
Préhistoire, à la rencontre des premiers humains : "La Guerre du feu", quand la Préhistoire enflamme les imaginaires
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Xavier Mauduit
France Culture.
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Le cours de l'histoire. Xavier Mauduit.
Clément Humel
La guerre du feu. Le félin géant. Elkvore du fleuve bleu. Voici, dès 1909, la trilogie « Des âges farouches » de J.H. Roney, aîné, dont les histoires préhistoriques ravissent les lecteurs et les lectrices. La préhistoire est alors une jeune discipline et aussitôt la littérature s'en saisit, le cinéma aussi, jusqu'à l'adaptation par Jean-Jacques Annaud en 1981 « La guerre du feu ». La.
Unknown Announcer
Préhistoire.
Xavier Mauduit
Enflamme les imaginaires. J.H. Un écrivain belge d'origine, mais français d'esprit, qui dute à la guerre du feu parue en 1911.
Gaston Bachelard (quoted)
L'Expression de sa maîtrise. Pour bien connaître la nature, il faut la voir admirée. C'est alors seulement qu'on a le goût et la patience d'en.
Narrator/Reader
Chercher les merveilleux secrets. La horde des.
Xavier Mauduit
Oulam avait perdu le feu protecteur Mais c'est étonnant cette technologie ! vous voulez parler du feu ? Ah c'est ça ! Ils arrêtent pas.
Clément Humel
D'En parler à la maison de.
Xavier Mauduit
Retraite.
Clément Humel
! L'ambiance est enflammée. Bonjour Pascal Semonçu. Bonjour. Vous êtes docteur en histoire, membre de la Société Préhistorique Française et de l'Association pour le Développement de l'Histoire Culturelle. La Société Préhistorique Française, elle existe, il faut le rappeler. Vous êtes l'auteur du passé du fantasme, la représentation de la préhistoire en France dans la seconde moitié du XXe siècle. C'est publié aux éditions Errance et aujourd'hui avec vous pour.
Pascal Sémonsu
Discuter.
Clément Humel
De cet imaginaire préhistorique, Clément Humel. Bonjour. Bonjour. Vous êtes docteur en langue et littérature française et vous avez rédigé une thèse sous la direction de Brigitte Giaz qui s'intitule « Modernité du roman scientifique » chez J.H. Ronny Henné.
Pascal Sémonsu
J.H. Ronny Henné. Mais qui est ce personnage ? Alors, un personnage assez intriguant, même pour son époque. Il commence rapidement comme un petit naturaliste en fait, quelqu'un qui veut, disons, qui s'inspire des thèses d'Émile Zola, les thèses naturalistes, qui cherche simplement à rentrer en littérature. Il écrit un premier roman, une sorte de réécriture de l'Assemoir qui se déroule à Londres. Et puis, il envoie son roman à Zola, qui l'envoie paître. Mais ce même roman, il l'envoie aussi à Goncourt, et cette fois-ci, Goncourt lui écrit une lettre très intéressante, très belle, où il loue justement chez Ronny un style artiste, et qui fera justement sa marque de fabrique.
Clément Humel
Comme on peut le voir notamment dans La Guerre du.
Pascal Sémonsu
Feu. Il y a un peu de science dans son parcours. Beaucoup de science, en fait. bien qu'étant auteur de romans, mais pas vraiment vulgarisateur, mais en tout cas intéressé par les sciences. Il en parle beaucoup. Il y a beaucoup de témoignages de son époque qui racontent comment Rony essaie de passionner les foules avec ses connaissances scientifiques. Il est lui-même proche de plusieurs autres scientifiques de l'époque, comme Jean Perrin, qui sera à la Nobel de chimie. Et simplement, Rony.
Xavier Mauduit
Lui-Même s'essaiera aussi de temps en temps à l'écriture d'essais scientifiques. Oui, il va publier en 1923 un texte de vulgarisation sur la préhistoire et les origines. Et ce qui est intéressant, c'est que dans ce texte qui se veut un texte de vulgarisation, le romancier n'est jamais loin derrière le scientifique. Et il dit qu'on a besoin de la science, mais on a tout autant besoin du roman qui sublime la science. Ça c'est intéressant, c'est.
Clément Humel
L'Ironie, et c'est intéressant chez la plupart des auteurs de préhistoire. Et puis ce n'est pas exceptionnel comme démarche, il faut se resituer dans cette deuxième moitié du XIXe siècle, ces années 1860 et après. Jules Verne, par exemple, c'est à peu près.
Pascal Sémonsu
Ces démarches-là que l'on peut comparer à celles de Renier Ney. Alors justement, en fait, il y a dans la communauté scientifique, du moins en littérature, On se pose la question, justement, de savoir si Jules Verne est vraiment un auteur de ce qui deviendra plus tard, finalement, la science-fiction. Parce qu'en fait, Jules Verne n'invente rien. A priori, il raconte des choses déjà existantes. C'est un pédagogue, c'est un très bon vulgarisateur. Mais des auteurs comme Roni, aussi à l'époque Maurice Renard, à travers Le Merveilleux Scientifique.
Gaston Bachelard (quoted)
Finalement, inventent beaucoup plus qu'ils ne décrivent.
Narrator/Reader
Des choses déjà existantes. C'est là ! C'est.
Xavier Mauduit
Là ! «.
Narrator/Reader
En route vers le centre de la Terre ! » Je regardais Hans. « Vorum ! » lança-t-il tranquillement. Il était une heure et treize minutes. Le véritable voyage commençait. Je n'avais pas encore plongé mon regard dans le puits insondable où j'allais m'engouffrer. Hans acceptait si tranquillement l'aventure que je rougis à l'idée d'être moins brave que lui. Je m'approchais donc de la cheminée centrale et regardais le gouffre. Mes cheveux se hérissèrent. Un affreux vertige s'embarra de moi. J'allais tomber. Je tombais. Une main me retint. Mon oncle rit un moment de mon émotivité, puis déroula une corde de la grosseur du pouce et longue de soixante mètres.
Clément Humel
Je demande à tout homme de bonne foi s'il lui aurait été possible d'entendre de telles paroles sans frissonner. Plaisir de voyager avec Jules Verne au centre de la Terre. Jules Verne, figure de la fiction scientifique, à l'instar de Ronnie Henné. Car aujourd'hui, nous sommes avec La Guerre du Feu, ce roman qui paraît en 1909. La Guerre du Feu, rien que le nom, tout de suite, ça évoque cet imaginaire-là. Pour présenter de manière détaillée cette.
Gabriel Royard
Biographie de Ronnie Henné, laissons la parole à Gabriel Royard, écrivain journaliste. Nous sommes dans Heures de culture française. L'écrivain qui signait J. H. Roney est né, Joseph-Henri Bohex, au registre de l'État civil. Né à Bruxelles le 17 février 1857, mourait à son domicile parisien à Rugrahen le 15 février 1940, il y a 20 ans. Ses origines le rattachaient à la fois à la France, la Belgique, la Hollande et l'Espagne. Dès l'enfance et l'adolescence, il écrivait un grand nombre de poèmes en vers et en prose, des contes, des nouvelles, des pièces de théâtre. Le jeune homme doit très tôt essayer de gagner sa vie. Morneuseur de bureau à Bruxelles pour devenir quelque chef d'emploi, Joseph Henry se sent d'évidence d'autre trempe. En 1886, il s'installe.
