fin du XIXe siècle. En tout cas, c'est toute l'idéologie du récit national qui s'articule autour de cette frontière. Et on y reviendra sans doute, mais c'est évidemment une notion qui a été remise en question par l'historiographie, évidemment, puisqu'elle a... elle est empreinte de colonialisme et d'un récit national qui se veut exceptionnaliste aux Etats-Unis.
Xavier Mauduit
Oui, parce que cette frontière au sens de border, c'est une ligne un peu comme nous l'entendons aujourd'hui, mais la frontière au sens d'espace qui regarde vers l'ailleurs, sans savoir trop ce qu'il est d'ailleurs, mais sans doute un peu sauvage dans la représentation, c'est une frontière mouvante celle-là, elle doit se déplacer.
Augustin Abram
Exactement. Alors, le terme a été théorisé ensuite par Turner à la fin du 19e siècle, dans un article qui a fait date, qui était The Significance of the Frontier, qui montre que cette... Il part du constat que la frontière, donc cet espace où se rencontrent civilisation et sauvagerie, et où en réalité les pionniers vont dompter la sauvagerie par leur travail, par la résilience et Turner explique que c'est à cet endroit précis que se forme le caractère américain. Là où les institutions se renouvellent, où le génie américain s'exprime le plus, il part du constat à la fin du XIXe siècle que cette frontière est close, que les États-Unis ont atteint le pacifique et que de fait il n'y a plus de terre à s'approprier en réalité. Et donc cette notion de frontière, elle est au cœur de l'expérience américaine puisque c'est ce qui illustre d'une certaine manière l'avancée inexorable des pionniers vers le Pacifique et ce qui montre surtout, encore une fois d'après le récit national, l'exceptionalisme étatsunien dans la mesure où il permet aux institutions étatsuniennes en particulier la démocratie, la civilisation, la lumière de la technique de s'avancer jusqu'au Pacifique, au dépens bien entendu des populations autochtones, dont on considère qu'elles sont sauvages, d'une part. D'ailleurs, cet espace, depuis le début, depuis la révolution américaine, en réalité, l'espace de l'Ouest est considéré comme une terra nullius, c'est-à-dire un endroit vide, qu'on va appeler ensuite « the wilderness », en fait, cette espèce d'endroit sauvage qu'il va s'agir encore une fois de dompter. Mais cet espace, effectivement, est considéré comme une forme de réceptacle à la civilisation américaine qui doit avancer dans un mouvement d'une part providentiel, c'est très important, et d'autre part naturel. C'est inévitable d'une certaine manière, c'est inexorable. Et l'État étasunien se doit d'accompagner les pionniers dans cette.
Xavier Mauduit
Dynamique providentielle. Frédéric Jackson Turner, donc cet historien des États-Unis qui écrit à toute fin du XIXe, mais surtout début du XXe siècle, a cette vision. Et on sait bien comment la construction de l'image de la conquête de l'Ouest a une influence considérable dans ce récit. Mais la conquête de l'Ouest, je l'entends bien, Augustin Abrant, Qu'en est-il du Sud? Car cette fois-ci, nous ne sommes pas avec des terres aussi sauvages que ça, au sens où en Floride, en Louisiane et puis au Mexique, il y a des gens, des populations, même des institutions et d'autres états qui revendiquent ces territoires-là. Si on se place, allez, on va dire au 17e siècle, début du 18e siècle, quelles sont les forces en présence? Qui est au Mexique et en Louisiane? C'est nous les Français? Ça va, on y.
Augustin Abram
Est encore. On y est encore à ce moment-là. En fait, en réalité, jusqu'en 1803. Le tournant majeur, ça va être évidemment l'achat de la Louisiane en 1803. Mais avant ça, il faut bien imaginer qu'avant les États-Unis, l'Amérique du Nord, c'est avant tout la compétition entre des empires coloniaux. Oui, évidemment, une présence autochtone qui reste en situation de domination assez longtemps. Encore une fois, il faut déconstruire le récit national. Il y a une forte résistance autochtone d'une part. Mais effectivement, il y a l'Empire britannique, l'Empire français et l'Empire espagnol. Et les régions du sud, elles sont effectivement occupées par l'Espagne. En tout cas, effectivement, jusqu'au début du 19e siècle. Et là, les choses vont s'accélérer pour les États-Unis. Effectivement, le tournant, c'est l'achat de la Louisiane en 1803, quand Napoléon va vendre la Louisiane pour environ 15 millions de dollars à Jefferson, le président Jefferson à l'époque. Et ce qui va littéralement doubler, en réalité, l'espace possédé par les États-Unis. Alors qu'ils sont encore, évidemment, occupés par les populations autochtones, mais ça double littéralement la surface du domaine public américain dans les traités. Ce qui fait que ça va amener une impulsion majeure, en réalité, pour l'État colonial étasunien et puis pour les pionniers. Et ce qui va accélérer aussi, dans le même temps, et c'est important qu'on en parle quand on parle du Sud, en fait, parce que ça va accélérer la politique amérindienne aussi. C'est-à-dire que le Sud, à l'époque, c'est un Sud esclavagiste, bien sûr, dans les États, d'abord les États de la côte atlantique, la Géorgie, la Virginie. Et puis, Peu à peu, on va vouloir mettre à l'écart les populations autochtones de ces régions, en particulier les populations autochtones du sud-est des Etats-Unis, les Cherokee, les Choctaw, les Chickasaw par exemple. Et l'objectif dans les années 1820 va être de passer d'une politique d'assimilation des populations autochtones dans le giron de la civilisation à une politique de déportation. La déportation qui va avoir lieu sous la présidence de Jackson en 1830 avec le Linden Removal Act. Et cette déportation des populations autochtones, elle va, entre guillemets, libérer la région du sud. Et va permettre la création de nouveaux états, en fait, très rapidement. Déjà, dans la suite de la guerre de 1812, des premières cessions de terres ont été imposées à ces populations avant qu'on les déporte. ce qui a permis par exemple la création de l'état de l'Alabama en 1819, du Mississippi en 1817, qui sont, et c'est très important, des états qui reposent sur l'institution particulière, donc sur l'esclavage. C'est un sud esclavagiste sur un système de plantation qu'on appelle le Deep South, le sud profond en fait, qui va amener rapidement dans un objectif évidemment économiquement esclavagiste, à cette époque, les Etats-Unis a imposé leur présence dans le Sud et notamment, peu à peu, a négocié le traité, notamment de Adams-Honest, en 1819. Et puis ensuite, Jackson, on y reviendra sans doute, va envahir, sans l'accord du Congrès d'ailleurs, la Floride espagnole. Ce qui va être une première incursion, si vous voulez, dans les territoires qui appartiennent de facto à un autre.
Xavier Mauduit
Empire colonial. Le traité Adam-Honis en 1819, c'est l'achat de la Floride avec ici ces différents états du sud des Etats-Unis. Donc la Floride, je l'entends bien, je vais de l'est à l'ouest. La Floride, donc, c'est acheté, c'est.
