
Le 24 mars 2015, un Airbus A320 de la compagnie Germanwings reliant Barcelone à Düsseldorf disparaît soudainement des radars au-dessus des Alpes françaises. À bord, 150 personnes : passagers et membres d’équipage. Très vite, les secours découvrent les débris de l’a...
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Jean-Louis Laé
Nous sommes
Narrator
à Aix-en-Provence, au cœur d'une institution on ne peut plus particulière. Au beau milieu d'un parc arboré, un
Narrator/Reporter
bâtiment moderne, immense, se dresse vers le ciel.
Narrator
Le soleil qui s'est levé il y a un peu moins de deux heures
Narrator/Reporter
sur la France est vif, intense.
Narrator
Son éclat se reflète dans les vitres impeccablement nettoyées du building.
Narrator/Reporter
Un calme plat règne à l'intérieur.
Narrator
Ça ne va pas durer. Dans l'impressionnante salle de contrôle, le personnel en poste ne quitte pas les radars des yeux. Leur job? Veiller à la bonne fluidité du trafic aérien. Système informatique, radars, radios, ils sont les vigies des airs. Ceux qui, depuis la Terre, veillent sur les voyageurs du ciel. Un membre de l'équipe, plus que les autres, commence son shift avec une pression particulière. Voilà déjà plusieurs minutes qu'il tente de rentrer en contact avec un Airbus A320 de la compagnie Germanwings. L'appareil a décollé de Barcelone un peu plus tôt. Le radar s'affole. La communication semble rompue. Très vite, l'agent perd pied. Fébrilement, il appelle son N plus 1 parce qu'il y a quelque chose qui
Narrator/Reporter
cloche avec le vol 419525.
Narrator
Nous sommes le 24 mars 2015. Il est un peu moins de 9h30
Narrator/Reporter
et c'est l'heure H de mon histoire.
Pierre Routret
Pierre
Narrator
Routret est depuis janvier 2014 l'adjoint au chef du centre de contrôle en
Narrator/Reporter
route sud-est, le CRNA-SE.
Narrator
Il est comme chez lui, au milieu des quelques 630 employés qu'accueille la structure. Parmi eux, un peu plus de 450 contrôleurs aériens qui sont chargés de guider au mieux les milliers de vols par
Narrator/Reporter
jour qui passent sous leur radar.
Narrator
Ingénieur des ponts et chaussées ayant mené une brillante formation à l'école polytechnique, Pierre Routret connaît son job sur le bout des doigts. Alors, quand on l'informe du dysfonctionnement en
Narrator/Reporter
cours, il ne s'affole pas. Enfin, pas tout de suite du moins.
Narrator
Un avion qui met du temps à répondre à la radio, ça peut se produire.
Narrator/Reporter
Un contrôleur qui s'affole, en revanche, ça c'est plus rare.
Pierre Routret
Le
Narrator
responsable décide donc de se rendre dans la salle de contrôle afin de comprendre ce qui est en train de se jouer. Tous les membres du personnel ont les
Narrator/Reporter
yeux rivés sur leurs écrans.
Narrator
Il n'y en a qu'un qui, suant à grosses gouttes, ne cesse de parler dans son micro. «Vol 4U9525, vous me recevez?» Rien.
Narrator/Reporter
Pas une réponse.
Narrator
Pourtant, à l'image, l'avion continue d'apparaître distinctement. Le directeur adjoint du CRNA-SE s'approche et tente de comprendre ce qu'il se trame. «Tu penses à quoi? Une panne de système de communication à bord? Un bug provisoire?» Il comprend au regard de son employé et aux données qui s'affichent sur l'écran que la situation semble
Narrator/Reporter
plus grave, plus préoccupante.
Narrator
L'A320 de la compagnie Germanwings a quitté son altitude de croisière à 11 600 mètres. Le responsable se tend immédiatement. «Quoi, t'as autorisé cette manœuvre?
Narrator/Reporter
Le contrôleur ne répond pas. Il hoche la tête de manière négative.»
Narrator
Il appuie inlassablement sur le bouton permettant de se mettre en communication avec le cockpit de l'avion. Vol 419525, vous me recevez?
Narrator/Reporter
Toujours pas de réponse.
Narrator
Cette fois, la pression monte d'un cran. Le contrôleur a raison de s'inquiéter. Les données montrent que la situation n'est pas normale. Elle est même tout à fait inquiétante. Pierre Outret, dans un premier temps, semble refuser de croire ce qu'il voit. Mais t'es certain que ton système n'a pas planté?
Narrator/Reporter
Non. Et c'est bien ça le plus terrible.
Narrator
L'ordinateur renvoie les bonnes infos. L'A320 qui doit relier Barcelone à Düsseldorf semble en grande difficulté. Les données indiquent qu'il ne cesse de
Narrator/Reporter
descendre très vite, très fort. Chaque seconde, il accélère.