Narrator/Reader
À.
Gabriel Royard
Paris avec pour tout bagage un premier roman inédit écrit à Londres, Nell Horn de l'Armée du Salut. Voilà. L'en-démarrage qui bientôt prend de la vitesse. Un énorme bilan, plus d'une cinquantaine d'œuvres de qualité.
Clément Humel
Romans psychologiques et de mœurs, romans sociaux.
Pascal Sémonsu
Romans préhistoriques, romans scientifiques, des milliers de contes, des mémoires, des essais. Clément Humel, ça vous convient comme biographie ? Assez bien, si ce n'est qu'en fait le journaliste mésestime la production littéraire, puisqu'en fait c'est pas 50 romans, mais plutôt 150 au bas mot. Alors effectivement, pas forcément des très longs romans, mais malgré tout 150 romans. Si ceci dit, c'est vrai qu'il a aussi écrit énormément d'articles, de petites nouvelles, de contes, comme ça se faisait d'ailleurs beaucoup à l'époque.
Clément Humel
Dans une logique très industrielle, dans la littérature très industrielle finalement. pour l'époque. Mais sinon c'est aussi de le rester. Avec l'après-histoire qu'il faut peut-être définir au moment où paraît ce premier volume de la trilogie des âges farouches de René Henné. Ce premier volume, c'est la guerre.
Xavier Mauduit
Du feu, nous sommes en 1909. Pascal Semonsu, c'est quoi l'après-histoire ? C'est déjà une très jeune discipline à ce moment-là. Alors, c'est une jeune discipline, la préhistoire, qui a été portée sur les fonds bâtissements, on pourrait dire, en 1859. La reconnaissance de la préhistoire, on peut considérer qu'en 1859, c'est acquis, grâce à deux grands scientifiques de l'époque, un Français, Godry, un Anglais, Lyell. qui disent oui, Boucher de Perthes, il a raison, Boucher de Perthes c'est l'inventeur de la préhistoire, Cocorico c'est un français. Et donc en 1859 c'est une séance qui est assurée. En 1870 commence l'épargne des ouvrages de vulgarisation et notamment un ouvrage de vulgarisation qui va être un best-seller au XIXe siècle qui est l'Homme primitif de Louis Figuier. Et donc, cette préhistoire ayant été découverte, cette préhistoire ayant des assises scientifiques, maintenant on va pouvoir la mettre en scène, on va pouvoir la sublimer, comme je disais tout à l'heure, et ça va être la littérature. Ronnie n'est pas le.
Clément Humel
Premier à défricher ce terrain de la littérature préhistorique, mais ce sera, de l'avis de tout le monde, le plus prestigieux. C'est vrai, un livre qui marque, mais fait oublier tous les autres. Il y en a beaucoup d'autres qui s'intéressent à la préhistoire. Clément Humel, ça veut dire que.
Pascal Sémonsu
Ronnie est né au moment où il compose sa trilogie, et particulièrement La Guerre du Feu, il avait de quoi lire. Oui, tout à fait. Et puis, en fait, avant d'avoir écrit La Guerre du Feu, Rony a aussi lui-même écrit d'autres récits préhistoriques. Le plus important, sans doute, c'est Vamiré, qui est publié d'abord dans la presse sous forme de nouvelles qu'il appelle scènes préhistoriques. Donc ça c'est un roman qui date de 1892, et même encore un petit peu avant, en 87, avec l'Exipéuse, qui est un roman assez étrange dans la forme, qui ressemble beaucoup aux nouvelles anglo-saxons, qui fait à peu près une centaine de.
Clément Humel
Pages, et en fait qui mélange à la fois préhistoire, mais aussi science-fiction, avec l'apparition de créatures étranges nées de l'électricité. Oui, parce qu'on est sur un moment aussi particulier de la littérature, là où de nouveaux champs sont explorés. Alors la science est présente, une certaine vision de l'avenir, un avenir fantasmé, c'est ce.
Pascal Sémonsu
Qui donne ensuite naissance à la science-fiction. On en est où pour un personnage comme Ronnie Henné dans tous ses genres littéraires ? Alors c'est assez compliqué parce qu'en fait la science-fiction par exemple est un genre littéraire qu'on a commencé à définir après coup. Si on devait s'en tenir simplement au mot science-fiction, il est forgé en 1926 aux Etats-Unis. En France on a donc un équivalent qui s'appellerait le merveilleux scientifique. une nomenclature qui a aussi beaucoup évolué, mais le terme est forgé en 1909 par Maurice Renard. Et quant à Ronnie Henné, en fait, quand on regarde les romans qu'il publie, d'ailleurs je le précise aussi, pour certains ont écrit à quatre mains avec son frère Ronnie Jeune, Eh bien, en fait, on se rend compte que d'un point de vue éditorial, les romans sont parfois nommés romans préhistoriques, romans d'anticipation préhistorique.
Clément Humel
De merveilleux préhistoriques aussi. En fait, les nomenclatures, elles se cherchent beaucoup à l'époque. Et les genres commencent à s'inventer en réalité. C'est rigolo Pascal, on suit de voir un peu comment ici l'on se cherche, mais un personnage comme Rony Henné je pense n'a pas la réflexion de se dire je dois.
Xavier Mauduit
M'Inscrire dans telle démarche-là. C'est-à-dire qu'il y a un grand mouvement très large d'intérêt pour la préhistoire, on peut le dire ainsi. Oui, oui. Et il ne faut pas se méprendre aussi, les romans préhistoriques, ce sont des romans historiques, mais ce sont avant tout des romans. L'objectif de Rony, comme l'objectif de tous les romanciers, et l'objectif d'un bon romancier, c'est de ne pas faire un cours d'histoire. Il ne faut pas mélanger. Donc il faut réaliser un bon équilibre, un subtil équilibre, un équilibre qui n'est pas toujours réussi par tout le monde d'ailleurs, entre faire passer quand même quelques idées scientifiques, mais aussi d'abord et avant tout divertir. Le but du roman, qu'il soit historique, préhistorique ou autre, c'est quand même d'emmener son.
Clément Humel
Lecteur. Là, Ronnie décide de l'emmener dans la préhistoire. Et c'est vrai que la préhistoire, c'est un sacré terrain ouvert à l'imagination. Ah oui, c'est merveilleux. Et puis, la science de ce moment-là avance à une telle vitesse qu'elle ne peut être que merveilleuse. Sans même aller jusqu'à chercher un univers particulier, lire les inventions les unes après les autres qui sont rapportées dans les.
Pascal Sémonsu
Journaux, les gens imaginent plein de choses. C'est très stimulant cette fin du 19ème siècle. C'est normal que les écrivains s'en saisissent. Oui, tout à fait, d'autant plus que Rodney, vraiment, dans ses mémoires, il dit que pour les sciences, il a une passion poétique. Et ce qui est intéressant, c'est que la passion renvoie à un intérêt qu'il pourrait avoir très culturel, très scientifique. Mais le terme poétique est très fort aussi. Il va écrire une poésie des.