Augustin Abram
Une chose... Alors, excusez-moi, je vous interromps, c'est acheté, c'est envahi en réalité par.
Xavier Mauduit
Jackson lui-même. Il y a le prétexte.
Augustin Abram
De l'achat. Alors il y a en réalité l'achat de la Floride occidentale qui se fait dans les suites de l'achat de la Louisiane puisque c'est un territoire revendiqué par les américains. La Floride occidentale c'est un territoire très précis qui correspond à l'état de Louisiane aujourd'hui qui est créé finalement en 1812. Et là autour de 1810, il y a des pionniers qui s'y installent et il y a une courte république d'ailleurs qui existe, une république américaine qui dure 34 jours avant que le président Madison, à l'époque, l'annexe en réalité. La Floride, ce qu'on appelle la Floride aujourd'hui, qui est espagnole, elle est envahie à la suite de la guerre de 1812, en 1818-1819, par Andrew Jackson, qui à l'époque est un général, en réalité, de la guerre, de l'armée du Sud. de la guerre de 1812 et qui va mener une campagne notamment la guerre séminole contre des populations autochtones à l'époque qu'il considère comme rebelles avec un projet de sécurisation de la frontière justement puisque dans ces espaces on reproche aussi à l'Espagne de laisser finalement s'installer les esclaves qui se sont échappés des plantations du sud. Donc il va si vous voulez récupérer les esclaves, il va se battre contre les populations autochtones, et c'est intéressant parce que c'est un argument qui revient beaucoup aujourd'hui, va estimer que l'Espagne ne sait pas tenir sa colonie, que ça représente un risque sécuritaire majeur pour les Etats du Sud notamment, Il va y aller, il va imposer la loi martiale. Il écrit souvent à Monroe, à James Monroe, le président, en lui disant voilà, il est important que l'on attaque la bête dans sa caverne. Il n'a pas de réponse officielle et donc il prend la décision lui-même d'imposer la loi martiale en Floride et donc d'envahir la Floride d'une certaine manière au nom des Etats-Unis. Ce qui va poser d'ailleurs beaucoup de tensions au sein du congrès, parce que c'est objectivement anti-constitutionnel en réalité. Tout ça dans un contexte où John Quincy Adams et Luis de Onís sont en train de négocier précisément le traité transcontinental de 1819. C'est une sorte de coup de force qui est imposé, qui va accélérer les choses et en réalité l'Espagne va se rendre compte qu'elle n'est pas en mesure de protéger sa colonie, en tout cas en Floride. et va négocier, et c'est là qu'on en arrive à quelque chose de davantage financier, mais va négocier la vente de.
Xavier Mauduit
Son territoire. D'accord, je comprends bien que dire simplement une vente, ça cache, ça dissimule cette histoire qui est une annexion. En réalité, nous nous trouvons là du côté est des Etats-Unis, au sud de ces 13 colonies qui se sont proclamées indépendantes et qui commencent à envisager de partir de plus en plus à l'ouest. Mais que se passe-t-il pendant ce temps-là, à l'autre bout.
Emmanuel Pérez-Tisserand
En.
Augustin Abram
Californie? Don Montero, pour l'amour de Dieu, pourquoi êtes-vous.
Fictional character (possibly Santa Anna or another historical figure)
Encore ici? Allons, allons, Don Luis.
Augustin Abram
Calme, calme. Santa Ana approche, il est à 3 miles de la cité. Vous devez partir.
Narrator/Commentator
Dès maintenant. Le gouvernement espagnol tient à.
Augustin Abram
Vous remercier de vous loyer.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Au.
Augustin Abram
Service. Cette terre est propriété du.
Narrator/Commentator
Gouvernement espagnol. Et d'ici deux heures, cette.
Augustin Abram
Terre sera propriété du gouvernement mexicain, à moins que je ne vous la remette.
Xavier Mauduit
Le masque de Zorro, le film de Martin Campbell en 1998 avec Antonio Banderas. Bonjour Emmanuel Pérez-Tisserand. Vous êtes maîtresse de conférence en histoire à l'université de Toulouse, Jean Jaurès. Nostra à California, une histoire politique de la Californie mexicaine, de Zorro à la ruée vers l'or, ça c'est votre ouvrage aux presses universitaires de Rennes. Nous sommes ici au tout début des années 1820. Les Etats-Unis d'Amérique, disons-le, géographiquement sont loin à ce moment-là, c'est de l'autre côté. Que se passe-t-il en Californie à ce moment-là? Que se passe-t-il au.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Mexique aussi? Oui, on vient de parler du traité d'Adamsonis. En fait, les négociations ont lieu alors que ça fait presque une décennie que les colonies espagnoles en Amérique, et donc plutôt Amérique centrale et Amérique du Sud, sont en révolte, connaissent ce qu'on a appelé les guerres d'indépendance. Et effectivement, le Mexique a déclaré son indépendance depuis 1810, mais a vraiment, ce qu'on appelle en espagnol, consommé son indépendance en septembre 1821. Et donc effectivement, ces territoires de l'Amérique du Nord espagnole, qui remontent assez loin au nord dans ce qui est aujourd'hui le territoire des Etats-Unis, à ce moment là, sont plutôt à distance de cette guerre d'indépendance du Mexique qui dure depuis dix ans. Ils sont touchés notamment parce qu'ils ne sont plus approvisionnés par le centre de la colonie. mais en fait vont basculer, et c'est ce que je raconte notamment dans mon livre, vont basculer côté mexicain une fois que le Mexique déclare son indépendance. Donc ces territoires du Texas, du Nouveau-Mexique et de la Haute-Californie, qui est beaucoup plus large que la Californie états-unienne actuelle, vont devenir mexicaines en 1821.
Xavier Mauduit
Avec Emmanuel Perestis, rend l'impossibilité d'imaginer à ce moment-là, nous sommes en 1821, qu'un jour la Californie puisse devenir un état des Etats-Unis. Il faut bien se remettre tout cela en tête. C'est géographiquement très loin, politiquement nous sommes dans un autre univers, nous sommes une colonie ici, liée à l'Espagne et puis il y a cette indépendance du Mexique. Mais l'idée que les Etats-Unis peuvent aller jusqu'au Pacifique et former ce grand Etat. C'est une construction, c'est.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Un processus. Alors oui, certains y pensent déjà en réalité, et d'ailleurs, un peu avant, il y a eu l'achat de la Louisiane à la France, donc vous en avez un peu parlé hier dans l'émission, et cette grande Louisiane française, en réalité, on peut la projeter jusqu'au Pacifique, mais vraiment au Nord. Et effectivement, là on est dans cette partie qui est à la Haute-Californie, dans un territoire qui a été colonisé récemment par les Espagnols, à partir de 1769, San Francisco par exemple, est fondé sous la forme d'une mission d'évangélisation et d'un fort militaire en 1776, presque exactement au moment de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis. Donc c'est une colonisation relativement récente, avec une présence coloniale pas très forte. Mais en fait, l'ennemi, enfin si vous voulez, si on imagine une menace directe à ce territoire au début du XIXe siècle ou à la fin du XVIIIe, c'est plutôt les Russes, puisque, en fait, les... Les entrepreneurs russes et une présence russe étaient là, donc on peut penser à l'Alaska, mais en fait ils descendaient un peu plus au sud, et les autorités espagnoles, la monarchie espagnole était très inquiète d'une présence russe, d'une incursion russe. Et bon aussi, si on veut expliquer la présence des espagnols et cette fondation tardive, il y a donc la présence des russes et aussi une présence accrue des puissances européennes dans le Pacifique, et puis ensuite après 1776, surtout après 1783, des Etats-Unis, et donc il devient important d'occuper ce territoire. Mais c'est vrai que la menace, on parle un peu des Etats-Unis dans les sources gouvernementales du Mexique au moment de l'indépendance, il y a une inquiétude sur le fait que la Haute-Californie ait bien déclaré l'indépendance et soit bien rattachée au Mexique, et on craint en premier les Russes, et ensuite on parle effectivement des Britanniques et des Etats-Unis déjà, puisqu'il y avait une présence de commerçants, de baleiniers Etats-Unis dès.
