
Patrimoine, histoire d'un défi municipal : Maisons d'écrivain et d'écrivaine, ancrer la fierté locale
Loading summary
Narrator/Host
Maisons.
Interviewer/Presenter
D'Écrivains et d'écrivaines pour ancrer la fierté locale, la maison de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye et celle de Georges Sand à Nohan, la maison de Balzac à Paris où il écrit les belles pages de la comédie humaine et celle du général de Gaulle à Colombey les deux églises où il rédige ses mémoires de guerre La maison de Victor Hugo à Paris, place des Vosges, mais aussi celle de Victor Hugo, Hauteville House, à Guernesey, sans oublier la fantastique maison d'écrivain Rochefort, car les auteurs et les autrices sont bien lotis.
Guest/Expert or Historian
Baudelaire habitait dans les combles, je crois.
Oui, Hauteville House, Guernsey, c'est la seule maison ayant appartenu à Victor Hugo. La maison de l'exil, achetée après l'énorme succès des Contemplations.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Le cours de l'histoire. C'est dans cette maison de la rue Charles Dubois que Jules Verne passa 18 ans de sa vie.
Narrator/Host
Une porte conduisait à cette petite maison au milieu d'un jardin où, de 1840 à 1847, Balzac vécut sa vie gigantesque.
Guest/Expert or Historian
Elle a créé et recréé ce village qui est maintenant un lieu de pèlerinage pour tous les fervents de la littérature française de l'époque du romantisme.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
La maison près de la fontaine couverte.
Narrator/Host
De vignes vierges et de toiles d'araignées. Sentez la confiture et le désordre et l'obscurité.
Interviewer/Presenter
La maison près de La Fontaine, c'est celle de Nino Ferrer avec effectivement une maison près de La Fontaine. Cette maison de type anglo-normand se trouve à Rueil-Malmaison. Elle a été vendue en 2023 récemment. Donc c'est une maison qu'on ne peut pas visiter. Celles qui nous intéressent aujourd'hui dans le cours de l'histoire sont des maisons d'écrivains, d'écrivaines devenues musées. Pour nous en parler, Marie-Clémence Reynier, bonjour!
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Bonjour!
Interviewer/Presenter
Vous êtes maîtresse de conférences à l'université d'Artois, vous êtes l'autrice de « Vies encloses demeurent écloses. Le grand écrivain français en sa maison musée ». Vous publiez ça aux presses universitaires de Rennes. Dites-nous, Marie-Clémence Regnier, sur la couverture de votre ouvrage, il y a des dates. 1879-1937.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Pourquoi 1879? Alors ces dates, ce sont les dates qui encadrent en fait le phénomène sous la Troisième République, le phénomène de la jeunesse des maisons d'écrivains, comme on les appelle aujourd'hui. 1879, c'est la date à laquelle est inaugurée la première maison musée d'écrivains en France. Et 1937, pour donner le tout, c'est le musée de la littérature qui a ouvert pendant une exposition internationale à Paris et qui, me semble-t-il, en fait, apporte des changements. Donc voilà, 1879, première maison d'écrivain.
Interviewer/Presenter
En France. Avec cette première maison en 1879.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Quelle est-elle? Alors c'est la maison de Corneille, la maison des Champs comme on l'appelait, la maison de Pierre Corneille à Petit-Couronne en périphérie.
Interviewer/Presenter
De Rouen. en périphérie de Rome pour cette maison-là. Mais ce que je voudrais saisir, Marie-Clémence Régnier, c'est que la visibilité des auteurs, des autrices dans l'espace public n'a pas attendu la maison qui devient musée. Ils étaient présents, ces gens-là, dans l'espace public. Nous pouvions les.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Voir auparavant. Oui, bien sûr. En fait, quand j'ai commencé ma thèse, je pensais même que cette date serait beaucoup plus précoce. Le phénomène d'institutionnalisation est tardif. Le phénomène d'institutionnalisation, c'est-à-dire le moment où on va vraiment voir la puissance publique s'emparer du sujet, des collectivités créer un musée officiellement, l'ouvrir au public, c'est tardif. En revanche, effectivement, les domiciles des écrivains, les intérieurs d'écrivains, qu'ils soient morts ou qu'ils soient contemporains au XIXe siècle, sont présents dans l'espace public tout au long du XIXe siècle et même avant. notamment par la presse, sous la forme par exemple de reportages, d'articles commémoratifs. Et quand la presse va s'illustrer, si j'ose dire, autour de la seconde moitié du XIXe siècle, alors là l'engouement va être d'autant plus important qu'on va pouvoir voir ces maisons, ces intérieurs, qui sont inaccessibles au regard du grand public, puisque seuls les intimes, seuls les initiés, seules la famille ont accès au lieu. Et grâce à la presse, grâce aux reporters, grâce aussi aux intimes qui vont confier leurs témoignages, leurs souvenirs, le grand public pourra accéder à ses intérieurs.
Interviewer/Presenter
Tant désirés. avec ici une réflexion sur le statut de l'écrivain, de l'écrivaine. C'est cela, réfléchir à la maison devenue musée. C'est qu'il y a l'ouvre-garde porté sur ces gens-là qui pouvaient paraître inaccessibles. L'auteur, l'autrice, c'est quelqu'un qui nous dépasse parce qu'il produit des œuvres, mais on n'en sait pas grand-chose et vous nous dites qu'au XIXe siècle, il y a une connaissance de la vie de la personne de plus en plus forte et presque.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Une curiosité. Oui c'est ça, c'est qu'en fait avant le XIXe siècle, plus précisément en fait, le changement s'opère à la fin du XVIIIe siècle en réalité, le grand homme va justement s'humaniser petit à petit et on va l'appréhender sous l'angle privé, sous l'angle de sa vie privée. Et en fait, intériorité, intérieur, intimité vont faire une seule et même chose en fait au final aux idées contemporains au XIXe siècle. on va considérer que le grand homme est quelqu'un que l'on peut approcher, qui est finalement comme nous, qu'il a une vie intime, qu'il a une vie privée. Et parce qu'il est grand homme, le regard public peut s'inviter chez lui. Et tout l'enjeu de la valorisation de sa maison, ça va être de le présenter comme toujours un grand homme avec une vie qui va devoir être un petit peu extraordinaire pour justifier ce caractère de grand homme. Mais en même temps, il est humain, il est homme. Et la maison permet d'accéder à cette intimité, à cette humanité. Et tout l'enjeu, ça va être de trouver le.
Interviewer/Presenter
Bon équilibre. Vous nous avez dit que la première maison d'écrivain en 1879 est celle de Pierre Corneille.
Narrator/Host
Fierté locale. Propriété du département depuis 1874, ouverte au public cinq ans plus tard.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
Après restauration, la maison de Pierre Corneille.
Narrator/Host
À Petit Couronne vient de bénéficier d'une rénovation.