Xavier Mauduit
Sciences, dans beaucoup d'autres romans, et dans La Guerre du Feu en particulier, il décrit une sorte de poésie de la préhistoire. Et puis s'intéresser à la préhistoire aussi, c'est s'intéresser à ce qui fait l'humain. C'est le commencement de toute chose la préhistoire. Donc en fait tout discours sur la préhistoire, tout discours sur l'homme préhistorique, c'est un histoire sur ce qu'est l'homme vraiment au fond de lui-même. Et c'est pour ça je pense qu'il y a cette appétence pour la préhistoire depuis le début et encore aujourd'hui. Moi je suis prof par ailleurs, la préhistoire est enseignée et on sent que quand on parle de préhistoire aux gamins, quelque part ça les touche, parce qu'ils sentent que ça renvoie au plus profond de ce qu'il y a en nous. Et pour revenir sur la guerre du feu, Bachelard dit que toute observation du feu est une observation comme hypnotisée. Quand on est devant, quand on fait son barbecue ou quand on est devant sa cheminée, on est hypnotisé par le feu. Et bien là, c'est sûr, il y a une réminiscence de nos origines préhistoriques parce que le feu, c'était pour nous vital. Et ça nous revient quand on fait le barbecue, ça nous revient quand on.
Clément Humel
Est devant la cheminée. Et c'est ce qui fait, je pense, que la préhistoire et que le roman préhistorique sont aussi.
Gaston Bachelard (quoted)
Appréciés. Avec Gaston Bachelard que vous venez d'évoquer, ce philosophe historien des sciences, qui pouvait associer la science et le merveilleux ? Une psychologie détaillée des intérêts que suscite la science serait une psychologie de l'émerveillement progressif. Pour bien connaître la nature, il faut l'avoir admirée. C'est alors seulement qu'on a le goût et la patience d'en chercher les merveilleux secrets. Un coup d'œil sur l'histoire des sciences peut nous convaincre qu'elle est une histoire des merveilles. Ainsi, au lieu d'un merveilleux qui foisonne dans les images, la science connaît un merveilleux.
Clément Humel
Qui se constitue en d'admirables pensées. Depuis le début de la recherche du merveilleux, la science n'a rien perdu de son patrimoine d'admiration. patrimoine d'admiration, Gaston Bachelard en 1947, Clément Humel. Voilà, nous sommes dans cet univers-là du scientifique merveilleux. Et puis il y a quand même tout ce bagage qu'on a évoqué, ces écrits scientifiques, la volonté aussi, pour beaucoup, de diffuser les savoirs au plus grand nombre. C'est dans cette démarche-là. Quand il choisit de s'inscrire dans la préhistoire, Rony Henné a déjà écrit des livres de préhistoire. Vous nous.
Pascal Sémonsu
L'Avez dit. Qu'est-ce qu'il y a de particulier avec La Guerre du Feu ? Comment on peut expliquer un tel succès autour de ce livre ? Qu'est-ce qui a plu ? Alors c'est très complexe. Je pense que l'un des premiers éléments simples, c'est que le roman est signé, non seulement René Hainet, mais surtout René Hainet de l'Académie Goncourt. Puisque les frères Goncourt étant décédés, leur testament demandait la création d'une académie, dont on connaît encore aujourd'hui évidemment une des utilités principales. Mais pour l'époque, pour les auteurs qui en sont membres, René est un membre fondateur, À ce moment-là, il en est le secrétaire. Plus tard, en 1925, il en sera même le président. Donc déjà, on s'assure une légitimité pour un auteur qui pourrait paraître populaire pour l'époque. Mais au-delà de ça, il y a bien le roman lui-même. Et je pense qu'une différence assez importante entre La Guerre du Feu et Vamiré, qui est son équivalent et sans doute très mésestimé, c'est que je pense que dans La Guerre du Feu, et c'est ce que montre très bien d'ailleurs le film de Jean-Jacques Annaud, c'est qu'au-delà de la description de la préhistoire, qui peut avoir un intérêt effectivement pédagogique, scientifique, on a vraiment un émerveillement, voire en fait un choc métaphysique. C'est ce que l'on voit dans La Guerre du Feu justement, où lorsque Nao comprend que le feu peut se.
Xavier Mauduit
Créer, l'acteur, et c'est la même scène qui est représentée d'ailleurs dans le roman, L'acteur vit vraiment un véritable choc métaphysique et c'est, je pense, primordial. il y a un numéro d'acteur qui est magnifique. On voit dans ses yeux la peur parce qu'il s'est dit, bon sang, il fait du feu, c'est un dieu, il a peur et en même temps il sourit, il pleure parce qu'il comprend que sa vie de misère s'est terminée. Il comprend qu'il va maîtriser le feu Et là, il va faire un bond dans l'évolution considérable. Cette scène, dans le film d'Anno, est un superbe film, mais cette scène, franchement, de tous les films de préhistoire que j'ai vus, c'est.
Clément Humel
La plus belle scène que j'ai vue. Là, vraiment, Anno a réussi à faire passer l'importance du feu pour les hommes préhistoriques. C'est magnifique cette scène. Ça nous donne envie de.
Narrator/Reader
Revoir le film de Jean-Jacques Annaud en 1980 et puis évidemment de rouvrir le livre « La guerre du feu » de Rony Henné. Nous sommes en 1909. Les ulames fuyaient dans la nuit épouvantable. Fous de souffrance et de fatigue, tout leur semblait vain devant la calamité suprême. Le feu était mort. Ils l'élevaient dans trois cages depuis l'origine de la horde. Quatre femmes et deux guerriers le nourrissaient nuit et jour. Dans les temps les plus noirs, ils recevaient la substance qui le fait vivre. à l'abri de la pluie, des tempêtes, de l'inondation. Il avait franchi les fleuves et les marécages sans cesser de bleuir au matin et de s'ensanglanter le soir. Sa face puissante éloignait le lion noir et le lion jaune, l'ours des cavernes et l'ours gris, le mammouth, le tigre et le léopard. Ses dents rouges protégeaient l'homme contre le vaste monde. Toute joie habitait près de lui. Il tirait des viands d'une odeur savoureuse, durcissait la pointe des épieux.
Clément Humel
Faisait éclater la pierre dure. Il rassurait la horde dans les forêts tremblantes, sur la savane interminable, au fond des cavernes. C'était le père, le gardien, le sauveur. La guerre du feu, lu par Cassandre Puel. Cassandre qui réalise aujourd'hui le cours de l'histoire avec à la technique Noé Chaban. Nous sommes tout de suite dans cet univers là. D'ailleurs on peut rappeler un peu ce que ça raconte, la guerre du feu. Donc là on l'entend, nous sommes avec une tribu qui dispose du feu. mais qui sait juste.