Xavier Mauduit
Cette époque-là. Alors ça c'est quelque chose que je trouve absolument fascinant de se dire qu'en Californie au XIXe siècle, en tout cas dans ce premier XIXe siècle et même un peu avant, la crainte c'était l'arrivée des russes qui venaient de l'Alaska et qui allaient descendre, c'est ça Manuel.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Pérez Tisserand? Oui, ils avaient même fondé un fort russe qu'on appelle donc Fort Ross au nord de San Francisco et qui restait un établissement russe.
Xavier Mauduit
Jusqu'En 1841. Les Russes étaient là avec, ici, Augustin Abrant, l'importance accordée aux populations autochtones qui résistent. Et ça c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte parce que bien souvent cette histoire-là de l'expansion des Etats-Unis et puis de ces relations avec le Mexique laissent de côté, à part quelques figures, toutes ces populations, il y a des résistances qui sont bien présentes face à.
Augustin Abram
L'Expansion étatsunienne. Oui, évidemment, et c'est en ça que je parlais de l'importance de reconsidérer le récit national. C'est ce que l'historiographie s'est attachée à faire d'ailleurs depuis quelques décennies maintenant. Il y a évidemment cette notion de frontières et d'expansion qui paraît inexorable. L'historiographie a bien montré qu'il existe évidemment des résistances très fortes des populations autochtones, quelles qu'elles soient d'ailleurs sur l'intégralité du continent. J'invite tous les auditeurs et les auditrices à le faire, quand on regarde une carte de l'expansion des Etats-Unis en l'espace de 60 ans, on part des premières colonies de la côte atlantique. et on arrive jusqu'au Pacifique. Donc ça c'est assez impressionnant en l'espace de voilà un peu plus de 50 ans quoi. Mais en réalité cette histoire elle est loin d'être évidente pour les Etats-Unis. Il y a des espaces de résistance, il y a en fait une nécessaire prise en considération de ce que certains historiens et historiennes ont considéré comme une perspective face à l'Est en réalité de l'expansion qui montre bien que très souvent les colons Les pionniers et les états fédérés sont en situation de négociation, d'adaptation avec les populations autochtones qui sont d'une part présentes, donc par leur simple présence, ça demande une adaptation de l'état colonial. Et puis qui vont résister, qui vont être résilientes et qui vont en fait développer des formes d'agentivité. souvent, évidemment, antagonistes à leur propre déplacement ou extermination ou remise en cause de leur souveraineté, de leur autodétermination, quoi qu'il en soit. Et qu'il y a de nombreux espaces, très longtemps, qui ne sont pas à la main des Etats-Unis et dans lesquels la résistance est encore majeure. Et surtout, que les Etats-Unis n'ont pas encore approprié, ne se sont pas encore appropriés techniquement. il y a une forme de fragilité dans certains espaces. Justement, on a reconsidéré ce fameux espace vide de la wilderness comme un ouest autochtone, mais davantage aussi comme un espace dans lequel s'expriment les agentivités. Il y a un certain nombre de termes qui ont été mis en place par les historiens et les historiennes, comme le native ground, par exemple, par Kathleen Duval qui montre que Il y a des espaces très longtemps qui restent sous la domination de dynamiques culturelles, économiques, politiques, diplomatiques amérindiennes. Et que malgré l'idéologie dominante d'expansionnisme conquérant et encore une fois évidente et naturelle sur le terrain. Les résistances amérindiennes sont très puissantes et sont prises en considération par.
Xavier Mauduit
Les colons. Agentivité, bien sûr, ça vient de l'anglais agency, mais on ne peut pas vous le reprocher, Augustin Abram, étant donné que vous êtes maître de conférence en histoire et civilisation des Etats-Unis et qu'il faut prendre ces concepts, ça veut dire simplement la capacité des individus à agir et à ne pas être.
Augustin Abram
Simplement passifs. Exactement, c'est un outil qui s'est développé, voilà, issu de l'histoire sociale dans les années 60 et puis qui a visé à dépasser, si vous voulez, le stade victimaire uniquement de victimes passives de populations minorisées et notamment les populations autochtones colonisées qui subissent des tentatives de génocide à travers le continent pour montrer leur capacité d'initiative. Ça peut être la résistance, mais aussi la résilience, la survivance, l'adaptation, la réinvention de leur propre forme de souveraineté. Il y a tout un panel de possibilités. Et ce qui est important, c'est que l'historiographie des études amérindiennes aujourd'hui met bien en avant la volonté de ne pas uniquement considérer les populations autochtones comme agissant en réaction, à une force coloniale, mais qu'il y a bien des procédés d'agentivité proactifs, qu'il y a une volonté de se réinventer et d'avoir un impact en réalité, et c'est ce qui se passe, d'avoir un impact sur la manière dont se structure l'idéologie et la puissance politique et territoriale des Etats-Unis aussi. C'est-à-dire que si on considère, voilà c'est une image que j'utilise souvent, Si on considère la manière dont s'organisent par exemple les états fédérés politiquement, ou la manière dont l'armée américaine se développe, c'est bien parce qu'il y a une présence autochtone qui implique une certaine façon de penser et de s'organiser de manière à pouvoir les dominer. Donc c'est ça la gentilité, c'est prendre en considération non pas une vision linéaire, binaire et monolithique si vous voulez, d'une expansion vers l'ouest, mais simplement considérer qu'il existe finalement des espaces de pouvoir dirigés par des groupes humains, mis en présence de facto par le fait colonial, qui sont en réalité souvent à l'origine d'agentivités antagonistes mais qui font ce qu'elles peuvent en réalité aussi pour pouvoir survivre et se réinventer systématiquement dans les interstices laissés par les frontières imposées par les.