Narrator
Dans ces conditions, le plus terrible est à craindre. Énième tentative d'entrer en communication avec l'appareil.
Narrator/Reporter
Énième échec et pour cause. 9h40, l'A320 vient subitement de disparaître des radars.
Narrator
Il ne reste plus qu'une chose à faire en pareil cas, enclencher la procédure d'urgence. Pierre Routret abandonne le pauvre contrôleur aérien impuissant et va informer sa direction. Pour le reste, il n'a qu'à suivre le déroulé du manuel d'urgence.
Narrator/Reporter
Première chose, contacter les forces armées.
Narrator
9h48, à une centaine de kilomètres des locaux du CRNASE, la base militaire d'Orange reçoit un message d'alerte. Ni une ni deux, un Mirage 2000 décolle.
Narrator/Reporter
Son objectif? Retrouver la 320.
Narrator
Pour cela, il doit compter sur les dernières données obtenues sur le radar. Le contact avec l'avion a été perdu
Narrator/Reporter
au-dessus des Alpes de Haute-Provence, entre Digne et Barcelonette. Le reste, le pilote de chasse va
Narrator
devoir le découvrir de ses yeux. Le militaire a la mission d'entrer en contact visuel avec l'avion de ligne en errance.
Narrator/Reporter
Pourtant, et alors qu'il arrive vite sur place, il doit se rendre à l'évidence. Il est seul.
Narrator
Là, dans l'immensité du ciel des Alpes, rien ne bouge. Les mots enneigés sous son mirage semblent ricaner. Ils sont les gardiens d'un mystère qui ne cesse de s'épaissir davantage. Dans les locaux du CRNASE, on attend le rapport de l'armée.
Narrator/Reporter
Le temps défile pourtant sans qu'aucune information n'arrive. 10h15, n'y tenant plus, le directeur adjoint demande des nouvelles. A l'autre bout de la ligne, c'est le silence absolu.
Narrator
Le mirage n'a toujours pas réussi à retrouver la 320.
Narrator/Reporter
L'espoir s'étiole, s'amenuise.
Narrator
Sans un nuage, la voûte céleste se drape du voile du malheur. Que s'est-il passé en ce début de matinée de mars 2015? L'A320 de la compagnie Germanwings a-t-il été victime d'un accident? A-t-il été détourné, victime d'une attaque terroriste? Ou bien est-il encore permis, alors que l'avion de chasse retourne bredouille à sa
Narrator/Reporter
base, de croire au miracle et à
Narrator
un dysfonctionnement des systèmes de navigation ou de communication?
Pierre Routret
...
Narrator
Nous sommes de retour le 24 mars 2015, 10h30, digne les bains, dans les locaux de la gendarmerie de Haute-Montagne. Ces militaires sont les gardiens d'une partie des Alpes françaises. Leur mission? Sauver les promeneurs, randonneurs, alpinistes ou skieurs dont la vie peut se retrouver en détresse. Leur tâche annexe d'enquête, de surveillance et de prévention permet d'anticiper bon nombre de situations potentiellement critiques. Bref, ce sont des hommes de terrain. des soldats rattachés aux forces de la défense. Ils vont se retrouver ce matin, plus
Narrator/Reporter
que jamais, en première ligne.
Narrator
Lorsque le pilote à bord de son Mirage 2000 a fait son rapport à la base militaire d'Orange, le mystère autour de l'A320 s'est épaissi.
Narrator/Reporter
Il n'a pas pu localiser l'avion, ni dans les airs, ni même au sol.
Narrator
Son appareil ne permet pas de mener une fouille précise au ras des arbres, au contact des montagnes. Les forces aériennes de la défense ont dû se résoudre à informer la gendarmerie de Haute-Montagne-de-Digne.
Narrator/Reporter
La situation étant de peu plus particulière, inhabituelle. Un crash d'avion à cet endroit, cela relève de l'exceptionnel.
Narrator
Il y a bien eu un précédent. En 1953, un appareil de ligne Air France s'est mystérieusement écrasé sur le mont Le Cimet, dans le massif du Pelat. L'appareil a certainement été victime de conditions météo difficiles. La catastrophe avait alors provoqué la mort
Narrator/Reporter
de 42 personnes, marquant les esprits et la région.
Narrator
Depuis lors, le calme plat, du moins jusqu'à ce 24 mars 2015. C'est l'officier gendarme de permanence qui prend l'appel de la base militaire d'Orange.
Narrator/Reporter
Il comprend immédiatement l'urgence qui se dessine.