Pascal Sémonsu
Le conserver. Elle ne sait pas l'allumer, c'est bien cela. Et là, il y a un drame, parce qu'il y a une attaque et on perd le feu. Oui, effectivement. En fait, c'est l'enjeu romanesque du récit. C'est littéralement, effectivement, la guerre du feu, la conquête du feu, la reconquête du feu. C'est suggéré, effectivement, là où Anno est beaucoup plus explicite dans son film. En fait, le roman commence après une bataille. Le feu est mort. Et à ce titre, j'ai une petite pensée pour mes élèves de première qui préparent le bac et qui pourraient tout à fait avoir besoin de commenter un texte aussi riche stylistiquement. C'est très, très beau. Il y a de très nombreuses figures de style. Et donc, finalement, derrière ce style artiste, comme disait Goncourt, se cache un récit qui est très simple en réalité, qui est d'ailleurs directement hérité des récits de chevalerie du Moyen-Âge. C'est-à-dire qu'on a certes cet univers de préhistoire, mais finalement, on a une situation initiale, une quête, aller retrouver le feu, et cette quête consiste en un aller et un retour, thème qu'on retrouve dans de très très nombreuses oeuvres littéraires, à commencer par l'Iliade et l'Odyssée, finalement. Et donc, en plus de cette quête, il y a une récompense qui est annoncée alors qu'elle n'apparaît pas dans le film. Mais dans le roman, c'est effectivement aussi les références de l'époque, Nao va devoir conquérir le feu, le ramener pour bien sûr sauver la tribu, la faire prospérer. mais aussi avoir l'autorisation d'épouser la fille du chef dont il est amoureux. Et d'ailleurs l'amour est réciproque.
Clément Humel
Mais finalement on a vraiment un récit de chevalerie du Moyen-Âge avec cette quête, de nombreux antagonistes, des alliés, des épreuves à traverser finalement, et un retour joyeux. Pinau n'est pas tout seul, il est avec des petits potes, donc c'est un peu le seigneur des.
Xavier Mauduit
Anneaux. C'est ce procédé-là, c'est la quête qui fonctionne très très bien. Pascal, ce Mont-Sud, c'est vrai que la narration de la guerre du feu est particulièrement efficace. C'est splendide. Mais Nao, c'est tout sauf un idéaliste. Parce qu'en fait, toute cette histoire-là, c'est pour Gamla. Nao, il n'aurait pas aimé Gamla, il ne serait pas allé chercher le feu. Le deal du début, c'est celui qui va rechercher le feu, qui va le trouver, qui va le ramener pour la tribu, il aura Gamla. Et Nao est amoureux de Gamla. Et là aussi, il y a quelque chose que Ronny fait passer qui est extrêmement intéressant. et qui montre bien la dualité qu'il y a chez l'homme préhistorique tel qu'il est vu par Roni. C'est-à-dire qu'il y a un mélange, l'homme pour Roni et pour les scientifiques de l'époque est pétri d'humanité et d'animalité. Et ça se voit très bien dans les rapports que Nao a avec Gamla. Il le dit très bien Roni. À certains moments, Nao voit Gamla et il a envie de la saisir, il a envie de la prendre. Et d'autres fois, il la regarde avec tendresse, en ayant les meilleurs sentiments pour elle. La guerre du feu, c'est aussi la mise en lumière de cette dualité qu'il y a chez l'homme entre sa partie animale et sa partie humaine. Et ça se.
Narrator/Reader
Voit beaucoup d'autres exemples tout au long du roman. Et l'amour de Nao pour Gamla donne à la fin du roman, là aussi, des lignes qui sont superbes. Nao était par la stature le plus grand des Oulam. Ses épaules croissaient encore. Il n'y avait point de guerrier aussi agile ni dont la course fut plus durable. Il terrassait Mou, fils de Lurus, dont la force approchait celle de Faoum. Et Faoum le redoutait. Il lui commandait des tâches rebutantes, l'éloignait de la tribu, l'exposait à la mort. Nao n'aimait pas le chef. Mais il s'exaltait. À la vue de Gamla, allongée, flexible et mystérieuse, la chevelure comme un feuillage. Nao la guettait parmi les oserais, derrière les arbres ou dans les replis de la terre, la peau chaude et les mains vibrantes. Il était, selon l'heure, agité de tendresse ou de colère. Quelquefois, il ouvrait les bras pour la saisir lentement et avec douceur. Quelquefois, il songeait à se précipiter sur elle, comme on fait avec les filles des hordes ennemies, à la jeter contre le sol d'un coup de massue. Pourtant, il ne lui voulait aucun mal. S'il l'avait eu pour femme, il l'aurait traité sans rudesse, n'aimant pas avoir croître sur les visages la crainte qui les rend étrangers. La main rude de Faoum s'abattit sur l'épaule de la fille. Il cria dans son orgueil sauvage « Laquelle est mieux construite parmi les filles des hommes ? » Elle peut porter une biche sur son épaule, marcher sans défaillir du soleil du matin au soleil du soir, supporter la faim et la soif, apprêter la peau des bêtes.
Unknown Announcer
Traverser un lac à.
Pascal Sémonsu
La nage. Elle donnera des enfants indestructibles. Si Nao ramène le feu, il viendra la saisir sans donner des haches, des cornes, des coquilles ni des fourrues. le cours de l'histoire. Et on pourrait même aussi rajouter que Roni, en fait, s'il fait le choix d'autant s'investir dans le roman préhistorique, il le dit dans ses mémoires, c'est pour éviter à devoir décrire ce qu'il appelle des situations sociales complexes. C'est-à-dire qu'au-delà du roman préhistorique, Roni a écrit énormément de romans comme je disais tout à l'heure, d'obédience naturaliste, donc il décrit le présent, et donc il le fait très bien, sauf que le présent et la société du présent est une société qui est extrêmement complexe, et évidemment qui continue de se complexifier. Tandis que raconter un récit qui se déroule à l'origine.
Xavier Mauduit
De l'être humain, c'est aussi s'affranchir de certaines difficultés sociales, et on en revient finalement aux bases, donc des questions amoureuses, des questions de survie, et aussi de prospérité de l'espèce. Roni s'affranchit aussi de la science dans la guerre du feu parce que, y compris à son époque, tout le monde sait qu'on possède le feu. Donc la guerre du feu n'a jamais eu lieu. C'est un biais romanesque. Heureusement que Roni s'est un peu exonéré de la science, sinon on n'aurait pas eu ce beau roman. C'est ça aussi que je disais tout à l'heure, le romancier ce n'est pas un scientifique. Les scientifiques, les préhistoriens, avaient fait beaucoup de critiques à Anneau quand son film était sorti et des critiques qui pour la plupart étaient infondées parce qu'Anneau ne faisait pas un documentaire sur.
Clément Humel
La préhistoire, il faisait un film sur la préhistoire à partir d'un roman de préhistoire. Et donc, ces deux objectifs sont tout.
Xavier Mauduit
À fait différents entre la science et le roman. Parce que la guerre du feu se déroule à quel moment de la préhistoire ? Il y a une datation qui est donnée. On est quand ? Rony explique qu'au début de son roman, dans sa dédicace, qu'on est à une époque où peut-être il y a plus de cent mille ans de ça, quelque chose comme ça. Mais si vous voulez, le feu, Le feu, les hommes, d'abord, ils ont su le conserver. Mais après, ils ont su le faire. Mais ils ont su le faire il y a très longtemps de ça, il y a plusieurs centaines de milliers d'années. Alors à l'époque de Rony, on ne savait pas que c'était il y a plusieurs centaines.
