
Hosted by RFI · FR
Repérer le faux dans l’info, ça n’est pas toujours facile. Sur Radio France internationale, on vous aide à y voir plus clair. En compagnie de tous ceux qui traquent l’infox, l’observent et l’analysent, au plus près, « Les dessous de l'infox », le magazine est diffusé tous les vendredis. Une émission présentée par Sophie Malibeaux. Diffusions le vendredi à 17h30 TU (vers toutes cibles).

Avant, pendant, après la tenue des élections aux États-Unis, la désinformation sur les réseaux sociaux a été massive. Quelle menace cela représente-t-il pour la démocratie américaine ? S'il est encore difficile d'évaluer l'impact des manœuvres informationnelles sur l'électorat, leurs effets délétères se font d'ores et déjà sentir, ne serait-ce parce qu'elles faussent les termes du débat public. Notre invité, Maxime Chervaux de l’Institut français de Géopolitique, analyse les facteurs ayant pu conduire à la victoire de Donald Trump, à l'issue d'une campagne marquée par de nouvelles techniques de désinformation, notamment un recours aux images générées par l'intelligence artificielle, mais aussi par des manipulations venant aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur. En opposition frontale face aux grands médias, qualifiés de « fake news » et d'ennemis, le candidat républicain a privilégié les influenceurs de son camp, pour de longs entretiens complaisants.Au lendemain de sa victoire, la presse dite « mainstream » s'interroge sur son rapport avec le grand public, mais aussi sur des conditions de travail rendues difficiles par le camp pro-Trump. Dans ce contexte extrêmement tendu, Reporters Sans Frontières appelle Donald Trump à cesser d’attaquer les médias et à respecter la liberté de la presse. L'ONG a publié en amont de l'élection, un rapport sur les lacunes en matière de liberté de la presse dans quatre États clés, dont la Pennsylvanie.Joint au téléphone, Clayton Weimers, chef du bureau de Reporters Sans Frontières, à Washington, revient sur les difficultés rencontrées par les journalistes dans le cadre de leur travail, entre boycott imposé par le camp Trump et menaces non voilées à l'encontre des journalistes. La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Israël: fausse rumeur de coup d'état après le limogeage de Yoav Gallant.

À Cali, en Colombie, la COP16 pourrait jouer les prolongations, faute d’accord. Cette conférence internationale sur la nature et les inondations terribles en Espagne ont placé la biodiversité et le réchauffement climatique au cœur de l’actualité cette semaine. Un coup de projecteur exploité par les activistes climatosceptiques. Malgré un dérèglement de plus en plus palpable, leur discours continue de gagner du terrain. Pourquoi, malgré les alertes des experts, les principaux acteurs économiques et politiques défendent-ils un ordre du monde destructeur du vivant ? C'est la question que se pose l'enseignant-chercheur Albin Wagener dans son ouvrage Blablabla, en finir avec le réchauffement climatique, aux éditions Le Robert. Linguiste spécialisé en communication environnementale, il explore le marché des discours climatiques qui facilitent ou empêchent la prise de conscience de l'urgence climatique. On revient avec lui sur les raisons du succès des discours climatosceptiques et l'absence de discours fédérateur.États-Unis, l'intégrité du scrutin mise en doute à coups d'infoxAux États-Unis, le sprint final de la course à la Maison Blanche a officiellement commencé. Jusqu’ici, Donald Trump et Kamala Harris sont au coude-à-coude dans les sondages. Un scrutin serré dont l’intégrité est déjà remise en doute sur les réseaux sociaux, à l’aide de fausses informations. Dans sa chronique, Olivier Fourt se penche sur une vidéo qui a généré des millions de vues ces derniers jours. Les internautes qui la partagent prétendent qu’on y verrait un agent électoral de Pennsylvanie détruire des votes par correspondance favorables à Donald Trump. Une scène montée de toutes pièces, conçue, selon les autorités américaines, par la propagande pro-russe.Elon Musk, le super propagateur de désinformationL’élection présidentielle américaine sous le feu d’une désinformation massive poussée notamment par un certain Elon Musk. Le propriétaire du réseau social X, soutien majeur du candidat Trump, est devenu ces derniers mois un important propagateur d’infox. Quang Pham, journaliste aux Observateurs de France 24, fait le bilan sur l’activisme numérique du milliardaire. Sur le seul mois d'octobre, Elon Musk a relayé près d'une trentaine de posts faux ou trompeurs, vus des centaines de millions de fois.