Xavier Mauduit
Empires coloniaux. idée de frontière. Il y a aussi un piège, c'est le piège que nous nous tendons à nous-mêmes au moment de nous représenter la carte des Etats-Unis, la frontière avec le Mexique. Elle nous paraît évidente tellement nous l'avons vue, cette carte et cette frontière. Mais Emmanuel Perestis-Rand, il faut se représenter une toute autre carte. Si nous nous mettons, je ne sais pas moi, au milieu des années 1820, 1830, le Mexique n'a pas du tout la forme que nous lui connaissons. Jusqu'où s'étend le Mexique.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Au nord? Oui absolument, si on prend le point de vue du sud, depuis le Rio Bravo et pas le Rio Grande, puisque le fleuve qui aujourd'hui fait la frontière a un nom différent. On voit une toute autre image, et effectivement on a tout le sud-ouest actuel des Etats-Unis, du Texas jusqu'au nord de la Californie, donc cette grande diagonale fait partie et sous souveraineté du Mexique depuis son indépendance, et c'est l'héritage véritablement du traité dont on a parlé tout à l'heure, Adams-Onís. Et donc, à partir de 1821, on a un empire mexicain qui, et ensuite une république fédérale, qui fait sa construction nationale. C'est-à-dire qu'on a une indépendance, je ne vais pas revenir sur le processus, mais qui est un peu accidentelle, qui est, pour faire simple, une conséquence de l'invasion napoléonienne en Espagne en 1808, qui déclenche toute une série de crises, et en fait, le Mexique, quand il a déclaré son indépendance, c'est vraiment un processus assez long, et une fois qu'il a déclaré son indépendance, se met à construire sa nation. Et en fait, si on regarde l'histoire de ce territoire-là, on ne peut pas seulement le voir comme un futur territoire étatsunien, il faut le voir aussi comme une partie de l'effort de construction de la nation mexicaine, d'abord sous la forme d'un empire et puis rapidement sous la forme d'une république fédérale. qui prend le nom d'ailleurs des Etats-Unis du Mexique, avec des emprunts, des discussions par rapport à la construction nationale états-unienne. Quand on regarde les débats au congrès constitué en 2823, on voit que les députés mexicains regardent l'expérience états-unienne en se disant, ah oui, voilà comment ils ont fait, ils regardent justement cette question de la frontière intérieure, comment est-ce qu'on fait pour peupler, développer économiquement les régions situées à l'ouest, donc l'ouest des Etats-Unis et pour le Mexique c'est donc le nord, essayent d'emprunter des solutions en train de regarder est-ce que ça va fonctionner pour nous, etc. Donc il y a véritablement un observatoire, un laboratoire américain sur la manière de construire des nouvelles nations indépendantes dans ce qu'on commence à appeler l'hémisphère occidental. Et en fait, du coup, ce contexte-là, il est aussi un contexte de développement du républicanisme et même du fédéralisme, pour un certain nombre des États latino-américains, qui... Et les États-Unis, à ce moment-là, sont dans une relation ambigüe. On a vu qu'il y a déjà des convoitises territoriales, et on pourra parler du cas du Texas, donc entre le Mexique et les États-Unis, mais il y a aussi cette notion de republic-sœur, c'est-à-dire de comment est-ce que les États-Unis soit en quelque sorte un exemple, et ce qu'on a appelé plus tard la doctrine Monroe, qui est en fait le discours du président Monroe dont on a déjà parlé en 1823, qui est un discours sur l'état de l'union fait devant le congrès. Ce discours qui ensuite a été appelé doctrine Monroe dit, bah en fait, au moment où l'Europe sort des guerres napoléoniennes, est en pleine restauration, voire n'a pas reconnu les indépendances latino-américaines, nous allons affirmer notre originalité hémisphérique, continentale de l'Amérique, dans laquelle nous on développe des républiques. Et donc il n'est pas question que ni les Russes, ni les Espagnols, ni les Britanniques ne viennent recoloniser. Et donc on a une forme de, sinon solidarité au moins, de parenté entre ces républiques. Et la raison pour laquelle je dis ça, c'est que Effectivement, c'est intéressant d'étudier cette construction nationale du côté des États-Unis comme du côté du Mexique, avec certes des grandes différences qui tiennent à leur histoire, à la manière dont se sont construites ces sociétés espagnoles et britanniques coloniales, mais aussi des logiques communes. notamment autour de la question du fédéralisme, et Augustin vient un peu de parler de cette négociation État fédéré, État fédéral, les tensions qu'il y a ces années-là autour de l'esclavage. On a aussi de telles discussions et tensions au Mexique, et par exemple la Californie, qui comme je disais est un état de colonisation récente, En fait c'est un territoire qui est sous tutelle du gouvernement mexicain et progressivement sa population va adhérer au fédéralisme et souhaiter devenir un état de plein exercice. Et c'est ce qui permet d'expliquer ensuite, et aussi au Texas, les déclarations d'indépendance auxquelles on assiste en 1836.
Xavier Mauduit
Avec une petite couche de complexité supplémentaire. Et merci vivement, on n'a pas ici deux blocs qui seraient le Mexique et les Etats-Unis. Augustin Abrant, c'est-à-dire qu'à l'intérieur de chacun des Etats, il y a des conceptions différentes de ce qu'est l'Etat. Et si nous nous plaçons du côté du Mexique, dans ces Etats-Unis du Mexique, il y a certains territoires qui veulent être indépendants. Ce n'est pas une union nationale absolue qui se reposerait à d'autres nations à côté, notamment les Etats-Unis d'Amérique Nord. Il y en a qui veulent être indépendants dans.