Clément Humel
De milliers d'années. Mais on savait qu'il possédait le feu. Et donc, comme je disais, il prend une certaine liberté pour pouvoir inscrire son roman et pour que le roman puisse avoir lieu. Oui, parce que le roman nous montre cette transition où l'on apprend à faire du feu, où une tribu qui ne sait pas faire du feu apprend à faire du feu. Ici, il y a peut-être... quelques précisions à apporter parce que nous parlons beaucoup du roman, nous citons le film de Jean-Jacques Annaud en 1980 mais nos pauvres cerveaux sont serviles face aux images et les images qui nous viennent en tête bien souvent ce sont celles du film. Quand on raconte l'histoire bien souvent c'est celle du film qui revient. Il y a des différences quand même. On a raconté que.
Pascal Sémonsu
Dans le roman Il y a un voyage, une quête et un retour. Dans le film, la transmission du feu, elle se fait d'une autre manière. Comment ça se passe dans le film ? Alors finalement, la transmission du feu, elle est assez similaire dans le roman comme dans le film, si ce n'est qu'effectivement, Anno fait le choix, des choix qui sont parfaitement légitimes par rapport à l'objet film, qui consiste à représenter une tribu dans laquelle il y a un nouveau personnage, en fait l'équivalent de Gamla, qui ferait partie de cette tribu-là. L'intelligence, je trouve, du scénario d'Anno, c'est de faire en sorte que non seulement il va y avoir une transmission du savoir d'une autre tribu à celle des Oulamres, donc celle de Nao, mais.
Clément Humel
Aussi un mélange quasiment.
Xavier Mauduit
Des espèces, avec de très nombreuses guillemets évidemment, tandis que chez Ronin il n'y a que la transmission du savoir du feu qui se passe à travers une autre tribu. Pascal, ça m'en suit. Dans le film d'Anno, la transition du feu se fait aussi avec la transition de l'amour. C'est une belle histoire d'amour entre Nao et Ika qui lui apprend le feu. Je reprends les termes d'Anno, je crois, à l'époque où des critiques avaient été faites. Ika qui apprend à faire le feu à Anno, mais qui lui apprend aussi la position du missionnaire. Parce que sur les représentations sexuelles dans le film d'Anno, là aussi, il y a un passage, pour aller vite, de l'animalité à l'humanité. Parce que Nao, comme tous les hommes de sa tribu, prennent les femmes de façon animale et c'est Ika qui ne va pas vouloir faire l'amour comme ça avec Nao et ça donne là aussi un grand moment de tendresse où d'ailleurs Nao, Everett McGill qui est un très bon acteur pour le rôle Il est tout surpris de la façon dont Ika le tourne pour faire l'amour.
Clément Humel
Dans une position qu'elle considère plus civilisée. un passage, une marge vers la civilisation qui se fait par l'acquisition du feu et l'acquisition de la position du missionnaire, si je peux dire comme ça. Oui, mais c'est ça. Le film de Jean-Jacques Hanot, c'est une histoire de transmission entre deux groupes différents avec Ika qui apprend beaucoup de choses quand même aux autres qui sont un peu viril sans doute mais très épais. Elle leur apprend à faire du feu, elle apprend à faire l'amour dans une position qu'ils ne connaissaient pas. Elle leur apprend aussi le masque facial parce qu'elle est entièrement recouverte d'argile et ça c'est très pratique pour avoir une jolie peau. Dans le roman de Ronnie Henné, on ne trouve pas ces histoires de.
Pascal Sémonsu
Transmission. Je n'ai pas l'impression que dans le roman de Ronnie Henné, il y ait toute une réflexion sur l'altérité, pour utiliser un mot complexe, mais sur l'autre qui peut nous apporter quelque chose. Alors, ce n'est pas aussi évident que chez Anneau, notamment dans la perspective amoureuse. En revanche, lors du voyage des Trois Oulambres, ils vont rencontrer d'autres tribus. Certaines sont aussi représentées dans le film, bien sûr. Mais ce qui est assez intéressant et qui correspond, il faudra le confirmer, mais qui correspond plus ou moins aux théories de l'époque, c'est que Rodney croit qu'il existe en gros plusieurs états d'humanité. Et que finalement, parmi les tribus que les héros vont rencontrer, alors il y a les Ksam qui sont en fait une tribu anthropophase, donc là il y a une question d'animalité, de sauvagerie, mais disons que du point de vue phylogénétique, c'est plus ou moins les mêmes. En revanche, on va rencontrer des nains rouges, des hommes sans épaules, et c'est justement ces hommes sans épaules qui vont transmettre.
Clément Humel
À Nao le savoir de la création du feu, tout en nous expliquant bien que cette tribu s'apprête simplement à disparaître, parce qu'ils n'ont pas été élus en fait, par les histoires de l'évolution. Pascal Simonsius, c'est ça aussi la force de Jean-Jacques Annaud, c'est d'avoir apporté... Alors mais Jean-Jacques Annaud écrit en 1980, c'est-à-dire que lui, il a lu.
Xavier Mauduit
Encore plus de livres sur la préhistoire qu'avait pu en lire Ronnie Henné, mais il y a cette réflexion sur l'autre, l'autre humain, à un moment où plusieurs espèces humaines vivaient sur notre Terre. Oui, tout à fait. Et dans la représentation de la préhistoire en général, l'autre c'est pratiquement tout le temps, que ce soit la fiction, quel que soit la fiction, c'est pratiquement tout le temps un danger, l'autre. Quand on parle de la guerre du feu, les rapports entre les groupes sont des rapports de violence tels qu'ils sont vus par la littérature, par la bande dessinée, par le cinéma. Vous parliez d'altérité tout à l'heure. L'altérité, c'est toujours un danger dans cette représentation de la préhistoire. Et ça, c'est bien vu dans le roman de Ronny. L'autre est un danger. Il faut aller chercher le feu à une tribu qui bouffe ses semblables, donc c'est quand même pas rien. Les nains rouges, c'est une horreur. Donc, si vous voulez, l'autre est un danger, l'autre est une menace, qu'il soit humain ou qu'il soit animal, d'ailleurs. Et là, Ronnie, il a une vision de l'animal à la limite, plus humains, qui seraient plus humains que les humains. C'est intéressant là. Je parle alors, il y a les mammouths, il y.
Clément Humel
A toutes ces histoires d'animaux, parce que c'est un.
Narrator/Reader
Bestiaire considérable et impressionnant, la guerre du feu. Mais il y aurait peut-être plus d'humanité dans les animaux drônies que d'humanité dans les humains drônies. Oui, il y a beaucoup d'humanité dans les mammouths. Il fallait obtenir que le chef des mammouths permit Oulam de passer la nuit dans son camp. Nao le chercha du regard. Il aperçut solitaire selon son habitude pour mieux veiller sur le troupeau et mieux scruter l'étendue. Le fils du léopard, c'est Nao dont il s'agit, cueillit des racines de fougères comestibles. Il se dirigea vers le grand mammouth. La bête à son approche cessa de ronger des arbrisseaux tendres. Elle agita doucement sa trompe velue. Même elle fit quelques pas vers Nao. En lui voyant les mains chargées de nourriture, elle montra du contentement et elle commençait aussi à éprouver de la tendresse pour l'homme. Le nomade tendit la provente qu'il tenait contre sa poitrine et murmura. Chef des mammouths, les gzams n'ont pas encore quitté le fleuve. Les ulams sont plus forts que les gzams, mais ils ne sont que trois, tandis que eux sont plus de trois fois les deux mains. Ils nous tueront si nous nous éloignons des mammouths. Le mammouth, rassasié par une journée de pâture, mangeait lentement les racines et les fèves. Quand il eut fini, il regarda le soleil couchant, puis il se coucha sur le sol, tandis que sa trompe s'enroulait à demi autour du torse de l'homme. Nao en conclut que l'alliance.