Museum or Site Representative/Curator
Particulièrement réussie. Mais oui, l'architecte des monuments historiques a voulu rendre à cette maison son aspect maison des champs plutôt que cette rigidité qui lui avait été donnée au XIXe siècle. Et tout a été refait dans la maison, depuis le sol jusqu'au fait. Elle a maintenant un mouvement, elle est intégrée au paysage comme elle ne l'était pas il y a.
Narrator/Host
Quelques années. Conservateur de ce qu'elle appelle la maison des chants de Corneille, Mme Jacqueline Delaporte y a réalisé une exposition.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
Qui, trois siècles après la mort du.
Narrator/Host
Poète, rend un peu de chaleur humaine à.
Museum or Site Representative/Curator
L'Antique demeure. Nous avons rajouté aux collections permanentes, qui sont entrées dès 1879, un certain nombre d'œuvres importantes. Le seul élément de mobilier qui a peut-être été dans la maison avant et que les guérous la reprennent à la fin du XVIIIe siècle. Et c'est un coffre. Mais on ne peut pas garantir qu'il ait appartenu.
Interviewer/Presenter
Au corneille. Et bah voilà, donc petit couronne, on n'est pas très loin de Rouen, nous pouvons visiter la maison de Corneille. Là, nous étions en 1984 avec, bon, un coffre, sans être vraiment sûr qu'il soit de Corneille. Marie Clémence Reynier, là, avec cette volonté de mettre en avant Corneille, c'est aussi l'idée d'utiliser une des grandes figures de la littérature française et quitte peut-être à, je ne dis pas tricher parce qu'il y a tous ces éléments qui sont factuels, mais enfin bon, à construire.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Une image. Oui, et vous aurez apprécié le son de clavecin tout à l'heure dans l'extrait que vous avez passé. Alors oui, en fait, construire à partir de pas grand chose, notamment pour les écrivains du XVIIe siècle et même pour les écrivains antérieurs, on n'a plus grand chose à montrer dans les maisons au XIXe siècle et depuis le XIXe siècle. Ça va être tout l'enjeu de meubler ces maisons. Les hommes du XIXe siècle ne sont pas très scrupuleux en la matière, ils ne vont pas s'embarrasser de ce problème, quitte à mettre en scène, au sens théâtral du terme, l'intérieur de l'écrivain et même à reconstruire la façade en extérieur. Le cas de la maison de Corneille est vraiment un cas d'école, puisqu'on est passé des ruines d'une belle ferme normande, mais qui était vraiment usée par le temps, à un manoir néo-normand. Les architectes du département de Seine-Inférieur, comme on les appelait à l'époque, vont reconstruire la ferme pour en faire un manoir néo-normand qui est conforme au goût et à la mode de la fin du XIXe siècle. et à l'intérieur. Même souci de mise en scène pour plaire aux contemporains. On va mettre un mobilier d'époque mais qui n'était pas du tout celui de Corneille. Et puis on va agencer les choses pour suggérer la vie d'un écrivain qui vivait en ermite, en bon père de famille. Et là encore donner en fait une image à la fois de simplicité et de grandeur dans.
Interviewer/Presenter
Cette maison. Marie Clémence Reynier, dans Vise en Clause, Demeures et Clause, et là je fais les liaisons pour bien montrer qu'il y a des pluriels, vous parlez de normandisation. Alors expliquez-nous ce que signifie cette normandisation. Le normand que je suis, on.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Est sensible. Alors oui, c'est effectivement un néologisme, une création que je me suis autorisée pour désigner en fait l'idée selon laquelle les maisons-musées au XIXe siècle et depuis, ça n'a pas cessé, sont en fait des monuments de proximité et des monuments qui sont fortement ancrés dans un territoire. Et les petites patries, comme on les appelait au XIXe siècle, Anne-Marie Thies a consacré des lignes très intéressantes au sujet, les petites patries, c'est-à-dire les localités, vont s'approprier les écrivains et leurs monuments, et tout particulièrement la petite patrie normande, qui bénéficie d'une position géographique très intéressante, non loin de Paris, en même temps elle a ses spécificités architecturales, linguistique, culturelle, patrimoniale, et ces grands hommes vont devenir vraiment des figures de représentantes extrêmement importantes. La normandisation, ça consiste donc en fait pour la Normandie à soigner, à travailler l'identité normande de ces grands hommes et de son patrimoine, en l'occurrence Pierre Corneille et ses maisons, et donc à mettre en avant, mettre en lumière des traits caractéristiques de la région. Par exemple, la maison de Petit Couronne, comme la maison natale de Rouen, vont faire l'objet d'une rénovation de leur façade, et on va y appliquer par exemple des colombages, puisqu'on associe l'architecture normande.
Interviewer/Presenter
Aux colombages. Avec d'autres auteurs, parce qu'il y a Flaubert, il y a Maupassant, le phénomène est similaire pour ces.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Autres auteurs? Oui, ça va être le même phénomène de fond en fait. On va aussi insister sur leur caractère. On va dire, conformément à un certain nombre de critiques de l'époque, que le tempérament est comme ceci, comme cela. Donc Corneille, ça va être la tempérance, la simplicité, une certaine rugosité aussi qui serait le fait des Normands. Et puis pour des auteurs qui sont un petit peu plus difficiles à normandiser, parce que par exemple un Flaubert est très réticent par rapport à la bourgeoisie normande, par rapport aussi à l'équipe municipale rouennaise, Pour ces auteurs qui sont plus difficiles à normandiser, qui n'étaient pas très favorables aussi à ce genre d'appropriation, eh bien, on va trouver quand même des solutions pour le faire. Les maisons vont être un bon terrain pour ça, parce que si l'écrivain lui-même, dans son mode de vie, dans son caractère, ne s'y prête pas, la maison, elle, elle est ancrée, elle est sur un territoire, et donc on peut jouer sur son architecture, on peut aussi valoriser le paysage alentour. Donc il y a tout un pas comme ça, il y a tout un arsenal si j'ose dire, de moyens pour normandiser un auteur et pour vraiment l'ancrer dans le territoire et en faire un enfant.
Interviewer/Presenter
Du pays. Avec Faulbert, en plus, nous avons un auteur de talent. Quel talent! Mais quel gros nyon aussi. Oui, mais.
Narrator/Host
Quel talent! Lettre de M. Gustave Flaubert à la municipalité de Rouen au sujet de son refus d'accorder un emplacement de 4 mètres à une fontaine surmontée du buste de Louis Bouillet, dont une souscription publique a fait les frais. Conservateurs qui ne conservez rien. Pour être respectés par ce qui est au-dessous, respectez donc ce qui est au-dessus. Avant d'envoyer le peuple à l'école, allez-y vous-même. Classes éclairées, éclairez-vous. À cause de ce mépris pour l'intelligence, Vous vous croyez plein de bon sens, positif, pratique. Vous? Pratique? Allons donc. Vous ne savez tenir ni une plume ni un fusil. Tout votre effort intellectuel consiste à trembler devant l'avenir. Imaginez autre chose. Hâtez-vous. Ou bien la France s'abîmera de plus en plus. Entre une démagogie hideuse et une.
