
Preuves d'humanité, hier et aujourd'hui 2/4 : Gisèle Halimi et les droits des femmes
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Narrator
Ici Paris, organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture. Preuve d'humanité, Gisèle Halimi et les droits des femmes. En 1975, Gisèle Halimi a 48 ans. Elle est née, elle a grandi en Tunisie, alors sous protectora français, avant de venir en France pour suivre ses études de droit. Elle devient avocate, fervente militante de la lutte contre la colonisation, notamment au moment de la guerre d'Algérie. Et là, elle défend les militants, les militantes du FLN, le Front de Libération Nationale. Gisèle Halimi sait le poids du statut de la femme. Elle le sait dans son vécu, dans sa chair. Et elle sait ce que signifie lutter pour sa liberté.
Gisèle Halimi
Être libre, selon moi, c'est avant tout, enfin, je dirais que c'est ma première définition élémentaire. Être libre, c'est ne pas opprimer quelqu'un d'autre. Et la démarche, justement, des femmes consiste à faire que, en n'étant pas opprimées, elles empêchent, au fond, leurs oppresseurs de continuer de l'être. Donc, objectivement et à long terme, cela leur bénéficie. Et puis, il y a surtout que ce changement de rapport entre les hommes et les femmes, qui doit être la conséquence directe d'un changement de mentalité, qui est véritablement la lutte que les femmes doivent mener, ce changement de rapport doit bénéficier à l'homme et à la femme, et non pas à la femme seulement, car le rapport, ça veut dire forcément avec autrui, et en l'espèce, le rapport des femmes avec les hommes doit se trouver, à mon sens, amélioré et égalitaire. Lutter.
Narrator
Pour la liberté, pour l'égalité, Gisèle Halimi porte ses combats dans les tribunaux et dans la presse. La société et les institutions d'alors imposent la domination masculine. Elle souhaite faire évoluer le droit et la loi, criminaliser le viol, libéraliser l'avortement, accorder aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. Les années 1970 sont un grand moment de la longue histoire du combat des femmes pour leurs droits. Ce sont les années MLF, le mouvement de libération des femmes, avec des clubs de femmes comme celui-ci au cœur des années 70.
Female Interviewee
Une femme libérée, c'est une femme qui a le droit d'avoir une vie personnelle, qui a le droit au travail, qui a le droit d'avoir une vie économique indépendante, qui a le droit d'avoir une vie publique, qui a le droit d'être un être à part entière aussi bien qu'un homme.
Gisèle Halimi
Aussi bien qu'un homme !
Female Interviewee
De toute façon, dans la résistance, on a vu des femmes se battre. Et c'est à partir de ce moment-là qu'ils se sont rendus compte qu'on n'était pas toujours des poupées et des objets à faire les petits. Il y avait quand même autre chose dans une femme.
Interviewer
Vous vous sentez comme objet ?
Female Interviewee
Je me suis surtout sentie femme à faire les enfants.
Gisèle Halimi
Combien avez-vous ? Quatre.
Narrator
La condition féminine existe.
Female Interviewee
Disons que... Il y a des femmes actuellement qui se battent. Il y a des femmes qui prennent la parole. Et je pense que même en silence, il y a des femmes qui font avancer la condition féminine, même celles qui ne sont pas connues à l'heure actuelle. Mais je pense qu'on n'est pas arrivés encore à une égalité. Pour moi, être une femme, c'est d'abord.
Gisèle Halimi
Être obligée de me plier à des exigences extérieures.
Sheikheba Hakimi
Et puis.
Gisèle Halimi
Être la victime des apparences. Très contente d'être une femme, surtout en 1975.
Narrator
Pourquoi 1975 ? Parce qu'il y a des tas de.
Gisèle Halimi
Possibilités que je n'aurais pas eues il.
Narrator
Y a un siècle, par exemple, ou deux. Les combats pour qu'évoluent les lois et les mentalités, ceux d'hier font écho à ceux d'aujourd'hui, ici et ailleurs. Sheikheba Hakimi, présidente de l'association Afghanistan Libre, prenait la parole en 2022 lors de la conférence Femina Vox pour faire entendre la voix des femmes. Une conférence organisée par l'UNESCO avec cette question. Quels sont les fondamentaux du droit des femmes ?