Clément Humel
Était complète, qu'il pourrait attendre sa guérison car il avait des blessés. Peut-être même lui serait-il accordé d'allumer le feu dévorant et de goûter la douceur des racines, des châtaignes et des viandes rôties. La Scelle des Maboutes, dans La Guerre du Feu, Maurice Viterre nous la lisait avec ce moment très particulier où il y a un échange entre le mammouth et Nao. Alors bon, nous sommes en 1909, mais c'est surtout, avant tout, nous sommes.
Pascal Sémonsu
Dans de la littérature. Et c'est vrai que Rony est né dès lors à tous les droits. Mais il y a quand même une lecture particulière de ce rapport au monde et à l'animal. Oui, alors j'aime beaucoup ce passage. Il y en a aussi un autre un peu plus tard où il rencontre aussi d'autres Mahouts. Mais là, il y a un mot-clé qui est très, très important dans ce passage. C'est le mot alliance. Et quelque chose qu'on dit finalement assez peu, c'est que Rony est un homme très drôle. Et l'alliance dont il parle, c'est une alliance qui est aussi biblique. puisqu'il est question d'un échange, mais d'une alliance entre l'humanité et une forme de transcendance. Un peu plus loin dans le roman, on a une autre rencontre avec d'autres mammouths, où justement les personnages vont rester quelques jours, quelques semaines, je ne sais plus, avec les mammouths. Et Nao essaye de communiquer avec le grand mammouth, toujours pour rester dans cette métaphore, Et en fait, il voit bien que le mammouth comprend très bien ce qu'il lui dit. Et il dit justement... Le grand mammouth comprend ce que.
Clément Humel
Nao dit, mais Nao ne le comprend pas encore. Ce qui signifie bien que le mammouth, en l'occurrence, est une espèce supérieure à l'homme en intelligence, en développement et sans doute aussi en culture. Ça c'est vraiment des scènes magiques dans la littérature. Ça c'est la guerre du feu bien sûr, mais ce rapport à l'animal reflète aussi la vision de l'auteur. Et puis son moment, le moment où il écrit, on l'a bien évoqué. Ronnie est né, quand il écrit en 1909, enfin quand il ne fait pas arrêter en 1909 la guerre du feu, il n'a pas toutes les connaissances, on le disait, ces différentes espèces humaines, il ne les maîtrise pas, on n'arrive pas à distinguer dans la guerre du feu, ici Néandertal, ici Homo sapiens, il y a des pistes, il.
Xavier Mauduit
Y a des réflexions, mais ce n'est pas aussi net.
Clément Humel
Que peut le faire Jean-Jacques Hanot en.
Xavier Mauduit
1981, où là, les lignes commencent à se dessiner, même si ce n'est pas toujours aussi clair. Oui, je voudrais revenir sur le mammouth, si vous permettez. Ah mais revenez sur le mammouth ! Là, Nao, il marque sa singularité. Le mammouth, c'est une des rares fois où il est présenté de façon aussi positive et aussi amicale. Le mammouth, dans la représentation de la préhistoire, c'est la terreur. Dans les romans en général, le mammouth n'est là que pour écraser ces pauvres humains. Le mammouth, c'est le mal-aimé de la représentation de la préhistoire, mais en même temps, c'est un marqueur de la fiction préhistorique. Exactement comme dans une série télévisée, si on veut bien montrer qu'on est à Paris, on met la tour Eiffel. Dans un roman préhistorique, il faut qu'il y ait le mammouth. Il faut qu'il y ait le mammouth et aussi qu'il y ait une éruption volcanique. Le mammouth et l'éruption volcanique sont des marqueurs de préhistoire. Il y a un mammouth, tout le monde sait qu'on va être dans la préhistoire. Mais le mammouth, c'est la terreur. Pour Ronnie, il y a une grande tendresse vis-à-vis du mammouth. Une tendresse qu'on retrouvera d'ailleurs un petit peu plus tard chez un grand peintre de préhistoire qui n'est pas du tout français, qui est totalement oublié aujourd'hui, qui s'appelle Zdeněk Burian. Et Burian a été un peintre qui a bercé l'enfance de beaucoup de gens, y compris la mienne, parce qu'il a beaucoup peint sur la préhistoire et beaucoup illustré de livres de vulgarisation sur la préhistoire. Et chez Burian, Le mammouth est souvent, malgré sa taille, un être chétif. Il y a un très beau tableau de Burien où on voit les mammouths dans une tempête de.
Clément Humel
Neige qui sont lacérés les uns contre les autres et on sent qu'ils souffrent. On retrouve ça chez Rony, mais c'est vrai que c'est quelque chose de très particulier à Rony, cette représentation du mammouth. Zdeněk Buria, c'est un Tchécoslovaque d'aujourd'hui. C'est l'Autriche-Hongrie au moment où il peint en est. Et c'est ça qui est intéressant dans ce XXe siècle qui découvre et surtout qui imagine la préhistoire. Mais avec les connaissances qui augmentent et qui font que les récits changent obligatoirement au gré des découvertes. ou des hypothèses, parce qu'on.
Pascal Sémonsu
Sait bien qu'il y a beaucoup d'hypothèses dans le domaine scientifique, ici. Et la notion de l'autre, on le disait, d'autres espèces, ça se définit peu à peu. Est-ce qu'on la trouve vraiment chez Rony Henné ? À propos, effectivement, de cette histoire d'autres espèces, d'autres altérités, il y a quand même cette idée chez Rony, dans La Guerre du Feu, mais dans d'autres romans aussi, qui ne sont pas nécessairement des romans préhistoriques, cette idée que l'humanité telle qu'on la connaît, qui serait celle, finalement, pour simplifier, de l'homme occidental, et bien ce serait sans doute la championne de l'évolution selon Rony. Mais comme on le voit dans la guerre du feu avec d'autres types d'humanité, des qui apparaissent, qui disparaissent aussi. Dans des romans qui se passent au présent, qui sont des romans d'exploration, et bien on rencontre des hommes écailleux au milieu de l'Afrique dans un empire de Nénuphars. On retrouve aussi en Asie des hommes qui vivent depuis beaucoup de temps autour d'un lac et qui se retrouvent avec des mains palmées, des membres palmés et qui sont capables de nager pendant de nombreuses minutes sous l'eau. Donc il y a cette idée aussi de nombreux états d'humanité, on va dire, chez Rony, mais.
Clément Humel
Aussi d'autres espèces, comme on le voit dans des romans de science-fiction, finalement. Notamment quand il envoie des explorateurs terriens à la fin du XXe siècle visiter.