Interviewer/Presenter
Bourgeoisie stupide. Et oui, c'est Gustave Flaubert, lu par Raphaël Laloum en 1872. C'était dans la volonté de placer une statue, un buste d'un de ses amis poètes, un tantinet oublié disons-le, Marie Clémence Reynier. Cela fait écho à ce que vous nous disiez sur la visibilité de ces auteurs dans l'espace public, des statues, pourquoi pas des noms de rue aussi j'imagine, la maison c'est encore autre chose. Gustave Flaubert ici s'exprime clairement sur le refus de la municipalité de montrer son ami dans.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
La rue. Oui, effectivement. C'est un texte qui est vraiment essentiel pour le sujet qui nous occupe aujourd'hui. Il y a plusieurs anges qui sont soulevés ici par cette lettre. Louis Bouillet, c'est un poète, ma foi, de bonne facture, mais qui n'a pas du tout l'étoffe des poètes de son temps. Même à l'époque de Flaubert, il est tout de même assez secondaire, si je puis dire, sans vouloir faire offense à Louis Bouillet. Et donc, en fait, les municipalités, comme les autres d'ailleurs échelons de la puissance publique, sélectionnent leurs grands hommes, et plus on est reconnu aussi de son temps, plus on est consensuel, plus on est prêt à être intégré dans les hautes sphères, plus on a une chance d'avoir quand même effectivement un nom de rue, un mémorial, une statue. Donc ça déjà, Flaubert ne l'ignore pas. Il sait très bien que son ami n'est pas dans les priorités de la municipalité de Rouen. Pour répondre aussi, faire écho à ce que vous disiez sur la toponymie, il y a plusieurs possibilités pour une mairie, pour une commune, d'honorer les enfants du pays. Il y a bien sûr la statuaire. À la fin du XIXe siècle, on sait à quel point c'est important. plus encore dans le dernier quart du 19e siècle et au tournant des 19e et 20e. Il y a la toponymie donc consacrer un nom de rue effectivement à un grand homme ou encore mettre en place un mémorial et la maison musée d'écrivain avant de devenir musée peut être un mémorial. Donc on peut mettre une plaque commémorative sur la façade par exemple sans forcément derrière muséaliser la maison. Alors, une petite précision tout de même s'impose, à deux égards. Par rapport à la toponymie, de façon assez remarquable, certains noms de communes portent le nom également d'un grand homme ou d'un domaine, d'une terre associée à ce grand homme, quand le grand homme était un propriétaire et un aristocrate. On peut citer par exemple pour Vigny le nom de Vigny accolé à une commune. On peut penser aussi à la Martine en Bourgogne ou encore Ferney-Voltaire. Ferney-Voltaire, dès 1793, le maire de la localité décide d'accoler le nom de Voltaire et de ses terres donc au nom de la commune où il a vécu et où il a été très actif. On a aussi des rues, donc Victor Hugo, Pierre Corneille, etc. Victor Hugo sera le premier et le seul pendant très longtemps à avoir un nom de son vivant et à pouvoir se féliciter d'inviter les gens en son avenue. Nul besoin de préciser les choses sur l'enveloppe d'invitation. Et puis l'autre précision, c'est que la statuaire qui se consacre à une figure d'écrivain, c'est en fait tardif et c'est très circonscrit, c'est très réglementé. La statuaire, pendant l'essentiel du XIXe siècle, elle est consacrée à des figures d'hommes d'État, d'hommes politiques, d'hommes d'Église. Les écrivains n'ont normalement pas droit à avoir leur statut dans l'espace public. Il peut y avoir des statuts dans l'espace privé ou dans des espaces très précis comme au Louvre, la galerie des grands hommes. Dans l'espace public, les écrivains ont leur statut si et seulement si cette statue est liée à une fonction utile, revêt une fonction pour la cité. C'est le cas de Louis Bouillet en fait. Louis Bouillet n'aurait de toute façon pu avoir sa statue que parce que son buste était apposé sur une fontaine, au-dessus d'une fontaine. C'est la même chose pour Molière qui est l'un des premiers écrivains à avoir sa statue dans l'espace public. Et si c'est possible, on parle de Molière donc là tout de suite on est On est face à un écrivain d'envergure, bien évidemment, un père de la nation. Mais là encore, au milieu du XIXe siècle, cela n'a été possible que parce que cette statue surmontait.
Interviewer/Presenter
Une fontaine. D'accord, je saisis bien avec ici l'évocation de Corneille et de Molière qui sont des grandes figures. Quant à Molière, on sait bien qu'il a eu plusieurs maisons natales. En tout cas, il y a beaucoup de discussions autour de la maison natale de Molière. Marie Clémence Reynier, dans cette histoire des maisons musées liées à des écrivains et à des écrivaines, Est-ce que dans un premier temps, ce sont des figures anciennes qui sont mobilisées? Mais j'ai l'impression que le mouvement, qui va quand même très très vite à la fin du XIXe siècle, fait que rapidement, des auteurs et des autrices contemporaines sont aussi honorés à travers.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Leur maison. Oui, en fait, la prise de conscience des écrivains, des artistes, des savants, des érudits, s'opère autour des figures des grands écrivains du passé, notamment du siècle de Louis XIV, comme le XIXe siècle aime à l'appeler, à le caractériser, donc le XVIIe siècle. C'est autour des grandes figures, du trio de tête, Molière, Racine et Corneille, que la prise de conscience opère. On se rend compte que si on ne fait rien autour de ces maisons, quand on est capable encore de les identifier, c'est un autre sujet, elles vont disparaître. Or, évidemment, les villes changent, les campagnes aussi changent, et les hommes du XIXe siècle ont conscience de cette labilité, de cette fragilité des monuments. du fait que ces monuments peuvent tomber en ruines et donc il faut les protéger. Et autour de ces grands hommes, les contemporains, les écrivains du XIXe siècle vont se dire mais après tout la maison peut devenir mon monument, je peux accéder à la postérité par mon œuvre, mais je peux aussi investir mon intérieur, ma maison, et les écrivains vont se faire architectes et intérieurs de leur demeure et concevoir leur demeure comme une œuvre d'art et comme un monument à part entière qu'il s'agit de faire passer effectivement au regard public, qu'il s'agit de faire connaître par la presse, par les proches, et certains d'entre eux vont même considérer qu'il faut les patrimonialiser, leur donner un intérêt auprès d'une communauté élargie, auprès de la nation. C'est ce que fera notamment un Victor Hugo. Donc c'est vrai que les écrivains du XIXe siècle et les écrivaines, il ne faut pas les oublier, elles sont assez peu nombreuses sur le sujet qui nous occupe aujourd'hui, Mais les écrivains et écrivaines du XIXe siècle vont prendre conscience que leur maison peut devenir un monument qui les fera passer à la postérité, qui conservera leurs souvenirs dans la pierre. Et ils vont aussi investir les lieux en artistes, en créateurs et en faire des créations géniales autour, au plan architectural comme au.
