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Décryptage de l'univers de la mode : les coulisses, les icônes, les secrets de fabrication, les évènements incontournables et les enjeux socio-économiques. Présenté par Pascal Mourier. Le samedi, à 17 h 20.

Oui, avec la griffe Matières fécales. Plus délicatement avec Yohji Yamamoto. Satoshi Kondo pour Issey Miyake prône, lui, un mouvement sans contrainte. Avec son Musée vivant de la Mode, l’historien-performeur Olivier Saillard sublime les vêtements du quotidien. L'Ukrainienne Lilia Litkovska s’inspire de son pays en guerre. Ludovic Winterstan pour La Fabrique Nomade, atelier de réinsertion pour personnes migrantes, considère qu’il serait temps de s'accepter les uns les autres.

Guerres, conflits, montée des populismes, percée foudroyante des intelligences artificielles... Comment et pourquoi, dans un monde à l’avenir incertain, continuer à créer de nouvelles collections ? Réponses des étudiant.e.s de l’Institut français de la Mode (IFM), mais aussi des jeunes designers Weinsanto, Pressiat, Maitrepierre et Alain Paul. Comme l’exprime Xavier Romatet, le directeur général de l’IFM : la mode doit montrer le monde non pas tel qu'il est, mais tel qu’on aimerait qu’il soit.

Kevin Germanier reconditionne les tenues Berluti portées par l’équipe de France pour les J.O de Paris. Stéphane Rolland engage le top model perse Farnoush Hamidian à s’exprimer sur l’Iran. Julien Fournié expose la diversité. Yuima Nakazato combat les I.A avec des robes de céramiques. Charlie Le Mindu créé des robes en cheveux. Imane Ayissi, seul couturier noir, exprime l’identité africaine à travers son processus créatif. La Haute Couture n’est décidément plus une vielle chose poussiéreuse!

Contre vents et marées, certains designers veulent encore conserver leur liberté d’expression, loin des esprits délétères. Pour elles et pour eux, vêtir est un acte social, politique. Ils, elles, refusent de se soumettre aux injonctions d’un ordre soi-disant moral, prônent le mélange des genres et la diversité, luttent contre les dérives fascistes. Jeanne Friot, Walter van Beirendonck, Ahmed Hassan, Louis-Gabriel Nouchi, Yohji Yamamoto et Willy Chavarria en sont les exemples les plus marquants.

Une édition spéciale consacrée aux petites maisons indépendantes qui ont rayonné pendant la Fashion Week de Paris. Vincent Pressiat comme Victor Weinsanto regardent vers le passé, quand les favorites des rois faisaient la loi. Alain Paul se souvient de ses premières auditions, quand il était danseur. L’Ukrainienne Lilia Litkovska continue de créer malgré la guerre. Sans oublier les designers afro-caribéens, célébrés lors de l’édition parisienne du Festival International de la mode au Togo.

Faire prendre conscience de la fragilité de nos océans, de notre terre, de nos patrimoines autochtones, c’est le pari d’une nouvelle génération de couturiers. Pour l’automne-hiver 2025/2026, Iris van Herpen crée une robe vivante, Imane Ayissi souhaite que la terre se régénère naturellement, Grace Lillian Lee célèbre ses ancêtres australiens, Stéphane Rolland dialogue avec la musique. Quant à Clara Daguin, elle applique cette maxime : si tu veux sauver les autres, sauve toi d’abord toi-même.

Donner sa place à la communauté trans, évoquer l’Ukraine et la Palestine, exprimer sa défiance envers des attitudes conventionnelles conservatives, financer des recherches scientifiques qui n’ont rien à voir avec l’industrie de la mode… De manière appuyée ou en toute discrétion, tels sont les points de vue engagés et partagés par Jeanne Friot, Rick Owens, Issey Miyake, Walter van Beirendonck et Agnès b.

Pour créer une collection de mode, il y a trois points clés : silhouette, couleur, matière, pour les vêtements, comme les accessoires. Mais ces ingrédients sont vains sans le discours qui les transmute en objets de désir. Des histoires incroyables sortent alors au grand jour. Morceaux choisis récoltés pendant la Fashion Week : Marine Serre se veut DavidLynchienne, Lilia Litkovska continue de travailler sous les bombes. Yohji Yamamoto, indubitablement, remporte la Palme d’Or.

Pour sa 12e édition, le Festival international de la mode au Togo a choisi un thème a priori peu glamour, mais pertinent compte-tenu de l’augmentation alarmantes des taux de cancer. Pour Jacques Logoh, styliste et fondateur du festival, la mode doit être un canal pour sensibiliser les populations à la lutte contre la maladie. Maître-mot : la prévention. Alors, pendant trois jours, 40 designers de 25 nationalités différentes présentent leurs collections, empreintes de savoir-faire indéniables.

En ouverture des présentations automne-hiver 2025/2026, le défilé collectif des étudiants internationaux “engagés“ de l’Institut français de la mode répond aux interrogations actuelles. Comment une société de rupture peut-elle impacter un processus créatif qui s’imprègne forcément de l’évolution de la société ? Avec, ou sans I.A ? Victor Weinsanto défend la minorité trans, Vincent Pressiat célèbre Pierre Soulages et Maria Grazia Chiuri célèbre pour Dior la fantasmagorie de Bob Wilson.