Augustin Abram
Cette histoire. Oui, et notamment le Texas, évidemment. Alors peut-être qu'il est important de rappeler que... Le processus fédéral qui est mis en place aux Etats-Unis, au sortir de la révolution américaine, il s'inscrit déjà dans l'accaparation des terres, dans une méthode très logique, structurée par Jefferson. Encore lui, c'est quelqu'un qui revient très souvent, d'ailleurs, dans cette histoire de l'expansion, puisque c'est lui qui est responsable de l'achat de la Louisiane et qui va envoyer effectivement L'expédition de Lewis and Clark en 1806 vers l'Oregon. Et puis c'est lui aussi qui parle d'empire de la liberté. C'est important d'en parler. C'est quand même lui qui amène la notion. une certaine notion d'un impérialisme américain dès le début du 19ème siècle. C'est-à-dire, les États-Unis sont un empire de la liberté voué à amener les avantages des institutions et notamment de la République et de la démocratie jusqu'au Pacifique. Mais Jefferson, avant même la constitution des États-Unis, quand c'est encore les articles de la Confédération, en 1787, il produit ce qu'on appelle l'ordonnance du Nord-Ouest. qui est tout simplement une méthode qui va rester la même méthode employée tout au long du XIXe siècle, qui concerne à ce moment-là les États du Nord-Ouest, ce qu'on appelle le Nord-Ouest, c'est-à-dire l'Ohio, ce qui va devenir l'Indiana, et puis la région des Grands Lacs. où il y a un processus de mise en place d'États fédérés en réalité. C'est-à-dire qu'on va promouvoir et d'ailleurs faciliter l'installation des pionniers par une facilitation de l'accès à la terre en particulier. Il y a toute une série de lois qui sont mises en place pour faciliter l'accès individuel à la terre. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que dans le système états-unien, et ça découle de la colonisation de peuplement britannique, la propriété privée, l'exploitation de la terre, et donc la parcelle de terre comme propriété privée, est un droit naturel qui est protégé. C'est une des raisons de l'émergence des États-Unis, qui est protégée par l'État fédéral. Et donc, cette mise en place, elle va se structurer, on va inciter les colons à s'installer, à s'accaparer les terres, par un système d'ailleurs qui a été défini assez récemment par un historien américain qui s'appelle Michael Wittgen, qui parle d'une d'une économie politique du pillage, pour les populations autochtones évidemment. Le domaine public américain, qui est en réalité des terres indiennes, va être divisé en parcelles. On va inciter les populations à s'y installer et ça va devenir d'abord des territoires. Et c'est important en fait d'avoir cette notion-là parce que Une terre est transformée d'abord en territoire, et ensuite, une fois que cette terre atteint 50 000 individus, elle est en mesure de constituer une constitution, de former une organisation politique, pour le dire rapidement, peut prétendre à devenir un État et à rejoindre l'Union. Donc il y a une méthode, si vous voulez, d'une certaine manière infinie, qui va se poursuivre. et qui va s'imposer dans l'Ouest américain au XIXe siècle. Ce qui va amener des questions, comme vous le disiez, des questions d'indépendance potentielles sur ce fameux territoire-là. Il faut bien imaginer qu'on parlait de la perspective du Mexique. Mais dans la perspective étasunienne, tous ces territoires de l'Ouest, jusque dans les années 1830, c'est l'extérieur des Etats-Unis. Ce n'est pas un domaine qui appartient aux Etats-Unis. On pense à toutes les grandes plaines. Il y a effectivement la région de la Louisiane. Mais déjà, d'une part, il n'y a pas d'accaparation technique des pionniers, tant que ça. Il y a eu des migrations pour la recherche de fortune en particulier dans l'Ouest, dans l'Oregon en particulier. Mais ce sont des territoires qui sont externes aux Etats-Unis. Et donc en réalité, ces populations qui vont s'imposer, qui vont coloniser les terres et développer notamment l'agriculture, vont pouvoir définir leur propre souveraineté d'une certaine manière, ce qui va amener certaines velléités indépendantistes. Et en l'occurrence, le Texas effectivement, parce que c'est ce qui nous concerne ici avec le Mexique, va, qui est une région, donc un état fédéré en réalité de la République fédérée du Mexique, va peu à peu devenir indépendante, enfin déclarer son indépendance dans une.
Xavier Mauduit
Révolution, objectivement. Direction le.
Croquette (fictional character)
Texas, 1836. Croquette! Posez récupération philosophique. Votre sagesse d'homme des bois ne m'intéresse pas le moins.
Fictional character (possibly Santa Anna or another historical figure)
Du monde. Faut pas chercher à m'épater, monsieur. Ce code de l'honneur, je vous disais que moi, il m'ennuie plutôt. Quand il y a de la bagarre dans un coin, j'arrive sans qu'on s'y attende. Et aussi vite que je peux. Et le mieux serait de me dire ce qui.
Croquette (fictional character)
Se passe. C'est très simple. Tenez. Ici se trouve Santa Anna, avec 7000 hommes. La rivière Sabine est là. Et quelque part par ici, Sam Houston cherche à former une armée. Et juste entre les deux, c'est Alamo. Or Santa Anna ne peut avancer en laissant un fort entre ses lignes de communication. Il faut qu'il réduise à la mot en le prenant d'assaut. Et chaque minute gagnée par le fort pour Sam Houston est une autre précieuse minute de la vie du Texas. Et croquette, nul ne pourra jamais prétendre que William Barrett Travis n'aura pas gagné chaque.
Fictional character (possibly Santa Anna or another historical figure)
Minute possible. Bien raisonné. Pourquoi le cacher.
Croquette (fictional character)
À Bowie? Parce qu'un commandant n'a aucune raison d'expliquer chacune de.
Fictional character (possibly Santa Anna or another historical figure)
Ses décisions. Vous me.
Croquette (fictional character)
L'Avez expliqué. J'ai un grand respect pour vous, Croquette. Mais je n'en ai pas pour cet.
Fictional character (possibly Santa Anna or another historical figure)
Éventreur d'aventurier. Je pensais que n'importe quel gars qui se sert d'un fusil de guerre méritait le respect. Mais je ne suis pas un vrai soldat. Et dans ma vie, je n'ai jamais combattu que des Indiens. Des Anglais aussi.
Narrator/France Culture Announcer
Bien sûr. France Culture, le cours de l'histoire.
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit. À la mot, le film de John Wayne en 1960, Emmanuel Perestis. Que se passe-t-il au Texas.
Emmanuel Pérez-Tisserand
En 1836? Donc là, on est effectivement dans la collision de ces deux trajectoires des Etats-Unis et du Mexique. Effectivement, on est au Texas, au sein d'un état qui s'appelle Coahuila y Tejas, au nord de la fédération mexicaine. Et en fait c'est un territoire dans lequel, même dès la fin de la période espagnole, les autorités avaient accepté la venue non seulement de colons états-uniens mais aussi d'entrepreneurs qui allaient apporter avec eux des colons pour développer ce territoire et notamment le protéger des incursions d'une population autochtone qui était les Comanches et qui était perçue comme particulièrement dangereuse, pas encore dominée, etc. Cet effort de colonisation qui avait donc commencé sous les espagnols est poursuivi au moment de l'indépendance du Mexique et donc on a une population d'origine étatsunienne qui s'installe de plus en plus au Texas et qui est une population particulière parce qu'elle vient en fait d'un peu plus à l'est et donc du sud des Etats-Unis et cette population vient non seulement développer des fermes etc. mais aussi vient pour faire planter du coton et vient avec des esclaves. Or le Mexique essaie d'affirmer une position abolitionniste concernant l'esclavage. Et donc on a cette dynamique à la fois de population mais aussi d'options politiques, de choix de développement politique qui va faire s'affronter des parties de la population texane par rapport au projet national mexicain. Et ça va, disons pour faire simple, les tensions vont avancer d'un cran quand, en 1835, on a une nouvelle majorité qui émerge au Mexique, avec un bilan plutôt critique et négatif qui est fait du système d'organisation fédérale, avec un effort pour revenir vers un système d'organisation plus centraliste, plus centralisé, avec la transformation des États qui avaient une forme de souveraineté en départements. Cela donne lieu à un certain nombre de révoltes, de révolutions pro-fédéralistes, en faveur du système fédéral, au Texas, en Californie, mais aussi dans d'autres états comme le Zacatecas ou le Yucatan par exemple. Donc en fait on peut vraiment comprendre cette révolte à la fois au Texas, et puis on pourra parler plus tard de la Californie, qui doit se comprendre dans cette évolution historique mexicaine, c'est-à-dire une opposition à une évolution vers du centralisme et une défense du système fédéral. ou une certaine interprétation du système fédéral, mais aussi, évidemment, comme un effort de la part des Texans d'origine étatsunienne, planteurs, défenseurs de l'esclavage, pour arriver à défendre des prérogatives au sein du territoire du Coahuila y Terras. Et donc, c'est dans ces conditions qu'ils vont déclarer leur indépendance, suite à un certain nombre de tensions, et en fait, le gouvernement mexicain, à la tête duquel on a ce général Santa Ana, qui va déclencher une campagne militaire contre le Texas, et donc remporter une première victoire au siège de El Alamo, dont on vient d'écouter l'extrait, et puis ensuite une défaite cuisante à San Jacinto, où Santana va être capturé, fait prisonnier, et forcé à la capitulation et à accepter l'indépendance du Texas. Très rapidement, les Texans envoient une délégation à Washington pour demander l'intégration de l'état du Texas indépendant aux États-Unis comme état de plein exercice. Mais on a un moment de fort débat, de forte tension justement sur la question de l'expansion de l'esclavage. Et donc, le Texas ne va pas être intégré à ce moment-là. Il va rester une république.