Interviewer/Presenter
Plan décoratif. Marie Clémence Régnier, Victor Hugo avec ses maisons, nous connaissons celle de la place des Vosges à Paris et puis celle de Guernesey. Je vous propose que nous nous arrêtions un moment sur cette figure de Victor Hugo parce que, et vous l'avez rappelé, combien Victor Hugo sous la Troisième République devient l'écrivain incontournable et presque la figure tutélaire de la littérature française. Avec Victor Hugo qui, dans les années 1830, portait un regard sur ce monde en transformation La guerre.
Narrator/Host
Au démolisseur. Il faut le dire, et le dire haut. Cette démolition de la vieille France, que nous avons dénoncée plusieurs fois sous la restauration, se continue avec plus d'acharnement et de barbarie que jamais. Depuis la révolution de juillet, avec la démocratie, quelque ignorance a débordé et quelques brutalités aussi. Dans beaucoup d'endroits, le pouvoir local, l'influence municipale, la curatelle communale a passé des gentils hommes qui ne savaient pas écrire aux paysans, qui ne savaient pas lire. on est tombé d'un cran. En attendant que ces braves gens s'achèplent, ils gouvernent. La bévue administrative, produit naturel et normal de cette machine de Marly qu'on appelle la centralisation, s'engendre toujours comme par le passé. Du maire au sous-préfet, du sous-préfet au préfet, du préfet au ministre. Seulement, elle est.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Plus grosse. France Culture, le cours.
Interviewer/Presenter
De l'histoire. Xavier Mauduit, Guerre aux Démolisseurs, c'est Victor Hugo dans la Revue des Deux Mondes en 1832. Une lecture de Thomas Beau dans le cours de l'Histoire. Thomas qui réalise cette émission avec la technique d'Aliyah. Marie Clémence régnait en 1832 après avoir été royaliste près du roi sous la Restauration, puis royaliste près de l'autre roi sous la monarchie de Juillet et avant de devenir républicain. Victor Hugo, ici, s'attaque aux démolisseurs. C'est un peu ce que vous nous expliquez. C'est la crainte que dans ce monde en pleine transformation, ces traces du passé.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Aussi disparaissent. Oui, exactement. C'est un texte vraiment fondateur pour la reconnaissance des monuments qu'on appellera progressivement les monuments historiques et on mettra en place toute une réglementation pour les protéger. Mais Victor Hugo a sans doute marqué d'une pierre d'angle ce débat. et cette politique de conservation avec ce texte. On connaît un peu moins le rôle d'autres écrivains, mais Balzac aussi a beaucoup vitupéré contre la politique de destruction du Vieux Paris et des monuments dans la première moitié du XIXe siècle. Et puis ce débat continuera d'occuper beaucoup les écrivains. On sait que Prosper Mérimée a eu une double casquette d'écrivain mais aussi d'inspecteur des monuments historiques. Cette thématique occupe son œuvre, la hante. L'engagement des écrivains ne cessera jamais totalement, si l'on pense aussi au texte que Maurice Barrès consacrera à cette même question dans l'héritage de Victor Hugo. Avec un souci pour tous ces écrivains, c'est de protéger sans forcément faire de... de tri entre les différents auteurs et les différents types de monuments. C'est-à-dire que, de même que tout à l'heure Flaubert réclamait un buste pour Louis Boyer qui est un poète de second rang, qui était son ami, il faut le dire aussi, mais de même que Flaubert défend la candidature à la postérité de Louis Boyer par un buste. De même, les écrivains que j'ai mentionnés tout à l'heure défendent qu'il ne faut pas simplement sauver une grande cathédrale ou encore un château par exemple. Même les monuments plus humbles, qui ne présente pas un intérêt comme ça évident aux yeux de la grande histoire avec un grand H, même ces monuments méritent attention et méritent qu'on s'intéresse à leur sort futur. Les maisons d'écrivains, à ce titre-là, peuvent être protégées et valorisées. D'où l'illustration sur le livre dont vous parliez tout à l'heure qui a trait à une maison de villégiature de Molière près de Paris, mais c'était sa maison de villégiature, ce n'est ni sa maison natale, ni sa maison mortuaire, et ce n'est pas la comédie française non plus au cœur de Paris. Donc même l'humble monument peut faire l'objet de l'attention publique et.
Interviewer/Presenter
D'Une valorisation. Voilà, c'est ce qu'on voit en couverture de votre livre, Marie-Clémence Regnier, vivant close, demeurent-elles close? C'est cette représentation, et on l'entend bien, idéalisée d'une demeure de Molière, avec Victor Hugo qui s'inscrit dans ce mouvement romantique dans les années 1830, un regard particulier sur le patrimoine, avec l'idée aussi de mettre en avant de grandes figures de notre histoire, l'histoire littéraire. Et puis, il y a la volonté de mettre patrimoine des maisons d'écrivains, mais aussi l'idée avec Victor Hugo de fabriquer.
Guest/Expert or Historian
Ce patrimoine. Oui, Hauteville House, Guernsey, c'est la seule maison ayant appartenu à Victor Hugo. La maison de l'exil, achetée après l'énorme succès des Contemplations. La poésie sauve Hugo. Du jour au lendemain, c'est presque la fortune. Pendant dix ans, il la rénove, la décore avec génie, des mesures. Il devient architecte, ébéniste, tapissier, sculpteur, dessinateur. Tout porte la marque et la puissance de la volonté du propriétaire. Résultat, jamais le visiteur n'a l'impression d'être dans un musée, mais dans une somme qui réunit toute l'œuvre de l'auteur des Misérables. Des murs recouverts de panneaux de chênes sculptés, des tapisseries au plafond, des portes d'armoires normandes qui s'ouvrent sur des salons, d'autres portes transformées en tables, des pieds de lit, des colonnades intégrées à des meubles massifs. Et encore un incroyable mélange de styles, gothique, rococo, victorien et j'en passe. Pièces rouges, blanches, bleues, vous avez compris. Et puis, le sanctuaire du maître, en fait un belvédère tout en verre, installé sur le toit face à la mer. Émotion. On imagine bien le poète debout. Il écrivait toujours debout. devant une plaque de bois noir, écrivant, oui, la légende des siècles, regardant les côtes de France, lui, l'exilé de Guernesey. Adèle, Hugo, vous m'entendez bien, Adèle, c'est l'arrière-arrière petite fille, pour la première fois, qui visite cette.
Narrator/Host
Maison. Écoutez-la. Au premier abord je suis très émue étant donné que je ne suis jamais venue ici et c'est une maison où mon ancêtre a habité et mon père Jean-Hugo a habité un petit enfant. Il était souvent ici donc je suis quand même très très émue de voir cette maison qui est de ma famille en fin.