L’adhésion future de la Géorgie à l’Europe est-elle toujours de mise ? Les électeurs géorgiens se rendent aux urnes ce samedi 26 octobre 2024 pour en décider, à l'occasion des élections législatives. Dans l’orbite de Moscou, le pouvoir en place recours à tous les moyens pour s’y opposer : manœuvres informationnelles et outils juridiques inspirés de l'arsenal russe visant à contenir toute dissidence. La Géorgie est à un tournant de son histoire. Ses électeurs sont appelés aux urnes samedi 26 octobre 2024 pour un scrutin à valeur de référendum, pour ou contre le rapprochement avec l’Europe. Dans ce contexte, se livre une intense bataille informationnelle. Le narratif poussé par le parti au pouvoir, met en avant l'image d'une Europe belliciste, tentée -aux côtés des États-Unis- d'entraîner la Géorgie dans la guerre, afin d'ouvrir un nouveau front contre la Russie. Un scénario complotiste battu en brèche par la présidente Salomé Zourabichvili et les partis d'opposition, qui représentent une majorité plus que jamais attachée au projet européen. On en parle avec Appoline Roy en ligne de la capitale géorgienne, Tbilissi.Appoline Roy est spécialiste de l’influence russe en Géorgie, doctorante à l'Institut français de géopolitique et chercheuse associée à Géode, le projet de géopolitique de la datasphère, partenaire de cette émission.Fausses déclarations, montages vidéo fallacieux et autres techniques de désinformation, Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI épingle des publications virales visant à semer le trouble en Côte d’Ivoire : La Côte d'Ivoire sous le feu des attaques informationnelles.Avec Kahofi Suy, journaliste fact checker pour l’AFP factuel à Abidjan, nous revenons sur des images qui circulent sur les réseaux sociaux censées illustrer le soutien rwandais à la rébellion du M23 dans l’est de la RDC, des images totalement hors contexte : Cette vidéo ne montre pas une bagarre entre députés rwandais.

Démêler le vrai du faux dans l’info, là où l’accès à l’information est déjà considérablement restreint, c’est un véritable défi pour les fact checkers tout particulièrement au Sahel. Les journalistes burkinabè Harouna Drabo et Adnan Salif Sidibé, de retour du sommet Africa Fact de Accra au Ghana, témoignent de l'enjeu que représente la vérification des faits dans un contexte informationnel fragilisé par les crises. Harouna Simbo Drabo, journaliste burkinabè et analyste de la désinformation au Sahel, a participé au sommet Africa Fact qui se tenait les 9 et 10 octobre 2024 à Accra, au Ghana, où des solutions innovantes ont été discutées pour faire face à ce défi croissant. « Nous sommes dans un contexte où on a une croissance vertigineuse des campagnes coordonnées de désinformation. »Il évoque la nécessité d'unir les efforts au-delà des frontières africaines pour lutter efficacement contre la désinformation. « Il faut renforcer le travail collaboratif au-delà des frontières de nos pays », déclare-t-il, insistant sur l'importance d'une « task force » pour dialoguer avec les plateformes numériques et les institutions multilatérales.L'absence de modération sur les plateformesHarouna Drabo déplore l'absence de modération adéquate sur les plateformes numériques en Afrique. Il souligne que même des discours haineux signalés ne sont pas retirés. « La voix de l'Afrique ne porte pas », dit-il à ce sujet, ce qui pose un véritable enjeu géopolitique.Impact de la désinformation sur les populationsIl met également en lumière l'impact direct de la désinformation sur les populations africaines, particulièrement vulnérables en raison d'un faible niveau d'alphabétisation. Au sujet des groupes WhatsApp où circule la désinformation, il évoque un « dark social », où les membres partagent des informations sans vérification, ajoutant que les notes vocales sont particulièrement efficaces pour diffuser des fausses informations, au risque de provoquer des tensions communautaires.Influence étrangère et désinformationHarouna Drabo aborde aussi l'influence étrangère dans le domaine de la désinformation, notamment celle de la Russie. Il affirme que « l'influence russe est la locomotive qui cache les autres wagons » faisant référence à d'autres acteurs comme la Chine et les Émirats arabes unis qui utilisent également des méthodes insidieuses pour diffuser leur narratif.Son confrère burkinabè Adnan Salif Sidibé a pour sa part remporté le prix fact checker de l'année 2024 décerné par Africa Fact, lors du sommet de Accra au Ghana.Le Fact-Checking comme mission d'utilité publiqueAdnan Sidibé considère le fact-checking comme une « production journalistique d'utilité publique ». Il souligne que « Le fact checking permet de rétablir les faits et également aussi de susciter une sorte de responsabilité à la prise de parole par les autorités. »On peut consulter son travail de vérification sur le site Faso check, ainsi que sur paff.africa la plateforme africaine des fact checkers francophones.À lire aussiLiban: une image trompeuse prétend que la Finul collabore avec le Hezbollah