Narrator
Persuadé d'avoir affaire à une innommable catastrophe, il met en place avec ses équipes un plan d'action. Le but? Découvrir ce qui a pu se passer. Personne, malgré les soupçons, n'est pourtant préparé à la vérité. 11h04. Un hélicoptère de la gendarmerie décolle en direction de la dernière position connue de la 320. Le médecin et les deux gendarmes à bord doivent littéralement trouver une aiguille dans une botte de foin. En arrivant sur zone, ils sont confrontés à la même situation que les pilotes de chasse, il y a une heure.
Narrator/Reporter
C'est le calme plat. Il n'y a pas d'avion dans le ciel.
Narrator
Et à première vue, aucun débris au sol. L'hélico, se basant sur les ultimes données radars disponibles, se lance dans la recherche des traces du passage de l'appareil de la compagnie Germanwings. A bord de l'hélicoptère de la gendarmerie, les équipes décident de suivre une ligne droite, estimant que l'A320 n'a pas pu
Narrator/Reporter
dévier de sa trajectoire à haute vitesse. 11h14.
Narrator
L'hélicoptère, bruyamment, se meut au-dessus d'une nature qui doit bien se demander ce qui se passe depuis des heures. En passant tout près du massif des Trois-Évêchés, le médecin, dans une zone très
Narrator/Reporter
isolée, perçoit des arbres arrachés.
Narrator
Il pointe l'endroit du doigt.
Narrator/Reporter
Abasourdi, presque à gare, l'hélicoptère ne tarde pas à tomber sur une carcasse métallique disloquée.
Narrator
C'est bien simple. L'espoir de retrouver des survivants semble on ne peut plus vain. Un constat s'impose dès le premier coup d'œil. l'impact a été d'une violence incroyable. Des débris sont visibles sur plusieurs milliers de mètres carrés à flanc de montagne.
Narrator/Reporter
Arrachés, déracinés, calcinés, les arbres agonisants sont les témoins de cette violence tragique.
Narrator
Si les gendarmes sont si choqués, c'est que l'avion est totalement déchiqueté. Il y a tout de même le numéro d'immatriculation qui, visible de l'hélico, ne laisse subsister aucun doute sur l'identité de l'appareil. D'emblée, une difficulté d'ampleur s'impose au secours.
Narrator/Reporter
La zone semble inatteignable pour les véhicules terrestres.
Narrator
Il va donc falloir s'employer afin d'acheminer les équipes médicales sur site. Avec en ligne de mire, un infime espoir.
Narrator/Reporter
Celui de retrouver des survivants. Infime, oui.
Narrator
Le lieu est si dévasté que les premiers secouristes sont saisis d'effroi, sauf miracle. Ils ne pourront sauver personne. Très vite, l'évidence est insoutenable. L'information fuse dans tous les médias régionaux. Ces derniers, instantanément, sont relayés à l'international.
Narrator/Reporter
Le crash n'a laissé aucune chance aux
Narrator
six membres d'équipage et aux 144 passagers.
Narrator/Reporter
Tout le monde est mort.
Narrator
La vitesse estimée de l'impact ne leur laissait aucune chance. Sur place, si la mission n'est plus de sauver, celle d'identifier les victimes est indispensable. Une nouvelle fois, les quelques résidus de bagages retrouvés témoignent de la violence du choc. Il faut des heures afin de rassembler les unités nécessaires au bon déroulement des opérations d'identification.
Narrator/Reporter
Le monde entier, depuis l'annonce du drame,
Narrator
s'agit de s'émeut d'une telle catastrophe. Un crash d'une telle ampleur est si rare dans les Alpes que l'émotion est totale. Bientôt, les familles des victimes sont contactées. Lufthansa, maison mère de German Wings, elle
Narrator/Reporter
reste dans le silence et pour cause. À ce stade, impossible de tirer des
Narrator
conclusions sur les causes de l'accident. Pour cela, il va falloir mettre la
Narrator/Reporter
main sur des éléments clés, les boîtes noires.
Narrator
Ces appareils, installés dans tous les avions, ont pour charge de stocker les informations essentielles enregistrées durant chaque vol. De deux types, elles contiennent pour l'une les conversations ayant lieu dans le cockpit, les communications radio ainsi que tout autre type de bruit, notamment les alarmes. Pour l'autre, il s'agit de rassembler tous les paramètres techniques du cap de l'avion à sa vitesse en passant par son altitude, etc. Le système est spécialement conçu pour résister à tout type de choc et d'aléas climatiques. Ainsi, les boîtes noires peuvent généralement supporter les impacts, le contact avec le feu
Narrator/Reporter
ou la pression de l'eau. Mettre la main dessus, c'est donc se
Narrator
donner la possibilité de comprendre les tenants
Narrator/Reporter
et aboutissants de la catastrophe.