Xavier Mauduit
Indépendante jusqu'en 1846. quand le Texas devient un état des Etats-Unis. Augustin Abrams, c'est bien ce processus, parce que nous réfléchissons bien sûr avec des dates, des ruptures, mais on l'entend bien pour le Texas, nous évoluons sur un temps un peu plus long, en 1836, c'est cette volonté d'indépendance par rapport à l'état du Mexique et après l'idée de rejoindre les Etats-Unis, c'est plus d'une dizaine.
Augustin Abram
D'Années après. Oui exactement, alors je dirais, on peut encore remonter dans le temps dans le sens où cette idée, en revanche pour les Etats-Unis, d'annexer la région du Texas n'est pas nouvelle. Au moment du traité de Adams-Onís en 1819, Henry Clay, par exemple, qui est le speaker de la chambre des représentants, avait l'intention d'ajouter une négociation pour annexer le Texas. Et le Sénat lui refuse. Parce qu'on verra que la question d'expansion pose beaucoup de débats au sein des représentants aux Etats-Unis. Mais en l'occurrence, oui, il y a un temps long. entre 1836 et 1845, une république indépendante qui va rapidement demander l'annexion et du moins demander de devenir un état au sein de l'Union. Donc dans le processus, dans le cadre du processus dont je parlais tout à l'heure, ce qui paraît d'une certaine manière assez logique puisque c'est.
Xavier Mauduit
Une.
Augustin Abram
Population C'est une population qui est à majorité anglo-américaine, avec des esclaves, un système de plantation, et qui vient finalement apporter sa culture spécifique au grand développement de l'Empire sudiste, de l'Empire du Sud, dans la continuité du Deep South. Donc, il y a une certaine logique, notamment économique, à intégrer les États-Unis en tant qu'État. Et puis, pour les États-Unis, et notamment pour les différentes présidences particulièrement expansionnistes, notamment la présidence de James Polk, à l'époque, qui a une croyance, on peut dire viscérale, dans la destinée manifeste des États-Unis. Pour beaucoup d'américains et notamment pour les personnes au pouvoir à ce moment-là, l'annexion est une évidence. C'est dans la suite logique, dans la continuité encore une fois de ce destin. providentiel et inévitable de l'avancée des Etats-Unis. C'est une logique. Et d'ailleurs c'est intéressant parce que je relisais récemment la démocratie en Amérique de Tocqueville et il y a une note de bas de page dans un des premiers chapitres où il explique justement cette évidence de l'annexion en expliquant, mais oui les Américains de toute façon, la population américaine est vouée à s'imposer sur des territoires parce qu'ils ont la culture, parce qu'ils ont la civilisation, parce que c'est un mouvement providentiel et inévitable. Donc, ces Texans sont de fait américains. Et ça, il l'explique déjà dans les années 1830. Donc, c'est une logique finalement de long terme qui est actée en 1845-46 et qui va d'ailleurs, en réalité, mettre très en colère, évidemment, l'État fédéral mexicain, et ce qui va être une des causes, d'ailleurs, de la guerre entre les États-Unis et le Mexique.
Narrator/France Culture Announcer
En 1846. La possession du port de San Francisco, de celui de Monterrey et de ceux des îles Sandwich seraient, en effet, d'un avantage immense dans l'intérêt de la pêche de la baleine. Ces ports sont admirablement placés pour servir de relâche aux navires baleiniers qui les visitent fréquemment, pour y prendre les rafraîchissements et le repos dont ils ont besoin dans le cours de leur longue et pénible croisière de pêche. Ces bâtiments y viennent, pour ainsi dire, sans sortir du théâtre de leurs opérations. Toutefois, il est à remarquer que les Californiens ne semblent éprouver aucune sympathie prononcée pour les Américains du Nord. et que si ces derniers sont aujourd'hui en possession de presque tout le commerce de cette côte, cela tient beaucoup plus à ce qu'ils se sont présentés les premiers, et à peu près les seuls, qu'à une disposition particulière des habitants.
Xavier Mauduit
Envers eux. Raphaël Lalloum dans le cours de l'Histoire qui disait cet extrait du voyage autour du monde sur la fégate la Vénus pendant les années 1836-1839. C'est Abel Dupetitoire qui ici nous donne des éléments d'explication qui permettent de saisir la portée de cette guerre de 1846-1848 au moment où les Etats-Unis regardent de plus en plus vers le Texas ou le Texas vers les Etats-Unis et que le Mexique n'aime pas ça. Emmanuel Perestiz-Rand, la Californie aussi. fait partie de toute cette réflexion. Les enjeux sont multiples. Ce n'est pas simplement pouvoir dire que le territoire a été agrandi. Il y a cette vision presque spirituelle ou complètement portée par cette idée de destinée. Et puis il y a des raisons purement.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Économiques aussi. Oui, alors on est dans le cas de la Californie, dans un cas un petit peu différent de celui du Texas, qui est effectivement pas strictement celui d'une continuité territoriale, même si on vient de le dire, elle est projetée, imaginée et portée par cette idée de la destinée manifeste sur laquelle je reviendrai, mais effectivement, pour le cas de la Californie, le gouvernement des États-Unis, puis un certain nombre de porteurs de cette expansion vers le Pacifique, c'est lié aux intérêts à la fois commerciaux et baleiniers, avec une présence de plus en plus importante des États-Unis dans cet océan. Ils ont effectivement très vite, les États-Unis, profité de l'indépendance et de la libéralisation du commerce, et comme les Britanniques, ils se sont rendus très tôt sur cette côte. En l'occurrence, il y a les baleiniers qui font relâche dans les ports californiens, mais il y a aussi tout un commerce d'exportation de cuir et de suif, c'est-à-dire des produits animaux issus de l'élevage bovin, qui se développe énormément en Californie à cette époque-là. Et une des choses qui est importante pour eux, sur laquelle ils visent, c'est la baie de San Francisco, qui est donc une baie immense et qui présente tous les atouts, toutes les belles caractéristiques pour faire un port. On regarde aussi le port de Monterrey un peu plus au sud, mais donc dès 1835, en réalité, quand il commence à y avoir un peu des négociations diplomatiques, où les Etats-Unis tentent d'essayer d'obtenir le Texas et ils ajoutent aussi une clause sur la Californie. Donc c'est un endroit qui entre sur les cartes à ce moment-là par rapport au commerce dans le Pacifique. Avec aussi cette fréquentation accrue des navires baléniers et des navires de commerce, on a aussi de plus en plus de témoignages. Donc ici on avait