Interviewer/Presenter
De compte. Oui nous nous sommes aussi très émus d'entendre cet archive de 1984. C'était au moment du centenaire de la mort de Victor Hugo pour l'année 85, qui avait été imaginée cette visite d'Adèle Hugo à Guernesey. Et c'est vrai, comme le dit l'archive, nous imaginons Victor Hugo, ici, la mèche au vent, en train d'imaginer un futur pour la France et une relecture de son histoire. Cette maison Marie Clémence Reynier, cette maison de Victor Hugo à Guernesey, C'est une œuvre, c'est la volonté aussi de créer une demeure particulière pour lui-même, pour sa famille, mais pas seulement. Et c'est cela que l'on entend déjà. C'est pourquoi pas en faire un lieu de patrimoine, évidemment, mais de.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Visite aussi. Oui, alors la maison d'Odvilaos, c'est une maison de famille, de fête, puisque Victor Hugo s'y installe avec ses enfants, avec son épouse. Il a pris le soin aussi d'installer Juliette Drouet non loin de là, à quelques centaines de mètres. C'est une maison de famille, mais très rapidement en fait, cette dimension est bien faible puisqu'il va nager la maison comme une maison symbolique, comme un sanctuaire pour le poète romantique qu'il est, pour la vie qu'il veut effectivement depuis l'exil vis-à-vis de la France. Il a le souci de redresser la France, de la franchir de Napoléon III. Très rapidement, cette maison, il va l'aménager de façon très symbolique. Il va faire construire des meubles sur lesquels il va faire graver des devises. Il va consacrer une chambre à Garibaldi qu'il voudrait faire venir chez lui au moment de l'indépendance de l'Italie. Donc ça va vraiment être une maison qui va revêtir un caractère symbolique et politique. C'est un espace qu'il conçoit comme tel, c'est un espace politique, c'est un espace d'où il va créer ce personnage vraiment de mage et de poète protecteur de la France. Un espace qui s'ouvre aussi aux idées de la République. Et l'architecture, donc le montre.
Interviewer/Presenter
Avec ici Marie Clémence Reynier, la volonté d'explorer ces maisons d'écrivains et d'écrivaines dans le cours de l'histoire. Je rappelle que vous êtes maîtresse de conférences à l'université d'Artois. C'est à Arras et une communication intentinée. Arras et aujourd'hui dans le cours de l'histoire, visite intime des maisons d'écrivains et d'écrivaines, il n'y a rien.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
De tel. Il y a sûrement des gars qui se promènent avec le cœur tout plein de soucis. Pour tous ces gars qui ont eu de la peine, ma maison n'est pas loin d'ici. Bien sûr, chez moi, c'est pas immense, mais il y a quand même un bout de jardin. Quand on a le cœur dans la souffrance, de voir des feuilles, ça fait du bien. Si t'as des misères, viens donc prendre un verre, viens à la maison. Si t'as des ennuis, si t'as des soucis, viens à la maison. Le gosse te dira des fables d'autrefois, t'auras des chansons. Si t'as eu de la peine, si t'as pas eu de veine, viens à la maison. Si tu préfères la musique, ma femme te jouera du piano. Puis si ça te rend mélancolique, ben moi je te ferai mon numéro. Tu nous raconteras tes peines. Et si tu sens venir les pleurs, eh ben mon vieux, faut pas que tu te gênes. De pleurer, ça soulage le coeur. Si t'as des misères, viens donc prendre un verre, viens à la maison. Si t'as des ennuis, si t'as des soucis, viens à la maison. Le gosse te dira des fables d'autrefois, t'auras des chansons. Si t'as eu de la peine, si t'as pas eu de veine, viens à la maison. Et si vraiment y'a rien à faire pour t'éviter d'être malheureux, Moi j'te raconterai mes misères, ça nous fera bien rire, tous les deux. Car vois-tu, bien mieux que les pattes nôtres et sûrs comme un et un font deux, au fond y'a que le malheur des autres qui nous empêchent d'être malheureux. Si t'as des misères, viens donc prendre un verre, viens à la maison. Si t'as des ennuis, si t'as des soucis, viens à la maison. Le gosse te dira des fables d'autrefois, t'auras des chansons Si t'as pas eu d'veine, puis si t'as d'la peine, viens à.
Interviewer/Presenter
La maison Robert Lamoureux, fantastique Robert Lamoureux qui vient à la maison parce qu'il y a de l'intime dans cette histoire des maisons d'écrivains, maisons d'écrivaines, vis-en-close, demeures et closes, Marie Clémence Régnier. L'intime a sa place ici et la maison de Victor Hugo à Guernesey est une maison imposante. Là, nous sommes avec la figure de l'écrivain absolu, du génie tel qu'il se conçoit et tel qu'il est d'ailleurs. Et puis dans le même temps, d'autres maisons sont présentées beaucoup.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Plus intimes. Oui, effectivement. Avec Victor Hugo, on est effectivement dans une des mesures. Une maison qui est hantée par ses initiales VH, qui les présente partout. Un Victor Hugo qui, de son vivant, pendant qu'il explore un petit peu le continent, fait accueillir par ses domestiques les premiers touristes de maisons d'écrivains. donc qui a déjà compris que sa maison avait vraiment une envergure publique, nationale, internationale. D'autres écrivains effectivement aussi vont être plus scrupuleux de leur intimité. Certains vont complètement fermer leurs portes et considérer que la maison doit rester privée, c'est le cas d'un Flaubert. Et puis d'autres vont protéger leur espace domestique, vont l'ouvrir à des intimes qui vont témoigner de leur mode de vie mais qui vont témoigner de façon indirecte dans une certaine presse artiste ou dans des reportages dans lesquels ils vont poser mais de façon assez artificielle et finalement ils vont en montrer mais très peu. Donc ça va être vraiment l'enjeu pour ces écrivains et ces écrivaines quand ils vont faire le choix d'ouvrir au regard public, aux curieux, leur vie privée et leurs intérieurs. Tout l'enjeu, ça va être de savoir comment ouvrir la focale, jusqu'à quel point entre-ouvrir la porte. Et là, toutes les stratégies sont bonnes. Et on peut en varier de stratégies, effectivement, d'une fois sur l'autre également, d'un titre de presse à l'autre, et de période à.
Narrator/Host
Une autre. De toutes les maisons que vous avez habitées, vers laquelle retournent le plus volontiers.
Museum or Site Representative/Curator
Vos souvenirs? Oh, ma maison natale, naturellement! C'était une maison de village, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans Lyon. Elle a gardé pour moi tous ses charmes. Elle est vieille. Elle rassemble autour d'elle une petite cité de treize ou quinze ou cent habitants, un.
Narrator/Host
Jardin négligé. Elle m'a vu naître. Elle m'a vu grandir. Ma chambre d'enfant n'y a connu aucun luxe et même pas un.
Museum or Site Representative/Curator
Confort alimentaire. Mais je ne peux pas oublier que j'ai élevé des chauves-souris, des chats, des chiens, des écureuils. Et j'avoue que mon instruction.
Narrator/Host
N'A pas dépassé l'école primaire et le.
Museum or Site Representative/Curator
Certificat d'études. Mais vous n'allez pas me mépriser, j'espère bien.