Narrator
Mais rappelez-vous, ce sont des milliers de mètres carrés qui sont recouverts de débris. Mais là encore, les enquêteurs vont devoir rechercher une aiguille dans une botte de foin. Les heures s'enchaînent, sans que les équipes sur place ne puissent trouver les dispositifs disparus. Pourtant, ils sont prévus pour être visibles. Leur couleur, orange vif, doit permettre de les localiser facilement. Mais il faut bien le dire, à
Narrator/Reporter
ce stade, c'est le chaos qui règne en maître absolu sur la montagne.
Narrator
25 mars 2015, 11 heures. Sous un bout de fuselage, plus de 24 heures après l'impact, une des boîtes noires est enfin retrouvée par des gendarmes. Il s'agit de celle qui enregistre les communications émanant du cockpit. Elle est immédiatement transférée à Paris et prise en charge par les services compétents de l'État français. Mais celles et ceux qui pensaient pouvoir rapidement connaître les tenants et les aboutissants du mystère de la 320 vont être déçus.
Narrator/Reporter
C'est un travail de fourmi qui commence en réalité.
Narrator
La première conférence de presse, quelques heures après l'arrivée de l'engin à Paris, laisse transparaître la prudence des enquêteurs. Le bureau d'enquête et d'analyse, le BEA, en charge de la procédure en cours, annonce qu'il lui faudra plusieurs jours avant de fournir ses premiers résultats. Son rapport définitif pourtant n'est pas attendu avant plusieurs mois.
Narrator/Reporter
Une éternité que beaucoup ne sont pas prêts à attendre.
Narrator
Des murmures autour du crash commencent dans le même temps à poindre.
Narrator/Reporter
La boîte noire, très rapidement, aurait fourni des éléments inquiétants.
Narrator
Réelle fuite ou fake news? Difficile de le dire à ce stade. Les bruits de couloirs ne vont pas
Narrator/Reporter
tarder à laisser place à une véritable déflagration. Le monde n'est pas préparé à l'info qui vient.
Narrator
L'A320 de la compagnie Germanwings n'a pas été victime des conditions climatiques ou d'un dysfonctionnement mécanique.
Narrator/Reporter
La vérité semble beaucoup plus sordide.
Narrator
26 mars 2015, 7 heures. L'A320 s'est craché dans les Alpes il y a à peine 48 heures. Une des boîtes noires a été retrouvée la veille et est en cours d'analyse. L'Europe, de son côté, s'éveille en état de choc. La presse américaine vient de publier une véritable bombe. Rémi Jouty est le directeur du BEA, l'organisme chargé de l'enquête depuis Paris. La veille, il a tenu une conférence de presse qui a remué bon nombre de questions, y compris celles liées aux responsabilités du crash. Ses équipes sont à pied d'œuvre, jour et nuit, afin de tirer des conclusions. Certaines tendances, déjà, semblent se dégager, mais sans certitude. Pourtant, ce matin, alors qu'il arrive à son bureau, une marée d'appels téléphoniques le submerge. À l'autre bout du fil, essentiellement des journalistes, qui lui demandent sa réaction officielle face aux révélations de la nuit émises
Narrator/Reporter
par la presse américaine.
Narrator
Des révélations? D'emblée, le patron du BEA se connecte sur son ordinateur, remonte la piste et
Narrator/Reporter
tombe de sa chaise. Le New York Times, il y a quelques heures à peine, vient de jeter
Narrator
un pavé dans la mare. Le journal affirme qu'un acte volontaire causé par un membre de l'équipage est responsable de la catastrophe.
Narrator/Reporter
Rémi Jouty est abasourdi. Le BEA.
Narrator
Déjà, au moment de la conférence de presse de la veille, se doute que la tragédie pouvait ne pas être accidentelle. L'organisme, en voulant éviter un éventuel mouvement de colère générale, a préféré taire l'information.
Narrator/Reporter
Une taupe. On a décidé autrement.
Narrator
Le directeur se rue sur son téléphone. Alpag, avec véhémence, les responsables de la gendarmerie. aucune chance. Que ces enquêteurs à lui soient à l'origine de la fuite. Ces gars sont formés pour garder le
Narrator/Reporter
silence, muets comme des tombes.
Narrator
Voilà ce qui pourrait être leur devise. Mais ils sont très peu, les gradés de la gendarmerie, à avoir eu connaissance de l'information sensible.
Narrator/Reporter
Et puis Jouty se bat contre le vent.
Narrator
Il paraît vite impossible de faire avouer aux Américains le nom de l'informateur. La bombe, lâchée par la presse de toutes les manières, va entraîner une accélération de l'enquête en quelques minutes. Face à cela, le dirigeant du BEA va devoir stopper net sa chasse aux sorcières. Un de ses collaborateurs, haletant, vient le trouver avec une information capitale. Sans même frapper, il entre dans le bureau de son directeur. Monsieur, on m'annonce que le procureur de la République de Marseille va prendre la parole publiquement. Et ce, d'une minute à l'autre.
