Le Cours de l’histoire – “Preuves d’humanité, hier et aujourd’hui 1/4 : Duke Ellington, car la musique n’a pas de frontières”
Date : 13 novembre 2025
Podcast : France Culture — Host: France Culture
Aperçu de l’épisode
Cet épisode inaugural de la série “Preuves d’humanité, hier et aujourd’hui” plonge dans l’histoire du voyage mémorable de Duke Ellington au Sénégal en 1966, à l’occasion du premier Festival mondial des arts nègres. À travers archives, entretiens et réflexions d’invités, l’émission explore le pouvoir sans frontière de la musique et l’universalité de l’art face aux divisions raciales et aux frontières géopolitiques.
Principaux thèmes & discussions
1. Duke Ellington au Festival mondial des arts nègres (Dakar, 1966)
- Contexte historique :
- Ellington, alors âgé de 67 ans, se rend au Sénégal pour un festival voulu par Léopold Sédar Senghor, rassemblant des artistes noirs du monde entier sous l’égide de l’UNESCO et de la Société Africaine de Culture.
“Le premier festival des arts nègres est très important pour moi et pour tous les Noirs […] c’est la première rencontre avec tous ces artistes et ils peuvent faire un grand échange de vues.”
— Duke Ellington (00:54, 06:18)
- Ellington, alors âgé de 67 ans, se rend au Sénégal pour un festival voulu par Léopold Sédar Senghor, rassemblant des artistes noirs du monde entier sous l’égide de l’UNESCO et de la Société Africaine de Culture.
- Symbolisme :
- Rencontre entre artistes africains et afro-américains, symbolisant un “grand échange de vues” et une reconnexion transatlantique.
2. Parcours d’Ellington et condition noire aux États-Unis
- Né libre, héritier de l’histoire de l’esclavage
- Narration sur Ellington né à Washington DC, quelques décennies seulement après l’abolition de l’esclavage (1865).
- Segregation raciale persistante même pour les stars du jazz.
- Rappel des luttes des années 1960 pour les droits civiques :
“Don’t let nobody turn you around, turn you around.” (02:01, chanté par Ellington)
- Les Negro Spirituals comme mémoire de la douleur mais aussi de l’espoir :
“Le spirituel c’est peut-être basé sur la douleur, mais le blues c’est tout à fait correct.”
— Duke Ellington (03:03, 12:12)
3. Le pouvoir de l’art et de la musique
- Témoignage de Rosie de Palma (UNESCO)
- Actrice espagnole et ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, elle vante l’absence de frontières dans l’art :
“Dans l’univers artistique, […] il n’y a pas de frontières, il n’y a pas d’âge, il n’y a pas de genre, il y a une liberté.”
— Rosie de Palma (03:45) - L’art comme antidote à la dureté du monde, moyen de compréhension mutuelle et d’émancipation :
“Interdire la musique, c’est interdire la joie de vivre.”
— Rosie de Palma (05:50) - La migration comme fait fondamental de l’histoire humaine, illustrée par la métaphore des oiseaux migrateurs (“ils ne demandent pas de passeport, non ?” 05:36).
- Actrice espagnole et ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, elle vante l’absence de frontières dans l’art :
4. Identité et humilité d’Ellington
- Qui est Duke Ellington ?
- Ellington se présente modestement comme “un petit musicien qui fait partie d’un syndicat de musiciens américains” (06:47).
“Je ne suis pas modeste, mais il faut savoir ce que je vois dans mes rêves.”
— Duke Ellington (07:06) - Il évoque ses rêves de jeunesse de devenir peintre et la surprise de sa carrière musicale (07:19).
- Ellington se présente modestement comme “un petit musicien qui fait partie d’un syndicat de musiciens américains” (06:47).
5. Musique et africanité
- Influence africaine
- Ellington confie que l’Afrique l’a grandement influencé, longtemps avant ce voyage (09:09).
“Depuis 35 ans, j’écrivais de la musique d’inspiration africaine.”
— Duke Ellington (09:09) - Son ressenti face à la musique africaine authentique qu’il découvre “à la source” à Dakar.
- Il reconnaît la richesse et la complexité de la musique africaine, et l’importance de l’immersion pour la comprendre :
“Il faut toujours être sur place pour comprendre ce qui existe là.”
— Duke Ellington (11:41 - 11:47)
- Ellington confie que l’Afrique l’a grandement influencé, longtemps avant ce voyage (09:09).
6. Universalité du jazz
- Jazz et couleurs de peau
- Ellington refuse toute exclusivité raciale du jazz :
“Je ne crois pas aux catégories.”
— Duke Ellington (09:48)
- Ellington refuse toute exclusivité raciale du jazz :
- Le jazz comme expérience profondément individuelle :
“Ils sont [les jazzmen] plus des individualistes. Ils ne pensent pas du jazz comme un travail. Ça fait partie de leur esprit, de leur âme.”
— Duke Ellington (08:27) - État sur scène :
“Chaque fois que je suis devant le piano, j’ai peur. […] Mais ça nous donne un peu de puissance.”
— Duke Ellington (08:50) - Musique noire de joie et d’espoir :
“Les spirituels concernent plutôt mes prières. Les prières peuvent être basées sur des joies aussi bien que sur la douleur.”
— Duke Ellington (12:30)
7. Sentiment et projets après l’Afrique
- Joie d’Ellington et de son orchestre d’être en Afrique, curiosité insatiable pour la musique locale (12:48)
- Tournées et projets :
- Emphase sur une vie de voyages, de concerts et une tournée mondiale (New York, Cincinnati, Californie, Japon, Antibes) (09:57).
- “Mesdames, Messieurs, Sénégal, je vous aime à la folie.” (13:11, discours final d’Ellington au public sénégalais.)
Timestamps pour moments clés
- 00:54 / 06:18 — Duke Ellington sur l’importance du Festival mondial des arts nègres.
- 02:01 — “Don’t let nobody turn you around”, chant de lutte pour les droits civiques.
- 03:45 — Rosie de Palma sur l’universalité de l’art et la joie de vivre.
- 06:47 / 07:06 — Ellington sur son identité et ses rêves.
- 09:09 — Influence profonde de l’Afrique dans le travail de Duke Ellington.
- 08:27 — Le jazz, expérience individuelle et profonde.
- 09:48 — Refus de hiérarchiser le jazz par la couleur.
- 11:41 — Comprendre la musique africaine depuis l’intérieur.
- 12:30 — Blues, spirituals, espoir et douleur.
- 13:11 — Déclaration finale de Duke Ellington pour le Sénégal.
Citations marquantes
- “Il n’y a pas de frontières… la musique, la culture n’ont pas de frontières.”
— Narrateur (05:56) - “Dans l’univers artistique… il n’y a pas de frontières, il n’y a pas d’âge, il n’y a pas de genre, il y a une liberté.”
— Rosie de Palma (03:45) - “Je rêve ? Beaucoup de choses. Quand j’étais plus jeune, j’ai voulu devenir peintre.”
— Duke Ellington (07:19) - “Il faut toujours être sur place pour comprendre ce qui existe là.”
— Duke Ellington (11:41) - “Je ne crois pas aux catégories.”
— Duke Ellington (09:48) - “Mesdames, Messieurs, Sénégal, je vous aime à la folie.”
— Duke Ellington (13:11)
Résumé final
Cet épisode tisse un fil entre le voyage d’Ellington à Dakar, la quête du dialogue interculturel, et la puissance transfrontalière de l’art et de la musique pour réunir l’humanité. On y mesure l’impact du passé et l’écho universel du jazz, du blues et de toute création artistique comme preuves vivantes et joyeuses d’humanité.