Narrator/Host
Que non. Certainement pas.
Interviewer/Presenter
Madame Coletta. Nous étions en 1951 avec cette archive. Marie Clément-Srenier, avec Colette, nous avons ici l'association d'une écrivaine et d'un lieu, Saint-Sauveur-en-Puisaye, mais c'est intime et c'est une force qui fait qu'il y a la fierté locale bien sûr, mais on l'entend dans cette archive, la volonté par l'autrice de revendiquer.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Ce lieu. Oui, alors on peut citer Colette, on peut aussi mentionner Georges Sand qui est inséparable également de Noant dans le Berry. En cette année 2026, il est important de rappeler aussi cet exemple-là. Alors pour en revenir à Colette, c'est amusant ce que vous dites parce que c'est une fierté locale. Alors ça a été très compliqué pour Colette parce qu'aujourd'hui, il paraît évident d'associer Colette à Saint-Sauveur et on peut même parler d'harmonie tant la maison occupe une place importante dans le développement de la ville, dans son image. Elle est totalement intégrée à la vie locale, cette maison de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye en Bourgogne, mais ça n'a pas du tout été le cas pendant extrêmement longtemps. Les choses se sont même très mal passées pendant un certain temps du vivant de Colette. Quand Colette parle des habitants de Saint-Sauveur-en-Puisaye dans son œuvre, sous couvert de changer les noms des personnes, le nom même du village. Colette ne parle pas de façon très positive de ces personnes, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle parle aussi d'un village qui est très fermé, très obtu, qui va rejeter sa famille. Elle va d'ailleurs devoir déménager de Saint-Sauveur et abandonner sa maison. Ça est un traumatisme pour elle. Au moment où Colette entre dans la reconnaissance, elle est honorée partout, il va être question d'imposer une plaque commémorative sur sa maison natale. La municipalité va le faire, ça devient courant dans l'entre-deux-guerres, la maison devient effectivement un monument publique, privilégiée pour les écrivains. Mais Colette ne pourra pas sortir de sa voiture. Elle va être accueillie vraiment de façon extrêmement froide, voire virulente par certains habitants qui sont toujours très marqués par la satire au vitriol qu'elle a faite d'eux dans les Claudines et dans la maison Claudine qui n'est guère plus positive. et les choses vont mal se passer. Ça n'est vraiment que très tardivement que les relations vont s'apaiser et même après sa mort finalement que la commune va se réapproprier son enfant du pays et ce patrimoine architectural, cette maison qui est aujourd'hui une maison vraiment splendide, restaurée très fidèlement à partir des textes même.
Interviewer/Presenter
De Colette. C'est passionnant d'entendre l'évolution de la perception de la maison de Colette parce que dans chacun nous sentons que nous avons une voix particulière, une voix originale. Ce n'est pas la même chose en tout cas avec Georges Sand.
Museum or Site Representative/Curator
Et Nohant. Nohant, le 15 juin 1839, à Charlotte-Mariani. On dîne en plein air.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Les amis viennent, tantôt l'un, tantôt l'autre. On fume, on jase. Et le soir quand ils.
Museum or Site Representative/Curator
Sont partis, Chopin me joue du piano. Le 20 juin 1839. Il a un beau piano.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Et il nous en chante du matin au soir. Il a fait déjà des choses ravissantes depuis qu'il.
Guest/Expert or Historian
Est ici. C'était la maison de sa grand-mère. C'était la maison de sa petite enfance. C'est là où il s'est élevé, où il a vécu librement, où il est revenu quand il est sorti de sa pension, dans le 5e arrondissement, rue des Fossés-Saint-Bernard. Elle a retrouvé ses paysans, ce village, ce amour qu'elle a. On peut dire que depuis qu'elle a vécu à Nohan, elle a créé et recréé Nohan, ce village qui est maintenant un lieu de pèlerinage pour tous les fervents de la littérature française, de l'époque du romantisme, et où tous les plus grands écrivains sont venus, du temps qu'elle y habitait, les musiciens et combien d'autres. Les gens paysans de la vallée noire, là-bas, ne se rendent pas bien compte Elle faisait vivre presque tout le village. Elle avait tellement d'employés, tellement de personnes qui vivaient à sa table. Une domesticité nombreuse, bien sûr. Elle est devenue la bonne dame d'Honor. Elle a fait le bonheur de cette petite région, de ce lieu-dit. qu'elle a créée, puisque la Vallée Noire avant elle n'existait pas, c'est elle qui m'a donné ce nom qu'il a.
Interviewer/Presenter
Ainsi baptisé. Albert Fournier qui s'exprimait à propos de la maison de Georges Sand, à Nohant, nous étions en 1971. Ici, Marie Clémence Régnier avec Georges Sand, c'est au-delà de la région, c'est le Berry, c'est une vie complète qui autour de l'autrice, se construit avec l'autrice qui utilise cette région pour faire son oeuvre et c'est cette authenticité recherchée sans doute et puis la région elle-même qui d'un seul coup profite de l'aura.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
De l'autrice. Oui, effectivement, c'est un cas assez exemplaire, le cas de Georges Sand, parce qu'effectivement, ce n'est pas simplement la maison de Nohant, le parc de Nohant qui sont concernés par cette patrimonialisation et qui sont auréolés de la gloire de Georges Sand. C'est tout le pays de Georges Sand, comme on l'appelle aujourd'hui. Le pays de Georges Sand désigne un territoire assez vaste autour de Nohant. Et le pays de Georges Sand, qu'elle a valorisé dans son oeuvre, auquel elle était très attachée, ce pays va aujourd'hui fêter sa bonne dame, comme vous l'avez rappelé l'extrait sonore. Et il y a vraiment tout un territoire qui se passionne pour cette figure. Il faut dire que Georges Sand, non seulement aménage les lieux, qui viennent de sa famille, elle hérite de ce domaine de sa famille, mais elle va avoir le souci non seulement de parler du Berry et de la Vallée Noire dans son œuvre, mais elle va aussi développer une action sur place, en tant que propriétaire, femme qui va vouloir aborder les choses de façon politique, elle va vouloir mener une politique un peu sociale autour d'elle. Et les habitants, encore aujourd'hui, se rappellent de cette action très concrète qu'elle a eue sur.