Narrator/Reporter
C'est le branle-bas de combat à Paris.
Narrator
A l'autre bout du pays, non loin de la Canebière, le proc, chargé de l'enquête, lui, s'apprête à enfoncer le clou. Nous sommes toujours le 26 mars 2015.
Narrator/Reporter
Il est 8 heures.
Narrator
Le procureur de la République, Brice Robin, a connu meilleur début de journée. Sa conférence de presse s'annonce... comment dire... animée?
Narrator/Reporter
C'est le moins que l'on puisse dire.
Narrator
Comme toutes les parties prenantes de l'enquête, il a pris connaissance de l'article du Times. Il va devoir réagir. Le hic, c'est qu'il a été tenu à l'écart, alors même qu'il est le responsable de l'enquête. Le BEA ne lui a donné aucune info jusque-là. Il lui a fallu attendre ce début de matinée pour qu'on le tienne au courant des ultimes avancées. Alors, c'est peu de le dire, il est furax. Les journalistes qui l'attendent à l'affût n'ont de leur côté qu'une seule question. Et si les insiders US disent vrai? Et si l'accident n'en était pas vraiment un? La première prise de parole du PROC
Narrator/Reporter
ne va pas amoindrir les doutes et les questionnements.
Narrator
Je viens tout comme vous d'apprendre les révélations du Times.
Narrator/Reporter
J'étais auparavant pas au courant. Il nous faut rester prudents pour le moment. Les appareils photocrépitent. Les voix s'élèvent.
Narrator
C'est toute la salle de presse qui se meut dans une consternation à la hauteur du scoop américain. Les questions fusent. Quelle est la motivation pouvant conduire à un tel acte volontaire? Un détournement, une attaque terroriste, à moins que ce soit pire. Un journaliste du fond de la salle ouvre le bal. Monsieur le procureur, les bandes audio de la boîte noire ont-elles permis d'identifier un coupable? Devant Brice Robin, un téléphone se met à vibrer.
Narrator/Reporter
Un SMS confirme la dernière info qu'il attendait.
Narrator
S'affiche sur son écran un nom, un seul. Celui qui précipita 149 personnes vers un voyage sans retour. S'éclaircissant la voie, le proc lâche la
Narrator/Reporter
bombe sans plus de fioriture.
Narrator
Il s'agit du copilote de l'appareil, Andreas Lubitz.
Narrator/Reporter
La chronologie des événements va bientôt permettre de lever les dernières parts d'ombre de toute cette affaire.
Narrator
Mais encore faut-il que l'opinion soit prête
Narrator/Reporter
à entendre l'innommable vérité.
Pierre Routret
24
Narrator
mars 2015, Barcelone, 8h30. Porte B, Terminal 2. Les 144 passagers du vol 4U9525 à destination de Dusseldorf sont autorisés à embarquer. Le ciel est dégagé, un grand soleil trône au-dessus de l'Espagne. Le personnel de bord qui les accueille, souriant, n'en est pas moins efficace. Les voyageurs sont dispatchés vite et bien. Germanwings est la compagnie low-cost rattachée à Lufthansa. Elle propose de fait des vols à prix attractifs, au confort plus ou moins rudimentaire, le tout avec un timing serré. Dans le cockpit de l'appareil, deux jeunes hommes attendent impatiemment la fin de l'embarquement. Ils accusent déjà plus de 20 minutes de retard sur leur planning de vol. Patrick Sondenheimer, 34 ans, a plus de 6 000 heures de vol à son actif. Il sourit à son copilote, un gaillard de 27 ans, du nom d'Andreas Lubitz. Ce dernier passe en revue les dernières vérifications d'usage et tente, tant bien que mal, de prendre son mal en patience. Dans les travées, l'ambiance est au beau fixe, d'autant que 16 étudiants de Rhénanie, très heureux de rentrer chez eux, se chamaillent dans un brouhaha qui peine à être contenu.
Narrator/Reporter
Neuf heures.
Narrator
Sur la piste 7. Sans encombre, l'Airbus A320 décolle et se retrouve avogué paisiblement entre les nuages.
Narrator/Reporter
Dans quelques dizaines de minutes, il sera en Allemagne.
Narrator
Les passagers, heureux, contemplent le ciel et
Narrator/Reporter
les quelques cumulus et parts qui leur font face.
Narrator
Les pilotes, eux, se sentent parfaitement à l'aise. Les conditions météo sont idéales. Rien à craindre. 9h30, l'avion survole le vieux port de Marseille. La tour de contrôle, qui vient de leur envoyer le flot normal d'instructions, reçoit une réponse positive de la part du commandant de bord. Sondernheimer éteint la radio.