Sheikheba Hakimi
Il faut considérer que le droit des femmes, en tout cas les fondamentaux, c'est comme un corps humain. Quand vous avez une angine blanche, vous êtes incapable de sortir du lit parce que vous avez 42 fièvres. Et bien c'est exactement la même chose. Aujourd'hui, se retrouver du bon côté de la planète et de se dire qu'il y a un coin du monde où elles ont les droits les plus fondamentaux qui sont bafoués, le droit à la survie, à vivre, et n'existe tout simplement pas, je pense qu'on n'a rien à gagner. Donc c'est en ça aussi que C'est ça qu'il faut pas qu'on oublie parce que ni vous, ni moi, ni personne ici n'avons quelque chose à gagner dans nos combats si on sait qu'il y a des coins du monde où les plus élémentaires droits sont totalement bafoués. Et c'est le cas d'Afghanistan aujourd'hui. sans ramener le débat beaucoup plus ouvert, mais on va quand même aborder juste un sujet qui nous concerne aussi, c'est que ces femmes afghanes, ces jeunes filles qui ont été éduquées, qui forment leurs enfants, leurs garçons, pour en faire des hommes libres de deux mains et libres d'esprit. Aujourd'hui, si ce pays en enferme les femmes, en les supprime, par la peur de quoi ? Parce que je pense que ce régime terroriste a très peur de ces femmes et leur force, parce qu'elles pourront jamais éteindre la lumière d'espoir qui est dans les yeux de chaque afghane. aussi pour éviter que demain ce pays devienne le laboratoire de fabrication des terroristes qui vont revenir ici. Et donc ça nous intéresse totalement ce qui se passe aujourd'hui en Afghanistan et on ne pourra pas dire il faut les laisser régler leurs problèmes. Nous avons tous nos responsabilités, tous les pays occidentaux, les institutions, comme les Nations Unies, comme l'UNESCO, tous ont la responsabilité de ce qui se passe aujourd'hui en Afghanistan, et on ne pourra certainement pas les faire taire elles, même si on arrive à les supprimer. Vous savez, les femmes afghanes sont debout, et moi c'est elles qui m'apprennent tous les jours le courage de me lever et de me battre pour elles, tout en étant du bon côté de la planète, parce que elles sont formidables. Et aujourd'hui, telle petite fille afghane et leur maman disent cette phrase que j'aime beaucoup, que je vais vous dire en perçant, Tu peux briser toutes les roses que tu veux, mais comment tu fais pour empêcher le printemps de revenir ? Et donc ça, c'est le message de toutes les petites filles afghanes et toutes les femmes afghanes, ou talibans, ou terroristes. On n'arrivera pas à les briser. Elles seront là, et elles seront là debout, et toujours militantes et vivantes.
Narrator
Ne pas se taire. Le 25 novembre 1975, Gisèle Halimi était interrogée à l'occasion de la table ronde organisée par l'UNESCO pour l'année internationale de la femme. Prenons le temps de l'écouter. C'est le plaisir de l'archive.
Interviewer
Maître Gisèle Halimi. Vous avez présidé à l'UNESCO une table ronde réunissant une douzaine de participants de différentes régions du monde pour un échange de vues sur l'année internationale de la femme qui s'achève. N'était-ce cela qu'une rencontre de plus entre femmes ou croyez-vous que les travaux de cette table ronde contribueront à ce que l'année internationale de la femme se poursuive réellement au-delà du 1er janvier 1976 ?