Interviewer/Presenter
Le territoire. Avec une action concrète sur le territoire de la part de Georges Sand, mais des figures qui ici s'imposent dans la volonté pour Colette de retrouver une authenticité. Mais Georges Sand c'est un peu cela, c'est dans un monde marqué par l'industrialisation peut-être retrouver des choses qui relèvent des temps anciens. Mais dans le même temps, ces maisons présentées ne sont pas des maisons très populaires. La figure de l'écrivain et de l'écrivaine qui transparaît à travers ces maisons sont des maisons de gens établis, des.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Maisons bourgeoises. Effectivement, les maisons vont être aux yeux des contemporains et évidemment le temps passant pour nous encore plus, des havres de paix. C'est vrai quand on visite une maison d'écrivain, on a l'impression de faire un voyage dans le temps et les maisons entretiennent cette illusion que nous visitons des bulles du passé et que rien n'a changé depuis l'époque de l'écrivain. C'est rassurant de se dire qu'il y a des lieux qui témoignent d'un mode de vie d'antan, qu'il y a des paysages préservés aux alentours, etc. Même si, dans beaucoup de cas, il y a quand même eu, comme je le disais tout à l'heure au sujet de Pierre Corneille, des scénographies, des muséographies, des mises en scène, tant du point de vue de la décoration, de l'aménagement intérieur que de l'aménagement paysager à l'entour. Le jardin de Corneille que l'on voit aujourd'hui à Petit-Couronne a fait l'objet d'un entretien et d'un réaménagement paysager qui en fait un lieu très bucolique. On ne sait pas si il est très rassemblable que Gornay n'ait pas connu son jardin de cette façon-là. Et puis c'est vrai aussi que l'on y cherche l'intimité et puis on y cherche une image finalement d'ermite. C'est l'image d'un écrivain que l'on On voit sa table de travail inspirée par la nature alentour, inspirée par la quiétude de son domicile. Il y a une mythologie de la figure de l'écrivain qui voit jour dans sa maison et autour de sa maison pour ces.
Interviewer/Presenter
Différentes raisons. Avec ici la volonté d'avoir une figure particulière, donc un tantinet bourgeoise, mais surtout cet écrivain ermite qui pense, qui crée son oeuvre. Ce sont ces « Vies encloses demeurent écloses » qui sert de titre à votre ouvrage Marie Clémence Reynier. Et il y a de l'émotion là-dedans. Il y a de l'émotion ne serait-ce que par la proximité de la personne qui écrit, mais aussi des.
Narrator/Host
Personnages de son oeuvre. Paris retrouve une relique. Ou plutôt, il la remet au jour. On avait oublié pendant 8 ans qu'entre les immeubles cossus de la rue Renoir, une porte conduisait à cette petite maison au milieu d'un jardin, où, de 1840 à 1847, Balzac vécut sa vie gigantesque. On retrouve là les visages des grandes inspiratrices, Mme de Berni, celle qu'il nommait la dilecta, et la comtesse Ansca, l'étrangère, dont la pensée éclaira la fin de sa vie. Les choses ont retrouvé leur place. La vie de Balzac son cadre et la table Louis XIII sur laquelle furent noircies les pages de La Cousine Bête et du Cousin Ponce fait face à nouveau aux vitrines où s'alignent les personnages de la comédie humaine. Vautrin, la tendre et pitoyable génie grandet, le colonel Chabert. Ces ombres ont définitivement chassé les soucis que rappelle l'escalier secret par lequel Balzac, toujours en proie aux soucis d'argent, fuyait ses créanciers par la pittoresque rue Alberton qui, Dieu merci, n'a pas encore changé. L'alerte passée, Balzac reprenait à la fois ses rêves de génie et son bagne d'écrivain. Et pour tous ceux qui n'ont pas oublié le père Goriot et Rastignac, une émotion leur viendra devant cette table à écrire, ce bougeoir et cette cafetière qui virent naître sous la main de ce bourreau de travail les mille personnages d'une oeuvre si vraie qu'elle n'a pas encore.
Interviewer/Presenter
Fini de nous étonner. Le journal des actualités françaises, en 1959, la maison de Balzac est près de la maison de la radio, tandis que la maison de Nino Ferrer est près de La Fontaine, sachant que la rue La Fontaine est aussi près de la maison de la radio.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Tout est dans tout. France Culture, le cours.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
De l'histoire. Xavier.
Narrator/Host
Mauduit. L'enfance L'éternité Autour il y avait le silence Les quêtes.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
Et les.
Narrator/Host
Nids des oiseaux On allait à la pêche Aux écrevisses avec Monsieur.
Singer or Performer (e.g., Robert Lamoureux)
Le curé On se baignait tout nu.
Narrator/Host
Tout noir Avec les beurres La maison près des HLM a fait place à l'usine et au supermarché. Les arbres ont disparu, mais ça sent l'hydrogène sulfuré. L'essence, la guerre, La société Ce n'est pas si mal Et c'est.
Interviewer/Presenter
Normal C'est le progrès La maison près de la fontaine de Nino Ferrer, aujourd'hui dans le cours de l'histoire, maison d'écrivain, maison d'écrivaine, ancrée la fierté locale à l'occasion de l'apparition de l'ouvrage Vise en close, demeures et closes, le grand équivalent français dans sa maison musée, 1879-1937. de Marie Clémence Régnier avec cette question évoquée dans l'ouvrage. Quel est l'avenir de la maison musée d'écrivain? Continuera-t-elle à l'avenir à jouer un rôle dans le passage à la postérité d'un écrivain? Sous quelle forme et pour qui? La question tient dès lors peut-être du tourisme avec des endroits sans cesse visités, des lieux magiques et majestiques, ces maisons des illustres. recommandé, illustré par le ministère de la culture ou alors la fédération des maisons d'écrivains et d'écrivaines des lieux touristiques avec tout.
Museum or Site Representative/Curator
Ce qui s'en suit. Disons qu'à Colombais, on ne peut pas vendre n'importe quoi. Il faut que le touriste puisse remporter quelque chose, si c'est pour des amis ou si c'est pour lui mettre chez lui. Ça dépend des époques aussi. En ce moment, par exemple, c'est le touriste qui se souvient, qui vient ici se recueillir, qui remène, qui remportera plutôt le bus général ou.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Une assiette le.
Narrator/Host
Représentant. Enfin, vous voyez. Qu'est-ce qu'il y a comme.
Museum or Site Representative/Curator
Objet qui marche bien? Ça dépend des personnes. On vend des cartes postales. Par exemple, on vend des coupes papier aussi pour les jeunes. Alors avec l'écusson, le général de Gaulle. Puis il y a les bustes, il y a des crayons, il.
Guest/Expert or Historian
Y a des assiettes. Comment se comportent.
Museum or Site Representative/Curator
Les touristes à Colombay? À l'époque des grandes vacances, c'est pas la même chose qu'à ce moment. En ce moment, les gens sont, enfin.
Guest/Expert or Historian
Je dirais même pensifs. Ce sont plus des.
Museum or Site Representative/Curator
Pèlerins que des touristes. Oui, c'est.