Narrator/Reporter
Il ne pourra plus jamais la rallumer.
Narrator
Le pilote, quelques minutes plus tard, est pris d'une envie pressante. Le retard accumulé à Barcelone l'a empêché d'aller aux toilettes. D'une boutade, il annonce à son collègue qu'il doit aller vidanger. Je te laisse la gestion du vol. Pas de bêtises pendant mon absence. Le trentenaire sort du cockpit, cherche à ouvrir la porte des toilettes située juste à côté du poste de pilotage.
Narrator/Reporter
L'accès est clos. Les sanitaires sont en panne.
Narrator
Sondenheimer va devoir faire le chemin jusqu'à la queue de l'Airbus afin de pouvoir se soulager. En sifflotant, il parcourt les allées, salue de la tête les passagers. Il offre à qui veut bien en profiter un grand sourire.
Narrator/Reporter
Il aime son métier.
Narrator
Et plus encore, il aime les gens. 9h32, sur le panneau de commande, l'altitude de l'appareil vient de changer. De 11 600 m, sa valeur de croisière bascule au minimum 30 m. Dans le même temps, les réacteurs de l'appareil sont employés afin d'augmenter sa vitesse. En quelques secondes, cette dernière passe de 500 à 570 km par heure. Pour autant, personne ne se rend compte de rien.
Narrator/Reporter
9h33, deux phénomènes au même moment vont faire grimper d'un cran l'inquiétude.
Narrator
En premier lieu, le contrôleur aérien, Dex, qui se rend compte d'une manœuvre étrange, tente d'entrer pour la première fois, et en vain, en contact avec l'appareil.
Narrator/Reporter
Deuxièmement, le commandant de bord ressort des
Narrator
toilettes, retraverse les travées, et se rend
Narrator/Reporter
compte, rapidement, que quelque chose n'est pas normal.
Narrator
Il presse le pas, se retrouve devant la porte du cockpit fermé. Lorsque cette dernière est verrouillée, il faut taper un code d'accès sur un pavé numérique afin de pénétrer dans le poste de commandement. Une mesure de sécurité permettant une sûreté optimale en cas d'attaque de pirates de l'air. Le commandant de bord connaît la combinaison par cœur. Mais finalement, Sondernheimer introduit les chiffres dans le bon ordre et pousse la porte. L'imposante ouverture reste fermée. Bon, qui sait? C'est peut-être trompé. Alors, une nouvelle fois, le pilote tape le code d'accès. En se concentrant, cette fois. Il n'obtient pas un meilleur résultat.
Narrator/Reporter
Porte close.
Narrator
Sous ses pieds, le pilote sent que l'appareil est en train de bouger bizarrement. Il appelle un steward, lui demande si quelqu'un est entré dans le cockpit. Réponse négative. Le franc de Sondernheimer tombe alors.
Narrator/Reporter
C'est son copilote, Andreas Lubitz, qui vient de s'enfermer dans la cabine.
Narrator
9h35, le pilote, de toutes ses forces, à la vue de tous les passagers de l'avion, se met à hurler et à frapper contre le blindage. «Andreas, déconne pas!
Narrator/Reporter
Ouvre cette foutue porte!» L'avion, lui, descend en flèche.
Narrator
Il perd chaque minute plus de 1000 mètres.
Narrator/Reporter
La catastrophe se dessine.
Pierre Routret
9h39,
Narrator
la porte d'accès vers le cockpit n'a toujours pas été ouverte. Le pilote, armé d'un extincteur fourni par un des membres de l'équipage, s'emploie à frapper l'accès avec la force du désespoir. Derrière lui, les 144 passagers sont maintenant dans une panique absolument terrible. Les suppliques de Sondernheimer sont couvertes par les cris et les hurlements des innocents qui osent à peine imaginer ce qui peut les attendre. Bientôt, une alarme vive et effrayante retentit dans les travées. L'avertisseur de proximité du sol. Lubitz les emmène dans l'ombre.
Narrator/Reporter
9h41. Tout le monde est mort. L'A320 s'écrase à plus de 700 km par heure à flanc de montagne pulvérisée par la vitesse de l'impact.
Narrator
Bilan 150 morts.
Narrator/Reporter
140 victimes, incoupables.
Narrator
Cinq membres de l'équipage et 144 passagers
Narrator/Reporter
trouvent la mort, brisée par l'acte d'un homme, Andreas Lubitz.
Narrator
Dans l'avion se trouvaient deux nourrissons et seize étudiants. Une question après le terrible récit des événements demeure. Si sa culpabilité semble certaine, quelles ont été les motivations du copilote? Comment définir sa responsabilité? La bande de la boîte noire témoigne d'une réalité glaçante.