Gisèle Halimi
Moi je pense que même si ça n'avait été qu'une rencontre de plus, ce serait une étape de plus dans la marche de libération des femmes. Parce que la question que l'on peut se poser, c'est de savoir pourquoi les femmes de continents différents, les riches, les pauvres, celles qui croient au ciel, celles qui n'y croient pas, ont éprouvé le besoin de se rencontrer, de dialoguer, de communiquer. Quel était au fond le dénominateur commun ? Ce dénominateur commun, contrairement à certaines thèses rigoureuses et contestables, c'est le fait d'être femme. Donc, le fait d'être femme et le fait que nous nous soyons rencontrés à plusieurs reprises, à Mexico d'abord, à Berlin ensuite, et à Paris, à l'UNESCO récemment, prouve bien que nous avions à échanger à la fois nos expériences et nos perspectives, et je pense que c'est extrêmement efficace, en particulier pour l'UNESCO, parce que, dans l'optique de ce qu'est l'UNESCO, nous avons découvert, par exemple, que contrairement toutes les déclarations qui proclament l'égalité de la femme et surtout son égalité devant la connaissance, je veux dire le droit à la connaissance. Et nous savons à quel point c'est fondamental. Vous savez, ce droit à la connaissance était réclamé par les femmes déjà en 1789 dans les cahiers généraux rédigés par les femmes. Les femmes ont demandé le droit à la connaissance pour ne plus être dépendantes des hommes. Ce qui avait les deux idées, c'est-à-dire le pouvoir du savoir et le droit à l'indépendance économique pour se réaliser en tant que femme et donc être humain à part entière. Nous avons découvert par exemple que malgré toutes ces déclarations de principe, l'anaphabétisme croissait d'une manière galopante en ce qui concernait les femmes, et que l'écart entre l'analphabétisme homme-femme, l'idéal bien entendu étant qu'il soit supprimé pour les hommes et pour les femmes, et ce qui est important dans notre propos, c'est de souligner que l'écart n'a fait que s'accroître ces dix dernières années, ou du moins entre 1960 et 1970. Il y a plus de, je crois, 40% pour les femmes, et beaucoup moins de l'ordre de 8 ou 10% pour les hommes. Alors, si cette rencontre avait déjà établi cela, elle serait positive. Si elle avait établi que nous nous sommes exprimés et c'est vrai, moi cela m'a frappé d'une manière différente les unes et les autres, à la fois dans le fond et dans la forme, c'est positif. Cela prouve que la spécificité au fond des problèmes des femmes est double. Elle est d'abord une spécificité au niveau homme-femme, c'est-à-dire qu'à l'intérieur d'un même clivage socio-économique, les problèmes de la femme sont spécifiques, ils sont discriminatoires à l'égard de la femme en tant que femme. Et il y a une deuxième forme de spécificité, c'est que selon le contexte économique, social et culturel, géographique, il y a encore là des différences. Mais l'important, c'est que ces rencontres ont prouvé qu'il y avait un tronc commun, et qu'à partir de ce tronc commun, nous pouvions aller de l'avant.
Interviewer
Au bout du colloque, un participant vous a demandé, avec une certaine inquiétude, si la femme de 1976 serait très différente de la femme de 1974. En un mot, si, selon lui, c'était au tour de la femme, et non plus de l'homme, de prendre des rênes. Croyez-vous que les hommes aient à redouter l'aube du 1er janvier 1976 ?
Gisèle Halimi
En fait, ce qui m'a frappée, c'était plus que de l'inquiétude, c'était une véritable angoisse. C'était une véritable angoisse parce que je rends compte, que je vois d'ailleurs s'exprimer assez souvent autour de moi, c'est que les hommes se sentent rassurés pour une série de raisons complexes qui ne tiennent pas seulement au domaine de l'exprimer, mais même aussi de l'inconscient, se sentent rassurés par leur prédominance. Par leur domination au sens large du mot, pour certains, c'est leur moyen d'exister. Étant par exemple dominés et exploités dans leur vie de tous les jours, ils ont en quelque sorte le moyen de se réaliser en dominant à leur tour leur épouse, leur maîtresse ou les femmes qui sont autour de lui ou qui travaillent sous leurs ordres. Alors leur enlever ça, c'était en somme leur dire Vous allez être comme nous. Vous allez être comme nous, c'est-à-dire aussi vulnérables que nous, aussi militantes à la recherche d'une égalité pour les deux que nous. Vous allez donc, disons, descendre dans l'arène et jeter vos masques. Or chacun sait à quel point un masque et rassurant et dangereux. Et c'est en effet cette espèce de sécurité qu'on leur enlève. Mais en même temps ce danger qui a posé la question, mais en définitive quand je disais que les