Interviewer/Presenter
Vraiment le pèlerin maintenant. En 1975, Colombel et deux églises, avec l'évocation du général de Gaulle sur le lieu où il a rédigé ses mémoires de guerre, les touristes côtoient les pèlerins dans une maison qui est aussi une maison d'écrivains. Ce sont tous ces lieux à évoquer à travers ces maisons encloses, ces demeures écloses. Et dans la volonté de mettre en avant ces sites, il y a bien sûr certains lieux remarquables. Plus qu'une maison parfois, c'est une chambre comme avec Marcel Proust à l'ombre des jeunes filles en feuleur. Mais en tout genre, notre temps a la manie de vouloir ne montrer les choses qu'avec ce qui les entoure dans la réalité, et par là de supprimer l'essentiel, l'acte de l'esprit qui les isola d'elle. On présente un tableau au milieu de meubles, de bibelots, de tentures de la même époque, fades, décors qu'Excel a composés dans les hôtels d'aujourd'hui, la maîtresse de maison la plus ignorante la veille. Marie Clémence Régnier, ces maisons devenues sites touristiques des lieux remarquables, et d'ailleurs volontairement remarqués, connaissent une évolution que vous analysez? Cette évolution nous conduit vers quelle forme de site? 1879, la maison de Pierre Corneille, nous sommes dans l'évocation d'une grande figure de la littérature. Nous évoluons de quelle manière.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Avec ces maisons d'écrivains? On évolue avec les mœurs d'aujourd'hui. La figure bourgeoise que vous évoquiez tout à l'heure à la fin du sujet sur Victor Hugo, évidemment c'est une figure qui parle un petit peu moins aujourd'hui, qui n'est plus celle que l'on recherche. On voit que les maisons d'écrivains s'intéressent beaucoup à la vie privée de l'écrivain, à son mode de vie, sa simplicité. son quotidien, sa famille aussi. Il y a vraiment un engouement aujourd'hui pour prendre en compte aussi la vie de famille de l'écrivain, la femme de l'écrivain, ses enfants, sa propre descendance, ses paysages dans une relation de la maison, à la nature environnante. Et puis les maisons se font centres culturels, accueillent des expositions d'art contemporain, des résidences d'artistes. Donc elles ne sont plus seulement centrées sur la figure du grand écrivain en majesté ou en pantoufle. Elles s'ouvrent à d'autres sujets, à d'autres modes d'expression et elles s'ouvrent aussi à d'autres sites. Souvent elles se mettent en réseau et en et créent des itinéraires touristiques, patrimoniaux et culturels avec d'autres sites. Ça rime à des festivals, etc. Donc ce sont des maisons qui sortent de leurs murs, si j'ose dire, qui s'ouvrent à d'autres formes culturelles de.
Interviewer/Presenter
Visites et de découvertes. Et je renvoie aussi à la série que le cours de l'histoire a consacré à Pierre Lotti et notamment sa maison de Rochefort, c'est à retrouver sur franceculture.fr et l'appli Radio France parce que s'il est une maison construite pour être amusée et devenue un lieu absolument remarquable, l'émotion est intense quand on y va, c'est bien la maison de Pierre Lotti. En quelques mots, juste pour terminer, Marie Clémence Régnier, y a-t-il de la politique ici? Parce que nous sommes sur des questions municipales, est-ce que l'écrivain d'un jour peut être invisibilisé l'autre.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Jour puisqu'il déplait désormais? Oui, rappelons-nous de la leçon espostérité de Flaubert vis-à-vis de Louis Bouillet. Rien n'est jamais acquis. Il est déjà difficile d'obtenir son buste, sa maison d'écrivain, mais à tout moment, le sort de l'écrivain et de sa maison peuvent être remis en cause. La maison de Colette, qu'on citait tout à l'heure, a été très difficile à mettre en œuvre. Et puis, la presse locale est pleine dans ces rubriques patrimoine et culture. de cas de figures problématiques. Boris Vian, Prévert à Paris, Le Grand Môle à Épineuil. Enfin, rien n'est acquis. Les municipalités sont effectivement toujours prises à.
Interviewer/Presenter
Partie sur ces questions. Merci beaucoup Marie-Clémence Régnier. Vis en close, demeures écloses. Prochain épisode dans le cours de l'histoire des gestes et des outils. Ah ben là, nous ne serons plus dans le monde bourgeois de l'écrivain. Nous allons.
Narrator/Host
Exposer le monde paysan. C'est tout.
Marie-Clémence Reynier (Expert and Author)
Ce monde qui disparaît. Ce monde des.
Narrator/Host
Pays de France, des façons de cultiver la terre, d'élever le bétail, de se vêtir. C'est tout ce monde-là qui disparaît au travers de nos pays et c'est l'objet du Musée des Arts et Traditions.
France Culture – 3 février 2026
Invitée : Marie-Clémence Reynier, maîtresse de conférences à l’université d’Artois, autrice de "Vies encloses demeurent écloses. Le grand écrivain français en sa maison musée (1879-1937)"
Cet épisode explore le rôle des maisons d’écrivain·es dans la construction du patrimoine littéraire et de la fierté locale. Comment et pourquoi ces demeures sont-elles devenues des musées et des lieux de mémoire ? Quelle histoire patrimoniale, politique et culturelle portent-elles ? Quelles tensions entre intimité et représentation publique ? Un dialogue animé entre l’historienne Marie-Clémence Reynier et l’équipe du Cours de l’histoire, enrichi de nombreux extraits sonores et archives.
Premières maisons-musées
Une patrimonialisation tardive mais un intérêt ancien
L’intimité de l’auteur·rice comme mythe littéraire
Mises en scène patrimoniales
"On va mettre un mobilier d’époque, mais qui n’était pas du tout celui de Corneille. [...] On va agencer les choses pour suggérer la vie d’un écrivain qui vivait en ermite, en bon père de famille." – Marie-Clémence Reynier (08:10)
"Les maisons-musées [...] sont fortement ancrées dans un territoire. [...] Les petites patries vont s’approprier les écrivains et leurs monuments, et tout particulièrement la petite patrie normande." – Marie-Clémence Reynier (10:00)
La statue comme reconnaissance tardive
Toinomymie et mémoriaux
“Au premier abord je suis très émue étant donné que je ne suis jamais venue ici et c’est une maison où mon ancêtre a habité...” – Adèle Hugo en visite à Hauteville House (28:08)
Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Georges Sand à Nohant
Maisons bourgeoises, mythes d’ermites
Vers l’avenir : de maison-musée à centre culturel
Tourisme versus pèlerinage
Le rôle et les limites de la politique municipale
"Le grand homme va s’humaniser petit à petit et on va l’appréhender sous l’angle privé, sous l’angle de sa vie privée."
— Marie-Clémence Reynier (05:09)
"On va mettre un mobilier d’époque, mais qui n’était pas du tout celui de Corneille. [...] On va agencer les choses pour suggérer la vie d’un écrivain qui vivait en ermite…"
— Marie-Clémence Reynier (08:10)
"Les petites patries vont s’approprier les écrivains et leurs monuments."
— Marie-Clémence Reynier (10:00)
"Les maisons se font centres culturels, accueillent des expositions d’art contemporain, des résidences d’artistes..."
— Marie-Clémence Reynier (54:49)
L’épisode montre comment les maisons d’écrivains, initialement modestes ou privées, sont devenues des lieux de fierté collective, de mémoire littéraire et de tourisme culturel, traversant les époques et les politiques, tout en interrogeant la frontière entre intimité et patrimoine, mythe et réalité.
Fin de l’épisode.