Narrator/Reporter
L'homme jamais ne répond à son collègue.
Narrator
On ne perçoit qu'une respiration calme et
Narrator/Reporter
décidée tout au long de la descente.
Narrator
A la suite des différentes révélations, l'enquête va avancer très vite. Le domicile du copilote est perquisitionné par la police allemande.
Narrator/Reporter
Les résultats sont accablants.
Narrator
On se rend compte que Lubitz était depuis déjà longtemps sous antidépresseur et qu'il souffrait de troubles mentaux. Il a même été placé sous arrêt de travail sur une période couvrant tout
Narrator/Reporter
le mois de mars. Arrêt qu'il n'a pas respecté, conduisant au drame.
Narrator
Différentes découvertes supplémentaires, notamment dans ces historiques de recherche Internet, montrent que le jeune homme cherchait à se suicider.
Narrator/Reporter
L'autre boîte noire, découverte a posteriori, montre
Narrator
des données de vol bizarres concernant le trajet allé vers Barcelone. Se trouvant déjà seul dans la cabine, Loubitz a plusieurs fois joué avec l'altitude de l'appareil avant de remettre les manettes en place au retour du commandant de bord.
Narrator/Reporter
Alors pas de doute, il a prémédité son coup. Mais et la porte alors?
Narrator
Comment a-t-elle pu se retrouver bloquée alors même que le pilote s'est acharné à taper le bon code pour entrer dans le cockpit? Là encore, le copilote s'est entraîné à verrouiller l'accès de l'intérieur. Il existe une procédure qui le permet. Après les attentats du 11 septembre 2001, Airbus s'est doté d'un verrouillage électronique renforcé. Le but? Permettre aux pilotes de se sécuriser en cas d'attaque. Une porte blindée dépend d'un système d'ouverture programmable autour de trois modes. En premier lieu, le NORM permet une ouverture via un interphone et un code. Le UNLOCK, lui, fonctionne grâce à l'identification du personnel de cabine avec le code.
Narrator/Reporter
Et puis, il y a le MODE LOCK, celui qui offre la possibilité au
Narrator
pilote de s'enfermer totalement de l'intérieur pendant une durée de 5 minutes.
Narrator/Reporter
Le problème, c'est que ce délai est
Narrator
renouvelable même si la bonne combinaison est tapée de l'extérieur.
Narrator/Reporter
C'est ce qui a permis à Lubitz d'agir.
Narrator
Les investigations suivent leur cours au sujet du copilote. Le jeune homme s'est destiné assez tôt à une carrière dans l'aviation, intégrant l'académie de Lufthansa à l'été 2008.
Narrator/Reporter
C'est à cette période qu'il fait une
Narrator
première dépression majeure qui le laisse sur
Narrator/Reporter
le carreau pendant près d'un an. Le diagnostic tombe, il est paranoïaque.
Narrator
Il obtient pourtant sa certification en 2010. Il devient d'abord steward, puis copilote à partir de 2014. Sa santé mentale, de l'aveu de ses proches, semble se maintenir correctement, jusqu'à peu
Narrator/Reporter
de temps avant le drame.
Narrator
Durant un de ses séjours sur la terre ferme, il est victime d'un accident qui lui provoque des dommages au niveau de la rétine. Pour celles et ceux qui cherchent à voler, une perte même partielle de la
Narrator/Reporter
vue est toujours un peu problématique.
Narrator
Lubitz ne dit rien, de peur d'être déclaré inapte. Il se rend chez de multiples spécialistes en Allemagne.
Narrator/Reporter
Bientôt, il ne dort plus. Le stress devient incontrôlable.
Narrator
Ses troubles, en conséquence, viennent à se matérialiser de plus belle. En l'espace de trois mois, près d'une vingtaine de médecins vont le recevoir l'un après l'autre. Loubitz ne ressort jamais soulagé de ces consultations. Pourquoi ces spécialistes n'ont-ils pas alerté les médecins d'accompagner? Ils sont pourtant chargés de valider les aptitudes de leur personnel de bord et des dénonciations de médecins extérieurs sont possibles.
Narrator/Reporter
Mais les équipes n'ont fait remonter aucune info en cause. le secret médical. La plupart des toubibs que le copilote
Narrator
rencontre lui prescrivent des arrêts de travail. Mais le jeune homme berne les médecins-contrôle
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de la compagnie aérienne et continue de travailler.
Narrator
Dès lors, l'engrenage semble impossible à arrêter. Ses proches, eux aussi, disent aux enquêteurs qu'ils n'ont rien perçu chez lui. Et si Loubitz avait voulu non pas
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se suicider, mais provoquer une tuerie de masse? Certains le pensent.