hommes, certains hommes ont déjà, d'ailleurs ils ont déjà dans la nouvelle génération en particulier, cette intelligence théorique de leur libération à travers la nôtre, je voulais indiquer que dans notre marche de libération, mais c'est le long terme, ce que nous faisons doit leur profiter, car être libre, selon moi, c'est avant tout, enfin je dirais que c'est ma première définition élémentaire, être libre, c'est ne pas opprimer quelqu'un d'autre. Et la démarche, justement, des femmes consiste à faire que, en n'étant pas opprimées, elles empêchent, au fond, leurs oppresseurs de continuer de l'être. Donc, objectivement et à long terme, cela leur bénéficie. Et puis il y a surtout que ce changement de rapport entre les hommes et les femmes, qui doit être la conséquence directe d'un changement de mentalité, qui est véritablement la lutte que les femmes doivent mener. Ce changement de rapport doit bénéficier à l'homme et à la femme, et non pas à la femme seulement, car le rapport, ça veut dire forcément avec autrui, et en l'espèce, le rapport des femmes avec les hommes doit se trouver, à mon sens, amélioré et égalitaire. Sur la création et la créativité de la femme, on continue de vivre au fond selon de vieux schémas extrêmement phallocrates et infériorisants pour la femme, qui sont les schémas en gros freudiens, c'est-à-dire la femme par rapport à l'homme est un être, c'est un homme castré, c'est ça la femme. et que pour retrouver ce qu'elle n'a pas, c'est-à-dire son pénis, elle procrée. Et qu'en procréant, la procréation tient lieu pour elle de création. En revanche, l'homme est le grand créateur précisément parce qu'il ne peut pas enfanter. Et à partir de là, on divise un monde qui devient d'autant plus injuste, que l'on réserve la véritable création aux hommes, et on explique, si vous voulez, d'une manière tautologique. au fond, le fait que jusqu'à présent, les femmes n'aient pas eu la parole et n'aient pas eu l'initiative de la créativité. On dit, puisqu'elles ont des enfants, elles ne peuvent pas créer, elles procréent. Et puis, puisqu'elles procréent, elles ne peuvent pas créer. En réalité, je le répète, si les femmes D'abord, il y a deux questions. N'ont-elles jamais créé ? C'est peut-être les premiers travaux de ce centre international. Ils vont révéler des choses extraordinaires que les femmes ont créées et qu'elles ont dit des choses formidables, mais que nous ne l'avons pas su. Car le véhicule de la connaissance est un véhicule d'histoire masculine. Et la deuxième chose, c'est que si elles ont même si elles ont créé, je pense qu'elles ont dû effectivement le faire dans une proportion beaucoup moins grande et beaucoup moins importante que les hommes, c'est parce que leur place économique, sociale et culturelle a été une place toujours marginale. Du moment qu'on les a mises à la procréation, elles sont restées à l'écart de tout ce qui était les grands phénomènes de notre époque. Et je persiste à dire que c'est à partir de cela qu'on peut inventer et faire avancer le monde.
Narrator
Merci Gisèle Halimi, quelle intelligence, preuve d'humanité, hier, aujourd'hui, encore et toujours. Une plongée dans les archives proposées par Xavier Medui, réalisées par Benjamin Hu, à la prise de son Grégory Wallon et au mixage Manon Houssin, avec Laura Dutèche-Pérez et Elodie Piel en chargée de programme et Camille Renard, responsable des podcasts. Merci à l'UNESCO pour ses archives, preuve d'humanité à retrouver, à podcaster sur franceculture.fr et l'appli Radio France.
Female Interviewee
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Le Cours de l'histoire – Preuves d'humanité, hier et aujourd'hui (2/4): Gisèle Halimi et les droits des femmes
France Culture | November 13, 2025
This episode of Le Cours de l'histoire is dedicated to the legacy and struggles of Gisèle Halimi, a pioneering French-Tunisian lawyer, activist, and central figure in the fight for women’s rights. By intertwining archival audio from the 1970s, reflections on social advances, and contemporary testimony, the episode paints a vivid picture of the ongoing battle for gender equality—linking the past with today's global context of women's rights.
Context on Halimi’s Life (00:00-01:53):
Defining Freedom (00:49):
"Être libre, selon moi, c'est avant tout, enfin, je dirais que c'est ma première définition élémentaire. Être libre, c'est ne pas opprimer quelqu'un d'autre." – Gisèle Halimi
Focus on Legal & Societal Change (01:53-02:26):
Voices from the Movement (02:26-03:09):
Women in the MLF articulated broader definitions of liberation—economic independence, public life, and being seen as whole persons.