Unknown Announcer
Mars. Et là, on rencontre encore de nouvelles altérités. Aujourd'hui, dans le cours de l'histoire, nous lisons la guerre du feu, la préhistoire qui enflamme les imaginaires. Et puisqu'il s'agit d'allumer le feu, évidemment, une évidence. Tourner le temps à l'orage Revenir à l'état sauvage Forcer les portes, les barrages Sortir le loup de sa cage Sentir le vent qui se déchaîne Battre le sang dans nos verres Monter le son des guitares Et le bruit des motos qui démarrent Il suffira d'une étincelle D'un rien, d'un geste Il suffira d'une étincelle Allumez, allumez le feu Allumez, allumez Le pays c'est derrière toutes nos peines Nos âges de guerre, nos problèmes Se libérer de nos chaînes Lâcher le lion dans la raie Où la foudre est claire L'odeur de la poudre, le tonnerre Je.
Clément Humel
Veux la fête et les rires Je veux la foule en délire Il suffira d'une tincelle, d'un rien d'un contact, il suffira d'une étincelle d'un peu de jour France Culture, le cours de l'histoire. Xavier Mauduit. Allumé le feu, le duo Brigitte, Johnny évidemment. Aujourd'hui, nous réfléchissons à la guerre du feu. Le roman, celui de 1909 de Ronnie Henné et le film de Jean-Jacques Annaud en 1981. C'était quand même un pari risqué. Pascal, c'est mon suce. C'est un pari risqué de se dire, je vais faire un film autour de la préhistoire. Ça.
Xavier Mauduit
Ça va, mais je vais le faire sans les dialogues. Parce que dans le roman, il y a du texte, il y a des dialogues. Ça c'est une différence majeure entre le roman et le film. Oui, alors les dialogues ça a toujours été... un problème dans la représentation de la préhistoire et dans la fiction. Comment on les fait parler ? On les fait parler en français normal, j'allais dire, ou on les fait parler en préhistorique ? Le problème, si on les fait parler en préhistorique, on risque le bliboulga et le charabia, etc. Si on les fait parler en français, on risque l'anachronisme. Donc, la représentation de la préhistoire a toujours balancé entre ces deux questions. Pour le cinéma, souvent, ça a été de les faire parler avec ce qu'on supposait être la langue de l'époque. Dans un million d'années avant Jésus-Christ, avec la belle Raquel Welch, c'était un langage qui était reconstitué. Anneau va vouloir reconstituer un langage aussi préhistorique. Alors, il le dit lui-même, du coup, ça avait le mérite de pouvoir être projeté à l'étranger sans qu'il y ait besoin de sous-titrer ou de doubler l'Ecumenia. Donc ça fait une économie, ce qui n'est pas négligeable. Mais là, il ne part pas de n'importe quoi. Il va demander à Anthony Burgess de faire un lexique. Anthony Burgess, c'est lui qui avait travaillé sur Orange Mécanique pour les dialogues avec Kubrick. C'est Anthony Burgess qui va faire ce dictionnaire ou l'âme, français, français ou l'âme. Il disait que même en dehors du tournage, ils s'exerçaient tous à parler de cette façon. Mais là aussi, le langage qu'Anno va choisir pour son film, il véhicule des schémas de pensée. Parce que ce sont des mots qui sont très courts, des mots qui sont très rock. Et dans les directives qu'Anno donne à ses comédiens, il leur dit qu'ils doivent dire ces mots avec difficulté. Et pourquoi il doit dire ces mots avec difficulté ? Parce que dans l'esprit d'Ano, la préhistoire c'est le moment où l'homme se détache avec difficulté de l'animalité. Et donc le progrès, l'évolution, doit se montrer et dans la nature des mots, mais aussi dans la façon dont ils sont prononcés. Et Malaterre, quand il fera Ao.
Clément Humel
Ça sera aussi la même chose, il y aura un lexique, cette fois-ci qu'il fera avec l'écrivain Pierre Pelot, pour faire parler ces personnages. Et quand on regarde le film, qu'il parle pristorique, ça ne gêne pas, ça passe. Ça passe sans problème. ... ... ... ... ... Nootblock, évidemment, Clément Hummel, n'importe quoi. C'est quoi ici ? C'est la guerre du feu.
Pascal Sémonsu
? C'est quoi en fait ? C'est un texte, une langue reconstituée, imaginée. Parce que Ronnie Henné, lui, il se casse pas la tête, j'allais dire. Enfin si, il se casse la tête. Ce sont des dialogues en français de son temps, le début du XXe siècle. Oui, c'est ça. Alors, si ce n'est qu'effectivement, il manque, du point de vue de la syntaxe, il peut manquer des mots, mais voilà, pour faire préhistorique, effectivement. Il y a aussi, pour montrer, enfin, oui, pour suggérer plutôt l'animalité de certains personnages, que ce soit d'ailleurs d'autres tribus ou d'autres personnages comme Agu, le velu, qui est en fait l'antagoniste de fin, eh bien, Rony, ce qu'il.
Clément Humel
Fait simplement, c'est une technique de narration basique, c'est qu'il fait du discours apporté. C'est-à-dire, en fait, le narrateur nous explique ce qu'a dit le personnage. Sans doute aussi pour s'éviter ce genre de difficultés qui fonctionnent très très bien au cinéma, mais dans un roman forcément... C'est compliqué, c'est très très compliqué. Dans l'idée de faire un film sur la préhistoire, Pascal Semonsu, vous nous disiez que la question de la traduction, Jean-Jacques Annaud réussit à s'en affranchir. Une petite économie, on a envie.
Xavier Mauduit
De dire. C'est pareil, il n'y a pas besoin de décors et de costumes majeurs. Alors, ce n'est pas si simple que ça. C'est même difficile de retrouver le décor qui convient à une préhistoire fantasmée. Il faut le dire encore. Ici, c'est l'imaginaire de la préhistoire. Là, c'est pareil. Il va falloir trouver un décor qui aille avec l'idée qu'on se fait de la préhistoire. L'idée qu'on se fait de la préhistoire, c'est une période qui est difficile pour l'être humain. Donc, on aurait mis des préhistoriques sur une plage de rêve avec des cocotiers, là, personne n'y aurait cru. Par contre, on met les préhistoriques dans des marécages, comme dans le film Dano au départ. On les met dans de vastes landes où il n'y a rien. On les met sur un plateau rocheux où heureusement il y a un arbre parce qu'ils vont avoir le tigre aux dents de sable qui va leur courir après. et heureusement qu'ils vont pouvoir monter dessus. Donc l'environnement, pour que ça colle avec l'idée qu'on se fait de la vie des préhistoriques, il se doit d'être hostile. Or l'environnement n'était pas plus ou moins hostile à la préhistoire que maintenant. Et c'est pareil, je vous parlais tout à l'heure du volcan. Dans la représentation de la préhistoire, les préhistoriques s'installent tous près d'un volcan et forcément le volcan va entrer en éruption et il va massacrer tout le monde. Donc il y a une volonté de montrer une préhistoire dangereuse, une préhistoire menaçante. Pourquoi ? parce qu'on en est sorti vainqueur. C'est tout le message de la représentation de la préhistoire. L'homme partait perdant. Mais au fil, c'est lui qui a gagné. Et on parlait du mammouth tout à l'heure. Le mammouth est grand, l'homme est tout petit. Mais celui qui a eu la peau de l'autre.