Narrator
Et les enregistrements de la boîte noire tendent à montrer chez lui un calme bien difficile à analyser. Vous imaginez, vous? respirer tranquillement aux commandes d'un Airbus lancé à 700 km par heure contre un massif montagneux. Ça semble difficile à imaginer, il faut bien se l'avouer. Le débat donc demeure au sujet des réelles motivations de Loubitz. Suicide ou volonté de commettre une tuerie? La vérité sur sa personnalité, complexe à
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démêler, risquent bien de rester un mystère.
Narrator
La tragédie permet de mettre en avant le problème de la santé mentale de certains pilotes et copilotes, bien souvent harassés par leur travail. Les conclusions du BEA français en 2016 vont dans ce sens. Des mesures seront prises après le drame. D'une part, des tests de dépistage sont depuis lors menés bien plus souvent auprès du personnel de bord.
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Drogues, alcool, médicaments, tout y passe.
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Ensuite, les tests psychologiques pour les pilotes et copilotes sont devenus bien plus fréquents et plus poussés. Enfin, deux personnes doivent se trouver constamment dans le cockpit. Le pilote s'en va, un personnel de bord le remplace immédiatement. Lufthansa n'est d'ailleurs pas la seule compagnie concernée. La mesure devient européenne en 2018. En France, une instruction a été ouverte afin de déterminer la responsabilité de Germanwings dans le crash. La compagnie connaissait-elle, au moins en partie, l'état psychologique de Lubitz. En mars 2022, l'enquête s'est terminée par un non-lieu complet ajoutant à la douleur des familles de victimes. Les mieux placés pour parler de cette horreur aujourd'hui sont les témoins de la catastrophe. Les quelques habitants du petit village du Vernet. Leur regard happé par le bruit tonitruant
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de l'avion descendant un pic reste marqué par cette épreuve.
Narrator
C'est notamment le cas de Gilles Thézan qui s'est rendu lors des dix ans du crash sur place. avec un journaliste de la Provence.
Narrator/Reporter
Voici ses impressions.
Narrator
«Cela reste impensable qu'un avion ait pu venir s'écraser ici, surtout quand on connaît les circonstances.
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Là, c'est de la folie de la
Narrator
part de la personne qui a fait ça.
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Moi, je pense toujours aux familles. Perdre un enfant, c'est quelque chose.
Narrator
Je pense que l'on ne peut jamais
Narrator/Reporter
s'en remettre.» Ouais, comment lui donner tort?
Narrator
Aujourd'hui, le massif des Trois-Évêchés est un lieu de recueillement. Celui de 149 malheureuses victimes qui s'attendaient à un voyage paisible. Un monument dans les montagnes est venu remplacer la multitude de débris laissés par le crash.
Narrator/Reporter
On peut de tout temps y voir des fleurs et des offrandes déposées à proximité.
Narrator
Elles sont laissées par les proches et les familles des disparus, fauchées lors de
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cette innommable catastrophe aérienne, l'une des plus terribles de l'histoire moderne. Voilà pour ce récit, que j'ai eu
Narrator
le plaisir de partager avec vous grâce
Narrator/Reporter
à la plume d'Antoine Charpagne et à la collaboration des équipes de LDV Productions.
Jean-Louis Laé
Vous avez aimé cet épisode de l'heure H? Découvrez la mini-heure H! Dis Jean-Louis, c'est qui la plus célèbre
Narrator
des reines de France selon toi?
Jean-Louis Laé
Jean-Louis Laé emmène son jeune apprenti en voyage dans le temps.
Narrator
Ah parce qu'en plus tu veux qu'on se serve de MC2, ma machine a remonté le temps pour aller la rencontrer.
Podcast : L’Heure H
Épisode : Le crash Germanwings : le drame du vol 4U9525
Date : 23 mars 2026
Host : Jean-Louis Laé
Dans cet épisode, Jean-Louis Laé nous plonge au cœur du crash du vol Germanwings 4U9525, survenu le 24 mars 2015 dans les Alpes françaises. Il raconte avec détail la succession des événements, l’enquête et la révélation glaçante d’un drame prémédité : le suicide du copilote Andreas Lubitz, qui a entraîné la mort de 149 personnes. L’émission interroge sur la responsabilité, les failles du système, et l’impact durable sur les familles et la réglementation aérienne.
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Cet épisode de L’Heure H propose un récit puissant, immersif et précis du crash Germanwings, dévoilant minute par minute la montée de l’angoisse, l’horreur absolue, le travail des enquêteurs, et la sidération des proches. Il met en lumière les failles humaines et réglementaires révélées par le drame, la mémoire des victimes, et l’impact durable d’un acte aussi inexpliqué que révoltant. L’écriture reste sobre, empathique, sans jamais céder à la facilité, et invite à une réflexion profonde sur la sécurité aérienne et la santé mentale.