"Une femme libérée, c'est une femme qui a le droit d'avoir une vie personnelle, qui a le droit au travail, qui a le droit d'avoir une vie économique indépendante, qui a le droit d'avoir une vie publique, qui a le droit d'être un être à part entière aussi bien qu'un homme." – Female Interviewee (02:26)
Halimi echoes: "Aussi bien qu'un homme !" (02:41)
Testimony highlights how societal expectations have long reduced women to the role of mothers, and how both visible and invisible activists contribute to the collective advancement of women’s status.
Despite progress, equality is not yet achieved. Women still face external demands and the tyranny of appearances.
"Pour moi, être une femme, c'est d'abord... être obligée de me plier à des exigences extérieures." – Gisèle Halimi (03:30)
1975 marked greatest opportunities compared to previous generations, yet the journey continues.
Sheikheba Hakimi (Afghanistan Libre) at Femina Vox (UNESCO 2022) draws parallels between historic struggles and the current plight of Afghan women under Taliban rule.
"Vous pouvez briser toutes les roses que vous voulez, mais comment faites-vous pour empêcher le printemps de revenir ?" – Sheikheba Hakimi (05:52)
Argues no society can advance securely when fundamental rights are denied to some, and reminds listeners of collective responsibility in defending women’s rights worldwide.
Halimi reflects on the value of international gatherings among women from disparate cultures and backgrounds:
"Le fait d'être femme et le fait que nous nous soyons rencontrées à plusieurs reprises... prouve bien que nous avions à échanger à la fois nos expériences et nos perspectives." – Gisèle Halimi (07:23)
The "right to knowledge" is singled out as a lever of female emancipation. Despite declarative principles, female illiteracy rates grew markedly between 1960 and 1970, accentuating gender gaps.
"Ce droit à la connaissance était réclamé par les femmes déjà en 1789... pour ne plus être dépendantes des hommes... le pouvoir du savoir et le droit à l'indépendance économique pour se réaliser en tant que femme et donc être humain à part entière." – Gisèle Halimi (08:04)
"Ce que nous faisons doit leur profiter, car être libre, selon moi, c'est avant tout... ne pas opprimer quelqu'un d'autre." – Gisèle Halimi (12:04)
Halimi critiques persistent Freudian and patriarchal ideas that reduce women to mere procreators, denying them a creative role in society.
"On continue de vivre au fond selon de vieux schémas... la femme par rapport à l'homme est un être, c'est un homme castré... En réalité... si les femmes... leur place économique, sociale et culturelle a été une place toujours marginale..." – Gisèle Halimi (13:52-15:01)
Asserts that uncovering women’s historical contributions can challenge and enrich collective understanding.
"Être libre, selon moi, c'est ne pas opprimer quelqu'un d'autre."
"Une femme libérée, c'est une femme qui a le droit... d'être un être à part entière aussi bien qu'un homme."
"Vous pouvez briser toutes les roses que vous voulez, mais comment faites-vous pour empêcher le printemps de revenir ?"
"Le droit à la connaissance... pour ne plus être dépendantes des hommes."
"On continue de vivre au fond selon de vieux schémas... extrêmement phallocrates et infériorisants pour la femme..."
| Timestamp | Segment | |------------|----------------------------------------------------------------------------------------------| | 00:00 | Introduction & Gisèle Halimi’s early activism | | 00:49 | Halimi’s definition of freedom and gender equality | | 01:53 | The 1970s feminist movement and legal changes | | 02:26 | Women express meaning of liberation & the evolving role of women | | 03:30 | Constraints & demands still placed on women | | 04:17 | Sheikheba Hakimi on Afghan women’s ongoing struggles and global solidarity | | 06:44 | Halimi at UNESCO: International gathering and the “right to knowledge” | | 10:19 | Male anxieties and why men benefit from liberation | | 13:39 | Patriarchal narratives about creation and the marginalization of women’s creative potential |
This episode illustrates how Gisèle Halimi's words and struggles from the 1970s remain strikingly relevant. Gender equality is an unfinished fight, requiring persistent, collective effort across generations and continents. The voices featured—past and present—affirm that the defense of women’s rights is vital not only for social progress, but for broader human emancipation. The podcast closes with a call to remember, act, and believe that no matter the setbacks, the promise of “spring” and renewal cannot be extinguished.