Pascal Sémonsu
C'Est le petit, grâce à l'intelligence. Et la représentation de la préhistoire, de cette façon-là, est conçue comme une glorification, avec tous les excès d'ailleurs, comme une glorification de notre espèce. On était destiné à régner sur le monde. C'est le message de la représentation de la préhistoire. Et pour même aller un peu plus loin, comme je dis tout à l'heure, Oni est quelqu'un d'assez drôle en fait, puisque un de ses nombreux romans, un roman d'exploration qui se déroule, et ça c'est important de le dire, au début du XXe siècle, commence par ses mots de mémoire. Donc le narrateur nous explique que, en fait, le dernier mammouth n'est pas mort il y a des milliers d'années, Mais il n'y a que quelques décennies. D'ailleurs, il précise, je l'ai vu mourir. Et donc, ce roman s'appelle Le Trésor dans la neige. Et donc, on a un personnage d'explorateur qui nous raconte le début d'une expédition. Et puis, donc, il tombe. Effectivement dans une crevasse, qui l'emmène en fait dans un autre monde, dans ce qu'on appelle une terre creuse. Et dans cette terre creuse, il fait la rencontre d'une tribu préhistorique, et évidemment cette tribu préhistorique est accompagnée de mammouths. C'est un petit roman amusant, mais c'est vrai que non seulement il va y avoir une petite histoire avec ces mammouths.
Clément Humel
Mais aussi d'ailleurs, l'explorateur contemporain va vivre quelque temps dans cette tribu préhistorique, et il va même en ressortir, accompagné d'une jeune femme, évidemment, et il nous explique qu'il passe ensuite sa retraite, je sais plus, dans un cabanon de chasse en Afrique, accompagné évidemment de cette femme. Oui, parce qu'il y a beaucoup d'humour dans tous ces romans. C'est vrai qu'il faut les lire et puis c'est passionnant. Il faut rappeler que c'est une écriture qui est quand même agréable. C'est une écriture qui nous embarque et on avance avec, ici, Pascal Semonsu, l'idée de la transmission. Vous l'avez évoqué au programme. C'est en sixième qu'on étudie la préhistoire. Il y a toujours des yeux écarquillés parce que, comme une évidence, ça plaît. Des.
Xavier Mauduit
Films Ce sont des vecteurs merveilleux. Est-ce que la guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, pour parler, étudier de la préhistoire, c'est quelque chose qui est efficace ? Ou alors il faut avoir un Pascal Semonciu à côté ou un Clément Humel pour décrypter un petit peu tout cela ? Alors, il y a une chose qu'il faut bien avoir à l'esprit. La fiction, l'imaginaire, ouvre l'esprit, ouvre tous les esprits, vers la recherche d'une certaine vérité ou d'une certaine connaissance. Il ne faut pas... Ça a un petit peu changé, mais les scientifiques, pendant un moment, avaient la position de rejeter la vulgarisation, de rejeter la fiction. Ce n'est pas bien. Il y avait eu plein de préhistoriens qui avaient dit que le film d'Anno, c'est n'importe quoi, qui ont dit que le film.
Pascal Sémonsu
De Malaterre, c'est n'importe quoi. Le documentaire, l'Odyssée de l'espèce, etc. de Malaterre, ça a été démonté par plein de préhistoriens. Mais c'est la fiction qui nous amène à la recherche de la science. Donc il faut faire attention à ça. On a besoin de fiction pour aller plus loin. Et d'ailleurs, à propos de cette assurance scientifique, La Guerre du Feu va inspirer de nombreux auteurs et scientifiques aussi. Certains vont avoir des vocations de préhistoriens précisément parce qu'ils ont lu La Guerre du Feu, et c'est le cas.
Clément Humel
Notamment du préhistorien bordelais François Borde que le grand public connaît peut-être aussi sous le pseudonyme de Francis Carsac, qui est un fabuleux, à la fois auteur de rompre historique, mais aussi de science-fiction. qui régulièrement répétera qu'il a été largement influencé par la lecture de La Guerre du Feu. Voilà, de Ronnie Henné. Et puis, les autres générations, ce sera peut-être par le film de Jean-Jacques Hanot, mais c'est vrai qu'on voit bien cette référence qui traverse le XXe siècle. Le livre de Ronnie Henné, La Guerre du Feu, la trilogie, il faut lire la suite. Et puis le film de Jean-Jacques Annaud, à resituer dans des productions beaucoup plus vastes. Merci vivement à tous les deux. Pascal Sémonsu avec le passé du fantasme, la représentation de la préhistoire en France dans la seconde moitié du XXe siècle. Et.
Xavier Mauduit
Puis.
Clément Humel
Clément Humel, votre thèse, modernité du roman scientifique chez J.H. Ronny Henné. Merci, merci beaucoup à vous. Voilà, ça c'est le type de langue pour laquelle nous aurions besoin d'un dictionnaire. C'est tombé parce que le prochain épisode du cours de l'histoire est un dictionnaire dans toutes les chaumières. Le cours.
Episode Date: December 31, 2025
Host: Xavier Mauduit
Guests: Pascal Sémonsu (docteur en histoire), Clément Humel (docteur en langue et littérature française)
This episode explores how "La Guerre du feu" (The Quest for Fire), both as the 1909 novel by J.-H. Rosny aîné and the 1981 film adaptation by Jean-Jacques Annaud, has profoundly shaped the collective imagination and cultural representation of prehistory in France. The discussion also covers the broader fascination with prehistory in literature and cinema, its pedagogical use, and the enduring interplay between scientific knowledge and fictional narrative.
On the poetic aspect of science:
"Il a une passion poétique pour les sciences... le terme poétique est très fort aussi. Il va écrire une poésie des sciences."
— Pascal Sémonsu (12:40)
On the universal appeal of prehistory:
"Quand on parle de préhistoire aux gamins, quelque part ça les touche, parce qu’ils sentent que ça renvoie au plus profond de ce qu’il y a en nous."
— Xavier Mauduit (13:08)
On the quest motif in "La Guerre du feu":
"Derrière ce style artiste, se cache un récit très simple... situation initiale, une quête, aller retrouver le feu... et un retour joyeux. C’est la quête qui fonctionne très très bien."
— Pascal Sémonsu (20:13–22:10)
On the threat and promise of the 'other':
"L’autre, c’est toujours un danger dans cette représentation de la préhistoire... que ce soit humain ou qu’il soit animal."
— Xavier Mauduit (33:23)
On the scientific critique of fiction:
"Le romancier ce n’est pas un scientifique... Heureusement que Rony s’est un peu exonéré de la science, sinon on n’aurait pas eu ce beau roman."
— Xavier Mauduit (26:26)
On the imaginative power of fiction:
"La fiction, l’imaginaire, ouvre l’esprit... vers la recherche d’une certaine vérité ou d’une certaine connaissance."
— Xavier Mauduit (55:26)
This episode offers a lively, deeply informed exploration of how prehistory has been constructed, imagined, and passionately retold through fiction and film. "La Guerre du feu," both as a novel and a film, is shown to be a cornerstone of French cultural imagination, igniting wonder, fueling debate, and bridging the worlds of science and storytelling. The conversation between academics and passionate readers highlights how fiction can serve not merely to entertain, but to inspire new generations of scientists and writers, keeping prehistory a living part of our cultural inheritance.