un témoignage français Et on voit bien comment aussi un bon français qui parle à son gouvernement, il a un point de vue sur ce qui se passe du point de vue des Etats-Unis, c'est eux qui sont arrivés les premiers, sous-entendu si nous on avait été plus présents peut-être qu'on aurait pu espérer avoir quelque chose en Californie. Mais en tout cas, ces commerçants, ces navigateurs, donnent une image de la Californie à la fois comme un territoire qui est extrêmement désirable, avec un climat tempéré, des régions qui sont propres à l'agriculture. et à la fois ce portrait très laudateur, c'est déjà le rêve californien avant l'heure, et à la fois une dépréciation du gouvernement mexicain qui y règne, avec le règne de l'arbitraire, des taxes trop importantes, etc. Et donc on commence à voir ce discours effectivement qui apparaît de, en fait, qu'est-ce que ce pays pourrait donner s'il était sous domination d'un autre pays qui pourrait le développer, sous-entendu ou pas sous-entendu, les Etats-Unis. Et donc ça en parallèle de ce discours de destinée manifeste, qui est un discours qui a été formulé sous cette expression-là en 1845, mais comme on l'a vu déjà, qui est d'assez longue durée, cette idée qu'il y a une sorte d'élection du peuple américain pour étendre son empire de la liberté, selon l'expression de Jefferson. Et dans ces années-là, on a développement d'un discours aussi très racialisé par rapport aux populations qui occupent ces territoires-là, que ce soit les populations autochtones, mais aussi les populations mexicaines d'origine hispanique. Et c'est aussi un des moments de développement de ce discours des latins contre les anglo-saxons, qui est donc une construction de... de l'idée de races opposées avec des caractéristiques différentes qui va encore plus s'affirmer à la fin du XIXe siècle mais qu'on trouve déjà dans les discours et de manière assez violente à cette époque-là, à l'endroit des populations mexicaines qui seraient paresseuses, pas capables d'un gouvernement autonome par rapport aux anglo-saxons, etc. C'est aussi une des raisons pour lesquelles j'avertis toujours les étudiants d'éviter d'utiliser ce terme anglo-saxon qui est vraiment très marqué dans cette idéologie de la destinée manifeste et ensuite du développement des Etats-Unis par.
Xavier Mauduit
La suite. Parce qu'ici se construit aussi l'image de l'autre, en l'occurrence des Mexicains. Augustin Abrams est destinée manifeste. C'est vrai que l'expression est très belle, mais elle est porteuse de tellement d'imaginaires, de constructions et avec des conséquences réelles. C'est cette lecture un peu raciale qu'on vient de le dire Emmanuel Perestis rend. Et puis surtout, ça appelle les États-Unis à avancer. Mais avancer jusqu'où d'ailleurs? Parce qu'il y a des limites données à ce moment-là. Le Texas est là, on pourrait.
Augustin Abram
Descendre encore. Oui, vous avez raison. Déjà, peut-être pour revenir sur le contexte et le concept de la destinée manifeste, ce qui est important, c'est de bien comprendre que c'est quelque chose qui se développe justement au moment de l'annexion du Texas et qui est aussi très largement incité par un journaliste démocrate qui s'appelle John O'Sullivan, qui écrit un article qui fait date, qui s'appelle The Great Nation of Futurity. qui voit l'Amérique comme une grande nation de la futurité justement du fait de ses institutions démocratiques et républicaines et civilisées. Dans la notion de destinée manifeste, ce qui est intéressant c'est évidemment la notion de destinée providentielle mais de manifeste aussi qui nous rappelle en réalité les fondements des Etats-Unis. Cette idée comme dans la déclaration d'indépendance, d'évidence, comme nous tenons pour évident que self-evident, qui est repris, il y a cette idée d'évidence, de phénomène naturel qui est important. Donc les Etats-Unis, ont, enfin du moins les expansionnistes, parce qu'encore une fois il y a de l'opposition qui existe, les expansionnistes sont persuadés finalement que l'Amérique, les Etats-Unis ont un destin providentiel à apporter encore une fois la civilisation, le savoir-faire, la démocratie, l'appropriation civilisée des terres et qu'ils sont de fait voués à s'étendre, comme vous le dites, jusqu'où on ne sait pas pour l'instant, il n'y a pas de de définition en réalité à l'arrêt. Et d'ailleurs c'est intéressant parce que on avance un petit peu dans le temps mais... Au moment de la fin de la guerre de 1846-1848, il est envisagé d'annexer l'intégralité du Mexique. Notamment parce que, justement, plus bas, autour de Mexico City, il y a des terres davantage arables. Tandis que la région qui est finalement annexée, qui correspond à l'ancienne frontera norte espagnole, c'est une région beaucoup désertique en l'occurrence. On pense au Nouveau-Mexique, au sud de l'Arizona aujourd'hui. Et qu'en réalité, beaucoup de gens vont s'y opposer pour des raisons techniques et justement aussi pour des questions raciales parce qu'il ne faut pas oublier que la providence américaine et cette civilisation états-unienne, elle est avant tout blanche, anglo-saxonne, protestante. Et que de fait, Les Mexicains sont d'abord un peuple métissé, avec les populations autochtones, et il y a évidemment des préjugés ratios qui sont assez importants, notamment depuis les années 1820, où l'idéologie états-unienne s'est structurée autour d'une république blanche, aidée par les outils du racisme pseudo-scientifique, qui va envisager une échelle des races en fonction de réalités pseudo-biologiques. Et donc, l'homme blanc, en l'occurrence, voilà l'image qu'on a, on parlait de John Wayne tout à l'heure, c'est vrai que l'image du cow-boy puissant, civilisé, en jean, va être en mesure d'être racialement supérieur à ces populations. Et d'ailleurs c'est intéressant, si je peux me permettre, simplement, rapidement, parce que à l'issue de l'annexion de ces régions, à l'issue de la guerre de toutes les régions du nord du Mexique, les territoires du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, Ce qui n'est pas le cas de la Californie qui va devenir un état. Eux, ils vont rester des territoires justement. Parce qu'on considère qu'il n'y a sans doute pas assez de blancs pour pouvoir s'approprier suffisamment le territoire de.
Xavier Mauduit
Manière suffisamment... En parlant de cow-boy, j'en profite pour envoyer à l'émission « Il était une fois dans l'Ouest, les cow-boys noirs », une émission du cours de l'histoire écoutée sur franceculture.fr et l'appli Radio France, sachant que cette destinée manifeste est regardée avec un œil.
Narrator/Commentator
Critique par Abraham Lincoln. Nous avons tous entendu parler du mouvement Young America. Il possède une grande partie du monde par son droit de le posséder et tout le reste par son droit de le vouloir et son intention de l'avoir. C'est un grand ami de l'humanité et son désir de terre n'est pas égoïste, mais simplement une impulsion à étendre le domaine de la liberté. Il est très soucieux de lutter pour la libération des nations réduites en esclavage et des colonies, à condition toujours qu'elles aient des terres. Quant à ceux qui n'ont pas de terre et qui seraient heureux de recevoir de l'aide, quelle que soit sa provenance, il estime qu'ils peuvent se permettre d'attendre quelques centaines d'années supplémentaires. En matière de savoir, il est particulièrement riche. Il sait tout ce qu'il est possible de savoir. Il a tendance à croire aux attributs spirituels et il est l'inventeur incontesté.
Xavier Mauduit
De la destinée manifeste. Abraham Lincoln, lu par Thomas Boe en 1858, Emmanuel Pérez-Tisserand. Dans cette histoire-là, nous avons bien sûr la chronologie qui se met en place et de la Floride, la Louisiane, nous avons construit peu à peu une frontière sud, nous avons le Texas ici. Pour la Californie, pour l'Arizona, pour le Nouveau-Mexique, c'est encore plus tard. À partir de quel moment la frontière est-elle fixée entre les.
Emmanuel Pérez-Tisserand
Etats-Unis et le Mexique? Alors comme on vient de le dire en fait, la Californie elle est très vite peuplée parce qu'il se trouve qu'on trouve de l'or et qu'on l'annonce en fanfare dès la signature du traité. On trouve de l'or et ensuite c'est annoncé par le président à la fin de l'année donc ça fait peupler très rapidement et coloniser très rapidement le territoire de Californie. qui devient un état de plein exercice en 1850, c'est le 31e état, et donc ça se fait de manière très rapide, et c'est là encore vu comme un signe de l'élection divine. Par contre, pour les territoires situés plus à l'Est, donc jusque autour du Nouveau-Mexique, de l'Arizona, etc., on envoie une commission suite au traité de paix de Guadalupe Hidalgo de 1848, et là, en fait, c'est un cauchemar pour tracer cette frontière, parce que c'est une zone qui est encore tout à fait occupée et sous souveraineté des populations autochtones locales, et notamment les Apaches. C'est donc la campagne de Geronimo qui va finir cette guerre, mais beaucoup plus tardivement. Et donc la commission se rend compte non seulement qu'ils sont attaqués par les Indiens, qu'il n'y a pas assez de fonds pour les nourrir, qu'on est dans un territoire désertique, et dans lequel c'est très difficile de tracer la frontière. Donc en réalité, cette zone frontière, elle ne va pas tout de suite devenir une barrière comme on la connaît aujourd'hui. En fait, ça va rester un endroit où il y a des circulations, par exemple notamment des animaux, du bétail. C'est un endroit d'élevage très extensif et on a des échanges, mais finalement les échanges à la frontière vont se développer plus tard, notamment sous une période qu'au Mexique on appelle le porfiria, qui est à la toute fin du XIXe siècle. où là on va avoir le progressif développement d'une économie symbiotique, ou en tout cas du moins complémentaire, et au début du XXe siècle aussi à la fois des migrations de travail, mais ça c'est un peu plus tardif, et aussi quand même l'importance de cette frontière pendant la Révolution Mexicaine au début du XXe siècle. Donc ça va devenir une base arrière pour la Révolution Mexicaine, le sud des États-Unis, et aussi un lieu de refuge par la suite. Donc c'est vraiment beaucoup plus récent et tardif qu'on a cette logique de contrôle de la frontière. C'est vraiment tout fin 19e et au.
Xavier Mauduit
Cours du 20e siècle. Avec cette histoire longue pour saisir la frontière d'aujourd'hui qui ne se limite pas à un mur comme Certains l'imagineraient, puisqu'une frontière c'est une zone d'échange et c'est surtout le signe d'une très longue histoire. Merci vivement à vous Emmanuel Perestiz-Rand. Je rappelle à un Ouest-Californien une histoire politique de la Californie mexicaine. Et merci Augustin Abrant d'être venu dans le cours de l'histoire pour cette histoire qui Appel à approfondir encore les choses. C'est sidérant combien tout cela est construit d'images que nous portons. Donc merci vivement à vous deux d'être venus dans le cours de l'histoire. Prochain épisode, Etats-Unis, Amérique latine, bananais pour mieux régner, Teo. Work all night.
Emmanuel Pérez-Tisserand
And drink all rum. Daylight come.
Narrator/France Culture Announcer
And.
Emmanuel Pérez-Tisserand
We.
Fictional character (possibly Santa Anna or another historical figure)
Want.
Xavier Mauduit
More. Teo! Teo! Formidable arrivée à la fonte, des hauts dans le cours de l'histoire sur France Culture, une émission réalisée par Thomas Beau à la technique, Ludovico, j'ai émission préparée par Jeanne de Lecroy-Raphael, Laloum, Jeanne Copé, Solène Roy, Luce Mouran et Maïwenn Giziou. Cette émission et toutes les précédentes sont à écouter, à podcaster sur franceculture.fr.
France Culture – 27 janvier 2026
Invités :
Citation marquante :
« On avance un petit peu dans le temps mais... au moment de la fin de la guerre de 1846-1848, il est envisagé d'annexer l'intégralité du Mexique. [...] Beaucoup vont s’y opposer... pour des questions raciales, parce que la providence américaine est avant tout blanche, anglo-saxonne, protestante. » — Augustin Abram (49:40)
Synthèse finale de Xavier Mauduit :
« La frontière d’aujourd’hui ne se limite pas à un mur... c’est une zone d’échange et surtout le signe d’une très longue histoire. » (57:23)
"C’est toute l’idéologie du récit national qui s’articule autour de cette frontière." (02:00)
"Ces territoires du Texas, du Nouveau-Mexique et de la Haute-Californie... vont devenir mexicains en 1821." (15:56)
"Il existe évidemment des résistances très fortes des populations autochtones, quelles qu’elles soient d’ailleurs sur l’intégralité du continent..." (19:14)
"Il faut se représenter une toute autre carte, si nous nous mettons... au milieu des années 1820, 1830, le Mexique n’a pas du tout la forme que nous lui connaissons." (24:39)
"C’est déjà le rêve californien avant l’heure." (45:07)
"L’Amérique, les États-Unis, ont un destin providentiel à apporter... la civilisation, la démocratie..." (49:40)
"Il possède une grande partie du monde par son droit de le posséder et tout le reste par son droit de le vouloir et son intention de l’avoir..." (53:52)
L’épisode combine rigueur d'analyse historique, clarté pédagogique et des incursions dans l’imaginaire collectif (cinéma, mythe du cow-boy, “destinée manifeste”). Les invités n’hésitent pas à déconstruire les récits mythiques, à revaloriser l’apport des populations autochtones et à pointer les continuités idéologiques et sociales, sans éviter les débats sur le racisme, la violence de la colonisation et la puissance des représentations.
Résumé réalisé à partir de la retranscription complète – pour mieux comprendre l’histoire de la frontière États-Unis/Mexique, au-delà des lignes sur la carte.